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mercredi 26 septembre 2012

Ils en remettent une couche !

Courrier de lecteur paru dans 24 Heures

Non content d’avoir gagné la votation populaire concernant l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers, le parti nationaliste de notre pays en remet une couche. Pour lui, l’étranger est la cause de tous les maux dont souffre notre pays. Mais on oublie que les étrangers vivant ici rendent de nombreux services en occupant des postes de travail peu ou mal rémunérés et, en plus, peu valorisants.

En ce qui concerne la nouvelle initiative sur le renvoi des criminels étrangers, on doit savoir que c’est un doublon de la première pour faire pression sur le Conseil fédéral. Ce dernier est gêné dans l’élaboration de la loi, car elle est excessive au regard du droit international, qui n’est pas quantité négligeable, contrairement à ce que les nationalistes nous disent.

Cette loi sur le renvoi d’étrangers est scélérate parce que arbitraire; un délit mineur peut occasionner un renvoi sans  recherche de la cause du méfait.

De tristes épisodes d’un passé récent nous montrent les dégâts qu’elle occasionne lors d’un renvoi forcé, jusqu’à la mort de celui qui se voit renvoyé dans son pays d’origine. De plus, on n’est pas certain que celui qui est expulsé ne court pas de risque dans son pays d’origine.

Ce n’est pas cette image-là qu’il faut donner de notre pays; il s’agit plutôt de conserver, voire de développer l’image d’une Suisse ouverte et humaniste.

Thierry Cortat, Delémont

jeudi 20 octobre 2011

“S’en prendre aux enfants est abject”

A propos de la campagne “Stop à l’immigration massive”, réaction d’un lecteur du Courrier.

courrier lecteur migrants enfants

Le Courrier

vendredi 7 octobre 2011

“Vol Spécial”: réactions

Réactions au dernier film de Fernand Melgar dans le courrier des lecteurs de 24 Heures.

Honte à Fernand Melgar!

On nous apprend que le documentaire Vol spécial est en réalité une fiction glauque. Fernand Melgar présente des internés et des expulsés de notre pays comme les victimes d’un système dégradant, alors que la réalité est bien différente. Certains acteurs sont en fait des criminels qui ont leur place non pas dans une salle de cinéma, mais en prison, et le cinéaste prétend ignorer leur parcours délictuel.

Soit Fernand Melgar présente un documentaire, et dans ce cas il se renseigne et fait un travail en profondeur, soit il se borne à faire de la fiction. Il prétend que c’est un film d’auteur, qui ne dit pas ce qu’il faut penser. Pouvons-nous en déduire qu’il réalise un film militant juste pour susciter l’émotion, alors qu’il sait pertinemment que ses «acteurs» n’en sont pas dignes?

La catharsis grecque de Fernand Melgar nous permet en effet de vivre une expérience commune, celle de considérer son film comme un «vol très spécial». Il travestit la vérité pour caricaturer notre système judiciaire et pour jouer sur le registre de l’émotion. Plus grave encore, il s’adresse dans les écoles à des enfants qui ont la naïveté de le croire. Non, M. Melgar ne cherche pas le débat comme il l’affirme, mais bien à désavouer une Suisse qui ne lui convient pas. Une Suisse qui a des lois et qui entend les faire respecter.

Dany Schaer, Saint-Cierges

Un film très poudre aux yeux

Si les renvois s’apparentent aux méthodes du Dr Eichmann, le film de propagande d’un humanitariste à sens unique professionnel, M. Melgar, n’a rien à envier à celles de la Propagandastaffe l du Dr Goebbels.

Les familles sinistrées des jeunes malades drogués apprécieront sa complaisance larmoyante à l’égard d’un requérant dealer, bien habile en manipulation de ceux que Lénine qualifiait d’«idiots utiles» à sa cause, en l’occurrence faire s’apitoyer les bonnes âmes et consciences du bon peuple sur le sort d’un marchand de mort, issu des gros bataillons venus exercer leur sale et funeste commerce en un pays laxiste à souhait. Un os dans le casting!

A trop défourailler sans discernement, on finit par se tirer une balle dans le pied! Un retour de boomerang! Ce film tombe à pic pour être le meilleur vecteur de communication de la nouvelle initiative immédiatement applicable de l’UDC sur le renvoi des criminels étrangers. A voir au second degré! Merci du coup de main!

Ne changez rien à un film très poudre aux yeux, sans héroïne, qui se pique d’un casting stupéfiant, j’en ai vite eu ma dose. A trop patienter dans l’antichambre des bons sentiments, on finit par sentir l’encaustique.

Jean-Claude Marchand, Saint-Saphorin-sur-Morges

Le cinéaste sait où sont les limites

A propos de l’éditorial de Thierry Meyer intitulé «Fernand Melgar, un militant en mission» ( 24 heures du 3 octobre 2011).

Revenant sur l’affaire de Vol spécial , M. Meyer écrit que Fernand Melgar s’affiche avec un vendeur de drogue et un menteur. Pense-t-il vraiment que ce soit en toute connaissance de cause?

Cette affirmation m’a littéralement écœuré. Nous connaissons assez le cinéaste pour savoir qu’il sait très bien où sont les limites. Il est un témoin engagé et assume les critiques de tous bords, mais ce faux procès est indigne de votre journal!

Benjamin Bourgeois, Ballaigues

Pourquoi discréditer une démarche courageuse?

L’ignorance engendre la haine, et l’insuffisance empêche d’adopter une vision différente de la sienne. Pourquoi discréditer le travail de M. Fernand Melgar, qui a le courage de dénoncer la «réalité politique» perverse des lois que nous votons et dont nous ne connaissons pas la portée?

Personne ne mérite de subir des mois d’incertitude et de se faire ligoter, bâillonner, entraver pour partir en «vol spécial» retrouver un pays où sa vie est en danger. C’est contraire aux droits de l’homme dont la Suisse est si fière.

L’attitude de certains journalistes est préjudiciable. S’acharner à trouver, à inventer un passé «trouble» chez des personnes courageuses relève de la méconnaissance du sujet qu’est l’asile, avec toute sa problématique.

Un parti politique en manque d’inspiration s’empresse de récupérer ce documentaire pour afficher des obscénités… Où allons-nous? Il semblerait que la Suisse ne connaisse pas les souffrances infligées par la guerre, que sa neutralité lui ait fait oublier les notions du sens de l’humain et du devoir. Disons stop à cette violence aveugle et gratuite!

Christine Nehring, Lausanne

mardi 22 février 2011

Discrimination: la responsabilité des médias

A propos de la réflexion de Daniel Cornu intitulée «Un Suisse fracasse le crâne d’un compatriote…» (24 heures du 2 février 2011)

Merci à Daniel Cornu, médiateur d’Edipresse Suisse, pour son billet sur le danger de discrimination dans les médias. Tout en sachant que le sujet n’est pas simple, la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) s’en préoccupe et salue la prise de position du Conseil de la presse soulignant que «l’essentiel est de proscrire toute forme de discrimination», en particulier quand cela peut généraliser «des jugements de valeur négatifs».

Une question m’est parfois posée à cet égard: «Pour ne pas être raciste, est-ce qu’on doit alors absolument aimer tout le monde?» Pas forcément. On a le droit d’avoir une préférence pour ceux qu’on considère comme des amis proches. Ce qui est impératif par contre, c’est de respecter tous et chacun. Y compris ceux qui sont différents par la couleur de la peau, le type d’habillement, ou à cause d’un handicap, ou parce qu’ils ne réagissent pas comme nous aux circonstances de la vie quotidienne. Les gens sont différents, il n’est pas interdit d’en parler si on le fait sereinement, sans parti pris; c’est mépriser, insulter, ironiser, sous-entendre, considérer l’autre comme un inférieur – et bien sûr agresser physiquement – qui est inadmissible.

La LICRA-Suisse, sous l’égide de son président Jean-Philippe Rapp, organise des «Cafés LICRA» qui donnent l’occasion de débattre de ces thèmes. Fin janvier, le premier parlait des Roms, et bientôt un autre sera précisément consacré au rôle des médias.

Dr Jean Martin, président de la LICRA-Vaud, Echandens

Tiré du Courrier des lecteurs de 24 Heures

jeudi 10 février 2011

Les conditions de l'aide au retour

Courrier de lecteur à propos de l’article intitulé «Les aider à trouver un projet de vie» (24 heures du 4 février 2011).

Un passage de cet article concernant l’hébergement de requérants d’asile à l’abri de protection civile de Coteau Fleuri, à Lausanne, appelle quelques compléments d’information.

On y lit: «Il est rare qu’un requérant en «situation irrégulière» obtienne un soutien finan- cier pour favoriser la réintégration dans son pays d’origine.»

Or les personnes de nationalité étrangères qui doivent quitter notre pays peuvent, en règle générale, bénéficier de prestations de conseil et d’aide au retour. Cette aide consiste justement en un soutien financier en vue de favoriser leur réintégration dans leur pays d’origine. Elle est accessible aussi bien aux requérants d’asile déboutés qu’aux personnes sans autorisation de séjour, sous certaines conditions bien entendu.

Pour pouvoir bénéficier d’une telle aide, il est notamment indispensable que les personnes concernées collaborent activement à la préparation de leur départ et de leur réinsertion sur place. En 2010, plus de 200 personnes ont ainsi quitté le canton de Vaud en bénéficiant d’une aide au retour. Cette aide peut atteindre jusqu’à plusieurs milliers de francs pour une famille.

Erich Dürst, chef de la division Asile, Service de la population vaudois, Lausanne

24 Heures

lundi 17 janvier 2011

"On peut comprendre que nombre d'entre eux soient à bout"

A propos de l’article intitulé «Descente policière, coups, cris et rumeurs, la tension est vive» ( 24 heures du 7 janvier 2011), dans le courrier des lecteurs de 24 Heures.

Nonante jeunes se trouvent dans ce centre, qui attendent le moment de leur renvoi. Dans un abri de protection civile, donc des locaux sans doute corrects, mais imposant un confinement difficilement supportable. Nous tentons d’imaginer près de cent jeunes gens, de toutes origines et cultures, obligés de vivre ensemble dans un souterrain et en attendant une expulsion qui peut avoir lieu dans quelques jours, quelques semaines ou mois, voire des années. Leur tentative de vivre mieux ici a échoué. Leur demande d’asile ne correspond pas aux critères de la loi. Ils sont soumis aux mesures d’urgence: vivre dans un lieu collectif d’attente avec 9 fr. 50 par jour pour se nourrir, assurer l’hygiène et les loisirs. Ils n’ont pas le droit de travailler. Leurs sorties sont réglementées. Le départ redouté tarde parce que la Confédération n’a pas pu traiter avec leur pays, parce que leur pays les ignore et ne veut pas les accepter, parce qu’il faut traiter avec un pays de premier accueil, selon la Convention de Dublin…

nyon abri pc réfugiés

On peut comprendre que nombre d’entre eux soient à bout, angoissés, enragés d’avoir échoué dans leur projet. On peut aisément imaginer que ce mélange humain soit explosif et qu’il suffise d’un mot de travers, d’un petit larcin, d’un geste malintentionné pour que bagarre s’ensuive. Cela ne justifie pas les violences ni les coups de couteau. Mais les explique. En fait ces jeunes gens, qui n’ont commis aucun délit, sont moins bien traités que nos détenus pour des raisons pénales. Ils sont sous le coup de décisions administratives et non judiciaires. Ne devrait-on pas les traiter avec plus de dignité et d’humanité? Notre pays n’aurait-il pas, toutes proportions gardées, de petits airs de Guantánamo?

Daniel Corbaz, pasteur, Lausanne

lundi 8 novembre 2010

A propos des votations du 28 novembre

Trois courriers de lecteurs concernant l'initiative pour le renvoi des criminels étrangers, paru dans 24 Heures.

moutons tous différents

La revanche du peuple

Une initiative contraire au droit international, inapplicable, qui exposerait notre pays aux pires représailles? On a déjà essayé de le faire croire aux Suisses. Ceux-ci ont toutefois compris que par là, on essayait de les empêcher de parler vrai d’un vrai problème, en l’occurrence l’islam. A une majorité mémorable, ils ont donc plébiscité l’interdiction des minarets et montré au monde entier leur volonté de rester libres face aux pressions réelles ou imaginaires.

Mais manifestement, le message n’a pas passé. Ça recommence. Ainsi, notre ministre des Affaires étrangères, Mme Calmy-Rey, à l’étranger (c’est un comble), fait part de ses «doutes» sur une éventuelle application de l’initiative UDC sur le renvoi des étrangers criminels. Elle regrette l’absence d’une censure préalable des initiatives (car c’est bien de censure qu’il s’agirait), soutenant qu’on se «fiche» des Suisses en les laissant voter sur un tel texte.

Mais ceux qui se fichent des Suisses, ne sont-ce pas justement tous ces censeurs qui veulent les empêcher de dire ce qu’ils pensent sur les vrais problèmes, sur certaines réalités de l’immigration et sur la montée de la criminalité étrangère? Ne sont-ce pas ceux qui veulent nous faire croire que nous, Suisses, ne sommes plus libres de décider seuls de notre destin et en particulier du sort que méritent les criminels étrangers?

Le 28 novembre, le peuple dont on se moque ainsi a une nouvelle occasion de prendre sa revanche sur ceux qui veulent l’empêcher de parler.

Jean-Luc Addor, Savièse


Le dialogue est la force d’une vraie démocratie

Mme Ada Marra, conseillère nationale socialiste, considère que le parti UDC traite les étrangers d’animaux (24 heures du 29 octobre)! Comment peut-on en arriver là dans un débat qui va certainement être utile à notre démocratie (je considère que le dialogue sera toujours la force d’une vraie démocratie, même avec ceux qui ont le droit de ne pas penser comme nous). Et là, heureusement que la Suisse, par l’influence de l’UDC, a déjà pu dire aux Européens que l’on peut voir les choses différemment. Pour le sujet qui nous intéresse, je pense que l’occasion est bienvenue pour dire que: «Oui amen!» à ces gens de Bruxelles est une situation dépassée, que la sécurité de la population est une priorité pour notre démocratie, et que les droits de l’homme doivent s’accompagner de plusieurs devoirs, dont celui du respect d’autrui!

Gilbert Fiaux, Hermenches


Contraire aux droits de l’homme

Je souhaite vous parler de Julien S. C’est un garçon suisse comme sa maman. Il est très triste de voir partout en ville une vilaine photo de son papa Yvan S. Julien et sa maman continuent de l’aimer, même s’il a fait une grosse bêtise une fois. Ils lui rendent visite toutes les semaines en prison et ils attendent avec impatience son retour à la maison. Mais Julien a peur car sa maman devra sans doute choisir entre partir avec lui vers un pays étranger ou se séparer de son cher papa. L’initiative pour le renvoi systématique des étrangers est contraire à la Convention pour les droits de l’enfant.

Je désire aussi vous parler de Ricardo. Au moment du décès de son papa, sa maman a dû solliciter l’aide sociale et remplir divers formulaires compliqués. Elle ne sait pas lire le français alors c’est Ricardo qui l’a aidée, même s’il n’a que 10 ans. Ils ont fait des erreurs et ont reçu un peu d’argent en trop. Elle a été punie et s’efforce de tout rembourser. Mais ils ont peur car ils devront quitter la Suisse même s’ils n’ont rien fait de grave. L’initiative sur le renvoi systématique des étrangers ne connaît aucune proportionnalité entre la faute commise et la décision de renvoi. Elle est donc contraire à la Convention européenne des droits de l’homme.

Et je ne peux m’empêcher de penser à Aliouchka, qui souffre en même temps du cancer et du sida. Elle reconnaît qu’elle a commis des bêtises en vendant de la drogue et elle sera bientôt jugée. Mais ce dont elle a le plus peur, c’est de son renvoi car dans son pays, elle n’a aucune chance d’obtenir les médicaments dont elle a besoin. L’initiative sur le renvoi des étrangers criminels ne permet aucune exception pour motif humanitaire, même lorsque le renvoi signifie une mort à relativement court terme. Dans sa rigueur, elle est contraire aux droits de l’homme.

Hélène Campiche Chapatte, Lausanne

mercredi 27 octobre 2010

"Sommes-nous tous des moutons ?"

A propos des votations de novembre prochain, un courrier de lectrice dans le quotidien 24 Heures.

mouton blagueurL’UDC l’avoue clairement, pour elle, nous sommes des moutons. Car blanc ou noir, un mouton reste un mouton… malléable et influençable. Il suffit de faire peur à un mouton et voilà qu’il se regroupe avec le reste du troupeau et ensemble ils bêlent d’une même voix.

Les statistiques nous annoncent une victoire de l’initiative des moutons noirs, tout comme elle a contribué au succès de l’UDC aux dernières élections fédérales. Alors que Berlin expose Hitler en soulignant courageusement le rôle incarné par le peuple allemand dans son ascension politique de l’époque, nous continuons à tomber dans le piège électoraliste tendu par le «Politburo» zurichois qui surfe sur une vague populiste et simpliste depuis des années.

Si comme moi, vous ne vous sentez pas une vocation de mouton, vous serez tenté par le «non et non». Pari pourtant bien risqué, car l’initiative de l’UDC sera probablement acceptée comme celle totalement inutile des minarets. L’initiative acceptée, la loi suisse appellera au renvoi automatique d’étrangers, sans aucune nuance, ni détail quant aux délits commis.

Seule issue pour sauver le minimum: dire non à l’initiative et dire oui au contreprojet du parlement. Dans le cas d’un double oui sorti des urnes, ce sera la croix dans la «bonne» case de la question subsidiaire qui fera la différence. Statistiquement il y aura plus de votants qui cocheront cette case si on additionne les convaincus du contreprojet et les opposants aux deux textes.

C’est un peu comme pour les électeurs de gauche français qui, en 2002, votaient massivement Chirac plutôt que Le Pen. Le contreprojet est effectivement le moins pire des deux désastres. Alors approuvons-le, même à contrecœur.

Doris Agazzi, Saint-Cierges

mardi 26 octobre 2010

"La peur de l'autre ne doit pas nous rendre naïfs"

Dans les pages de 24 Heures, le courrier d'une lectrice à propos de l’article intitulé «Vaud est plus ferme, mais régularise aussi davantage» (24 heures du 19 octobre 2010).

le raciste c'est l'autreSi seulement on pouvait connaître le profil des étrangers expulsés de Suisse suite à une condamnation pénale. Pour une partie d’entre eux, certainement des sans-papiers avec pour seul reproche le fait de travailler illégalement dans notre pays alors que nous manquons de main-d’œuvre dans différents secteurs d’activités (agriculture, viticulture, économie domestique en particulier). Nous n’avons pas à être fiers de la politique vaudoise de notre chef du Département de l’intérieur. Tant qu’on condamnera les migrants les plus fragilisés et qu’on pillera les personnes bien formées de leur pays d’origine — pour les faire venir travailler dans notre pays —, les inégalités crasses demeureront, au détriment de la solidarité et d’une vie digne pour tout le monde. Tant que nous montrons du doigt les étrangers afin de faire croire qu’ils sont responsables des difficultés auxquelles nous devons faire face, rien ne changera. Tant que les étrangers fragilisés seront accusés de tous les maux, c’est l’ensemble des plus démunis de notre pays qui seront mis à l’écart. La peur de l’autre ne doit pas nous rendre naïfs à l’égard d’une politique visant à satisfaire les habitants les mieux lotis de notre canton.

Sandrine Bavaud, députée, Lausanne

vendredi 24 septembre 2010

Pas si vite !

Courrier de lecteur à propos de l’éditorial de Mehdi-Stéphane Prin intitulé «La sagesse l’emporte sur la maladresse de Tosato» (24 heures du 15 septembre 2010).

Evoquant l’acceptation par le Conseil des Etats d’une motion qui propose d’ouvrir l’apprentissage aux sans-papiers, Mehdi-Stéphane Prin écrit: «La Municipalité de Lausanne et le Conseil d’Etat doivent rapidement trouver une solution permettant d’offrir une formation pratique aux jeunes clandestins.»

C’est aller un peu trop vite. Le Conseil national a accepté la motion en premier, le Conseil des Etats en second, et maintenant le texte est renvoyé au Conseil fédéral.

L’exécutif va élaborer un projet de loi qui devra être adopté par les Chambres, et la loi modifiée devra subir l’épreuve du délai référendaire. Sur une décision d’une portée symbolique aussi grande, j’estime que le peuple doit se prononcer.

Alors que la gauche pleurniche constamment qu’il manque des places d’apprentissage, comment pourra-t-on expliquer à un jeune Vaudois que la place qu’il convoitait a été attribuée à une personne en situation illégale?

Un courrier signé François Brélaz, député UDC, Epalinges, dans 24 Heures

jeudi 6 mai 2010

La règle, en Suisse, consiste à montrer son visage en public

Résultats du sondage de 24 Heures, où les lecteurs étaient invités à répondre à la question suivante: “Faut-il interdire la burqa en Suisse ?”

Faut-il interdire la burqa en Suisse

 

Les réactions choisies des lecteurs (cliquer pour agrandir)

burqa interdiction débat 24H

vendredi 19 mars 2010

Apprentissage des sans-papiers

Deux lecteurs de 24 Heures expriment leur opinion dans le courrier des lecteurs.

Ils coûtent plus cher dans la rue qu’à une place d’apprentissage

Désœuvrés, les jeunes sans papiers se livrent à toutes sortes de bêtises. Ils coûtent plus cher dans la rue qu’à une place d’apprentissage.

Pourquoi ne pas permettre de faire une formation professionnelle à ceux qui s’engagent une fois celle-ci terminée, à retourner dans leur pays? Munis d’un métier, ils ont une chance de s’y intégrer et de contribuer à son développement. Ceux d’entre eux qui ,avant de partir, auront trouvé un employeur en Suisse disposé à les engager peuvent, de leur pays, entreprendre une démarche régulière d’immigration.

Parfaitement intégrés et disposant d’un contrat de travail, ils devraient revenir rapidement et obtenir ainsi légalement un permis de travail.

Jean-Jacques Meyer, Lausanne

Ne ferait-elle pas mieux de faire la chasse au travail clandestin?

Une fois de plus, la Municipalité de Lausanne va à l’encontre des intérêts de nos concitoyens en voulant permettre aux enfants de clandestins de faire un apprentissage!

Alors que chaque année des milliers de nos jeunes, Suisses et étrangers intégrés, ne trouvent pas de place, elle veut s’occuper de gens illégalement dans notre pays et cautionne donc ceux qui bafouent nos lois.

Cette majorité de gauche ne s’occupe pas de nos citoyens les plus faibles qui l’ont élue pour plus d’égalité sociale en faisant par exemple profiter leurs enfants (souvent placés dans des écoles privées…) de places d’apprentissage. Dans l’espoir qu’elle luttera contre la politique des petits copains au détriment de jeunes défavorisés… Elle ferait mieux de faire la chasse au travail clandestin pour éviter la sous-enchère salariale et la dégradation des conditions de travail dans les milieux les plus précaires et qui profitent avant tout aux patrons les plus malintentionnés!

Pourquoi nos élus ne font-ils pas passer à la caisse les patrons qui exploitent les clandestins?

Gérard Pasche, Renens

mercredi 17 mars 2010

Apprentissage: l’égalité ni plus, ni moins

Genève, 16 mars. - Samedi dernier, un lecteur de la Julie se demandait à propos des apprentis sans-papiers: «A quoi joue Mme Salerno?» Ma réponse est celle-ci: je joue la carte de l’égalité de traitement, ni plus ni moins. Mais que les choses soient claires: les quelques clandestins qui pourraient être embauchés dans notre administration n’ont aucune priorité sur les autres. Loin de moi l’idée de faire de la discrimination positive.

Ma position est la suivante: puisque ces jeunes clandestins vivent déjà à Genève depuis longtemps, que souvent leurs parents y travaillent, qu’ils y sont intégrés et qu’ils peuvent suivre des cours à l’école, il n’y a pas de raison qu’ils soient privés d’apprentissage. Cette position est aussi une question de bon sens et nombre d’élu-e-s de droite partagent mon avis. Même la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf déclarait samedi dans ce même journal être d’accord avec l’engagement d’apprentis sans-papiers…

Le scandale n’est pas l’engagement possible de quelques apprentis sans-papiers qui prendraient la place des apprentis avec papiers. Le véritable scandale est le manque de places d’apprentissage sur le marché du travail. En Suisse, les entreprises n’offrent pas assez de places et manquent donc trop souvent à leur devoir de formation.

Je fais partie de celles et de ceux qui se battent pour que cette offre augmente. En trois ans, en Ville de Genève, on est passé de 46 apprenti-e-s à 80 pour la rentrée 2010-2011, soit près du double. Aux autres de nous imiter!

Sandrine Salerno, conseillère administrative, dans le courrier des lecteurs de la Tribune de Genève.

vendredi 19 février 2010

Ouvrir l’apprentissage aux clandestins ? Les avis divergent

avis des lecteurs Alors que certains déplorent la violation de la loi fédérale et relèvent que les Suisses eux-mêmes peinent à trouver des places d’apprentissage, d’autres voient dans cette décision la fin de l’hypocrisie qui consiste à former ces jeunes dans les écoles, avant de les abandonner à l’oisiveté ou au travail au noir. Sondage de 24 Heures.

Les sans-papiers sont doublement victimes: en premier de leur pays d’origine, incapable de leur offrir un travail pour survivre, en second de l’hypocrisie de l’Etat et de la population suisses, qui leur refusent un travail légal, mais qui profitent largement de leur travail à bas salaire. A défaut de régler le problème des sans-papiers, évitons pour le moins de punir leurs enfants! ANDRÉ ROTH CARROUGE

Ces jeunes, qui sont arrivés en Suisse avec leurs parents, n’y peuvent pas grand-chose. Ils vont à l’école, à l’université, ils se sont intégrés, mais lorsqu’ils veulent entrer en apprentissage, on brandit la législation fédérale, qui ne leur permet pas de travailler ni de rester en Suisse, alors qu’ils y résident depuis des années. JEAN-JACQUES MONOD ÉCUBLENS

L’idée paraît généreuse au premier abord, mais quand on y réfléchit et que l’on sait que de nombreux jeunes Suisses et étrangers avec permis ne trouvent pas de places d’apprentissage, cela semble nettement moins séduisant. Si, comme il y a quelques années, il y avait assez de postes de travail, j’aurais adhéré à cette proposition, mais, à l’heure actuelle, je dis non, cela va créer des problèmes et des déceptions. NIKI BRÜLHART VUISTERNENS-EN-OGOZ (FR)

Il est important que ces jeunes gens soient éduqués et formés pour leur future intégration dans la société. Au cas où ils ne pourraient pas rester en Suisse, ce sont des personnes qui pourraient apporter leur savoir-faire dans leurs pays d’origine. Et des gens qui ont un travail et un but dans la vie ne sont plus des réfugiés en puissance! JEAN-LOUIS ÉCUYER CHERNEX

La Municipalité de Lausanne prépare le terrain de l’extrême droite en prenant le parti de ceux qui ne respectent pas la loi fédérale sur les étrangers. Comment voulez-vous respecter cette autorité politique si elle n’est pas crédible, car elle-même en infraction. Les clandestins doivent, et c’est la loi, être renvoyés dans leur pays d’origine. Si on ne fait plus la différence entre les immigrants légaux et ceux qui trichent et ne respectent pas la loi, quel message veut-on faire passer à la population? ANDRÉ-ÉRIC TENTHOREY PENEY-LE-JORAT

Se positionner hors la loi fédérale donne une mauvaise image de la coordination entre les différents échelons politiques. Cependant, une fois en Suisse nous ne pouvons tolérer le renvoi sans formation de ces jeunes. S’il y a un rôle social que nous pouvons jouer, c’est bien de leur donner une formation pour leur avenir. Mais cela doit être une volonté fédérale et non des actions isolées. PAUL-HENRI MARGUET LA CHAUX

Quand une loi est manifestement injuste, il est de notre devoir d’y résister… avant de tenter d’y apporter des corrections législatives. Ces jeunes ont 15-16 ans, ils ne sont ni autonomes ni responsables de la situation de séjour de leurs parents. S’ils ne peuvent pas faire un apprentissage, ils sont exclus de tout et ce qui leur reste est la rue. DORIS AGAZZI SAINT-CIERGES

C’est un scandale qu’une commune viole sciemment la législation. Il est déjà inadmissible de scolariser les enfants clandestins qui n’ont aucune existence légale en Suisse, alors le faire jusqu’à leur majorité! Que sera le pas d’après: leur offrir un travail au noir jusqu’à la retraite? ÉRIC BRON CUGY

Du point de vue du principe, le canton de Vaud n’a pas à se soumettre systématiquement à la volonté centralisatrice bernoise mais le municipal lausannois a-t-il bien vérifié la légalité de sa décision avant d’en parler et de provoquer des espoirs qui pourraient s’avérer vains ou n’est-ce qu’un «coup» en vue des futures élections, ce qui serait alors bien regrettable. BERTRAND PICARD LAUSANNE

Je félicite la Municipalité pour son courage et j’apprécie le message de soutien qu’elle envoie aux différentes motions parlementaires, ainsi qu’au Conseil d’Etat vaudois, qui a reçu le mandat par le Grand Conseil d’envoyer une initiative à l’Assemblée fédérale pour trouver une solution à ces situations d’inégalité de traitement. MYRIAM SCHWAB LAUSANNE

Il ne faut pas voir ce projet comme un défi, mais comme la reconnaissance d’une situation locale: les sans-papiers travaillent à Lausanne parce que les Lausannois ont besoin d’eux. Ils participent à l’éco-nomie locale, vivent, mangent et dorment avec la population lausannoise. Ils ont parfois des enfants et ces enfants doivent avoir le droit de se former. ALDO BRINA LAUSANNE

Il s’agit d’une excellente initiative, qui donnera des perspectives d’avenir à ces jeunes, alors qu’ils étaient réduits à une oisiveté forcée au sortir de l’école obligatoire. ROBERT JOOSTEN LAUSANNE

Au nom de l’égalité des chances, la Convention internationale sur les droits de l’enfant reconnaît un droit à l’éducation à tous les mineurs. M. Tosato ne fait que redire la réalité d’un texte, auquel la Suisse est partie. Si certains s’y opposent, qu’ils proposent au peuple de dénoncer la Convention sur les droits de l’enfant. JEAN TSCHOPP LAUSANNE

samedi 28 novembre 2009

Expulsion d’Abdiraschid: réactions

Trois lettres dans le courrier des lecteurs de 24 Heures, en réaction à l’expulsion d’Abdiraschid, jeune Somalien mineur et non accompagné.

imageA Rome, Abdiraschid a dormi à plusieurs reprises aux alentours de la gare. Photo Eric Andeville.

Quel manque d’humanité

A propos de l’article intitulé «A 17 ans, il est expulsé, tout seul, vers l’Italie» (24 heures du 14 novembre 2009):

Je suis très ému et choqué par l’expulsion d’un jeune mineur car nous sommes en relation avec un Congolais de 16 ans en apprentissage et vivant dans un foyer. Arrivé à 12 ans au CEP (Centre d’enregistrement et de procédure) de Vallorbe en provenance de Kinshasa via l’Italie, ce jeune homme n’a plus de famille. Qu’adviendra-t-il de lui en cas de retour en Italie?

Que l’ODM ne puisse être sensible à chaque cas, peut-être, mais je demande simplement un peu d’humanité. Bien sûr, on ne le jettera pas dans un wagon à bestiaux — non plus jamais ça! — on affrète un avion, quelle chance!

J’espère qu’il s’en sortira dans un pays dont il ne connaît pas la langue, mais parfois je me prends à cauchemarder: ces jeunes ont l’habitude de se débrouiller, donc plusieurs possibilités s’offrent à eux. Ils peuvent devenir vendeur de drogue, s’initier à la prostitution et, en plus, la mafia leur ouvrira certainement les bras.

Nous avons voté pour les Accords de Dublin soit, mais on met me semble-t-il les droits humains en sourdine. Cela me fait souci pour la réputation et l’avenir de la Suisse

René Maillefer, Ballaigues

Un Etat de droit? Vraiment?

Enseignant dans une école pour migrants, je me suis occupé pendant trois mois d’une classe de demandeurs d’asile et de réfugiés statutaires, dont faisait partie le jeune Somalien mineur qui vient d’être renvoyé en Italie. J’ai été très choqué d’apprendre la brutalité de l’expulsion. Je l’ai toujours traité comme un enfant de 17 ans, orphelin de père, très motivé pour apprendre notre langue, nos habitudes, et désireux de trouver une formation ici.

La Suisse a ratifié, en 1997, la «Convention relative aux droits de l’enfant» (ONU). Depuis il y a eu les Accords de Dublin 2, renvoyant, par une procédure sommaire, à la première terre d’asile (drôle d’euphémisme) tout requérant arrivé dans un 2e ou 3e pays successif.

Notre pays n’avait pas le droit de se parjurer!

L’enfant somalien devait être protégé dans notre pays, selon la Charte de l’ONU, avec la garantie que, face à toute décision administrative ou judiciaire, «l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale» (Article 3). On a commis un crime de lèse-enfance. Faisons-nous bonne figure en bafouant des accords contraignants? C’est bien joli de proclamer que la Suisse est membre de l’ONU, mais se réserve le droit de revenir sur ses engagements envers les enfants.

Cette légèreté me révolte. Mon élève vient d’un pays aux mains des seigneurs de guerre depuis 1990, sans garanties ni existence de l’Etat. On lui a dit: «Ici en Suisse, vous êtes dans un Etat de droit.» Ah oui? Même quand on passe allègrement outre aux conventions qu’on a pourtant signées de notre plus beau paraphe?

Jacques Depallens, Renens

Explications choquantes

A lire ce reportage, je suis tout simplement dégoûté.

Les explications des divers protagonistes «responsables» dans cette affaire sont choquantes. Un adolescent est encore un enfant, de chair, de cœur, qui a faim, qui a soif, qui n’a pas seulement besoin de vêtements et qui ne comprend rien aux menottes.

La loi est une chose, son application en est une autre, confiée à des humains, eux aussi de chair et de cœur. Elle n’impose pas une application de granit ou une réaction d’indifférence. Du cœur, de la charité, un sentiment de compassion devraient prévaloir sur l’orgueil politique. Je ne parle pas du sentiment chrétien bientôt disparu dans ce pays!

Si je souhaite que le cas Abdirashid mobilise les réactions nécessaires à l’âme d’un enfant qui devrait pouvoir se nourrir de tendresse, j’invite aussi chaque citoyen possédant encore un cœur de bonté pour les plus malheureux de se souvenir de ceux qui me font honte, à l’heure prochaine des choix électoraux.

Mon pays, c’est aussi ceux qui trahissent ma confiance électorale. Ma responsabilité civique, c’est de les congédier.

Francis C. Lachat, Villeneuve

mercredi 25 novembre 2009

Les “braves gens” commencent à me faire peur

Trouvée dans le courrier des lecteurs de 24 Heures, cette lettre de Monsieur Hachemi Ayad, de Lausanne.

Je ne suis pas très religieux et ne vote pas dans ce charmant pays. Mais ce qui est difficile à y gérer ces temps-ci, pour une personne qui s’appelle comme moi Hachemi, c’est d’être confronté à une suspicion croissante de la part d’un nombre étonnant de «braves gens» (parfois encouragés, il est vrai, par la méchanceté et des préjugés distillés et nourris comme par capillarité).

Et dire que, diplômé avec mention de la Sorbonne, j’avais précisément quitté la France pour échapper à tout cela, trouvant les Suisses généralement plus éduqués, plus courtois, plus honnêtes et plus sincères que nombre de mes compatriotes «gaulois»!

Ces jours-ci, je songe souvent: — à mon «païs» Saint Augustin, considéré comme le père de l’Eglise latine, — au curé de mon enfance (je fus enfant de chœur dans un petit village des Hautes-Alpes, près de Gap), à mes instituteurs républicains qui m’éduquèrent pour une société idéale où tout le monde finirait bien par être beau et gentil (comme aurait dit Jean Yanne), — à tous ces textes et ces conférences que je fis pour enseigner tolérance, respect d’autrui et savoir-bien vivre ensemble, — à mon mariage dans une cathédrale, avec une fille de famille «catholique radicale», — à mes enfants, tous baptisés selon le rite romain, suivant le vœu respectable et respecté des belles-familles, — au regard oblique dont me gratifient parfois fonctionnaires, douaniers ou policiers (suisses ou français) qui contrôlent mes papiers, quand je m’avise de faire une démarche ou de traverser la frontière, dans un sens ou dans l’autre, — au bureau que j’ai enfin pu créer dans le canton de Vaud, après m’y être fait gravement exploiter et spolier d’indicible façon, sous le regard complice de Ponce Pilate «de qualité» (pas seulement des Suisses, loin s’en faut), de droite comme de gauche, tous corps de métiers confondus,

— à mes aimables clients, pour la plupart étrangers, dont je m’efforce d’attirer en Suisse capitaux et technologies, qui viennent y créer des entreprises ou investir dans son économie, créer des emplois, payer des impôts.

Ne m’en veuillez pas trop, mais je n’ai plus 20 ans, et quelle que soit la direction (religieuse, laïque ou politique) vers laquelle je me tourne, les «braves gens» commencent sérieusement à me faire peur.

Un jour peut-être, quand je serai las d’être systématiquement mis au pied du foulard, de la burqa ou du minaret, je dirai par le menu détail mes années helvétiques, dans un ouvrage hot, qui pourrait s’appeler «Les aventures d’un mouton noir au Pays de Guillaume Tell».

En attendant, je vais faire mes paiements.

jeudi 8 octobre 2009

Des infamies

A propos des minarets, une lettre de lecteur dans 24 Heures, signée Alain Campiotti, journaliste, Lausanne.

Oskar fait rouler son petit tambour et tout le monde bat la mesure. Dans ce pays où rôdent tous les préjugés contre les musulmans, le conseiller national UDC avance sans obstacle avec sa grande cohorte tacite. Les affiches de son mouvement contre les minarets, insultantes et odieuses, ne font pas de vagues. Et il peut, sur ce sujet, dire les pires infamies sans être contredit. Lors du congrès de son parti, samedi à Genève, le téléjournal romand lui a tendu son micro, non pas à la sauvette mais pour une déclaration face à la caméra. Oskar Freysinger a expliqué avec son bon sourire que la Suisse, aujourd’hui, est dans la même situation que l’Allemagne en 1932, à la veille de la prise du pouvoir par Adolf Hitler: «Beaucoup de juifs se disaient, ce ne sera pas si grave, on pourra vivre avec…» Vous avez bien lu, bien entendu: les Suisses sont dans la position des juifs à la veille de l’Holocauste, et les musulmans sont dans les bottes des nazis.

Que de tels propos puissent être tenus, qu’une telle campagne puisse être menée dans cette molle indifférence et sans la moindre contradiction est le signe d’un affaissement politique et moral. Ou d’une tradition helvétique désormais bien établie? Antisémitisme rampant avant la guerre, acceptation intéressée de l’abomination pendant la guerre, chapardages inqualifiables dans la poche des martyrs après la guerre… Et Oskar Freysinger ose comparer notre situation à celle des juifs? Et personne ne dit rien?

D’UBS en Kadhafi, les Suisses sont, par les temps qui courent, abreuvés de railleries et de commentaires assassins — souvent caricaturaux, injustes et mal informés. Mais tout se passe comme si le pays, avec ses Freysinger, cherchait avec entêtement à ressembler à sa caricature.

Les démocraties sont fondées sur le droit. Le droit garantit la liberté de croyance et son expression. La polémique indigne autour des minarets n’est qu’un moyen détourné pour commencer à limiter les droits des fidèles de la deuxième religion de Suisse.

mercredi 11 mars 2009

Renvoi de requérant

Les lecteurs de 24 Heures réagissent à la situation de Fahad Khamas.

Il est fondamental de différencier chaque situation

A propos de l’article intitulé «Le petit matin glauque d’un retour forcé» et de la Question du jour intitulée «Vous semble-t-il légitime de tout tenter pour faire échouer le renvoi d’un requérant?» (24 heures du 3 mars 2009):

Avant tout il paraît fondamental de différencier chaque situation en fonction du motif de la demande d’asile, de la situation sociale et politique du pays d’origine, de l’état de santé physique et psychique de la personne. D’autres facteurs doivent être étudiés dont les risques de persécutions pour des causes de différences ethniques ou religieuses, comme spécifié dans la loi sur l’asile.

La situation défendue par le cinéaste Fernand Melgar est loin d’être exceptionnelle. Sa médiatisation peut heureusement être profitable au principal intéressé et il semble légitime, vu les risques encourus tels que des dangers de mort, de tout faire pour que la décision des autorités suisses soit reconsidérée. Renvoyer une personne dans un pays où plus aucune structure stable n’existe est contraire aux principes éthiques chers à nos sociétés occidentales. Par ailleurs, il existe aussi des différences de critères entre les pays européens et des pays considérés comme sûrs par les uns qui ne le sont pas par les autres.

Face à cet ensemble de situations il est recommandable de prendre le temps d’approfondir l’étude d’un dossier avant de prendre des décisions irrévocables.

Pierre Amaudruz, Lausanne

La forteresse des lois…

La loi, lorsqu’elle est appliquée froidement, n’a généralement plus rien d’humain. Ce qui l’amène dans bien des cas à se trouver en contradiction avec les droits de l’homme et du citoyen. S’arrêter à la rigueur des énoncés et des définitions transforme injustement ce citoyen en pion sur l’échiquier d’un arbitraire.

Que voulons-nous pour Fahad K.?

Appliquer la loi, sans états d’âme, ou veiller à ce que des êtres humains puissent parfois échapper aux retombées collatérales des conflits et des guerres voulues par des rapaces en tout genre qui, comble d’injustice, ne sont que rarement traînés devant des tribunaux pour rendre compte de leurs forfaits abominables.

Pour contrecarrer ce déséquilibre flagrant entre ceux qui provoquent et ceux qui subissent, il est bon de considérer d’abord les événements dans leur cruelle réalité.

Laisser ce requérant d’asile repartir dans son pays d’origine sachant ce qui l’attend serait d’une innommable lâcheté.

Je ne serais pas fier de mon pays, ni de tout autre, si ces derniers devaient se comporter comme des Ponce Pilate. Car finalement ce réfugié politique nous renvoie à notre faute originelle qui est celle d’avoir laissé les EU perpétrer le massacre irakien.

Si nous avons l’honnêteté de reconnaître cette erreur, alors une sage décision sera adoptée et cet homme ne sera pas, lui aussi, massacré.

Ce n’est pas détourner la loi que de sauver une vie!

Yorick Delaunay, La Croix-Lutry

vendredi 9 janvier 2009

Volonté populaire – vraiment?

A propos de l’article intitulé «Pour Noël, le canton leur fait le pire des cadeaux» ( 24 heures du 19 décembre 2008):
  C’est l’histoire d’un couple, ils ont une fille de 20 mois. Le papa est Suisse, pas encore divorcé administrativement, la maman et future épouse, Ukrainienne. L’enfant devra se faire opérer d’une tumeur. Il travaille à 100%, elle s’occupe de leur foyer, ça tombe bien, elle va pouvoir être aux côtés de leur fille.
  C’est sans compter avec l’administration, dûment légiti­mée par le cadre juridique strict, appliqué suite aux vota­tions de 2006. Le chef du SPOP confirme que cette femme n’a pas de statut légal en Suisse, car le papa de leur enfant n’a pas pu fournir les papiers officiels, nécessaires au mariage… difficile avant la prononciation de son divorce.
  Cette situation étant déli­cate, le chef de service déclare prudemment au journaliste qu’il est peu probable que le renvoi, prononcé pour le lende­main de Noël (!), soit exécuté avant mai. En d’autres termes, il propose la clandestinité à cette maman.
  Le hasard de la mise en page de 24 heures fait cohabi­ter ce récit kafkaïen avec une annonce payante contre l’ex­tension de l’accord bilatéral avec l’UE.
  Qu’y trouve-t-on? Les mots «pillage, abus, immigration incontrôlée, criminalité étran­gère… ». Ne manquent plus que les moutons noirs et nous sommes dans le contexte de 2006 qui a amené le peuple suisse à voter en faveur des lois, qui aujourd’hui permet­tent ce genre de situations absurdes.
  Cette manière de mener campagne trouvera malheureu­sement toujours un certain nombre d’adeptes qui préfè­rent dire que ceux d’ailleurs n’ont rien à faire ici, quelles que soient leur condition et leur situation.
  Mais de là à y donner un large soutien populaire, il y a un pas que nous pouvons majoritairement choisir de ne plus franchir.
Doris Agazzi,
Saint-Cierges