Affichage des articles dont le libellé est criminalité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est criminalité. Afficher tous les articles

jeudi 27 septembre 2012

Argovie: la protection civile pourra patrouiller dans les quartiers

En Argovie, des membres de la protection civile pourront patrouiller dans les quartiers d'habitations pour améliorer le sentiment de sécurité de la population, a annoncé la Chancellerie d'Etat mercredi soir. Chaque organisme de protection civile devra au préalable obtenir une autorisation du canton.

Les engagements devront se faire en accord avec la police. De plus, les patrouilles ne pourront procéder à des contrôles ou à des interpellations. Elles devraient le cas échéant faire appel à la police, a précisé la Chancellerie d'Etat argovienne suite à un rapport pour les organismes de protection civile.

La décision d'engager de telles patrouilles reviendra aux autorités communales et régionales. Par ailleurs, le canton informera l'Office fédéral de la protection de la population de tout engagement de la protection civile.

"Crime Stop"

Dans le cadre de l'opération "Crime Stop", le gouvernement avait annoncé en août vouloir envoyer des patrouilles désarmées de protection civile. Il veut ainsi lutter notamment contre la criminalité de requérants d'asile. La présence policière dans les gares et près des centres de requérants avait déjà été renforcée.

Le gouvernement est d'avis que les patrouilles, par leur présence, auront un effet préventif sur les cambriolages perpétrés au crépuscule. La protection civile doit avant tout soutenir et décharger la police. Celle-ci restera responsable du maintien de la sécurité aux abords des centres de requérants d'asile.

Les premières patrouilles de protection civile devraient commencer en décembre, estime le gouvernement. De tels engagements ne sont pas nouveau. Il y a 10 ans, des patrouilles de quartier avaient déjà été mises en place avec succès, ont rappelé les autorités.

ATS sur romandie.com

mercredi 16 mai 2012

La criminalité nord-africaine dans le viseur

La police fribourgeoise a multiplié les actions contre une soixantaine de personnes originaires du Maghreb.

Appeler un chat un chat n’est pas toujours politiquement correct. La police fribourgeoise a pris ce risque hier et a tiré le bilan d’une opération de sécurité visant la hausse de la petite criminalité associée à un groupe de personnes venues d’Afrique du Nord.  «Plus de 60 personnes originaires d’Afrique du Nord résidant dans les foyers du canton sont une des causes de la hausse de la criminalité constatée à la fin de l’année passée et au début de celle-ci», a indiqué la police. Cette dernière s’est empressée de souligner qu’il ne fallait pas généraliser: «Tous les requérants d’asile venus du Maghreb ne sont pas des délinquants.»

Selon la police, les personnes poursuivies font partie d’une catégorie de requérants – provenant en partie de pays ayant vécu les révolutions du Printemps arabe –, qui se sont vu opposer une décision de non-entrée en matière de procédure d’asile ou une décision négative.  A la fin de l’année dernière et au début de cette année, la police fribourgeoise a constaté une «augmentation flagrante des délits commis par ces ressortissants du Maghreb». Les délits identifiés sont essentiellement des vols à l’étalage, des vols par effraction dans des véhicules et des habitations, des infractions à la loi sur les stupéfiants et des agressions.

Pour exemple, les vols par effraction dans les véhicules ont augmenté de 410% au premier semestre 2012 par rapport aux premiers semestres de 2010 et 2011. La majeure partie des infractions ont été commises en ville de Fribourg. Des ressortissants des pays du Maghreb avaient également contribué à une hausse de la criminalité à Fribourg l’été dernier. C’est pourquoi la police avait décidé de mettre sur pied une task force, qui avait abouti à 88 dénonciations en 2011.

En février, elle a décidé de reconduire les activités de cette task force. Constituée par des forces issues de la gendarmerie et de la police de sûreté, celle-ci a réalisé 75 interpellations portant sur 66 personnes, avec à la clé 56 dénonciations.  Cette opération nommée «Eden» compte également un volet préventif. L’année passée, la population avait été mise en garde par la campagne de prévention «Attention aux voleurs», notamment dans les centres commerciaux.  Au final, la criminalité des ressortissants du Maghreb a baissé grâce à «Eden», affirme la police cantonale. Selon elle, cela a non seulement été confirmé par les chiffres, mais également par les retours des commerçants.

ATS dans 24 Heures

mardi 10 avril 2012

Des Nyonnais dénoncent les dealers sur un blog

A Nyon, les vendeurs de drogue ont changé de zone. La fermeture du centre de requérants d’asile de l’EVAM n’a pas réglé le problème: des habitants réagissent sur internet.

Les voisins de la place des Marronniers, à Nyon, en ont ras-le-bol. Depuis leurs balcons, ils assistent quotidiennement au bal des dealers qui vendent leur marchandise le long de la promenade d’Italie, jusqu’à la place qui surplombe le lac. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est accru depuis quelques mois.

Déjà agacés par les incivilités et la saleté que laissent les jeunes qui se réunissent le soir, les voisins s’avouent de plus en plus inquiets: «Mon fils de 7 ans sait qui est dealer et qui ne l’est pas. Il sait aussi dans quels buissons ils cachent leur drogue», déplore un habitant du quartier, qui a lancé un blog pour dénoncer ces activités.

Dénoncer les dealers
«J’ai vu trois adolescents qui ont acheté des drogues illicites à un trafiquant.» «Nous avons un problème très grave dans le parc, et nous devons faire tous les efforts pour lutter contre les trafiquants de drogue.» Lancé il y a six mois par un voisin de la promenade d’Italie, aux premières loges du trafic, un blog invite les riverains à publier leurs commentaires et leurs observations. Des photos – floutées – ont même été mises en ligne, les originaux ont quant à eux été envoyés par la police.

Ce site internet a été créé par un membre du collectif de riverains qui, depuis 2008, se plaint des déprédations qui envahissent quotidiennement le secteur, où se trouvent trois écoles et des places de jeu. Après avoir pesté contre les jeunes qui font la fête à la place des Marronniers, leur action se concentre désormais sur le trafic de drogue.

La démarche de ce riverain ne fait toutefois pas l’unanimité parmi les voisins, et encore moins du côté des autorités. «Ce qui me désole, c’est que ce blog n’encourage pas la police, qui passe des heures à tenter de résoudre ce problème, déclare la municipale Elisabeth Ruey-Ray. Ils ne devraient pas publier de photos, c’est limite sur le plan de la protection des données.»

Obstiné, le créateur de la page n’en démord pas. Contacté par 24 heures, il affirme qu’il n’a pas l’intention de fermer le blog: «Ce trafic doit cesser, et nous continuerons à protester jusqu’à ce que les autorités prennent des mesures.»


Pas de trafic à Begnins
Dans les faits, le nombre de dealers n’a pas réellement augmenté: ils se sont simplement concentrés dans le secteur de la Combe. En cause, la fermeture du centre d’accueil des requérants d’asile de l’EVAM, au quartier des Fontaines, en février dernier, au profit d’un nouveau lieu d’accueil à Begnins.

Nyon est malgré tout restée une plaque tournante du deal dans la région: «Aucun trafic n’a été constaté pour le moment au centre de Begnins ni à Gland, explique Philippe Jaton, porte-parole de la police cantonale. Mais il y a en effet des activités à Nyon.» Le porte-parole rappelle que les migrants doivent quitter les abris PCi qui les accueillent la nuit, «ils sont donc mobiles».

Sentiment d’insécurité
«Nous avons pu constater une recrudescence du trafic dans le secteur de la Combe depuis que le centre EVAM a fermé, confirme James Lacroix, chef de police secours à Nyon. Il en reste encore quelques-uns au quartier des Fontaines, qui fournissent des habitués.» En tout, une vingtaine de migrants d’origine africaine traficotent en ville. «Ils ont tous passé par un centre de migrants et certains d’entre eux n’ont plus de statut», précise James Lacroix.

«Ça laisse un sentiment d’insécurité qui est détestable, peste Roxane Faraut, conseillère communale PLR. Les parents n’osent plus passer par la place des Marronniers pour rejoindre la place de jeu, dans le parc.»

Le problème, c’est que la marge de manœuvre de la police est restreinte. «La justice n’a pas les moyens de les enfermer», souligne la municipale Elisabeth Ruey-Ray. Parfaitement organisés, les dealers se font en effet pincer pour détention de drogue, presque jamais pour trafic. Ils sont donc rapidement relâchés.

«Le seul moyen d’action, c’est de déstabiliser le marché en intervenant de manière répétée», poursuit Elisabeth Ruey-Ray. La police nyonnaise se rend sur place plusieurs fois par jour, fouille les bosquets pour récupérer la marchandise planquée par les dealers. La police cantonale intervient également avec des chiens pour intercepter la marchandise. Elisabeth Ruey-Ray conclut, un peu pessimiste: «De toute façon, si on les chasse de la promenade d’Italie, ils iront dealer ailleurs.»

24 Heures

Etats-Unis : nouveaux soupçons de meurtres racistes

Alors que le meurtre fin février de Trayvon Martin, un Noir de 17 ans, suscite l'indignation de milliers d'Américains, une nouvelle affaire secoue le pays. Deux hommes blancs sont soupçonnés d'avoir tué vendredi trois Afro-Américains à Tulsa, dans l'Oklahoma, au sud des Etats-Unis. S'agit-il une nouvelle fois d'un crime raciste ?

Au terme d'une vaste chasse à l'homme à laquelle a participé le FBI, Jake England, âgé de 19 et Alvin Watts, 32 ans, ont été interpellés dimanche, au grand soulagement de la communauté afro-américains. Tous deux sont suspectés d'avoir d'avoir tué trois Noirs et d'en avoir blessé deux autres lors de fusillades dans un quartier à majorité noire de Tulsa. A priori, ils auraient tiré au hasard. Une section locale de NAACP, la principale organisation de défense des droits civiques des Noirs américains, avait appelé vendredi à une résolution rapide de l'affaire.

Trop tôt pour trancher
La police et le FBI ont estimé ce lundi qu'il était trop tôt pour dire si ces crimes avaient été motivés par le racisme. Jake England aurait posté jeudi, la veille des fusillades, sur Facebook un message à l'occasion des deux ans de la mort de son père, abattu selon lui par un Noir, en y incluant des insultes racistes. La page de ce réseau social n'est plus accessible depuis dimanche.  Une amie de la famille, Susan Sevenstar, a décrit Jake England à l'Associated Press comme «un bon garçon», «très travailleur» mais qui «avait perdu la tête» après la mort de son père et le suicide en janvier de sa fiancée, peu après la naissance de leur bébé. Les deux hommes ont été déférés devant la justice ce lundi, sans avocat. Ils seront maintenus en détention, à moins de verser une caution de 9,16 millions de dollars chacun. Ils comparaîtront à nouveau le 16 avril.

Le Parisien

vendredi 7 octobre 2011

«Les requérants pourraient ne plus avoir ni lit attribué ni armoire»

Pour que le foyer lausannois n’abrite plus de délinquants, l’Etat et l’EVAM songent à en faire un sleep-in.

Mardi à l’aube, la police lausannoise effectuait une descente dans le foyer de Vennes, à Lausanne, tenu par l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Et la récolte a été remarquable: drogue, argent, quantité de téléphones portables et divers objets apparemment volés. Mais ce qui surprend, c’est la proportion de requérants d’asile déférés au procureur pour recel ou trafic de drogue. Sur 91 résidents, 44 sont fortement soupçonnés. Presque la moitié.

Comment est-ce possible? Et surtout, comment éviter que le foyer financé par des autorités publiques ne se transforme en lieu de recel et en base arrière pour des voleurs ou des trafiquants?

Le directeur de l’EVAM, Pierre Imhof, planche avec d’autres sur une piste: «On pourrait transformer le foyer de Vennes en une sorte de sleep-in, où les résidents n’auraient ni lit attribué ni armoire. Ils devraient aussi quitter les lieux la journée en emportant tous leurs biens. Mais nous devons étudier si de telles mesures ne se heurtent pas au droit constitutionnel. En outre, nous serions contraints de traiter tout le monde de cette façon, pas seulement les personnes soupçonnées.» Le chef du département en charge de l’Asile, Philippe Leuba, confirme: «Nous travaillons sur cette hypothèse depuis le début de l’été, mais elle pourrait se heurter à des dispositions de la Constitution suisse et vaudoise. Il va de soi que nous abandonnerons cette idée si nous arrivons à la conclusion qu’elle contrevient à ces textes.»

Un centre «à risques»

Pierre Imhof précise que le foyer de Vennes est un cas particulier: «Il constitue un centre à risques, car il n’abrite que des hommes seuls qui sont à l’aide d’urgence. C’est le seul de cette catégorie dans le canton de Vaud. Sur le point d’être expulsés, ces requérants ne touchent que de l’aide matérielle, mais pas d’argent. Ils n’ont d’autre perspective que d’être renvoyés. Ils n’ont pas le droit de travailler. Ils n’ont donc rien à perdre.» Le directeur note également que la proximité du cœur de Lausanne renforce la tentation de se livrer au trafic de drogue. Il relève que les familles de migrants à l’aide d’urgence ou les requérants qui gardent un espoir d’être régularisés ne se comportent pas de la même façon.

Philippe Leuba souligne aussi la singularité de Vennes: «80% des résidents viennent de pays avec lesquels la Suisse n’a pas d’accord de réadmission. Ils restent donc là des mois, voire des années. Voilà pourquoi je demande aux autorités suisses depuis mars 2010 de mettre sur pied une stratégie gouvernementale visant à faciliter le retour.»

Selon Pierre Imhof, le produit du vol et du trafic est surtout destiné à envoyer de l’argent dans les familles restées au pays. Preuve en est que les requérants restent dans ce foyer, où les conditions sont spartiates: ils dorment jusqu’à cinq dans la même chambre. «L’ennui, c’est qu’une centaine de délinquants jettent le discrédit sur les 900 personnes à l’aide d’urgence, et plus généralement sur les 4500 personnes assistées par l’EVAM.» Ce dernier a prévenu la police de cas de trafic à Vennes. Or, parallèlement, la police lausannoise soupçonnait d’autres résidents. D’où la décision d’une grosse intervention, qui a mobilisé 148 policiers. «C’est la politique que j’ai définie pour l’EVAM, explique Philippe Leuba. nous devons pratiquer la tolérance zéro. A la moindre suspicion de trafic, nous prévenons la police. Nous savons que la délinquance de quelques- uns nuit à la politique d’asile en favorisant les amalgames que font certains.» Et le conseiller d’Etat de poursuivre: «Une arrestation peut provoquer deux réactions: certains diront que cela démontre la délinquance, mais cela démontre surtout que l’Etat lutte fermement contre cette délinquance.»

Justin Favrod dans 24 Heures

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

descente du siècle

Dans le monde politique, les réactions sont diverses. «C’est terrible, c’est le système qui pousse ces personnes au trafic de drogue. C’est la manière de traiter les NEM (non-entrée en matière) qui pose problème», estime Sandrine Bavaud, députée Verte. Même topo chez la présidente des socialistes, Cesla Amarelle: «Il faut des programmes d’occupation.» A Amnesty International, Denis Graf martèle: «En les mettant toute la journée dehors, on ne fait qu’accroître le problème. Il faut former les NEM pour qu’ils puissent vivre dans leur pays une fois renvoyés.»

Jacques-André Haury, président des Vert’libéraux, sourit jaune: «Ma première réflexion a été: «Tiens, tiens, comme par hasard, cela arrive juste avant les élections!» Mais je suis surtout attristé qu’une fois de plus, notre politique d’asile est salie par des affaires de délinquance.»

Fabrice Moscheni, président de l’UDC Vaud, lui, approuve: «Cela fait partie d’une reprise en main qu’il faut saluer. La loi doit être respectée. Elle est faite pour protéger les plus faibles et il faut donner les moyens à la police.»

Pour Gérald Cretegny, syndic de Gland, «la police a fait son travail, et c’est tant mieux. Mais il ne faut pas extrapoler la situation de Vennes à tous les centres de l’EVAM. Cela dit, certains migrants jouent avec le feu.» Municipale de Police à Nyon, la PLR Elisabeth Ruey-Ray juge que «l’EVAM n’est pas laxiste, mais soumis à des règles. A Nyon, il collabore avec la police, mais, derrière tout ce trafic, il y a des gens bien organisés, et les requérants sont des cibles faciles.»

24 Heures

samedi 20 août 2011

Les mots de travers de l’UDC

On ne doutait pas de la capacité de l’UDC à savoir exploiter très rapidement les faits divers tragiques où les étrangers ont le mauvais rôle. Elle vient, sans surprise, de le faire avec les deux drames survenus le 15 août, à Pfäffikon (ZH) et Interlaken (BE), dont l’un touchait un «lutteur douze fois couronné».

«Un Kosovar abat la responsable des services sociaux!» «Des Kosovars poignardent un Suisse!» On ne doutait pas de la capacité de l’UDC à savoir exploiter très rapidement les faits divers tragiques où les étrangers ont le mauvais rôle. Elle vient, sans surprise, de le faire avec les deux drames survenus le 15 août, à Pfäffikon (ZH) et Interlaken (BE), dont l’un touchait un «lutteur douze fois couronné».

La voilà donc avec deux tout nouveaux titres inspirés de l’actualité pour décliner son annonce qui fait la promotion de son initiative «pour stopper l’immigration massive». Et, par ricochet, renvoie à celle «pour le renvoi des étrangers criminels». L’ambassade du Kosovo a d’ailleurs dû sentir le vent du boulet et la récupération politique. Car elle avait jugé nécessaire, quelques heures plus tôt, d’envoyer un fax aux rédactions pour condamner ces actes.

Mais vouloir agir plus vite que son ombre comporte un risque. Dans son communiqué visant à promouvoir sa nouvelle campagne d’affichage, dénoncer l’«attitude passive» du gouvernement et se plaindre des journaux qui refusent de publier l’annonce, l’UDC s’inflige un joli autogoal. Et nous offre un contresens bien en évidence dans le titre. Voilà ce qu’écrit le parti: «Il est temps que le Conseil fédéral agisse contre les étrangers criminels et l’émigration de masse.» Tiens donc. L’UDC ne brandit plus la menace d’une invasion d’étrangers, mais préfère s’inquiéter d’un exode massif aussi soudain qu’inexplicable des Suisses? Encore un mouvement migratoire qui semble nous avoir échappé.

Valérie de Graffenried dans le Temps

lundi 29 novembre 2010

Une victoire, pas une solution

L’initiative de l’UDC sur le renvoi des criminels étrangers est donc acceptée à la double majorité. Il appartient désormais au parlement d’adapter la législation pour la mettre en œuvre. Des blocages sont à prévoir sur la question de la conformité de ce texte avec le droit international.

clivage ville campagne infographie Temps

Infographie du Temps (cliquer pour accéder à l'original)

La victoire de l’initiative de l’UDC sur le renvoi des délinquants étrangers, dimanche, est amère pour les artisans du contre-projet, les partis du centre droit au premier chef. Le 28 novembre restera dans les mémoires comme le troisième scrutin de l’histoire des droits populaires où les citoyens ont infligé au parlement l’humiliation de préférer l’initiative qui leur était proposée au contre-projet défendu par les Chambres.

Pour les libéraux-radicaux et les démocrates-chrétiens, qui ont été à l’origine du contre-projet et qui y voyaient l’unique moyen de neutraliser l’initiative de l’UDC, la défaite est d’autant plus dure qu’ils ont des motifs objectifs d’en tenir la gauche pour coresponsable. En prônant le double non, le PS et les Verts prenaient en effet le risque de favoriser l’initiative.

Pour autant, la victoire de l’initiative est loin de clore le débat. Le texte approuvé dimanche appelle en effet le législateur à définir plus précisément les cas où la commission d’un délit entraînera la révocation du droit de séjour. Dans les mois, voire les années, qui viennent, le parlement aura la tâche délicate de traduire dans la législation une initiative qu’il a estimée, dans sa grande majorité, inapplicable telle quelle sans violer la Convention européenne des droits de l’homme et l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE, notamment. L’automatisme du renvoi postulé par l’initiative ne se concilie pas, en effet, avec ces textes, qui imposent au minimum un examen au cas par cas de la proportionnalité d’une mesure d’expulsion.

Ces questions techniques risquent d’occasionner de vrais blocages. Mais la volonté populaire s’étant exprimée, il est difficile pour les élus, à gauche comme au centre droit, de la défier en continuant à prôner des solutions qui reviendraient à faire primer, dans les faits, le contre-projet balayé ce week-end sur l’initiative. Dimanche, Simonetta Sommaruga s’est pourtant engagée à tenter d’amoindrir, sinon de résoudre, les conflits avec le droit supérieur qui ne manqueront pas de surgir. La ministre socialiste de la Justice s’est promis d’associer étroitement les initiants au groupe de travail qui sera mis sur pied avant la fin de l’année pour faire des propositions. «J’attends cependant que les membres du comité d’initiative tiennent leurs engagements, notamment celui de ne pas exiger le renvoi des auteurs de délits sans gravité réelle.»

Les conséquences concrètes qui résulteront à terme du vote populaire de ce dimanche restent donc incertaines. Les exigences du droit international ne pourront être purement et simplement ignorées, et l’exercice hasardeux auquel s’était livré le parlement pour mettre en œuvre l’initiative réclamant l’internement à vie des délinquants dangereux va se répéter avec l’expulsion des délinquants étrangers.

Les perdants d’aujourd’hui se verront contraints de donner une suite à un texte qu’ils ont combattu. «Il est à prévoir qu’ils utiliseront toute leur marge de manœuvre pour édulcorer le texte», estime le conseiller national UDC genevois Yves Nidegger. Mais si les partis de gauche et du centre vont trop loin, avertit-il, «ils feront un splendide cadeau à l’UDC», la confortant dans le rôle de la seule force politique apte à défendre la volonté populaire.

«Le peuple a parlé et il faut en prendre acte, mais c’est la responsabilité des initiants de nous dire comment ils entendent mettre en œuvre leur texte», réagit le président du PDC Christophe Darbellay. Le conseiller national valaisan se dit ainsi curieux de voir quelles solutions seront proposées dans le cas de mineurs ayant commis des délits de peu de gravité. «On attend de la part des initiants des propositions concrètes», ces questions devant trouver une réponse «dans les six prochains mois».

Du côté des libéraux-radicaux, la conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret met également en avant la responsabilité de l’UDC pour trouver des solutions, mais aussi celle de la gauche, accusée d’avoir favorisé l’initiative en rejetant également le contre-projet. L’UDC a fait «des promesses contradictoires», avertit la Vaudoise, qui pronostique que la droite dure fera tout pour faire porter aux autres partis la responsabilité d’une mise en œuvre imparfaite ou retardée de l’initiative. Pour l’élue, l’occasion doit aussi être saisie de reposer la question du contrôle de la conformité des initiatives avec le droit international.

A gauche, on se demande avec qui le centre droit fera alliance. La relativement courte majorité obtenue par l’initiative justifie que les préoccupations de la minorité soient prises en compte, juge le Vert genevois Antonio Hodgers. Car si le parlement n’y veille pas, «c’est le Tribunal fédéral ou les juges de Strasbourg qui le feront».

Denis Masmejan dans le Temps


Dans le Temps, vous trouverez également

mercredi 10 novembre 2010

Les idées fleurissent …

réformateurs tous étrangers

Trouvé sur le site des Jeunes Socialistes de Genève

Une initiative pour les renvois des Confédérés dangereux dans leur canton d'origine

initiative jeunes socialistes genèveLes jeunes socialistes lancent une fausse initiative pour faire réagir les Genevois.

«Pourquoi seule l’extrême droite aurait le droit d’être bête et méchante?» questionnait Romain de Sainte Marie, président des jeunes socialistes, devant le Mur des Réformateurs ce matin.

Pour faire preuve du «même niveau d’intelligence et de pertinence» que leurs opposants politiques, les jeunes socialistes lancent une initiative «pour le renvoi des criminels suisses confédérés dans leur canton d’origine». Leur action vise à dénoncer l’initiative de l’UDC pour le renvoi des criminels étrangers.

Pour l’occasion, chaque figure de la Réforme a été revêtue d’un panneau indiquant son nom, ses années de vie et la mention étranger. «Genève a mis en statue quatre étrangers alors considérés comme des criminels, explique Romain de Sainte Marie. Nous voulions montrer qu’une Genève sans étrangers serait impensable».

Les jeunes socialistes ont également rajouté l’évasion fiscale à la liste des crimes justifiant le renvoi du canton. Une manière de souligner ce qu’ils qualifient ironiquement d’«oubli malheureux de l’UDC». Le conseiller municipal socialiste, Pascal Holenweg, a profité de l’occasion pour lancer une initiative municipale pour «le renvoi des criminels suburbains dans leur commune d’origine».

A noter que ces deux textes sont des parodies de initiative sur le renvoi des criminels étrangers et de son contre-projet votés par le peuple le 28 novembre prochain.. Les politiciens ne comptent aucunement recueillir des signatures.

mardi 9 novembre 2010

Philippe Leuba fait expulser des dizaines de titulaires de permis C

philippe leuba expulsion permis cLe chef de l’Intérieur a systématisé une pratique rarissime. Le renvoi de délin-quants vivant ici depuis longtemps.

Dans d’autres pays, ils auraient acquis la nationalité de leur terre d’accueil. Ils sont là depuis dix ans au moins et trente-huit ans au plus. L’un d’entre eux est même né en Suisse. Tous – ils sont 28 – viennent d’être condamnés à la prison pour des infractions qui vont du trafic de drogue à l’assassinat en passant par le viol, l’agression ou le vol en bande. Tous sont titulaires d’un permis C. Le chef du Département de l’intérieur, Philippe Leuba, a décidé cette année de les expulser au terme de leur peine de prison.

En Suisse, la pratique est plutôt rare. Dans le canton de Vaud, elle est nouvelle. Avant Philippe Leuba, Josef Zisyadis et Pierre Chiffelle auraient chacun signé une seule révocation d’autorisation d’établissement pour un permis C. A son arrivée au Conseil d’Etat en 2007, Philippe Leuba a décidé d’être intransigeant avec les délinquants et a systématisé la procédure. Cela s’est fait progressivement: deux titulaires de permis C se sont vu supprimer leur autorisation en 2007, six en 2008 et dix en 2009.

Chaque canton agit selon sa propre procédure. Lorsqu’un titulaire de permis C est condamné pénalement à plus d’une année de détention, son dossier est transmis au Service vaudois de la population, qui effectue un premier tri. Les cas lourds sont soumis au chef du département, qui statue. «En moyenne, je décide du renvoi de 85% des cas qui me sont soumis, explique Philippe Leuba. Dans ma décision, je prends en considération les motifs de leur condamnation que je pondère en tenant compte de leur intégration en Suisse et de la qualité des relations qu’ils ont en particulier avec leurs enfants.» C’est ainsi que sur les 28 un seul est né en Suisse. Il s’agit d’un Français de 27 ans condamné à 11 ans de réclusion pour assassinat, vol et violation de la loi sur les stupéfiants. Malgré sa nationalité, il ne pourra pas s’installer à nouveau en Suisse en arguant de la libre circulation. Il se trouvera en effet sous le coup d’une mesure d’interdiction d’entrée en Suisse. Pour revenir, il devrait obtenir l’annulation de cette mesure par l’Office fédéral des migrations.

Recours possibles

Une fois que Philippe Leuba a décidé l’expulsion, les personnes touchées peuvent faire recours au Tribunal cantonal, puis au Tribunal fédéral. «Une procédure qui dure en moyenne deux ans.» Philippe Leuba présente d’ailleurs une décision toute fraîche du Tribunal fédéral qui lui a donné raison. En 2008, il avait retiré son permis C à un double national franco-kosovar, condamné à quatre reprises, surtout pour des vols. Ce dernier a épousé une Suissesse et a eu avec elle trois enfants. Les juges de Mon-Repos estiment que «son absence totale d’amendement, mais également une incapacité à se remettre en question» impliquent un risque de récidive important. Cela justifie l’expulsion malgré les liens de famille .

Justin Favrod dans 24 Heures


profil expulsés vaud

24 Heures

vendredi 29 octobre 2010

Russie: lourdes peines pour des crimes racistes

La justice russe a condamné jeudi à de lourdes peines de prison deux militants nationalistes reconnus coupables de quinze crimes racistes.

Un homme de 22 ans a été condamné à la perpétuité. Un autre, d'un an son aîné, a écopé de 22 ans de réclusion pour l'avoir aidé, dans le cadre de crimes racistes en Russie. Les quinze meurtres, motivés selon le tribunal par le racisme des deux hommes, ont eu lieu dans la région moscovite en l'espace de huit mois, en 2007 et 2008.

Les nationalistes russes visent fréquemment des travailleurs immigrés d'Asie centrale et du Caucase. Ils attaquent également des étudiants africains et asiatiques ou des Russes n'ayant pas l'air d'origine slave. Au moins 60 personnes ont été tuées et 306 blessées pour ces raisons en Russie en 2009, selon Sova, une organisation qui surveille l'évolution de ce phénomène dans le pays.

ATS relayée par 20 Minutes

lundi 25 octobre 2010

Les cantons réfutent l'accusation de laxisme

La Suisse est-elle trop «coulante» envers les criminels étrangers? Balivernes, estiment les cantons, qui rejettent tout laxisme en matière de renvois. Pourtant, de grands écarts existent d’un canton à l’autre. «Aujourd’hui, un délit valant l’expulsion à Saint-Gall ne produit pas les mêmes effets à Neuchâtel. C’est choquant», estime le conseiller national UDC Yvan Perrin. L’UDC et le Conseil fédéral veulent tous deux harmoniser la pratique, mais chacun à sa manière. Verdict le 28novembre.

La Suisse estelle trop «coulante » envers les criminels étrangers? L’UDC en est convaincue et réclame, dans son initiative dite des moutons noirs, le renvoi automatique des étrangers auteurs de certains délits. Opposés à cette systématique, le Conseil fédéral et le parlement ont opposé un contre-projet au texte UDC. Les deux versions sont soumises au vote le 28 novembre. Depuis 2007, ce sont les autorités cantonales qui sont seules habilitées à prononcer le retrait d’une autorisation de séjour. A elles de faire la pesée d’intérêts entre la sécurité publique – le criminel présente-t-il un danger pour la société suisse? Quel est le risque qu’il récidive? – et l’intérêt de la personne condamnée – est-elle intégrée en Suisse? Y a-t-elle une famille? «Mais dès que vous confiez cette décision à l’administration, vous ouvrez la voie à des considérations politiques, dénonce le conseiller national Yvan Perrin (udc/NE). Aujourd’hui, un délit valant l’expulsion à Saint-Gall ne produit pas les mêmes effets à Neuchâtel. C’est choquant.»

Les barrières du droit
Certains cantons sont-ils donc trop laxistes? «C’est un jugement à l’emporte-pièce, réplique Patrick Pochon, chef du Service fribourgeois de la population et des migrants. Je comprends que certains citoyens trouvent anormal que des criminels étrangers puissent rester en Suisse. Mais c’est méconnaître les exigences du droit.» Pas facile par exemple d’expulser un ressortissant d’un Etat membre de l’Union européenne, explique Serge Gamma, chef du Service neuchâtelois des migrations. L’accord sur la libre circulation des personnes n’autorise en effet le renvoi que si la personne présente un danger grave pour la sécurité de la Suisse. Aux obstacles juridiques s’ajoutent des difficultés pratiques, renchérit son homologue valaisan Jacques de Lavallaz: «Parfois, le renvoi ne peut être exécuté parce que la personne n’a pas de passeport valable ou parce que son pays d’origine refuse de la reprendre. Parfois, le Tribunal fédéral met le holà parce qu’il juge le criminel intégré en Suisse ou que son état de santé ne permet pas son renvoi.»

Fribourg moins sévère
«En pratique, écrit le Conseil fédéral pour défendre son contre-projet, les cas d’infractions pénales graves donnent lieu à la révocation des autorisations et au renvoi des personnes concernées. Les cantons n’y sont cependant pas tenus. La marge d’appréciation importante dont ils disposent conduit à des pratiques disparates.» Ainsi, Saint-Gall (72 renvois depuis le début de l’année), Zurich et Vaud (respectivement 113 et 103 criminels expulsés en 2009) peuvent se targuer de sévérité. De leur côté, Neuchâtel (6 renvois en 2009), le Valais (entre 10 et 15 en moyenne par année, selon Jacques de Lavallaz) et Fribourg (cinq renvois par an, estime Patrick Pochon) ont la dent moins dure. Toutefois, selon la Commission fédérale pour les questions de migration, qui a enquêté sur le sujet, «il existe des indices que la pratique des cantons s’harmonise pour des raisons de jurisprudence nationale et internationale et surtout aussi à cause des débats politiques des dernières années.» Le Neuchâtelois Serge Gamma réfute ce dernier argument: «Nous ne ressentons aucune pression politique, et n’avons donc pas changé de pratique. » Une pratique qui, selon les responsables cantonaux des migrations, ne devrait pas non plus sensiblement changer à l’avenir, quel que soit le résultat des votations. «Sans doute serons- nous amenés à prononcer davantage de renvois, mais cela ne signifie pas forcément que plus de renvois seront exécutés, prédit Serge Gamma. Tant que nous n’aurons pas d’accord de réadmission avec tel ou tel Etat, nous n’y renverrons personne.»

Serge Gumy dans la Liberté

samedi 23 octobre 2010

Un double non s’impose lors de la votation sur l’expulsion des étrangers criminels

mazyar yosefi Mazyar Yosefi, conseiller communal à Epalinges, est l’invité de la rubrique Réflexion de 24 Heures.

Le peuple suisse se prononcera le 28 novembre sur l’initiative de l’UDC et sur le contre-projet des Chambres fédérales qui, tous deux, visent l’expulsion des étrangers condamnés par un jugement, indépendamment de leur statut et de leur titre de séjour. L’initiative viole sciemment le droit international et les principes fondamentaux de la Constitution. Et le renvoi automatique qu’elle stipule viole également l’accord sur la libre circulation des personnes, selon l’UE.

L’UDC, une fois de plus, ressert son fonds de commerce électoral pour polariser le débat sur la question des étrangers. La campagne, émotionnelle, s’annonce nauséabonde, mensonges sur les chiffres de la criminalité et affiches détestables à l’appui.

my opinion

Les autres partis politiques, préoccupés par les élections fédérales de 2011, n’ont pas eu le courage d’invalider un texte inutile et contraire aux droits humains. Ils ont décidé de proposer un contre-projet, tout aussi xénophobe et inapplicable. L’amalgame entre les étrangers et la criminalité bat son plein dans cette campagne. L’UDC propose de lier la criminalité à la nationalité dans la Constitution. Celle-ci, qui devrait garantir les droits de chacun, sera bientôt transformée en Code pénal!

Je n’adhère pas à la politique du moindre mal et refuse de choisir entre la peste et le choléra, les deux textes soumis au vote étant presque identiques. Le contre-projet ne fait que confirmer le propos raciste de l’UDC. En plus de voter deux fois non, je ne répondrai donc pas à la question subsidiaire qui permet de donner la préférence à l’initiative ou au contre-projet. Je laisserai ainsi à ceux qui ont rédigé cette loi la responsabilité d’assumer les conséquences terribles qu’aurait son acceptation pour la population étrangère.

Aujourd’hui, après la réduction des prestations de la loi sur le chômage, après une période de crise économique engendrée par les financiers, après la hausse des primes d’assurance- maladie, le climat est propice pour faire des étrangers les boucs émissaires de la dégradation des conditions sociales de la population suisse. La peur de l’inconnu, de celui qui n’a pas la même couleur de peau, a toujours alimenté la propagande des partis populistes comme l’UDC. Leur politique tend à focaliser l’opinion sur des questions sécuritaires plutôt que sur de vrais débats de société.

J’espère que le peuple suisse ne sera pas aveuglé par la propagande raciste de l’UDC, et qu’il aura conscience que les arguments et les statistiques avancés sur la criminalité des étrangers ne sont qu’une manipulation populiste.

Il est temps de hausser le ton et de lutter contre toutes les formes d’injustice envers nos semblables. Il faut dire deux fois non le 28 novembre pour contrer le racisme et la xénophobie.

Respect des droits des citoyens

viviane reding citation

jeudi 21 octobre 2010

Les renvois de la discorde

renvoi étrangers opinionsL’expulsion des étrangers criminels est au centre de la votation du 28 novembre. Au choix: une initiative populaire, son contre-projet ou le statu quo.

Deux bières pour le prix d’une. Tel est le principe des «happy-hours» pratiquées dans certains bistrots, à l’heure de l’apéritif. En politique, cela existe aussi. Le 28 novembre prochain, ce sera trois votes pour un verdict. Nous devrons tout d’abord nous exprimer sur l’initiative de l’UDC «Pour le renvoi des étrangers criminels», dite des «moutons noirs». Puis sur le contre-projet concocté par le parlement, sous l’égide d’élus libéraux-radicaux et démocrates-chrétiens soutenus au final par une majorité de parlementaires socialistes. Puis viendra la question subsidiaire. Indépendante des deux premiers votes, elle sert à départager ces réformes si les deux devaient obtenir une majorité.

Il sera donc possible de dire non deux fois, puis de finalement d’arbitrer entre l’initiative ou son contre-projet.

 

1 

Les bases légales actuelles permettent déjà la révocation d’un titre de séjour. Les cantons jouent ici un  rôle essentiel. A Genève, dès qu’une personne est interpellée, l’Office cantonal de la population en est informé. S’il y a condamnation définitive, des mesures sont prises, pouvant aller jusqu’à une décision de renvoi. Si la personne est détentrice d’un permis d’établissement (permis C), c’est la conseillère d’Etat en personne qui approuve la révocation, soit Isabel Rochat (libérale). Une pesée entre l’intérêt public, par exemple la sécurité, et l’intérêt privé, comme l’unité de la famille ou le niveau d’intégration, est réalisée. Pour ce qui est des permis B (annuels et renouvelables) et L (maximum un an, en général non renouvelés), ce sont les offices cantonaux qui tranchent. La pratique est similaire dans le canton de Vaud.

Le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba (libéral) l’a chiffrée en début de semaine. Alors que 10 permis C ont été révoqués pour motifs pénaux en 2009, 37 devraient l’être d’ici à la fin de l’année. En ce qui concerne les livrets B et L, plus de 70 subiront le même sort. A Genève, le chef du service asile et aide au départ Bernard Ducrest assure que «d’ici à la fin de la semaine, on devrait y voir plus clair pour ce qui est de la pratique genevoise». Des statistiques sont en cours d’élaboration.

2

Cette diversité cantonale, l’Union démocratique du centre (UDC) n’en veut plus. Fin 2007, lors de la campagne électorale fédérale, elle lance son initiative «Pour le renvoi des étrangers criminels». Symbolisée par l’affiche du mouton noir bouté hors de Suisse par des congénères blancs, elle a réuni plus de 210 000 signatures autour d’un mécanisme central: l’automaticité des renvois.

Une liste de forfaits y figure. Le titre de séjour est retiré si une personne est condamnée pour «meurtre, viol, ou tout autre délit sexuel grave, pour un acte de violence d’une autre nature tel que le brigandage, la traite d’êtres humains, le trafic de drogue ou l’effraction», de même que si elle a perçu «abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale». Le parlement pourra ensuite compléter la liste des délits. Une sanction supplémentaire est prévue: l’interdiction d’entrer sur le territoire allant de 5 à 15 ans. Et, en cas de récidive, elle sera fixée à 20 ans.

20 ans expulsion

L’automatisme des renvois est ce qui a suscité le plus de débats à l’Assemblée fédérale, entre autres autour de sa compatibilité avec la libre circulation des personnes. Un argument réfuté par l’UDC, qui brandit un avis de droit. Selon l’Agence télégraphique suisse, des experts européens, particulièrement allemands, auraient récemment fait part de leur inquiétude au chef de la mission suisse à Bruxelles. D’autres dispositions du droit international pourraient également être violées en cas de renvois systématiques, selon l’Office fédéral des migrations (lire ci-dessous).

3 

Alors qu’ils auraient pu se contenter de soumettre l’initiative seule au vote, des élus du centre-droite ont décidé d’élaborer un contre-projet direct. C’était au lendemain de la nette et surprenante acceptation de l’initiative populaire interdisant la construction de minarets (novembre 2009). Alors que les sondages la donnaient perdante, elle obtenait 57,5% de votes favorables.

«Ce résultat nous a effectivement secoués, confie le conseiller national Hugues Hiltpold (PLR/GE). Mais le fait que l’initiative sur le renvoi ait récolté 210 000 signatures en un temps record démontre aussi que la population a des attentes en la matière. Il s’agissait donc aussi pour nous d’aller dans la même direction, mais avec un texte compatible avec nos engagements internationaux et notre Constitution, notamment le principe de la proportionnalité. Et de compléter aussi la liste des infractions, en y ajoutant les lésions corporelles graves.»

Différence essentielle avec l’initiative: l’absence d’automaticité. Les délits sont certes énumérés de manière plus précise, de même que la gravité devant mener à l’expulsion, mais le «respect» du droit international et du principe constitutionnel de «proportionnalité» y sont stipulés. Une pesée d’intérêts sera donc effectuée, comme c’est le cas aujourd’hui, quand par exemple la question du renvoi d’un père de famille se pose. Un article sur l’intégration a également été introduit, ce qui a rendu le contre-projet moins indigeste pour de nombreux élus de gauche.

4

Et quelles seront les conséquences concrètes en cas de oui à l’un ou l’autre des projets? Selon l’ODM, il y aura tour de vis. Aujourd’hui, entre 350 et 400 personnes sont priées de quitter la Suisse. Un total qui passerait à environ 800 avec le contre-projet, et 1500 avec l’initiative.

Mais la polémique ne cesse d’enfler autour de ces chiffres, puisqu’il ne s’agit que d’estimations. Les autorités fédérales n’ont en effet pas été capables de récolter toutes les données dans les cantons en vue de cette votation. La différence éclatante dans l’établissement de statistiques est symbolisée par les cas vaudois et genevois: Vaud dispose de statistiques détaillées, tandis que Genève se livre à un exercice de rattrapage Peut-être que la Commission fédérale pour les questions de migration apportera aujourd’hui un peu de clarté. Elle présente ce matin son rapport sur la pratique actuelle des renvois de délinquants.

Romain Clivaz Berne pour 24 Heures

renvois chiffres et réalité

mercredi 20 octobre 2010

Criminels étrangers: les conséquences du texte préoccupent l’UE

L'initiative pour le renvoi des criminels étrangers et ses conséquences possibles pour les citoyens de l'UE préoccupent les Vingt-Sept. Le chef de la mission suisse auprès de l'UE a évoqué la prochaine votation fédérale lors d'une discussion avec des experts de l'UE.

mouton noirSelon des sources proches de la discussion, l'Allemagne a surtout posé des questions sur ce sujet. Les experts de l'UE, qui traitent régulièrement des relations Suisse-UE dans le groupe AELE, voulaient en savoir davantage sur les conséquences de l'initiative.

"Cette initiative qui remet en question la libre circulation préoccupe au sein de l'UE", a déclaré mercredi devant la presse l'ambassadeur suisse auprès de l'UE, Jacques de Watteville. Il a mis en évidence le fait que le contre-projet du Conseil fédéral respecterait les accords internationaux.

Invité à s'exprim er sur les relations entre la Suisse et l'UE, M. de Watteville a également expliqué à ces experts que "la réalité politique en Suisse" avec sa démocratie directe ne doit pas être oubliée. Ces paramètres doivent être pris en compte dans toutes les discussions sur les questions institutionnelles et sur une mise en oeuvre et une utilisation plus efficaces des accords bilatéraux, a-t-il poursuivi.

Souhait évoqué

Les 27 se posent surtout des questions institutionnelles liées aux accords bilatéraux. Ces questions englobent essentiellement chaque domaine qui est actuellement traité dans un groupe de travail entre les experts suisses et de l'UE. Ce groupe doit révéler d'ici la fin de l'année de premières voies possibles pour façonner les accords bilatéraux de manière plus efficace.

M. de Watteville a aussi indiqué aux experts que la Suisse souhaite poursuivre la voie bilatérale. "Elle ne fonctionne pas si mal", a-t-il estimé.

Dans la discussion du groupe AELE qui a eu lieu ensuite sans l'ambassadeur, les représentants de la Commission européenne ont décrit cette voie comme quelque peu caillouteuse. Aux yeux de la Commission, la situation n'est pas aussi rose que l'ambassadeur suisse l'a affirmé, ont rapporté des diplomates européens.

ATS

lundi 18 octobre 2010

Initiative UDC: les craintes de Leuba

leuba crainte

Trouvé sur le teletxt

L’initiative à l’UDC, le vide pour les autres

Editorial de Thierry Meyer, rédacteur en chef de 24 Heures, à propos des prochaines votations sur le renvoi des criminels étrangers.

thierry meyer Un parfum de tragédie grecque flotte sur la Suisse politique. Depuis trois ans, et le succès massif de l’UDC aux élections fédérales, toute personne normalement constituée qui s’intéresse un peu à la chose publique sait que l’expulsion immédiate et sans nuance des criminels de nationalité étrangère est un sujet capable de rencontrer une forte adhésion populaire.

A six semaines du vote sur cet objet sensible, un sondage confirme ce probable verdict de manière éclatante. Et tout se passe comme si les adversaires de l’initiative contemplaient, bouche bée, la déferlante s’abattre sur eux.

Il a pourtant été dit et répété que ce texte posait, dans son application, un problème fondamental de libre circulation des personnes, concept auquel la Suisse a adhéré et dont elle tire les bénéfices. Il a aussi été dit et répété que les questions de criminalité étrangère nécessitaient des réponses claires, rapides et efficaces, dans le cadre des lois existantes. Mais rien n’y fait: nous assistons à la piteuse débandade d’une grande majorité des partis et des lobbies, mélange de résignation, de confusion et de lâcheté, qui attend le triomphe de l’UDC comme la neige en novembre.

La criminalité et la sécurité sont pourtant des domaines bien trop importants pour être laissés à une seule formation politique, qui en a fait son fonds de commerce. La gauche ne sait encore pas comment empoigner un problème qu’elle a trop longtemps préféré ignorer, tandis que le centre-droite se noie dans ses contradictions, et n’arrive même pas à soutenir le contre-projet qu’il a élaboré à la hâte pour rendre «eurocompatibles» les desseins de l’initiative dite des «moutons noirs».

En fait de moutons, les opposants à l’initiative de l’UDC ont l’air d’une escouade de poulets sans tête.

Les opposants à l’initiative de l’UDC ont-ils capitulé ?

Selon un sondage publié hier, l’initiative des «moutons noirs» pourrait l’emporter avec 62% des suffrages.

Plus de 62% de soutien! Il y a bien longtemps qu’un projet UDC n’avait pas eu un sondage aussi favorable à six semaines du vote. Selon les chiffres de la SonntagsZeitung publiés hier, l’initiative pour l’expulsion des étrangers criminels remporterait non seulement un large succès, elle risque surtout de battre le contre-projet.

Rien d’étonnant dans ces résultats. Alors que l’UDC occupe le terrain à coups d’une campagne à plusieurs millions, les autres partis semblent avoir déserté le débat. Et ce n’est pas fini: ces prochaines semaines, la formation de Christoph Blocher remettra la compresse. «Nous n’arrêtons pas de recevoir des dons pour cette campagne», se réjouissait hier dans la presse Adrian Amstutz (UDC/BE).

isabelle moretTénors invisibles

Comment expliquer l’immobilisme des autres forces politiques face à cette machine de guerre? Chez les libéraux-radicaux (PLR), la situation tourne même au ridicule. Alors que le PLR s’est toujours battu pour le contre-projet, l’initiative remporterait 73% des voix dans ses rangs! Pourtant, ses ténors continuent à être invisibles… «Nous manquons de moyens, se défend Isabelle Moret, vice-présidente romande. Nos affiches, par exemple, ont été fabriquées à l’interne par le secrétariat, sans agence de communication.» Et effectivement, le budget des trois partis du centre-droite – PLR, PDC et PBD – s’élève pour l’instant à 180 000 francs. Et les 150 000 francs, qui, selon nos informations, viennent d’être recueillis par les Amis du PLR, ne changeront pas grand-chose à l’affaire.

Investisseurs réticents

Le centre-droite a toutes les peines du monde à convaincre les milieux économiques à investir dans cette campagne. Même Eveline Widmer-Schlumpf a pointé ce problème du doigt, hier, dans une interview accordée au SonntagsBlick . Elle reproche notamment à EconomieSuisse de ne pas mettre un centime dans la bataille. Johann Schneider-Ammann (PLR), l’entrepreneur à succès devenu il y a peu conseiller fédéral, essaie lui aussi de convaincre les milieux économiques. Il aurait même approché Kaspar Villiger pour tenter d’obtenir des fonds d’UBS. Mais les arguments à sa disposition semblent bien faibles. Il ne peut que brandir la menace d’éventuelles mesures de rétorsion de l’Union européenne en cas d’acceptation du texte de l’UDC, dont la compatibilité avec la libre circulation des personnes est remise en cause par de nombreux experts.

sondage chiffres

PDC et PS aussi absents

Avec le Parti démocrate-chrétien, le Parti socialiste est l’autre grand absent de cette campagne. C’est que le parti est divisé entre les adeptes du double non, et ceux qui veulent limiter les dégâts en militant pour le contre-projet. La semaine dernière dans une interview accordée au Temps , Christian Levrat expliquait carrément qu’il préférait garder ses cartouches pour les initiatives à venir du PS.

Dans ces conditions, Yvan Perrin, vice-président de l’UDC, se frotte évidemment les mains. «Tout le monde sait que les électeurs veulent un tour de vis. Et du coup, personne n’a envie d’aller au casse-pipe. L’argument financier n’est que l’excuse que les autres partis mettent en avant à chaque fois qu’ils sentent que les choses ne vont pas bien se passer.»

Voilà qui promet de beaux règlements de comptes le soir de la votation .

Fabian Muhieddine dans 24 Heures