vendredi, décembre 26, 2008

Cantons cherchent hébergements désespérément

L'accueil des réfugiés en Suisse est au bord de l'implosion: les demandes d'asile s'accumulent à la Confédération, et les cantons recherchent désespérément de nouveaux lieux d'hébergements.


Des communes argoviennes disent «niet» aux requérants

Certaines communes du canton d'Argovie refusent d'accueillir des requérants d'asile, même si elles sont tenues de le faire. Le canton fait face à une situation particulièrement tendue. Il envisage d'exiger des communes le versement d'un paiement compensatoire.

«Nous avons en ce moment un problème de place», admet la chargée de l'information du canton, Iris Affolter. Les centres cantonaux sont suroccupés. Les communes qui refusent d'accueillir des requérants sont co-responsables du problème, estime le canton.

Celui-ci a envoyé début décembre un courrier aux communes pour les convaincre de participer à l'effort collectif. Il y fait appel à la solidarité intercommunale.

Mais il rend aussi les communes attentives au fait qu'elles pourraient être obligées de payer un montant compensatoire si elles refusent d'accueillir des requérants. Les autorités cantonales examineront en janvier quelles communes sont concernées par ces contributions.

La situation est difficile dans le canton d'Argovie, où le centre de requérants de Birr (AG) a été plusieurs fois la cible d'agressions. En mai dernier, un ressortissant suisse ivre a menacé des pensionnaires avec deux pistolets non chargés. En 2007, le même centre a reçu des coups de feu et subi une attaque au cocktail Molotov.
Le démantèlement des structures d'accueil n'est pas concluant.

Le nombre de demandes d'asile en cours a explosé en Suisse pour atteindre 11'000 fin novembre. Cela ne s'était plus produit depuis 2002, à la suite de la crise du Kosovo. L'Office fédéral des migrations (ODM) reconnaît que l'étude des dossiers stagne.

«L'augmentation du nombre de requérants depuis cet été dépasse nos capacités», a déclaré Jonas Montani de l'ODM. De plus en plus de personnes affluent en Suisse: les demandes d'asile se chiffreront à 15'000 cette année, soit le niveau le plus élevé depuis 2002.

Les mesures d'économie de Christoph Blocher

Mais le nombre croissant de requérants n'est pas la seule cause de la surcharge des autorités: les mesures d'économie prises par l'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher y ont contribué.

M. Blocher avait réduit les capacités d'accueil à 12'000 demandes par année. Il avait également supprimé dès 2008 les contributions aux cantons pour des logements de réserve. Le Conseil fédéral dans son ensemble avait donné son aval.

En contrepartie, il avait promis que la Confédération aménagerait elle-même des hébergements supplémentaires si le nombre de requérants dépassait les 12'000. Mais dès l'été, alors que l'afflux grandissait, la Confédération n'a pu faire face et n'a pas mis à disposition les locaux de l'armée promis initialement.

Les cantons sous pression

La charge retombe sur les cantons, qui ont dû repartir en quête de nouveaux hébergements pour requérants d'asile. En novembre, les cantons ont obtenu 25 millions de francs par année de Berne pour les logement de réserve.

«Cet argent est bienvenu, mais ne résout pas tous nos problèmes», a déclaré Raimond Caduff, coordinateur de l'asile pour le canton de Lucerne. «Le marché du logement est à sec dans le canton, et les centres de requérant ne sont pas les bienvenus dans toutes les communes.»

Dans de nombreux cantons, trouver des places pour les requérants d'asile relève du parcours du combattant. Ils doivent souvent chercher des solutions de secours pour leur offrir un toit.

A Bâle, de nombreuses personnes sont d'abord hébergées dans des abris de protection civile, explique la coordinatrice cantonale pour l'asile, Renata Gäumann. Les conditions sont loin d'être idéales pour l'acclimatation des immigrants: locaux fermés, manque de place, encadrement insuffisant.

Les centres de transit, où les requérant se familiarisent avec la vie en Suisse, sont surchargés. «En principe, nous aimerions nous occuper de ces personnes pendant trois à six mois», explique M. Caduff. «Mais dans les conditions actuelles, nous n'avons même pas deux mois.»

Les nouveaux arrivants se poussent au portillon. Ceux qui sont là depuis un moment sont rapidement répartis dans des appartements, où l'accompagnement est moindre.

Centres d'accueil débordés

Le manque de personnel à l'ODM aggrave encore la situation. «Nos employés qui étudient les demandes sont surchargés», déclare Jonas Montani, de l'ODM. L'objectif de la Confédération est de prendre deux tiers des décisions de première instance directement dans les centre d'accueil aux frontières suisses.

Actuellement, ce taux est de dix à vingt pourcent, selon des estimations de représentants cantonaux. Conséquence: la durée de séjour des requérants augmente. Les cantons sont davantage sous pression pour trouver à les loger.

La Confédération promet une amélioration de la situation: elle va demander l'été prochain au parlement d'augmenter la dotation de vingt postes. Ce personnel supplémentaire devrait être affecté en priorité au traitement des demandes dans les centres d'accueil, explique M. Montani.

mercredi, décembre 24, 2008

L’Hospice général accusé d’intimidations contre les réfugiés

Asile: l'Hospice général accusé d'intimidations

Publié par Tribune de Genève (http://www.tdg.ch)
HOSPICE GÉNÉRAL | Œuvres d'entraide et associations de défense des locataires dénoncent le traitement des réfugiés statutaires. L'Hospice reconnaît des maladresses.

MARC GUÉNIAT

L'étau se resserre autour de l'Hospice général. Quatre associations se sont unies hier devant la presse pour dénoncer «les pressions exercées sur les réfugiés statutaires pour libérer foyers et appartements». Tour à tour, Caritas, le Centre social protestant (CSP), l'Asloca et le ont fustigé «les intimidations» venues de l'institution chargée de mettre en œuvre la politique sociale du canton. La crise provient de l'augmentation du nombre de requérants arrivés en Suisse, et donc à Genève, depuis le début de l'année (nos éditions du 12 novembre). Une thèse contestée par Dominique Froidevaux, du CSP, qui rappelle que le canton a accueilli quatre fois plus de requérants en 1999 que cette année.

Toutefois, entre-temps, la Confédération, prévoyant l'entrée en vigueur de la Lex Blocher, plus restrictive, a sommé l'Hospice général de vendre 350 logements «excédentaires» dédiés à l'asile. Débordée par ces arrivées, l'institution essaie de libérer de la place afin de loger les nouveaux arrivants. Pour cela, elle prie les permis B, qui ne devraient théoriquement plus être logés par l'Hospice, de quitter leur logement et d'en chercher un sur le marché libre ou subventionné. Mais la pénurie ne facilite évidemment pas les recherches de ces quelque 1000 personnes.
«Absence d'anticipation»
«Dès le mois d'août, l'Hospice était averti de cet afflux, mais il n'a rien fait. L'absence d'anticipation est patente», déplore Dominique Froidevaux. Carole-Anne Kast, du RPSL, regrette quant à elle «la schizophrénie de l'Etat», qui ne comprend pas «que si l'Aide aux requérants d'asile (ARA) abandonne les permis B, c'est l'aide sociale qui risque de devoir les assumer.» Sur le plan légal, les mises en évacuation et augmentations drastiques des loyers sont jugées pour le moins contestables par l'Asloca, représentée par François Zutter. Il en va de même s'agissant des «transferts d'un foyer à l'autre, qui n'augmentent en rien la capacité d'accueil. Placer des gens aux Tattes ne vise qu'à les dégoûter, tant la situation sanitaire y est préoccupante», poursuit Carole-Anne Kast.

Les œuvres d'entraide s'alarment surtout parce que, selon elles, le logement constitue le fondement de toute intégration pour ceux qui ont obtenu le droit de résider en Suisse. Du côté de l'Hospice, le problème est désormais pris au sérieux. On reconnaît des erreurs et même certaines formes de pressions. Un groupe de travail ad hoc, rassemblant associations, gérance municipale et autres acteurs étatiques a été créé. La prochaine réunion aura lieu le 12 janvier, tandis qu'entre-temps les procédures d'évacuation ont été suspendues.

«Nous avons commis des maladresses, mais il faudra bien qu'on s'accorde sur le fond: l'Hospice doit-il continuer à héberger ces personnes? Si oui, combien de temps? Et, en conséquence, accepte-t-on d'ouvrir les abris PC pour les nouveaux arrivants?» s'interroge Balthasar Staehelin, directeur de l'ARA. Près de 150 logements préfabriqués pourraient être construits d'ici à décembre 2009. A ce jour, 113 personnes ont demandé l'asile à Genève rien qu'au mois de décembre. Le canton octroie environ 50 permis B chaque mois.

Source URL (Extrait le 24.12.2008 - 10:03): http://www.tdg.ch/geneve/actu/asile-hospice-general-accuse-intimidations-2008-12-23


LE COURRIER
Climat toujours tendu entre l'Hospice et les associations

Paru le Mercredi 24 Décembre 2008 - Pablo de Roulet

RÉFUGIÉS - Première rencontre du groupe ad hoc sur le logement des réfugiés. Les associations restent méfiantes.

«Nous ne voulons pas être le groupe alibi!» Les mots de Dominique Froidevaux, directeur de Caritas, résument les craintes partagées par le Centre social protestant, l'Asloca et le Rassemblement pour une politique sociale du logement à propos du groupe ad hoc sur le logement des réfugiés et sa première réunion, le 16 décembre.

Il est reproché à l'Hospice de faire pression sur les réfugiés statutaires pour pallier son propre manque d'anticipation face à l'augmentation des demandes d'asile. «Il ne faut pas banaliser ni dramatiser cet 'afflux' de requérants d'asile. Leur nombre était respectivement quatre fois et deux fois plus élevé en 1999 et en 2002», affirme Dominique Froidevaux. Les associations pointent du doigt le manque de coordination entre institutions publiques et estiment qu'il y a d'autres solutions que de loger les requérants dans les abris PC ou forcer les réfugiés statutaires à déménager. Par exemple en montant des bâtiments préfabriqués ou des containers habitables, ou encore en utilisant temporairement la caserne des Vernets et surtout en facilitant l'accès à la Gérance immobilière municipale, qui n'accepte que des candidats payant des impôts depuis deux ans.

Mais la confiance des associations envers l'Hospice semble bien entamée. Tandis que l'institution s'était engagée à suspendre ses démarches d'évacuation, au moins une personne a reçu une lettre lui enjoignant de quitter son logement, le jour même de la réunion du groupe ad hoc. «On n'aurait peut-être pas dû leur faire confiance», estime Carole-Anne Kast, du Rassemblement pour une politique sociale du logement.

Pour l'Hospice, ce courrier est une «erreur». «Nous cherchons à comprendre ce qui s'est passé. J'espère que cette lettre est la seule», explique Baltazar Stahelin, directeur de l'Aide aux requérants d'asile, qui, de son côté, se dit plutôt positif sur la réunion.

Des clochers aux minarets

Interdire les minarets en Suisse? Avec son initiative populaire, l'UDC impose le sujet à l'agenda des Chambres fédérales, qui en débattront au printemps, ainsi qu'au peuple, qui aura le dernier mot, fin 2009 ou début 2010. 
Mais la question, par sa gravité, par ce qu'elle engage de la relation du pays à lui-même et à l'islam, hante déjà les esprits. C'est pourquoi Le Temps s'est penché sur les conditions dans lesquelles les confessions minoritaires ont obtenu en Suisse non seulement le droit de cité, mais celui à la visibilité dans les villes et les paysages suisses. Cette revendication symbolique fut longue dans certains cas, moins dans d'autres. Très compliquée ici, simple là. 
La première étape dans cette conquête de la tolérance s'est jouée entre chrétiens. Quand les catholiques vaudois ont enfin pu, après trois cents ans de Réforme, édifier leur église, il leur a fallu attendre encore plusieurs décennies avant d'avoir le droit d'en élever le clocher. En sens inverse, il n'a pas été facile aux protestants de dresser leur temple dans une Carouge qui s'était construite comme un contrepoids catholique face à Genève. 
Les progrès de la laïcité, érigée parfois en politique, ont ensuite favorisé la réalisation de monumentales synagogues, par lesquelles une communauté juive profondément enracinée dans la réalité suisse revendique sa pleine présence. 
Ce qui vient ensuite est d'une nature différente, puisqu'il s'est agi d'accueillir dans la cité des mouvements religieux venus d'ailleurs. 
L'islam suscite aujourd'hui des peurs renouvelées, en raison des formes radicales qui lui font escorte et qui tentent d'imposer des valeurs incompatibles avec celles de notre société laïcisée et égalitaire. 
L'histoire est là pour nous montrer que la tolérance a toujours payé: en dissociant la liberté du culte et de ses emblèmes du débat sur la transformation de la société, elle clarifie les choses, réconcilie les esprits de bonne volonté, marginalise les extrémistes et fait grandir la confiance en notre capacité de vivre ensemble. 
Quand Lausanne bannissait les clochers catholiques
La Basilique de Valentin, à Lausanne. Actuellement, le chef-lieu vaudois recense 37% de catholiques et 25% de protestants. (photo: Ville de Lausanne)
VAUD. Chassés par la Réforme en 1536, les catholiques reviennent dans le Pays de Vaud après la révolution française. A Lausanne, ils construisent une église au pied de la Cité. Sans cloches, interdites à l'époque. Un clocher verra le jour dans les années 30.

Marco Danesi
Mercredi 24 décembre 2008


L'avent. Noël. Les prières sourdes bravent la nef indifférente. Des inconnus se prosternent sur le marbre figé. La Vierge Marie piaffe dans un ciel doré. Tout autour, étrangère au silence maçonné de l'église, Lausanne consomme les derniers jours de l'année. Elle assiège la citadelle gris vert montée au cœur du quartier du Valentin: cure, lycée, magasins, salles de paroisse. 

Réfugié apostat: la réponse tiède du Conseil fedéral

Réfugié apostat: la réponse tiède du Conseil fedéral
ASILE. Obtenir une protection de la Suisse en raison des conséquences d'une conversion religieuse reste difficile.



Difficile de faire valoir une conversion religieuse comme motif d'asile. Voilà ce qui transparaît de la réponse écrite du Conseil fédéral à une interpellation de Jean-Pierre Graber (UDC/BE). Le conseiller national s'était ému de l'histoire d'un jeune Iranien, relatée dans LeTemps (20.09.08), dont la demande d'asile a été rejetée en Suisse alors qu'il avait fui des persécutions dans son pays pour s'être tourné vers le christianisme. 

Dans sa réponse, le gouvernement admet que «la conversion au christianisme ou à une autre religion peut entraîner un risque de persécution [dans les pays musulmans], notamment lorsque la personne s'adonne à des œuvres missionnaires, éveille l'attention publique ou est connue des autorités en raison de problèmes antérieurs». Mais il ajoute que la «situation n'est pas identique dans tous les pays concernés». Et que la «conversion sincère doit être rendue vraisemblable par le demandeur d'asile, ce qui n'est pas le cas face à des propos contradictoires, illogiques ou inconsistants lors de ses auditions».

Asile: l’Hospice général accusé d’intimidations


HOSPICE GÉNÉRAL | Œuvres d’entraide et associations de défense des locataires dénoncent le traitement des réfugiés statutaires. L’Hospice reconnaît des maladresses.



Le centre des requérants d’asile des Tattes.
© PASCAL FRAUTSCHI | Le centre des requérants d’asile des Tattes. « Placer des gens ici ne vise qu’à les dégoûter, tant la situation sanitaire y est préoccupante», tempête Carole-Anne Kast du Rassemblement pour une politique sociale du logement (RPSL).

MARC GUÉNIAT | 24.12.2008 | 00:00

L’étau se resserre autour de l’Hospice général. Quatre associations se sont unies hier devant la presse pour dénoncer «les pressions exercées sur les réfugiés statutaires pour libérer foyers et appartements». Tour à tour, Caritas, le Centre social protestant (CSP), l’Asloca et le ont fustigé «les intimidations» venues de l’institution chargée de mettre en œuvre la politique sociale du canton. La crise provient de l’augmentation du nombre de requérants arrivés en Suisse, et donc à Genève, depuis le début de l’année (nos éditions du 12 novembre). Une thèse contestée par Dominique Froidevaux, du CSP, qui rappelle que le canton a accueilli quatre fois plus de requérants en 1999 que cette année.

Toutefois, entre-temps, la Confédération, prévoyant l’entrée en vigueur de la Lex Blocher, plus restrictive, a sommé l’Hospice général de vendre 350 logements «excédentaires» dédiés à l’asile. Débordée par ces arrivées, l’institution essaie de libérer de la place afin de loger les nouveaux arrivants. Pour cela, elle prie les permis B, qui ne devraient théoriquement plus être logés par l’Hospice, de quitter leur logement et d’en chercher un sur le marché libre ou subventionné. Mais la pénurie ne facilite évidemment pas les recherches de ces quelque 1000 personnes.

mardi, décembre 23, 2008

Berne finira-t-il par donner des papiers aux Selimi?

LE COURRIER

Intégration - La régularisation de Musa Selimi, un Kosovar installé à 

Genève depuis dix-huit ans, se heurte à l'intransigeance de l'Office
fédéral des migrations.

Son degré d'intégration devrait faire la fierté de l'Office fédéral des
migrations (ODM). Au lieu de cela, Musa Selimi, un Kosovar de 38 ans
installé à Genève, vient de perdre un nouveau recours contre le refus de
toute régularisation signifié par Berne[1]. «C'est la troisième fois que
je reçois une telle réponse en guise de cadeau de Noël», se désole-t-il.
Arrivé sans permis en 1990, rejoint par sa femme et ses enfants en 2005,
cet employé dans la restauration se heurte à l'intransigeance fédérale.
Cheville ouvrière de leur réseau, Henriette Stebler –institutrice et
élue d'A gauche toute à Carouge– avoue ne pas comprendre «l'intérêt de
les renvoyer». Pour l'heure, aucune date de départ n'a toutefois été fixée.

L'arrêt du Tribunal administratif fédéral lui est parvenu au début du
mois. Pour les juges, il n'y a aucune raison de reconsidérer la décision
négative: l'avenir de Musa Selimi est au Kosovo. Le fait que désormais
sa fille et son fils (8 et 6 ans) soient scolarisés à Carouge et que sa
femme dispose comme lui d'une autorisation provisoire de travail
délivrée par l'Office cantonal de la population n'a rien changé. La
Haute Cour se montre au contraire sévère avec le Kosovar, en rappelant
ses multiples infractions à la loi sur les étrangers...

Ces dernières années, les Selimi ont bénéficié d'une vague de soutien.
Outre le canton, qui a préavisé favorablement sur la régularisation, le
Conseil municipal carougeois a voté en novembre 2007 une résolution de
solidarité. L'employeur de Musa et de nombreux clients de la fameuse
pizzeria où il travaille lui ont offert leur aide.

Aux yeux de la conseillère nationale Maria Roth-Bernasconi, l'espoir est
toutefois permis. D'abord parce que le père de famille rentrerait dans
la catégorie des «cas de rigueur» qui peuvent prétendre à un permis, tel
que le prévoit la nouvelle loi sur les étrangers. «Je vais reprendre
contact avec le directeur de l'ODM», a indiqué la socialiste, qui suit
le dossier. Ensuite parce que la demande de papiers déposée par sa femme
et ses enfants pourrait, en cas d'acceptation, lui ouvrir la voie à
un... regroupement familial. Un comble pour Musa, qui a passé la moitié
de sa vie sur sol helvétique et parle trois langues nationales.

Quoi qu'il en soit, l'homme n'imagine pas sa vie ailleurs qu'à Genève.
«J'ai bientôt 40 ans, je ne peux pas tout recommencer maintenant», lâche
Musa. I

Note : [1] Le Courrier du 27 novembre 2007.

lundi, décembre 22, 2008

[Grèce] Fortes tensions autour des réfugiés

La Grèce est débordée par l'afflux de clandestins

LE MONDE | 20.12.08 | 14h39 • Mis à jour le 20.12.08 | 14h39

PATRAS ENVOYÉ SPÉCIAL
Article paru dans l'édition du 21.12.08

Tufan ne connaissait pas la convention de Dublin avant d'arriver à
Patras. Maintenant, il en maîtrise les subtilités. Par trois fois, ces
derniers mois, ce jeune Afghan est parvenu jusqu'en Italie. "J'ai voyagé
au milieu de caisses de vin, de cartons de bananes et de stocks de
vaisselle", sourit-il. A chaque tentative, il a pu poursuivre sa route
jusqu'en Angleterre, via Rome, Paris et Calais... avant d'être
interpellé et reconduit en Grèce.

La convention de Dublin, qui définit une politique d'asile européenne
commune, stipule que c'est le pays par lequel le migrant a pénétré dans
l'espace Schengen qui est responsable de son accueil. Une mesure qui
amène la Grèce, comme l'Italie ou l'Espagne, à supporter le poids des
migrants clandestins venus d'Afrique ou d'Asie. Près de 150 000 seront
entrés en Grèce en 2008, année record.

Ces trois derniers mois, l'Italie a expulsé 1 816 personnes vers Patras.
Déjà débordée par les arrivées en provenance de Turquie, la Grèce ne
peut plus assurer la protection des réfugiés, et essuie régulièrement
les critiques de Bruxelles et des défenseurs des droits de l'homme pour
son traitement des demandes d'asile, presque toujours rejetées, et pour
son incapacité à protéger les mineurs. Pour les sans-papiers entrés en
Europe par la Grèce, c'est pourtant théoriquement à Athènes que les
dossiers doivent être déposés.

Le commissaire européen à la sécurité, Jacques Barrot, a déclaré que les
demandeurs d'asile ne devraient pas être reconduits vers "un Etat membre
si celui-ci n'est pas capable d'assurer leur protection", une allusion à
peine dissimulée à la Grèce. Pour ce motif, la Belgique a suspendu ses
expulsions. La France et la Grande-Bretagne, elles, continuent d'en
effectuer.

A Patras, début décembre, au moins 300 personnes ont été "ramassées près
du camp des Afghans pour être expulsées vers la Turquie", assure Mariani
Papanikolaou, membre d'une association locale de défense des migrants.

Guillaume Perrier

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Nouvelle manifestation en Grèce

AFP 20/12/2008 | Mise à jour : 17:28

Environ 200 personnes, des militants de gauche pour la plupart, ont
manifesté à Athènes samedi en fin d'après-midi, contre "le Pacte
européen sur l'immigration et l'asile de l'Union européenne", a constaté
un journaliste de l'AFP.

"Ils tuent des immigrés, ils tuent des lycéens", scandaient les
manifestants qui se sont rassemblés devant le siège de l'Université
d'Athènes dans le centre de la capitale à l'appel du Comité contre la
politique européenne sur l'immigration.

"A bas le pacte raciste de Sarkozy-Caramanlis-UE", proclamait une
banderole faisant allusion au Premier ministre grec Costas Caramanlis et
au président français Nicolas Sarkozy, dont le pays assure la présidence
en exercice de l'Union européenne. Le pacte sur l'immigration et l'asile
a été adopté par l'UE le 16 octobre.

Les manifestants ont défilé dans le centre-ville, bouclé à la
circulation, avant d'arriver devant le Parlement sur la place centrale
de Syntagma où un cordon de forces anti-émeutes entouraient un sapin de
Noël installé par la ville.

Une dizaine de jeunes ont lancé divers projectiles contre les forces de
l'ordre alors que de nombreux Athéniens faisaient leurs courses de Noël.

Cette protestation s'inscrit dans le cadre d'une mobilisation sans
précédent des jeunes à Athènes et d'autres villes du pays depuis la
mort, le 6 décembre, d'un adolescent tué par un policier à Athènes.

dimanche, décembre 21, 2008

Les sans-papiers qui occupent une église à Zurich peuvent rester

Une grande banderole ainsi que des affiches sur cette action d'occupation devront disparaître de l'entrée. Elles pourront toutefois rester à l'intérieur de l'église.

150 sans-papiers se sont installés dans la Predigerkirche de Zürich (Keystone) Après une première nuit sur place, les occupants sont parvenus à susciter l'attention de l'opinion publique. «Maintenant, il s'agit d'approfondir les contacts personnels», a expliqué samedi Daniel Lienhard, président de l'exécutif de l'Eglise réformée zurichoise, devant la presse.

Pas d'intervention prévue

L'homme d'église est en contact avec la police. Aucune intervention n'est pour l'heure à l'ordre du jour.

Vendredi, les responsables religieux étaient gênés par le fait que les manifestants veuillent dormir dans l'église et se disent prêts à rester longtemps. Le fait que l'administration cantonale soit en vacances pour deux semaines n'arrange pas non plus les choses.

Samedi, la direction de la paroisse a adouci sa position, et moyennant quelques aménagements pour ne pas déranger les cultes ou autres rassemblements prévus, elle a donné son feu vert pour une occupation de longue durée. Car certains des sans-papiers sont décidés à rester jusqu'à ce que leur situation dans le canton soit régularisée.

Du côté des organisateurs de la manifestation, le collectif «Bleiberecht» (droit de rester), on se dit prêt à les soutenir aussi longtemps que possible.

ats | 20.12.2008 | 17:57

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