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vendredi 19 novembre 2010

Australie: dix réfugiés se cousent les lèvres

Dix demandeurs d'asile retenus dans un centre de détention australien se sont cousu les lèvres pour protester contre la lenteur du processus de demande du statut de réfugié.

Le ministre australien de l'Immigration, Chris Bowen, a qualifié leur geste de «consternant», mais a prévenu que cela ne changerait pas le processus pour les demandeurs d'asile. M. Bowen a déclaré vendredi à des journalistes que ceux qui sont de vrais réfugiés seront acceptés, mais que ceux dont la demande ne sera pas reconnue comme authentique seront refusés.

M. Bowen a indiqué que les demandeurs d'asile détenus sur l'île Christmas avaient refusé une assistance médicale, mais s'alimentaient avec de l'eau et du sucre. Leur geste s'inscrit dans un mouvement de protestation plus large de 160 détenus qui se sont ralliés cette semaine afin de demander que le gouvernement australien statue sur leur cas rapidement.

Associated Press

vendredi 29 octobre 2010

Russie: lourdes peines pour des crimes racistes

La justice russe a condamné jeudi à de lourdes peines de prison deux militants nationalistes reconnus coupables de quinze crimes racistes.

Un homme de 22 ans a été condamné à la perpétuité. Un autre, d'un an son aîné, a écopé de 22 ans de réclusion pour l'avoir aidé, dans le cadre de crimes racistes en Russie. Les quinze meurtres, motivés selon le tribunal par le racisme des deux hommes, ont eu lieu dans la région moscovite en l'espace de huit mois, en 2007 et 2008.

Les nationalistes russes visent fréquemment des travailleurs immigrés d'Asie centrale et du Caucase. Ils attaquent également des étudiants africains et asiatiques ou des Russes n'ayant pas l'air d'origine slave. Au moins 60 personnes ont été tuées et 306 blessées pour ces raisons en Russie en 2009, selon Sova, une organisation qui surveille l'évolution de ce phénomène dans le pays.

ATS relayée par 20 Minutes

jeudi 26 août 2010

Mexique: massacre de clandestins

Septante-deux cadavres ont été découverts mardi dans une ferme du nord-est du pays, près de la frontière des Etats-Unis. Il s’agirait d’émigrants venus d’Amérique centrale.

C’est un survivant du massacre qui a donné l’alerte. Blessé par balle, l’homme s’est traîné jusqu’à un barrage routier, où il a demandé de l’aide en affirmant avoir été attaqué par des malfaiteurs dans une ferme près de San Fernando, une ville de 30 000 habitants dans l’Etat de Tamaulipas. C’est là qu’un commando de la marine nationale a découvert le charnier: 72 cadavres, probablement personnes d’Amérique Centrale cherchant à immigrer clandestinement en franchissant la frontière des Etats-Unis, toute proche.

Les occupants de la ferme, eux, avaient décampé tout en ripostant à l’opération militaire. Trois suspects et un soldat ont perdu la vie dans la fusillade et un fuyard, un mineur, a été arrêté, selon le Ministère de la marine.

Un drame malheureusement trop banal au Mexique. Les milliers d’émigrants qui traversent le pays en provenance d’Amérique centrale dans l’espoir d’entrer aux Etats-Unis sont régulièrement la proie de gangs qui les rackettent, les enlèvent contre rançon… ou les tuent, tout simplement.

A. A. AVEC AFP pour 24 Heures

dimanche 15 août 2010

Polémique en Israël sur l’expulsion d’enfants de clandestins

Le projet du gouvernement d'expulser 400 enfants d'immigrés clandestins suscite un débat douloureux en Israël et l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu n'a pas hésité à écrire au ministre de l'Intérieur pour lui demander de renoncer à cette idée.

"En tant que psychologue (...) et mère de deux enfants, je vous prie d'user de votre autorité pour que la majorité de ces 400 enfants puisse rester en Israël", a écrit Sara Netanyahu au ministre Eli Yishai, du parti ultra-religieux Shas.

Ce dernier a accepté de la recevoir jeudi prochain mais a souligné qu'il ne pouvait revenir sur une décision approuvée par le conseil des ministres. Pour le ministre de l'Intérieur, l'immigration en Israël de clandestins non-juifs fait peser une menace sur "l'entreprise sioniste". "Les vacances sont finies", a-t-il dit à la radio de l'armée. "Quiconque est ici illégalement doit rentrer dans son pays."

Le gouvernement Netanyahu, saisi du cas de 1.200 enfants de travailleurs clandestins, a décidé le 1er août que seuls pourraient rester les enfants qui vivent dans l'Etat juif depuis plus de cinq ans, qui parlent hébreu et vont à l'école. Cela représente environ 800 enfants.

Les 400 autres doivent quitter le pays avec leurs parents d'ici quelques semaines. Les partisans de cette décision soulignent la nécessité pour Israël de juguler l'immigration clandestine en provenance de la frontière égyptienne. Ses adversaires, parmi lesquels le ministre de l'Industrie et du Commerce Binyamin Ben-Eliezer, jugent immoral de chasser des enfants qui n'ont pas connu d'autre pays. Plusieurs opposants au projet ont manifesté samedi à Tel Aviv.

Selon les chiffres officiels, il y a environ 200.000 travailleurs immigrés en Israël, la plupart venant d'Afrique, de Chine et des Philippines. La moitié d'entre eux sont restés dans le pays malgré l'expiration de leur visa. Au total, 7,4 millions de personnes vivent en Israël, pour les trois quarts de religion juive.

Jeffrey Heller, Guy Kerivel dans le Nouvel Observateur

mercredi 7 juillet 2010

Boat people, la vague du retour

Ils ont quitté le Vietnam avec leurs parents, après la victoire des communistes, en 1975. Aujourd’hui, ils reviennent s’installer dans ce pays en plein boom économique. Un éclairage de Florence Beaugé, Hanoï, dans le Temps.

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Le plus dur, ça a été de faire admettre à ses parents qu’elle ne commettait pas une folie. «Ils avaient dû se battre pour sortir de là, ils avaient failli y laisser leur vie, et voilà que vingt ans plus tard, leur fille leur disait: «Hé, les parents, je rentre au pays!» Ils n’en ont pas dormi pendant une semaine», se souvient la jeune femme en riant.

Nga est née en 1973 à Hô Chi Minh-Ville, alors Saigon jusqu’en 1975. Deux ans plus tard, la ville tombe aux mains des Nord-Vietnamiens. Enfin libre, le Vietnam se réunifie et passe sous la houlette des communistes. Pour ceux qui travaillaient pour les Américains, comme le père de Nga, c’est la panique. Le jeune homme s’enfuit aux Etats-Unis. Sa femme, elle, reste à Saigon, avec leur petite fille. N’ayant pas de nouvelles pendant huit ans, elle pense que son mari est mort. Un jour, par le plus grand des hasards, elle apprend qu’il est aux Etats-Unis. La jeune femme s’y rend. C’est bien lui. Leur histoire reprend comme au premier jour. Ils vivent aujourd’hui dans le Connecticut.

Nga fait partie des quelque 4 millions de Viet-kieu, ces Vietnamiens d’outre-mer qui, pour la plupart, ont fui leur pays à partir de la chute de Saigon, en 1975, pour des raisons politiques ou économiques. Personne n’a oublié ces boat people entassés dans des barques et dérivant en mer, mourant de faim et de soif…

Les deux tiers des Viet-kieu sont aujourd’hui installés aux Etats-Unis, le plus souvent en Californie. Les autres vivent en Europe de l’Ouest, surtout en France où ils sont environ 400 000, et en Europe de l’Est, notamment en Ukraine. Si, dans 80% des cas, ces Vietnamiens exilés ont pris la nationalité de leur pays d’accueil, ils gardent des liens avec leurs familles restées sur place. Chaque année, ils envoient au Vietnam entre 6 et 8 milliards de dollars (soit 6,3 à 7,5 milliards de francs suisses).

Depuis le début des années 2000, on assiste à un phénomène encore méconnu et difficilement quantifiable: le retour des Viet-kieu. Combien sont-ils à être rentrés au Vietnam, comme l’a fait Nga, il y a deux ans? On l’ignore. «Tout ce que l’on peut dire, c’est que, en 2009, 500 000 Vietnamiens d’outre-mer sont revenus ici, contre 200 000 il y a dix ans. Mais on ne peut pas faire la part de ceux qui sont venus en vacances, et ceux qui sont restés pour de bon», déclare Ta Nguyen Ngoc, directeur du Comité d’Etat chargé des Vietnamiens d’outre-mer.

Ceux qui rentrent au pays ne sont en tout cas plus considérés comme des «traîtres». Le régime communiste s’est assoupli, en même temps qu’il optait pour l’économie de marché. «Jusqu’au début des années 2000, les Viet-kieu étaient pris pour des ennemis, des déserteurs. Mais les autorités ont réalisé qu’elles avaient besoin d’eux, pour leur argent autant que pour leur matière grise», souligne Hung Tran, journaliste.

Pourtant, la grande majorité de ceux qui rentrent font preuve de prudence: ils posent un pied au Vietnam mais gardent l’autre dans leur pays d’accueil. Au cas où… Ils se lancent dans le commerce, le plus souvent à Hô Chi Minh-Ville, la grande métropole du Sud, où les mentalités sont plus ouvertes qu’à Hanoi. «Ce sont surtout les jeunes de la deuxième et troisième génération qui rentrent, poussés par la crise économique en Occident. Ils ont perdu leur emploi, touché des indemnités, et avec ça, ils peuvent monter quelque chose», explique Luong Bach Vân, présidente de l’Association de liaison des Vietnamiens d’outre-mer à Hô Chi Minh-Ville.

Pour cette docteur en chimie de Paris, où elle a vécu dix-huit ans avant de rentrer au Vietnam au lendemain de l’indépendance, en 1978, les jeunes Viet-kieu ont pris conscience de la place du Vietnam et de l’Asie sur la scène internationale. «Ici, ils ont des opportunités qu’ils n’auraient pas en Europe. Les propositions d’emploi pour les gens qualifiés sont extrêmement nombreuses», souligne-t-elle.

Certains – plus nombreux qu’on ne l’imagine – rentrent au pays davantage par idéalisme que pour l’appât du gain. C’est le cas de Tuan Long, parti à 18 ans avec une bourse en Allemagne de l’Est pour poursuivre ses études supérieures, et resté sur place pour faire une brillante carrière d’ingénieur. «A 32 ans, j’avais atteint le top de ce que je pouvais gagner. Mais j’étais hanté par une phrase que m’avait lancée mon instituteur avant de partir: «N’oublie pas le Vietnam! C’est un pays très pauvre», se souvient-il. A deux reprises, Tuan Long revient en vacances au Vietnam avec la vague idée de s’y réinstaller. A chaque fois, il y renonce. «Le système communiste était trop pesant. J’ai senti que je ne pourrais pas me réintégrer», explique-t-il.

Ce n’est qu’en 1995, au lendemain de la levée de l’embargo américain, qu’il franchit le pas. Il s’installe à Hô Chi Minh-Ville et met toutes ses économies dans la création d’une entreprise de travaux publics. Pendant cinq ans, c’est la galère. Il n’a pas de voiture, mais une mobylette comme tout le monde. Aujourd’hui, sa société emploie 500 personnes et marche bien.

Pourtant, Tuan Long enrage. Même si le Vietnam peut se targuer d’avoir atteint en 2009, en pleine crise financière internationale, un taux de croissance de 5,3%, il pourrait faire mieux, estime-t-il. «Je ne rêve pas de faire la révolution, mais simplement qu’on adopte le bon système pour notre développement. Or ce n’est pas le cas. Quand nos responsables font valoir que nous sommes les meilleurs de la région, je dis «bullshit»! C’est à la Chine, rien de moins, que nous devons nous mesurer sur le marché européen! Or notre PIB par habitant [1000 dollars] n’atteint que la moitié de celui des Philippines [1900 dollars]», s’exclame-t-il.

Hung Pham est également un peu inquiet. Il avait 16 ans quand il a quitté le Vietnam, peu après qu’un jour de 1984 son frère âgé de 18 ans lui eut dit: «Il n’y a pas d’avenir ici, partons!» Après avoir payé un passeur l’équivalent de 2000 euros chacun, les deux lycéens embarquent sur une chaloupe dans la baie d’Along. Un voyage de cauchemar avec une cinquantaine d’autres boat people. La traversée dure deux mois. Il y a des morts. La chaloupe finit par arriver à Hongkong.

Pris en charge par l’ONG Save the children, les deux frères sont transférés en Grande-Bretagne. Là, Hung Pham apprend l’anglais, termine ses études et fait une école d’ingénieurs. Engagé par une multinationale basée à Londres, il revient tous les cinq ans au Vietnam. «A chaque fois, je voyais le pays changer presque sous mes yeux. Quand j’étais enfant, nous vivions avec des rations de nourriture et nous avions faim. Aujourd’hui, nous sommes le deuxième exportateur du monde de riz et le cinquième de café! Tout cela, en l’espace d’une vie, c’est ce qui me sidère le plus!», raconte-t-il.

En 2003, Hung Pham demande à sa société de le détacher à Hô Chi Minh-Ville. Les débuts sont difficiles mais il s’accroche. Aujourd’hui, il se dit à la fois «optimiste et préoccupé» par le Vietnam. «Tout va trop vite ici. Or, les infrastructures manquent dramatiquement, la pollution augmente, la corruption ne diminue pas et le clivage entre riches et pauvres se creuse», souligne-t-il. S’il salue les prouesses réalisées, Hung Pham s’interroge sur la capacité du «système» en place à concilier longtemps communisme et libéralisme économique. «Est-ce que je veux prendre ce pays à bras-le-corps, l’aider dans son essor et vivre ici jusqu’à la fin de mes jours? La réponse est oui. Est-ce que je le peux? C’est une autre question…» lâche-t-il avec un sourire crispé.

Thuy Poggi, 32 ans, n’aurait peut-être pas quitté la banlieue parisienne où elle était arrivée à l’âge de 8 ans avec sa famille, si son mari, un Corse travaillant dans l’hôtellerie, ne l’avait souhaité, pour des raisons professionnelles autant que personnelles, ce pays l’attirant irré­sistiblement. «Quand j’ai annoncé que nous partions pour Hanoi, ma grand-mère a été consternée. Pour elle, Hanoi, c’était la jungle! Ainsi, sa petite-fille se rendait dans la ville où siège le régime qu’elle avait fui vingt ans plus tôt!» raconte la jeune femme.

Thuy Poggi ne regrette pas son choix. Pourtant, l’arrivée à Hanoi, en 1997, n’a pas été facile. A l’époque, le pays manque de tout et la grande métropole du Nord paraît austère aux «sudistes» comme elle. Le plus difficile, se souvient la jeune femme, a été d’abattre le mur de méfiance que lui opposent alors ses compatriotes. «Pourquoi t’es partie? Pourquoi t’es revenue?» lui demande-t-on à tout propos.

A partir des années 2000, Thuy Poggi voit les mentalités évoluer et le pays se développer de façon fulgurante. Avec sa famille, elle quitte les «nordistes» pour rejoindre les «sudistes» d’Hô Chi Minh-Ville, de bons vivants habitués au soleil et à la plage, aimant l’argent. Aujourd’hui, la jeune femme, mère de trois enfants, dirige avec son mari un complexe hôtelier de luxe, à 130 kilomètres de l’ex-Saigon. Faute de trouver du personnel qualifié, elle forme ses employés et ne s’en plaint pas, au contraire. «Ici, on fait un travail de fond. On donne un avenir à des jeunes qui ont soif d’apprendre et de réussir», explique-t-elle.

Tous les Viet-kieu qui ont choisi de rentrer au pays l’affirment: leur motivation première n’est pas de faire fortune, mais d’accompagner le Vietnam dans son développement. De voir les Vietnamiens «ouvrir les yeux sur le monde», comme le dit Sandrine Nguyen, jeune styliste viet-kieu rentrée de Nouvelle-Calédonie en 2004. Se voient-ils finir leurs jours ici? Tous le souhaitent, mais l’avenir leur paraît incertain. Que sera le Vietnam dans cinq ou dans dix ans? La vitesse à laquelle il change est telle qu’aucun ne parvient à l’imaginer.

samedi 19 juin 2010

Point de salut pour les Irakiens au Liban

Arrestations, détentions arbitraires, expulsions. Les Irakiens qui fuient leur pays et cherchent refuge au Liban ne sont pas au bout de leurs peines. Traités comme des immigrants illégaux, ils vivent dans la crainte d'être arrêtés une fois leur visa expiré. Quand ils en ont un, rapporte notre correspondante. Un article signé Janie Gosselin dans la Presse, Québec.

Irakienne réfugiée Liban

Amal a fui Bagdad avec ses trois plus jeunes enfants. Elle s'est installée à Sid el-Bouchrieh, en banlieue de Beyrouth, où vivent de nombreux Irakiens. Comme elle, la plupart prennent leur mal en patience. Ils espèrent s'envoler pour les États-Unis, le Canada ou l'Australie, un statut de réfugié en poche.

Ses enfants, âgés de 5 à 14 ans, ne vont pas à l'école. Sa fille de 12 ans reste avec son jeune frère pendant qu'elle travaille comme femme de ménage. Le plus vieux, Fadi, travaille dans une usine non loin de la maison. «J'ai très peur pour lui, je le surveille sans cesse», dit-elle.

Car les jeunes hommes d'origine irakienne sont surreprésentés au centre de détention de la Sûreté générale. Plus fréquemment contrôlés par les autorités, ils risquent davantage de se faire arrêter, faute de papiers en règle.

Il y aurait un peu plus de 45 000 Irakiens au Liban, selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). La majorité d'entre eux sont en situation illégale. Ils risquent la prison s'ils sont interpellés par les autorités.

Le Liban n'est pas signataire de la Convention sur les réfugiés. Il n'accorde aucun statut particulier à ceux qui fuient les violences et les persécutions. Seuls les réfugiés palestiniens bénéficient d'une loi leur permettant de demeurer au pays, sous certaines restrictions.

«En général, il n'y a pas de politique pour arrêter les Irakiens systématiquement, note toutefois Nadim Houry, directeur de Human Rights Watch au Liban. Mais il y a quand même des arrestations régulièrement. Les autorités ne veulent pas qu'ils se sentent trop confortables, ils maintiennent le sentiment d'insécurité.»

La prison ou l'Irak

Une centaine d'Irakiens sont actuellement détenus. Au début de 2008, ils étaient plus de 600. Une amnistie temporaire a permis d'en libérer un grand nombre.

Le Liban a ratifié la Convention contre la torture et ne peut renvoyer contre leur gré des étrangers vers un pays où ils risqueraient des mauvais traitements. Plusieurs Irakiens restent emprisonnés bien au-delà de leur peine, faute de solution de rechange. D'autres consentent à retourner dans leur pays, pour échapper à leurs conditions de détention. Une situation que dénoncent les organismes de défense des droits humains.

Dernièrement, six jugements favorables aux détenus irakiens ont été rendus contre l'État libanais. Il y a une dizaine de jours, un juge s'est prononcé en faveur de deux détenus irakiens. Il a condamné l'État à leur verser une compensation financière de 7 millions de livres libanaises chacun (4775$), une première.

«C'est sûr que c'est une victoire, qui montre l'indépendance des juges, souligne leur avocat, Nizar Saghieh. Sauf que les jugements ne sont pas exécutés.»

Les détenus qui ont eu gain de cause en décembre, par exemple, sont toujours emprisonnés. Ils avaient été condamnés à un ou deux mois de prison. Ils y sont maintenant depuis plus d'un an et demi.

Travail au noir

Malgré l'insécurité, des centaines d'Irakiens continuent de choisir le Liban. Il y est plus facile de travailler au noir qu'ailleurs dans la région. La politique et la religion peuvent aussi être des facteurs - la majorité des derniers arrivants sont chrétiens.

L'UNHCR tente de convaincre le gouvernement d'assouplir ses règles et de permettre un asile temporaire. Un comité interministériel qui se penche sur la question des réfugiés irakiens a été formé en avril dernier.

Plus de 8000 Irakiens sont actuellement enregistrés au UNHCR. Cela n'empêche pas leur arrestation, mais rend possible leur relocalisation et leur donne accès à plusieurs services, comme l'éducation et le suivi médical.

L'organisme Caritas coordonne les activités pour les Irakiens dans ses six centres. «Nous visons surtout les familles les plus vulnérables, explique Isabelle Saadé, coordonnatrice responsable du programme pour les Irakiens. Nous leur offrons un suivi médical et scolaire, notamment.»

Rêver d'Australie

Mais faute d'une loi au Liban et en l'absence d'une paix prochaine en Irak, la seule solution durable reste pour l'instant le transfert dans un pays tiers.

«Nous essayons de reloger le plus d'Irakiens possible vers un autre pays, parce qu'au Liban, l'intégration locale n'est pas une option. Le rapatriement n'est pas possible pour la plupart des Irakiens non plus. Il ne reste donc que la relocalisation», précise Laure Chedrawi, porte-parole de l'UNHCR au Liban.

Amal est bien consciente de la situation. Elle ne rêve que d'une chose: rejoindre son aînée, mariée et installée en Australie. «Je ne veux plus jamais retourner en Irak, dit-elle. Les enfants ont peur. Je n'ai plus rien là-bas. Je préfère aller chez ma fille.»

jeudi 17 juin 2010

Au moins 400’000 réfugiés et déplacés au Kirghizistan, selon l’ONU

 

REUTERS/Stringer

Les violences interethniques dans le sud du Kirghizstan ont fait selon les dernières estimations de l'ONU «au moins 400.000 réfugiés et déplacés», a indiqué jeudi à l'AFP une porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU, Elisabeth Byrs.

«Selon les dernières estimations des agences onusiennes, il y a au moins 400.000 personnes réfugiées et déplacées» suite aux violences qui ont explosé la semaine dernière dans le sud de ce pays d'Asie centrale, a expliqué Elisabeth Byrs.

«Notre estimation du nombre de déplacés est désormais de 300.000 personnes», a-t-elle ajouté se référant à un bilan de situation établi par les agences humanitaires de l'ONU.

Le nombre de réfugiés en Ouzbékistan voisin est quant à lui «estimé entre 75.000 et 100.000 personnes, en comptabilisant seulement les adultes», a encore précisé la porte-parole de l'ONU.

Des cas de diarrhées et de dysenterie pourraient apparaître, selon un témoignage recueilli mercredi par Libération.fr auprès du CICR.

Source AFP dans Libération

Lire également Kirghizstan : la détresse des réfugiés ouzbèks fuyant les violences interethniques sur le site euronews ainsi que le diaporama proposé sur RFI

vendredi 9 avril 2010

L’Australie ferme ses portes aux réfugiés sri-lankais et afghans

C'est "un gel du principe d'équité", réagit un avocat. Canberra a annoncé ce 9 avril sa décision de suspendre l'examen des demandes d'asile déposées par les réfugiés afghans et sri-lankais. Chris Evans, le ministre de l'Immigration, a déclaré vouloir envoyer "un message fort aux passeurs", qui ne pourront désormais garantir de visa à leurs clients. L'Australie voudrait voir diminuer l'afflux sur ses côtes de bateaux chargés de clandestins. Le pouvoir subit des pressions dans ce sens en cette année d'élections législatives.

Une info du Sydney Morning Herald relayée par le Courrier International.

mercredi 24 février 2010

Cuba rapatrie 194 boat people haïtiens

Un retour volontaire que les réfugiés économiques avaient exigé en raison de la misère effroyable sévissant dans les prisons cubaines où ils étaient détenus depuis novembre.

Les autorités cubaines ont rapatrié mardi au Cap-Haïtien (274 km au nord de Port-au-Prince) 194 boat people au terme d’un séjour en prison d’environ quatre mois, a constaté le correspondant local de Radio Kiskeya.

Les clandestins affirment avoir demandé eux-mêmes d’être ramenés au pays parce qu’ils ne pouvaient plus "continuer à accepter les conditions carcérales extrêmement misérables" qui leur étaient imposées dans l’île communiste.

L’embarcation qui transportait ces voyageurs avait échoué dans les eaux territoriales de Cuba en novembre dernier au moment où ils tentaient de fuir le pays et l’insécurité économique au quotidien.

Leurs familles étaient restées depuis sans nouvelles et croyaient qu’ils avaient péri durant la traversée.

A leur arrivée à l’aéroport international du Cap-Haïtien, les boat people ont été accueillis par des représentants de l’office national de la migration (ONM).

Pour sa part, l’organisation internationale de la migration (OIM) a remis un viatique de 10 dollars américains à chacun des rapatriés.

En attendant de pouvoir regagner les localités d’où ils sont originaires, ils se retrouvent parmi les sinistrés du séisme du 12 janvier installés au gymnasium de la deuxième ville du pays qui s’est transformé en camp de réfugiés.

Une tendance à la reprise des voyages clandestins d’Haïti vers les pays voisins est constatée depuis quelques semaines. spp/Radio Kiskeya