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jeudi 27 septembre 2012

Le rude sort des réfugiés maliens dans les camps mauritaniens

Des milliers de civils se sont enfuis en Mauritanie, en Algérie et dans d'autres pays voisins pour échapper à la domination du nord du Mali par les islamistes.

Alors que les Etats d'Afrique de l'Ouest se préparent à une intervention armée dans le nord du Mali, les réfugiés de la région sont confrontés à la détérioration des conditions de vie dans les camps de Mauritanie. Les Maliens déplacés dans le camp de M'berra le long de la frontière craignent qu'un nouveau conflit n'éclate, selon Mohamed Ould al-Salek, employé d'une organisation locale qui travaille dans ces camps. "Les gens ne veulent pas voir une nouvelle guerre éclater dans les provinces du nord du Mali dont ils sont originaires, parce que cela compliquerait encore et aggraverait leur situation", a-t-il ajouté. "Ils espèrent que la paix sera rétablie et que les choses se calmeront. Mais dans le même temps, ils ne voient pas quelle pourrait être la manière idéale de résoudre le problème dans le nord."

Les habitants du nord du Mali ont commencé à fuir la région après la rébellion touareg en janvier dernier. La situation s'est ensuite dégradée après le coup d'Etat du mois de mars à Bamako et le retrait de l'armée malienne. Les islamistes radicaux ayant des liens avec al-Qaida au Maghreb islamique ont rapidement mis les rebelles touaregs laïcs à l'écart, et contrôlent désormais la très vaste région de l'Azaouad. Par suite de cette situation, les conditions de vie des personnes qui se sont enfuies se sont aggravées, en dépit des efforts des autorités mauritaniennes, des organisations internationales d'aide humanitaire et des organisations de la société civile mauritanienne de fournir de la nourriture et de l'eau. Certaines familles maliennes sont parties pour Bassiknou, une ville très pauvre située à une quinzaine de kilomètres de ce camp de réfugiés.

Le quotidien mauritanien El Hourriya a indiqué que la soif avait fait son apparition dans ces camps au cours des dernières semaines, après la panne du seul puits artésien fournissant de l'eau potable aux réfugiés, une situation qui menace désormais plus de cent mille réfugiés azaouadis. "Nous avons effectivement connu un problème d'approvisionnement en eau et d'autres problèmes ces dernières semaines dans le camp de M'berra, ce qui constitue une difficulté pour la majorité des nombreux réfugiés qui ne disposent que de maigres ressources financières", a expliqué Ibrahim Ag, employé à l'Association mauritanienne de lutte contre la pauvreté et pour le développement (ALPD), à Magharebia par téléphone.

"Les familles qui en ont les moyens achètent leur eau dans la ville proche de Bassiknou et la font transporter vers les camps par camion", a-t-il expliqué, ajoutant que "le plus gros problème que connaissent certains d'entre eux est le manque de tentes et d'abris, ce qui les expose à la chaleur, au soleil et à la pluie." "Un autre problème est la hausse quotidienne du nombre de réfugiés en provenance du Mali et de Mauritanie", a-t-il conclu. "Il est de ce fait impossible de fournir de quelconques statistiques, ce qui est un problème pour les organisations humanitaires qui ne peuvent fournir un abri et de la nourriture à tous les nouveaux arrivants." Pour sa part, Abdallah Ibrahim, un réfugié de l'Azaouad, explique que la situation devient "de plus en plus difficile au fur et à mesure que le temps passe, et que toutes les portes de l'espoir se referment".

"Nous sommes désormais confrontés à une crise de la soif, et le prix d'un baril d'eau est aujourd'hui de 1 400 à 1 600 ouguiyas pour ceux qui peuvent se permettre d'acheter de l'eau", a-t-il ajouté, soulignant que la majorité des personnes présentes dans ce camp dépendent de l'eau fournie par les agences humanitaires. "Mais nous ne pourrons continuer comme cela pendant longtemps."

Il a expliqué que certaines familles tentent de partir pour Bassiknou, mais en sont empêchées par les gendarmes mauritaniens, parce que cela "ouvrirait la porte au départ de nombreux réfugiés". "Nous espérons que la communauté internationale trouvera rapidement une solution à nos problèmes", a-t-il conclu. "Nous apprécions les efforts consentis par l'Etat mauritanien et les organisations humanitaires qui sont ici avec nous, mais cette crise est plus forte que tout."

Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott

samedi 8 octobre 2011

L’Amazonie, nouvelle destination des réfugiés africains

Depuis deux ans, un nombre croissant de réfugiés africains s’installe dans la jungle brésilienne. C’est le destin de Nicolas Wilson.

Après avoir fui le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) et ses conflits ethniques meurtriers, Nicolas Wilson1 est devenu le premier réfugié originaire d’Afrique à s’installer dans la région amazonienne du Brésil. Son parcours reflète une tendance nouvelle dans le plus grand pays d’Amérique latine, où plus des deux tiers des réfugiés sont africains et installés en majorité dans le sud-est, près des ports de Rio de Janeiro et São Paulo.
«Nous voyons maintenant un nouveau type de réfugiés en Amazonie», assure Luiz Fernando Godinho, porte-parole du bureau local du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). «Cette région, qui reçoit surtout des personnes venues d’Amérique du sud, connaît un afflux en provenance d’Afrique. Un changement certes léger et discret, mais remarqué depuis deux ans.»
En effet depuis 2010, selon les Nations Unies, quelque 30 demandeurs d’asile africains se sont nouvellement établis dans les différents Etats de l’Amazonie. Pour la plupart migrants politiques, ils viennent aussi bien de Côte d’Ivoire, du Ghana, de Guinée-Bissau, du Nigeria et de la Sierra Leone, en Afrique de l’Ouest, que du Kenya en Afrique orientale, ou du Zimbabwe en Afrique australe, et de la RDC.
Et ils ne sont pas les seuls: cette immense portion de jungle – qui couvre plus de la moitié du territoire mais abrite seulement 10% de la population brésilienne – accueille à l’heure actuelle près de 140 réfugiés, venus surtout de la Bolivie voisine, et environ 700 demandeurs d’asile de différentes nationalités. Tous attendent leur sésame du gouvernement de Brasilia. La procédure peut durer six mois.

«La loi brésilienne va plus loin que celle de l’Onu car elle reconnaît comme réfugié toute personne dont les droits humains ont été violés massivement, explique Renato Zerbini, professeur de Droit international et coordinateur du Conare. Et La force de notre  système d’accueil repose sur l’efficacité de la coordination entre les Nations unies, le gouvernement et la société civile.» Le Brésil accueille actuellement 4305 réfugiés, selon les chiffres du Comité national brésilien pour les réfugiés (CONARE), dont 65% d’Africains. En tête les Angolais (39%), suivi des Congolais de RDC (10%) et les Libériens (6%).
Jusqu’à présent, le Brésil n’a pas instauré de quotas pour limiter le nombre de réfugiés: avec un océan le séparant des traditionnelles routes migratoires d’Afrique ou d’Asie, il n’est pas une destination privilégiée. Du moins pas encore. Car la situation pourrait d’autant plus évoluer que le pays aux 192 millions d’habitants n’a pas fait de l’entrée illégale d’un étranger sur son sol un critère de refus de sa demande d’asile.
C’est probablement l’une des raisons qui a poussé Nicolas à débarquer à São Paulo fin 2009. Victime d’une fausse promesse d’embauche, il se rend à Manaus, la capitale de l’Etat d’Amazonas, la plus grande ville d’Amazonie. Sur place, avec l’aide de la Pastoral do Migrante, une organisation catholique qui assiste les migrants et les réfugiés, il dépose une demande d’asile auprès de la police fédérale et du CONARE. Requête acceptée en février dernier. Une première dans cette zone tropicale, réputée inhospitalière mais friande en main d’œuvre bon marché pour les activités agro-pastorales, minières ou forestières, qui grignotent chaque jour davantage la jungle.
Nicolas affirme avoir quitté son pays à cause de la guerre. En 2009, il a été missionné par son gouvernement pour organiser la répartition des terres et des vivres entre deux clans rivaux, au nord de la RDC. Mais le conflit s’est vite envenimé, avec l’implication de groupes lourdement armés. Accusé d’être un espion, il s’est caché dans la forêt avec des centaines de compatriotes, dont un grand nombre de femmes et d’enfants.
Cultivé, ce scientifique parle plusieurs langues: le lingala – un dialecte bantou congolais – le français, le swahili, l’anglais et le portugais. Mais le mot «saudade» (envie ou nostalgie en portugais) prend un sens nouveau pour lui quand il évoque sa famille, qu’il n’a pas revue depuis son départ. «Je souffre beaucoup de cette séparation», confesse-t-il. Il n’a pas les moyens de voyager, et rien à leur offrir à Manaus.

Il survit grâce à de maigres emprunts ou de petits boulots, et avec ce qu’il arrive à gagner en enseignant le français. Dans la précipitation de sa fuite de RDC, il n’a pas pu récupérer ses diplômes pour valider au Brésil l’équivalence de ses études universitaires, et ne peut trouver aucun poste dans son domaine d’expertise: la géo-informatique et la détection à distance. Mais il ne perd pas espoir.

Fabiola Ortiz et Sandra Titi-Fontaine dans le Courrier

mardi 6 septembre 2011

La chasse aux Noirs fait rage en Libye

Plus d’un millier de migrants africains sont bloqués dans un port à l’abandon près de Tripoli. Confondus avec les mercenaires, ils risquent la mort.

Photo: Olivier Vogelsang

Ils sont Togolais, Nigérians, Sénégalais ou Maliens. Comme les vieux bateaux dans lesquels ils se sont installés, ils ont échoué ici, dans le port de Sayad, situé à une vingtaine de kilomètres de Tripoli. Après avoir fui les combats, ils luttent aujourd’hui pour leur survie. Accusés d’être des mercenaires à la solde de Kadhafi, ces travailleurs noirs africains ont été menacés, brutalisés et entièrement dépouillés. Ils sont plus d’un millier à être restés à quai.

Photo: Olivier Vogelsang Balthazar est arrivé dans cette ancienne garnison italienne il y a trois semaines. Comme bon nombre de ses compagnons de galère, ce Nigérian de 23 ans a élu domicile à l’ombre de la coque d’un bateau. Impossible de respirer à bord des rafiots, les températures frisent les 50 degrés. Il y a peu, Balthazar était employé comme manutentionnaire dans le port de la capitale libyenne. Il y travaillait depuis quatre ans. Avec la révolution, sa vie a basculé. Il a perdu son job, avant de se faire chasser de sa maison. «Des hommes armés ont débarqué chez moi en plein après-midi. Ils m’ont dit qu’ils ne voulaient plus de nous ici. Ils m’ont pris mes affaires, mon argent, mon téléphone portable et m’ont dit de dégager», ra conte le jeune homme qui avoue se sentir plus en sécurité ici – malgré des conditions de vie inhumaines – qu’en ville. «Nous devons quitter la Libye, mais nous n’avons plus rien et surtout nulle part où aller!» Rentrer au pays? Impensable, rétorque le jeune homme. «On a besoin de travailler! Qui va nourrir nos familles? Qui va leur envoyer de l’argent tous les mois?»

Avant la guerre, la vie n’était pas tous les jours facile, «on n’était pas toujours payés, mais on n’a jamais été menacés de mort. Aujourd’hui, ils sont sûrs que tous les Noirs sont des mercenaires. Et on a beau leur dire qu’on n’a rien à voir avec ces gens-là, ils ne nous croient pas!»

Photo: Olivier Vogelsang

Pas de bateau

En rejoignant Sayad, certains réfugiés comme John, un Togolais de 35 ans qui partage un bateau avec 25 camarades depuis deux mois, imaginaient pouvoir s’enfuir en Europe par la mer. John a vite déchanté. «Regardez autour de vous! Il n’y a aucun bateau en état de naviguer. Et aucun d’entre nous ne serait capable de s’orienter au milieu de la Méditerranée. Prendre la mer, c’est la mort assurée. En restant ici, on a peut-être une chance d’obtenir de l’aide.» Wallas, son jeune frère de 28 ans, précise que le Vieux-Continent n’est pas un but en soi. «Le Japon me conviendrait aussi! Ce que nous voulons, c’est aller dans un pays où on pourrait travailler pour gagner notre croûte sans risquer notre peau, c’est tout.» L’assemblée qui assiste à la conversation approuve à l’unanimité.

Photo: Olivier Vogelsang

Menacés toutes les nuits

«Toutes les nuits, on est agressés ici. Des hommes viennent avec leurs kalachnikovs, ils tirent en l’air, ils nous menacent et violent nos femmes…» Silence. En face, Ayad est assise au bord du quai. La jeune Malienne de 22 ans regarde dans le vide. Elle n’a pas envie de parler. A ses pieds, une casserole et la tête d’une vache envahie par les mouches. Comme la centaine de femmes condamnées à survivre dans ce camp, elle va tenter une fois de plus l’impossible pour faire bouillir la marmite. Tandis que, trois cents mètres plus loin, devant le bâtiment de béton qui sert de dispensaire aux humanitaires de Médecins sans frontières (MSF), seule ONG à porter secours actuellement à ces réfugiés, la file d’attente ne cesse de grossir. A l’intérieur, deux médecins et une psychologue enchaînent les consultations. Nous ne pourrons pas les rencontrer. L’urgence est ailleurs. Et elle saute désespérément aux yeux.

Des envoyés spéciaux de 24 Heures Yannick Van der Schueren (textes) Olivier Vogelsang (photos)

lundi 5 septembre 2011

Impossible d'expulser si les pays ne reprennent pas leurs ressortissants

Des voix toujours plus nombreuses dénoncent l’absence d’accords de réadmission avec les pays africains. Sans eux, pas de renvois.

En Suisse, des milliers de requérants déboutés et de délinquants étrangers ne peuvent être renvoyés chez eux, faute d’accords avec leurs pays d’origine. Le thème est brûlant et constitue un véritable casse-tête pour les autorités en charge de la police et l’asile.
A Genève, par exemple, la police recense environ 200 jeunes Maghrébins en situation irrégulière. En l’absence d’accords de réadmission, ils sont pratiquement inexpulsables.
«La Confédération doit prendre le problème à bras-le-corps. Cette situation pourrit littéralement la vie de la population», lance Olivier Jornot, président du groupe PLR au Grand Conseil genevois. Le procureur général Daniel Zappelli dénonçait, il y a quelques jours, ce manque d’accords avec les pays d’où sont originaires les délinquants dans nos colonnes (lire «Le Matin» du 25 août), et la signature de partenariats migratoires sera au menu des discussions entre Micheline Calmy-Rey et les autorités du canton.

Le problème no 1
Aux yeux du droit international, chaque pays est censé accueillir ses ressortissants. Mais, en l’absence de traités bilatéraux, qui règlent les modalités de ces rapatriements, certains rechignent à le faire.
Genève n’est pas la seule à tirer la sonnette d’alarme. L’inquiétude est partagée par la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP). «L’absence d’accords de réadmission, notamment avec les pays d’Afrique, est le principal problème de notre politique d’asile» , souligne Philippe Leuba, conseiller d’Etat vaudois en charge du Département de l’intérieur. Dans son canton, 50% au moins des requérants déboutés ne peuvent être renvoyés dans leur pays faute de traités migratoires.
Pour le magistrat, la balle est dans le camp des autorités fédérales: «Il n’est plus admissible que le gouvernement n’ait pas de stratégie en la matière. On ne peut pas continuer comme ça. Le Conseil fédéral refuse d’empoigner le problème et met les cantons dans des situations intenables.» Philippe Leuba demande un engagement collectif des conseillers fédéraux.
Une stratégie globale pourrait par exemple conditionner l’octroi de l’aide au développement à la signature d’accords migratoires. «Ça devrait être du donnant-donnant», plaide Philippe Leuba.

La Suisse est championne
Du côté du Département fédéral de justice et police (DFJP), en charge du dossier migratoire, on ne veut pas entendre parler de chantage à l’aide au développement. «L’efficacité d’une telle action est largement surestimée, rappelle Agnès Schenker, porte-parole du DFJP. D’une manière générale, la conditionnalité négative visant à imposer par la contrainte le respect de certaines exigences dessert les relations extérieures comme les intérêts de la Suisse.»
Avec 47 accords de réadmission, la Suisse est un des pays du monde ayant conclu le plus grand nombre de traités dans ce domaine, souligne-t-on au Département. Seuls six concernent des pays africains. Est-ce suffisant?
«Nous essayons d’étoffer la palette, notamment avec l’Afrique subsaharienne et le Maghreb, explique Michel Jeanneret, conseiller juridique et spécialiste des accords avec l’Afrique à l’Office fédéral des migrations (ODM). C’est même une de nos priorités.»
L’office devrait entrer en négociation avant la fin de l’année avec un pays d’Afrique australe. «Nous avons envoyé une première proposition d’accord et attendons une réponse, confie Michel Jeanneret. Et puis nous suivons de près la situation en Tunisie. Des rencontres d’experts ont déjà eu lieu.»
Reste que, de l’aveu même du spécialiste, ces négociations prennent du temps. «C’est un processus long et difficile, et nous ne sommes pas toujours accueillis à bras ouverts, relève Michel Jeanneret. Si un partenaire ne veut pas négocier, nous ne pouvons rien faire. La migration est un des rares moyens de pression qu’a l’Afrique sur l’Europe.»

Accord au point mort
Ce genre de blocage, la Suisse en connaît avec l’Algérie. Les deux pays ont signé un accord de réadmission en 2006. Mais, dans les faits, le traité ne sert à rien. Alger tarde en effet à signer le protocole d’application. Sans lui, impossible d’effectuer un renvoi. Berne s’est-elle fait rouler dans la farine? «Les autorités suisses réitèrent constamment leur souhait de voir le protocole d’application signé, assure Agnès Schenker. La question migratoire est toujours à l’ordre du jour des relations bilatérales entre nos deux pays.»
Cette absence de renvois vers l’Algérie est connue des délinquants étrangers actifs à Genève. Selon la police, certains prétendent même être Algériens dans le but d’échapper à l’ex pulsion du territoire suisse.

Simon Koch dans le Matin

dimanche 14 août 2011

Remise en liberté d'une jeune Somalienne en rétention avec son bébé

Une jeune Somalienne placée en rétention à Rennes cette semaine avec son bébé de six mois a retrouvé samedi la liberté par une décision judiciaire, même si elle risque toujours une reconduite à la frontière, a-t-on appris samedi auprès de militants des droits de l'homme, et de la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

Saisi par la jeune Somalienne, le juge des libertés et de la détention de Rennes (JLD) a considéré que la rétention n'était pas compatible avec la situation de cette jeune femme, mère d'un enfant de six mois, selon ces sources. "Elle a fait valoir à l'audience qu'elle avait du apporter les couches et le biberon", et le juge a considéré qu'une rétention dans ces conditions était "un traitement dégradant" a expliqué Carole Bohanne, une militante des droits de l'homme rennaise. Le parquet n'a pas fait appel de la décision, permettant ainsi à la jeune femme, arrêtée jeudi à Angers (Maine-et-Loire) de recouvrer immédiatement la liberté.

RESF et le MRAP se sont mobilisés pour la jeune femme, rappelant la situation humanitaire catastrophique en Somalie. "Alors que les appels aux dons se multiplient pour tenter de faire face à la crise alimentaire en Somalie, le gouvernement français n'hésite pas à enfermer une mère et son bébé pour les renvoyer dans un pays ravagé par la guerre civile, alors que sa demande d'asile n'a pas fini d'être examinée", ont déploré les deux associations.

La décision du juge des libertés ne change toutefois rien à la situation sur le fond de la jeune femme, arrivée en France en mai 2010, et qui peut à tout moment être reconduite à la frontière. Déboutée en mai 2011 de sa demande d'asile, elle a fait appel de cette décision, selon l'avocate qui l'a défendue samedi, Me Gaelle Le Strat. Mais l'appel n'est pas suspensif. En effet, sa procédure de demande d'asile a été placée en procédure prioritaire, sans droit au séjour pendant l'examen de la demande, du fait de l'impossibilité de l'identifier par une prise d'empreinte, selon les associations qui la soutiennent.

Cette absence d'empreinte est assimilée à une fraude par l'administration. Mais elle résulte du fait que la jeune femme en Somalie vendait du khat, cette plante euphorisante très consommée dans la région, souligne de son côté Me Le Strat. Les feuilles de khat ont un effet très "abrasif" sur les mains de ceux qui les manipulent, a-t-elle expliqué.

AFP

vendredi 12 août 2011

Une Somalienne et son bébé interpellés vendredi à Angers

Une Somalienne de 29 ans a été interpellée jeudi à l’espace accueil d’Angers. Elle a été placée au Centre de rétention de Rennes. Elle a été internée jeudi soir avec son bébé de six mois au centre de rétention de Rennes après avoir été interpellée dans l'après-midi, à l’Espace accueil d’Angers.

Menacée dans son pays, elle a fui Mogadiscio. Arrivée en France en décembre 2010, elle s'est présentée à la préfecture du Maine et Loire pour retirer un dossier de demande d'asile. Ses doigts étant mutilés, la préfecture a décidé de la placer en procédure prioritaire sans droit au séjour pendant l'examen de sa demande d'asile, considérant que l’impossibilité de l’identifier par une prise dempreinte était assimilable une fraude.

Sa demande d’asile lui a été rejetée le 20 mai 2011. Dans le même temps, il lui a été notifié le 3 août un arrêté préfectoral de reconduite à la frontiére pour la Somalie...

Ouest-France

Une Somalienne placée en centre de rétention avec son bébé de six mois

Une Somalienne a été internée jeudi soir avec son bébé de six mois au centre de rétention de Rennes après avoir été interpellée dans l'après-midi, à son domicile, à Angers, a-t-on appris vendredi 12 août auprès de RESF (Réseau éducation sans frontières) et du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples).

Ce placement en rétention fait suite à un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière en date du 3 août, consécutif à un rejet, en mai dernier, de sa demande d'asile politique, ont indiqué les deux associations dans un communiqué. Le juge des libertés et de la détention (JLD) a été saisi en urgence et l'audience se tiendra samedi matin à la cité judiciaire de Rennes.

Un texte récent prévoit un délai de cinq jours entre un placement en rétention et la présentation devant le JLD. Mais ce délai n'est pas suspensif et l'expulsion peut être effectuée avant la présentation devant le JLD.

Objectif: 30’000 reconduites

"Alors que les appels aux dons se multiplient pour tenter de faire face à la crise alimentaire en Somalie, le gouvernement français n'hésite pas à enfermer une mère et son bébé pour les renvoyer dans un pays ravagé par la guerre civile, où règne la famine, alors que sa demande d'asile n'a pas fini d'être examinée", déplorent les deux associations.

Arrivée en France fin 2010, la ressortissante somalienne a fait appel du refus du droit d'asile qui lui a été signifié en mai dernier. Mais cette procédure n'est pas suspensive à la mesure d'éloignement dans le cas d'une "procédure prioritaire", sous lequel cette demandeuse d'asile avait été placée pendant l'examen de sa demande.

Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a jugé, en début de semaine, atteignable l'objectif "historique" de trente mille reconduites aux frontières en 2011, contre le précédent objectif de vingt-huit mille.

Le Monde et AFP

lundi 8 août 2011

Air France refuse le rapatriement d’un homosexuel camerounais

Troisième tentative d’expulsion, troisième échec pour le Royaume Uni: Joseph Kaute, un Camerounais de 43 ans qui avait fui son pays en raison de son homosexualité, va pouvoir rester un peu plus longtemps en exil, un pilote d’Air France ayant refusé son accès à bord.

Les services de l’immigration britanniques ayant rejeté sa demande d’asile, M. Kaute aurait dû s’envoler de l’aéroport de Londres – Heathrow samedi matin sur un vol Air France vers Paris, puis continuer son chemin avec la même compagnie aérienne vers Yaoundé. Mais le pilote a refusé son accès à bord, comme prévu dans les règlements internationaux. Un refus apparemment présenté à deux reprises la semaine dernière par des pilotes de la compagnie nationale, à chaque fois pour des expulsions.

Si l’immigration n’a pas « reconnu » son homosexualité, une pratique apparemment courante en Grande Bretagne pour éviter des régularisations en masse, M. Kaute présente une toute autre histoire: il a fui le Cameroun après avoir été arrêté deux fois (et libéré contre versement de pots de vin), et après vu son compagnon emprisonné pour six ans. L’homosexualité est illégale au Cameroun et passible de cinq ans de prison, même si le gouvernement se défend de la moindre persécution à leur égard.

En attendant les prochaines tentatives d’expulsion, Joseph Kaute a été renvoyé en détention au centre d’Harmondsworth.

AirJournal

samedi 6 août 2011

Le drame sans fin des migrants

Des clandestins asphyxiés, d’autres morts et jetés par-dessus bord. Depuis la mi-mars et le début de l’intervention de l’OTAN en Libye, quelque 24 000 personnes sont arrivées sur les côtes italiennes.

drame  sans fin des migrants

Certains sont morts asphyxiés dans la cale d’un navire. D’autres ont agonisé sur le pont, déshydratés. Trop faibles pour atteindre les côtes européennes, ils sont décédés durant la traversée, leurs corps étant parfois jetés par-dessus bord par leurs compagnons de voyage qui débarquent ensuite, comme des survivants hagards, dans le port de la petite île de Lampedusa.

Depuis la mi-mars et le début de l’intervention militaire en Libye, le nombre d’immigrés, originaires principalement d’Afrique subsaharienne qui tentent de fuir les violences en montant sur des embarcations de fortune pour rejoindre les côtes italiennes s’est élevé à 24 000. Mais dans le même temps, «plus de 1500 migrants ont été portés disparus», dénonce Laura Boldrini, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Parti de Libye vendredi dernier, un bateau chargé de 370 personnes a ainsi été pris en charge, jeudi soit au bout de six jours d’une odyssée tragique, par les gardes-côtes italiens. Les immigrés ont été débarqués à Lampedusa, au sud de la Sicile. Mais environ 100 migrants manqueraient à l’appel. «Au bout de vingt-quatre heures nous nous sommes perdus», a raconté une jeune femme qui a expliqué: «On a erré en mer sans eau ni nourriture. Quand les premières femmes ont commencé à ne plus résister, à mourir comme beaucoup de leurs enfants, les hommes en pleurs ont été contraints de jeter les corps à la mer. Nous étions 400 au départ. A la fin nous n’étions plus que 300.»

«Nombre de témoignages de rescapés confirment que les passagers du navire ont été contraints de jeter en mer plusieurs dizaines de cadavres, indique Andrea Ciocca, coordinateur de la mission de Médecins sans frontières (MSF) à Lampedusa. Selon nos informations, le moteur du bateau serait rapidement entré en avarie laissant les migrants sans vivres.» L’embarcation aurait ensuite été repérée à 27 miles des côtes libyennes par un remorqueur chypriote qui aurait lancé un SOS. Un bâtiment de la flotte de l’OTAN – vraisemblablement français – situé à proximité, n’aurait pas réagi provoquant l’indignation des autorités italiennes. Celles-ci ont alors envoyé des secours à partir de Lampedusa, située à 90 miles de là. Cet épisode intervient trois jours seulement après la découverte dans la soute d’un navire les cadavres de 25 personnes mortes asphyxiées dans la salle des machines. Elles avaient tenté en vain d’ouvrir la trappe pour remonter sur le pont déjà occupé par 271 immigrés.

«L’afflux de bateaux en provenance de Libye se produit par à-coups, remarque Andrea Ciocca. Fin juillet, il n’y a pas eu d’arrivées, mais les débarquements sont presque continus depuis quelques jours. Cela peut être dû à la détérioration de la situation sur le terrain, aux meilleures conditions météo ou bien encore à une manœuvre délibérée.»

Pendant des années, le colonel Kadhafi a notamment fait pression sur l’Italie en ouvrant, par intermittence, le robinet de l’immigration pour obtenir des concessions, notamment économiques, de Rome. Une chose est sûre, toutes les embarcations qui arrivent à Lampedusa partent de la zone encore contrôlée par le régime libyen. «La plupart sont des étrangers d’Afrique subsaharienne qui travaillent depuis des années en Libye et qui ne peuvent plus rester sur place, détaille Laura Boldrini. Puis il y a des réfugiés qui fuient leur pays, comme des Somaliens ou des Erythréens. Enfin, il y a des personnes qui, au début du conflit, ont fui vers la Tunisie mais ne voyant pas d’avenir dans le camp de Shusha, sont rentrées en Libye pour tenter de partir par la mer.»

Au total, sur le port de Tripoli, plusieurs milliers de personnes seraient encore aujourd’hui en attente d’un passage maritime pour l’Europe. En principe, depuis la Libye, la traversée devrait durer un jour et demi. Mais au moindre ­incident, c’est la tragédie. «Pour fuir les bombardements, les immigrés sont prêts à s’embarquer en masse sur des gros navires délabrés, note Laura Boldrini. En cas de problème, le nombre de victimes est beaucoup plus important qu’autrefois quand ils embarquaient sur des petits bateaux.»

Dans le sillage des autorités italiennes, les ONG demandent aux bâtiments de l’OTAN de prendre en charge les navires chargés de migrants partis de Libye sans attendre qu’ils subissent une avarie. Mis en cause pour la tragédie de jeudi, un porte-parole de l’Alliance atlantique a nié vendredi tout refus d’intervention, soulignant que «l’OTAN répond et intervient toujours dans les situations d’urgence en conformité avec les dispositions du droit international». En attendant, le gouvernement de Silvio Berlusconi a réclamé une «enquête formelle» de l’OTAN et l’ouverture d’une discussion officielle pour «élargir la mission au secours des bateaux de migrants».

Eric Jozsef dans le Temps

vendredi 5 août 2011

Bateau arrivé à Lampedusa: une centaine de morts, selon une rescapée

Une centaine de migrants voyageant à bord d’une embarcation partie vendredi de Libye et arrivée jeudi sur l’île de Lampedusa sont morts au cours de la traversée et leurs corps ont été jetés à la mer, a raconté une rescapée marocaine.

«Nous étions 300, mais une centaine, surtout des femmes, n’ont pas survécu, et les hommes ont été obligés de jeter leurs corps à la mer», a raconté cette femme, citée par l'agence ANSA, mais dont l’identité n’a pas été révélée.

Témoignage contradictoire

Ce témoignage présente une contradiction avec les informations officielles fournies plus tôt par les garde-côtes italiens, dont les décomptes font état de 300 survivants à bord du bateau, trouvé à la dérive à 90 milles de Lampedusa. Le commandant de la capitainerie de Lampedusa, Antonio Morana, a toutefois affirmé que «les vedettes des secours avaient vu flotter en mer dans la zone des opérations des vêtements, peut-être même des cadavres», étayant ainsi les déclarations de cette Marocaine. Il n’a pas été possible de procéder à des vérifications plus avant car «nous avons été obligés de repartir pour transporter au plus vite les 300 migrants qui se trouvent dans des conditions de santé précaires», a-t-il ajouté, soulignant qu’il n’était pas possible de lancer des recherches dans l’immédiat en raison de l’obscurité. Le témoin fait partie du groupe de quatre femmes et un homme héliportés sur l’île depuis le bateau pour être hospitalisés en urgence en raison de la gravité de leur état dû à la déshydratation et au choc des épreuves traversées.

Un cadavre trouvé à bord

Un cadavre a également été découvert à bord du navire d’une vingtaine de mètres secouru jeudi après-midi par les gardes-côtes italiens, eux-mêmes alertés par un remorqueur chypriote. Ce dernier avait dû s’éloigner après que plusieurs passagers se furent jetés à l’eau pour tenter de monter à bord. Le remorqueur avait alors lancé des canots de sauvetage à la mer pour éviter qu’ils ne se noient. Jeudi matin, un hélicoptère des gardes-côtes avait largué de l’eau et de premiers secours, mais la tentative désespérée d’un des passagers de s’accrocher à la nacelle de transport l’avait contraint à l’abandonner. Le navire a ensuite été secouru par quatre vedettes des garde-côtes arrivées sur place à 14h40 et sur lesquelles les migrants ont été transférés pour être acheminés jusqu’à Lampedusa, où ils devraient arriver au cours de la nuit.

Réaction politique

Face à la «nouvelle tragédie terrible», la présidente du Parti démocrate (gauche, principal parti d’opposition), Rosy Bindi, a exigé une «intervention immédiate pour éviter que les traversées des migrants ne se transforment en voyages de la mort». «Le gouvernement italien doit sortir de sa torpeur et mobiliser avec une initiative politique forte les organismes internationaux et l’Europe», a-t-elle affirmé, espérant que «le bilan des victimes ne soit pas aussi effrayant que le laissent supposer les premières informations». Des milliers de personnes fuyant la Libye, la plupart des travailleurs immigrés venant d’Afrique ou des réfugiés des conflits de la région, sont arrivés au cours des derniers mois à Lampedusa, une petite île à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile. Des centaines d’entre eux sont morts noyés: en avril, 250 migrants avaient trouvé la mort lors d’un naufrage au large de l’île. Enfin, lundi, 25 migrants apparemment morts par asphyxie ont été trouvés dans la salle des machines d’un bateau lui aussi en provenance de Libye.

Tribune de Genève et AFP

jeudi 4 août 2011

Micheline Calmy-Rey dans le plus grand camp de réfugiés du monde

La présidente de la Confédération s’est rendue hier dans le complexe de Dadaab, au Kenya, qui accueille 380 000 Somaliens.

mcr dadaab

La Suisse est «très préoccupée et touchée» par la terrible sécheresse qui frappe la Corne de l’Afrique. Micheline Calmy-Rey a visité hier les camps de réfugiés de Dadaab, au Kenya. «La présidente a été très émue en voyant la souffrance de ces personnes», affirme Lars Knuchel, chef d’Information du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). «Pour elle, c’était très important de rencontrer directement ces gens et ceux qui s’en occupent. Elle a aussi pu voir d’elle-même l’engagement de la Suisse, et évaluer ce que notre pays peut encore apporter.» Micheline Calmy-Rey est le premier chef d’Etat occidental à se rendre dans la région depuis le début de la crise.

Le complexe de Dadaab, situé à 80 kilomètres de la frontière somalienne, est le plus grand camp de réfugiés du monde. Il accueille plus de 380 000 personnes chassées de Somalie par la guerre civile et la sécheresse. Dadaab a notamment vu une impressionnante augmentation des arrivées de réfugiés à partir du mois de juin. Le complexe enregistre aujourd’hui 1300 nouveaux venus par jour. Une affluence qui a mis à mal la capacité d’accueil des humanitaires.

Léger mieux

«Cela va un peu mieux maintenant, notamment au niveau de la distribution d’eau et de nourriture, affirme Antoine Froidevaux, coordinateur de Médecins sans frontières Suisse (MSF) au camp de Dagahaley, à Dadaab. Il y a eu une prise de conscience de la gravité de la situation. Mais nous sommes toujours confrontés à de nombreux problèmes. Les taux de malnutrition sont alarmants et d’importantes difficultés subsistent dans l’enregistrement des réfugiés qui continuent d’arriver.» «La population ne cesse de croître et il n’y a aucune perspective pour que cela s’arrête», a assuré William Spindler, du Haut-Commissariat pour les réfugiés.

Car si la communauté internationale a enfin commencé à se mobiliser pour venir en aide aux populations de la Corne de l’Afrique, la sécheresse et la guerre civile qui ravagent la Somalie ne faiblissent pas. Les Nations Unies ont ainsi déclaré hier trois nouvelles régions en état de famine. L’ONU a aussi averti que la famine risque de s’étendre à l’ensemble du sud du pays d’ici peu.

D’autant que les difficultés d’accès aux populations touchées par la famine, notamment dans les zones sous contrôle des insurgés shebab, laissent peu d’espoirs d’observer une amélioration de la situation. «La communauté internationale est en train d’être dépassée par une crise qui échappe à tout contrôle», estime Elise Ford, de l’ONG Oxfam. Pour elle, «la question est de savoir si les bailleurs de fonds sont capables d’agir de façon urgente et de transformer les dons en actions concrètes pour sauver des vies».

La conférence de donateurs qui devait avoir lieu mardi prochain a cependant été reportée d’au moins deux semaines.

Gustavo Kuhn

«La priorité n’est pas en Afrique»

Le voyage de Micheline Calmy-Rey dans la Corne de l’Afrique ne suscite pas que des louanges. «Elle va se promener en Afrique pour s’assurer une publicité médiatique alors que l’urgence est ici», lance le conseiller national UDC André Reymond. «Notre ministre des Affaires étrangères ferait mieux de se préoccuper de l’arrivée massive de réfugiés d’Afrique du Nord chez nous, c’est son rôle, c’est ça qu’on lui demande», expliquait hier l’élu genevois, membre de la Commission de la politique extérieure (CPE) du National, après avoir allumé la polémique sur les ondes de la RSR.

Lui aussi membre de la CPE, Luc Barthassat (PDC/GE) soutient la ministre socialiste: «J’estime que c’est son rôle d’élue que d’aller sur place pour se rendre compte de la situation. Et j’espère que cela incitera d’autres élus européens à faire le déplacement.» Le démocrate-chrétien ne s’est pas privé de critiquer la conseillère fédérale ces dernières années, son style personnel, ses initiatives originales ou ses «coups médiatiques». Mais ce voyage «se justifie totalement, juge-t-il, car l’aide aux pays en difficulté est constamment sous pression à Berne, notamment à cause des critiques de l’UDC.»

Hier, la conseillère nationale Doris Fiala (PLR/ZH) appuyait elle aussi Micheline Calmy-Rey sur les ondes de la RSR: «Elle a beaucoup de mérite et c’est une honte que d’autres chefs d’Etat ne fassent pas le voyage.» Et la parlementaire de préciser qu’un pays «comme la Suisse, qui va vraiment bien, ne doit pas oublier ses traditions humanitaires.» Soutien tout aussi vibrant de la part d’Anne Seydoux-Christe, conseillère aux Etats (PDC/JU): «Ceux qui veulent critiquer Micheline Calmy-Rey à tout prix feront une lecture négative de ce voyage. Moi, je pense que si on ne se montre pas solidaire dans ces situations-là, alors je ne sais pas à quoi l’on sert.»

L’antipathie de l’UDC pour Micheline Calmy-Rey est bien connue: la présidente de la Confédération est la «bête noire» du parti conservateur. Mais André Reymond se défend de céder à un réflexe pavlovien: «La critique est complètement justifiée car Micheline Calmy-Rey ne découvre rien du tout, on connaît la misère qui règne dans cette région d’Afrique», lance le Genevois.

24 Heures

mercredi 3 août 2011

La Présidente de la Confédération en visite au camp de Dadaab

La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey visitait mercredi un camp de réfugiés, à l'est du Kenya. Ce camp accueille plus de 380'000 personnes, chassées de Somalie par la guerre civile et la sécheresse.

TSR

mercredi 20 juillet 2011

Augmentation des flux migratoires dans la Corne de l'Afrique

La grave sècheresse qui affecte de vastes zones du Kenya, la Somalie, l'Ethiopie et Djibouti a conduit à une augmentation considérable des flux migratoires multidirectionnelle, à la fois au sein et à travers les frontières internationales, ont indiqué mercredi à Nairobi des missions de l'Organisation internationale pour les migration (OIM) dans la région.

"Ces mouvements de la population impliquent non seulement les réfugiés et les demandeurs d'asile, mais un grand nombre de migrants et des éleveurs qui ont peu de choix de se déplacer le long de nombreuses routes migratoires complexes et périlleuses", ont souligné ces missions dans un communiqué parvenu à la MAP. La même source note que bien que l'information sur plusieurs de ces itinéraires soit parcellaire, les mouvements de population ont été observés dans les zones touchées par la sècheresse dans le sud et le centre de la Somalie vers la capitale Mogadiscio, où de fortes pluies ont fait ces derniers jours des ravages parmi les personnes vulnérables déplacées. "La situation dans les régions touchées par la sècheresse en Somalie a conduit à une augmentation importante de personnes cherchant une aide au Kenya et en Ethiopie, avec quelque 50.000 nouveaux arrivants rapportés en juin dernier", fait constater l'OIM qui précise qu'au cours des trois dernières semaines, quelque 8.600 personnes sont arrivées au Kenya et 11.000 en Ethiopie.

En Ethiopie, où la sècheresse affecte directement 4,5 millions de personnes, les communautés pastorales ont particulièrement besoin d'aide, en raison de l'affaiblissement ou la mort de leur bétail, souligne l'organisation onusienne. Et d'ajouter que leurs mouvements transfrontaliers en quête d'eau et de pâturages pour leurs bétails créent un risque élevé de conflit concernant les ressources naturelles, en particulier dans les districts kenyans de Turkana, Wajir et Mandera gravement touchés par la sècheresse..

L'OIM et ses partenaires de l'ONU ont travaillé avec les gouvernements de la Corne de l'Afrique pour faciliter le mouvement des pasteurs dans les régions frontalières, a déclaré le directeur des opérations de l'OIM, Mohammed Abdiker. L'Initiative Sécurité dans la Mobilité (SIM), ajoute-t-il, a appelé les gouvernements de la région à élaborer une politique pour faciliter le déplacement sécuritaire des pasteurs dans leur pays et à travers les frontières, en utilisant une approche de collaboration qui englobe la fourniture de l'assistance humanitaire, les services de base et la sécurité globale.

"De tous les mécanismes d'adaptation aux changements climatiques, la mobilité s'impose comme le plus essentiel pour les éleveurs", a indiqué Mohammed Abdiker, soulignant à ce propos l'urgence d'un effort concerté vu qu'"aucun pays dans la région ne peut seul relever les défis complexes du changement climatique et des migrations". L'OIM relève également que chaque année, des dizaines de milliers de migrants, essentiellement des Somaliens et des demandeurs d'asile, font le voyage dangereux à partir de leur lieu d'origine à travers la Corne de l'Afrique et le golfe d'Aden au Yémen et au-delà. "Ces individus, poussés par l'agitation politique et face à la pauvreté extrême, non seulement courent le danger de la mer, mais aussi des risques physiques de harcèlement et de discrimination durant leur voyage sur la terre", souligne-t-on.

Agence MAP et AuFait Maroc

mardi 19 juillet 2011

Tolossa Chengere peut courir hors de Suisse

L’Ethiopien du Lausanne-Sports est désormais titulaire d’un permis de séjour B.

Meilleur coureur sur route basé en Suisse depuis plusieurs années, Tolossa Chengere peut donc «enfin» sortir du territoire helvétique et aller exercer son métier de coureur dans des compétitions à son niveau. «C’est un soulagement, le résultat d’un long combat», relève l’entraîneur de Chengere, Jean-François Pahud. Arrivé en Suisse il y a sept ans comme réfugié, Chengere, admis provisoirement, n’avait pas le droit de quitter le pays tant qu’il ne possédait pas de permis de séjour B. Il a écumé les courses sur route de Suisse, s’imposant presque partout, y compris à Morat-Fribourg (deux fois) et à la Course de l’Escalade à Genève, parfois en signant de nouveaux records du parcours.

Plus d’une fois, il a été frustré de ne pas pouvoir aller se mesurer aux tout meilleurs hors des frontières. Tous ses records (13’37’’26 sur 5000 m, 28’12 sur 10 km route notamment) ont ainsi été obtenus en Suisse. Chengere peut désormais voyager, mais le temps presse pour lui. Arrivé au seuil de la trentaine ou déjà bien au-delà (36 ans selon la Fédération internationale, 28 d’après son club du Lausanne-Sports), il devrait enfin se lancer sur marathon. «C’est là qu’est son avenir. Nous cherchons un marathon pour l’automne, pas trop important car j’aimerais l’accompagner à vélo sur le parcours», précise Jean-François Pahud.

Le coach préfère être là car Chengere n’est pas des plus autonomes. Si Pahud ne surveille pas son entraînement, il a tendance à se dissiper.

24 Heures

dimanche 17 juillet 2011

Corne de l'Afrique : 10 millions de personnes menacées par la famine

L'Afrique de l'Est est au bord d'une effroyable catastrophe humanitaire. Après une des pires sécheresses depuis des décennies, dix millions de personnes sont confrontées à la famine en Somalie, au Kenya, en Ethiopie, en Ouganda et à Djibouti. Deux millions d'enfants souffrent de malnutrition dans cette région et ont besoin d'une aide urgente pour survivre, 500 000 seraient même en danger de mort, selon l'Unicef.

Ce dimanche, le directeur de fonds des Nations unies pour l’enfance et un secrétaire d'Etat britannique, ont visité des camps de réfugiés surpeuplés, notamment à Dadaab, dans l'est du Kenya. Ils ont à nouveau exhorté la communauté internationale à intensifier ses efforts, alors qu'une première aide de l'ONU est arrivée le 13 juillet en Somalie.

22,48 millions d'euros nécessaires, selon l'Unicef
Ces deux dernières années, les pluies, absentes ou peu abondantes, ont déjà contraint des milliers de Somaliens à quitter leur pays et ont ruiné la vie de millions de personnes au Kenya, en Ethiopie et à Djibouti. Et la situation risque de se dégrader dans toute la corne de l'Afrique. Anthony Lake, le directeur de l'Unicef, est formel : «Il n'y aura pas de grosse récolte avant l'année prochaine» et par conséquent «les six prochains mois vont être très difficiles». Selon l'agence onusienne, il faudrait 22,48 millions d'euros pour aider, pour les trois prochains mois, les millions de femmes et d'enfants en danger. La Grande-Bretagne a promis samedi une aide d'urgence de 59 millions d'euros, l'Allemagne cinq millions d'euros supplémentaires. Ce dimanche, Benoît XVI a souhaité que «la mobilisation internationale en faveur de ces frères et sœurs durement éprouvés et parmi lesquels il y a tant d'enfants, se renforce». Il demande à «toutes les personnes de bonne volonté» leur «soutien et solidarité» en faveur de ces populations.

Les rebelles somaliens acceptent l'aide internationale
Parmi, les zones où la situation est la plus critique figure la Somalie. Dans ce pays s'ajoutent à la sécheresse  vingt ans de guerre civile. Près de trois millions de personnes, soit un tiers de la population, a besoin d'aide humanitaire, estime l'Union africaine. Le gouvernement fédéral de transition (TFG) n'a d'autorité effective que sur une partie de la capitale, Mogadiscio, et fait face à l'insurrection des shebab, des islamistes radicaux. Pour la première fois depuis deux ans, les rebelles «ont donné leur accord et ont autorisé l'accès sans problème. Tout c'est bien passé»», a expliqué dimanche Iman Morooka, la porte-parole de l'UNICEF. Cinq tonnes d'aide et de médicaments ont été transportées par avion le 13 juillet vers la région de Baidoa au centre du pays, dirigée par les shebab, qui avaient poussé au départ dès 2009 la plupart ONG. Qu'importe «qu'ils soient ou non musulmans (...), si leur intention est seulement d'aider ceux qui souffrent», avaient-ils expliqué la semaine passée, signe sans doute de leur détresse.

La famine menace un camp de réfugiés au Kenya
Conséquence  également de la guerre civile somalienne, à Dadaab au Kenya, le plus grand camp de réfugiés du monde est au bord de la rupture. D'après le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), la crise humanitaire provoquée par la sécheresse et les combats en Somalie fait actuellement affluer quotidiennement quelque 1 300  personnes supplémentaires. Construit en 1991 pour héberger 90 000 personnes, il en accueille aujourd'hui plus de 380 000, dont 59.000 vivent à l'extérieur du camp. Les travailleurs humanitaires ont du mal à faire face cet  l'afflux massif et appelle le gouvernement kenyan à ouvrir un nouveau camp déjà existant mais non encore utilisé.Au Kenya, la région du Turkana est particulièrement touchée. «Le nombre d'enfants hospitalisés pour malnutrition a doublé par rapport à l'an dernier», explique à l'AFP une infirmière de Lodwar, la principale ville de cette région . «Beaucoup arrivent affaiblis, mais ce sont les chanceux qui arrivent chez nous», poursuit-elle.

Le Parisien

samedi 16 juillet 2011

Libye: la situation des réfugiés est de plus en plus précaire dans les camps proches de la frontière

L'association  Médecins sans Frontières se dit très préoccupée par la situation des réfugiés africains, bloqués dans des camps provisoires où ils sont exposés à la violence.

TSR

La Somalie est en état de «catastrophe humanitaire»

Une terrible sécheresse frappe la région. Près de 250 000 enfants souffrent de malnutrition sévère.

La Somalie, où sévit une gravissime sècheresse, est désormais en état de «catastrophe humanitaire», a affirmé hier le directeur d’Action contre la faim (ACF), faisant état de quelque 250 000 enfants sévèrement malnutris. Submergé par les réfugiés, le Kenya voisin va ouvrir un nouveau camp et le HCR acheminer des milliers de tentes.

«Ces dernières semaines, nous avons vu une détérioration de la situation humanitaire», a déclaré Jens Oppermann, directeur d’ACF pour ce pays. «Nous voyons des gens arriver à Mogadiscio dans un état que nous n’avions pas vu jusqu’ici, a-t-il poursuivi. Les gens sont mentalement et physiquement épuisés après avoir parfois marché des semaines dans un environnement particulièrement hostile.»

ATS

samedi 9 juillet 2011

La police fait usage de violence lors d’un renvoi forcé au Nigeria

Un requérant a été frappé avant le vol. Aucun observateur indépendant n’était présent.

Officiellement, tout s’est bien passé, assurait jeudi l’Office fédéral des migrations. Le matin même, peu avant 8 h, il organisait, à l’aéroport de Zurich, un vol spécial visant à expulser de force 21 requérants d’asile déboutés vers le Nigeria. Tous avaient refusé de prendre un avion de ligne. Ce vol, le premier organisé depuis la mort d’un Nigérian en mars 2010, était censé s’être bien déroulé. Mais les images de l’émission 10 vor 10 montrent, au contraire, de sérieux dérapages.




10vor10 vom 07.07.2011

Le reportage filme l’entrée des requérants – menottés – dans l’avion. Depuis le décès de leur compatriote, la Suisse ne peut plus les ligoter entièrement. Tous montent à bord sans rechigner. Quand, soudain, l’un d’eux refuse et se met à sautiller. Les policiers stoppent son renvoi et le ramènent dans une camionnette. Mais la tension monte quand le requérant suivant se jette à terre à côté du fourgon. Près de huit policiers le maintiennent au sol, avant de le porter dans l’escalier d’embarquement.

Matraque

L’homme se débat. Les agents peinent à le tenir. Tout à coup, un policier lui donne des coups de poing. Si un agent interrompt l’expulsion, un autre sort soudain sa matraque et frappe le Nigérian.

A l’Office fédéral de la migration, on dit regretter ces évènements, mais on renvoie la balle à la police cantonale de Zurich, chargée d’exécuter les renvois. Là, Marcel Strebel, porte-parole, est étonné: «Nous allons enquêter pour savoir ce qu’il s’est passé. Les premiers éléments indiquent que cet homme s’est accroché à la barrière de l’escalier et qu’un policier a voulu le faire lâcher prise. Ensuite, le requérant aurait menacé un autre agent en s’emparant de ses parties génitales.»

«C’est inadmissible! lance Jean-Pierre Restellini, président de la Commission nationale de prévention de la torture. Un policier doit savoir garder la tête froide dans toutes les situations.»

Arrivés trop tard

L’affaire est d’autant plus grave qu’aucun observateur indépendant n’était présent. Alors que ces vols sont censés être accompagnés depuis peu par la Fédération des Eglises protestantes, celle-ci n’était pas mandatée. Et les deux membres de la Commission de prévention de la torture appelés quelques jours avant pour suivre l’expulsion sont arrivés trop tard.

«Ils n’ont rien vu, regrette Jean-Pierre Restellini. La procédure de renvoi vient de changer. Jusqu’à présent, les observateurs et les requérants effectuaient un briefing avant le vol, à l’aéroport. Mais, pour éviter que les expulsés n’attendent longtemps dans une cellule et subissent un stress inutile, la procédure a été raccourcie. Or, nos membres n’ont pas été avertis. Ils sont arrivés lorsque les Nigérians étaient dans l’avion.»

Le Nigeria n’aurait pas réagi à ces violences, alors même qu’une délégation du pays se trouvait à bord. En attendant, les images ont déjà reçu un écho international. Le Comité antitorture du Conseil de l’Europe en a parlé à Jean-Pierre Restellini. Ce dernier souhaite trouver une solution humaine à ces renvois avec l’Office des migrations.

De son côté, l’Association des juristes progressistes de Suisse exige la suspension des vols. Mais, pour l’heure, un tel arrêt n’est pas prévu. Jeudi, l’avion a finalement décollé à 8 h 15 avec 19 Nigérians et 60 policiers à bord. Le vol a coûté 150 000 franc s.

Nadine Haltiner, Zürich, pour 24 Heures

Expulsions forcées, des images violentes

Les images diffusées jeudi soir par «10vor10» montrent un policier frappant, avec sa matraque, un requérant qui refuse d’entrer dans l’avion.

La mort d’un Nigérian sur le tarmac de l’aéroport de Kloten en mars 2010 avait rallumé la polémique autour des «vols spéciaux». Les requérants déboutés et les clandestins qui refusent de quitter la Suisse sont embarqués dans ces avions, ligotés, menottés, avec un casque de boxeur sur la tête. Voilà que des images diffusées jeudi par l’émission «10vor10» de la télévision alémanique remettent en exergue les risques liés à ces expulsions forcées.

On y voit clairement, à l’entrée de la porte d’un avion Swiss posé à Zurich, deux policiers frappant un requérant qui se débat. De plusieurs coups. Amnesty et d’autres ONG sont immédiatement montées au créneau pour dénoncer ces pratiques. De même que les Juristes démocrates de Suisse. Quelques heures plus tôt, l’Office fédéral des migrations avait divulgué un communiqué pour annoncer le premier vol spécial affrété par la Confédération en direction du Nigeria depuis le drame de mars 2010. Dix-neuf Nigérians «légèrement ligotés» ont été renvoyés et le vol «s’est déroulé sans incident», selon l’ODM.

Une enquête indépendante

Les images montrent effectivement des requérants qui montent d’eux-mêmes les marches de l’avion, sans casque et sans être attachés sur des chaises roulantes, comme l’a exigé le gouvernement nigérian. Jusqu’à ce que deux personnes se rebiffent. Et là, la situation dégénère. On aperçoit un groupe de plusieurs policiers tentant de hisser un requérant en haut des marches. Au sommet de la passerelle, deux policiers essaient de maîtriser le requérant avec des coups. L’un avec son poing, pour qu’il lâche la rampe à laquelle il se serait agrippé, l’autre avec sa matraque.

Contacté, l’ODM admet que 21 Nigérians devaient au départ être expulsés et que deux, qui se sont fortement opposés à leur renvoi, ont dû être ramenés au centre de détention de l’aéroport de Zurich. Dont celui qui a reçu des coups. A propos de la violence policière, voici ce que souligne au Temps Joachim Gross, le chef de la communication de l’ODM: «Il existe toujours des personnes qui s’opposent à leur expulsion forcée. La police doit, face à cette situation, adopter les mesures appropriées.»

Après avoir visionné ces images, la section suisse d’Amnesty International exige du gouvernement zurichois la mise sur pied d’une enquête indépendante pour établir le déroulement exact des faits. Elle demande aussi au directeur de l’ODM de garantir des experts indépendants sur tous les vols spéciaux et de laisser filmer les scènes. Amnesty a déjà recueilli plusieurs plaintes de requérants qui affirment avoir été frappés lors d’une expulsion forcée à Zurich. Le chef de presse de la police cantonale zurichoise a de son côté admis à «10 vor10» que les images n’étaient «pas belles». Avant de préciser vouloir tirer les choses au clair avec les policiers présents, issus de différents cantons. Vérification faite, deux membres de la Commission de prévention de la torture étaient sur le vol. Mais ils n’ont pas assisté à la scène, étant entrés dans l’avion qu’une fois que les requérants y étaient déjà.

Cette scène de violence est intervenue alors que les requérants étaient moins ligotés que précédemment. Et donc plus à même de se débattre.

Valérie de Graffenried dans le Temps


«Il est inadmissible qu’une personne entravée reçoive des coups»

Jean-Pierre Restellini, le président de la Commission de prévention de la torture. Propos recueillis par Valérie de Graffenried dans le Temps.

«Il est totalement inadmissible qu’une personne entravée reçoive des coups, que ce soit de poing ou de matraque». Jean-Pierre Restellini, le président de la Commission de prévention de la torture, confirme que deux membres de sa commission, en l’occurrence des commandants de police, étaient sur le vol spécial de jeudi pour le Nigeria. «Mais ils n’ont pas assisté à la scène car ils ne sont entrés dans l’avion qu’une fois que les requérants y étaient déjà. Voilà qui démontre que nous devons réajuster la procédure. J’ai en revanche vu les images et une telle scène est inacceptable.» Jean-Pierre Restellini précise par ailleurs que «contrairement à ce que l’ODM veut faire croire, nous n’officions pas comme experts indépendants censés être présents sur tous les vols - nous ne sommes pas en mesure de les assurer tous.»