mardi, 6 décembre 2011

Les refus et les difficultés inquiètent les centres islamiques

Les récents problèmes liés à l'implantation de centres islamiques inquiètent l'Union vaudoise des associations musulmanes. L'UVAM plaide pour le dialogue et la coopération et invite à une table ronde en janvier sur ce sujet.

En avril à Yverdon, en juin à Vevey et en novembre à Payerne, les musulmans ont rencontré des problèmes avec leurs lieux de culte. Qu'il s'agisse d'un bail non renouvelé, de crédits refusés pour la rénovation de la mosquée ou du refus d'un permis de construire, la coopération et le dialogue n'ont pas permis d'aboutir, regrette l'UVAM dans son communiqué.

Face à ces difficultés, l'UVAM rappelle que la compréhension interreligieuse fait partie des priorités du Conseil d'Etat vaudois pour 2009-2012. Dans ce contexte, elle affirme clairement que l'idée de vouloir placer les mosquées dans des zones industrielles, comme il en est question à Payerne, est de nature à isoler et à stigmatiser les musulmans.

Pour contribuer à résoudre les différends, l'Union vaudoise des associations musulmanes organise une table ronde à Payerne le 12 janvier.

ATS

dimanche, 27 novembre 2011

Suisse: les populistes de l'UDC reculent

Le parti de la droite populiste suisse, l'Union démocratique du centre (UDC), qui avait subi un sérieux revers au premier tour des élections législatives en octobre, a vu son recul confirmé dimanche au second tour du scrutin. Le deuxième tour des élections -- qui avait lieu dans les cantons de Zurich, de St-Gall, d'Argovie, d'Uri et de Schwytz -- visait à attribuer les six sièges encore vacants au Conseil des Etats, la chambre haute du Parlement helvétique.

L'UDC, opposé à toute adhésion à l'Union européenne et qui a notamment bâti sa campagne électorale sur la lutte contre l'immigration, a essuyé un revers dans quatre des cinq cantons où il s'est présenté, remportant uniquement un siège dans le paradis fiscal de Schwytz (centre), a annoncé l'agence ATS. Plus grave, son président Toni Brunner a été battu dans le canton de St-Gall par le socialiste Paul Rechsteiner. Dans le canton de Zurich, le plus peuplé de la Confédération, la figure de proue de l'UDC, Christoph Blocher, a perdu contre les sortants Vert libéraux et PLR (centre droit).

Pour le parti de Christoph  Blocher, l'échec au second tour du scrutin est "la conséquence logique d'une coalition anti-UDC", selon un communiqué cité par l'ATS.

Le PS Suisse s'est pour sa part félicité d'un "succès majeur" et a qualifié l'issue du scrutin de "résultat historique" avec 11 représentants socialistes siégeant désormais au Conseil des Etats. Au premier tour des élections législatives du 23 octobre, qui visaient à renouveler les députés des deux chambres du Parlement helvétique, les grands partis traditionnels, principalement l'UDC, ont enregistré un recul face à de petits partis comme les Verts libéraux et le parti bourgeois démocratique (PBD), qui est issu d'une scission antérieure de l'UDC. L'UDC n'avait obtenu que 25,9% des voix aux élections du Conseil national (chambre basse), après 28,9% au dernier scrutin de 2007.

La droite populiste, à l'origine de l'interdiction des minarets en Suisse, n'avait contre toute attente pas réussi à dépasser la barre historique des 30% malgré une campagne électorale axée sur un marketing politique choc. L'UDC est devenu la première formation du pays à l'issue de la consultation de 2003. Il avait alors obtenu 26,6% des suffrages et 28,9% il y a quatre ans, doublant quasiment son score par rapport aux années 1990, au détriment des partis du centre dits "bourgeois". Tout au long de la campagne électorale, le mouvement avait appelé à "stopper l'immigration massive" dans la Confédération, qui a vu le nombre d'étrangers, notamment d'Afrique et d'Europe de l'Est, plus que doubler en 20 ans.

Le Figaro

samedi, 26 novembre 2011

Le vrai-faux plan de Claude Guéant pour réduire les demandes d’asile

Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a annoncé, vendredi 25 novembre, une "réforme" du droit d'asile. Relativement restrictive, elle vise à mettre fin au "détournement" croissant, selon lui, de l'asile par des migrants économiques qui, une fois déboutés, viennent grossir les rangs des étrangers en situation irrégulière. Une hausse, d'après lui, qui embouteille le dispositif national d'accueil et d'hébergement et "pénalise" les "vrais" demandeurs d'asile.

"Notre système d'asile est en danger parce que le dispositif est utilisé pour pénétrer et se maintenir dans notre pays", a ainsi déclaré M. Guéant, Place Beauvau, à Paris, vendredi matin, devant la presse. Des propos réitérés l'après-midi lors d'un déplacement à Montauban (Tarn-et-Garonne) dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA).

Sur le fond cependant, la plupart des mesures annoncées sont floues ou existent déjà en pratique, et suscitent une forte désapprobation des organisations de défense des droits des étrangers. "La hausse de la demande d'asile, même si une part est infondée, ne justifie pas un renforcement des pratiques dissuasives", estime ainsi le bureau parisien du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), aux critiques généralement modérées. Décryptage.

  • Le contexte

Une hausse de la demande d'asile. Pour justifier ses annonces, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, met en avant une hausse exponentielle de la demande d'asile ces "quatre dernières années". Une hausse, selon le dossier presse distribué aux journalistes, de "55%". D'après les projections du ministère de l'intérieur, quelque 60 000 personnes auront en effet leur demande d'asile en examen d'ici à la fin 2011 – contre 42 600 en 2008.

Or, calculs faits, cela représente bien une hausse importante, mais plutôt d'un peu plus de 40%. De même, cette augmentation ne dépasse pas un pic qui avait été atteint en 2004 : quelque 65 000 demandes étaient alors en traitement à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Par nature, la demande d'asile s'ajuste en effet avec le contexte international et suit une évolution en dents de scie.

Une hausse des "demandes abusives" ? Sur l'ensemble de la demande d'asile, M. Guéant considère qu'une part croissante est à attribuer à des demandes abusives d'étrangers dont les motivations sont d'abord "économiques" – et non liées à des inquiétudes pour leur sécurité dans leur pays. Pour preuve, il en veut le taux "en baisse", selon lui, de reconnaissance de protection : "24,6% en 2011, contre 36% en 2008".

Or, si les demandes d'asile abusives sont un phénomène réel, elles ne sont pas forcément en hausse. Selon Gérard Sadik, juriste spécialiste de l'asile à la Cimade, les chiffres donnés par le ministère sont erronés car ils mélangent le "taux d'activité" annuel de l'Ofpra et de la Cour national du droit d'asile (CNDA) avec leur taux "consolidés". Sur la longue durée (depuis 1993), on constate ainsi que ce taux de reconnaissance de protection varie toujours entre 20% et 35% en moyenne.

  • Les mesures

Dissuader la demande. Alors qu'un grand nombre de demandeurs d'asile qui viennent en France sont originaires du Bangladesh et d'Arménie, M. Guéant a annoncé vouloir classer, début 2012, ces deux Etats – ainsi que la Moldavie et le Monténégro – en pays dits "sûrs". Une qualification qui autorise l'Ofpra à examiner plus vite les dossiers des migrants venant de ces destinations (la procédure est appelée "prioritaire" et en cas de recours, elle n'empêche pas l'expulsion).

Ce système de listes de "pays sûrs" n'est toutefois pas une mesure particulièrement novatrice. Tous les ans, chaque pays européen met à jour sa propre liste – ce qui n'est pas sans occasionner un certain nombre d'incohérences. En France, l'inscription du Bangladesh sur cette liste, prévue début 2012, était envisagée depuis plus d'un an. En début d'année, c'était le Kosovo qui avait été ajouté. A l'époque, c'était lui le pays qui apportait le plus gros bataillon de demandeurs d'asile vers la France. "La politique de l'asile devient la variable d'ajustement des flux migratoires", déplore M. Sadik.

Dans le même esprit, M. Guéant a annoncé vouloir transposer en droit français une directive européenne de 2005 qui instaure un "délai raisonnable" pour déposer sa demande d'asile une fois arrivé sur le territoire européen. Au Royaume-Uni, celui-ci est de "trois jours". M. Guéant souhaiterait qu'il soit en France de "90 jours". Une façon d'empêcher, notamment, que les migrants déposent une demande d'asile alors qu'ils sont placés en rétention en vue de leur éloignement.

Cette transposition juridique nécessiterait toutefois une nouvelle loi. La dernière date seulement du mois de juin. Et avec l'élection présidentielle qui approche, le ministre a reconnu de lui-même, vendredi, qu'elle n'aurait sans doute pas le temps d'être examinée par le Parlement avant cette date.

Ciblage des " déboutés ". Chaque année, entre 70% et 80% des migrants demandeurs d'asile se voient refuser leur demande de protection. Ces "déboutés" doivent alors, en principe, quitter la France dans un délai d'un mois. Cette obligation de quitter le territoire français (OQTF) leur est généralement notifiée par courrier, là où ils sont domiciliés. Mais dans les faits, beaucoup restent en France et rejoignent alors la masse des étrangers en situation irrégulière.

Pour remédier à cette situation, M. Guéant a annoncé, vendredi, avoir demandé à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) d'organiser des visites dans les centres d'hébergement pour demandeurs d'asile (CADA) afin d'inciter les "déboutés" à prendre "l'aide au retour volontaire" : un pécule d'argent (jusqu'à 2000 euros par adulte) accordé à tous ceux décidés à rentrer, sans y être contraints, dans leur pays d'origine. Ce système est toutefois en vigueur depuis le 10 octobre en province. M. Guéant a simplement précisé, vendredi, qu'il allait être étendu "à la région parisienne".

Dans le même esprit, le ministre de l'intérieur a déclaré, vendredi, vouloir multiplier les "accords bilatéraux" avec les pays d'origine et de transit des demandeurs d'asile afin de pouvoir éloigner plus facilement les migrants déboutés. Des accords de ce type - dits de "réadmission" -, la France en signe régulièrement. Mais ils sont longs à négocier. Eric Besson, lorsqu'il était à la tête du défunt ministère de l'immigration et de l'identité nationale, souhaitait déjà les développer.

Durcissements juridiques pour les "dissimulateurs". Vendredi, le ministre de l'intérieur a également annoncé avoir engagé une "réflexion juridique" pour écarter les demandes d'asile de ceux dont les "mensonges" ou les "dissimulations" sont mises en exergue. Notamment dans le cas où les migrants sont suspectés d'avoir volontairement altéré leurs empreintes digitales pour ne pas être renvoyés dans le pays européen qu'ils ont traversé en premier (Système Dublin II). "Un certain nombre de migrants dissimulent des informations sur leur itinéraire ou se mutilent le bout des doigts mais ce n'est pas forcément parce que leur demande est infondée, il arrive souvent qu'ils soient mal conseillés par les passeurs ou leur communauté", prévient William Spindler au HCR, à Paris.

Dans les faits, ces mesures existent déjà malgré tout. Le 3 novembre, le directeur général de l'Ofpra a fait parvenir une note à ses chefs de service pour leur demander de "rejeter" toutes les demandes d'asile des personnes qui se présenteraient avec le bout des doigts mutilés. De même, la notion de demande d'asile "frauduleuse" existe déjà dans le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda) - article 741-4 - et a été "précisée" dans la dernière loi immigration, votée le 16 juin, pointe Tahar Khalfoune, juriste à l'association Forum Réfugiés.

Raccourcissement des délais d'examen des dossiers. L'un des principaux objectifs des mesures annoncées par M. Guéant vendredi est de parvenir à un raccourcissement des délais d'examen des demandes d'asile. Aujourd'hui, ces délais sont environ de dix-neuf mois et le ministre souhaiterait les ramener à douze mois en 2012. "D'un point de vue strictement administratif, un mois de délai en moins c'est 15 millions d'euros économisés", souligne Gérard Sadik de la Cimade. Le budget global de l'asile est aujourd'hui d'environ 500 millions d'euros. Mais, interrogé sur les économies éventuelles que sa "réforme" du droit d'asile pourrait apporter, M. Guéant a indiqué, vendredi, que les objectifs n'étaient pas "chiffrés".

Ce qui embouteille le dispositif national d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile, d'après M. Sadik, c'est en réalité "le manque d'agents de l'Ofpra et de la CNDA" ainsi que le nombre croissant de migrants placés en "procédure prioritaire". La demande de ces derniers tend à passer devant les autres et donc à retarder l'examen de leur dossier, assure le juriste.

Reste la saturation des centres d'hébergement pour demandeurs d'asile (CADA). 38% seulement des demandeurs d'asile y ont accès du fait du manque de places. M. Guéant a du coup annoncé vouloir "décentraliser" les demandes d'asile, essentiellement concentrées en Île-de-France. Une réforme déjà initiée depuis plusieurs mois et qui fonctionne mal. A Paris, comme à Limoge, Montauban ou Guéret, tous les CADA et toutes les structures d'urgence tournent déjà à plein.

Elise Vincent dans le Monde

Réfugiés : un constat accablant

Caritas et la Croix-Rouge gèrent dans l'urgence les arrivées des réfugiés et s'inquiètent d'une situation qui empire. Pétange en est le dernier exemple.

Même si c'est le gouvernement qui gère les conteneurs de Pétange, les deux associations connaissent le problème sur le bout des doigts et insistent pour que soit enfin menée au Luxembourg une gestion durable du problème du logement des demandeurs d'asile.

Les conditions de vie terribles des Roms réfugiés à Pétange que nous avons soulignées dans Le Quotidien de vendredi n'est que le dernier maillon d'une chaîne. Celui sur lequel se répercute tous les dysfonctionnements de l'administration en amont. C'est ce qui ressort des constats effectués par Yves Schmidt (Caritas) et Nadine Conrady (Croix-Rouge), tous deux spécialistes de la question de l'accueil des demandeurs d'asile.

«Il faut compter en moyenne une centaine d'arrivants par semaine», annonce Nadine Conrady. Problème: les structures d'accueil sont complètement saturées. La place manque, au point que l'on tombe dans l'absurde: «Nous avons des conteneurs qui sont bien équipés, mais on ne peut pas s'en servir parce que l'on n'a pas de terrains où les mettre», précise-t-elle.

C'est le sens de l'appel commun de la ministre de la Famille, Marie-José Jacobs (qui gère les logements pour les demandeurs d'asile), et des organisations comme la Croix-Rouge et Caritas, il y a quelques semaines déjà. Depuis, pas grand-chose n'a bougé. «Le gouvernement aurait pourtant le droit de réquisitionner des locaux ou des terrains, mais il ne le fait pas. Pourquoi?», questionne Yves Schmidt. «Dans ce dossier, tout le monde a l'air plus frileux que l'hiver...», regrette-t-il.

«On touche à la dignité des personnes»

La Croix-Rouge possède trois centres permanents et un provisoire, qui sont tous complets. Caritas aussi fait le maximum : «Notre centre de 50 places est plein et nous avons réquisitionné un autre de nos bâtiments pour y installer des familles. Nous sommes prêts à installer des conteneurs dans notre cour, mais il faudrait maintenir trouver une solution durable. Les arrivées de demandeurs d'asile ne s'arrêteront pas demain», relève Yves Schmidt.

Actuellement, des bases de scouts (comme à Liefrange) et des centres de vacances sont occupés par les réfugiés. «Ce ne sont que des solutions à court terme qui camouflent plus qu'elles ne résolvent le problème», selon Yves Schmidt.

Au foyer de premier accueil de la Croix-Rouge Don Bosco, à Luxembourg, par où passent tous les nouveaux venus, on sature: «Nous avons logé jusqu'à 290 personnes, alors que nous n'avons que 150places... On ne peut pas faire plus. Nous avons atteint nos limites au niveau de l'hébergement, de l'accueil et de l'encadrement.»

Et malgré ce taux d'occupation au- delà du raisonnable, nombreux sont ceux qui, à Pétange, regrettaient d'avoir été envoyés dans le Sud... «Si on pense qu'en accueillant mal les gens, ça les fera repartir, on touche le problème de la dignité de la personne et là, c'est très grave», s'indigne Yves Schmidt.

Ce qu'il espère, c'est que des travailleurs sociaux pourront accompagner davantage les demandeurs d'asile perdus dans un environnement inconnu. Ce serait d'autant plus indispensable que le taux d'illettrisme est important chez les Roms. «Si un de nos éducateurs veut passer, il faut qu'il demande l'autorisation au ministère puisque les gardes des sociétés privées, qui sont payés par le gouvernement, ont pour consigne de ne pas laisser entrer de personnes extérieures.»

Ces deux acteurs de l'accueil d'urgence des réfugiés pointent le même problème essentiel: le gouvernement est dans la réaction, pas dans l'action. Et à force d'user de mesures provisoires, on repousse le seuil critique sans amener de véritables réponses à un problème national.

Erwan Nonet dans le Quotidien (Luxembourg)

vendredi, 25 novembre 2011

Guatemala: Tecun Uman, antichambre du cauchemar mexicain pour les clandestins

Au moment où le crépuscule vient obscurcir les artères poussiéreuses du village guatémaltèque de Tecun Uman, Javier Castillo, un Salvadorien de 17 ans, se prépare discrètement à passer la frontière mexicaine pour poursuivre son périlleux voyage vers l'eldorado américain.

tecun uman

"Plusieurs membres de ma famille se trouvent aux Etats-Unis, ils m'ont aidé à financer le voyage. Maintenant, vu comme les choses se présentent, ça risque ne ne pas être évident d'y arriver", admet Javier, lucide quant aux multiples périls qui le guettent. Sur la rive du large fleuve Suchiate, qui marque la frontière entre les deux pays, les contrebandiers locaux facturent 10 quetzals (environ un euro) la traversée sur des barques de fortune faites de pneumatiques et de troncs d'arbre. Les "capitaines" consentent souvent à surcharger leurs embarcations pour limiter les voyages et augmenter leur bénéfice, s'exposant à un chavirage et au comité d'accueil de douaniers mexicains peu scrupuleux mais gourmands sur le rivage d'en face, à Ciudad Hidalgo.

Mais cette traversée n'est qu'un avant-goût des dangers à venir pour les quelque 140.000 clandestins qui tentent chaque année de gagner la frontière mexico-américaine, selon les estimations des autorités de Mexico. Parmi ces aventuriers, un sur sept tombe aux mains du crime organisé, affirme la Commission nationale mexicaine des droits de l'Homme. Au début, les cartels mexicains se contentaient de dépouiller les clandestins, mais plus récemment, les "narcos" ont trouvé le moyen d'obtenir des rançons de milliers de dollars auprès des familles des clandestins résidant aux Etats-Unis, ou à transformer leurs proies en "mules" pour convoyer de la drogue. D'autres encore moins chanceux sont vendus comme esclaves, les femmes étant en général forcées à se prostituer les hommes à travailler dans les champs. Il peut aussi arriver que certaines organisations, comme le cartel des "Zetas" aillent jusqu'à exécuter ceux qui refusent de rejoindre leurs rangs.

Si Javier ne tombe pas dans leurs mailles, ce seront probablement des propriétaires terriens sans scrupules ou des policiers corrompus qui se chargeront de les détrousser avant - au mieux - de les livrer aux autorités qui les expulseront. Aussi, avant d'entamer ce long périple à travers le Mexique, nombre d'entre eux reprennent leur souffle à Tecun Uman, un village chaud et humide d'apparence tranquille, qui porte le nom d'un héros national maya tué par les Espagnols au XVIe siècle.

Mais cette bourgade du nord-ouest du Guatemala recèle aussi de nombreuses menaces, car ces migrants sont mal vus par la population et se voient déjà exposés au crime organisé mexicain, dont les ramifications s'étendent dans toute l'Amérique centrale. "Tecun Uman est un petit village mais aussi un enfer. Ici les sans-papiers souffrent d'humiliations, sont attaqués, maltraités, frappés...", affirme à l'AFP le père Ademar Barilli, qui dirige un refuge pour clandestins ayant déjà abrité, depuis 1994, plusieurs dizaines de milliers d'entre eux, principalement des Salvadoriens et Honduriens.

Les "droits humains fondamentaux sont bafoués comme jamais et aucun responsable ne prend cette situation au sérieux. Une grand permissivité règne, c'est lamentable!", affirme le père Barilli, qui a déjà reçu plusieurs menaces d'organisations qui exploitent les clandestins. Son refuge représente une forme de havre de paix pour Edmundo Lopez, un Hondurien qui tente l'aventure pour la troisième fois... à l'âge de 65 ans. Pour lui, c'est "la nécessité (qui l')oblige à s'aventurer à tenter d'atteindre les Etats-Unis", faute de perspectives dans son pays frappé par la pauvreté et le chômage. "Les risques existent partout, et je ne crains pas qu'il m'arrive quoi que ce soit de grave au Mexique", assure celui qui vient du pays au taux d'homicide le plus élevé au monde. Cette nuit, Javier et Edmundo tenteront l'aventure ensemble, loin de l'oasis du père Barilli.

AFP

Nouvelle structure d'accueil pour demandeurs d'asile en Valais

Une structure d'accueil pour requérants d'asile sera ouverte dès jeudi en Valais à Vernamiège en remplacement de celle des Collons. La commune du Mont-Noble, dont fait partie Vernamiège, est déçue d'avoir été mise devant le fait accompli et cela dans un délai très court.

Le centre de Vernamiège accueillera environ 60 personnes (principalement des familles) qui auront préalablement été hébergées dans un foyer de premier accueil. "Une école est prévue sur place pour les enfants mais ils ne seront pas intégrés au centre scolaire de Nax", a précisé le président de la commune du Mont-Noble.

"Le bâtiment qui servira de centre d'accueil pour requérants est utilisé en qualité de colonie. On devra donc contacter tous les groupes qui ont réservé pour la saison de ski", a-t-il ajouté.

Moins qu'en 2009

Le nombre de candidats à l'asile attribués par la Confédération ne cesse d'augmenter, a indiqué l'Etat du Valais. A mi-novembre, leur nombre s'élevait en Valais à 1684, contre 1540 pour la même période de 2010, soit une hausse de 9%. Ces chiffres restent toutefois inférieurs à ceux des années 2008 (1768) et 2009 (1706).

Le Département valaisan de la sécurité, des affaires sociales et de l'intégration recherche un autre lieu d'accueil pour les célibataires. La Confédération attribue au Valais 3,9% des requérants d'asile qui sortent des centres fédéraux d'enregistrement et de procédure.

ATS

Auschwitz: le cliché douteux d'un prof vaudois suscite la polémique

Un enseignant vaudois publie sur son mur Facebook un cliché où il pose tout sourire devant l’entrée de l’ancien camp de concentration, en brandissant un paquet de «nasi goreng».

bernard junod

Tout le monde ne partage pas le même humour. Et certaines blagues desservent parfois leur auteur. Bernard Junod, professeur dans le canton de Vaud, a jugé amusant de se faire photographier devant le tragiquement célèbre «Arbeit macht  frei» d’Auschwitz, un paquet de «nasi goreng» à la main, ont révélé hier les sites du Matin.ch et du Temps.ch.

Le jeune homme, également politicien au sein du Mouvement Citoyens Vaudois, a effectué son «gag», alors qu’il participait mercredi à une visite de formation organisée chaque année par la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD). La découverte d’Auschwitz se faisait en compagnie de 120 enseignants et 60 élèves,

Pointé du doigt par la CICAD, Bernard Junod a présenté ses excuses hier, notamment via son mur Facebook. Et en cas de nécessité, il affirme être prêt à prendre la plume pour demander pardon.

Mais le trentenaire devra aussi se justifier auprès du directeur général de l’Enseignement obligatoire vaudois, Alain Bouquet, qui affirme vouloir ouvrir une procédure contre lui. Celui-ci risque, dans le pire des cas, le licenciement.

L’enseignant, explique dans le Matin.ch qu’il s’agissait «d’une grosse déconnade» et qu’il «n’y avait aucune volonté de profaner quoi que ce soit.» Il justifie l’innocence de son geste, en affirmant avoir une grand-mère juive et en insistant sur le fait qu’il n’a rien contre le peuple juif. Reste que le peu subtil jeu de mot sauce «nasi goreng» peut laisser pour certains un goût amer.

24 Heures

jeudi, 24 novembre 2011

Des migrants afghans se résignent à rentrer chez eux

Près de 650 Afghans ont choisi d’accepter un dispositif de retour volontaire dans leur pays proposé par les autorités françaises.

L’Angleterre presque hors d’atteinte depuis la fermeture de la « jungle » de Calais voilà deux ans, l’asile de plus en plus difficile à obtenir : les migrants afghans n’ont plus d’autre choix que d’accepter le « retour volontaire » dans leur pays, assorti il est vrai d’un petit pécule. L’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), chargé d’organiser les rapatriements, verse en effet une « aide au retour » de 2.000 € par adulte et finance le voyage de tous ceux qui optent pour cette solution. En outre, « dans le prolongement de l’évacuation de la “jungle” de Calais, des projets de réinsertion (jusqu’à 7.000 € pour la création d’une activité économique, NDLR) ont été financés au bénéfice d’Afghans en Afghanistan », a indiqué l’Ofii. Il faut dire que malgré la situation dans leur pays, considéré par la France comme étant « en crise » et non « en guerre », les Afghans ont de « faibles chances » d’obtenir la protection dans l’Hexagone, hormis les mineurs non accompagnés qui ne peuvent pas être renvoyés.

L’ombre des talibans

« Les Afghans ne correspondent pas à la population classique des demandeurs d’asile comme les Tchétchènes, qui viennent en famille. Ils sont jeunes, ils viennent pour travailler. Ce sont des migrants économiques », selon l’Ofii. Mais, répondent France terre d’asile et Emmaüs dans une étude mise en ligne mercredi, « la présence de considérations économiques n’exclut pas a priori celle de motifs de persécution de nature conventionnelle et/ou relative à une situation personnelle d’insécurité généralisée en contexte de crise ou de guerre ». Selon l’Office français pour les réfugiés et apatrides (Ofpra), « la demande afghane invoque de plus en plus fréquemment l’obligation faite aux hommes de se rallier aux forces des talibans, et le risque découlant du soutien – réel ou imputé – aux autorités dans les zones contrôlées par ceux-ci ». L’année dernière, l’Ofpra a enregistré 735 demandes de statut de réfugié de la part de ressortissants afghans, dont 242 ont reçu une suite favorable.

France Soir

La Suède, première destination des demandeurs d’asile des Balkans

La Suède est le pays recensant le plus de demandes d’asile provenant des pays des Balkans. C’est ce que rapporte l’agence d’information INA.

Selon les données de la Commission européenne, la Suède a reçu un nombre important de demandes d’asile en 20010, première année du régime de libéralisation des visas. La plupart venait de Serbie, du Kosovo et de Macédoine. Après la Suède viennent l’Allemagne, avec 6 500 demandes, et la France avec 5 800. Par rapport à la première année de mise en application du régime de libéralisation des visas, les demandes sont moins nombreuses cette année. La Macédoine, quant à elle, a adopté certaines mesures afin d’éviter une utilisation abusive de cette mesure de libéralisation.

albinfo.ch

mercredi, 23 novembre 2011

La parole aux aumôniers

Dans le film «Vol spécial», les aumôniers sont un peu oubliés. Pourtant, il jouent un rôle essentiel auprès des requérants d'asile.

Depuis quatre ans, Anne-Madeleine Reinmann se partage entre l'Aumônerie genevoise œcuménique auprès des requérants d'asile et des réfugiés (AGORA), l'accueil œcuménique de l'aéroport de Genève et des visites aux détenus du centre de détention administrative de Frambois. Un travail difficile tant les situations des détenus sont parfois dramatiques.

Dans son documentaire «Vol spécial», le réalisateur Fernand Melgar montre le quotidien du personnel de Frambois et des étrangers en situation irrégulière, mais n'aborde pas celui des aumôniers. «Chaque semaine, nous passons beaucoup de temps à écouter les détenus. Nous avons quelquefois des discussions profondes alors que, d'autre fois, ils ont juste besoin de dire leur ras-le-bol», explique Anne-Madeleine Reinmann.

Ecouter et mettre en contact

Les aumôniers sont, avant tout, à l'écoute des requérants d'asile, que ce soit à Frambois ou à l'aéroport: «Nous répondons à leurs besoins en leur achetant par exemple une carte téléphonique. Nous les mettons souvent en contact avec d'autres organismes, comme l'association ELISA-asile, avec laquelle nous collaborons beaucoup. Elle leur apporte une aide juridique en leur expliquant comment présenter leur situation», précise l'aumônier.

La demande pour un accompagnement spirituel est forte, relève Anne-Madeleine Reinmann: «La plupart ont un grand besoin de vivre leur foi. J'achète des bibles à leur demande. Ce n'est pas toujours facile selon leur langue! J'en cherchais une en tigrigna. J'ai contacté un prêtre arrivé comme requérant il y a trois ans. Il a réussi à en faire venir une directement d'Erythrée, que j'ai pu offrir au requérant. Des détenus comparent leur histoire personnelle avec celle de personnages bibliques.»

L'aumônier s'adapte aux besoins de chacun: «Je prie pour ceux qui le souhaitent et avec ceux qui en font la demande. Ils me disent que c'est précieux. Nous prions ensemble lors de cultes ou en petit comité, ce qui correspond mieux à leur spiritualité. Les musulmans sont ouverts sur le fait que je sois une femme et chrétienne. Cela n'a jamais posé de problème.»

Son travail d'aumônier n'est pas toujours facile à vivre. «C'est gratifiant mais il faut aussi pas mal d'humilité. Cela m'inquiète beaucoup de ne pas savoir ce qui arrive aux personnes expulsées, parfois volées voire emprisonnées dès leur arrivée. Quelquefois, le sentiment d'impuissance est insupportable. Il faut vivre avec le fait de ne rien pouvoir faire d'autre qu'offrir un accompagnement qui les aide à tenir le coup. Ma foi est importante, tout autant que le fait de la partager», conclut Anne-Madeleine Reinmann.

Bonne Nouvelle