samedi, février 06, 2010

Israël/Egypte : 2 migrants abattus

La police égyptienne a abattu deux migrants près de la frontière avec Israël, portant à cinq le nombre d'Africains tués à la frontière cette année, a indiqué aujourd'hui un responsable des services de sécurité.

La police a ouvert le feu et tué deux migrants africains dans deux incidents séparés à la frontière hier soir et ce matin après qu'ils eurent refusé d'obtempérer quand il leur a été demandé de s'arrêter, a-t-il dit. La nationalité du migrant tué hier n'était pas connue dans l'immédiat. Un autre a été blessé par les tirs et évacué vers un hopital. Le migrant tué aujourd'hui était un Erythréen.

La frontière égypto-israélienne est empruntée par de nombreux clandestins, demandeurs d'asile et trafiquants de drogue. L'Etat hébreu critique l'Egypte pour son manque de contrôle, alors que la police égyptienne ouvre régulièrement le feu sur des migrants africains tentant de se rendre en Israël. Dix-neuf migrants ont été tués en 2009.

AFP

vendredi, février 05, 2010

Demandeurs d'asile : le cri d'alarme des associations

Le préfet a annoncé la semaine dernière que le flux des arrivées baissait. Paradoxe : les associations caritatives ont de plus en plus de mal à assurer l'accueil.
« C'est un véritable SOS que je lance à Angers. » Pierre Verger était presque gêné quand il a poussé la porte de la rédaction d'Angers. Le responsable de Notre-Dame-de-l'Accueil voulait passer une petite annonce. « On est au bout du rouleau. » Pierre Verger n'est pas le seul. Au Secours populaire, on avait déjà tiré la sonnette d'alarme début décembre. Les bénévoles s'épuisent, dépassés par l'ampleur de leur tâche. L'afflux des demandeurs d'asile pèse lourdement sur le fonctionnement des associations caritatives.

Le conseil général refuse une aide exceptionnelle

Il faut bien nourrir ces Soudanais, Somaliens, Érythréens... qui fuient leur pays et se réfugient en France. Les Restos du coeur, le Secours populaire, Notre-Dame-de-l'Accueil et d'autres s'en chargent. « On comble une carence, constate Jean-Pierre Mériel, responsable des Restos du coeur à Angers. Cela relève de l'État. »

« Les conséquences sont énormes », s'inquiète Stéphane Lepage, le responsable du Secours populaire angevin. En décembre, il avait donné l'alerte. L'association avait assez de dons alimentaires ; mais pas assez d'argent. La Ville d'Angers a donné 10 000 € de subvention exceptionnelle, doublant ainsi la subvention qu'elle donne chaque année au Secours populaire local. La préfecture n'a pas répondu à l'appel au secours de l'association. La Ddass, la direction départementale des affaires sanitaires et sociales, est restée également muette. Le conseil général a répondu... hier. « La commission solidarité a émis un avis défavorable sur votre demande exceptionnelle », écrit Christian Gillet, vice-président en charge du développement social. Seuls 5 000 € sont débloqués pour des actions bien précises. Stéphane Lepage s'indigne. « On fait le travail des pouvoirs publics et on a très peu de réactions ou de soutiens. Alors qu'on est toujours dans une situation critique. »

Une situation à tensions

Il n'y a pas que l'aspect financier ; il y a l'aspect humain. « On est dépassé par l'accueil, soupire Pierre Verger. Nos 35 bénévoles ne peuvent plus assurer ce service dans de bonnes conditions. » À Notre-Dame-de-l'Accueil, rue du Pré-Pigeon, on offre chaque jour un repas aux sans-abris. Une entrée, un plat chaud, un dessert et un café. « On les sert à table, comme au restaurant, en échange d'un euro symbolique. Qu'ils donnent ou pas... » S'ajoutent des tensions. « Il y avait tellement de monde à l'entrée du Secours populaire que j'ai dû donner des numéros à chacun, soupire Stéphane Lepage. Je n'aurais jamais pensé en arriver là. » En début de semaine, le préfet l'a annoncé : le flux des demandeurs d'asile à Angers semble diminuer. « On en a peut-être inscrit un peu moins en janvier », dit Jean-Pierre Mériel, le responsable des Restos où cet hiver, on accueille déjà 16 % de bénéficiaires de plus que la saison passée. « Demandeurs d'asile ou non, il y a 1 100 familles qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins essentiels. »

Marianne Deumié et Arnaud Wajdzik dans Ouest-France

jeudi, février 04, 2010

Les deux Ouïgours accueillis grâce à UBS ?

Le Jura hébergera deux détenus de Guantánamo. Au risque de fâcher la Chine, le Conseil fédéral honorera sa promesse à Obama. Pour aider à sauver la banque?

La ministre de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf invoque la tradition humanitaire de la Suisse. Mais c’est bien plutôt à UBS que les deux frères ouïgours (Chinois musulmans et turcophones) détenus depuis huit ans à Guantánamo doivent leur prochaine admission dans le Jura. Hier, le Conseil fédéral a tranché en leur faveur, après une longue pesée d’intérêts entre la promesse faite au président des Etats-Unis, Barack Obama, de l’aider à vider une prison violant le droit international et l’envie de ménager la Chine, avec qui la Suisse rêve d’entamer des négociations en vue d’un accord de libre-échange.

A Berne, des voix concordantes font le lien entre la décision du Conseil fédéral et l’affaire UBS. Après que le Tribunal administratif fédéral a stoppé la livraison au fisc américain des noms de clients de la banque soupçonnés de fraude fiscale, Berne va en effet devoir reprendre les discussions avec Washington. Revenir sur l’engagement pris envers les Américains aurait compliqué sa tâche, qui s’annonce déjà ardue. «Formellement, nous ne sommes convenus d’aucune contrepartie», précise Eveline Widmer-Schlumpf, tout en admettant dans un léger sourire que «nous avons effectivement beaucoup de discussions avec les Etats-Unis.»

La Chine proteste
«Mais notre décision n’est pas pour ou contre un Etat», insiste encore la conseillère fédérale. Ces précautions oratoires n’ont pas calmé la colère de la Chine, qui s’est dite «résolument contre la décision du Conseil fédéral parce qu’elle ne correspond pas aux intérêts fondamentaux des deux pays», comme déclaré à l’ATS par un porte-parole de son ambassade à Berne. Protestations de pure forme ou sérieuse menace de rétorsion? «Economiquement, le Conseil fédéral a commis une erreur, déplore le conseiller national Yvan Perrin (UDC/NE), car notre avenir se trouve en Asie.»

Celui des deux Ouïgours, lui, est dans le Jura, où ils devraient arriver dans quelques semaines. «Notre canton peut être fier d’une décision qui marque sa volonté d’ouverture», se félicite le ministre Charles Juillard. Pour Eveline Widmer-Schlumpf, le dossier Guantánamo est désormais politiquement clos après l’admission des deux Ouïgours et d’un Ouzbek qui vit à Genève.

24 Heures

Quand les socialistes ont peur des Roms

La campagne des élections communales de 2011 est lancée. Jusqu’ici, ses prémices se limitaient à des spéculations sur des candidatures.

Désormais, les partis politiques lausannois ont visiblement trouvé leur nouveau thème de campagne et se lâchent tous azimuts sur la question de la mendicité et des Roms. Volens nolens, l’ensemble de l’échiquier politique bascule gentiment mais sûrement sur le terrain de l’UDC. Une raison suffisante pour son ténor Claude-Alain Voiblet d’afficher le sourire. Éditorial de Daniel Abimi, rédiacteur en chef régional pour 24 Heures

Hormis les popistes qui veulent en savoir plus avant de se prononcer sur un thème susceptible de mettre leur municipal de la Police en difficulté, chacun y va de sa recette.

Sans surprise, l’UDC milite en faveur d’une interdiction pure et simple de la mendicité. Comme d’habitude, le centre-droite lui emboîte le pas, à quelques cautèles près. Plus étonnant, les Verts s’associent à cette démarche, qui comprend toute une série de mesures sociales à étudier – histoire de faire passer une éventuelle mise au ban des Roms sous un vernis acceptable.

Mais la recette la plus piquante reste celle de la rose. Les socialistes, champions autoproclamés de la solidarité, proposent… d’amender ceux qui donnent de l’argent aux enfants! Et proposent d’autre part que Lausanne participe au développement du tissu économique des Roms dans leur pays d’origine. Une contradiction interne doublée d’une proposition absurde.

La vérité, c’est que les socialistes n’osent pas dire qu’ils sont contre toute forme d’interdiction. Et qu’ils ont surtout peur de le dire, une année avant les élections.

A chacun sa solution pour réguler la mendicité | 24 heures

De gauche à droite, les élus lausannois se déchirent autour des Roms et de l’aumône. Le directeur de la Police, Marc Vuilleumier, a pour sa part demandé une réunion avec le Conseil d’Etat. Un article de Gérald Cordonier dans 24 Heures.



© PATRICK MARTIN | ​Une trentaine de mendiants roumains viennent quotidiennement faire la manche à Lausanne. Ce phénomène s’est accentué depuis le 1er juin 2009 et l’entrée en vigueur des accords de libre circulation des citoyens européens. La présence d’enfants choque la population.

Certains rêvent de voir les rues lausannoises vidées des nécessiteux aux bras tendus. D’autres accepteraient d’interdire la mendicité moyennant un accompagnement de mesures sociales supplémentaires. Mais d’autres encore refusent de limiter la manche et réclament, plutôt, des actions locales dirigées contre les passants généreux.

Après le trafic de cocaïne, les agressions nocturnes et les incivilités urbaines, c’est la présence de mendiants roumains qui divise les conseillers communaux lausannois. Jusqu’à faire éclater les consensus et alliances politiques bien établis. Lors de la première séance de commission agendée pour étudier une possible interdiction de la mendicité dans la capitale vaudoise – une proposition UDC –, les bonnes ententes ont franchement éclaté. A tel point que trois nouveaux postulats ont atterri, ces derniers jours, au bureau du Conseil communal.

L’UDC Claude-Alain JustifierVoiblet reste fermement convaincu qu’il faut prohiber la mendicité. «Laisser des personnes fragilisées et dans un état sanitaire préoccupant dans la rue n’a strictement rien d’humaniste», avance-t-il pour justifier son point de vue. Un rigorisme loin de plaire aux autres formations lausannoises. Verts, socialistes, PDC et Libéraux-radicaux ont refusé le postulat UDC, le 21 janvier dernier. Pas question, pour eux, d’encourager une interdiction pure et simple!

Unis sur le fond, les partis se sont pourtant ensuite divisés. Les Verts ont réussi à obtenir le soutien du centre-droite pour réclamer une étude fouillée sur toutes les alternatives envisageables, interdiction comprise. Mais, clairement opposés à toute prohibition, les socialistes ont préféré faire cavaliers seuls. De quoi annoncer de futurs débats très houleux dans les mois à venir. Et faire sourire la gauche de la gauche, qui se refuse d’entrer dans la danse: «L’UDC éternue une solution simpliste, humainement difficilement applicable, stigmatisante (…) et tout le monde court derrière», se gausse Alain Hubler, chef de groupe d’A Gauche toute!

Une action concertée
A l’exécutif, le municipal de la Police, Marc Vuilleumier, reste, lui, indifférent au jeu politique des partis. «Sans une action concertée entre la ville et le canton, nous ne trouverons jamais de solution, rappelle le popiste. Car la mendicité n’est pas uniquement un problème de police mais d’abord social ou lié à la libre circulation. Les compétences sont donc autant communales que cantonales ou fédérales.» Désireux de faire avancer le dossier, le directeur de la Sécurité publique a demandé une rencontre rapide avec le Conseil d’Etat.

Vies de sans-papiers

L'exposition "Exil, Exit? Vivre sans-papiers en Europe", sur les conditions de vie et d'accès aux soins des migrants, débute à Paris. Le photographe Olivier Jobard, qui a parcouru la France et l'Europe pour ses témoignages, raconte son expérience.

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Voir un portfolio du travail d'Olivier Jobard