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mercredi 10 novembre 2010

Tragédie reconnue après seize ans

Révérien Rurangwa, miraculé du génocide rwandais, obtient enfin un permis B humanitaire.

La nouvelle s'est répandue hier comme une traînée de poudre parmi les défenseurs des migrants. Révérien Rurangwa, qui réside à Neuchâtel, peut enfin bénéficier d'un permis B humanitaire. Ce miraculé du génocide rwandais de 1994 voit ainsi s'achever un long combat pour que l'administration fédérale lui procure un droit de séjour durable et lui redonne sa liberté de mouvement. Tout le monde se réjouit de l'issue de cette affaire. En particulier le conseiller aux Etats neuchâtelois Didier Berberat, qui constate que l'Office fédéral des migrations a attendu l'échéance légale de cinq ans de séjour pour octroyer le permis. En l'espèce, ce formalisme a tout de même fait traîner les choses un peu trop longtemps, a estimé le parlementaire socialiste sur les ondes de la radio neuchâteloise.

Michel Gakuba, président de l'association Ibuka Suisse, qui aide les survivants du génocide rwandais, est aussi heureux pour son compatriote. «Mieux vaut tard que jamais, indique-t-il. Nous sommes encore intervenus en faveur de Révérien en avril dernier, à l'occasion du 16e anniversaire du génocide. Cette procédure était la seule possible, vu que sa demande d'asile risquait d'être rejetée faute d'éléments suffisants. Vous savez, Révérien était condamné à vivre dans une situation de quasi-clandestinité. Il devait toujours recourir à un tiers, ne serait-ce que pour téléphoner.»

Avril 1994: comme les autres Tutsis, Révérien Rurangwa, alors âgé de 15 ans, est victime de la pire vague de massacres qu'ait connu le Rwanda. Il perd 43 membres de sa famille et doit son salut personnel à l'organisation Sentinelles pour être évacué, d'abord à Bruxelles, puis en Suisse où il dépose une première demande d'asile. Il n'arrive pas indemne: les massacres lui ont fait perdre un bras et un oeil, et son corps est aujourd'hui couturé de cicatrices. Il aboutit à La Vue-des-Alpes, où un hôtelier le prend sous son aile. Révérien Rurangwa retourne au Rwanda deux ans plus tard, mais fuit à nouveau son pays sous la menace de ses anciens tortionnaires qu'il a dénoncés. De retour en Suisse en 2000, il y dépose une nouvelle demande d'asile, rejetée en 2006. Il publie la même année un livre, Génocidé, où il raconte son histoire poignante. Ce qui lui vaut une très grande célébrité. Deux chaînes françaises de télévision l'invitent sur leur plateau littéraire, et les membres neuchâtelois du parlement, tous partis confondus, se mobilisent aux côtés de son avocate et de nombreux amis. Le statut de Révérien Rurangwa était alors particulier. Au bénéfice d'une admission provisoire, il ne risquait pas d'être renvoyé tant qu'il était en procédure. Il était par contre astreint à rester en Suisse, ne pouvant ainsi pas honorer les nombreuses invitations que les médias étrangers lui adressaient. Le jeune Rwandais a toujours manifesté sa détermination à s'intégrer. Son nouveau permis lui redonne une liberté de mouvement et lui facilitera l'accès à une formation et à un emploi. Et cela réjouit particulièrement Michel Gakuba.

Philippe Chopard dans le Courrier

mardi 9 novembre 2010

Révérien Rurangwa: enfin un permis humanitaire

Révérien Rurangwa peut rester en Suisse. Il a reçu de la Berne fédérale son permis B humanitaire, attendu depuis plusieurs années.

Révérien Rurangwa. Photo David Marchon

En 2008, la Confédération avait pourtant émis un préavis défavorable à sa demande. Le Rwandais était jusqu’à présent au bénéfice d’une admission provisoire.

Son sort avait fortement ému la population à la sortie de son livre-témoignage, Génocidé, en 2006. Un large mouvement de soutien s’était créé pour soutenir Révérien Rurangwa.

sma et RTN


Formidable nouvelle pour le réfugié rwandais Révérien Rurangwa qui a appris par lettre recommandée, hier, qu'un permis humanitaire lui avait enfin été accordé par les autorités suisses.

Rescapé du terrible génocide perpétré par les Hutus contre les Tutsis en 1994 alors qu'il avait 15 ans, le jeune homme avait été sauvé par l'association Sentinelle qui l'avait rapatrié en Suisse.

Son sort avait fortement ému la population à la sortie de son livre-témoignage, «Génocidé», en 2006. Invité par les médias suisses et français, le jeune homme, alors sous les feux des projecteurs, avait été assuré du soutien de nombreux politiciens neuchâtelois, tous partis confondus. Mais, cinq ans plus tard, (réd: le 10 avril 2010), il confiait à «L'Impartial» son désarroi face à une situation qui n'évoluait pas. Révérien Rurangwa s'exprimera sur le sujet dans nos colonnes dans une toute prochaine édition.

ARCinfo

samedi 10 avril 2010

Toujours pas de permis humanitaire pour Révérien Rurangwa

Quatre ans après la sortie de son livre témoignage «Génocidé», le battage médiatique et les bonnes intentions politiques qui ont suivi, le Rwandais Révérien Rurangwa n'a toujours pas obtenu l'asile en Suisse. Un article de Sylvie Balmer sur Arcinfo et dans l’Express/l’Impartial.

Révérien Rurangwa. Photo David Marchon En 2006, le public avait découvert l'horreur vécue par Révérien Rurangwa en 1994, date du génocide des Tutsis perpétré par les Hutus. Alors âgé de 15 ans, le jeune homme avait été laissé pour mort après que chacun des 43 membres de sa famille ait été découpé à la machette sous ses yeux.

A la sortie de son livre témoignage, «Génocidé», Révérien était invité par les médias, par Marc-Olivier Fogiel ou encore Franz-Olivier Giesbert sur les chaînes françaises. Des politiques neuchâtelois l'avaient alors assuré de leur soutien, via la presse écrite ou en direct de l'émission «Infrarouge» sur la TSR.

Las, quatre ans après ce battage médiatique, la situation de Révérien n'a toujours pas trouvé d'épilogue heureux. Dans le petit studio mis à sa disposition par les Services de l'immigration à Neuchâtel, le jeune homme vit avec le minimum vital accordé aux réfugiés, soit 480 fr. mensuels. «Je vis au jour le jour. Malgré les promesses, je crains toujours d'être expulsé. Je bénéficie d'un «permis F», soit un permis temporaire à renouveler tous les six mois. Cela signifie que la Suisse se réserve le droit de m'expulser à tout moment», confie-t-il.

Interrogé sur ce point, Serge Gamma, chef du Service des migrations à Neuchâtel, rappelle que l'Office fédéral des migrations à Berne (ODM) avait exigé, en 2006, pour entrer en matière une durée de séjour de cinq ans sur le sol helvétique. Si Révérien Rurangwa y est arrivé dès 1994, c'est la date de sa demande d'asile qui a été retenue, soit le 13 janvier 2005. «Aujourd'hui, ce laps de temps de cinq ans est arrivé à échéance. Nous avons donc, début mars, entrepris des démarches afin de représenter le dossier de Révérien Rurangwa à Berne. Il faut néanmoins savoir que l'Office fédéral des migrations exige que le requérant ait la volonté de s'insérer. Révérien Rurangwa y a été rendu attentif et a été invité à poursuivre ses études ou une formation professionnelle. Par ailleurs, les bénéficiaires d'un permis F peuvent travailler. De nombreuses personnes en ont fait l'expérience», déclare le fonctionnaire. Etudier, travailler, avoir une situation stable... Révérien en rêve. «Je cherche désespérément un travail d'employé de commerce. Mais avec un permis provisoire qui implique une autorisation de l'Etat, un bras et un œil en moins, je sais que je ne suis pas le candidat idéal...».

Régulièrement invité pour promouvoir son livre ou témoigner, Révérien doit renoncer à se déplacer à l'étranger, ses demandes de visas étant systématiquement rejetées. «L'ancien directeur de l'ODM, Eduard Gnesa, avait assuré que Révérien Rurangwa ne rencontrerait pas de difficulté pour se rendre à l'étranger», se souvient Serge Gamma. «Reste que son passeport rwandais doit être renouvelé, chose qu'il peut faire aisément. L'ODM ne peut délivrer de visa sans passeport ou tant qu'il n'est pas démontré que les autorités rwandaises se refusent à le délivrer.»

Un casse-tête insupportable pour le jeune homme. «Ce qui et nécessaire. c'est surtout un visa de retour! Mon passeport, comme celui de tous les demandeurs d'asile, est à Berne où on refuse de me le rendre! Les Services d'immigration m'avaient délivré une autorisation de sortie du territoire pour me rendre à Paris, en 2006... Alors pourquoi plus maintenant?» Une situation kafkaïenne. «Je ne sais plus quoi faire, les nerfs commencent à lâcher, j'aimerais, au minimum, que mon statut de victime soit reconnu...» /SYB

jeudi 14 février 2008

Le «génocidé» du Rwanda n'a-t-il pas assez souffert?


Révérien Rurangwa, qu'on avait fait venir en Suisse pour être soigné, vient de recevoir un préavis négatif à sa demande de permis humanitaire.


Malgré les promesses de l'Office fédéral des migrations (ODM).«Si mon client ne peut obtenir un permis humanitaire, alors je me demande qui peut encore l'obtenir!» tonne Valérie Schweingruber, qui défend Révérien Rurangwa.

Lire la suite dans Le Matin

dimanche 14 mai 2006

Permis B pour Révérien

Lire dans Le Matin

Emu jusqu'aux larmes, Révérien Rurangwa ne baisse pas la garde. Décidé à témoigner du génocide rwandais dont il a miraculeusement réchappé au contraire de toute sa famille, ce Tutsi réfugié à La Chaux-de-Fonds est visiblement éprouvé par la sortie de son livre choc, Génocidé, ses interventions dans les médias et la vague de soutien soulevée en Suisse à la suite du refus de sa demande d'asile. Depuis que «Le Matin» a confronté le conseiller national neuchâtelois Yvan Perrin, vice-président national de l'UDC, au cas désespéré de Révérien, son destin est aussi devenu une affaire politique.
Lire pourquoi Révérien souhaite toujours obtenir l'asile

Garantie de non-renvoi
Didier Berberat, le maire socialiste de La Chaux-de-Fonds, a décidé de prendre au mot son collègue de droite et il l'a invité à aller rencontrer avec lui les services de Christoph Blocher à Berne. Les deux députés ont pu parlementer mardi dernier avec Eduard Gnesa, directeur de l'Office fédéral des migrations. Il est resté inflexible sur l'asile, mais il a toutefois donné une garantie: «Révérien ne sera pas renvoyé au Rwanda jusqu'à ce que tombe la réponse à son recours contre le refus de sa demande d'asile, confie Didier Berberat. Comme il y a de fortes chances que la réponse reste négative, nous nous sommes engagés à demander au canton de Neuchâtel l'octroi d'un permis B. M. Gnesa nous a garanti que Berne facilitera une telle issue.»

Cet arrangement dérange le socialiste pour qui «la loi sur l'asile doit être appliquée plus humainement». Yvan Perrin, lui, se satisfait de la garantie de non-renvoi: «Il est clair que ce Tutsi aurait de grands risques de se faire agresser s'il retourne au Rwanda. Mais il ne remplit pas strictement les conditions du droit d'asile et il n'y a pas d'exception à faire parce qu'il a écrit un livre.» L'UDC limitera donc son soutien à l'obtention d'un permis B dans le canton de Neuchâtel. Une perspective qui laisse Révérien encore et toujours blessé de ce refus de reconnaître son vrai statut de victime.