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dimanche 14 août 2011

Obligées d’ôter leur foulard le jour de leur mariage

Mme Ben Ahmed Fatiha, 8e adjointe, en charge des questions environnementales au sein de la ville de Lyon, élue à la région Rhône-Alpes et membre du groupe Europe écologie les Verts, a célébré le 9 juin dernier le mariage d’un couple.

Coup de théâtre : la jeune mariée s’est vu refuser par l’élue en question la célébration de son mariage. La cause ? Le voile (le foulard pour être exact) qu’elle portait n’a visiblement pas été du goût de Mme Ben Ahmed Fatiha. Pourtant, il ne s’agissait pas d’un voile intégral (c’était juste un hijab) dans lequel son visage était parfaitement visible. Ecœurée, la jeune femme a fini par céder et retirer son hijab devant l’intransigeance de Mme Ben Ahmed. Néanmoins, la jeune mariée est, depuis, profondément blessée d’avoir vu le plus beau jour de sa vie gâché. Ce jour-là, une autre jeune mariée connaîtra la même mésaventure. En réaction à cette atteinte, les associations «La Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI)», «Cocktail du 9e» et «Peuples d’Ici et d’Ailleurs» ont dénoncé très fortement «l’attitude intolérable et inadmissible» de cette élue. Ne voulant pas en rester là, ces mêmes ONG ont sollicité des personnalités politiques de tous bords de prendre position contre cet acte antirépublicain et faire en sorte qu’une telle atteinte ne se reproduise pas. Plusieurs actions ont été engagées pour soutenir la jeune mariée.

A titre d’exemple, un rassemblement a eu lieu le 22 juin 2011 à 19h devant la mairie du 9e arrondissement de Lyon. L’événement a eu lieu au moment de la réunion du conseil municipal. Face à cela, des personnalités politiques ont tenté d’influencer l’opinion publique et de faire croire que ces dénonciations sont l’œuvre d’organisations islamistes «pro voile». Or, les structures desquelles elles (dénonciations) émanent («La Coordination contre le racisme et l’islamophobie», «Cocktail du  9e» et «Peuples d’Ici et d’Ailleurs») sont foncièrement laïques de par leurs buts et leurs objectifs.

A ce propos, l’on regrette que Mme Ben Ahmed ait bénéficié, particulièrement dans cette affaire, du soutien actif du préfet de région. «La Coordination contre le racisme et l’islamophobie dénonce le dérapage et le soutien inacceptables du préfet de la Région Rhône-Alpes, Monsieur Jean François Carenco, qui a envoyé une lettre de soutien le 27 juin 2011 à l’élue d’Europe Ecologie Les Verts de Lyon 9e, Madame Fatiha Ben Ahmed qui a exigé le dévoilement de deux citoyennes de confession musulmane le jour de leur mariage, en totale contradiction avec la loi (…)», s’indignent les animateurs de la CRI dans un communiqué rendu public quelques jours après le déroulement des faits.

Les associations Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), Cocktail du 9e et Peuples d’Ici et d’Ailleurs préviennent, dans un communiqué adressé hier à notre rédaction, qu’il continueront à lutter contre cette forme d’exclusion et qu’elles se mobiliseront à nouveau dès la rentrée pour reposer le problème de la mairie du 9e arrondissement de Lyon.

El Watan

vendredi 12 août 2011

Sur les plages albanaises, hijabs et bikinis se côtoient et s'observent

Sur la plage de Spillé, au sud-ouest de Tirana, la jeune fille au bikini suggestif peut observer, quelques mètres plus loin, la mère de famille musulmane traditionnelle, couverte de son hijab, se risquer dans l’eau, au milieu de ses enfants.

choc des cultures

Reflet d’un pays en pleine mutation, partagé entre ses aspirations européennes et le poids des traditions, la plage de Spillé est la seule d’Albanie où les musulmans intégristes se retrouvent à proximité de ces jeunes filles si dénudées à leurs yeux. Deux mondes qui s’observent, étrangers l’un à l’autre. "Certains pensent que montrer ses fesses est un signe de civilisation et une manifestation de liberté. Et protéger son corps des regards une expression de sous-développement", s’indigne Selim, qui vient régulièrement en famille sur cette plage publique, située à moins d’une centaine de kilomètres de Tirana. "L’islam n’interdit pas à la femme de se baigner, mais à condition qu’elle se couvre de manière décente, pour se protéger des regards et plaire seulement à Dieu", renchérit Fatima, qui sort de l’eau, les plis de son hijab collant au corps. Selim et ses amis, généralement au nombre de quelques dizaines, ont tout fait pour s’isoler dans un coin à Spillé, une plage encore vierge, mais manquant d’infrastructures. L’endroit est même désigné comme "la plage des burkas" par les locaux.

Un "ghetto" pour les pieux

Mais rien n’y fait. A quatre cents mètres de là, on aperçoit toujours les "bikinis" et leurs audaces. "Dans l’islam, il est interdit, même pour les hommes, de contempler les autres femmes", déclare Ermir Gjinishi, un jeune professeur en théologie. La solution pour lui, c’est de "créer un ghetto" pour les musulmans pieux avec des "plages pour les croyantes, séparées des hommes". "Ceux qui ont de l’argent vont en Turquie ou ailleurs. Mais ici, il n’y aucune intimité ou infrastructure pour les croyantes", maugrée Hassan. Chez les "bikinis", il y a foule ce jour-là. Le maillot deux pièces, qui peut parfois être coquin, fait fureur en Albanie, un pays qui a connu de nombreux bouleversements depuis la chute du régime communiste, au début des années 90. Celui-ci lui avait imposé pendant des décennies un isolement total du reste du monde. Mais il n’est pas question d’enlever le soutien-gorge en Albanie. Comme l’explique à sa façon Ilir Mosko, un policier de Durres: "Même s’il n’y a pas de règles écrites à ce sujet, c’est interdit". Des touristes étrangères s’étaient risquées l’année dernière à franchir le pas sur une plage albanaise. La police y avait mis bon ordre, après avoir reçu des plaintes de familles. La majorité des Albanais sont musulmans, relevant de la mouvance des bektachis, réputés pour leur libéralisme. Les femmes peuvent être têtes nues et la consommation d’alcool est courante. L’islam intégriste y est limité.

Rien à cacher: ni à Dieu, ni au soleil

Chez les jeunes filles en maillot de bain deux pièces, on ne prête guère d’attention aux silhouettes noires qui s’aventurent dans les vagues. "Une femme en hijab ou en burka sortant de l’eau est aussi sexy qu’une autre en bikini", estime Ariana, une étudiante en psychologie venue à Spillé avec son copain. "Je n’ai rien à cacher, ni à Dieu, ni au soleil", ajoute cette jeune fille blonde, en rajustant la bretelle de son maillot. Si du côté des "hijabs", on se montre sévère pour les "bikinis", chez ces derniers, c’est l’indifférence qui domine. Ariana, comme beaucoup de ses amis, ne jette même plus de regards vers leurs pudiques voisins. "Hijab, burka, bikini, la pudeur est une question beaucoup trop personnelle, tranche Arta. L’important est que chacun soit libre de choisir et d’accepter l’autre sans complexe".

AFP et 24 Heures

vendredi 20 mai 2011

Les Tessinois devraient voter sur l'interdiction du voile intégral

Plus de 11 600 signatures contre le port de la burqa et du niqab. Mais le texte déposé hier à Bellinzone évite d’évoquer ces termes.

Entourés d’une femme couverte d’un voile intégral et d’un homme au visage caché par un passe-montagne «pour donner un signal fort», les initiants affichaient hier un large sourire. Plus de 11 600 signatures, alors que 10 000 sont nécessaires: le pari est réussi. Les promoteurs de l’initiative contre le port de la burqa ont déposé les paraphes en matinée à Bellinzone, avec six jours d’avance sur l’échéance impartie par la loi. Ils estiment d’ores et déjà que leur initiative populaire a abouti et qu’elle conduira les citoyens tessinois aux urnes. Une première en Suisse.
Le texte défendu par le comité évite toute référence directe à la burqa ou au niqab. Il se contente d’évoquer une simple interdiction de se couvrir le visage dans les lieux publics. Une interdiction qui concernerait, le cas échéant, aussi bien des hooligans ou des manifestants dont les traits seraient volontairement dissimulés, entre autres exemples.
Mais les promoteurs de l’initiative ne s’en cachent pas, leur but est de contrer la montée de l’islam «à titre préventif». C’est aussi ce qu’ils rétorquent à leurs détracteurs, qui les accusent de se focaliser sur «un problème inexistant au Tessin», puisqu’il est rarissime de voir des femmes voilées dans les espaces publics au sud des Alpes.

«Un signal fort»

Les neufs membres du comité d’initiative, encouragés par le pas franchi par la France le mois dernier, ne voient pas les choses sous le même angle. Pour eux, il s’agit de donner un «signal fort», notamment aux autres cantons, dont ils espèrent qu’ils suivront l’exemple tessinois. Les promoteurs soulignent en passant que s’ils avaient disposé des ressources nécessaires, ils auraient lancé «une initiative populaire fédérale». Le groupe réunit à la fois des personnalités de gauche, de l’UDC, de la Lega et même l’ancienne «dame de fer» du Tessin, la libérale luganaise Marina Masoni, ex-ministre des Finances et de l’économie, qui marque ainsi son retour en politique après son éviction du gouvernement en 2007.
Le Parlement tessinois dispose de deux ans pour valider, rejeter ou opposer un contre-projet à l’initiative, puisque celle-ci entraînerait une modification de la Constitution cantonale. En cas d’approbation du texte par les citoyens tessinois, ce sera au tour des Chambres fédérales de se prononcer sur la compatibilité de la loi tessinoise avec la Constitution fédérale.

Nicole della Pietra dans le Courrier et la Liberté

vendredi 11 mars 2011

Une basketteuse musulmane de Lucerne poursuit sa fédération

basketteuse lucerne voileLes joueuses de basket musulmanes doivent pouvoir garder leur voile pour jouer les matchs de championnat. Une sportive lucernoise a engagé une procédure juridique dans ce but. Comme elle porte le voile, la basketteuse de 20 ans est interdite de match depuis près d'une année.

Son avocat, le conseiller national Daniel Vischer (Verts/ZH), a confirmé vendredi à l'ATS une information du "Tages Anzeiger" et du "Bund". La jeune fille se sent blessée dans sa personnalité par l'interdiction de porter le voile. Elle demande que la fédération modifie son règlement.

En automne 2009, la fédération avait interdit à la joueuse du STV Luzern de jouer avec un voile en ligue nationale B. La fédération argumente que le voile pose des problèmes pour la sécurité des joueuses. Cette décision se base par ailleurs sur les règles en vigueur sur le plan international.

Le tribunal de Luzern-Land a refusé de suspendre l'interdiction le temps que la question soit clarifiée juridiquement. Pour la justice, l'interdiction de porter le voile représente une limitation tolérable des droits de la personnalité.

Prochaine étape: une conciliation doit avoir lieu devant le juge de paix de Kriens (LU). Sans entente, l'affaire passera devant un tribunal, qui devra trancher.

ATS

mercredi 2 mars 2011

«Le foulard à la mosquée, un signe de respect»

Le foulard que portait Marlène Bérard, candidate à la Municipalité de Lausanne, lors d’une célébration à la mosquée, fait toujours jaser. Des religieux commentent.

U ne histoire de foulard – et non de voile comme il a été dit – met en émoi la classe politique lausannoise en pleine campagne électorale. Evoquée par La Liberté puis par Le Matin Dimanche , la tête couverte de Marlène Bérard, candidate à la Municipalité lausannoise sur la liste du PLR, lors d’une fête à la mosquée de Lausanne le 12 février, lui a valu des remarques courroucées de la part d’élus socialistes.

«Ce n’est pas une marque de respect que de singer les coutumes des autres», a fustigé Silvia Zamora. Contrairement à sa collègue de parti, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey dont le sourire et le foulard arborés lors de sa visite au président iranien Ahmadinejad restent dans toutes les mémoires, la municipale socialiste lausannoise affirme n’avoir jamais porté de «voile».

Marlène Bérard, elle, a déclaré avoir pris un châle dans son sac lors de cet événement marquant la naissance de Mahomet, auquel près de 400 personnes avaient été conviées.

«Je l’ai pris au cas où. C’est un signe de respect dans un lieu de culte, comme le port de la kippa dans une synagogue ou de vêtements longs dans une église.» Un point de vue unanimement partagé par les représentants des communautés religieuses que nous avons interrogés et qui dénoncent une tempête dans un verre d’eau.

«C’est un signe d’égard pour l’autre, une manière de dire: «Je m’approche de vous en toute liberté», selon sa conscience, sans pression», estime Martin Hoegger, membre du comité de l’Arzillier, association pour le dialogue interreligieux. Le pasteur protestant cite les paroles de l’apôtre Paul. «Avec les Grecs, je suis Grec, avec les juifs, je suis juif, avec les faibles, je me sens faible.»

Même approche de la part de Marc Guedj. L’ancien grand rabbin de la communauté de Genève, aujourd’hui directeur de la Fondation Racines et Sources en faveur du dialogue interreligieux, regrette que ce genre d’événement soit monté en épingle. «Cela ne fait qu’alimenter les extrémismes», analyse Marc Guedj, qui insiste sur la prise en compte de la sensibilité de l’autre. «Il n’y a jamais aucune obligation. Les non-juifs ne doivent pas porter la kippa à la synagogue, mais nous apprécions qu’ils le fassent, tout comme il est d’usage de se découvrir lorsqu’on entre dans une église», affirme Marc Guedj, qui relève qu’une femme qui ne se couvre pas la tête dans une mosquée peut estimer qu’elle «détonne».

Imam de la mosquée de Lausanne, El Rifai confirme que les femmes se couvrent la tête dans le lieu de prières. «Cela nous touche qu’une non-musulmane le fasse aussi mais, dans le cas contraire, nous ne faisons pas de remarque», affirme l’imam, qui ajoute qu’il n’a jamais demandé aux étudiantes qui visitent la mosquée de porter un foulard.

Francine Brunschwig dans 24 Heures

vendredi 4 février 2011

Le port du voile à la TSR

burki voile tsr

Raymond Bürki dans 24 Heures

La SSR renonce à règlementer le port du voile face à la rareté des cas

Il n’y aura pas de directive nationale sur le port de signes religieux pour les journalistes. Mais en Suisse romande, la RTS a dû trancher.

Un média de service public peut-il compter dans ses rangs une journaliste portant un foulard islamique? Confrontée à ce dilemme, la Radio Télévision Suisse (RTS) – Radio et Télévision suisse romande – doit désormais se débrouiller seule. Car à Berne, malgré ses promesses, la SSR renonce finalement à trancher dans ce délicat dossier qui suscite le débat. Origine du malaise: la postulation à la Radio suisse romande, en fin d’année dernière, d’une étudiante en journalisme qui porte le hijab ( 24 heures des 6-7 janvier ).

Dimanche dernier, Roger de Weck, le nouveau directeur général de la SSR, a ainsi annoncé à la NZZ am Sonntag qu’aucun règlement ne serait élaboré au niveau national: «Une directive est complètement inutile aussi longtemps que, sur 6100 employés, il y a un cas à résoudre toutes les années bissextiles. Tant que l’on a affaire à de rares cas isolés, c’est aux supérieurs qu’il appartient de décider, en s’appuyant sur le sens commun et en considérant les intérêts de l’entreprise et du service public.» Et Roger de Weck de conclure: «Il y a suffisamment de règles à la SSR, pour ne pas dire trop.»

Cette prise de position est aux antipodes des promesses faites par la SSR, en janvier, d’élaborer des «directives claires» sur le port de signes religieux dans les médias de service public du pays. Une prise de position était attendue d’ici au printemps, promettait-on.

La direction de la RTS n’a donc pas eu d’autre choix que de trancher par elle-même. Verdict? Les journalistes amenés à exercer leur métier sur le terrain, lors d’interviews, de conférences de presse ou d’apparition à l’écran, devront s’abstenir d’afficher des signes d’appartenance ostentatoire. Mais la religion n’est pas seule touchée: «Cela concerne aussi bien le port d’un foulard islamique que l’expression d’un symbole politique ostentatoire ou d’appartenance à une association», explique Manon Romerio, directrice de la communication à la RTS. Qui conclut: «Le ou la journaliste est tenu de présenter une apparence d’impartialité à son interlocuteur et au public.» Cette pratique, qui relevait jusqu’ici d’une règle non écrite dans la profession, sera désormais «précisée si besoin par les rédactions en chef concernées».

Quant à l’aspirante journaliste voilée, elle a pour l’heure reçu une réponse négative à l’une de ses deux postulations à la Radio suisse romande. «Elle ne correspondait pas aux critères de base» (en termes de formation), note la RTS. Pour la deuxième, la sélection est encore en cours.

Martine Clerc dans 24 Heures


ssr port voile

vendredi 21 janvier 2011

Interdire les visages masqués serait superflu

Interdire le port de vêtements couvrant tout ou partie du visage n'est pas nécessaire en Suisse. Fort de cet avis, la commission des institutions politiques du Conseil des Etats rejette par 8 voix contre 2 une initiative du canton d'Argovie. Pour la commission, le droit en vigueur est suffisant. vêtements religieux

Les cantons ayant décrété des interdictions de ce type ont des difficultés à les faire appliquer lors de grandes manifestations, constate la commission. Etendre cette mesure au niveau national ne résoudrait pas le problème, ont indiqué vendredi les services du Parlement. L'initiative argovienne veut bannir le port de vêtement couvrant l'intégralité ou une grande partie du visage. L'interdiction s'appliquerait à toute forme de dissimulation du visage, les vêtements d'hiver et les masques de carnaval faisant exception.

Voile

C'est moins la nécessité de s'attaquer à certains fauteurs de troubles que la volonté de lutter contre le port de voiles religieux qui a motivé les promoteurs de l'initiative, constate par ailleurs la commission. Or le port de ce type de vêtements pour des raisons religieuses ne pose pas de véritable problème. La commission doute dès lors du caractère proportionnel de la mesure. Non seulement le phénomène en question a rarement été observé en Suisse, mais une interdiction pourrait frapper certains touristes, ce qui aurait des conséquences négatives pour ce secteur économique.

Sécurité

La minorité de la commission veut pour sa part donner suite à l'initiative, estimant que sa mise en oeuvre permettrait de renforcer la sécurité du pays. Sur ce point également, la majorité considère qu'il n'y a pas de risque réel. La législation actuelle permet déjà d'exiger qu'une personne se trouvant dans un lieu public découvre son visage pour pouvoir être identifiée, en particulier lors de contrôles aux frontières. Elle permet aussi d'interdire de se couvrir le visage à des personnes qui s'adressent aux autorités ou fréquentent une école publique.

ATS relayé par la RSR

lundi 10 janvier 2011

Religion et service public, une question européenne

laurence ferrari voiléeLes entreprises publiques suisses misent sur le prag-matisme en matière de voile. En Europe on s’interroge aussi.

Alors que la question de l’engagement d’une jeune journaliste portant un foulard islamique (lire nos éditions de la semaine dernière ) agite la direction de notre service public audiovisuel (SSR), les autres entreprises en main de la Confédération – comme les CFF, Swisscom, La Poste ou Skyguide – n’ont pas élaboré de directives particulières, selon la SonntagsZeitung d’hier, sauf en cas de contacts avec la clientèle. Par exemple, chez Swisscom, la question des prières quotidiennes pour les musulmans est réglée de manière pragmatique, au cas par cas.

Et qu’en est-il des débats dans les autres pays? Coup de projecteurs avec nos correspondants en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne .

Romain Clivaz et les correspondants de 24 Heures

voile europe tv

samedi 8 janvier 2011

Cachez ce voile qu'on ne saurait entendre

Tiens, une nouvelle polémique liée au voile islamique... Cette fois, ce sont les médias du service public qui sont au coeur du débat. L'affaire a été révélée par la Tribune de Genève. Une Neuchâteloise portant le hidjab, le foulard islamique qui enserre le visage, brigue un poste de journaliste à la Radio suisse romande, mettant la SSR en émoi. Le voile est-il compatible avec le devoir de neutralité religieuse de l'institution étatique? Celle-ci est empruntée, car elle n'a pas de directives sur le port de symboles religieux. Elle devra donc rapidement trancher.

Mais déjà les preux défenseurs de la laïcité, à gauche comme à droite, émettent l'avis selon lequel aucune exception ne saurait être admise. Une belle bande d'hypocrites, tant le principe, en Suisse, semble valable uniquement lorsqu'il s'agit de l'islam. Pour preuve: depuis belle lurette, la SSR sous-traite aux Eglises ses émissions d'actualité religieuse, à la radio comme à la télévision. Ce lien entre Eglises et Etat, même s'il est moins visible qu'un bout de tissu, est solidement institutionnalisé. En théorie, la relation incestueuse, avec le risque d'un prosélytisme conscient ou inconscient, est beaucoup plus flagrante que l'engagement d'une journaliste voilée. Mais personne n'a jamais trouvé à y redire.

Et à raison: nos confrères, engagés par les Eglises catholique et protestante, prouvent jour après jour qu'ils sont d'abord des professionnels des médias avant d'être des employés d'Eglise. Avec tact, ils parviennent à garder la distance professionnelle requise entre les actualités religieuses qu'ils couvrent et leur employeur, ainsi que leurs appartenances et convictions religieuses. Reste que les moyens médiatiques engagés par les Eglises ne sont pas anodins: le but est de faire vivre la Parole. Avec l'aide, donc, du service public. Vous avez dit laïcité?

S'agissant d'une musulmane voilée, tout se gâte: elle serait forcément suspecte, incapable de distance critique. Le garde-fou des Devoirs et droits du journaliste ne serait plus valable. Le constat est désolant: tels les taureaux dans l'arène, nos braves politiciens ne voient que le fichu sur la tête, pas ce qu'il y a dedans. Pourtant, la jeune femme a déjà effectué un stage de deux mois à la Radio romande. Croyez-le ou non, elle a même pu interroger des interlocuteurs sans créer d'émeutes!

Quant aux auditeurs, une longue réflexion permet de constater qu'ils ne devraient pas être gênés par un voile qu'ils ne verront jamais. Reste que la question de l'image véhiculée par le service public mérite de poser des jalons clairs. Et justement, à la télévision, une présentatrice, ou même une journaliste, ne doit pas arborer de signes religieux. Mais l'atteinte à la liberté religieuse ne saurait aller beaucoup plus loin.
Le comble, c'est l'émoi que l'on constate chez certains journalistes par ce qu'ils considèrent comme une intolérable atteinte à la séparation des sphères. Venant d'une profession qui pratique sans sourciller la navette entre le monde politique et celui censé l'observer, cela mérite d'être relevé. L'avantage du voile, c'est peut-être qu'il permet d'afficher la couleur...

Edito de Rachad Armanios dans le Courrier

lundi 11 octobre 2010

“Le voile n’a pas besoin de tout le tintouin actuel”

Ghaleb Bencheikh Ghaleb Bencheikh, animateur de l’émission Islam sur France 2 et président de la Conférence mondiale des religions pour la paix était à Lausanne ce week-end. Rencontre.

L’intellectuel Ghaleb Bencheikh pense l’islam en lien avec la modernité. Ce docteur en sciences, fils d’un ancien recteur de la Grande Mosquée de Paris, a donné une conférence à l’Université de Lausanne (UNIL) vendredi soir. L’occasion de l’interroger sur les dossiers religieux qui agitent la Suisse.

– Quel est votre avis sur le débat que soulève le voile?

– Le voile ne relève que d’une recommandation contingente, faite à un moment donné de l’histoire, pour des femmes particulières, pour qu’elles soient reconnues et pour qu’elles ne soient pas offensées. Cette question n’a vraiment pas besoin de tout le tintouin que nous connaissons maintenant, car elle ne relève pas de l’essentiel.

– Que pensez-vous de la votation sur l’interdiction des minarets en Suisse?

– C’était on ne peut plus idiot des deux côtés. Du côté islamique, parce que les mosquées n’ont pas besoin de minarets. Ce n’est ni une exigence architecturale ni une exigence théologique. La meilleure preuve est la mosquée du Dôme du Rocher à Jérusalem: elle n’a pas de minaret, et cela ne l’a pas empêchée d’être l’une des plus chères au cœur des musulmans. De l’autre côté, c’était tout aussi stupide de considérer que les minarets sont des fusées et qu’ils ne s’harmonisent pas avec l’architecture. Les nations évoluent, le vivre ensemble doit être empreint de respect et de reconnaissance, notamment dans une société ouverte, multiconfessionnelle. Cette votation n’a pas honoré la Suisse.

– Et dans le monde musulman, comment se traduit cette évolution? Comment la tentative d’interpréter le Coran en lien avec la modernité est-elle perçue?

– Mal au niveau des couches populaires. On ne comprend pas. De plus, il y a des atavismes, des réflexes, des peurs: on confond fidélité à la foi et fixisme, attachement à la spiritualité et rigidité. Mal également au niveau du pouvoir politique, quand il est le bras séculier pour imposer la loi dite d’inspiration religieuse. Toutefois, à côté de cela, il y a des intellectuels, des théologiens, des chercheurs qui font bouger les choses. Peut-être pas en nombre suffisant, peut-être pas avec assez de puissance pour servir de levier afin de changer les paradigmes de pensée, mais en tout cas ils existent et cela ouvre des perspectives.

– Le dialogue interreligieux est aujourd’hui très à la mode, qu’en pensez-vous?

– C’est paradoxal. Il y a d’une part une prolifération de colloques, d’associations, de rencontres sur le dialogue interreligieux, et de l’autre il y a une montée de la crainte, de l’hostilité… Toutefois, je pense que le dialogue interreligieux relève d’un besoin vital. Il est nécessaire pour faire reculer les craintes, pour plus de reconnaissance, pour laisser place à l’amitié, à la solidarité, pour construire ensemble une société juste, fraternelle et solidaire.

Sylvain Stauffer, Protestinfo, dans 24 Heures

mardi 28 septembre 2010

Bad Ragaz: une élève pourra garder le voile

Un règlement interne interdisait le port de tout couvre-chef à l’école de Bad Ragaz. Une élève a fait recours et obtenu gain de cause auprès de la première instance. La commission scolaire de la commune saint-galloise, pour le bien des élèves, a renoncé à porter le conflit devant une instance supérieure et renonce à l’interdiction.

L’élève musulmane qui a mis en émoi l’école de Bad Ragaz pourra continuer à venir aux cours avec son foulard. Désavouée, la commission scolaire de la commune saint-galloise, qui avait dans un premier temps interdit le port de tout couvre-chef à l’école, a annoncé lundi qu’elle renonçait à faire recours contre la décision du Conseil régional de surveillance des écoles. Celui-ci a donné raison à la jeune fille la semaine dernière.

L’adolescente, âgée de 15 ans, avait décidé en mai dernier de venir à l’école désormais la tête recouverte d’un hidjab. Alors même que son père lui avait demandé d’attendre ses 18 ans pour porter le foulard, que portent également sa mère et sa sœur aînée.

Car, à Bad Ragaz, un règlement scolaire interne interdit le port de tout couvre-chef à l’école. La commission scolaire, l’instance élue par la population et seule compétente pour les questions scolaires au niveau communal, a écrit par deux fois à la famille pour le lui rappeler.

Soutenus par un membre du Conseil central islamique de Suisse habitant dans les Grisons, les parents ont alors fait recours contre l’interdiction faite à leur fille de porter le voile islamique à l’école.

A contre-pied du canton

La semaine dernière, le Conseil régional de surveillance a tranché en faveur de l’élève et déclaré que l’interdiction était disproportionnée et contraire à la liberté de religion garantie par la Constitution. Une décision qui prend le contre-pied de l’autorité cantonale suprême en matière scolaire, qui, au début août, a recommandé aux communes d’édicter des règlements soumis à référendum interdisant le foulard à l’école.

Dans un communiqué diffusé lundi, la commission scolaire de Bad Ragaz explique qu’elle renonce à poursuivre l’affaire «car il n’est pas du devoir de l’école de servir de plate-forme pour éclaircir des questions de fond touchant toute la société, ni de permettre à des groupes d’intérêts polarisants de se mettre en avant. Pour le bien de tous les élèves, l’école va se concentrer sur sa tâche première: l’enseignement.»

Hansjörg Hürlimann, président de la commission scolaire et membre de la municipalité, n’a pas voulu faire d’autres commentaires sur cette décision.

lundi 20 septembre 2010

Isabelle Chassot n’interdira pas le voile à l’école

école voile Le canton a présenté lundi ses recommandations aux enseignants concernant le foulard islamique à l’école, les cours de natation et d’éducation sexuelle, et les congés spéciaux pour les fêtes religieuses.

Non, Isabelle Chassot, la conseillère d’Etat fribourgeoise en charge de l’Instruction publique, n’interdira pas le foulard islamique aux fillettes qui fréquentent l’école obligatoire fribourgeoise. Mais par contre chaque enfant, quelle que soit sa religion, doit assister aux cours en général, à ceux de sport et de natation en particulier, et participer aux camps. Les cours d’enseignement religieux et d’éducation sexuelle sont par contre facultatifs.

Ce sont les recommandations en matière de diversité religieuse et culturelle à l’école qu’a présentées lundi la ministre, à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres cantons, comme Neuchâtel et le Jura. Sous la forme d’une brochure, elles sont destinées aux enseignants et aux autorités scolaires. La question de l’interdiction du voile était sur la table depuis décembre dernier à Fribourg, puisqu’une députée socialiste avait proposé une telle interdiction, choquée d’un cas qui s’était produit dans sa commune (LT du 02.12.09).

«Si une fillette porte un foulard en classe, il s’agit d’en discuter avec les parents, de leur indiquer que cela peut représenter des difficultés tant pour la socialisation de l’élève que pour sa future intégration professionnelle, explique Isabelle Chassot. Ces cas sont très peu fréquents, car le dialogue est déjà très ouvert.» A l’inverse, le port d’un voile dissimulant l’entier du visage est proscrit.

A l’origine du texte demandant l’interdiction, Erika Schnyder, également syndique de Villars-sur-Glâne, indique «ne pas être surprise, mais regretter» la décision de la ministre: «Mon texte a pour but la protection des femmes dès le plus jeune âge. Même si nous sommes très tolérants, nous devons avoir un cadre donné. Obliger un enfant à porter un signe religieux est le signe de la mainmise d’une religion.»

Pour les enfants chrétiens, juifs et musulmans

Pour les cours de natation, des arrangements peuvent facilement être trouvés selon Isabelle Chassot: un maillot de bain recouvrant l’entier du corps, des douches séparées, une sortie de l’eau plus rapide pour pouvoir se doucher seul. «C’est dans l’intérêt public que chacun suive ces cours, ne serait-ce que face au nombre de noyades», ajoute la ministre.

Pour les camps, il convient de s’interroger avant de partir sur l’alimentation de chacun: kacher, halal, végétarien, allergies, etc. «Pour les camps, nous avons davantage de soucis avec les parents fondamentalistes chrétiens que les parents d’autres confessions», explique Isabelle Chassot.

Ces recommandations concernent en effet les enfants de toute religion. Le canton tient à rappeler que les fêtes chrétiennes, comme Noël ou Saint-Nicolas – patron de Fribourg –, ont leur place à l’école. En outre, les élèves d’autres confessions peuvent demander à avoir congé pour les principales fêtes de leur propre religion: Roch HaChanah (Nouvel An) ou Pessah (Pâque) pour les jeunes juifs, Aïd el Kebir (fête du sacrifice) ou la fin du Ramadan pour les jeunes musulmans. Idem pour le bouddhisme, l’hindouisme et d’autres croyances.

Satisfaction des profs et des musulmans

«Cette brochure, c’est la pièce qui manquait à notre puzzle, même si le phénomène est marginal», se réjouit Gaétan Emonet, président de la Société pédagogique fribourgeoise francophone. «Nous laisser une liberté de dialogue avec les parents est une très bonne chose. Qu’Isabelle Chassot ne veuille pas interdire le voile nous convient très bien.»

Satisfaction aussi du côté des organisations musulmanes: «L’interdiction du voile aurait été un retour en arrière, alors que les musulmans de Suisse sont bien intégrés et jouissent des mêmes droits que chacun», souligne Nadia Karmous, présidente de l’Association culturelle des femmes musulmanes de Suisse. «En proposant des interdictions, on fabrique de potentiels intégristes. Cela irait à l’encontre des traditions suisses d’ouverture et de dialogue.»

Mathieu Signorell dans le Temps

Vers Enbiro, le calendrier interreligieux sur lequel se basent les enseignants romands

mercredi 15 septembre 2010

Bâle-Ville n’interdira pas le voile intégral

Contrairement au parlement argovien, le Grand Conseil de Bâle-Ville rejette toute initiative cantonale demandant d’interdire au niveau national toutes formes de dissimulation du visage.

AFP-a

© AFP-a | Une musulmane portant le niqab. S’opposant à toute réglementation vestimentaire, les députés de Bâle-Campagne ont défendu le droit au libre-choix.

Les députés bâlois ont largement refusé hier une motion de l’UDC déposé en ce sens. S’opposant à toute réglementation vestimentaire, les représentants de gauche comme de droite ont défendu mercredi de concert le droit au libre-choix. Au final, le «non» l’a largement emporté, par 58 voix contre 13.

S’il concède qu’on ne peut «pas soutenir le port de la burqa», le PS a pourtant mis en garde face à une interdiction du voile intégral qui «pousserait d’autant plus les femmes soumises dans l’isolation». Et d’ajouter que le voile n’est pas porté uniquement par des femmes qui y sont contraintes.

Les Libéraux ont eux rappelé que certains vêtements portés durant l’hiver cachent également une partie du visage et ce, en toute légalité. Il en va de même des voiles portés par des veuves. L’exemple de la tenue des nones a également été cité à la tribune. Les Verts ont eux critiqué que la motion s’attaquait aux victimes et non à leurs oppresseurs.

Les députés de l’UDC ont reconnu qu’il n’existait aucun problème de voile islamique à Bâle. Ils ont toutefois estimé que cette situation pouvait changer «au vu du taux de natalité et des flux migratoires». Le PS a du même coup accusé le parti de droite nationaliste de «cultiver la peur» et de «faire campagne électorale sur le dos des étrangers».

Mardi, le parlement argovien a pris une décision contraire à celui de Bâle-Ville. Ses députés ont soutenu par 76 voix contre 42 une initiative cantonale demandant à la Confédération d’interdire la burqa et toute forme de dissimulation du visage dans les espaces publics. Ce texte sera remis aux Chambres fédérales.

D’autres propositions de ce type ont été déposées ces derniers mois au sein des parlements bernois, soleurois, thurgovien et schwyzois. Le gouvernement bernois a rejeté un projet de l’UDC. Le Conseil d’Etat schwyzois en a fait de même, invoquant qu’une interdiction était inutile, disproportionnée et discriminatoire.

Au début du mois d’août, le conseil scolaire du canton de St-Gall a demandé aux communes de prendre des mesures pour interdire le port du voile islamique à l’école. Pour cette institution, une telle interdiction permettrait d’empêcher une discrimination des élèves musulmanes tout en facilitant leur intégration.

ATS relayé par 24 Heures

mardi 14 septembre 2010

Le parlement argovien pour interdire les visages masqués en Suisse

La Grand Conseil argovien demande à la Confédération d'interdire la burqa et toute forme de dissimulation du visage dans les espaces publics. Les députés ont adopté mardi par 76 voix contre 42 une initiative cantonale dans ce sens.

cache-nez Ce texte sera remis aux Chambres fédérales. Il a reçu le soutien des partis bourgeois. La gauche l'a refusé. Les Verts libéraux étaient partagés. Enfin, le Conseil d'Etat avait demandé aux députés de refuser l'initiative cantonale car il estime qu'une telle interdiction n'est pas applicable.

Selon l'UDC, les visages masqués provoquent des sentiments d'insécurité et d'angoisse. Pour les radicaux argoviens, être reconnaissable dans l'espace public est une question de bienséance. La gauche a quand à elle argumenté que les voiles islamiques ne posent pas de vrai problème. Et la loi argovienne sur la police interdit déjà de dissimuler son visage sur la voie publique.

masque protection publicLe projet argovien prévoit quelques exceptions. On pourrait ainsi continuer à se voiler ou se masquer la face lors de fêtes traditionnelles, pour des raisons de santé ou encore pour se protéger du froid.

Le parlement argovien s'était d'abord prononcé en mai sur une pure interdiction de la burqa, une proposition qui émanait des Démocrates suisses. Jugé trop arbitraire, le projet a ensuite été étendu à d'autres formes de dissimulation du visage.

mauvaise odeur D'autres propositions de ce type ont été déposées ces derniers mois au sein des parlements bernois, soleurois, thurgovien et schwyzois. Le gouvernement bernois a rejeté un projet de l'UDC en ce sens. Le Conseil d'Etat schwyzois en a fait de même, invoquant qu'une interdiction était inutile, disproportionnée et discriminatoire.

Au début du mois d'août, le conseil scolaire du canton de St-Gall a demandé aux communes de prendre des mesures pour interdire le port du voile islamique à l'école. Pour cette institution, une telle interdiction permettrait d'empêcher une discrimination des élèves musulmanes tout en facilitant leur intégration.

Le parlement français vote définitivement l’interdiction du voile intégral

Le Parlement français a définitivement adopté mardi, par un vote du Sénat, le projet de loi interdisant le port du voile islamique intégral dans l'espace public.

KEYSTONE

© KEYSTONE

Cette interdiction ne doit entrer en vigueur qu'au printemps 2011. La promulgation de la loi est encore soumise à un recours devant le Conseil constitutionnel, qui devrait se prononcer d'ici à un mois. Le Sénat a approuvé par 246 voix contre une le texte.

La France, où le voile intégral est porté par quelque 1900 femmes selon les estimations officielles, est ainsi le premier pays européen à procéder à cette interdiction généralisée. Une mesure similaire est en cours d'adoption en Belgique.

"Vivre la République à visage découvert, c'est une question de dignité et d'égalité. C'est une question de respect de nos principes républicains", a déclaré la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie.

Le texte ne vise pas expressément le voile intégral, mais "la dissimulation du visage dans l'espace public". Ce qui comprend les rues, mais aussi "les lieux ouverts au public" (commerces, transports, parcs, cafés...) ou "affectés à un service public" (mairies, écoles, hôpitaux...).

Niqab et burqa interdits

Le texte interdira de fait le port du niqab (qui ne laisse voir que les yeux) ou de la burqa (qui masque l'ensemble du corps), sous peine d'une amende de 150 euros (195 francs environ) et/ou d'un stage de citoyenneté.

L'interdiction n'entrera en vigueur qu'au printemps 2011 après six mois de "pédagogie", et la verbalisation ne sera pas systématique. Toute personne obligeant une femme à se voiler sera passible d'un an de prison et de 30'000 euros d'amende, selon un nouveau délit effectif sitôt la loi promulguée.

Le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative, avait émis des réserves sur une interdiction généralisée du voile intégral, recommandant de la limiter à certains lieux publics.

Dépêche de l’ATS relayée par 24 Heures

mardi 31 août 2010

Voile, UDC et “bien-pensance”

Fathi Derder voileFathi Derder, rédacteur en chef de La Télé, est l’invité de la rubrique Réflexions de 24 Heures.

C’est l’histoire d’un aréopage qui aurait dû être sage, voire utile. Mais qui, par son dogmatisme et sa «bien-pensance», se discrédite au fil des mois. A la lumière de la dernière prise de position de la Commission fédérale contre le racisme, il est permis de s’interroger sur sa raison d’être.

Depuis son engagement contre les affiches antiminarets, la commission – et son président Georg Kreis – s’est muée en organisme ouvertement anti-UDC. L’argumentation philosophique, scientifique ou morale – qu’on est en droit d’exiger d’un tel organisme – disparaît au profit d’une artillerie politique contre un parti suspecté de racisme…

Le pire s’est produit la semaine dernière, dans le débat sur le voile à l’école. Quand soudain, sans raison, la commission s’est attaquée à l’interdiction de celui-ci.

Sans raison? Pas tout à fait… En fait, peu auparavant, le canton de Saint-Gall avait invité ses communes à proscrire le port du foulard à l’école. Une prise de position conforme au fonctionnement démocratique du canton.

Les arguments sont connus, et acceptables: le port du voile est une atteinte aux droits de l’homme. Ou, pour être précis, aux droits de la femme. Le droit pour toute fillette de disposer, comme elle le souhaite, de son image et de son visage, dans un Etat libre comme le nôtre.

Or donc le canton de Saint-Gall s’est permis d’interdire ce geste humiliant et dégradant pour des fillettes résidant en territoire suisse. Et cela n’a pas plu à la commission. Pour des questions philosophiques? Non, strictement politiques: le Con-seil de l’éducation saint-gallois est dirigé par un UDC. Ce qui a visiblement agacé le bon Georg Kreis, la haine anti-UDC chevillée au corps.

Le communiqué n’en fait pas mystère, dénonçant «une action principalement dictée par des motifs partisans». Sous-entendu: de sales motifs, ceux d’un parti raciste. Un sous-entendu strictement inadmissible pour une commission fédérale jugeant une instance cantonale représentative de la société civile. Le propos est incompatible avec notre fédéralisme. Il l’est d’autant plus de la part d’une commission censée être neutre et qui cède à la condamnation d’une décision sur la simple évaluation de la carte de parti d’un individu.

Il s’agit d’un dérapage. Ce n’est pas la première fois que Georg Kreis s’attaque à l’UDC. Mais c’est la première fois qu’il méprise l’équilibre démocratique suisse au nom de convictions politiques personnelles. Et se permet de nier des évidences en ce nom.

Une négation irresponsable: le port du voile est un grave obstacle à l’intégration. Dans un milieu – l’école – propice à la discrimination des roux, des gros, ou des petits, le port du voile est l’assurance pour un enfant de ne jamais faire partie du groupe.

La Commission fédérale contre le racisme refuse de voir cette réalité, par dogmatisme. Alors que l’on compte sur sa sagesse, elle se montre aveugle. De campagne en campagne, elle perd en légitimité. Son parti pris et son dogmatisme la discréditent. Pour lui donner un sens, il est urgent de la dépolitiser.

En commençant par la débarrasser de son président .

mercredi 25 août 2010

La Commission contre le racisme ne veut pas interdire le foulard

La Commission fédérale contre le racisme (CFR) s'oppose à l'interdiction du port du foulard à l'école, comme le propose le canton de St-Gall. Elle y voit une mesure dirigée spécialement contre l'islam qui enfreint le principe de l'égalité des droits.

La commission voit dans l'interdiction demandée par le chef du département saint-gallois de l'éducation Stefan Kölliker (UDC) "une action dirigée contre la minorité musulmane et principalement dictée par des motifs partisans". La CFR juge "inacceptable" cette mesure, écrit-elle.

Le port du foulard s'inscrit dans le domaine de la liberté de religion, tant que celle-ci ne contrevient pas à un droit fondamental supérieur, poursuit la commission.

La CFR est ainsi d'accord avec le Tribunal fédéral, qui a interdit en 1997 le foulard aux enseignantes dans l'exercice de leur fonction publique, mais elle n'admet pas une interdiction générale faite aux écolières et aux travailleuses.

Invoquer la nécessité de l'intégration comme le fait le Conseil de l'éducation saint-gallois est un prétexte: la mesure est au contraire un obstacle à l'intégration.

ATS