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mercredi 26 septembre 2012

Ils en remettent une couche !

Courrier de lecteur paru dans 24 Heures

Non content d’avoir gagné la votation populaire concernant l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers, le parti nationaliste de notre pays en remet une couche. Pour lui, l’étranger est la cause de tous les maux dont souffre notre pays. Mais on oublie que les étrangers vivant ici rendent de nombreux services en occupant des postes de travail peu ou mal rémunérés et, en plus, peu valorisants.

En ce qui concerne la nouvelle initiative sur le renvoi des criminels étrangers, on doit savoir que c’est un doublon de la première pour faire pression sur le Conseil fédéral. Ce dernier est gêné dans l’élaboration de la loi, car elle est excessive au regard du droit international, qui n’est pas quantité négligeable, contrairement à ce que les nationalistes nous disent.

Cette loi sur le renvoi d’étrangers est scélérate parce que arbitraire; un délit mineur peut occasionner un renvoi sans  recherche de la cause du méfait.

De tristes épisodes d’un passé récent nous montrent les dégâts qu’elle occasionne lors d’un renvoi forcé, jusqu’à la mort de celui qui se voit renvoyé dans son pays d’origine. De plus, on n’est pas certain que celui qui est expulsé ne court pas de risque dans son pays d’origine.

Ce n’est pas cette image-là qu’il faut donner de notre pays; il s’agit plutôt de conserver, voire de développer l’image d’une Suisse ouverte et humaniste.

Thierry Cortat, Delémont

dimanche 27 novembre 2011

Suisse: les populistes de l'UDC reculent

Le parti de la droite populiste suisse, l'Union démocratique du centre (UDC), qui avait subi un sérieux revers au premier tour des élections législatives en octobre, a vu son recul confirmé dimanche au second tour du scrutin. Le deuxième tour des élections -- qui avait lieu dans les cantons de Zurich, de St-Gall, d'Argovie, d'Uri et de Schwytz -- visait à attribuer les six sièges encore vacants au Conseil des Etats, la chambre haute du Parlement helvétique.

L'UDC, opposé à toute adhésion à l'Union européenne et qui a notamment bâti sa campagne électorale sur la lutte contre l'immigration, a essuyé un revers dans quatre des cinq cantons où il s'est présenté, remportant uniquement un siège dans le paradis fiscal de Schwytz (centre), a annoncé l'agence ATS. Plus grave, son président Toni Brunner a été battu dans le canton de St-Gall par le socialiste Paul Rechsteiner. Dans le canton de Zurich, le plus peuplé de la Confédération, la figure de proue de l'UDC, Christoph Blocher, a perdu contre les sortants Vert libéraux et PLR (centre droit).

Pour le parti de Christoph  Blocher, l'échec au second tour du scrutin est "la conséquence logique d'une coalition anti-UDC", selon un communiqué cité par l'ATS.

Le PS Suisse s'est pour sa part félicité d'un "succès majeur" et a qualifié l'issue du scrutin de "résultat historique" avec 11 représentants socialistes siégeant désormais au Conseil des Etats. Au premier tour des élections législatives du 23 octobre, qui visaient à renouveler les députés des deux chambres du Parlement helvétique, les grands partis traditionnels, principalement l'UDC, ont enregistré un recul face à de petits partis comme les Verts libéraux et le parti bourgeois démocratique (PBD), qui est issu d'une scission antérieure de l'UDC. L'UDC n'avait obtenu que 25,9% des voix aux élections du Conseil national (chambre basse), après 28,9% au dernier scrutin de 2007.

La droite populiste, à l'origine de l'interdiction des minarets en Suisse, n'avait contre toute attente pas réussi à dépasser la barre historique des 30% malgré une campagne électorale axée sur un marketing politique choc. L'UDC est devenu la première formation du pays à l'issue de la consultation de 2003. Il avait alors obtenu 26,6% des suffrages et 28,9% il y a quatre ans, doublant quasiment son score par rapport aux années 1990, au détriment des partis du centre dits "bourgeois". Tout au long de la campagne électorale, le mouvement avait appelé à "stopper l'immigration massive" dans la Confédération, qui a vu le nombre d'étrangers, notamment d'Afrique et d'Europe de l'Est, plus que doubler en 20 ans.

Le Figaro

dimanche 23 octobre 2011

En Suisse, net recul du parti populiste UDC

Le parti de la droite populiste de l'Union démocratique du centre (UDC) a enregistré un net recul dimanche aux élections du Parlement, mais reste la première formation politique de Suisse, selon une projection nationale de la télévision helvétique.

toni brunner

Le président de l'UDC, Toni Brunner, le 23 octobre à Zurich.AFP/FABRICE COFFRINI

L'UDC, qui a martelé pendant la campagne son discours anti-européen et anti-immigration, a perdu sept sièges au Conseil national (assemblée), obtenant 26,8 % des voix contre 28,9 % au dernier scrutin il y a quatre ans et 26,6% en 2003.

Ce serait la première fois que l'UDC voit son score reculer en 20 ans. Ce résultat est une surprise, puisque à quelques jours du scrutin, l'UDC était encore en légère progression par rapport à 2007, avec quelque 29,3 % d'intentions de vote. Contre toute attente, le parti n'a donc pas réussi à atteindre la barre historique des 30%.

Selon l'estimation nationale diffusée par la télévision, les partis de centre droit gagneraient en revanche du terrain, notamment les Verts libéraux et le Parti bourgeois démocratique, issu d'une scission antérieure de l'UDC. Pour sa part, le Parti socialiste resterait stable, tandis que le parti de la droite traditionnelle PLR (Libéraux radicaux) a cédé 4 sièges.

AFP et Le Monde

jeudi 20 octobre 2011

La force de l’UDC n’est pas due qu’aux «perdants de la mondialisation»

Une étude lausannoise décrit les tribus très diverses qui composent l’électorat du parti populiste. Et pourfend quelques idées reçues.

Pourquoi le succès de l’UDC et, au-delà, des partis populistes en Europe? La question n’a pas fini d’embarrasser les formations politiques traditionnelles, de droite comme de gauche, et de questionner les chercheurs. Les conclusions auxquelles parvient l’étude de deux politologues* de l’Université de Lausanne, Philippe Gottraux et Cécile Péchu, se démarquent d’une explication qui verrait dans la fragilisation d’un électorat populaire, en raison de la mondialisation économique, le principal ressort d’une progression, pour ce qui est de l’UDC, sans précédent dans toute l’histoire de l’Etat fédéral. A partir, principalement, d’entretiens approfondis avec 40 militants, 20 à Genève et 20 à Zurich, les deux universitaires font apparaître des logiques d’engagement beaucoup plus complexes, diversifiées et surprenantes.

Le Temps: Votre étude contredit la thèse qui voit dans la fragilisation des «perdants de la mondialisation» la cause du succès de l’UDC. Pourquoi n’y souscrivez-vous pas?

Philippe Gottraux: Cette thèse se fonde sur des sondages post-électoraux. Or ces analyses, c’est le grand problème, négligent le phénomène de l’abstention, particulièrement forte dans les catégories populaires. Leurs données ne permettent pas de savoir si réellement des électeurs de gauche basculent vers l’UDC plutôt que vers l’abstention. Plus fondamentalement, la thèse que vous citez – que l’on retrouve, en France, pour expliquer le vote en faveur du Front national – repose sur un modèle qui tend à faire mécaniquement de la situation socioprofessionnelle le seul critère déterminant, à l’exclusion d’autres espaces socialisateurs, du parcours de vie, etc... Elle ne prend pas non plus en compte les effets induits par l’offre politique elle-même et sa capacité à imposer des thèmes. L’offre ne crée pas ex nihilo la demande mais contribue très largement à la formater. Notre démarche met en évidence la rencontre entre une offre politique qui peut être très différente selon les cantons, et des individus aux parcours variés. C’est un schéma beaucoup plus complexe que l’explication par les «perdants de la mondialisation».

– Que montre donc votre étude?

– Nous avons constaté qu’à côté de profils qui sont effectivement fragilisés par l’évolution économique, il existe des «gagnants» de la mondialisation qui se reconnaissent aussi dans les valeurs de l’UDC et contribuent à son succès. Qui plus est, ils ne sont pas toujours ni uniquement attirés par le discours néolibéral de ce parti. Ainsi, la suspicion envers les étrangers est transversale, elle est partagée, avec des nuances dans l’expression, par les six catégories de militants que nous avons distinguées, les «populaires», les déclassés, les jeunes anti-européens, les méritants, les libéraux et les idéologues ou moralistes. Chez les libéraux, la suspicion envers les étrangers est certes plus modérée, mais les positions du parti sur ce thème n’en sont pas moins défendues sans conditions. Ce thème semble donc avoir un effet rassembleur.

– Vous soulignez la très relative stigmatisation dont l’UDC serait l’objet, à vos yeux, dans le discours public. Ce constat peut surprendre, dans la mesure où les médias se voient reprocher de contribuer parfois sans discernement à la diabolisation de ce parti…

– Cette stigmatisation peut varier selon les cantons. Nous avons constaté un effet d’autocontrôle de la parole des militants plus fort à Genève qu’à Zurich, où les propos peuvent être assez extrêmes. Mais je pense qu’en Suisse, l’UDC connaît une forme de banalisation élevée pour des raisons historiques. Le thème de l’«Überfremdung» est ancien et présent au-delà de la droite de la droite. Par ailleurs, l’UDC est un parti gouvernemental depuis longtemps, à la différence, par exemple, du Front national en France.

– Comment les médias sont-ils perçus par les militants que vous avez interrogés?

– Ils se montrent méfiants. Les journalistes sont vus comme des gens de gauche qui critiquent l’UDC en permanence. Cette perception tend à renforcer la cohésion entre des militants souvent assez différents les uns des autres. Nous ne leur avons jamais entendu dire en revanche que les médias, en parlant de l’UDC même en termes critiques, lui auraient rendu service.

– Votre étude permet-elle de tirer des enseignements sur ce que les adversaires de l’UDC devraient faire pour la combattre plus efficacement?

– Je souhaite ne pas quitter mon rôle de scientifique pour endosser celui de prescripteur. Je constate simplement que la force de ce parti est d’offrir un programme «à la carte» qui lui permet de rassembler des militants aux profils très variés.

– Quels sont les résultats de votre enquête qui vont ont le plus surpris?

– Nous ne nous attendions pas à découvrir chez les jeunes anti-européens des attitudes a priori très contradictoires. Ce sont chez eux en effet que nous avons constaté le plus d’ouverture sur des questions de société telles que le «pacs» ou les drogues douces, mais en même temps une conception très conservatrice des rapports entre hommes et femmes. Nous avons été surpris également de constater dans les classes supérieures des militants UDC, en particulier chez les femmes, de faibles compétences politiques, peu d’aptitudes à séparer un discours subjectif et émotionnel d’une appréhension proprement politique. Nous nous sommes aussi rendu compte du poids de la culture de l’effort, le refus que l’Etat ponctionne les revenus des particuliers, qui traverse toutes les catégories de militants, même les «populaires». Il s’agit dans ce dernier cas d’accuser «plus petit que soi», requérants d’asile ou bénéficiaires d’aides sociales, de vivre à leur crochet.¨

Denis Masmejan dans le Temps

 

*Philippe Gottraux et Cécile Péchu: «Militants de l’UDC. La diversité sociale et politique des engagés», 2011, Editions Antipodes, 304 p.

Plainte contre une publicité de l’UDC

plainte udc racisme

24 Heures

mercredi 19 octobre 2011

Deux Kosovars portent plainte contre une affiche de l'UDC

Une publicité de l'UDC sur l'initiative "contre l'immigration de masse" fait l'objet d'une plainte pour discrimination raciale. Elle a été déposée par deux Kosovars.

Une affiche de l'UDC contre l'immigration massive

Une affiche de l'UDC contre l'immigration massive © KEYSTONE

Deux Kosovars ont déposé une plainte pénale pour discrimination raciale contre une publicité de l’UDC sur l’initiative «contre l’immigration de masse». Le Ministère public zurichois a reçu la plainte vendredi, a indiqué le procureur Hans Maurer à l’ats, confirmant une information de 20 Minuten.

La procédure concerne une annonce ayant pour titre «Des Kosovars poignardent un Suisse!». Elle faisait allusion à un fait divers survenu le 15 août à Interlaken (BE) et qui serait soi-disant la conséquence d’une immigration de masse incontrôlée. Quelques journaux ont accepté de publier cette annonce en la mettant au singulier: «Un Kosovar poignarde un Suisse!». Le slogan d’origine a par contre été affiché sur Internet. L’annonce enfreint la norme anti-racisme, a expliqué l’avocat des plaignants David Gibor à l’ats. Elle appelle publiquement à l’exclusion collective d’une ethnie.

De son côté, l’UDC reste sereine. La plainte n’est pas fondée, estime son secrétaire général Martin Baltisser. Le parti n’a rien fait d’autre que de représenter un événement qui s’est réellement produit.

Le Matin

mardi 18 octobre 2011

C’est l’histoire d’un bouc

Le récent kidnapping de Zottel a fait réagir un de nos lecteurs.

image d'archiveQue le bouc, mascotte de l'UDC, et son congénère aient réellement été kidnappés, ou que ce soit une manœuvre de ce parti pour faire parler de lui avant les élections, n'est finalement que de la petite bière. Mais dans un article consacré à ce sujet dans un quotidien gratuit, on apprend de la bouche d'une spécialiste des animaux que: "ce brusque changement de lieu de vie peut traumatiser les deux boucs, car cela provoque beaucoup de stress pour les animaux et peut, plus tard, causer des dégâts dans leur vie".
Soit... Mais je propose aux lecteurs un petit exercice: dire cette phrase à haute voix en remplaçant "ce brusque changement de lieu de vie" par "la politique de l'UDC", "les deux boucs" par "les immigrés", et "les animaux" par "les êtres humains". Ainsi, on aura enfin l'impression de se poser une vraie et importante question.
Mais il est vrai que pour l'UDC, les chèvres d'origine suisse ont plus de valeur, et méritent plus d'égards, que les personnes d'origine étrangère...

 

Philippe Thonney, Lausanne

lundi 26 septembre 2011

Fédérales 2011: l'UDC exige un tour de vis sur l'asile

A deux jours de la session extraordinaire du National sur l'asile, l'UDC a répété lundi son credo et exigé un tour de vis. Le parti accuse Eveline Widmer-Schlumpf et Simonetta Sommaruga de n'avoir rien fait contre le "chaos qui s'est installé".

Les mesures annoncées par la ministre de justice et police vendredi sont qualifiées d'invitation aux migrants à utiliser l'asile pour s'installer en Suisse. La seule mesure concrète prise par Mme Sommaruga fut le départ du directeur de l'Office fédéral des migrations, a déclaré le conseiller national Yvan Perrin (NE). Mme Widmer-Schlumpf en prend aussi pour son grade: "les seules expulsions prononcées l'ont été au détriment de ses propres collaborateurs". Et le parti de vanter le travail accompli par Christoph Blocher, sous l'ère duquel les demandes d'asile ont reculé.

Exigences

L'UDC veut résilier les accords de Schengen et Dublin. En attendant, elle demande au Conseil fédéral de faire pression pour que l'agence européenne Frontex surveille la côte nord-africaine et ramène les bateaux de migrants à leur port de départ. A défaut, la Suisse devra renforcer ses contrôles à la frontière, voire y engager l'armée. Le parti réclame aussi la suppression du droit au regroupement familial pour les personnes admises provisoirement et les réfugiés qui pourraient s'enfuir. Les demandes d'asile des plus de 8000 objecteurs de conscience érythréens devraient être traitées en urgence. Le cas des personnes admises provisoirement doit être revu et des renvois ordonnés.

L'UDC exige une application stricte de la loi. La révision actuelle doit serrer la vis notamment en empêchant les demandes multiples et les demandes de reconsidération. Le Conseil fédéral est en outre appelé à conclure des accords de réadmission avec toute une série de pays africains et asiatiques. Outre une accélération des procédures et une limitation des recours, l'UDC propose de ne plus entrer en matière sur les requêtes des personnes ayant bénéficié d'une aide au retour.

ATS

dimanche 18 septembre 2011

Face aux caméras, deux jeunes frères kurdes séduisent Yvan Perrin

Pour l’émission «Mégaphone» de la TSR, le vice-président de l’UDC a passé un jour dans la vie d’Eren et d’Ekrem Aktas.

A les voir attablés là à Lausanne, Place du Tunnel, en face d’un kebab frites, on jurerait qu’ils sont entre copains. La rencontre est pourtant plutôt insolite puisqu’il s’agit d’Yvan Perrin, vice-président de l’UDC, et de deux frères kurdes, Eren et Ekrem Aktas, fraîchement naturalisés, jeans troués, scolarité accomplie et des rêves plein la tête.  Et ils parlent, ils parlent, ils parlent. Des minarets, du terrorisme, de la Libye… et de la mode, car Eren et Ekrem, 24 et 23 ans, viennent d’ouvrir une boutique en face du kiosque qu’ils gèrent déjà.

Ce drôle de trio n’est cependant pas là par hasard. Il a été réuni au mois d’août par la TSR pour son émission «Mégaphone». Une première confrontation entre des élus et des citoyens avait été réalisée en juin dernier. Pour ce second épisode, un pas de plus a été franchi dans le concept: quatre parlementaires romands ont d’abord été plongés dans une autre vie, à l’opposé de la leur. Et sous l’œil des caméras.

La socialiste Ada Marra a rencontré un Genevois bien remonté contre l’insécurité. Christian Lüscher a séjourné dans une famille avec trois enfants et aux fins de mois difficiles. Dominique de Buman a vécu le quotidien d’une jeune mère célibataire. Le résultat sera condensé sur huit minutes, que les téléspectateurs découvriront ce mercredi.

Le Japon de Perrin
Yvan Perrin a donc délaissé un jour Les Bolles-du-Temple, son adresse à La Côte-aux-Fées. Un lieu qu’il faut «préserver», dit-il, où la criminalité se résume à quelques jeunes qui viennent parfois chercher des champignons magiques ou à un paysan qui aurait mal attaché ses vaches. Celui qui est appelé là-haut «le fils à Mady», a débarqué à Lausanne avec, sur les épaules, chemise à carreaux aux manches courtes et sac à dos. Il a amené à ses hôtes du jour un sac de fromages du coin. Eren Aktas l’attendait devant sa voiture cabossée. Un peu grinche: il venait de se prendre une bûche pour n’avoir pas respecté un passage pour piétons.

Le choc des civilisations? La TSR avait fort à faire pour tout capter. Pour l’UDC, Eren et Ekrem font partie de ces étrangers qui portent de grandes chaussures noires prêtes à écraser le brave Helvète. Mais c’est pour la caricature. Pour faire peur. Car quand, dans la vraie vie, un vrai UDC rencontre de vrais immigrés, le refrain ne change peut-être pas, mais la tonalité oui. Ceux que l’UDC veut exclure du territoire, ce sont les autres, pas les Eren et les Ekrem qui réussissent dans la vie. Ces autres «sont une minorité», avoue Yvan Perrin sous les assauts d’Eren. «On ne peut pas empêcher la croissance démographique, on ne peut pas mettre des barrières autour de la Suisse. Et puis, ils sont où, vos Polonais?» martèle le jeune homme face à un Perrin qui tente une comparaison avec ce Japon où les gens, serrés, «ne nagent pas dans le bonheur». Et puis les Polonais ne sont peut-être pas là en masse, mais les Allemands, oui!

L’équipe de la TSR jubile. D’ailleurs, le réalisateur ne dit pas «Coupez!» mais «Arrêtez de parler!» Dans la boutique d’Eren et d’Ekrem, il devra même faire recommencer une scène car Yvan Perrin n’a pas attendu que la caméra tourne pour essayer et s’acheter une chemise double col, un modèle qui cartonne! Mais pourquoi n’a-t-il pas choisi la rose?

Magalie Goumaz dans le Matin Dimanche


«Mégaphone», TSR1, mercredi 21/09  à 20 h 10

samedi 17 septembre 2011

“Pour que les communes soient consultées”

L'UDC a officiellement lancé hier son initiative cantonale intitulée "Halte au diktat du canton: pour un droit des communes d'être consultées et associées en matière d'asile."

Le droit d'être entendu

"Nous ne demandons pas un droit de veto pour les communes en matière de centres pour demandeurs d'asile", explique le député et conseiller communal saviésan Jean-Luc Addor, "par contre, nous estimons qu'il est normal que les communes soient consultées par le canton, alors qu'aujourd'hui elles sont considérées comme de simples exécutantes." Grégory Logean, conseiller communal à Hérémence et président du comité d'initiative, constate: "Aujourd'hui, le dialogue entre le canton et les communes n'existe toute simplement pas, comme l'ont démontré les exemples de Vouvry et de Vex. La politique du fait accompli doit cesser. La mise en place d'un centre de requérants d'asile dans une région crée un foyer de désordre et d'insécurité, les autorités locales doivent pouvoir s'y préparer et, s'il y a dialogue, proposer d'autres solutions." C'est la première fois que l'UDC lance, seule, une initiative cantonale en Valais. C'est donc un test pour elle.

Un complément à l'initiative fédérale

Aux yeux des démocrates du centre, le texte de l'initiative cantonale complète celui de l'initiative fédérale visant à stopper "l'immigration massive". Pour le président du parti, le conseiller national Oskar Freysinger, "la seule possibilité de résoudre le problème est de diminuer le nombre d'immigrés. Aujourd'hui, notre politique donne l'image de portes ouvertes vis-à-vis du tiers-monde. C'est une réputation qui fait vite son chemin. Les passeurs le savent assez. Nous devons donc être plus restrictifs. Notre but est de mettre un maximum de pression sur le monde politique pour qu'il réagisse face à ce problème, alors qu'il préfère s'enfouir la tête sous le sable." L'UDC dispose maintenant d'une année pour récolter les 4000 signatures nécessaires pour faire aboutir son initiative.

Jean-Yves Gabbud dans le Nouvelliste

samedi 3 septembre 2011

L’UDC va déposer une interpellation sur la politique d’asile

Le groupe parlementaire UDC va déposer une interpellation urgente sur la politique d’asile lors de la session d’automne des Chambres fédérales.

Lors de la session d’automne des Chambres fédérales, le groupe parlementaire UDC va déposer une interpellation urgente sur la politique d’asile. De son côté, le groupe socialiste rappelle sa volonté d’une sortie pleine et entière du nucléaire.

Lors de sa séance de samedi, l’UDC a décidé d’exiger du Conseil fédéral des informations sur la «situation désastreuse qui règne aussi bien dans le secteur de l’asile qu’à l’Office fédéral des migrations (ODM)», a-t-elle indiqué dans un communiqué. Le parti veut que le gouvernement prenne des «mesures efficaces contre le chaos qui s’étend» dans ce domaine.

L’UDC approuve la décision prise autrefois par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et l’ODM de ne pas entrer en matière sur les milliers de demandes d’asile déposées par des migrants irakiens en Syrie et en Egypte. «Cette décision a permis d’empêcher un important afflux de personnes n’ayant aucune raison valable de demander l’asile», peut-on lire dans le communiqué.

«La loi sur l’asile doit être appliquée dans toute sa rigueur. Il faut immédiatement entreprendre les révisions nécessaires pour accélérer massivement la procédure d’asile», a poursuivi l’UDC. Le parti veut aussi que soit réglé le problème «lancinant» des objecteurs de conscience érythréens.

De son côté, le groupe socialiste aux Chambres a critiqué la possibilité envisagée par la Commission de l’énergie du Conseil des Etats de ne pas fermer la porte à des réacteurs atomiques de nouvelles générations. Tout comme l’ont fait savoir vendredi les Verts, le PS veut une sortie pleine et entière du nucléaire et une transition vers les énergies renouvelables.

ATS

lundi 29 août 2011

Campagne contre la xénophobie

Le syndicat Unia a lancé une campagne contre la xénophobie. Grâce à des cartes postales, des drapeaux et une journée d'actions en décembre, il entend rappeler «le précieux apport des migrants et des migrantes à la prospérité helvétique».

TSRinfo

mercredi 24 août 2011

L’UDC déterre la hache de guerre avec l’économie sur la libre circulation

Toni Brunner attaque de front le président d’EconomieSuisse suite à une interview publiée dans nos colonnes.

imageL’UDC a présenté hier à Berne son programme pour revitaliser l’économie par le biais d’allégements d’impôts pour les entreprises et les ménages. Photo Keystone 

Dans nos éditions de lundi, Gerold Bührer s’en prenait vertement à l’Union démocratique du centre (UDC) et à son initiative «Contre l’immigration de masse», qualifiant la démarche «d’irresponsable». Il reprochait au parti d’exploiter politiquement les peurs, au lieu de chercher des solutions. Le texte exige, entre autres, une renégociation de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE).

La contre-attaque n’a pas tardé. Dans une lettre envoyée hier au président de la Fédération des entreprises suisses, l’UDC estime que ces reproches ne sont même pas «documentés». Toni Brunner, président de l’UDC, pose neuf questions, et prie Gerold Bührer d’y répondre, car si l’UDC a fait «des propositions concrètes», ce n’est pas le cas d’EconomieSuisse.

Le plus grand parti du pays se demande notamment si l’organisation économique considère «souhaitable et supportable» l’immigration «de masse de ces quatre dernières années»? Quelles mesures sont proposées contre les conséquences «négatives» de ces arrivées, telles les infrastructures «surchargées» ou encore la croissance des loyers? EconomieSuisse peut-elle garantir que, en cas de ralentissement de la conjoncture, les chômeurs originaires de l’Union européenne (UE) retourneront dans leur pays?

Parti de l’économie

La tension est également vive avec l’autre organisation économique, celle des petites et moyenne entreprises, l’Union suisse des arts et métiers (USAM). Son président, l’UDC Bruno Zuppiger, a été prié de se distancier de l’initiative de son parti. Chose faite dimanche dernier dans le SonntagsBlick . «L’initiative va trop loin», a estimé le Zurichois, qui compte parmi les partisans de la libre circulation des personnes dans son parti. Il estime que la Suisse ne peut pas prendre le risque de remettre en cause les accords bilatéraux. Cette position est défendue par des représentants de l’aile économique de l’UDC comme l’industriel thurgovien Peter Spuhler ou le Bernois Hansruedi Wandfluh.

Ces tensions avec les organisations économiques n’inquiètent pas le chef de campagne Christoph Blocher, alors que l’UDC dispute la place de parti de l’économie au Parti libéral-radical. «Lors de la campagne sur l’EEE, la confrontation avec les associations économiques a été brutale, confiait hier l’ancien conseiller fédéral en marge de la conférence de presse sur le franc fort. Leurs dirigeants voulaient adhérer à l’EEE puis à l’UE, ce qui était irresponsable pour nous. Si nous les avions écoutés nous y serions.»

Christoph Blocher s’en prend aussi directement à l’ancien conseiller national PLR Gerold Bührer: «C’est une prise de position libérale-radicale, rien de plus. Car, sur le fond, Gerold Bührer demande la même chose que nous dans son interview, soit une adaptation de l’accord sur la libre circulation des personnes. Sa vision est celle, typique, d’un manager à courte vue. Le nombre de chômeurs lui est égal. Il est indifférent aux tensions sociales. Il ne regarde que le moment présent. Des entrepreneurs prévoyants ne pensent pas comme cela!»

Du coté d’EconomieSuisse, l’attaque est gérée avec sang-froid. Ursula Fraefel, responsable de la communication: «En pleine campagne électorale, cette manière d’agir ne nous surprend pas. Il est évident que Gerold Bührer va répondre à ces questions. En ce qui concerne les accords bilatéraux avec l’UE, il y a longtemps qu’il y a une divergence d’opinions entre l’UDC et nous.»

Romain Clivaz, Berne, pour 24 Heures

lundi 22 août 2011

Pour Gerold Bührer, l’attitude de l’UDC est «irresponsable»

Le président d’EconomieSuisse condamne avec force l’initiative contre l’immigration.

gerold bührer opinion udc

Quand il siégeait au Conseil national, Gerold Bührer appartenait à l’aile économique du Parti libéral-radical. Il nouait régulièrement des alliances avec l’UDC. Mais aujourd’hui, le président d’EconomieSuisse, qui a quitté le National en 2007, critique vertement l’initiative de l’UDC «Contre l’immigration de masse», car elle s’en prend à la libre circulation des personnes en demandant une nouvelle négociation. Interview.

Les questions liées aux migrations et à la libre circulation posées par l’UDC ne sont-elles pas légitimes?

Bien sûr. En démocratie directe, on ne refuse pas le débat. Mais l’UDC sait parfaitement que ses solutions sont inapplicables. Et que, même si elles devaient l’être, elles seraient négatives pour l’économie et l’emploi. C’est une attitude irresponsable. Ce parti crée et exploite politiquement les peurs au lieu de chercher des solutions aux problèmes qui découlent de l’ouverture.

Près des 40% des entreprises contrôlées ont été épinglées par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) pour sous-enchère salariale. Il y a un problème!

Personne ne le conteste, même si, sur ces 40%, seuls 10% sont des cas graves selon le SECO. De plus, les contrôles sont ciblés sur les branches où les problèmes sont connus. EconomieSuisse et l’Union patronale veulent corriger les défauts du système avec l’amélioration des mesures d’accompagnement. On peut aussi envisager de discuter d’une nouvelle clause de sauvegarde migratoire avec l’Union européenne (UE) en cas d’urgence. Toutefois, remettre en cause le système de la libre circulation serait fatal pour l’économie et l’emploi!

Pourtant, c’est ce que font avec succès le Mouvement citoyens genevois (MCG) ou la Lega dei Ticinesi. Autant de voix pour le texte de l’UDC?

Je sens un malaise même dans mon canton, Schaffhouse. Des secteurs comme la médecine ou la finance sont soumis à une nouvelle concurrence. Mais, tout compte fait, cette concurrence est positive et ne fait pas augmenter le chômage. De plus, des emplois ont été créés grâce à cette flexibilité. Ces migrants viennent pour travailler. L’UDC sait d’ailleurs très bien que les problèmes d’intégration, qui parfois conduisent à la criminalité, ont plutôt leurs racines dans les années des contingents, et pas dans la libre circulation. Mais elle joue sur des amalgames.

Christoph Blocher affirme que «la Suisse s’en sortirait très bien sans les accords bilatéraux».

C’est faux! La Suisse doit miser sur trois piliers: le multilatéralisme, certes mal en point, de l’Organisation mondiale du commerce; les accords de libre-échange bilatéraux, comme celui en cours avec la Chine; les accords bilatéraux avec l’UE, vers laquelle près de 60% de nos exportations se dirigent toujours. Le prix de l’accès aux marchés, c’est l’ouverture du nôtre. Briser un de ces piliers serait irresponsable.

La Suisse a longtemps misé avec succès sur des contingents. Pourquoi ne pas recommencer?

Ces contingents n’ont pas été un grand succès, mais avant tout un système administrativement lourd, notamment pour les entreprises. Et depuis lors, le monde a évolué. Notre réseau d’accords internationaux s’est densifié. Changer de système constituerait un trop grand risque. Pour les entreprises, le retour des contingents constituerait aussi un surcroît de bureaucratie et une perte de flexibilité. Cela surprend de voir l’UDC, un parti bourgeois aux dernières nouvelles, proposer cela.

Christoph Blocher s’affiche à la pointe dans ce combat. L’UDC a-t-elle divorcé des milieux économiques qui l’aimaient tant?

Disons que, chez Christoph Blocher, il y a le brillant entrepreneur et le politicien. Dans ce dossier, le second a pris le dessus. Et si nous sommes sur la même longueur d’onde sur des thèmes comme les dépenses publiques, la fiscalité ou l’énergie, ce dossier est celui qui nous divise le plus. Mais l’initiative «Contre l’immigration de masse» divise aussi l’UDC, puisque plusieurs chefs d’entreprise ont pris leurs distances.

Craignez-vous le prochain élargissement, qui concernerait les Balkans avec la Croatie?

Non. Les Suisses sont certes critiques, mais ils sont avant tout rationnels et pragmatiques. Se jeter dans l’inconnu ne leur plaît pas. Ils continueront à soutenir la voie bilatérale.

Romain Clivaz, Zürich, pour 24 Heures

Le profil d’un UDC sert de défouloir anti-islam

udc ge racisme fb Un membre du parti aurait proféré des paroles ordurières sur le web. La direction de la section condamne ces déclarations. L’intéressé dit avoir été piraté.

«A quand le concours de lancer de pied de porc dans les mosquées?» C’est l’une des suggestions émises sur le profil de Lee Ramirez, membre de l’UDC genevoise, dans une discussion sur Facebook. Il propose aussi le jet de «tranches de bacon sur les vitrines de magasins halal» ou la diffusion de «couinements de porc» devant les «repères muzz».

La direction de la section cantonale du parti se distancie fermement de ces propos diffamatoires. «Ces paroles sont inacceptables et n’engagent que lui», réagit la présidente, Céline Amaudruz. Le comité directeur a convoqué Lee Ramirez aujourd’hui pour éclaircir les choses. «Nous cherchons à comprendre, souligne Patrick Hulliger, responsable des campagnes. Ces paroles sont intolérables. Si elles sont du fait de M. Ramirez, des sanctions seront prises à son encontre.»

L’intéressé dément avoir tenu un tel discours. Samedi, il a précisé sur Facebook qu’un «pseudo portait des accusations» contre lui sur le réseau social et prié ses amis de ne «pas considérer ces propos calomnieux». Joint hier, ce presque quadragénaire dit avoir déjà été victime de piratage cette année et s’en être plaint à la plate-forme. «Je n’ai ­jamais écrit une chose pareille. Ce peut être un montage. Les attaques ont commencé lorsque j’ai créé le profil de l’UDC genevoise sur YouTube et que nous avons patrouillé autour de l’Usine, en mars.» Le politicien espère obtenir l’appui du comité directeur.

Irène Languin dans 20 Minutes

samedi 20 août 2011

Les mots de travers de l’UDC

On ne doutait pas de la capacité de l’UDC à savoir exploiter très rapidement les faits divers tragiques où les étrangers ont le mauvais rôle. Elle vient, sans surprise, de le faire avec les deux drames survenus le 15 août, à Pfäffikon (ZH) et Interlaken (BE), dont l’un touchait un «lutteur douze fois couronné».

«Un Kosovar abat la responsable des services sociaux!» «Des Kosovars poignardent un Suisse!» On ne doutait pas de la capacité de l’UDC à savoir exploiter très rapidement les faits divers tragiques où les étrangers ont le mauvais rôle. Elle vient, sans surprise, de le faire avec les deux drames survenus le 15 août, à Pfäffikon (ZH) et Interlaken (BE), dont l’un touchait un «lutteur douze fois couronné».

La voilà donc avec deux tout nouveaux titres inspirés de l’actualité pour décliner son annonce qui fait la promotion de son initiative «pour stopper l’immigration massive». Et, par ricochet, renvoie à celle «pour le renvoi des étrangers criminels». L’ambassade du Kosovo a d’ailleurs dû sentir le vent du boulet et la récupération politique. Car elle avait jugé nécessaire, quelques heures plus tôt, d’envoyer un fax aux rédactions pour condamner ces actes.

Mais vouloir agir plus vite que son ombre comporte un risque. Dans son communiqué visant à promouvoir sa nouvelle campagne d’affichage, dénoncer l’«attitude passive» du gouvernement et se plaindre des journaux qui refusent de publier l’annonce, l’UDC s’inflige un joli autogoal. Et nous offre un contresens bien en évidence dans le titre. Voilà ce qu’écrit le parti: «Il est temps que le Conseil fédéral agisse contre les étrangers criminels et l’émigration de masse.» Tiens donc. L’UDC ne brandit plus la menace d’une invasion d’étrangers, mais préfère s’inquiéter d’un exode massif aussi soudain qu’inexplicable des Suisses? Encore un mouvement migratoire qui semble nous avoir échappé.

Valérie de Graffenried dans le Temps

jeudi 18 août 2011

Clandestins mais pas criminels

Une récente jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne a jugé contraire au droit supérieur l’emprisonnement pour défaut de papiers d’identité de résidents illégaux. S’il est toujours possible de recourir à la contrainte – emprisonner un clandestin pour l’expulser –, le fait d’être sans titre de séjour ne devrait pas être passible de poursuites pénales.

Comment cette jurisprudence qui concerne un cas italien s’appliquera-t-elle en Suisse? A ce stade, les juristes consultés découvrent cet arrêt et les avis fluctuent au gré des personnes interviewées. On se réjouira tout d’abord que le bon sens ait – partiellement – prévalu. La forteresse Europe, que d’aucun veulent ériger sur le rejet et l’exclusion, pose bel et bien des problèmes en termes de droits fondamentaux.

Mais en cas de désaveu de la Suisse, qui pratique également une telle criminalisation des personnes en séjour illégal, on entend déjà la droite populiste en appeler au respect de la volonté populaire. Elle qui n’est jamais en reste pour présenter un texte contraire au droit supérieur(1): initiative contre les minarets, expulsion des criminels étrangers ou encore – le scud est parti le 1er août – l’initiative dite «contre l’immigration de masse».

En l’occurrence, ce dernier texte est contraire à la libre circulation des personnes qui vient pourtant d’être approuvée par le peuple il y a deux ans. Que se passera-t-il en cas d’acceptation de cette initiative? Le Conseil fédéral est chargé de renégocier les accords bilatéraux. On imagine d’ici la tête des dirigeants européens. Leur patience a des limites et la Suisse sera envoyée paître en des termes même pas polis.

Ce qui ne déplairait peut-être pas à la frange la plus excitée de l’extrême droite pour qui un bantoustan helvète n’est pas un épouvantail mais bien un sort enviable. En tous les cas, cela aurait l’intérêt de mettre la secte blochérienne devant ses contradictions. Car cela ruinerait tout simplement la Suisse; on doute que l’aile économique de l’UDC s’y retrouve. Et surtout, à force de refuser toute norme qui n’ait pas été adoubée par une Landsgemeinde, la formation conservatrice se place aussi en porte-à-faux de l’histoire dont elle prétend tirer sa vertu politique.

La Suisse doit son existence à un certain nombre de traités internationaux – celui de Westphalie et les traités consécutifs aux guerres napoléoniennes – contre les prétentions des Habsbourg honnis. Le droit protège le faible contre le fort, en bonne logique rousseauiste. Cela vaut pour les pays. Mais ce principe s’applique aussi aux personnes. Et c’est peut-être précisément ce qui déplait à la formation au bouc, qui œuvre au démantèlement des normes de protection sociale.

L’extrême droite montre son vrai visage à double titre. Son discours est populiste mais ne défend en rien les intérêts populaires. Et sa lecture de l’histoire n’est que propagandiste, voire pure manipulation.

Edito de Philippe Bach dans le Courrier

(1) La revue hebdomadaire Domaine public a consacré une série d'articles forts intéressants à cette problématique. Voir notamment Alex Dépraz, «Les conséquences d’une acception de l’initiative du 1er août», DP 1920, 8 août 2011.

vendredi 12 août 2011

La droite attaque la libre circulation des personnes

affiche immigration udc En vue des élections fédérales, la droite conservatrice (UDC) relance sa campagne contre les étrangers pour gagner des voix. Elle veut réintroduire des contingents et renégocier l’accord de libre circulation des personnes avec l’UE. Les critiques fusent.

Dans certains grands pays, comme les Etats-Unis, les succès électoraux dépendent surtout de trois facteurs: l’attractivité du candidat à la présidence, la politique économique et la guerre.
En Suisse, aucun de ces trois éléments n’est décisif pour les élections fédérales: la présidence est assumée par rotation entre les membres du gouvernement, l’économie jouit d’une trop bonne santé pour susciter de grands débats et on ne parle certainement pas de guerre au pays de la neutralité.
Depuis une dizaine d’années, le thème qui s’est révélé le plus payant d’un point de vue électoral est celui des étrangers. Des étrangers accusés d’augmenter la criminalité, de profiter du système social, d’abuser du droit d’asile. Des campagnes basées sur ces peurs ont contribué en large partie aux succès du parti de la droite conservatrice (Union démocratique du centre, UDC), qui a doublé son électorat depuis 1995, devenant ainsi la première force politique du pays.
Alors que l’effet Fukushima, qui avait focalisé l’attention sur la politique énergétique au cours des derniers mois, s’est atténué, le parti de la droite conservatrice continue la course avec son cheval de bataille favori, en multipliant les conférences de presse, les annonces et les affiches.  La dernière en date, placardée dans tout le pays, montre des silhouettes noires qui traversent la frontière et piétinent le sol suisse avec des chaussures noires.

Contingents annuels

La campagne tourne autour de l’initiative populaire «Contre l’immigration massive d’étrangers et de requérants d’asile», lancée à fin juillet par l’UDC. Le texte vise à réduire d’afflux d’étrangers par le biais de l’introduction de plafonds et de contingents annuels fixés «en fonction des intérêts de l’économie et dans le respect du principe de la préférence aux Suisses».
Si, par le passé, l’UDC visait surtout certaines franges des étrangers, comme les auteurs de crimes, cette fois, l’initiative tire ratisse plus large: immigrés en provenance de l’UE ou d’autres pays, frontaliers et requérants d’asile.
«Nous ne sommes aujourd’hui plus en mesure de gérer l’immigration massive provoquée par la libre circulation des personnes avec l’UE, par l’ouverture des frontières avec l’adhésion au traité de Schengen et par les négligences dans le domaine de l’asile, estime de député UDC Hans Fehr. La surpopulation de la Suisse a désormais atteint ses limites: les Suisses perdent leur emploi, les institutions sociales sont surchargées, la criminalité augmente, les routes sont saturées, les trains bondés et des loyers plus chers.»
L’initiative a suscité les critiques de la part des autres principaux partis politiques. En premier lieu parce qu’elle attaque directement les accords bilatéraux avec l’UE, considérés comme la clef de voute non seulement des relations avec l’extérieur, mais aussi de la politique économique nationale.
En effet, si elle était acceptée, l’initiative impliquerait la renégociation et l’adaptation de l’accord sur la libre circulation des personnes signé entre la Suisse et l’UE.

Déclaration de guerre

«Cette initiative est une déclaration de guerre à la libre circulation des personnes. La réintroduction de contingents et le principe de la préférence aux Suisses contreviennent aux accords bilatéraux et ne pourront jamais être acceptés par l’UE. Il est indécent de vouloir faire campagne avec de telles déclarations de guerre», affirme le député libéral-radical (droite) Ruedi Noser.
«Absurde, répond Hans Fehr. Nos adversaires commencent à trembler, avant même que Bruxelles ne bouge le petit doigt. La Suisse doit au contraire bomber le torse dans les négociations avec l’UE. En fin de compte, nous sommes un partenaire commercial exceptionnel: nos importations en provenance de l’UE dépassent les exportations de 20 milliards de francs. Nous construisons des transversales ferroviaires à 30 milliards pour le trafic européen et nous reversons aux pays de l’UE les impôts prélevés sur les capitaux que ses citoyens ont déposé en Suisse.»
«L’UDC se berce d’illusions, rétorque pour sa part le député socialiste Hans-Jürg Fehr. La libre circulation des personnes n’est pas négociable par Bruxelles du moment qu’elle représente l’un des piliers de son marché intérieur. Si nous voulons être intégrés dans ce grand marché, nous devons aussi en accepter les règles, dans l’intérêt de notre économie.»

Conséquences néfastes

Selon les opposants, les propositions de l’UDC auraient des conséquences catastrophiques au niveau économique et social. «Cette initiative risque de ramener la Suisse à l’époque des contingents, lorsque beaucoup d’entreprises avaient des difficultés à trouver de la main d’œuvre qualifiée. A cette époque, notre économie stagnait, alors qu’elle a commencé à croître avec davantage de vigueur depuis l’introduction de la libre circulation des personnes, ce qui a permis de créer de nouveaux emplois», affirme Ruedi Noser.
«Encore une fois, c’est absurde, déclare Hans Fehr. Avec notre proposition, nous pourrons continuer à prendre ceux dont nous avons besoin, mais en revanche exclure les autres. Mais il y a manifestement des managers qui aimeraient pouvoir choisir parmi 500 millions de travailleurs pour faire baisser les salaires. Cette vision est rejetée par Hans-Jürg Fehr: «En réalité, avec l’introduction de contingents, l’UDC veut seulement supprimer les mesures d’accompagnement destinées à combattre le dumping salarial et introduites conjointement à la libre circulation des personnes», rétorque le député socialiste.
Les opposants à l’initiative se disent confiants: les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes avec l’UE ont été soutenus par une solide majorité des Suisses au cours de trois votations fédérales.
«La nouvelle proposition de l’UDC sera à nouveau bloquée dans les urnes», prédit Hans-Jürg Fehr. Mais en attendant, la droite conservatrice vise surtout à vaincre lors des prochaines élections fédérales avec sa nouvelle campagne anti-étrangers.

Armando Mombelli, swissinfo.ch, traduction de l’italien: Olivier Pauchard

vendredi 29 juillet 2011

Christoph Blocher s’en prend massivement aux étrangers

A 70 ans, l’UDC revient pour les élections fédérales. Selon lui, la Suisse peut vivre sans accords bilatéraux.

Christoph Blocher est bien vivant. Le Zurichois, que l’on donnait pour mort suite à son éviction du Conseil fédéral en 2007, se présente au Conseil des Etats et au National en octobre. S’il a pris un petit coup de vieux, sa conviction de devoir sauver la Suisse contre l’immigration et l’Union européenne (UE) est intacte depuis 1979. A 70 ans, le vice-président de l’UDC mène sa dernière guerre. Pour la gagner, il est prêt à mourir sur scène. Interview.

N’êtes-vous pas trop vieux pour siéger au parlement?

Non, j’ai beaucoup d’expérience. C’est d’ailleurs pour cela que les Jeunes UDC sont venus me chercher. Mais j’avoue que j’ai un peu moins d’énergie qu’eux.

Ne craignez-vous pas la maladie ou le vieillissement?

Peut-être que ma santé me lâchera, mais, ces cinquante dernières années, je ne suis allé à l’hôpital qu’une fois pour une opération de l’intestin, lorsque je siégeais au Conseil fédéral. Personne n’en a rien su! Avec l’âge, j’aurai peut-être moins de repartie, mais, pour l’heure, je suis en pleine forme.

Etes-vous sur Facebook?

Face… quoi? ( Ndlr.: son porte-parole lui explique qu’il a dix profils à son nom, mais aucun compte officiel.) J’avoue que je ne suis pas un amateur de ces technologies. Je n’ai pas de télévision, je ne vais jamais sur internet et ne sais pas me servir d’un iPhone. Cela me permet de rester concentré sur l’essentiel.

L’essentiel se résume aux mêmes thèmes depuis 30 ans.

C’est qu’ils sont d’actualité! La Suisse doit rester autonome face à l’Europe. C’est pour cela que je veux revenir au parlement. Contrairement à ce que disent certains, je ne reviens pas pour me venger de mon éviction du Conseil fédéral, mais pour défendre mes idées.

L’une d’elles est la limitation de l’immigration en Suisse. Votre parti lance d’ailleurs une initiative pour renégocier la libre circulation avec l’UE. En tant qu’ancien patron, y croyez-vous ou cherchez-vous un thème de campagne?

Cette initiative permet certes de rappeler nos positions aux électeurs, mais je crois aussi que l’immigration est trop importante en Suisse. Elle fait augmenter les loyers, surcharge nos transports, met les salaires sous pression. Il faut réintroduire des contrôles aux frontières. S’assurer que les emplois sont offerts aux Suisses d’abord, et que les immigrés viennent seulement lorsqu’ils ont un contrat de travail. Et créer des contingents maximums chaque année.

Vous parler de pression sur les salaires. Pourtant votre parti a toujours refusé d’instaurer plus de contrôles et de mesures d’accompagnement.

Ces mesures sont des outils de régulation. Il est bête d’ouvrir les frontières s’il faut ensuite prendre sans cesse des mesures en plus. C’est une perte de temps de devoir vérifier chaque cas de dumping salarial. Il faut une solution globale négociée avec Bruxelles.

Mais EconomieSuisse craint que Bruxelles refuse et rejette l’accord sur la libre circulation et, du coup, tout le paquet des accords bilatéraux…

C’est un risque. Mais la menace restera une menace. L’UE a intérêt à négocier, puisque c’est elle qui profite le plus de la libre circulation. Et, soyons honnêtes: la Suisse s’en sortirait très bien sans les accords bilatéraux. Nous avons des liens directs forts avec les pays européens. Il y a vingt ans, lors de la votation sur l’Espace économique européen, l’économie disait aussi que notre pays allait sombrer en cas de refus. Aujourd’hui, elle reconnaît que notre pays s’en sort mieux ainsi. C’est vrai que les entreprises auront plus de peine à engager du personnel si notre initiative passe, mais l’économie du pays s’en sortira mieux.

Vous dites être le parti du peuple. A-t-il toujours raison?

Non. La voix du peuple n’est pas la voix de Dieu, ni celle du gouvernement. Mais c’est important, dans une démocratie, d’accepter les résultats d’une votation.

Pourquoi ne le faites-vous pas cette fois-ci? Le peuple a accepté toutes les votations sur la libre circulation…

Mais nous respectons ses décisions! Cette initiative ne tente pas de revenir en arrière, mais d’adapter un système après en avoir fait l’expérience. Du reste, cette fois-ci encore, le peuple décidera au final.

Vous serez sans doute élu, sinon aux Etats, au moins au National. Combien de temps resterez-vous à Berne?

Je m’en irai seulement quand j’aurai le sentiment que mes idées ont été écoutées… et adoptées.

Nadine Haltiner, Zürich, dans 24 Heures

jeudi 28 juillet 2011

L'UDC combat «la mort de la nationalité suisse»

L’UDC va combattre «avec force» l’initiative «Vivre et voter ici» soumise aux Vaudois le 4 septembre. Accorder le droit de vote et d’éligibilité aux étrangers «signifierait la mort de la nationalité suisse», a affirmé Fabrice Moscheni, président de l’UDC-Vaud .

«Vivre et voter ici» a été lancée par la gauche et différentes associations. L’initiative prévoit le droit de vote et d’éligibilité pour les étrangers au niveau cantonal sous conditions. Un «oui» serait «un premier pas vers la destruction des valeurs de la Suisse», a expliqué jeudiFabrice Moscheni.

Etrangers caricaturés
L’UDC va axer sa campagne, qui démarre immédiatement, sur le symbole de la fête nationale du 1er août afin de souligner l’importance du sujet. Le visuel de l’UDC-Vaud sera sobre, avec une croix blanche sur fond rouge. Les jeunes UDC vaudois reprendront en revanche une affiche utilisée à Bâle sur la même thématique et montrant des personnes «étrangères» (femme voilée, jeune portant une casquette de travers, homme barbichu), convoiter une urne de scrutin. Questionné sur ce genre de propagande après les tueries en Norvège, Michaël Buffat, député et président des Jeunes UDC-Vaud, a affirmé qu’»ils ne jouaient pas avec le feu». «On veut éviter tout amalgame» avec ce qu’a fait ce Norvégien «complètement désaxé», a assuré Fabrice Moscheni.

Contre «la loi des autres»
L’initiative donnerait des droits aux étrangers, mais pas les devoirs qui vont avec, comme le service militaire, selon Fabrice Moscheni. L’UDC refuse que des étrangers devenus députés, conseillers d’Etat ou conseillers aux Etats, puissent légiférer en Suisse. La naturalisation est le meilleur moyen de s’intégrer et de participer à la vie politique suisse. L’UDC conteste que ce processus soit difficile: sur 85’000 électeurs étrangers domiciliés dans le canton de Vaud, 75’000 peuvent franchir le pas, affirme le parti qui a pour l’heure 5000 francs de budget de campagne, et 2500 francs pour les Jeunes UDC.

Vaud pionnier
Pour rappel, Vaud deviendrait un canton pionnier en cas de «oui» le 4 septembre. Neuchâtel et Jura accordent déjà le droit de vote aux étrangers au plan cantonal, mais Vaud serait le premier à octroyer aussi le droit d’éligibilité, à l’instar de ce qui est admis au niveau communal depuis 2003. L’initiative «Vivre et voter ici» a recueilli 14’400 signatures. Le droit de vote et d’éligibilité serait accordé à ceux qui vivent depuis plus de dix ans en Suisse et plus de trois dans le canton de Vaud. Les initiants ont indiqué disposer d’un budget de campagne de l’ordre de 20 à 25’000 francs.

ATS et 24 Heures