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jeudi 18 août 2011

Maroc : forte poussée de l’immigration clandestine vers l’Espagne

Les côtes espagnoles sont régulièrement prises d’assaut par les candidats à l’immigration clandestine en ce mois d’août, où le climat favorable favorise les tentatives à la nage, ou par bateau. La presse espagnole rapporte près de 150 personnes sauvées près des côtes espagnoles depuis dimanche dernier. Parmi eux, des Marocains. Les autres, pour la plupart avaient pris le départ depuis les plages marocaines. 

Gil Arias, directeur adjoint de l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex), affirmait récemment que 2 600 personnes étaient entrées clandestinement en Espagne depuis le début de l’année. Le détroit de Gibraltar se présente comme la principale voie d’entrée de ces immigrés clandestins, car au début du mois d’août en cours, on ne comptait pas moins de 1400 personnes qui auraient atteint les côtes andalouses en partant d’Afrique du nord, depuis le 1er janvier 2011. Il faut désormais y ajouter les 147 personnes recueillies près des côtes espagnoles depuis le début de la semaine.

La presse espagnole rapporte en effet que les services de la Guardia Civil, du Sauvetage maritime et de la Douane espagnole ont intercepté depuis dimanche dernier, 8 embarcations au large des côtes d’Almeria, Melilla, Murcie, Motril, et Tarifa.

Le Maroc, l'un des principaux pourvoyeurs

Parmi les candidats à l’immigration clandestine interceptés en ce début de semaine, on retrouve une bonne partie originaire du Maghreb, dont des marocains. 3 embarcations transportant 59 Maghrébins ont ainsi été escortées par les autorités espagnoles d’Almeria, tandis que 11 autres réussissaient à regagner la terre ferme, avant d’être repris par les forces de sécurité de la même ville. De même, 14 adultes d’origine maghrébine ont été interceptés à Motril, et 5 Marocains ont été interceptés dans un canoë gonflable au large au Tarifa.

Pour le reste, il s’agissait de Subsahariens, dont un bon nombre est parti des côtes marocaines.  On a d’ailleurs recensé, au cours des derniers jours, un nombre important de clandestins qui ont rallié à la nage l’enclave espagnole de Ceuta, frontalière de provinces marocaines.

L’Espagne et le Maroc sous pression

La pression de l’immigration clandestine en Espagne est telle que les capacités d’accueil des centres pour immigrés sont largement dépassés. Dans les présides espagnols de Ceuta et Melilla, ces centres d’accueils abriteraient actuellement 700 pensionnaires chacun, soit 200 de plus que leurs capacités initiales. Le constat est le même pour les centres pour mineurs non accompagnés. A Melilla, le Centre pour mineurs de la Purisima accueille ces derniers temps, entre 130 et 140 pensionnaires, alors qu’il a été conçu pour en supporter 120.

Alors que le voisin ibérique a de plus en plus de mal à faire de la place pour les personnes à l’assaut de son Eldorado, le Maroc a constamment été appelé en renfort au cours des derniers mois. En juillet dernier, des hauts fonctionnaires espagnols avaient effectué des visites à Rabat pour aborder la question du contrôle des frontières entre les deux pays. La pression ne faiblissait pas lors du début du mois d'août avec Miguel Marin, président de l'éxecutif de Melilla ou le député de Ceuta Francisco Marquez de la Rubia. Le Maroc a très vite réagi vu qu’au cours des derniers jours, la marine marocaine à aider à intercepter près de 90 candidats à l’immigration clandestine qui s’apprêtaient à regagner Ceuta. Malgré l'inflation de l'immigration clandestine récemment constatée, les responsables espagnols ont tenu à saluer les efforts du Maroc.

L’autre volet de l’action marocaine est la réadmission des clandestins subsahariens refoulés depuis l’Espagne. Il y a deux ans, le Premier ministre espagnol Zapatero, citait d'ailleurs le royaume en exemple, en plaidant pour un accord sur la réadmission des clandestins refoulés de l’Europe, dans les pays d’origine ou de transit de ces migrants. S'il le Maroc joue bien le rôle de gendarme de l'immigration clandestine espagnole, est-il prêt à jouer aussi bien celui de terre d'accueil pour les refoulés d'Europe. Une chose est sûre en tout cas, la contrepartie espagnole devra être assez convaincante pour que Rabat prenne sur elle.

Yann Ngomo pour Yabiladi

samedi 6 novembre 2010

Le roi du Maroc demande à la communauté internationale d'agir

Le roi Mohammed VI du Maroc a vivement critiqué l'Algérie samedi dans un discours à la nation, appelant la communauté internationale à mettre fin à la "répression" que subissent, selon lui, les réfugiés sahraouis établis dans les camps de Tindouf (sud-ouest algérien).

"L'heure de vérité a sonné pour dévoiler à la communauté internationale les affres de la répression, de l'intimidation, de l'humiliation et des tortures qui sont infligées à nos compatriotes dans les camps de Tindouf", a déclaré le souverain à l'occasion du 35ème anniversaire de la "Marche verte" de 350.000 Marocains vers le Sahara occidental, organisée en 1975 par le roi Hassan II.

La communauté internationale et les organisations des droits de l'Homme, a-t-il affirmé, doivent "prendre leurs responsabilités en mettant un terme à la violation persistante des conventions internationales humanitaires par l'Algérie". Dans son discours le roi du Maroc a accusé l'Algérie d'avoir "créé une situation aberrante inédite, notamment en refusant d'autoriser le Haut Commissariat aux Réfugiés à assurer le recensement et la protection des populations des camps".

Le souverain a également exprimé son "refus de voir les libertés dont jouit notre pays honteusement instrumentalisées pour porter atteinte à notre intégrité territoriale" (Sahara occidental, ndlr). "Nous tenons également, a-t-il ajouté, à affirmer que nous ne laisserons quiconque entraver la marche démocratique en cours dans notre pays".

Le Maroc considère les réfugiés sahraouis de Tindouf -au nombre de plus de 160.000 selon le Front Polisario- comme étant des ressortissants marocains. Le Front Polisario réclame l'indépendance du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975, à travers un référendum d'autodétermination alors que le royaume propose une large autonomie sous sa souveraineté, refusant toute idée d'indépendance..

mardi 2 novembre 2010

« Le Maroc doit rapatrier les centaines de corps gisant dans des cimetières anonymes en Espagne »

Bien que son travail le mette au contact direct avec les morts, cet Espagnol avait le cœur qui ne vibrait que par la recherche du profit. Voyant dans le rapatriement de dépouilles d’immigrants clandestins un bon moyen de se faire de l’argent, il se lance dans l’aventure. Mais au lieu de l’argent, le thanatopracteur gagna quelque chose d’autre de plus précieux…

Il s’appelle Martin Zamora, tout juste âgé de 50 ans. Profession : croque-mort  à Los Barrios, un bourg  de la ville portuaire du Sud de l’Espagne, Algésiras. Depuis 12 ans, Martin y tient les pompes funèbres, mais c’est en 1999 que sa vie prit une tournure logique mais inattendue : 16 immigrants clandestins marocains font naufrage et échouent sur une plage proche d’Algésiras - morts. Martin y voit « un bon business » qui peut lui rapporter 4 000 euros par cadavre si jamais il  arrivait à « retrouver leurs familles » confie t-il dans le journal suisse «Le Temps» . Car autrement ils allaient tous finir dans des tombes anonymes.

Le jeu en valait la chandelle. Ce père de 7 enfants décide alors de se lancer à la recherche des familles des victimes. Au volant de sa fourgonnette, il prend la direction de Beni Mellal, dans l’espoir de retrouver les parents des naufragés. Armé de sa cupidité, il parcourt pendant des semaines, marchés et villages en exposant les effets des disparus (vêtements, montres, papiers..). Par chance, il atterrit dans un village d’où était partie une des victimes. Le bouche à oreille faisant le reste, Martin réussit à retrouver les familles des 16 cadavres !

De l’avidité à l’humanisme

Mais, c’est de là qu’une sorte de miracle se produit pour ce businessman de la mort : « Et là, ce fut un choc ! Je pensais faire du fric mais ces gens étaient misérables, avec juste de quoi manger jusqu’au lendemain ». Il espérait repartir avec des liasses de billets mais « finalement, j’ai mis 30 000 dirhams de ma poche!». A partir de ce jour, confie Martin, « quand je vois un naufragé ou un type en danger, je me vois à sa place, alors il faut que je l’aide, c’est plus fort que moi. »

De l’avidité, il est passé à la philanthropie (surtout envers les immigrés). En dix ans, il a transporté près de 600 dépouilles d’immigrants clandestins. Et ce n’est pas tout, Martin, bien qu’il conserve son nom, devient musulman (pas très accro certes à la prière et se réjouit d’un diabète qui l’empêche de faire le ramadan). Il se décarcasse à chaque naufrage pour récupérer les corps qu’il prépare pour ensuite se lancer à la recherche de leurs proches. Une véritable bataille du combattant pour ce thanatopracteur.

La fin justifie les moyens

En effet, reconnait cet homme qui a eu 7 enfants avec trois femmes : « Cela exige de la ténacité, jusqu’à six mois d’attente. Sans test ADN, par exemple, les juges retiennent le corps. » Pour récupérer un quelconque corps, Martin est obligé de faire avec les lenteurs administratives, ces fameux tests ADN, les tractations consulaires, en plus de l’autorisation du juge.

Mais c’est comme si Martin a fait du rapatriement des victimes de l’immigration son raccourci vers le Paradis. Les va-et viens interminables entre Algésiras et le Royaume lui ont fait connaitre « le Maroc comme [sa] poche, les routes en asphalte comme les pistes en terre ». Le bien finissant toujours par payer, Martin est aujourd’hui très sollicité par la communauté marocaine d’Espagne. Il est le recours dès qu’il s’agit de rapatriement de dépouille de Marocains morts sur la péninsule ibérique. Il estime à 3 000 le nombre de dépouilles d’immigrés qu’il a eu à acheminer vers le Royaume.

Les derniers vœux de Martin

Toutefois, la crise financière qui force de nombreux Marocains résidant en Espagne à regagner le bled impacte également les activités de notre businessman de la mort. Les barques de clandestins atterrissent de moins en moins sur les plages espagnoles (45,7% de moins en 2009, comparé à 2008). Un tout qui ne fait pas les affaires de Martin qui pense immigrer lui aussi vers le Brésil, le pays de son actuelle femme.

Avant de partir, il espère tout de même voir un de ses plus grands rêves se réaliser : « obtenir que les 300 ou 400 cadavres de clandestins qui gisent, anonymes, dans des cimetières espagnols, soient rapatriés, avec le financement de l’Etat marocain. » A bon entendeur…

Oumar Baldé sur yabildi.com


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