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mercredi 16 mai 2012

La criminalité nord-africaine dans le viseur

La police fribourgeoise a multiplié les actions contre une soixantaine de personnes originaires du Maghreb.

Appeler un chat un chat n’est pas toujours politiquement correct. La police fribourgeoise a pris ce risque hier et a tiré le bilan d’une opération de sécurité visant la hausse de la petite criminalité associée à un groupe de personnes venues d’Afrique du Nord.  «Plus de 60 personnes originaires d’Afrique du Nord résidant dans les foyers du canton sont une des causes de la hausse de la criminalité constatée à la fin de l’année passée et au début de celle-ci», a indiqué la police. Cette dernière s’est empressée de souligner qu’il ne fallait pas généraliser: «Tous les requérants d’asile venus du Maghreb ne sont pas des délinquants.»

Selon la police, les personnes poursuivies font partie d’une catégorie de requérants – provenant en partie de pays ayant vécu les révolutions du Printemps arabe –, qui se sont vu opposer une décision de non-entrée en matière de procédure d’asile ou une décision négative.  A la fin de l’année dernière et au début de cette année, la police fribourgeoise a constaté une «augmentation flagrante des délits commis par ces ressortissants du Maghreb». Les délits identifiés sont essentiellement des vols à l’étalage, des vols par effraction dans des véhicules et des habitations, des infractions à la loi sur les stupéfiants et des agressions.

Pour exemple, les vols par effraction dans les véhicules ont augmenté de 410% au premier semestre 2012 par rapport aux premiers semestres de 2010 et 2011. La majeure partie des infractions ont été commises en ville de Fribourg. Des ressortissants des pays du Maghreb avaient également contribué à une hausse de la criminalité à Fribourg l’été dernier. C’est pourquoi la police avait décidé de mettre sur pied une task force, qui avait abouti à 88 dénonciations en 2011.

En février, elle a décidé de reconduire les activités de cette task force. Constituée par des forces issues de la gendarmerie et de la police de sûreté, celle-ci a réalisé 75 interpellations portant sur 66 personnes, avec à la clé 56 dénonciations.  Cette opération nommée «Eden» compte également un volet préventif. L’année passée, la population avait été mise en garde par la campagne de prévention «Attention aux voleurs», notamment dans les centres commerciaux.  Au final, la criminalité des ressortissants du Maghreb a baissé grâce à «Eden», affirme la police cantonale. Selon elle, cela a non seulement été confirmé par les chiffres, mais également par les retours des commerçants.

ATS dans 24 Heures

mardi 15 mai 2012

Le Tribunal fédéral donne raison à un groupe anti-islam

En 2009, le mouvement suisse contre l’islamisation (MOSCI) avait demandé à pouvoir tenir un stand en ville, sans succès. Une décision abusive.

L’instance juridique suprême a déclaré que la Ville de Fribourg avait violé les libertés d’opinion et d’information du mouvement en lui interdisant d’organiser son stand, sous prétexte de risques de débordements. Dans son arrêt du sept mai, le Tribunal fédéral déclare que les risques de grabuge ne semblaient pas assez concrets, lors de la décision, et que si la Ville se faisait tant de soucis que ça, elle aurait dû poser des exigences quant aux contenus exposés sur le stand ou prévoir des forces de police pour sécuriser la zone.

Quelques mois plus tôt, à Lausanne, un stand du MOSCI avait été attaqué par des ressortissants étrangers. Selon son président, David Vaucher, une personne avait été particulièrement choquée par la présence d’un ex-musulman converti au christianisme à ses côtés.

Le Mouvement suisse contre l’islamisation souhaitait présenter sur son stand divers documents, dont un livret exposant en quoi certains comportements du prophète Mahomet, s’ils avaient lieu aujourd’hui, poseraient problèmes aux yeux de la loi. Des critiques concernant un certain aspect «anti-démocratique» de l’islam devaient aussi figurer dans des textes proposés sur le présentoir du MOSCI.

La Ville de Fribourg avait refusé la tenue du stand après consultation, par la Direction de la police locale, de la Préfecture de la Sarine et de la Police cantonale. La demande de MOSCI s’était faite dans le contexte du débat sur la présence des minarets en Suisse.

Raphaël Pomey dans le Matin

vendredi 27 mai 2011

Les Roms ne sont pas les bienvenus en Veveyse

Cet après-midi, à la sortie d'autoroute de Châtel-Saint-Denis, direction Vevey, le préfet de la Veveyse aurait parlementé avec des Roms, pour les convaincre de ne pas s'arrêter dans son district.

Cet après-midi, vers 14h30, une colonne de caravanes bloquaient la sortie de d'autoroute de Châtel-Saint-Denis. Les gens du voyage, roulant en direction de Vevey, ont été stoppé par la police cantonale fribourgeoise accompagnée du Préfet de la Veveyse, Michel Chevalley. Une longue discussion entre les autorités et les Roms a alors engendré un bouchon de plusieurs kilomètres, selon les témoins. M. le Préfet, injoignable à l'heure où nous écrivons ces lignes, les auraient convaincu de ne pas s'arrêter dans son district. Il semble avoir atteint son but car, selon la police, les gens du voyage ont continué leur route en direction du canton de Vaud.

Anne Hemmer dans le Matin

mardi 17 mai 2011

"J'ai sauté du balcon dans le but de me tuer !"

Au lendemain de sa tentative de suicide, Yordanos, une requérante d'asile paniquée à l'idée d'être expulsée de Suisse, se confie à «20 minutes» depuis son lit d'hôpital.

Yordanos a survécu à sa chute du balcon du 3e étage de l'appartement qu'elle occupait dans un immeuble du «Foyer du Lac», un centre qui accueille des requérants d'asile à Estavayer-le-Lac. Hospitalisée au CHUV, l'Erythréenne de 21 ans souffre de multiples fractures mais son pronostic vital n'est pas engagé.

«Je voulais en finir! Je ne suis pas tombée accidentellement. C'est vraiment par désespoir, lorsque j’ai vu arriver la police, que j’ai décidé de sauter», explique la jeune fille au physique de fillette (1m30 pour environ 30kg), en accueillant quelques visites, mardi en fin de matinée au 14e étage du CHUV.

Comment se sent-elle? «Physiquement, je souffre énormément. J'ai très mal aux jambes, au dos et au bassin. Ce qui m'inquiète, c’est surtout que je ne sens plus une de mes jambes», poursuit-elle, esquissant malgré tout un sourire.

«On peut remercier le Seigneur!»

«C'est un miracle qu'elle ait survécu! Elle a fait une chute de près de 10 mètres. Elle aurait pu se taper la tête en premier. On peut remercier le Seigneur!», confie Elsa, une compatriote de 34 ans qui partageait sa chambre. Comme Yordanos, elle est chrétienne orthodoxe et très croyante.

«Cela faisait plusieurs jours que Yordanos était dans un état de stress très fort. Elle pleurait souvent. Elle dormait pratiquement plus et lorsqu'elle trouvait le sommeil, elle faisait des cauchemars. Elle m'a raconté qu'elle voyait dans son sommeil des policiers qui venaient l'embarquer en lui passant les menottes et en lui bandant les yeux», poursuit-elle.

«Tout s'est passé très vite!»

Elsa était dans l'appartement lundi quand les forces de l'ordre ont fait irruption. Elle revient sur l'intervention: «Quand les policiers sont arrivés vers 4h du matin, je dormais. Yordanos, elle, les avaient apparemment vus arriver depuis la fenêtre. Ils ont ouvert la porte avec une clé qu'ils avaient et ont allumé la lumière en quête de Yordanos. Celle-ci s'était réfugiée sur le balcon et a sauté. Tout s'est passé très vite et je n'ai rien pu faire», poursuit-elle.

«C'est une fille qui a déjà été expulsée deux fois de Suisse vers l’Italie dont une fois de façon assez violente. Avant de l'embarquer dans un avion, la police l’avait menottée, lui avait attaché les pieds et bandé les yeux. Cela l'avait vraiment traumatisée. A chaque fois, qu’elle a été expulsée, elle est revenue en Suisse», explique l'interprète érythréenne qui lui a aussi rendu visite.

D'autres tentatives de suicide

«Ce qui est arrivé est horrible. La grande question, c’est pourquoi avoir agi ainsi alors qu’on savait que cette fille était très fragile. J’avais rendez-vous lundi après-midi à 14h avec elle à l’hôpital de Fribourg pour un bilan de santé», précise-t-elle.

Egalement présent, le Dr Amrani, le médecin-psychiatre qui la suit depuis plusieurs mois était aussi de passage au CHUV. Soulagé de voir qu'elle avait survécu, il ne comprend pas l'attitude des autorités fédérales. «J'ai indiqué aux autorités que Yordanos avait un très haut potentiel suicidaire. Ce risque s'était d’ailleurs concrétisé à deux reprise. Yordanos m'avait appelé en février pour me dire «au revoir». Elle avait projeté de sauter du pont de Zaehringen à Fribourg. J'avais réussi à la dissuader in extremis. Quelques temps plus tôt, elle avait voulu s'ouvrir les veines avec un couteau. Après chacune de ces tentatives, elle avait fait quelques semaines à l’hôpital psychiatrique de Marsens (FR)».

«L'Italie fait très peur aux Erythréennes»

Il souligne que ce n'est pas le fait de quitter la Suisse qui l'effrayait le plus, mais celui de retourner en Italie: «Ce pays fait très peur aux Erythréennes. Yordanos ne me l'a jamais dit mais je pense qu'elle a dû être abusée là-bas».

«Concernant l'intervention de lundi, je ne veux accabler personne. La police cantonale a fait son travail, le service de la population aussi. La seule personne à qui je pourrais en vouloir, c'est le juriste de l'Office des migrations (ODM) qui a signé son ordre d’expulsion et qui n’a pas jugé bon de tenir compte de mes rapports médicaux. S'il ne me faisait pas confiance, estimant que je n’étais pas objectif, il suffisait de demander un autre avis médical avant de l’expulser!», conclut le Dr Amrani.

Grégoire Corthay dans 20 Minutes

samedi 12 mars 2011

Enfin une aire d'accueil !

Après une saga de sept ans, la décision est tombée hier. Le Conseil fédéral a donné son feu vert au projet d'aire multifonctionnelle de la Joux des Ponts sur l'autoroute A12, où pourront s'arrêter les gens du voyage et les poids lourds. C'est une victoire pour le conseiller d'Etat Georges Godel qui a réussi là où tous ses prédécesseurs avaient échoué.

Georges Godel l'avait clamé haut et fort: «Ce sera ça ou rien!» Ça, c'était la création à Sâles, dans le prolongement de l'aire de repos autoroutière de la Joux des Ponts, d'une place de stationnement pour les gens du voyage. Une solution à laquelle personne ne croyait vraiment. A l'exception du conseiller d'Etat... qui a bien fait d'y croire! Hier, le Conseil fédéral a en effet accepté l'agrandissement proposé, dans le cadre d'une augmentation des aires de repos pour poids lourds le long des routes nationales.Il a le triomphe modeste, Georges Godel. Il prend garde à ne pas trop se glorifier. Il sait bien pourtant que ce dossier qui empoisonne les directeurs des travaux publics fribourgeois depuis des lustres, c'est grâce à sa ténacité qu'il trouve aujourd'hui une issue (voir chronologie en page suivante).C'est l'Office fédéral des routes qui achètera et aménagera la parcelle où s'épanouira l'aire d'accueil. L'opération immobilière a d'ailleurs d'ores et déjà été déléguée par l'OFROU au Service des autoroutes. «Nous avions signé un droit d'emption pour ce terrain, nous l'avons cédé à la Confédération», signale Georges Godel, qui espère que les choses pourront se concrétiser rapidement. Reste que la maîtrise du calendrier des travaux appartient à Berne.

Le préfet partagé

Au-delà de la satisfaction d'aboutir, le conseiller d'Etat se dit surtout content «parce que l'accès à cette place se fera uniquement par l'A12, et pas par les routes communales et cantonales. C'était important pour les habitants.» Une des rares sources de satisfaction pour les syndics des communes voisines de Sâles et Vaulruz... «Nous devons bien admettre que nous n'avons pas grand-chose à dire, nous n'avons pas de moyens d'action, ce qui est frustrant», témoigne ainsi le Sâlois Jean-Marc Piguet.Le préfet de la Gruyère - et candidat radical au Conseil d'Etat - est quant à lui partagé. Cette place sécurisée, accessible par la seule A12, proche d'un centre de la police est, d'un côté, une bonne chose. «Le bémol, c'est que la Gruyère est seule à assumer le poids de l'accueil des gitans dans le canton», déplore Maurice Ropraz, qui souligne que les gens du voyage s'arrêtent la plupart du temps dans le Grand Fribourg ou dans la Broye. Il redoute les nuisances découlant d'une présence plus régulière à la Joux des Ponts: «Leur objectif est de commercer, ils iront donc visiter les localités alentour. Cela induit de potentiels problèmes de sécurité et de troubles à l'ordre public.»Georges Godel sourit: «Les préfets connaissaient bien cette solution, la moins mauvaise possible... Et tous étaient enchantés, y compris celui de la Gruyère!» Ceux qui ne le sont pas, enchantés, ce sont les Routiers suisses. Bernard Stähli, leur président central, se fait fataliste. «Une décision du Conseil fédéral, je suppose qu'on ne peut que s'y plier... Nous n'avons rien contre les gens du voyage, mais une chose est sûre: il sera impossible de s'arrêter avec son camion lorsqu'ils seront là aussi. Il n'y aura aucune garan- tie sécuritaire pour nous et nos marchandises.»

«C'est bizarre»

En revanche la décision du Conseil fédéral satisfait le chef de la gendarmerie fribourgeoise, le lieutenant-colonel Pierre Schuwey. «Pour nous, c'est un moyen de répondre aux reproches que nous adressent les gens du voyage en affirmant que Fribourg ne propose aucune solution pour eux. Cette place sera aussi un levier d'action pour les obliger à se conformer à nos exigences.»Et du côté des principaux intéressés, que pense-t-on de la solution trouvée? «Je ne peux pas dire qu'elle est bonne ou mauvaise, je ne suis pas au courant», rapporte May Bittel, considéré comme le porte-parole des gens du voyage en Suisse. «Je trouve dommage que l'on prenne ce genre d'initiatives sans nous en parler!» Georges Godel explique de son côté avoir eu un contact avec Arnold Moillen, connu sous le nom de «Capitaine Gitan», répondant de la gendarmerie vaudoise pour les gens du voyage: «Il a soumis nos propositions au patriarche de la famille Demeter - l'une des plus importantes à sillonner la Suisse - qui lui a indiqué que l'emplacement de la Joux des Ponts était le plus favorable.» Un point de vue que ne semble pas partager May Bittel: «Obliger des gens à s'installer au bord d'une autoroute, c'est... bizarre!»

Patrick Pugin et Aurélie Lebreau dans la Liberté

jeudi 11 novembre 2010

L'initiative de l'UDC serait difficile à appliquer

L'initiative de l'UDC soumise au vote le 28 novembre n'est pas applicable telle quelle. Principal obstacle? Le renvoi automatique des étrangers condamnés est contraire au droit international et au principe de proportionnalité. Et l'application de l'initiative serait incompatible avec l'Accord de libre circulation des personnes entre la Suisse et l'UE. A Fribourg, Patrick Pochon, chef du Service de la population et des migrants, explique pourquoi le canton n'expulse que 5 à 8 personnes par an.

La campagne sur l'expulsion des délinquants étrangers, voulue par l'UDC au mépris des principes généraux du droit suisse et international, et désirée par le Conseil fédéral dans le respect de l'ordre juridique, soulève de nombreuses questions. Quelle est au juste l'attitude du Service de la population et des migrants (SPOMI) envers les criminels étrangers? Chef du service, Patrick Pochon répond sans détour.

«L'Hebdo» estime entre cinq et huit les renvois de délinquants décidés chaque année à Fribourg, alors que les tribunaux en condamnent des dizaines. Confirmez-vous ces chiffres?
Patrick Pochon: Je confirme, mais je précise. Présentés comme cela ils ne signifient rien. Nous prenons en compte les seuls cas où la condamnation est le motif unique, d'autres cantons annoncent tous ceux où elle s'ajoute à d'autres motifs. Nous comptons les personnes ayant un droit au séjour, soit les permis C, dont l'expulsion est décidée pour la seule raison de leur condamnation. Et seulement dans les cas où la décision a été exécutée. D'autres cantons ajoutent les permis B et les étrangers en situation irrégulière et les renvois non exécutables.»Sur une année, nous examinons en gros dix révocations de permis C pour un motif pénal. Sept débouchent sur une décision de renvoi, deux ou trois seront remises en cause par les tribunaux supérieurs, ou ne seront pas exécutables pour des raisons pratiques. Les raisons de certaines décisions ne résident pas uniquement dans la condamnation pénale. Il peut s'y ajouter d'autres motifs: le manque d'intégration sociale ou la dépendance de l'aide publique par exemple.»En prenant en compte ces motifs de refus multiples, on arrive entre 22 et 25 révocations de permis C par an. A quoi s'ajoutent les permis B et les étrangers en situation irrégulière.

Mais quand même, cinq à huit, ça ne vous paraît pas faible?
Non. Nous recevons les jugements, et nous avons des juristes spécialisés qui pondèrent tous les éléments d'appréciation et les comparent avec la jurisprudence. Elle nous oblige à prendre en compte tous les éléments pour et contre le renvoi, en pesant l'intérêt public de la Suisse à expulser, et les intérêts privés de l'étranger et de ses proches à rester. Ce chiffre résume ces examens. Si le SPOMI décidait de l'augmenter, en fixant un quota ou en durcissant sa pratique, ses décisions ne passeraient pas les tribunaux supérieurs. On n'est pas là juste pour se faire désavouer.

Quels sont les aspects de la condamnation pris en compte?
Le premier, c'est la durée de la peine, qui mesure la gravité de la faute. A partir d'un an, le Tribunal fédéral estime qu'elle est assez grave pour justifier l'expulsion, même si la peine a été assortie d'un sursis. Le type de délit est aussi important. Un gros trafic de stupéfiants, la violence, un viol sont appréciés plus sévèrement.»Nous devons regarder encore d'autres éléments pour mesurer le danger que le condamné présente: les rapports psychiatriques, du Patronage, etc. Et bien sûr la situation du condamné, dans le cadre du principe de proportionnalité et du droit international, par exemple la Convention européenne des droits de l'homme, qui protège la famille. Dans un cas où nous avions prononcé l'expulsion d'un violeur condamné à trente-cinq mois de prison, le Tribunal cantonal a jugé que notre service n'avait pas assez tenu compte de l'évolution possible de la situation du recourant. Ce jugement nous oblige à prendre davantage cet aspect en considération à l'avenir.

A votre sens, qu'est-ce que l'acceptation de l'initiative de l'UDC changerait à votre pratique?
Dans un premier temps, certainement beaucoup: l'autorité n'aura aucune marge de manœuvre et devra renvoyer automatiquement dans les cas prévus par l'initiative. L'examen actuel n'aura plus lieu d'être. Le gros point d'interrogation sera l'attitude du Tribunal fédéral qui pourrait prendre en compte les principes généraux du droit sur recours et «tirer» les décisions vers l'ordre juridique. Contre l'avis du peuple qui, s'il accepte l'initiative, dira clairement qu'il ne veut pas de ça.»Le contre-projet, préservant notre capacité d'examen, ne changerait pas fondamentalement la pratique, mais donnerait une impulsion claire vers plus de sévérité et une pratique harmonisée entre les cantons. C'est une impression, à vérifier dans les faits.

Et que fera-t-on alors des délinquants qui doivent être renvoyés mais qui ne peuvent pas l'être?
Ce qu'on fait maintenant, car nous avons déjà des décisions bloquées. Il y en aura simplement davantage. Si l'Etat de destination refuse de reprendre ses ressortissants, ce qui est le cas de nombreux pays africains, le renvoi forcé restera impossible. Restera la possibilité de tenter d'inciter d'une manière ou d'une autre les condamnés à accepter leur renvoi. C'est un peu tout ce qu'on pourra faire, et c'est une gageure.

Propos recueillis par Antoine Rüf dans la Liberté

lundi 20 septembre 2010

Diversité culturelle et religieuse à l’école

Le département fribourgeois de l'instruction publique a présenté ce matin une brochure sur la diversité religieuse et culturelle à l'école. Une question importante pour un canton qui compte 137 nationalités dans ses institutions scolaires. C'est l'occasion de réfléchir à la capacité d'adaptation des écoles dans un canton catholique.

JT de la TSR

Isabelle Chassot n’interdira pas le voile à l’école

école voile Le canton a présenté lundi ses recommandations aux enseignants concernant le foulard islamique à l’école, les cours de natation et d’éducation sexuelle, et les congés spéciaux pour les fêtes religieuses.

Non, Isabelle Chassot, la conseillère d’Etat fribourgeoise en charge de l’Instruction publique, n’interdira pas le foulard islamique aux fillettes qui fréquentent l’école obligatoire fribourgeoise. Mais par contre chaque enfant, quelle que soit sa religion, doit assister aux cours en général, à ceux de sport et de natation en particulier, et participer aux camps. Les cours d’enseignement religieux et d’éducation sexuelle sont par contre facultatifs.

Ce sont les recommandations en matière de diversité religieuse et culturelle à l’école qu’a présentées lundi la ministre, à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres cantons, comme Neuchâtel et le Jura. Sous la forme d’une brochure, elles sont destinées aux enseignants et aux autorités scolaires. La question de l’interdiction du voile était sur la table depuis décembre dernier à Fribourg, puisqu’une députée socialiste avait proposé une telle interdiction, choquée d’un cas qui s’était produit dans sa commune (LT du 02.12.09).

«Si une fillette porte un foulard en classe, il s’agit d’en discuter avec les parents, de leur indiquer que cela peut représenter des difficultés tant pour la socialisation de l’élève que pour sa future intégration professionnelle, explique Isabelle Chassot. Ces cas sont très peu fréquents, car le dialogue est déjà très ouvert.» A l’inverse, le port d’un voile dissimulant l’entier du visage est proscrit.

A l’origine du texte demandant l’interdiction, Erika Schnyder, également syndique de Villars-sur-Glâne, indique «ne pas être surprise, mais regretter» la décision de la ministre: «Mon texte a pour but la protection des femmes dès le plus jeune âge. Même si nous sommes très tolérants, nous devons avoir un cadre donné. Obliger un enfant à porter un signe religieux est le signe de la mainmise d’une religion.»

Pour les enfants chrétiens, juifs et musulmans

Pour les cours de natation, des arrangements peuvent facilement être trouvés selon Isabelle Chassot: un maillot de bain recouvrant l’entier du corps, des douches séparées, une sortie de l’eau plus rapide pour pouvoir se doucher seul. «C’est dans l’intérêt public que chacun suive ces cours, ne serait-ce que face au nombre de noyades», ajoute la ministre.

Pour les camps, il convient de s’interroger avant de partir sur l’alimentation de chacun: kacher, halal, végétarien, allergies, etc. «Pour les camps, nous avons davantage de soucis avec les parents fondamentalistes chrétiens que les parents d’autres confessions», explique Isabelle Chassot.

Ces recommandations concernent en effet les enfants de toute religion. Le canton tient à rappeler que les fêtes chrétiennes, comme Noël ou Saint-Nicolas – patron de Fribourg –, ont leur place à l’école. En outre, les élèves d’autres confessions peuvent demander à avoir congé pour les principales fêtes de leur propre religion: Roch HaChanah (Nouvel An) ou Pessah (Pâque) pour les jeunes juifs, Aïd el Kebir (fête du sacrifice) ou la fin du Ramadan pour les jeunes musulmans. Idem pour le bouddhisme, l’hindouisme et d’autres croyances.

Satisfaction des profs et des musulmans

«Cette brochure, c’est la pièce qui manquait à notre puzzle, même si le phénomène est marginal», se réjouit Gaétan Emonet, président de la Société pédagogique fribourgeoise francophone. «Nous laisser une liberté de dialogue avec les parents est une très bonne chose. Qu’Isabelle Chassot ne veuille pas interdire le voile nous convient très bien.»

Satisfaction aussi du côté des organisations musulmanes: «L’interdiction du voile aurait été un retour en arrière, alors que les musulmans de Suisse sont bien intégrés et jouissent des mêmes droits que chacun», souligne Nadia Karmous, présidente de l’Association culturelle des femmes musulmanes de Suisse. «En proposant des interdictions, on fabrique de potentiels intégristes. Cela irait à l’encontre des traditions suisses d’ouverture et de dialogue.»

Mathieu Signorell dans le Temps

Vers Enbiro, le calendrier interreligieux sur lequel se basent les enseignants romands

Gens du voyage à Givisiez

L’arrivée des gens du voyage dans un quartier industriel de Givisiez soulève une nouvelle fois la question de leur accueil. Cette question traîne depuis plus de dix ans à Fribourg.

JT de la TSR