vendredi, janvier 09, 2009

Volonté populaire – vraiment?

A propos de l’article intitulé «Pour Noël, le canton leur fait le pire des cadeaux» ( 24 heures du 19 décembre 2008):
  C’est l’histoire d’un couple, ils ont une fille de 20 mois. Le papa est Suisse, pas encore divorcé administrativement, la maman et future épouse, Ukrainienne. L’enfant devra se faire opérer d’une tumeur. Il travaille à 100%, elle s’occupe de leur foyer, ça tombe bien, elle va pouvoir être aux côtés de leur fille.
  C’est sans compter avec l’administration, dûment légiti­mée par le cadre juridique strict, appliqué suite aux vota­tions de 2006. Le chef du SPOP confirme que cette femme n’a pas de statut légal en Suisse, car le papa de leur enfant n’a pas pu fournir les papiers officiels, nécessaires au mariage… difficile avant la prononciation de son divorce.
  Cette situation étant déli­cate, le chef de service déclare prudemment au journaliste qu’il est peu probable que le renvoi, prononcé pour le lende­main de Noël (!), soit exécuté avant mai. En d’autres termes, il propose la clandestinité à cette maman.
  Le hasard de la mise en page de 24 heures fait cohabi­ter ce récit kafkaïen avec une annonce payante contre l’ex­tension de l’accord bilatéral avec l’UE.
  Qu’y trouve-t-on? Les mots «pillage, abus, immigration incontrôlée, criminalité étran­gère… ». Ne manquent plus que les moutons noirs et nous sommes dans le contexte de 2006 qui a amené le peuple suisse à voter en faveur des lois, qui aujourd’hui permet­tent ce genre de situations absurdes.
  Cette manière de mener campagne trouvera malheureu­sement toujours un certain nombre d’adeptes qui préfè­rent dire que ceux d’ailleurs n’ont rien à faire ici, quelles que soient leur condition et leur situation.
  Mais de là à y donner un large soutien populaire, il y a un pas que nous pouvons majoritairement choisir de ne plus franchir.
Doris Agazzi,
Saint-Cierges

Septante requérants d'asile logés dans des pensions au Tessin

Confronté à un manque de structures adéquates, le Tessin se voit contraint d'héberger environ septante requérants d'asile dans des hôtels de tout le canton. La pension complète lui en coûte 90 francs par jour et par personne.

Au 15 décembre, 73 requérants d'asile étaient logés dans 12 pensions et petits hôtels, soit six dans le Sopraceneri, dans le nord du Tessin, et six dans le Sottoceneri, dans le sud. Pour 66 d'entre eux, le canton paye une pension complète de 90 francs par jour, pour les sept autres il couvre la nuitée avec petit-déjeuner soit 60 francs par jour.

"Nous faisons notre possible pour trouver les solutions les moins onéreuses mais l'urgence des placements que la Confédération nous attribue avec un préavis d'un à deux jours ne nous facilite pas les choses", a indiqué jeudi Marco Borradori, président du gouvernement tessinois.

La situation a basculé à la fin 2007, lorsque le Tessin annonçait la fermeture pour fin janvier 2008 d'un autre des centres gérés par la Croix-Rouge à Lugano. A cette époque, le Département de la santé publique, dont dépend l'accueil des demandeurs d'asile, avait annoncé une diminution continue des requêtes.

Outre au Centre d'enregistrement de Chiasso, bondé, le Tessin ne dispose actuellement plus que de deux centres à Paradiso et Cadro dans la banlieue luganaise. Leurs 170 places qui auraient dû répondre aux nécéssités, comme l'avait dit la ministre de la santé Patrizia Pesenti à fin 2007, ne suffisent manifestement plus.

Plus de 50 000 personnes ont eu recours à des passeurs pour traverser le golfe d'Aden en 2008

11-09-2008yemenLe nombre de personnes ayant eu recours à des passeurs pour traverser le golfe d'Aden en 2008 a augmenté de 70% par rapport à l'année précédente, soit plus de 50.000 personnes ayant effectué ce périlleux voyage pour fuir la violence et les persécutions, selon les statistiques publiées vendredi par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Un article du centre d'actualités de l'ONU.

Au départ de la Somalie, 50.091 personnes ont franchi le golfe d'Aden en direction du Yémen contre 29.500 en 2007. Au moins 590 personnes se sont noyées et quelque 359 autres sont portées disparues, a précisé le porte-parole du HCR, Ron Redmond, lors d'un point de presse à Genève.

Les passeurs basés en Somalie se montrent souvent brutaux envers leurs passagers. En 2007, le nombre de morts était beaucoup plus élevé, quelque 1 400 personnes ayant perdu la vie, a-t-il ajouté. De nombreuses informations ont confirmé qu'en 2008 des passagers avaient été battus à mort pendant la traversée. Cependant, la plupart de passagers décédés se sont noyés après avoir été contraints de sauter par-dessus bord dans des eaux démontées au large des côtes du Yémen, les trafiquants tentant de ne pas se faire repérer par les autorités yéménites. L'augmentation du nombre d'arrivées reflète la situation désespérée en Somalie et dans la corne de l'Afrique, une région ravagée par la guerre civile, l'instabilité politique, la famine et la pauvreté.

Le HCR intensifie sa réponse au Yémen en améliorant les conditions de réception pour ceux qui parviennent à atteindre les côtes de ce pays. L'agence mène également des campagnes d'information dans la corne de l'Afrique pour avertir les personnes du danger de recourir à des passeurs. Le HCR et ses partenaires ont également mis en œuvre des programmes destinés à améliorer les conditions de vie des personnes ayant des besoins de protection sur la côte africaine du golfe, pour qu'elles n'aient pas besoin de risquer leur vie en tentant la traversée vers le Yémen.

Par ailleurs, le HCR a appelé vendredi tous les Etats membres de l'Union européenne à garantir que les personnes cherchant asile puissent avoir accès au territoire européen et à des procédures justes lors de l'examen de leurs demandes.

Les ministres de l'intérieur de Chypre, de la Grèce, de l'Italie et de Malte doivent se rencontrer à Rome, le mardi 13 janvier, pour discuter du problème des migrants irréguliers arrivant par la mer. Cette question pourrait également être débattue lors de la rencontre informelle des ministres européens de l'intérieur et de la justice à Prague le 15 janvier.

Au cours de l'année 2008, sur le total de plus de 67.000 personnes estimées avoir effectué la traversée vers l'Europe par voie maritime, quelque 38.000 personnes sont arrivées sur les seuls territoires de l'Italie et de Malte, principalement après avoir transité par la Libye. La grande majorité de ces personnes ont demandé l'asile, et plus de la moitié de celles qui l'ont fait ont été considérées comme ayant besoin de protection internationale. Les possibilités d'entrer en Europe par des moyens légaux étant rares, des milliers de personnes menacées de persécutions et de violations graves des droits humains dans leurs pays d'origine n'ont pas d'autre choix que d'emprunter ce dangereux itinéraire maritime. Selon le HCR, cela met en évidence la nécessité vitale de s'assurer que les accords et les mesures pris par les Etats pour protéger leurs frontières ne bloquent pas l'accès à la sécurité pour ceux qui recherchent une protection dans l'Union européenne.

Les chiffres actuellement disponibles montrent que de nombreuses personnes arrivant par bateau sont originaires de Somalie et d'Erythrée. Selon les chiffres provisoires pour 2008, environ 75% de ceux qui sont arrivés en Italie par la mer ont demandé l'asile, et environ 50% d'entre eux se sont vus octroyer le statut de réfugié ou une protection pour d'autres raisons humanitaires. Pratiquement toutes les personnes arrivées illégalement par la mer à Malte ont demandé l'asile et quelque 60% d'entre elles ont été reconnues comme ayant besoin d'une protection internationale.

News Tracker: autres dépêches sur la question

Yémen : Au moins 20 personnes noyées durant la traversée du golfe d'Aden

En 2005, les naturalisés ont payé des centaines de milliers de francs pour rien

Près de 630 000 francs. C'est ce que l'Etat de Fribourg a empoché indûment des candidats à  la naturalisation durant toute l'année 2005. Les communes de domicile en ont fait autant, pour un montant du même ordre de grandeur.Dans la plus parfaite illégalité, vient de trancher le Tribunal cantonal administratif (TCA) dans une décision mise mercredi sur son site internet: l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution cantonale, le premier janvier 2005, avait mis le denier de naturalisation hors la loi avec effet immédiat. Un article d'Antoine Rüf dans la Liberté.

L'abrogation de cette taxe, clairement exigée dans la Constitution de 2004, n'avait pas besoin d'être ancrée dans une loi pour entrer en vigueur en même temps que la Constitution elle-même, vient de décider le TCA. Il donne ainsi raison à  un nouveau citoyen, à  qui la commune de Marly réclamait 5700 francs de denier de naturalisation pour une décision du Conseil général prise le 14 décembre 2005. Quinze jours avant l'entrée en vigueur d'une seconde interdiction de ce fameux denier, ancrée elle dans la loi fédérale sur la nationalité.

«Parfaitement claire»

Pas de chance: le candidat était... un professeur de droit de l'Université bien informé du fonctionnement des institutions suisses et de ses droits constitutionnels.Pour la commune, comme pour le lieutenant de préfet, qui a rejeté le recours du professeur, les modifications que la Constitution de 2004 a introduites dans la procédure de naturalisation devaient être ancrées dans une loi pour pouvoir être applicables. C'est vrai pour les deux premiers paragraphes de l'article 69 de la Constitution, qui fixent les principes de base d'un programme à  concrétiser par le législateur pour faciliter l'intégration et les naturalisations des étrangers, estime le TCA.ça ne l'est pas pour le troisième, qui dit que canton et communes ne prélèvent qu'un émolument administratif pour l'octroi du droit de cité.Cette disposition est «parfaitement claire», pour le TCA, et exclut toute autre taxe ou denier, sans laisser de marge de manœuvre au législateur. Le conseiller d'Etat Pascal Corminbœuf l'avait admis deux mois avant que son Service de l'état civil envoie la facture contestée, souligne le TCA.L'article constitutionnel pouvait donc, et devait même, entrer en vigueur immédiatement, a tranché le juge en admettant le recours du désormais citoyen.

Un certain embarras

A Marly, le secrétaire Luc Monteleone ne cache pas un certain embarras. «Nous avions des informations contradictoires du Service des naturalisations, nous étions dans un certain flou», argumente-t-il.Un flou désormais dissipé. Sur le principe, car pour le cas concret des naturalisations décidées par l'assemblée communale durant l'année 2005, des questions délicates doivent encore être réglées en fonction de la date de dépôt de la demande. Marly ne facturait son denier qu'au terme de la procédure, c'est-à -dire avec un décalage pouvant aller jusqu'à  deux ou trois ans.«Nous avons bien sûr annulé notre facture dans le cas du recourant», indique le secrétaire communal. «Mais nous n'avons pas encore abordé le cas des autres naturalisés de cette période. La Commission de naturalisation abordera le problème globalement, lors de sa prochaine séance, probablement ce mois encore.»Il est trop tôt, donc, pour savoir si la commune va rembourser tous les naturalisés concernés. «Il faudra reprendre chaque cas et décider au cas par cas», estime Luc Monteleone.Il laisse entendre que Marly empoignera le problème sans attendre une éventuelle vague de réclamations. «Les enjeux financiers sont de toute façon limités: vu ses revenus, l'émolument demandé au recourant était élevé. Il y a eu plusieurs cas à  qui nous n'avions demandé que le tarif minimal, conclut le secrétaire communal.

jeudi, janvier 08, 2009

Retour forcé au pays, pieds et poings liés

MARC GUÉNIAT | 07.01.2009 | 00:00
Chut! Devant la cellule du centre de détention de Frambois, la troupe marque un temps d’arrêt. Le gardien sort une clé, la tourne rapidement par deux fois, puis s’écarte. Quatre inspecteurs s’engouffrent à toute vitesse et se ruent vers le lit où un homme s’est endormi paisiblement devant la télévision.

L’immobiliser ne pose aucun problème; c’est tout juste s’il comprend ce qui lui arrive. Cet Angolais se laisse «entraver», c’est-à-dire qu’on l’habille, lui passe les menottes, aux poignets et aux chevilles, avant de relier le tout. Normalement, un casque de boxeur fait partie de l’équipement. Mais puisqu’il n’oppose pas de résistance, ce désagrément lui est épargné. A la télé, la diffusion d’une émission consacrée au conflit qui sévit en République démocratique du Congo continue…

Effet de surprise

Opposé à son refoulement «volontaire», ce quadragénaire est renvoyé par la force. Selon l’Office des migrations (ODM), environ 400personnes par année quittent le territoire de la même façon, à bord de quelque 40 vols. «L’effet de surprise est déterminant afin d’éviter qu’ils ne s’automutilent pour différer leur départ, explique un inspecteur de la Brigade des enquêtes administratives (BEAD), que la Tribune a suivie durant plusieurs jours. CD, verre, les déboutés usent de tout pour retarder l’échéance. C’est pourquoi les jugements de renvoi ne fixent pas de date précise, uniquement un intervalle.

Tandis que se termine «l’empaquetage du client», un inspecteur emballe ses affaires et compte la somme qu’il ramène au pays. Ou essaie. Car les autorités locales, auprès de qui il sera remis, en profitent parfois pour se servir au passage. Il est environ 0 h 30 ce lundi soir de décembre lorsque cet Angolais est conduit vers le fourgon cellulaire où une cage de moins d’un mètre carré l’attend. Un autre détenu, sud-africain, est placé dans la cellule adjacente.

Deux destins, un vol

Dans le sinistre véhicule qui les emmène, silencieusement, à l’aéroport de Kloten, d’où partent la plupart des vols spéciaux, deux destinées se côtoient. L’Angolais a purgé une peine de quinze ans de prison à Genève pour le meurtre de sa femme. Le Sud-Africain, arrivé il y a trois mois, n’a connu que la détention en Suisse. Il n’y a pourtant commis aucun délit. Lui s’arrêtera au prochain arrêt, à Johannesburg.

A Zurich, une autre équipe de la BEAD les prendra en charge. Tôt dans la matinée, ils s’embarqueront avec quatre déboutés d’autres cantons dans un vol spécialement affrété par l’ODM pour renvoyer les récalcitrants. C’est-à-dire ceux qui ont déjà refusé de partir seuls, sur un vol de ligne. Le mardi en fin de journée, l’Angolais sera déjà en mains des autorités de Luanda. Le Sud-Africain le sera dans la nuit.

Une mission absurde?

Pour les policiers, cette mission a été menée de façon exemplaire, c’est-à-dire sans violence. Ce n’est pas toujours le cas. Dans 15 à 20% des cas, les entraves se passent mal, voire très mal. Et alors ils en viennent aux mains. Parfois, c’est l’administration qui «déraille». Ainsi, la semaine précédente, le refoulement d’un couple de Géorgiens était agendé, à 13 h le jour où monsieur achevait de purger sa peine pour cambriolages. Madame, elle, a été placée pendant vingt-quatre heures à Riant-Parc, le centre de détention pour femmes, «afin de coordonner le renvoi».

Sur le coup de 9 h, un fax de Champ-Dollon informe la BEAD que le mari ne sortira finalement qu’un mois plus tard. Les inspecteurs appellent aussitôt la prison pour exposer les faits. Rien à faire, le cambrioleur restera incarcéré. De toute façon, l’Office cantonal de la population s’en mêle peu après et refuse que l’épouse parte en raison de sa tuberculose. Il faudra tout recommencer dans quelques semaines: achat du billet d’avion, obtention du laissez-passer en Géorgie, mise en détention, etc.

«En soi, ce refoulement nous est égal, encore que monsieur ait un casier chargé, explique un inspecteur. Le problème, c’est que la BEAD est le dernier maillon de la chaîne judiciaire. Aussi, dès que l’un des maillons se fourvoie, nous travaillons dans le vide et gaspillons l’argent public. C’est souvent le cas. Il n’y a aucune coordination entre les différents services de l’Etat et notre mission en devient absurde.»

Source URL (Extrait le 08.01.2009 - 18:37): http://www.tdg.ch/geneve/actu/retour-force-pays-pieds-poings-lies-2009-01-06

Sans-papiers: la dureté de Zurich étonne les romands

4 janvier: les sans-papiers de Zurich quittent la Predigerkirche pour une autre église.
4 janvier: les sans-papiers de Zurich quittent la Predigerkirche pour une autre église. (Keystone)

Les sans-papiers sont traditionnellement plus discrets outre Sarine qu'en Suisse romande, et ils y trouvent moins de soutien. Le mouvement de protestation qui vient de se terminer à Zurich a donc été d'autant plus suivi par les défenseurs du droit d'asile.

José Maria Hans, secrétaire au SIT (Syndicat interprofessionnel des travailleurs, à Genève) et spécialiste du dossier de l'immigration, considère ce qui se passe à Zurich avec la plus grande incompréhension. «Ils n'ont pas de sensibilité pour les sans-papiers, alors que la loi est la même pour tout le monde en Suisse, assène-t-il. Depuis 2002, le canton a envoyé 10 demandes de régularisation à Berne. On ne comprend pas !»

Ayant fait des sans-papiers, et de la manière dont les autorités interviennent (ou n'interviennent pas) une de ses préoccupations centrales, José Maria Hans a suivi avec passion l'occupation récente, par plus d'une centaine de sans-papiers, d'églises en ville de Zurich.

«Il faut qu'ils poursuivent, ajoute le syndicaliste. Partout où ils s'organisent, les sans-papiers vivent mieux.

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Les sans-papiers sont toujours là


Par Michel Guillaume dans L'hebdo

Clandestins. Président de la Commission fédérale pour les questions de migration, Francis Matthey estime qu’il est temps de reconnaître leur existence et d’assouplir la législation.
 

Cinq ans après la Suisse romande, les Suisses allemands découvrent le problème des sans-papiers. Quelque 150 d’entre eux ont occupé la Predigerkirche, à Zurich, où ils ont passé les Fêtes. Après avoir été massivement approuvées par le peuple en septembre 2006, les lois sur l’asile et sur les étrangers laissent apparaître leurs criantes lacunes. 
A Zurich, la plupart des sans-papiers sont des requérants d’asile dont la demande a été rejetée, des NEM (non-entrée en matière) dans le jargon de l’Office fédéral des migrations. Selon l’ex-conseiller fédéral Christoph Blocher qui a durci ces deux lois, ils devraient quitter la Suisse. Mais voilà: ils sont toujours là. Et ils se manifestent désormais à visage découvert en racontant comment ils survivent en Suisse. Avec un bon Migros de 8 fr. 60 par jour.

Briser le tabou. Lundi 5 janvier, le responsable politique de la police, le conseiller d’Etat Hans Hollenstein, a rencontré une délégation de représentants des sans-papiers. Sans grand résultat: le politicien PDC a certes promis de créer une commission d’étude des cas de rigueur pour les soumettre à Berne, où l’Office des migrations tranche en dernier ressort.
Mais le principal problème n’est pas là. La loi révisée sur les étrangers ne mentionne même pas les sans-papiers, comme s’ils n’existaient pas, alors qu’on estime leur nombre entre 90 000 et 300 000 selon les sources. «Il est grand temps de briser ce tabou», estime Maria Roth Bernasconi (PS/GE). La libérale Martine Brunschwig Graf qui, à l’époque, s’était battue pour la régularisation des sans-papiers à Genève, abonde dans ce sens. «Les sans-papiers sont là, car l’économie a besoin d’eux», constate-t-elle.
Face à cette «double hypocrisie des autorités et des employeurs qui exploitent des travailleurs au noir», le président de la Commission fédérale pour les questions de migration, l’ancien conseiller d’Etat neuchâtelois Francis Matthey estime qu’il est temps d’agir. «Il faut modifier la loi sur les étrangers ou, du moins amender ses modalités d’application.»

Jeunes scolarisés. En septembre 2007, Francis Matthey a rencontré la ministre de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf. «Nous avons demandé une application moins rigoureuse de la législation, en particulier pour les familles et les jeunes qui ont accompli leur scolarité obligatoire en Suisse», déclare-t-il. 
Maria Roth Bernasconi propose la régularisation de tous les sans-papiers en Suisse depuis cinq ans, qui travaillent et n’ont pas recours à l’aide sociale. Sans grand espoir: «Le Parlement est très à droite dans ce domaine.»

La « gestion concertée des flux migratoires » continue d'inquiéter

Le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux (g), avec le commissaire européen chargé du Développement Louis Michel (c), et le président malien Amadou Toumani Touré (d), lors de l'inauguration à Bamako du Centre d'information et de gestion de l'immigration, en octobre 2008. (Photo Lamine / AFP)La visite présentée comme « technique » à Bamako du secrétaire général du ministère français de l'Immigration, Patrick Stéphanini, inquiète les associations, qui redoutent que le gouvernement de Bamako finisse par signer les accords de « gestion concrète des flux et de développement solidaire » que Paris lui demande.

 

Lire cet article de RFI

Pour lutter contre l'asile ...

... Ted Robert veut siéger à la municipalité de Vallorbe

Tandis que les partis de la cité du fer respectent encore une période de deuil après le décès du syndic Laurent Francfort, l’artiste dit vouloir se présenter à l’élection complémentaire fixée au 8 mars.
Ted Robert s’est rendu hier au greffe de la commune de Val­lorbe pour demander les formu­laires nécessaires lui permettant de présenter sa candidature à l’élection complémentaire à la Municipalité. Au téléphone, l’homme dit «vouloir exprimer le mécontentement de la popu­lation face à la politique d’asile». Et de s’en prendre à la politique du conseiller d’Etat Philippe Leuba.
  Petit hic, Ted Robert n’est pas domicilié à Vallorbe. L’artiste assure cependant vouloir s’y établir pour l’occasion.
  Il y a loin entre la demande de formulaire et le dépôt d’une candidature officielle. Déjà lors du départ du précédent syndic de Vallorbe, Ted Robert bran­dissait une liste de soutien si­gnée par des Vallorbiers sur des feuilles de la ville de Lausanne. Une manoeuvre qui n’a jamais abouti.
PI. B. dans 24 Heures.

Le nombre de requérants d'asile a augmenté de 50% entre 2007 et 2008

En 2008, la Confédération a enregistré près de 16'000 demandes d'entrée contre 11'000 en 2007. Cela rend la situation difficile pour les cantons. Des abris de la protection civile ont dû être ouverts pour faire face aux nouveaux arrivés.

hausseVoir ce reportage de la TSR

Commentaire de Philippe Leuba, chef département de l'intérieur VD, en direct de Fribourg

mercredi, janvier 07, 2009

L’Auberge pour Tous, soupape de l’accueil des requérants

La vague des demandeurs d’asile n’est pas encore retombée. Pour y faire face, l’Auberge pour Tous abrite des demandeurs d’asile pour quelques nuits.

L’Auberge pour Tous abrite des personnes venues de Somalie et d’Erythrée. Comme tous les centres d’enre­gistrement et de procédure (CEP) du pays, celui de Vallorbe doit faire face à une vague de demandeurs d’asile depuis l’été dernier. Pour faire face à la si­tuation, l’Office fédéral des mi­grations (ODM) a dû héberger des requérants dans les structu­res de la Protection civile à Bâle, à Chiasso et à Kreuzlin­gen. Une mesure qui n’a pas été mise en oeuvre à Vallorbe. Mais, dimanche soir, en raison de la suroccupation du site, une tren­taine de requérants ont été ac­cueillis à l’Auberge pour Tous.
«Temporaire»

  «Un scénario mis au point avant Noël avec la direction du CEP», commente Hervé Fore­tay, vice-syndic de la cité du fer. «La mesure est temporaire, le temps que l’administration re­trouve son rythme de croisière après les Fêtes», précise Phi­lippe Hengy, directeur du CEP.
  «Les requérants arrivent chez nous le soir, à 20 h 30, et repartent au CEP le lendemain, à 6 h 30. Ils sont accompagnés d’un Securitas et les deux pre­mières nuits dans l’établisse­ment se sont déroulées sans le moindre problème», témoigne Emad Badir, gérant de l’Auberge pour Tous.
  La mesure tombe bien pour l’hôtelier. En effet, à cette pé­riode, bien que le bâtiment soit chauffé, il est inoccupé. Pour que son exploitation soit renta­ble, Emad Badir doit enregis­trer 5500 nuitées au cours de l’année. Ce qui n’a pas été possi­ble en 2008, en raison des res­trictions de déplacement impo­sées aux écoles durant l’Euro­foot.
PI. B.

Les sans-papiers quittent l'église

Les sans-papiers quittent l’église mercredi

Les sans-papiers qui occupent l'église St-Jakob de Zurich depuis dimanche pour attirer l'attention sur leur détresse vont quitter les lieux mercredi.


Les sans-papiers avoir atteint un succès partiel. (Photo: Keystone)

Les sans-papiers ont pris leur décision à l'issue d'une réunion mardi soir qui s'est prolongée tard dans la nuit, ont-ils annoncé dans un communiqué. Une majorité s'est décidée pour l'évacuation et les sans-papiers se considérant comme un collectif, tous vont partir.

Quelque 150 personnes ont occupé durant pendant 17 jours la Predigerkirche à Zurich avant de déménager dimanche dans l'église St-Jakob, toujours à Zurich. L'évacuation de la Predigerkirche était la condition posée par les autorités pour rencontrer les sans- papiers.

Le collectif a rencontré lundi le conseiller d'Etat Hans Hollenstein. Le chef du département de la sécurité a indiqué qu'il voulait réactiver la commission pour les cas de rigueur.

Les sans-papiers considèrent ce point comme une concession concrète. Ils revendiquent de meilleures conditions de vie et «une pratique plus humaine et non bureaucratique» pour les cas de rigueur ains qu'une levée de l'interdiction de travailler. En attendant, le quotidien des sans-papiers reste inchangé. A Zurich, ils restent considérés comme des citoyens de seconde classe, ont- ils déploré.

La Suisse compte sur Eurodac pour réguler les demandes d'asile

ETRANGERS. Plus de 16000 requérants ont déposé une demande en Suisse en 2008. Ils sont essentiellement originaires d'Erythrée, de Somalie, du Nigeria et d'Irak. En décembre, un sur deux avait déjà tenté sa chance ailleurs en Europe.

Inquiétudes dans les cantons: les demandes d'asile explosent et les structures d'accueil font défaut. Selon les dernières estimations de l'Office fédéral des migrations (ODM), le seuil de 16 000 requêtes a été dépassé en 2008. Un chiffre qui pose problème, Christoph Blocher ayant, alors qu'il était encore patron du Département fédéral de justice et police (DFJP), incité les cantons à faire des économies et à... réduire leurs structures d'hébergement. Il ne tablait que sur 12000 demandes par année au maximum. Comment s'y prend aujourd'hui la Confédération pour calmer les tensions? Qui sont ces requérants qui affluent toujours plus vers la Suisse? Et qu'attendre de la banque d'empreintes digitales Eurodac? Réponses point par point.

Lire la suite de cet article dans Le Temps

Pas de toits mais des renvois pour les demandeurs d'asile



Les renvois forcés sous la loupe dans la presse romande.
Les renvois forcés sous la loupe dans la presse romande. [Keystone]
La presse de mercredi se penche sur la question des requérants d'asile. Si côté romand on s'inquiète des dispositifs de renvois forcés, côté alémanique c'est plutôt la question du placement de ceux qui restent qui interpelle. Les gazettes d'outre-Sarine s'intéressent également à cette chasse à l'homme lancée par un Bernois sur internet pour retrouver ses agresseurs. Le Temps enfin dresse le portrait d'un président européen assurément atypique.

Le renvoi forcé des requérants d'asile en question Les retours forcés au pays pour les requérants d'asile déboutés font l'objet d'un reportage de la Tribune de Genève . Marc Guéniat a suivi pendant plusieurs jours des inspecteurs de la brigade des enquêtes administratives, qui s'occupent des renvois forcé. En clair: ils vont chercher les requérants dont la demande d'asile n'a pas été acceptée et qui ont refusé de partir du pays de leur plein gré. Le journaliste raconte comment se passent ces renvois, à l'image de celui de cet Angolais de 40 ans, surpris dans sa cellule en pleine nuit par quatre inspecteurs, qui l'immobilisent alors qu'il est encore endormi. On l'entrave et départ ensuite en fourgon cellulaire direction Kloten où un vol spécial l'attend pour le réexpédier dans son pays. Quelques heures plus tard il sera remis aux autorités angolaises. Selon les inspecteurs, dans ce genre d'intervention l'effet de surprise est déterminant, sinon les requérants déboutés peuvent essayer de s'automutiler pour retarder leur départ, raison pour laquelle les jugements de renvois ne donnent pas de date précise. Dans le cas de cet Angolais, la mission s'est déroulée de façon exemplaire, mais dans 15 à 20% des cas les entraves se passent mal, voir très mal. Les inspecteurs en arrivent parfois aux mains. Reste encore la question de savoir ce qu'il advient pour les requérants de retour dans leur pays? La plupart du temps, la police n'en sait rien.

Un toit en attendant le renvoi Avant de renvoyer les requérants déboutés, il faut bien leur fournir momentanément un toit, et il y a urgence, s'alarme la Neue Luzerner Zeitung . Lucerne doit accueillir son quota de demandeurs d'asile imposé par la Confédération. Sur les 2000 qui arrivent chaque mois en Suisse, 80 doivent être hébergés dans le canton. "Comment faire?" s'interroge le responsable du placement, Giorgio Leuenberger, de Caritas, qui ne peut compter à long terme que sur un centre de 150 places. Les deux autres, plus petits, ne seront disponibles que pendant quelques semaines. La Neue Zuercher Zeitung , elle, fait le tour des cantons, qui se sont tous mis au système D. Saint-Gall loge ses requérants à l'auberge de jeunesse de Rapperswil, le Tessin dans de modestes pensions de village. De plus en plus, comme à Zurich, Bâle ou Berne, on loge les arrivants dans les abris de protection civile. Mais c'est un problème, admet Ruedi Hofstetter, chef des services sociaux zurichois. 24 heures sous terre, c'est déjà inacceptable. Et le Lucernois Giorgio Leuenberger de renchérir: "A la longue, c'est la dépression."

Tentative de "gestion éthique de l'immigration saisonnière" entre Maroc et UE

Immigration saisonnière
Plus de 9.000 ouvrières travailleront à Huelva en 2009

LE MATIN (Maroc) - Publié le : 06.01.2009 | 14h47
http://www.lematin.ma/Actualite/Express/Article.asp?id=105098

Un total de 9.097 ouvrières marocaines travailleront pour la première
fois en 2009 dans des exploitations agricoles de la région de Huelva
(Sud de l'Espagne), dans le cadre du projet Aeneas-Cartaya, "Programme
de gestion éthique de l'immigration saisonnière" mis en place entre le
Maroc et cette province espagnole en 2004.

L'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences (Anapec)
a procédé, à ce propos, à la présélection de 10.920 travailleuses dans
les villes de Mohammedia, Fès, Agadir et Marrakech, précise mardi un
communiqué d'Aeneas, programme d'assistance financière et technique aux
pays tiers dans les secteurs de l'immigration et de l'asile, créé par
l'Union européenne.

Ces 9.079 travailleuses viendront s'ajouter ainsi aux 6.695 qui ont été
réembauchées pour la deuxième année consécutive, ce qui portera à plus
de 15.700 le nombre d'ouvrières agricoles marocaines qui travailleront
dans cette région espagnole en 2009, souligne la même source.

Des représentants des organisations patronales espagnoles de la région
et des experts du projet Aeneas-Cartaya se déplaceront durant le mois de
janvier au Maroc pour participer à la préparation du déplacement des
travailleuses sélectionnées en Espagne, prévu à partir du 10 février
prochain.

Aeneas-Cartaya, qui porte le nom d'une petite municipalité de la
province de Huelva, est un programme d'assistance financière et
technique aux pays tiers dans les secteurs de l'immigration et de
l'asile, mis en place par l'Union européenne.

Il s'agit d'un programme pluriannuel qui matérialise l'assistance de
l'UE aux pays tiers afin de soutenir leurs efforts relatifs à une
meilleure gestion des flux migratoires.

Par MAP

Les réfugiés admis en Suisse ont les mêmes droits que tout citoyen, rappelle le Tribunal fédéral

Les personnes ayant obtenu l'asile en Suisse ont droit à des allocations familiales pour des enfants vivant à l'étranger, a rappelé mercredi le Tribunal fédéral (TF) dans un arrêt. Les juges de Mon Repos ont donné raison à un ressortissant chinois qui s'était vu priver de ces allocations par la caisse de compensation de son employeur, un restaurant bernois, jusqu'à ce que sa femme et ses 2 fils soient autorisés à le rejoindre en Suisse. Pour la Cour, un réfugié dispose des mêmes droits que n'importe quel citoyen suisse. Cette égalité s'applique également aux allocations familiales. (SWISS TXT)

mardi, janvier 06, 2009

Halte à l'aggression mlitaire Israelienne contre GAZA

Rappellons que la moitié de la population de Gaza est composée d'enfants !
Sur 1,5 mio d'habitants plus de 750.000 sont des descendants des réfugiés qui ont été chassés de leurs villes et villages par l'armée Israélienne.
La situation humanitaire y est terrible
Voir le site d'Urgence Palestine



Manifestation nationale, ce samedi à Berne

Les derniers événements de Zurich, du 03.01 au 07.01

rsr
3 janvier 2009, Forum

Près d'un millier de personnes ont participé, samedi à Zurich, à une manifestation de soutien au collectif des Sans-Papiers. Celui-ci va mettre un terme à l'occupation de la Predigerkirche qui dure depuis deux semaines. Il a décidé d'accepter l'asile que lui propose une autre église zurichoise. Le reportage de Claude Reusser :

Zurich: manif des sans-papiers



DIMANCHE 4 JANVIER 2009

Zurich: les sans-papiers s’en vont

Les quelque 150 sans-papiers, qui occupaient depuis le 19 décembre dernier une église de Zurich, ont quitté les lieux hier et ont été accueillis par une autre église. La condition posée pour la rencontre prévue aujourd’hui avec le conseiller d’Etat zurichois Hans Hollenstein est ainsi remplie.

Les sans-papiers ont fait savoir samedi qu’ils étaient d’accord de quitter la Predigerkirche et d’accepter l’asile provisoire offert par l’église zurichoise de St. Jakob am Stauffacher.

Hans Lienhard, le président de la paroisse, s’est dit soulagé pour les sans-papiers. Leur occupation aurait débouché sur un fiasco s’ils avaient refusé de quitter la Predigerkirche. Les sans-papiers demandent notamment un traitement plus humain dans le règlement des cas de rigueur, ainsi que des possibilités de travail. AP


Les sans-papiers zurichois déménagent dans une autre église

ZURICH. Les occupants ont quitté la Predigerkirche pour migrer vers l'église Saint-Jacques. Une délégation rencontre aujourd'hui le Conseil d'Etat.

ATS - Lundi 5 janvier 2009

Les sans-papiers qui occupaient une église en ville de Zurich ont déménagé dimanche dans une autre église. Ils pourront y rester jusqu'à mercredi soir. Quelque 60 à 70 sans-papiers ont migré vers l'église Saint-Jacques, a indiqué dimanche le collectif de soutien. Cela correspond à une petite moitié des 150 personnes qui avaient pris leurs quartiers dans la Predigerkirche le 19 décembre. Avant de partir, les occupants ont nettoyé le sol et les toilettes, a précisé le collectif.

Lundi, une délégation des sans-papiers, emmenée par le président du conseil de paroisse Ruedi Reich, rencontrera le conseiller d'Etat Hans Hollenstein (PDC) pour une discussion. Celui-ci avait posé comme condition pour cette rencontre que la Predigerkirche soit évacuée.

Samedi après-midi, les sans-papiers et leurs sympathisants ont manifesté à travers la vieille ville de Zurich. D'après le collectif de soutien, le défilé a rassemblé 2500 participants. La police les a quant à elle estimés à un millier.

Par leur action, les sans-papiers et leurs sympathisants entendent attirer l'attention sur leur situation précaire et revendiquer de meilleures conditions de vie. Ils demandent notamment «une pratique plus humaine et non bureaucratique pour les cas de rigueur» ainsi qu'une levée de l'interdiction de travailler. Le collectif de soutien se dit convaincu que le conseiller d'Etat Hollenstein peut procéder à des améliorations rapides.

Lors d'une conférence de presse du collectif, l'avocat Marc Spescha, spécialiste du droit d'asile, avait souligné samedi que le canton de Zurich avait renoncé jusqu'à présent à soumettre à la Confédération des demandes concernant des cas de rigueur. Des cantons comme Vaud ou Saint-Gall ont transmis l'année passée 300, respectivement 85 demandes de ce type, contre aucune pour le canton de Zurich.



LUNDI 5 JANVIER 2009


LE TEMPS - REGIONS  
http://www.letemps.ch/template/regions.asp?page=7&article=247266

Occuper une église ne suffira pas aux sans-papiers pour faire plier Zurich

ZURICH. Le ministre Hans Hollenstein a reçu une délégation de personnes en situation illégale qui avaient occupé la Predigerkirche. Le canton ne reverra pas ses pratiques en matière d'asile, mais demande des directives fédérales.

Catherine Cossy
Mardi 6 janvier 2009

Le canton de Zurich n'a pas l'intention d'utiliser plus largement la marge de manœuvre à disposition des cantons pour demander à Berne la régularisation de personnes sans papiers.

La rencontre tant attendue, lundi, entre une délégation de sans-papiers et le conseiller d'Etat PDC Hans Hollenstein n'a pas débouché sur de grands résultats. Affichant toujours une grande jovialité, le directeur de la Sécurité et de l'aide sociale est resté vague. Il a tout d'abord souligné l'émotion que l'occupation, pendant deux semaines, de la Predigerkirche a suscitée auprès des fidèles en ce temps de Noël. Il a été relayé par le président du Conseil synodal de l'Eglise réformée du canton de Zurich, Ruedi Reich, qui a notamment dédéclaré: «Je ne suis pas prêt à négocier sous la pression. Une occupation n'est pas le moyen adéquat pour ouvrir le dialogue.»

Création d'une commission

Hans Hollenstein s'est certes engagé pour la création d'une commission d'experts chargée d'examiner les cas de rigueur, qui sont aujourd'hui traités par l'Office cantonal de la migration. Mais sa création est de la compétence du parlement. En 2007, le Grand Conseil avait refusé la réactivation d'une telle institution. Et lundi matin, les groupes UDC et radicaux, qui détiennent presque la majorité à eux deux, ont répété qu'ils s'opposeraient à ce projet. Hans Hollenstein reste toutefois optimiste: «Je crois que l'on pourra convaincre une majorité», a-t-il déclaré. Mais il n'a pas voulu s'avancer sur une date.

Le conseiller d'Etat a également confirmé la pratique restrictive du canton envers les demandeurs d'asile déboutés et autres sans-papiers. En 2008, Zurich n'a transmis aucune demande à la Confédération d'octroyer un permis de séjour pour cas de rigueur. Et quatre seulement en 2007. L'Office fédéral des migrations ne veut pas donner les chiffres d'autres cantons, «pour ne pas alimenter la polémique», a déclaré un porte-parole.

«Il y a de trop grandes divergences entre les cantons, il n'est pas bon de jouer les uns contre les autres. J'espère que Zurich pourra se rapprocher de la moyenne», a déclaré Hans Hollenstein. Le conseiller d'Etat n'a pas voulu dire s'il espérait que les autres cantons se rallient à une ligne plus dure, ou si Zurich était prêt à se montrer plus souple. Le canton est réputé notamment pour sa sévérité en matière d'établissement de l'identité, exigeant la présentation d'un passeport et non d'une simple carte d'identité.

«Dans ce domaine, le fédéralisme n'a pas sa place»

Hans Hollenstein, à la tête du Département de la sécurité depuis 2007, s'est défendu de vouloir jouer les «Pères la rigueur»: «J'ai hérité de cette situation, mais je ne peux pas la changer d'un seul coup. La Confédération laisse les cantons seuls avec cette tâche. Or c'est un domaine où le fédéralisme n'a pas sa place. Nous avons besoin de lignes directrices de la Confédération pour savoir comment définir les cas de rigueur. J'ai bon espoir que mon appel soit entendu.»

Zurich s'est toujours montré particulièrement inflexible envers les personnes en situation irrégulière. En 2005, il avait refoulé en Bolivie une famille vivant et travaillant depuis plus de dix ans dans le canton, et dont les deux fillettes étaient nées en Suisse.

Le groupe des sans-papiers, dont une partie a été accueillie jusqu'à mercredi soir dans une autre église de la ville, s'est montré déçu de l'entretien. Le collectif de soutien salue certes la création d'une commission pour les cas de rigueur, mais espère que cela ne restera pas une promesse sans lendemain. Il regrette également que les demandeurs d'asile déboutés doivent changer chaque semaine d'hébergement et vivre avec des bons Migros de 8,50 francs par jour dans des bunkers sans lumière. Un régime qui, contrairement aux autres cantons, s'applique aussi aux femmes et aux enfants.

RSR.CH Journal de 12:30

05.01.2009  Sans-papiers zurichois: rencontre avec le gouvernement

Une délégation des sans-papiers rencontrait lundi matin à Zurich Hans Hollenstein, le chef du département de la sécurité du canton. Le collectif de soutien veut que le gouvernement zurichois applique une politique de régularisation moins restrictive. Les précisions de Delphine Gendre.

Forums

05.01.2009 Zurich : rencontre sans-papiers et Conseil d'Etat

A Zurich, les sans-papiers qui occupent une église depuis le 19 décembre n'ont pas obtenu ce qu'ils espéraient. Le conseiller d'Etat Hans Hollenstein leur a seulement promis de réactiver la commission d'examen des cas de rigueur, qui concerne les requérants d'asile déboutés vivant en Suisse depuis au moins 5 ans et qui sont bien intégrés. Par Delphine Gendre.




MERCREDI 7 JANVIER 2009

Occupation d'une église à Zurich: les sans-papiers s'en vont

Les sans-papiers qui occupent l'église St-Jakob de Zurich depuis dimanche pour attirer l'attention sur leur détresse ont décidé de quitter les lieux ce mercredi. Ils estiment avoir atteint un succès partiel avec leur action des derniers 19 jours.

Quelque 150 personnes ont occupé durant pendant 17 jours la Predigerkirche à Zurich avant de déménager dimanche dans l'église St-Jakob, toujours à Zurich. L'évacuation de la Predigerkirche était la condition posée par les autorités pour rencontrer les sans-papiers.

Après la réunion lundi, le chef du département de la sécurité a indiqué qu'il voulait réactiver la commission pour les cas de rigueur. Les sans-papiers considèrent ce point comme une concession concrète. Ils revendiquent de meilleures conditions de vie et "une pratique plus humaine et non bureaucratique" pour les cas de rigueur ains qu'une levée de l'interdiction de travailler.

(ats)

Vaud fait face de justesse à la hausse des demandes d'asile

Jusqu’ici, il n’a pas fallu recourir aux abris de protection civile. Mais ils représentent bientôt la seule réserve. Un article de Laurent Busslinger dans 24 Heures.
Porte-parole de l’Etablisse­ment vaudois d’accueil des migrants (EVAM), Emmanuelle Marendaz Colle se refuse à parler de «crise de l’asile»: «Mais il est clair que la situation est tendue, et qu’au­jourd’hui chaque place compte.» Si le canton n’est pas dans «l’urgence absolue» décrite à Berne par le conseiller d’Etat Hans-Jürg Käser (24 heures d’hier), il subit lui aussi l’afflux des requêtes. En décembre, il a reçu 200 nouveaux requérants (voir graphique), un record sans équivalent depuis le pic de l’asile de la fin des années 90. Durant l’année 2008, l’EVAM a ainsi enregistré 1115 nouvelles person­nes, alors que le dispositif d’ac­cueil tablait sur 636 arrivées. C’est que sur le plan suisse, les demandes d’asile ont augmenté de 45% en un an, passant de 11 000 en 2007 à 16 000 en 2008. C’est certes encore très loin des chiffres de 1998 et 1999 où le conflit yougoslave avait fait bon­dir les requêtes à 44 000 et même 48 000. Mais on s’était habitué depuis 2005 à une moyenne de quelque 10 000 ar­rivants par an, et les héberge­ments avaient été redimension­nés en conséquence.
Imprévoyance récusée

  N’aurait-il pas fallu se mon­trer plus prudents? «Nous de­vons nous adapter en perma­nence, qu’il s’agisse de centres d’hébergements ou d’apparte­ments, nous ne pouvons garder des structures vides, ce ne serait pas justifiable», répond la porte­-parole de l’EVAM. Pour Emma­nuelle Marendaz Colle, «il est faux de prétendre que la Confé­dération a forcé les cantons à fermer des centres, c’est une évolution qui a suivi celle des demandes».
Reste qu’aujourd’hui, l’heure n’est plus à la résiliation de baux, mais à leur signature, tous azimuts. Depuis juillet, l’EVAM a loué 37 nouveaux appartements, représentant près de 200 places supplémentaires. Pour la plu­part, elles ont été trouvées en dehors de l’arc lémanique. Les huit centres que gère l’EVAM sont aussi occupés au maximum de leur capacité, et une cinquan­taine de personnes sont logées dans des hôtels.

 déficit prévisible des places d'hébergement
Recours aux abris PCi?

  Mais ces efforts sont en passe de ne plus suffire. Si l’afflux, provenant principalement de Somalie, d’Erythrée et du Sri Lanka ne diminue pas, l’EVAM s’attend à un déficit de quelque 200 places d’ici à fin avril. A la hausse des arrivées s’ajoute une diminution des départs qui tra­duit l’essoufflement des possibi­lités de régularisation, large­ment utilisées par le canton au début de 2008. Alors que la recherche d’un nouveau centre à La Côte n’a toujours pas abouti, les abris de PCi sont le seul recours qui se profile. «Aucune décision d’ouverture n’a encore été prise, mais cela risque d’être rapidement le cas», prévoit Em­manuelle Marendaz Colle. Deux abris ont d’ores et déjà été présé­lectionnés, mais ni leur capacité ni leur localisation ne sont préci­sées. Avec la reprise des attribu­tions aux cantons (suspendue du 24 décembre au 4 janvier), ils pourraient être très vite mis à contribution.

Gérer l'afflux des requérants d'asile

Aux troisième et quatrième trimestres 2008, le nombre d'arrivées de requérants d'asile a pris l'ascenseur en Suisse, avec une augmentation de 40% par rapport au deuxième trimestre. Cette situation a fait l'objet de plusieurs communications de l'Office féféral des migrations.

Dans le canton de Vaud, cette hausse a commencé à se ressentir dès le mois d'août, comme le montre l'évolution des arrivées.

Lire la suite de ce dossier de l'EVAM

Les sans-papiers de Zürich espèrent une aide du canton pour des permis

Après une rencontre hier matin avec le conseiller d’Etat Hans Hollenstein, les sans-papiers voient une issue possible à la crise. Le gouvernement souhaite réactiver la commission pour les cas de rigueur.
La discussion avec les représen­tants du collectif de soutien aux sans-papiers «a été correcte», se­lon Hans Hollenstein, chef du Département zurichois de la sé­curité. Elle a montré qu’il y a deux positions «différentes». Le collectif de soutien aux sans-pa­piers a déclaré que la rencontre avec les autorités a «redonné de l’espoir». Mais le seul point posi­tif de la réunion serait l’idée de réactiver la commission pour les cas de rigueur.
  Cette commission d’experts examinerait les demandes qui sont aujourd’hui traitées par l’Office cantonal de la migration. Elle pourrait demander à la Con­fédération d’accorder des permis de séjour pour certains cas. Hans Hollenstein ne peut pas promet­tre que la commission sera réac­tivée car «cette décision est de la compétence du Grand Conseil». Les groupes PRD et UDC ont déclaré qu’ils s’opposeraient à la réactivation de la commission. A droite, seul le PDC – parti de Hans Hollenstein – s’est dit prêt à accepter la création d’une nou­velle commission.
Un
canton «dur»
  Dix cantons, dont Zurich, Vaud et Genève, avaient tenté en 2006 de se mettre d’accord sur des critères communs pour l’exa­men des cas de rigueur. Sans succès. Zurich a la réputation d’être dur dans l’examen de tels cas. Il n’est pas intervenu une seule fois en 2008 auprès de la Confédération pour obtenir des permis de séjour, alors que le canton de Vaud a transmis 300 demandes. Les 150 sans-papiers qui ont occupé 17 jours la Predi­gerkirche de Zurich ont démé­nagé dimanche dans l’église St. Jakob. L’évacuation de la Pre­digerkirche était la condition po­sée par les autorités pour ren­contrer les sans-papiers. ATS

Voir également le reportage de la TSR sur le même sujet

lundi, janvier 05, 2009

Rappel de la lutte de En 4 Ans On prend Racines

LE TEMPS - REGIONS
http://www.letemps.ch/template/regions.asp?page=7&article=247208

A Lausanne, une action similaire avait porté ses fruits

Des requérants avaient occupé l'église de Bellevaux en 2001 durant 125
jours. L'association qui les avait soutenus s'est dissoute récemment.

Laurent Caspary
Lundi 5 janvier 2009

A Zurich, environ 150 sans-papiers ont occupé jusqu'à ce dimanche le
Predigerkirche depuis le 19 décembre. Ils voulaient attirer l'attention
du public sur leur situation précaire en occupant ainsi un lieu
symbolique où l'on imagine mal la police entrer en force. La méthode est
connue et a fait ses preuves, dans le canton de Vaud notamment. A
Lausanne, sympathisants, militants et anciens requérants d'asile se sont
d'ailleurs récemment réunis dans l'église de Bellevaux, théâtre d'une
«occupation» de 125 jours en 2001 qui a donné une visibilité importante
à un mouvement tout en marquant profondément la politique vaudoise
plusieurs années durant. Mais cette réunion était en réalité une ultime
fête. Celle de la dissolution de l'association En quatre ans on prend
racine, sur le constat d'une victoire importante: la régularisation de
l'immense majorité des requérants concernés par l'occupation.

En se dissolvant, les membres d'En quatre ans on prend racine ont ainsi
tourné une page de l'histoire politique et sociale du canton du Vaud.
L'association a joué sans le savoir alors le rôle de détonateur qui
allait déboucher sur plusieurs années de crise dans les relations entre
Berne et le Conseil d'Etat à travers ce qui était petit à petit et de
facto devenu «l'exception vaudoise».

«Sans En quatre ans on prend racine, il n'y aurait pas eu le mouvement
dit des «523» (nombre de requérants déboutés en 2004 suite à la
tentative du socialiste Pierre Chiffelle de régler la situation, ndlr),
c'était une continuité qui a permis de donner naissance au mouvement de
soutien aux sans-papiers», dit Yves Sancey, un des piliers de
l'association désormais dissoute. «Notre force, c'était d'avoir
l'émotion. Nous avons mis des visages sur les dossiers des requérants,
notamment grâce à une très forte médiatisation de l'occupation de
l'église de Bellevaux.»

Constat partagé par celui qui était de l'autre côté de la barrière.
Henri Rothen, chef du Service de la population (SPOP) a traversé avec
ses collaborateurs toutes ces années de crise en endossant bien malgré
lui le costume du fonctionnaire qui refuse les dossiers. «Ils ont gagné
une partie de la guerre de la communication, c'est sûr, dit-il
aujourd'hui. C'était des périodes difficiles car avec des arguments
émotionnels ils ont eu une partie de l'opinion publique de leur côté,
même si leurs slogans étaient parfois simplistes et leurs arguments pas
toujours corrects. De notre côté, on ne jouait pas sur le même terrain;
nous étions les garants de l'Etat de droit et devions rester très
institutionnels dans notre communication. Nous avons été traités de tous
les noms alors qu'au final, nous sommes tout de même le canton de Suisse
qui a obtenu le plus de régularisations.»

En se dissolvant, En quatre ans on prend racine donne-t-elle le signal
que la question de l'asile est désormais pacifiée? Bien au contraire,
rétorque Yves Sancey. La lutte continue via la Coordination
asile-migration qui tente de «décloisonner» le monde des requérants
d'asile et celui des sans-papiers. «Ces gens subissent les mêmes
violences d'Etat.»

Entre besoin de main-d'œuvre et peur de l'étranger, une contradiction durable

Lu dans le Temps un article de D.S. Miéville

LIBRE CIRCULATION. C'est quand la Suisse était la seule maîtresse de ses frontières qu'elle les a le plus largement ouvertes, à l'époque où était encore en vigueur le statut de saisonnier. Analyse. 

La question de la libre circulation des personnes, au-delà de ce qu'elle doit à la controverse spécifique sur la politique européenne et aux problèmes internes de l'UDC, plonge ses racines dans une contradiction qui a marqué et continue à marquer la vie politique suisse depuis le début des années 60, entre la soif de main-d'œuvre étrangère de l'économie et la peur de la surpopulation étrangère dans une large partie de la population. 
L'évolution du statut de saisonnier, les initiatives xénophobes, la politique d'asile, la politique européenne et notamment la libre circulation des personnes, voilà autant de dossiers qui s'inscrivent, directement ou indirectement, entièrement ou partiellement, dans cette continuité. La Suisse a besoin des travailleurs étrangers, mais en même temps elle redoute les immigrants et s'évertue depuis plus de trente ans à en endiguer et à en contrôler le flot. 
Endiguer le flot 
Endiguer et contrôler le flot, c'est bien ce que veulent les adversaires de la libre circulation, qui considèrent que la votation du 8 février représente la dernière occasion, politiquement si ce n'est formellement, de refuser l'ouverture des frontières qu'implique à long terme, une fois toutes les réglementations transitoires arrivées à échéance, la mise en œuvre pleine et entière de la libre circulation des personnes. L'UDC s'était déjà opposée, vainement, en 2005 à l'extension de la libre circulation des personnes aux dix nouveaux Etats membres de l'UE. Elle s'est résignée à la défaite ou en tout cas fait mine de se résigner, à cette défaite. Mais les deux nouveaux candidats sont à de nombreux égards exemplaires comme repoussoirs, avec une forte différence de niveau de vie, de culture et de culture politique, un niveau élevé de corruption, ainsi qu'un problème tout à fait spécifique avec la communauté rom en Roumanie, au point qu'ils suscitent une solide méfiance à l'intérieur même de l'UE. 
L'UDC anticipe une défaite sur l'extension à la Bulgarie et à la Roumanie comme une sorte de blanc-seing à toutes les extensions futures. Il sera en effet difficile d'effrayer la population avec les candidats admissibles dans un avenir prévisible, comme la Croatie, par exemple, dont il faut rappeler que, contrairement à la Bulgarie et à la Roumanie, elle faisait partie, il y a encore nonante ans, du même univers politique et culturel que le nôtre, puisque intégrée dans l'empire austro-hongrois. 
Doublement inacceptable 
L'extension de la libre circulation à la Bulgarie et à la Roumanie est pour la majorité de l'UDC doublement inacceptable, dans la mesure où elle entre en résonance avec le renforcement de l'intégration à divers titres et des pressions de l'UE, en particulier dans le domaine de la fiscalité. Il y a là l'occasion non seulement de poser un verrou à l'immigration, mais encore de donner un coup de frein à l'intégration, après une série ininterrompue de défaites pour les adversaires de l'Europe, qui ont d'autant plus mal pris le paquet ficelé par les Chambres qu'il les privait d'une campagne simple et ciblée contre les seuls Bulgares et Roumains. 
S'agissant de l'immigration, il y a tout de même un formidable paradoxe dans l'attitude des milieux nationalistes à propos de la libre circulation. C'est bien l'intégration européenne qui a rétréci le cercle des immigrants aux ressortissants des pays européens plus les USA et le Canada et c'est bien à l'époque où la Suisse était la seule et unique maîtresse de ses frontières qu'elle les a largement ouvertes à l'immigration balkanique, et dans une moindre mesure turque, que dénonce aujourd'hui de la façon la plus virulente l'UDC. Une immigration largement nourrie par le statut de saisonnier, qui aura marqué, jusqu'à la fin des années 80, la politique suisse de la main-d'œuvre. 
Engagés pour neuf mois avec l'interdiction de faire venir leur famille et de changer d'employeur, entassés dans des baraquements, les saisonniers, italiens d'abord, puis espagnols, portugais et balkaniques, attendaient le sésame, le permis B qui leur était accordé au terme de quatre saisons effectuées en Suisse. 
Depuis la fin de la dernière guerre, le recrutement de la main-d'œuvre étrangère s'est progressivement élargi du plus proche au plus lointain. En 1948 un accord est signé avec l'Italie. En 1961 suit un accord avec l'Espagne. En 1964, un nouvel accord avec l'Italie prévoit la conversion du permis de saisonnier en permis B et accélère le regroupement familial pour les porteurs de permis B. 
Reprise durant les années 80 
Après un ralentissement de l'immigration dans les années 70, dû aux effets de la première crise pétrolière en 1974, celle-ci reprend de plus belle dans les années 80. La zone de recrutement s'élargit alors au Portugal, à la Turquie et aux Balkans. En 1991, le Conseil fédéral adopte la politique dite des trois cercles (Europe - Canada, Etats-Unis et Europe de l'Est, reste de la planète). Les Yougoslaves, et parmi eux les Kosovars, ainsi que les Turcs basculent dans le troisième cercle. Ils ne peuvent plus venir comme saisonniers et ceux qui n'ont pas accompli quatre saisons en Suisse perdent tout espoir d'obtenir jamais un permis B. Nombre d'entre eux, et notamment les Kosovars, au moment où la répression s'accentue chez eux, se transforment alors en demandeurs d'asile. En 1998, le système des trois cercles est remplacé par une séparation du monde en deux: d'un côté l'UE, les Etats-Unis et le Canada, de l'autre le reste de la planète. 
L'un des arguments majeurs des adversaires de la libre circulation des personnes est que la Suisse n'a nul besoin d'un tel accord pour obtenir de la main-d'œuvre étrangère dont elle a besoin en faisant appel à qui elle veut comme elle veut. Si l'on admet que même cet exercice de pleine souveraineté nécessite un minimum d'organisation, il vaut la peine de rappeler les gémissements des différents acteurs du monde économique à l'époque où la Suisse n'avait effectivement pas besoin d'accords internationaux pour faire venir des saisonniers. C'était la grande foire d'empoigne pour la répartition des contingents de travailleurs étrangers, jamais suffisants, avec tout ce que cela suppose d'attentes déçues, de retards, de goulets d'étranglement et de rigidités et en fin de compte de frein à la croissance. 

Les sans-papiers zurichois déménagent dans une autre église

Lu dans le Temps

ZURICH. Les occupants ont quitté la Predigerkirche pour migrer vers l'église Saint-Jacques. Une délégation rencontre aujourd'hui le Conseil d'Etat. 

Les sans-papiers qui occupaient une église en ville de Zurich ont déménagé dimanche dans une autre église. Ils pourront y rester jusqu'à mercredi soir. Quelque 60 à 70 sans-papiers ont migré vers l'église Saint-Jacques, a indiqué dimanche le collectif de soutien. Cela correspond à une petite moitié des 150 personnes qui avaient pris leurs quartiers dans la Predigerkirche le 19 décembre. Avant de partir, les occupants ont nettoyé le sol et les toilettes, a précisé le collectif. 
Lundi, une délégation des sans-papiers, emmenée par le président du conseil de paroisse Ruedi Reich, rencontrera le conseiller d'Etat Hans Hollenstein (PDC) pour une discussion. Celui-ci avait posé comme condition pour cette rencontre que la Predigerkirche soit évacuée. 
Samedi après-midi, les sans-papiers et leurs sympathisants ont manifesté à travers la vieille ville de Zurich. D'après le collectif de soutien, le défilé a rassemblé 2500 participants. La police les a quant à elle estimés à un millier. 
Par leur action, les sans-papiers et leurs sympathisants entendent attirer l'attention sur leur situation précaire et revendiquer de meilleures conditions de vie. Ils demandent notamment «une pratique plus humaine et non bureaucratique pour les cas de rigueur» ainsi qu'une levée de l'interdiction de travailler. Le collectif de soutien se dit convaincu que le conseiller d'Etat Hollenstein peut procéder à des améliorations rapides. 
Lors d'une conférence de presse du collectif, l'avocat Marc Spescha, spécialiste du droit d'asile, avait souligné samedi que le canton de Zurich avait renoncé jusqu'à présent à soumettre à la Confédération des demandes concernant des cas de rigueur. Des cantons comme Vaud ou Saint-Gall ont transmis l'année passée 300, respectivement 85 demandes de ce type, contre aucune pour le canton de Zurich. 

 

A Lausanne, une action similaire avait porté ses fruits 
Laurent Caspary 

Des requérants avaient occupé l'église de Bellevaux en 2001 durant 125 jours. L'association qui les avait soutenus s'est dissoute récemment. 

A Zurich, environ 150 sans-papiers ont occupé jusqu'à ce dimanche le Predigerkirche depuis le 19 décembre. Ils voulaient attirer l'attention du public sur leur situation précaire en occupant ainsi un lieu symbolique où l'on imagine mal la police entrer en force. La méthode est connue et a fait ses preuves, dans le canton de Vaud notamment. A Lausanne, sympathisants, militants et anciens requérants d'asile se sont d'ailleurs récemment réunis dans l'église de Bellevaux, théâtre d'une «occupation» de 125 jours en 2001 qui a donné une visibilité importante à un mouvement tout en marquant profondément la politique vaudoise plusieurs années durant. Mais cette réunion était en réalité une ultime fête. Celle de la dissolution de l'association En quatre ans on prend racine, sur le constat d'une victoire importante: la régularisation de l'immense majorité des requérants concernés par l'occupation. 
En se dissolvant, les membres d'En quatre ans on prend racine ont ainsi tourné une page de l'histoire politique et sociale du canton du Vaud. L'association a joué sans le savoir alors le rôle de détonateur qui allait déboucher sur plusieurs années de crise dans les relations entre Berne et le Conseil d'Etat à travers ce qui était petit à petit et de facto devenu «l'exception vaudoise». 
«Sans En quatre ans on prend racine, il n'y aurait pas eu le mouvement dit des «523» (nombre de requérants déboutés en 2004 suite à la tentative du socialiste Pierre Chiffelle de régler la situation, ndlr), c'était une continuité qui a permis de donner naissance au mouvement de soutien aux sans-papiers», dit Yves Sancey, un des piliers de l'association désormais dissoute. «Notre force, c'était d'avoir l'émotion. Nous avons mis des visages sur les dossiers des requérants, notamment grâce à une très forte médiatisation de l'occupation de l'église de Bellevaux.» 
Constat partagé par celui qui était de l'autre côté de la barrière. Henri Rothen, chef du Service de la population (SPOP) a traversé avec ses collaborateurs toutes ces années de crise en endossant bien malgré lui le costume du fonctionnaire qui refuse les dossiers. «Ils ont gagné une partie de la guerre de la communication, c'est sûr, dit-il aujourd'hui. C'était des périodes difficiles car avec des arguments émotionnels ils ont eu une partie de l'opinion publique de leur côté, même si leurs slogans étaient parfois simplistes et leurs arguments pas toujours corrects. De notre côté, on ne jouait pas sur le même terrain; nous étions les garants de l'Etat de droit et devions rester très institutionnels dans notre communication. Nous avons été traités de tous les noms alors qu'au final, nous sommes tout de même le canton de Suisse qui a obtenu le plus de régularisations.» 
En se dissolvant, En quatre ans on prend racine donne-t-elle le signal que la question de l'asile est désormais pacifiée? Bien au contraire, rétorque Yves Sancey. La lutte continue via la Coordination asile-migration qui tente de «décloisonner» le monde des requérants d'asile et celui des sans-papiers. «Ces gens subissent les mêmes violences d'Etat.» 

Un vrai asile de nuit ou des logements d’urgence?

Lu dans 24 heures
© GEORGES MEYRAT - A | Seule unité d’accueil à Nyon, ces trois lits – réservés aujourd’hui aux femmes – sont placés sous la responsabilité du Major Verena Keller.

MADELEINE SCHÜRCH | 05.01.2009 | 00:03

Le projet mijote depuis des mois mais peine à se concrétiser. L’idée de créer dans le district de Nyon un sleep-in, autrement dit une structure d’accueil de nuit d’urgence, a été lancée conjointement par l’Association sociale œcuménique de La Côte (ASOLAC) et l’Armée du Salut après un premier forum social organisé en septembre 2007. Les églises et des intervenants avaient alors constaté qu’il manquait dans la région de quoi prendre en charge des sans-abri ou des personnes en situation momentanée de détresse.

Le chef-lieu compte bien trois lits de secours, géré par l’Armée du Salut dans sa petite église de la rue Gaudin, mais ce modeste asile, ouvert à la demande, n’accueille que des femmes en difficulté financière ou psychologique, faute de place pour pouvoir séparer les sexes. La plupart y séjournent parfois des mois. A l’Esp’Asse, le Point Virgule, géré par Caritas, dispose d’une structure d’accueil, mais seulement de jour.

Cas rares, mais…

Certes, on ne voit pas, dans les rues nyonnaises ou glandoises, une population fixe de SDF, à l’exception des mendiants roumains importés à la journée de leur squat genevois. «Tout au plus quelques fêtards désargentés que l’on retrouve parfois dans une entrée d’immeuble. Les contrôles de papier ne révèlent que rarement des cas de sans-abri, et ces derniers se règlent en appelant famille et amis», constate Christian Gilgen, adjoint au chef de la police municipale.

Pour Paul Zimmermann, président d’ASOLAC, il y a pourtant, même dans ce district si opulent d’apparence, un réel besoin pour loger temporairement des personnes sans abri, des jeunes en difficulté ou présentant des troubles du comportement liés à des addictions, des ménages endettés qui se retrouvent sans logement ou des femmes victimes de violence conjugale.

Une étude pour identifier les besoins a été commandée en 2007 à une personne neutre. Celle-ci a envoyé des questionnaires aux paroisses du district, aux polices, aux hôpitaux. En retour, si les personnes sans domicile fixe ne représentent que 24% des quelques individus en conflit ou tombés dans la marginalité, aucune structure n’est là pour les prendre en charge. La plupart des cas sont dirigés vers la Marmotte de Lausanne, le Sleep-in de Renens, l’Armée du Salut à Genève ou vers des centres spécialisés, comme Malley-Prairie pour les femmes battues, le Relais ou même les campings de la région en période estivale.

Appartements d’urgence

L’ASOLAC et l’Armée du Salut pourraient gérer une passade de 10 à 15 lits. Mais il manque pour l’instant des locaux pour lancer un projet qui ne convainc pas tout le monde. Au sein du réseau social, en effet, on doute de la nécessité de créer un asile de nuit. «Ce qui manque surtout, ce sont des appartements d’urgence pour accueillir femmes et enfants en rupture, ou des jeunes éjectés de chez eux. Des logements qu’on peine à trouver dans cette région qui connaît une pénurie et des prix élevés», explique Pierre-Alain Chollet, directeur du Centre social régional de Nyon-Rolle. C’est dans le chef-lieu, où se trouvent 40% des gens soutenus par le filet social, qu’il faudrait en trouver en priorité. Une piste pourrait être le bâtiment de Bel-Automne, qui abrite des appartements pour des retraités à revenu modeste, si la ville réalise de nouveaux appartements protégés .



Les cantons dépassés par les demandes d'asile

Les cantons sont dépassés par l’augmentation des demandes d’asile. La Confédération mise sur une politique plus restrictive et la collaboration européenne. Un article de Romain Clivaz dans 24 Heures.

Les demandes d'asile sont passées de 11000 à 16000 entre 2007 et 2008. Dans le même temps, les capacités d'accueil des cantons ont diminué, sur conseil de la Confédération, qui souhaite un nouveau tour de vis législatif. Absente de l’actualité en 2008, la politique d’asile fera son grand retour en 2009. Alors que, l’an dernier, le nombre des demandes d’asile a pris l’ascenseur, les cantons tirent la sonnette d’alarme. Sur conseil de la Confédération, ils ont en effet diminué leurs capacités d’accueil. Résultat: ils sont main­tenant dépassés. Pour surmonter ces difficultés, la conseillère fédé­rale Eveline Widmer-Schlumpf (PBD) compte sur un nouveau tour de vis législatif, et attend beaucoup de la base de données européenne EURODAC.
  «Nous sommes dans une si­tuation d’urgence absolue.» C’est ainsi que le conseiller d’Etat ber­nois Hans-Jürg Käser (PRD) dé­crit, dans le journal dominical Sonntag, la problématique de l’accueil des requérants d’asile. La situation s’est encore dégra­dée en fin d’année 2008. Lucerne, Argovie ou encore Schaffhouse ont les mêmes problèmes. Les cantons romands sont aussi sou­mis à cette pression, la réparti­tion des requérants étant propor­tionnelle au nombre d’habitants. Bruno Zanga, chef de l’Office can­tonal des étrangers de Saint-Gall, ne décolère pas et reproche à la Berne fédérale d’avoir «encou­ragé » ces baisses de capacité de prise en charge (base de calcul: 10 000 requérants par année).
De 11 à 16 000 demandes

  Du côté de la Confédération, après avoir alloué des moyens supplémentaires aux cantons pour ce type d’hébergements, on joue l’apaisement: «Je com­prends ces frustrations, concède Eduard Gnesa, directeur de l’Of­fice fédéral des migrations (ODM), mais je suis confiant pour la suite. Nous avons déjà fait face à des situations plus urgentes et nous collaborons étroitement avec les cantons.» Pourtant, ces augmentations n’ont rien de marginal. De quel­que 11 000 demandes d’asile en 2007, on devrait passer à environ 16 000 en 2008, selon l’ODM. Ces derniers mois, ce sont avant tout des ressortissants de la Corne de l’Afrique (Erythrée, So­malie), d’Irak, du Nigeria ou en­core du Sri Lanka qui sont venus en Suisse, précise Eduard Gnesa.
EURODAC à la rescousse

  A l’avenir, Berne mise surtout sur une «optimisation» des pro­cédures d’asile. Pour ce faire, elle compte sur deux leviers: l’utilisa­tion d’une base de données euro­péenne, et un tour de vis législa­tif. Le premier peut être actionné depuis décembre dernier. En vertu de la Convention de Du­blin, notre pays a accès à l’EURODAC, qui recueille les em­preintes digitales des deman­deurs d’asile et des immigrés clandestins. Lorsqu’une per­sonne a déjà déposé une de­mande dans un autre pays signa­taire, la Suisse peut normale­ment l’y reconduire. Est clairement visé ici ce que les Anglo-Saxons appellent le «shop­ping » de l’asile. «Après la pre­mière semaine d’utilisation, nous avons obtenu plus de 50% de résultats positifs», se réjouit Eduard Gnesa.
  Le deuxième levier sera pro­chainement actionné par Eveline Widmer-Schlumpf. Ses services confirment qu’elle présentera, dans le courant du mois de jan­vier, une «révision de la loi sur l’asile». En clair: révision rimera avec restriction.

dimanche, janvier 04, 2009

Zurich: les sans-papier acceptent de quitter la Predigerkirche


 

Zurich - L'occupation d'une église en ville de Zurich touche à sa fin. Les quelque 150 sans-papier qui s'y sont installés le 19 décembre se disent prêts à quitter les lieux d'ici dimanche. Ils ont manifesté à travers la vieille ville de Zurich.

D'après le collectif de soutien, le défilé a rassemblé 2500 participants. La police en a quant à elle dénombré un millier. Le collectif de soutien et les sans-papier ont décidé vendredi de changer de stratégie.

La confrontation doit désormais laisser place au dialogue. Avec ce revirement, les sans-papier remplissent la condition posée pour rencontrer lundi le conseiller d'Etat Hans Hollenstein.

De dimanche à mercredi, les sans-papier seront accueillis dans une autre église, celle de St-Jacques. Le pasteur de la paroisse St-Jacques a précisé que les sans-papier et leurs sympathisants étaient les bienvenus dans l'église jusqu'à mercredi soir.

Les sans-papier ne seront alors plus des occupants, mais des hôtes de l'église, puisqu'ils ont simplement accepté l'offre d'asile qui leur a été présentée, a indiqué Stefan Schlegel, membre du collectif de soutien, lors d'une conférence de presse tenue samedi à l'intérieur de la Predigerkirche.

Les sans-papier occupent la Predigerkirche depuis deux semaines. Le collectif de soutien se dit déçu qu'ils n'y aient été tolérés qu'à contre-coeur.

Les occupants et leurs sympathisants entendent attirer l'attention sur leur situation précaire. Ils revendiquent notamment une pratique plus humaine pour les cas de rigueur.

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