samedi, avril 04, 2009

L’émigration africaine

Les Africains sont toujours plus nombreux à essayer d'entreprendre le grand voyage pour « l'Eldorado européen », fuyant les conflits, les persécutions ou la pauvreté. Pourtant, le voyage comprend de nombreux risques. La TSR a réalisé des reportages au Mali et en Mauritanie pour comprendre ce qui poussent certains Africains à partir et d'autres à rester.

la route des migrants

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La résistance s’organise pour Fahad

CherEs signataires,
Vous avez été des milliers à faire part de votre indignation et de votre soutien à Fahad. Je l’ai eu au téléphone, il va mieux et vous remercie du fond du cœur de l’accompagner dans cette épreuve difficile. Martine Clerc, journali ste à 24Heures, a suivi cette affaire depuis le début avec un engagement sans faille. Sachant son départ imminent, elle n’a pas hésité à s’envoler pour Stockholm pour rencontrer Fahad. Je me permets de relayer son article qui paraît aujourd’hui:

 

Fahad K. se sent «perdu dans un puzzle»
TÉMOIGNAGE | Expulsé de Suisse jeudi, l’Irakien raconte ses premières heures en Suède.

De la Suisse, Fahad K. garde le goût amer du vol spécial sous escorte policière: «Dans l’avion, mon corps était sanglé, j’étais attaché à mon siège comme un criminel. Mais je ne suis pas en colère, je ne veux pas me voir comme une victime.» Le 2 mars dernier, lors d’une première tentative de renvoi dans un vol de ligne, l’Irakien s’était débattu jusqu’à ce que le pilote ordonne sa sortie de l’avion.
A Stockholm, où il a été renvoyé jeudi, le héros de La forteresse est redevenu un requérant d’asile anonyme. Fatigué, amaigri par plusieurs jours passés dans une cellule d’isolement d’une prison zurichoise, le jeune homme ressent la sale impression «de n’être le bienvenu nulle part». «Prisonnier ou réfugié? Je ne sais plus. Je suis fatigué d’être un requérant d’asile, de passer de centres d’hébergement en prisons, de montrer mes papiers, de raconter mon histoire en espérant qu’un pays veuille bien croire que je suis menacé en Irak», pays qu’il a fui en 2007.
Ses premières nuits en Suède, Fahad K. les passe dans un centre de transit de la banlieue de Stockholm. Une amie suisse est venue l’aider à trouver un logement, une chambre ou un studio. Car, sans adresse officielle, Fahad K. sera hébergé à plus de 1000 kilomètres au nord, dans un centre où il a déjà passé plusieurs mois avant son arrivée en Suisse.
Ensuite, il cherchera un avocat. Le jeune homme a 21 jours pour recourir contre la décision négative de la Suède, assortie d’un renvoi vers l’Irak, où sa vie serait menacée par des islamistes en raison de ses activités de traducteur pour l’armée américaine. «Je ne peux pas retourner là-bas. Mais je me sens aujourd’hui perdu dans le puzzle européen.»
Pour financer le logement et le conseil juridique de l’Irakien, un comité de soutien est en train de se former en Suisse, relayant l’immense vague d’indignation de plus de 6000 personnes qui ont signé une pétition en sa faveur. «J’aimerais leur dire un immense merci. Ils aimeraient tellement que leur souhait devienne réalité.»  ©24Heures | Martine Clerc

je dis nonBeaucoup de personnes m’ont demandé comment aider Fahad. Dans un premier temps, comme vous venez de le lire, il a besoin d’un soutien financier pour rester à Stockholm et bénéficier ainsi d’un réseau suédois actif dans la défense des requérants. Mais cette procédure risque de durer des mois. Vous pouvez donc verser un montant, même modeste, au compte postal suivant :

Cuttat Beatrix
Soutien Fahad K.
Zürich
compte    87-640698-1 CHF
IBAN    CH70 0900 0000 8764 0698 1
BIC    POFICHBEXXX

De notre côté, la bataille juridique est perdue en Suisse, mais nous n’abandonnerons jamais Fahad dans sa quête d’une lieu sur terre pour vivre en paix. Nous allons également tenter, avec l’aide d’associations locales de défense du droit d’asile et de parlementaires suédois, de mobiliser l’opinion publique sur les dérives inhumaines des accords de Dublin. Nous vous tiendrons bien entendu au courant de l’avancée des démarches.
Et si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à écrire à Mme la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf ainsi qu’à Monsieur Eduard Gnesa, le Directeur de l’Office fédéral des migrations, pour leur faire part, en tant que citoyen du pays dépositaire des Conventions de Genève, de votre indignation.
Bien à vous,
Fernand Melgar
fmelgar signature manuscrite
Adresse pour l’envoi de votre lettre:

Madame la Conseillère fédérale
Eveline Widmer-Schlumpf
Palais fédéral ouest
CH-3003 Berne
Monsieur Eduard Gnesa,
Directeur de l'Office fédéral des migrations
Quellenweg 6
CH-3003 Berne-Wabern

Fahad perdu dans le “puzzle européen”

Expulsé de Suisse jeudi, l’Irakien raconte ses premières heures en Suède.

De la Suisse, Fahad K. garde le goût amer du vol spécial sous escorte policière: «Dans l’avilabyrinthe on, mon corps était sanglé, j’étais attaché à mon siège comme un criminel. Mais je ne suis pas en colère, je ne veux pas me voir comme une victime.» Le 2 mars dernier, lors d’une première tentative de renvoi dans un vol de ligne, l’Irakien s’était débattu jusqu’à ce que le pilote ordonne sa sortie de l’avion.

A Stockholm, où il a été renvoyé jeudi, le héros de La forteresse est redevenu un requérant d’asile anonyme. Fatigué, amaigri par plusieurs jours passés dans une cellule d’isolement d’une prison zurichoise, le jeune homme ressent la sale impression «de n’être le bienvenu nulle part». «Prisonnier ou réfugié? Je ne sais plus. Je suis fatigué d’être un requérant d’asile, de passer de centres d’hébergement en prisons, de montrer mes papiers, de raconter mon histoire en espérant qu’un pays veuille bien croire que je suis menacé en Irak», pays qu’il a fui en 2007.

Ses premières nuits en Suède, Fahad K. les passe dans un centre de transit de la banlieue de Stockholm. Une amie suisse est venue l’aider à trouver un logement, une chambre ou un studio. Car, sans adresse officielle, Fahad K. sera hébergé à plus de 1000 kilomètres au nord, dans un centre où il a déjà passé plusieurs mois avant son arrivée en Suisse.

Ensuite, il cherchera un avocat. Le jeune homme a vingt et un jours pour recourir contre la décision négative de la Suède, assortie d’un renvoi vers l’Irak, où sa vie serait menacée par des islamistes en raison de ses activités de traducteur pour l’armée américaine. «Je ne peux pas retourner là-bas. Mais je me sens aujourd’hui perdu dans le puzzle européen.»

Pour financer le logement et le conseil juridique de l’Irakien, un comité de soutien est en train de se former en Suisse, relayant l’immense vague d’indignation de plus de 6000 personnes qui ont signé une pétition en sa faveur. «J’aimerais leur dire un immense merci. Ils aimeraient tellement que leur souhait devienne réalité.»

MARTINE CLERC STOCKHOLM, pour 24 Heures.

Les crimes d'honneur

Décompte macabre

décompte macabreAu moins 316 clandestins sont morts aux portes de l’Europe en mars, dont plus de 200 dans le naufrage survenu dimanche au large de la Libye, a indiqué hier à Rome l’association Fortress Europe . Le drame survenu dimanche dernier au large de la Libye a fait au moins 21 morts et plus de 200 disparus.

AFP

Les naufragés du monde des sans-papiers

La nouvelle est tombée cette semaine comme une bouteille à la mer. Environ 300 migrants africains, partis de la Libye pour tenter de rejoindre clandestinement l'Italie, ont péri dans le naufrage en Méditerranée de trois bateaux bondés. C'est la pointe de l'iceberg. Des milliers de personnes -- entre deux et six mille, au bas mot -- se noient chaque année en tentant d'atteindre les côtes européennes. L'Europe s'en tient pour l'essentiel à des politiques de dissuasion qui ne règlent rien.

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vendredi, avril 03, 2009

L’Office fédéral des migrations a eu raison de Fahad K.

CherEs signataires,
Fahad K. a été réveillé par la police au petit matin dans sa cellule zurichoise ce jeudi. Alors qu’il n’opposait aucune résistance, fortement affaibli par sa mise à l’isolement depuis une semaine, six policiers l’ont menotté aux chevilles et aux poignets puis sanglé les cuisses et les bras. Ils l’ont ensuite mis dans un vol spécialement affrété pour la Suède.
La mandataire juridique Elise Shubs et moi-même avions pourtant fait part jeudi dernier 26 mars au proche collaborateur et à la chargée de communication de la Conseillère fédérale, qu’en cas d’échec du dernier recours, Fahad K. souhaitait partir volontairement sur un vol de ligne pour la Suède. Même cette dernière demande, qui aurait permis à Fahad K. de quitter le sol helvétique avec dignité, n’a pas été entendue par Mme Widmer Schlumpf. Ce qui aurait pourtant permis au contribuable suisse de faire une économie de 60'000 francs...
A cette heure, l’Office fédéral des migrations n’a toujours pas averti officiellement la mandataire juridique du départ forcé de Fahad K. C’est lui-même qui l’a appelé depuis Stockholm pour la prévenir de son expulsion.
A son arrivée à Stockholm, les autorités suédoises lui ont transmis la décision de renvoi vers l’Irak, lui annonçant qu’il allait retourner au camp de Boden (à 1060 km au nord de Stockholm) qui regroupe des requérants irakiens en vue de leur expulsion.
En effet, afin de limiter le nombre d’Irakiens sur son sol, la Suède a conclu en avril 2007 des accords avec l’Irak pour rendre les renvois forcés possibles malgré la situation de violence généralisée qui persiste dans ce pays. La Suède a mis également en place des procédures d'asile accélérées pour simplifier les renvois des requérants irakiens.
La Suisse, la France et Amnesty International sont opposés à tout renvoi forcé vers l'Irak à l’heure actuelle. Conformément à la position du Haut Commissariat aux Réfugiés, ils estiment que toutes les personnes originaires, comme Fahad K., du sud et du centre de l'Irak doivent obtenir le statut de réfugié ou une forme de protection subsidiaire.
Fahad K. a quitté l’Irak en été 2007 avec des motifs d’asile solides. En examinant son dossier, il ressort que les autorités suédoises n’ont pas tenu compte de la portée des risques que ce dernier encourt en Irak comme ancien interprète de l’Armée américaine. La Suisse avait la possibilité de corriger cette erreur en faisant recours à la clause de souveraineté qui permet aux Etats de se saisir d’une demande d’asile et d’entrer en matière sur celle-ci dans certains cas.
Aujourd’hui, les autorités suédoises ont attribué d’office la même mandataire juridique que lors de son dernier séjour. Cette dernière ne maitrise pas l’anglais et avait transmis la décision de renvoi vers l’Irak à Fahad K. trop tard pour pouvoir faire un recours, un vice de forme reconnu par l’Office fédéral suisse des migrations. Elle aura 21 jours pour faire un dernier recours contre cette décision bien qu’elle ne connaisse pas le dossier.
Fahad K. se retrouve ce soir seul en Suède, dans un état de santé physique et psychique alarmant, traumatisé par son passage en Suisse et terrorisé par ce qu’il l’attend. Il se dit soulagé de ne plus avoir à faire à la police suisse.
Désolé d’avoir à vous apprendre de si tristes nouvelles et merci encore pour votre soutien.
Fernand Melgar,
fmelgar signature manuscrite

Le TF oblige un NEM à se contenter des prestations en nature

Le Tribunal fédéral déboute un ex-requérant d'asile (NEM), qui dénonce ses conditions de vie dans un centre d'hébergement vaudois et se plaint de n'avoir aucun argent de poche. Il qualifie l'infime aide d'urgence qu'il reçoit de "contraire à la dignité humaine".

Composée de prestations en nature, de denrées alimentaires et d'articles d'hygiène, cette aide ne comprend aucun argent de poche. Contraint de vivre dans un espace collectif depuis plus de quatre ans, le jeune homme dénonce "des restrictions disproportionnées à son droit au respect de la vie privée".

La Cour administrative du Tribunal cantonal vaudois lui avait partiellement donné raison en juillet 2008. Elle avait jugé que les conditions d'hébergement devaient comprendre un espace privatif pour qu'il puisse aller s'y changer ou s'isoler de temps en temps.

L'instance cantonale avait toutefois nié qu'il ait droit à des prestations en espèces sous la forme d'un argent de poche.

Ce qui est certain, souligne le TF, c'est que le droit à une aide dans des situations de détresse est régi par le principe de subsidiarité. Concrètement, un ex-requérant devrait se soucier de gagner un peu d'argent en suivant des programmes d'occupation.

En l'occurrence, l'intéressé avait bien travaillé dans divers programmes. Sa participation avait toutefois dû être interrompue parce qu'il n'avait pas respecté les horaires de travail.

(ats / 03 avril 2009 15:14)

Polémique à Lamboing autour du centre d’accueil de requérants sur le Twannberg

La transformation du village de vacances de la Montagne de Douanne en centre d’accueil pour requérants d’asile provoque de fortes réactions de rejet à Douanne. Jeudi soir, après cinq heures de séance d’information aux habitants, le maire Alfred Schweizer était épuisé... Lu dans le Journal du Jura.

Thomas Lauwiner, de l’Office cantonal pour les migrations, et Philippe Rentsch, de l’association Asile Bienne et région (ABR) ont eu toutes les peines à argumenter dans une ambiance chargée de reproches et de questions très directes.
Dès le mois de mai, quelque 200 requérants d’asile seront conduits dans l’ancien village de vacances. La Fondation Twannberg et le canton ont été bombardés de critiques par les quelque 60 personnes présentes. «Je ne peux comprendre que Dora Andres, en tant que présidente du conseil de fondation, ne soit pas présente ce soir, a déclaré Anita Baumgartner. Avec un peu plus de tact et de diplomatie, une solution durable pour le village de vacances aurait pu être trouvée.»
Ernst Hügli Nägel, un habitant de la Montagne de Douanne, a distribué une lettre signée par 60 habitants de là-haut: «Nous disons oui aux handicapés et non aux requérants d’asile, on nous a fait violence, cette manière de faire est inacceptable.» Thomas Lauwiner a répondu que son office ne faisait qu’appliquer une loi sur l’asile clairement acceptée par le peuple suisse.
Le trafic de drogue et les cambriolages font peur. François Gaudy, de la police cantonale, a promis que ses services enverraient des patrouilles supplémentaires. Que le centre reste ouvert au-delà des deux ans est aussi une question qui préoccupe. «Nous rendrons le centre dans deux ans, tel que nous le recevons aujourd’hui», a affirmé Thomas Lauwiner.

Les requérants d’asile sont les bienvenus à Fontainemelon



Les habitants de Fontainemelon n'ont pas peur des requérants d'asile. Ils ont montré leur ouverture lors de la séance d’informations organisée jeudi soir par le gouvernement neuchâtelois et les autorités communales.
 
Ils étaient seulement une vingtaine dans la salle de spectacle, tous très heureux de pouvoir accueillir des requérants d’asile à la Ferme Matile. Un contraste énorme avec les réactions négatives de la population des Hauts-Geneveys, après l’ouverture d’un abri de protection civile pour requérants en décembre.
 
A partir du 1er juillet, l’abri de protection civile des Hauts-Geneveys sera fermé et les requérants seront répartis entre le centre de Couvet et la Ferme Matile. Cette solution est provisoire, le Conseil d’Etat cherche une structure unique pour accueillir l’ensemble des requérants d’asile.

«Au final, je suis soulagé que Fahad soit parti»

Lire dans la TdG

RENVOI Fahad K. a passé sa première nuit en Suède. Le requérant irakien rendu célèbre par le film documentaire « La forteresse» a été expulsé hier. Pour le réalisateur Fernand Melgar, il n’y avait plus d’espoir en Suisse.



© Patrick Martin/2 mars 2009 | Fahad K. est maintenant en Suède.Il devrait y connaître une longue attente avant de connaître son sort. Son premier renvoi de Suisse, début mars, avait été reporté.

LAURENT GRABET ET MARTINE CLERC | 03.04.2009 | 00:00

«Bonjour Fernand. désolé de vous déranger. Je suis bien arrivé en Suède. Je vous rappellerai plus tard. Merci à tous!» Hier en milieu de journée, après six jours de silence, le documentariste suisse Fernand Melgar, qui présente actuellement son film La forteresse à Bueno-Aires, a reçu ce SMS de Fahad K.

Le requérant d’asile irakien qui était devenu le héros de ce film venait d’être «relâché» à l’aéroport de Stockholm après avoir été expulsé de Suisse par vol spécial du Département fédéral de justice et police (DFJP). Lequel n’a communiqué qu’une fois l’Irakien parti.

«Fahad paye le prix fort!»

C’est en effet en Suède que le jeune homme avait déposé sa première demande d’asile. Et selon les accords de Dublin, dont la Suisse est signataire, c’est donc à ce pays d’accepter sa demande d’asile ou de le renvoyer en Irak. Là-bas, sa vie serait menacée par des milices islamistes.

«Fahad a été déposé en miettes à l’aéroport après avoir été isolé en cellule de sécurité dans des conditions inhumaines, accuse Fernand Melgar. Cette expulsion est donc finalement un soulagement pour nous étant donné que toutes les voies de recours avaient été épuisées. Mais Fahad a payé le prix fort!»

Paradoxalement, cette histoire a réconcilié le documentariste avec son pays. «Fahad a donné un visage à tous ces requérants anonymes qu’on expulse au petit matin depuis les durcissements des lois sur l’asile», commente le Vaudois. Son histoire a soulevé une gigantesque vague d’indignation. Plus de 6000 personnes ont signé la pétition lancée pour que son cas soit reconsidéré.

«Des centaines d’entre eux ont écrit directement à Eveline Widmer-Schlumpf, souligne Melgar. Mais l’administration fédérale s’est malheureusement enfermée dans l’aveuglement. Elle est restée au plus près de la loi oubliant que trop de justice crée l’injustice et en niant la vocation de terre d’asile de notre pays.»

Pour Brigitte Hauser-Süess, porte-parole du DFJP, ce renvoi n’a rien d’inhumain. «Comme la Suisse, la Suède est un pays de droit signataire de la Convention de Genève sur le statut des réfugiés et de la Convention européenne des droits de l’homme. Si Fahad K. risque vraiment sa vie dans son pays, la Suède ne l’y renverra pas.»

Que va devenir l’Irakien?

Fahad K. a passé sa première nuit en Suède dans un centre de transit de la banlieue de Stockholm. Selon Elise Shubs, sa mandataire juridique qui a pu le contacter hier, «il a été informé qu’il serait ensuite transféré dans un centre d’hébergement situé à plus de 1000 km au nord et où il avait déjà été placé lors de sa précédente demande d’asile.»

Ses défenseurs ont l’intention de trouver à Fahad K. un logement à proximité de la capitale pour lui épargner cet éloignement. «Une pratique acceptée par l’Office suédois des migrations», commente Johan Rahm, son porte-parole.

Le Ministère suédois de la Justice l’a assuré aux DFJP et l’a confirmé hier à la Tribune de Genève : le requérant a désormais 21 jours pour recourir contre la décision prise l’an dernier de rejeter sa demande d’asile. Laquelle avait été assortie d’une décision de renvoi vers l’Irak.

Fahad K. pourra bénéficier d’une assistance juridique financée par l’Office suédois des migrations. Son sort sera ensuite entre les mains d’un tribunal des migrations.

«Il se prononce en général 3 ou 4 mois plus tard, indique Johan Rahm. En cas de nouveau refus, Fahad K. pourra encore faire appel. Son séjour en Suède pourrait alors durer de nombreux mois.»

jeudi, avril 02, 2009

Fahad: ses amis témoignent

«C’est un soulagement car sa situation en prison était intolérable»

par Didier Bender

Fahad Khammas a été expulsé jeudi matin de Suisse, informe le Département fédéral de justice et police. Le héros du fil «La Forteresse» avait déposé une demande d’asile en Suède avant de venir en Suisse.


«J’ai eu des nouvelles de Fahad par sms», raconte Fernand Melgar. «Il va bien.» (Photo: Keystone)

Les gens qui ont soutenu, en Suisse, le requérant d’asile irakien, sont soulagés de savoir que Fahad Khammas n’est plus en prison à Zurich.

Après l’annonce de l’expulsion du jeune Irakien de 24 ans, les gens qui ont soutenu sa cause, en Suisse, témoignent.

Ami de Fahad Khammas, Fernand Melgar a réagi jeudi après midi depuis Buenos Aires, en Argentine, où il présente son film «La Forteresse», suite à l’expulsion du jeune requérant d’asile irakien. «C’est un soulagement pour moi et pour toute l’équipe», avoue le cinéaste. «On peut s’en étonner. Mais ces derniers jours, c’était devenu intolérable.»

Après un combat contre une «administration aveugle qui s’est acharnée contre lui», Fernand Melgar se félicite de voir son ami «enfin sorti de ce guêpier».

«J’avais peur pour lui. C’est un énorme soulagement de ne plus le savoir dans les prisons zurichoises», affirme pour sa part Elise Shubs, mandataire juridique au Service d’Aide Juridique aux Exilé(e)s. Elle s’est occupée du dossier de Fahad Khammas. La manière dont l’Office fédéral des migrations a expulsé le jeune Irakien de 24 ans la scandalise. «On voulait lui éviter d’être menotté», rappelle-t-elle. «Fahad aurait pris un vol de ligne. Au lieu de cela, on a préféré organiser un vol spécial qui coûte 60'000 francs à la Suisse».

«J’ai eu des nouvelles de Fahad par sms», raconte Fernand Melgar. «Il va bien.» Elise Shubs s’inquiète du traitement que lui réserveront les autorités suédoises. «Fahad a très, très peur», raconte la jeune femme, qui a pu établir un contact téléphonique avec le jeune acteur de la Forteresse. « La première fois, nous avions pu, d’ici en Suisse, lui trouver une avocate renommée. Mais les autorités suédoises avaient refusé qu’elle défende Fahad.»

Expulsion de Fahad K. : La Suisse n’est pas dégagée de sa responsabilité

Expulsion de Fahad K. : La Suisse n’est pas dégagée de sa responsabilité
Amnesty communique le 2 avril 09

Amnesty International - Le requérant d’asile irakien Fahad K. a été expulsé aujourd’hui vers la Suède à bord d’un vol spécialement affrété. Il est menacé d’un renvoi vers l’Irak. Amnesty International est inquiet pour la sécurité du traducteur irakien et l’organisation demande au gouvernement suisse de prévoir des mesures de protection en sa faveur pour le cas où la Suède décidait de le renvoyer dans son pays.

Amnesty International maintient sa demande vis-à-vis de la Suisse, de garantir la sécurité de Fahad K. Elle doit en particulier suivre attentivement le déroulement de la procédure en Suède. Malgré la convention de Dublin, la Suisse n’échappe pas à sa responsabilité. La loi suisse sur l’asile interdit un renvoi indirect vers le pays d’origine. Au contraire de la Suède, la Suisse ne procède, pour des raisons de sécurité, à aucun renvoi de requérants d’asile vers le centre et le Sud de l’Irak.

« Si la Suède, malgré la situation très volatile et les menaces qui pèsent sur Fahad K. ne devait pas reconnaître un besoin de protection pour ce dernier et décidait de le renvoyer en Irak, il serait du devoir de la Suisse de prendre des mesures pour sa sécurité. Pour protéger sa vie, il faudrait même envisager un retour vers la Suisse » a déclaré Denise Graf, coordinatrice réfugiés de la Section suisse d’Amnesty International.

Avant son renvoi, Fahad K. a été détenu plusieurs jours dans une cellule d’isolement de l’aéroport de Zürich. Il n’a pas pu entrer en contact avec son avocate et n’a pu recevoir de visites qu’à travers une vitre de séparation. Dans une lettre adressée à Markus Notter, Directeur du Département zurichois de la justice et à la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, Amnesty International avait exprimé sa désapprobation face à ces conditions de détention et avait attiré l’attention des autorités sur le fait qu’elles violaient plusieurs dispositions légales.

Une première tentative d’expulser Fahad avait échoué après que Fahad K.se soit fermement opposé à son renvoi alors qu’il était déjà à bord de l’avion. Le Tribunal administratif fédéral avait tiré le frein à main le même jour et avait suspendu le renvoi. Le 19 mars 2009, les juges ont cependant confirmé la décision de renvoi en se basant sur le fait que la Suisse, participante à la Convention de Dublin, n’était pas compétente pour examiner sa demande d’asile puisque Fahad K. avait préalablement déposé une demande en Suède, pays dans lequel il aurait par ailleurs la possibilité de déposer un recours contre la décision d’asile négative déjà reçue.

Fahad K. a travaillé comme traducteur pour les forces américaines en Irak. Accusé de « traitrise », il est menacé par les milices islamistes et a dû quitter le pays. Environ 300 traducteurs comme Fahad K. ont été tués depuis le début du conflit.

Fahad K. est l’un des principaux protagonistes du film "La Forteresse" de Fernand Melgar. Ce film est actuellement projeté dans les salles de Suisse alémanique et présente le quotidien des requérants d’asile au centre d’enregistrement et de procédure de Vallorbe.

Fahad a été expulsé vers la Suède

L'Irakien de La Forteresse expulsé
Le requérant d'asile irakien Fahad K., principal protagoniste du documentaire La Forteresse de Fernand Melgar, a été expulsé jeudi matin de Suisse. Il a été renvoyé au moyen d'un vol spécial vers la Suède, pays dans lequel il avait déposé une première demande d'asile.
Conformément à l'accord de Dublin, l'Etat compétent pour traiter la demande d'asile est celui dans lequel la première demande a été déposée, rappelle jeudi le ministère suisse de la Police et de la justice. Par conséquent, l'Office fédéral des migrations (ODM) a prononcé une décision de non-entrée en matière sur la demande déposée en Suisse par Fahad K. et ordonné son renvoi en Suède.

Le Tribunal administratif fédéral a confirmé cette décision et rejeté le recours déposé par le requérant irakien, souligne encore le ministère. Fahad K. ayant refusé d'embarquer à bord d'un vol de ligne, un vol spécial a été organisé.

Le sort réservé par les autorités fédérales au héros de La Forteresse – un film documentaire tourné dans un centre de requérants d'asile – a suscité la polémique en Suisse. Si Fahad K. était renvoyé en Irak via la Suède, sa vie serait en danger, craignent ses défenseurs.

Lire le communiqué officiel des autorités

Fahad en cellule “de sécurité”

Selon les autorités de Zurich, l’Irakien de La forteresse menaçait de se suicider.

Détenu à l’aéroport de Zurich en vue de son prochain renvoi vers la Suède, le requérant d’asile irakien Fahad K. subirait des «traitements inhumains, à la limite de la torture», dénonçaient mardi ses défenseurs. Une critique rejetée hier par les autorités zurichoises.

Selon le Service cantonal d’exécution des peines, Fahad K., protagoniste du film La forteresse, de Fernand Melgar, ne se trouverait pas en isolement, mais dans «une cellule de sécurité». «Sur indication d’une psychiatre, à cause d’un risque aigu de suicide.» Et personne ne le prive de sa promenade quotidienne, c’est lui qui refuse de sortir de sa cellule. A noter que la date du renvoi – irrévocable, selon Berne – de Fahad K. n’est pas fixée.

S. G. dans 24 Heures.

L’un des pires drames de l’histoire de l’immigration clandestine


FRANCE INFO - 05:57

    Des centaines de corps ou de personnes encore en vie sont toujours recherchés au large des côtes libyennes, 200 immigrés clandestins sont portés disparus. Pour le moment, seuls 23 rescapés ont été repêchés. Le drame s’est produit dimanche quand trois bateaux ont fait naufrage... Ils cherchaient vraisemblablement à gagne l’Italie, via la petite île de Lampedusa.

Depuis 36 heures, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état de "départs massifs" de Libye. Avec ses 1.770 km de frontières maritimes, le pays est devenu une destination et un lieu de transit d’immigrés clandestins originaires notamment d’Afrique.

La Libye, qui compte plus d’un million d’immigrants en situation irrégulière, a signé en février un accord avec l’Italie pour tenter d’endiguer le flot des clandestins. Il entrera en vigueur le 15 mai sous la forme de patrouilles conjointes. "Il s’agit peut-être d’un argument que les passeurs exploitent en disant aux immigrants : ’c’est maintenant ou jamais’", a fait valoir Laurence Hart, représentant de l’OIM à Tripoli.

Les précisions de Nathalie Bourrus  (0'57")
 

Chaque année, des centaines de milliers d’immigrants s’entassent dans des embarcations de fortune pour tenter la périlleuse traversée depuis les côtes libyennes vers Malte ou vers l’île italienne de Lampedusa, au large de la Sicile. Plusieurs centaines d’entre eux y laissent leur vie chaque année. Comme dimanche.

Eric Valmir, le correspondant de France Info en Italie, s’est rendu à Lampedusa. Reportage.  (1'56")
 

Antonio Guterres, haut commissaire de l’Onu pour les réfugiés (HCR), a déploré cette série d’incidents qui marquentle début de la "saison" des transferts clandestins en Méditerranée. L’ancien Premier ministre portugais a parlé du"dernier et tragique exemple en date d’un phénomène mondial qui voit des personnes désespérées prendre des initiatives désespérées pour échapper aux conflits, aux persécutions et à la pauvreté dans la quête d’une vie meilleure".

En 2008, l’île de Lampedusa a vu arriver 37.000 clandestins en provenance d’Afrique du Nord, dont 75% demandeurs d’asile.

Anne Jocteur Monrozier, avec agences

Les Etats-Unis peuvent-ils accorder l’asile à Fahad K.?


par Frédéric Nejad dans 20 Minutes

Outre le protégé du cinéaste Fernand Melgar, un autre interprète irakien, passé par Vallorbe, a été renvoyé dans son pays.


Fernand Melgar (à g.) a filmé Fahad K. dans «La forteresse». (Photo: Keystone)
Info-Box
La ministre coûte cher! 

Jeudi 26 mars, l’avion affrété exprès par l’Office fédéral des migrations pour ne renvoyer que Fahad en Suède est resté cloué au sol. Il s’agissait d’appliquer une décision confirmée par le Tribunal fédéral. Sauf que la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf avait promis à Fernand Melgar qu’il pourrait revoir son protégé avant l’expulsion. Elle a alors ordonné à la der le report du vol. Selon l’office, ce type de vol coûte entre 20 et 30 000 fr., après appel d’offres.

Ils ont le même parcours, et pourtant... Si le cas de Fahad K., toujours en Suisse selon nos sources, a été très médiatisé, l’un de ses compatriotes et confrères a, lui, été renvoyé à Bagdad en février, où il s’est fait kidnapper à peine arrivé à l’aéroport. Appelons-le Samir.

Interprète-traducteur connu en Irak, il a travaillé pour l’armée américaine de 2003 à 2007, notamment pour un officier supérieur. Lorsque des milices extrémistes l’ont menacé, il a préféré fuir. Via la Grèce, pour la Suède, où sa demande d’asile a été refusée, comme Fahad. Ils se sont alors rendus en Suisse, fin 2007, et se sont connus au centre de requérants d’asile de Vallorbe. L’avocate Elise Shubs, du Service d’aide juridique, a alors cherché à déposer en leurs noms des demandes d’asile aux USA.

L’ambassade à Berne a déclaré à «20 minutes» qu’il existait deux procédures de visas offertes aux ex-collaborateurs irakiens en danger ayant travaillé au moins un an pour les intérêts américains. Pourtant Elise Shubs témoigne de la difficulté et de la longue durée pour espérer décrocher peut-être un tel visa.

Or la décision de renvoi des deux Irakiens à Bagdad est vite tombée. Samir, après une fuite aux Pays-Bas, a été expulsé dans son pays. Kidnappé, puis libéré après une rançon payée, il vit depuis dans la peur à Bagdad. Et espère trouver refuge en Jordanie. Avant les Etats-Unis?

mercredi, avril 01, 2009

Les coûts de l'asile explosent


52 millions de francs pour couvrir les surcoûts dus à la hausse imprévue des demandes d'asile. C'est le plus gros poste des 144 millions de nouveaux crédits supplémentaires que le Conseil fédéral (gouvernement) demande au Parlement, après avoir déjà obtenu 710 millions pour la stabilisation de la conjoncture.

Les prévisions budgétaires pour 2009 avaient été faites sur la base de 10'000 demandes d'asile. Or l'Office fédéral des migrations table désormais sur 15'000 requêtes.

Les ressources inscrites pour couvrir notamment les charges administratives et l'aide sociale des cantons, la rétribution du personnel, les dépenses d'exploitation des centres d'enregistrement et les charges de procédure ne suffiront donc pas

Durban II : Manifestation nationale et internationale contre le racisme le 18 avril


La conférence mondiale contre le racisme débute à Genève le 20 avril 2009. Près de huit ans après celle de Durban, elle fera le point sur le racisme dans le monde. Migrants, minorités, peuples autochtones, peuples vivant l’occupation ou d’autres formes de discriminations, peuples victimes du colonialisme et de l’esclavage, réfugié·e·s et Roms sont-ils aujourd’hui plus respectés qu’alors ?
a déclaration et le programme d’action de Durban se tournaient en 2001 vers toutes les victimes des différentes formes du racisme. Les milieux concernés constatent que leur condition a empiré. Dès le 17 avril, le Forum de la société civile se réunira à Genève. Il transmettra à la Conférence les conclusions de ses travaux, ses préoccupations, ses attentes.

Le racisme hier
Les idéologies racistes sont nées au 19e siècle. Elles sont nées du nationalisme, qui mythifie les Etats nations et s’impose aux peuples en proclamant leur génie racial ; de l’antisémitisme, qui ajoute à la judéophobie chrétienne la haine moderne des Juifs accusés d’être sans-patrie; du colonialisme qui justifie la civilisation de la « race blanche » ; de l’élitisme des classes dominantes qui nourrit le ressentiment des classes opprimées.
Le monde a changé. Les anciennes colonies ont acquis le statut d’Etat indépendant et une représentation au sein de l’Organisation des Nations Unies. A marche forcée, la mondialisation de l’économie redessine la carte du monde. Elle bouscule les Etats nations et avec eux les identités nationales et culturelles.

… et aujourd’hui
Le monde a peu changé. À l’offensive, le capitalisme s’est attaqué à la gauche avec laquelle il négociait au cours des « Trente glorieuses ». Il démantèle les acquis des ressortissants des anciennes puissances coloniales et occidentales.
Ses anciennes colonies subissent elles aussi son pillage. Certaines l’imitent en développant un capitalisme qui profite des bas salaires qu’il impose. Sur la terre entière, les migrants suivent les richesses volées à leur pays et cherchent un travail ou un refuge dans les pays qui ruinent les leur ou qui y entretiennent la guerre.
L’illusion que les inégalités sociales et internationales auraient une cause naturelle ou raciale dissimule l’aggravation de ces inégalités. Aux racismes anciens, produits de malheurs passés qui n’ont pas connu de réparations, s’ajoutent des formes nouvelles de ce fléau.

Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde
Au cœur des anciennes puissances coloniales émerge un racisme identitaire et victimaire pour combattre le soi-disant affaiblissement de la race blanche. Parmi les régions qui avaient été soumises aux anciennes puissances coloniales s’étendent des idéologies, nationalistes et racistes qui veulent elles aussi imposer leur influence. Elles confortent la croyance en un « choc des civilisations » et contribuent à désinhiber le racisme occidental contemporain. Avec le départ de Bush, la lutte contre l’axe du mal est peut-être terminée. L’alliance contre le terrorisme, ce dangereux fourre-tout, a encore de beaux jours devant elle.
Contre de telles conditions, contre le capitalisme et les pouvoirs qu’il impose n’existerait-il aucune communauté d’intérêts qui unisse tous les peuples de la Terre, au-delà des frontières nationales, raciales et religieuses qui les divisent ?

Mobiliser contre le racisme
La Suisse accueille la Conférence mondiale contre le racisme. Applique-t-elle la Convention de l’ONU contre la discrimination qu’elle a ratifiée il y a 15 ans ? Après avoir examiné le rapport de la Suisse, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale formulait, le 11 août 2008, de sévères conclusions.
Il relevait que la législation suisse ne définit pas la discrimination raciale conformément à la Convention. Il notait la protection inadéquate du droit de se marier et de fonder une famille pour les étrangers originaires d’un État non membre de l’Union européenne. Il regrettait le recours au profilage racial et le manque de progrès pour combattre les attitudes racistes et xénophobes contre certaines minorités, notamment les Noirs, les musulmans, les gens du voyage, les immigrants et les requérants d’asile ainsi que les allégations d’usage excessif de la force. Il s’inquiétait de ce que nous savons toutes et tous :

• La sélection raciste des bénéficiaires d’une autorisation de séjour qui contraint des centaines de milliers de « sans-papiers » à vivre sans statut légal et dans la peur.
• La Loi sur l’asile, inhumaine pour les réfugiés qu’elle déboute, est à nouveau révisée : les guerres poussent à l’exil de nouveaux malheureux.
• Mais aussi la loi genevoise contre les mendiants que les autorités ont adoptée en sachant que les Roms fuient le racisme contre leur communauté dans leur pays d’origine.
• Ainsi que les récentes décisions du Conseil national : ne pas invalider l’initiative antiminarets, durcir le Code civil « afin que les étrangers séjournant illégalement en Suisse ne puissent plus se soustraire par mariage à l’obligation de quitter le pays ».

Solidarité avec le peuple palestinien
Au cœur des préoccupations de la Conférence mondiale, le soutien aux Tamouls, aux Tibétains aux Palestiniens en lutte pour la reconnaissance de leur droit à l’existence !
La demande des Palestiniens que leurs droits soient reconnus, que le droit international s’impose contre l’apartheid qu’ils subissent constitue un enjeu majeur de cette réunion.
L’Etat d’Israël et ses partisans mobilisent avec acharnement contre la Conférence. Ils invitent la Grande-Bretagne, la France, la Suisse, l’Union européenne à imiter le Canada, les Etats-Unis, l’Italie, Israël et à boycotter elles aussi la conférence. Pensent-ils éviter que l’indignation qu’a soulevée le massacre de Gaza ne soit entendue à Genève ?

Karl Grünberg

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Les ONG dénoncent les conditions de détention de Fahad Khammas

Les ONG dénoncent les conditions de détention de Fahad Khammas

Paru le Mercredi 01 Avril 2009 dans le Courrier
   FABIO LO VERSO    

SuisseASILE - Amnesty International et l'Organisation mondiale contre la torture jugent inacceptable que le protagoniste de «La Forteresse» soit traité «comme un criminel». 
Depuis six jours, il est enfermé en isolement dans la prison de l'aéroport de Zurich. «Comme s'il s'agissait d'un dangereux criminel», déplore Denise Graf, coordinatrice des réfugiés auprès de la section suisse d'Amnesty International. Pour Fahad Khammas, requérant irakien refoulé, les espoirs de retrouver un semblant de paix en Suisse tournent définitivement au cauchemar. A 25 ans, après un parcours juridique semblable à celui d'une balle de flipper, le jeune protagoniste du film La Forteresse est en passe de sombrer dans la déprime. «Son état de santé tant physique que mental se dégrade fortement», affirme Orlane Varesano, du secrétariat international de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Les deux ONG ont vertement protesté, hier, contre les conditions de détention du requérant d'asile débouté. 


Quelle base juridique?

Placé dans une cellule minuscule, témoigne Denise Graf, Fahad Khammas a été «privé de sortie quotidienne en plein air et, entre autres, de l'usage de ses pantoufles». Le témoignage livré par l'OMCT a de quoi susciter une profonde inquiétude: «Il a cessé de se nourrir, il est extrêmement affaibli physiquement et présente des signes de profonds traumatismes psychologiques.» Vraisemblablement à l'origine de ces souffrances, les restrictions imposées au jeune Irakien par la direction de la prison ne semblent pas avoir de base juridique. «Jusqu'à aujourd'hui, aucun règlement ne nous a été montré, malgré nos demandes répétées», accuse Denise Graf. «Il n'a pas accès au téléphone et s'est vu limiter dans son droit à recevoir des visites», surenchérit Orlane Varesano. Des visites que le détenu reçoit derrière une épaisse paroi vitrée empêchant le contact physique. 
Dans une lettre adressée à la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, Amesty International détaille et dénonce ces violations. Elle est rejointe dans cette démarche par l'OMCT, qui «rappelle à la Suisse ses obligations internationales». Début mars 2009, cette organisation s'était déjà adressée en ces termes au secrétaire général de l'Office fédéral des migrations. Cette démarche est à ce jour restée lettre morte. Demain, le responsable de la prison de l'aéroport, Ernst Rohner, en déplacement hier tout la journée et donc injoignable, devrait rencontrer l'émissaire d'Amnesty International. «Nous attendons une clarification quant à l'utilisation disproportionnée des mesures de restriction, déclare Denise Graf. Jusqu'ici, on nous a laconiquement dit qu'elles étaient motivées par des raisons de sécurité. Mais ce jeune Irakien n'a jamais constitué et ne constitue un danger pour personne.» 


Respect des standards ONU

De son côté, l'OMCT relève que, dans son rapport 2008, le groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a rappelé que «les immigrants clandestins placés en rétention administrative ne sont ni des criminels ni des suspects». Ce type de détention prévoit «des standards ad hoc», étaie Denise Graf. Ont-ils été respectés? Les deux ONG réclament une réponse à cette question. 
Arrêté le 23 mars dernier, Fahad Khammas était à deux doigts d'être renvoyé en Suède, dernier pays où sa demande d'asile a été enregistrée. Mais son embarquement a été interrompu in extremis par une intervention fédérale. Dans le pays scandinave, il est «menacé de renvoi sur Bagdad, rappelle Denise Graf, où il a travaillé comme traducteur pour les forces américaines, raison pour laquelle il risque sa vie». Depuis le début du conflit, environ trois cents interprètes pour l'armée étasunienne ont été tués. Au moins autant ont fui le pays comme Fahad Khammas

Lettre de Fernand Melgar aux pétitionnaires

CherEs signataires,

Fahad K., le réfugié irakien menacé de mort dans son pays par des milices
islamistes, est enfermé depuis le vendredi 23 mars dans une cellule dite
« sécuritaire » de la prison de l¹aéroport de Zurich. Dans cette cellule
minuscule, appelée communément le bunker, il est en isolement complet,
surveillé 24/24 heures par un gardien. Il n¹a accès ni au téléphone, ni à sa
mandataire juridique ni à sa famille. Il ne peut ni se doucher (il n¹y a
même pas de lavabo), ni lire un livre ni regarder l¹heure (on lui a
confisqué sa montre). On lui a même supprimé la promenade et il reste
confiné depuis bientôt 4 jours dans cet endroit complètement vide, mis à
part un lit, une couverture et des WC. Fahad K. a perdu 4 kilos et son état
physique et psychique est alarmant (communiqués d¹Amnesty International et
de l'Organisation Mondiale Contre la Torture ci-dessous).

Lundi après-midi 30 mars, une amie de Fahad K. a pris rendez-vous à la
prison pour le rencontrer. Arrivée sur place, il lui a été dit que Fahad K.
venait de partir il y a cinq minutes avec des policiers et qu¹il ne se
trouvait plus dans la prison. La visite a alors été annulée. Nous savons
pourtant avec certitude que Fahad K. se trouvait dans la prison et qu¹il a
même vu, par la fenêtre de sa cellule « sécuritaire », son amie repartir de
la prison.

Pourquoi l¹Office fédéral des migrations traite-t-il Fahad comme un criminel
en lui infligeant ces traitements dégradants, à la limite de la torture,
pourquoi s¹obstine-t-il à le couper totalement du monde extérieur ? De quoi
a-t-il peur pour se livrer à de pareilles maltraitances ?

Des milliers de citoyenNEs suisses (plus de 6000 à ce jour) ont signé la
pétition demandant à ce que Fahad K. puisse rester en Suisse. Parmi eux de
nombreuses personnes nous ont fait part de leur émotion, et ne comprennent
pas que notre pays puisse attenter pareillement à la dignité humaine. Elles
ont raison : le traitement réservé à Fahad est tout simplement scandaleux et
les atteintes à ses droits humains sont inacceptables. Elles doivent cesser
immédiatement.

Pour faire part de votre indignation, écrivez directement par courrier
postal  (ils ont bloqués leur boîte de courriel) au plus vite aux adresses
suivantes pour demander la libération immédiate de Fahad K.:

> Madame la Conseillère fédérale
> Evelyne Widmer-Schlumpf
> Palais fédéral ouest
> CH-3003 Berne
> Monsieur Eduard Gnesa,
> Directeur de l'Office fédéral des migrations
> Quellenweg 6
> CH-3003 Berne-Wabern

Merci pour votre aide,

Fernand Melgar

mardi, mars 31, 2009

La Suisse et la Finlande signent un accord de réadmission


Le texte a été paraphé à Helsinki par la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf et la ministre finlandaise de l'immigration Astrid Thors

Cet accord oblige les deux Etats à réadmettre leurs propres ressortissants. Il permettra aussi à la Suisse de rapatrier vers la Finlande les ressortissants d'Etats tiers qui n'ont fait que transiter par ce pays, explique le DFJP dans un communiqué.

Pour les services de Mme Widmer-Schlumpf, ce document constitue «un complément important» à la collaboration instaurée par les accords de Schengen et Dublin.

Lors de leurs entretiens, les deux femmes ont abordé les évolutions actuelles dans le domaine des migrations. Elles ont discuté en particulier des chiffres de l'asile en Europe en 2008, de divers aspects de la promotion de l'intégration et de la pratique de la Finlande en matière de naturalisations, précise le DFJP.

A Helsinki, Mme Widmer-Schlumpf a aussi rencontré la ministre de la justice Tuija Brax. Les discussions ont porté sur «de nouveaux développements juridiques au sein de l'UE et certains aspects de la démocratie référendaire», ainsi que sur les expériences faites par les deux pays en matière de droits populaires.

Un entretien avec la ministre de l'intérieur Anne Holmlund a été consacrée à la collaboration dans le cadre de l'accord de Schengen et aux contrôles à la frontière extérieure de l'espace Schengen en Finlande. 

Le HCR consterné par les lourdes pertes humaines


 

 

 

TRIPOLI, Libya, 31 mars 2009/African Press Organization (APO)/ — Le HCR consterné par les lourdes pertes de vies humaines en Méditerranée

 

Nous sommes consternés par la disparition au large des côtes libyennes de centaines de personnes qui tentaient d’atteindre l’Europe. Pour l’instant, les détails sont sommaires, mais les rapports font état d’un certain nombre de bateaux transportant plusieurs centaines de personnes et faisant route depuis les côtes de la Libye en direction de l’Italie au cours de ces derniers jours. Au moins un bateau aurait coulé et les centaines de personnes qui se trouvaient à bord sont portées disparues. Les autorités égyptiennes ont fait savoir que le naufrage aurait eu lieu à 30 kms des côtes libyennes et que certains égyptiens ont pu être secourus. Des corps ont également été découverts. Les autorités disent qu’à bord se trouvaient notamment des Nord-Africains et des Africains Sub-Sahariens.

 

C’est actuellement le début de la saison des trafics d’êtres humains en Méditérannée. Le HCR Rome a fait état de deux bateaux arrivés cette semaine – l’un transportant 244 personnes, en Sicile ; et un autre avec 219 personnes à bord, à Lampedusa. L’année dernière, 36 000 personnes sont arrivées en Italie par la mer depuis l’Afrique du Nord.

Quelque 75% d’entre elles ont demandé l’asile et environ 50% se sont vues octroyer une forme de protection internationale par les autorités italiennes.

 

Cette tragédie illustre, une fois de plus, les dangers auxquels font face les personnes prises dans des mouvements irréguliers mêlant migrants et réfugiés en Méditerranée et ailleurs, qui, chaque année coûtent des milliers de vies humaines.

 

Le Haut Commissaire António Guterres a exprimé ce matin son immense peine après cette perte tragique de vies humaines. Le Haut Commissaire a décrit cette tragédie comme le dernier tragique exemple d’un phénomène mondial qui pousse les personnes désespérées à utiliser des moyens extrêmes pour fuir les conflits, les persécutions et la pauvreté en cherchant une vie meilleure. Nous voyons cela partout dans le monde. Comme le note Mr. Guterres, la mondialisation est asymétrique.

L’argent circule librement, les biens tendent à circuler de plus en plus librement ; mais les obstacles sont nombreux pour les mouvements de population et, dans une certaine mesure, augmentent même. C’est un paradoxe. Nous avons de plus en plus de personnes qui se déplacent et de plus en plus de barrières pour entraver leurs mouvements, créant une situation dans laquelle un grand nombre de personnes qui traversent des frontières internationales le font de façon irrégulière. Et lorsque ces personnes se déplacent de façon irrégulière, cela devient beaucoup plus difficile de faire la distinction entre les migrants économiques et les réfugiés bona fide ou les demandeurs d’asile.

 

Mr. Guterres a également déclaré que cette tragédie souligne aussi la nécessité d’une coopération internationale de sauvetage en mer.

 

Par ailleurs, Erika Feller, Haut Commissaire adjoint du HCR en charge de la Protection, est en mission en Grèce jusqu’au 3 avril pour une série d’entretiens avec les autorités grecques, qui incluront une discussion sur la situation actuelle des demandeurs d’asile dans le pays et également les arrivées par la mer. Demain, Mme Feller se rendra dans la ville portuaire de Patras où des migrants majoritairement afghans, dont des demandeurs d’asile et plus de 250 mineurs non accompagnés, vivent dans un camp de fortune.

Des organisations dénoncent les conditions de détention de Fahad Khammas


ASILE | L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et Amnesty International (AI) ont écrit aux autorités zurichoise et à la conseillère fédérale Eveline Widmer- Schlumpf.



© KESYTONE | L'expulsion de Fahad Khammas a été suspendue jeudi dernier.

ATS | 31.03.2009 | 19:05

Le héros de «La Forteresse» est détenu à Zurich en vue de son expulsion vers la Suède. Une déléguée d'AI a rendu visite à l'Irakien mardi, indique l'organisation dans un communiqué. Celle- ci se dit «extrêmement préoccupée» par les conditions de détention du jeune homme.

De son côté l'OMCT s'inquiète de la détention «en isolement» et de la dégradation de l'état de santé, tant physique que mental, du requérant d'asile débouté.

L'expulsion de Fahad Khammas a été suspendue jeudi dernier in extremis par La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf. Le but était de respecter la promesse faite à l'avocate du jeune homme de pouvoir encore une fois s'entretenir avec son client.

300 migrants disparaissent au large de la Libye


La crise économique pousse les pays européens à fermer leurs portes aux migrants. Deux organisations ont critiqué mardi une "attitude de repli" qui conduit les migrants à utiliser des voies illégales et dangereuses, alors que 300 d'entre eux ont disparu au large de la Libye.


"Il semble que trois bateaux aient coulé au large des côtes libyennes, victimes de forts vents. Plus de 300 personnes semblent avoir disparu en mer", a déclaré à Genève le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Jean-Philippe Chauzy.

Une embarcation transportant 257 immigrés a coulé dimanche au large de la Libye. Vingt-trois personnes ont été sauvées et 21 corps ont été repêchés, a précisé le chef de mission de l'OIM, Laurence Hart, à Tripoli.

"Il n'y a pas de matériel de sauvetage sur ces bateaux, ni bouées, ni canots pneumatiques, parce que le but est d'y entasser autant de monde que possible avec un mépris complet de leur sécurité et de leur dignité", a souligné M.#Chauzy.

Le HCR choqué

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est déclaré "choqué" par le naufrage de trois embarcations de migrants africains au large des côtes libyennes.

"Cette tragédie est l'exemple le plus récent d'un phénomème mondial dans lequel des gens désespérés prennent des mesures désespérées pour échapper aux conflits, à la persécution et à la pauvreté en quête d'une vie meilleure", a déclaré le Haut Commissaire aux réfugiés Antonio Guterres.

Le responsable de l'ONU a critiqué "le caractère asymétrique de la mondialisation". Alors que l'argent et les marchandises peuvent circuler librement, les obstacles au mouvement des personnes se renforcent.

Situation paradoxale

"C'est paradoxal. Il y a de plus en plus de gens en mouvement et de plus en plus d'obstacles à leurs déplacements, ce qui les obligent à recourir à des moyens illégaux. Et il devient de plus en plus difficile de distinguer entre migrants économiques et réfugiés de bonne foi", a déclaré le Haut Commissaire.

Le porte-parole du HCR Ron Redmond a indiqué qu'il s'agit du début de la saison de migration en Méditerranée. Deux bateaux sont déjà arrivés au cours de la semaine écoulée, avec 244 migrants en Sicile et 219 autres à Lampedusa.

L'an dernier, près de 37#000 migrants sont arrivés en Italie par la mer, dont 75#% ont déposé une demande d'asile. Sur ce nombre, la moitié environ a obtenu une forme de protection de la part des autorités italiennes.

Pour Ron Redmond, la crise économique mondiale va contribuer à accroître les migrations. "Cela n'est pas prêt de cesser", a-t-il dit. Le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) partage ce point de vue.

Les portes se ferment

"Nous assistons à la diminution des transferts de fonds des immigrés dans leur pays d'origine et à une baisse des prix des matières premières. Simultanément, les portes se ferment en Europe", a déclaré le porte-parole de l'OIM Jean-Philippe Chauzy.

Selon lui, la montée du chômage dans les pays industrialisés favorise "une politique de préférence nationale". "Si les voies légales d'immigration sont fermées, les migrants passent par des filières clandestines qui sont beaucoup plus dangereuses", a averti le représentant de l'OIM.

Il a dénoncé "l'effet pervers" des mesures de contrôle et "l'absence de gestion de la migration qui fait le lit de filières de passeurs tirant profit de gens qui migrent par nécessité et non par choix".

Près de 1,5 million d'immigrés travaillent dans le secteur informel en Libye. Ils viennent non seulement de la corne de l'Afrique, Somalie et Ethiopie, mais aussi des pays d'Afrique de l'Ouest, du Mali, notamment. Une fois amassé l'argent nécessaire, certains d'entre eux tentent la traversée.


Une pétition contre le centre de requérants d’asile du Plateau de Diesse



Le Conseil communal de Lamboing invite la population à signer une pétition contre l’ouverture d’un centre de requérants d’asile sur le plateau de Diesse. Un centre qui doit accueillir 200 ressortissants étrangers dès le mois de mai sur l’ancien site du village de vacances de la Montagne de Douanne.
 
L’exécutif communal de Lamboing reproche aux autorités cantonales de ne pas l’avoir informé du projet et d'avoir été mis devant le fait accompli alors que le futur centre sera situé à moins d’1km de la commune. Il s’inquiète des conséquences pour l’image de la commune, mais aussi pour l’économie et le tourisme.
 
Une séance d’information concernant l'ouverture du centre de requérant d'asile a lieu mardi prochain à 20h au complexe communal du Cheval-Blanc à Lamboing en présence des responsables de l’Office des migrations et de l’Association Asile Bienne-Seeland.
 
Le sujet rebondit aussi devant le Grand Conseil. Le député de Tavannes Jean-Pierre Aellen a déposé une interpellation. Les députés Irma Hirschy de Moutier et Marc Früh de Lamboing vont également profiter mardi prochain de l’heure des questions pour aborder le sujet.
 
Le service cantonal des migrations ignorait mardi qu'une pétition circulait contre l'ouverture du centre. Pour les autorités, aucune pétition n'a eu le poids d'empêcher l'ouverture d'un tel espace pour requérants.On comprend l'inquiétude de la population, on veut aussi la rassurer. Le service des migrations attend de savoir combien de nouveaux demandeurs la Confédération attribuera au canton avant de transférer éventuellement des requérants de Bienne sur le Plateau de Diesse.

Communiqué d'Amnesty Suisse


Fahad K., requérant d'asile irakien débouté
Protestation contre la détention en isolement à la prison de
l'aéroport de Zürich

Lausanne, 31 mars. Amnesty International proteste contre les
conditions de déten-tion de Fahad K., détenu depuis vendredi
dernier à la prison de l'aéroport de Zurich. Dans une lettre
adressée à Markus Notter, Chef du Département de la justice du
can-ton de Zurich, à Victor Gähwiler, responsable des prisons
zurichoises et à la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf,
l'organisation des droits humains dénonce plusieurs violations
du droit en vigueur.

«Il est inacceptable que le jeune Irakien Fahad K. soit traité
comme un dangereux criminel. Il est détenu à l'isolement depuis
vendredi passé », déclare Denise Graf, coordinatrice ré-fugiés de
la Section Suisse d'Amnesty International. Elle a rendu visite
au détenu mardi matin et se dit extrêmement préoccupée par les
conditions de détention de Fahad K. 

Dans une lettre adressée à Markus Notter, Amnesty International
attire l'attention sur le fait que les autorités d'exécution du
renvoi violent à plus d'un titre le droit suisse, le droit inter-
national ainsi que la jurisprudence du Tribunal fédéral en
matière de détention administra-tive. La Conseillère d'Etat,
Evelyne Widmer-Schlumpf et l'actuel responsable des prisons
zurichoises ont également reçu une copie de la lettre. Dans sa
lettre, l'organisation des droits humains demande une
clarification rapide de la base légale permettant la détention à
l'isolement de Fahad K., ainsi que sur les raisons qui
justifieraientnt l'usage d'une paroi vitrée lors des visites. 

Le 23 mars 2009, le requérant d'asile Fahad K. a été arrêté par
surprise à l'Office cantonal des migrations de Zürich. Le
Tribunal administratif fédéral avait préalablement rendu une
décision de renvoi vers la Suède du jeune Irakien de 24 ans. En
Suède, il est menacé de renvoi sur Bagdad. Contrairement à la
Suède, la Suisse ne renvoie ni dans le sud, ni au centre de
l'Irak en raison de l'insécurité qui règne actuellement dans la
région. 

Amnesty International se montre préoccupée par la sécurité de
Fahad K. en cas de retour en Irak où il a travaillé comme
traducteur pour les forces américaines. Accusé de « trai-trise »,
il est menacé par les milices islamistes et a dû quitter le
pays. Environ 300 traduc-teurs comme Fahad K. ont été tué depuis
le début du conflit.

Fahad K. est l'un des principaux protagonistes du film "La
Forteresse" de Fernand Melgar. Ce film est actuellement projeté
dans les salles de Suisse alémanique et présente le quoti-dien
des requérants d'asile au centre d'enregistrement et de procédure
de Vallorbe. 

[France] La police inaugure la Cité de l’immigration

La police inaugure la Cité de l'immigration

Mémoire . Le ministre Eric Besson a été conspué, hier, malgré la présence massive des forces de l'ordre.

LIBERATION.FR - Société 31/03/2009 à 06h51
http://www.liberation.fr/societe/0101559135-la-police-inaugure-la-cite-de-l-immigration

CATHERINE COROLLER

Eric Besson savait qu'il allait être chahuté. La preuve, le nombre inhabituel de policiers, non seulement à l'extérieur de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI), dans le XIIe arrondissement de Paris, mais, plus étonnant, à l'intérieur, alors que les invités avaient été strictement filtrés à l'entrée. Hier matin, le ministre de l'Immigration était censé inaugurer la médiathèque flambant neuve de la CNHI. Egalement annoncés, trois de ses collègues : Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, Christine Albanel, ministre de la Culture, et Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur. Les deux dernières s'étant décommandées, restaient Besson et Darcos.

L'inauguration était fixée à 11 h 30. Le quartier bouclé, les collectifs de sans-papiers et leurs soutiens cantonnés de l'autre côté de la place derrière des barrières. Arrivée avant tout le monde, Marisa Bruni-Tedeschi, la mère de Carla. «Je suis aussi une immigrée», susurre-t-elle . L'occasion, il est vrai, est solennelle. Alors que la cité a ouvert ses portes en octobre 2007, elle n'a toujours pas été officiellement inaugurée. Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon n'y ont jamais mis les pieds, même pas à titre privé. Brice Hortefeux, le prédécesseur d'Eric Besson, y est venu deux fois en catimini. Ce manque ostensible d'intérêt est étonnant car la cité a le statut de musée national.

L'ouverture de la médiathèque faisait donc figure d'inauguration officielle. Premier temps, Besson et Darcos visitent la médiathèque qui porte le nom d'Abdelmalek Sayad, sociologue franco-algérien. Second temps, ils reviennent dans le forum, situé au cœur du musée, et grimpent sur une estrade pour prononcer un discours. Des voix s'élèvent alors. «Arrêts des rafles, arrêt des expulsions !» «Solidarité avec les sans-papiers». Les policiers bondissent. On comprend le pourquoi de leur présence en nombre. Les cris reprennent. La plupart des slogans visent Eric Besson : «ministre de la honte», «ministre des rafles»,«fasciste». Xavier Darcos, aussi, est interpellé : «Est-il indispensable de salir l'Education nationale en l'associant au ministère des expulsions ?» Parmi les manifestants, des intermittents du spectacle et des étudiants.

Sur la scène, Jacques Toubon, le président de la CNHI, tente en vain de ramener le calme. Eric Besson affiche un petit sourire. Xavier Darcos a fait un pas en arrière comme s'il se désolidarisait de ce qui se passe. Un manifestant tente de monter sur l'estrade. Il est plaqué au sol et emmené dehors. Les deux ministres sont prudemment exfiltrés. Certains invités sont furieux contre les manifestants. «La veuve d'Abdelmalek Ayad était là, et cela m'a fait de la peine qu'ils empêchent qu'hommage lui soit rendu», explique Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l'association Harkis et droits de l'homme.

Xavier Darcos monte dans sa voiture et disparaît. Réfugié dans la médiathèque dont la porte est gardée par la police, Eric Besson fait venir quelques journalistes. S'attendait-il à un tel accueil ? «On avait compris que les invitations avaient été distribuées généreusement et largement, et étaient passées de main en main», affirme-t-il. A-t-il hésité à venir ? «Fallait-il annuler ou pas ? Je me suis dit : "J'y vais."» Son prédécesseur n'a pas mis publiquement les pieds à la cité, par peur sans doute des manifestations hostiles. Eric Besson adopte la posture inverse. «Le peuple français dans sa très grande majorité adhère à ma politique. Il pense qu'il faut maîtriser les flux migratoires», assure-t-il. Quant aux associations, «elles n'ont aucune légitimité». Droit dans ses bottes, le ministre de l'Immigration. D'ailleurs, si Jacques Toubon le réinvite, il reviendra, assure-t-il. Petit sourire aux lèvres, il persiste et signe : «Personnellement je suis partisan de recommencer cette inauguration.»

Une pétition contre le centre de requérants d’asile du Plateau de Diesse

Le Conseil communal de Lamboing invite la population à signer une pétition contre l’ouverture d’un centre de requérants d’asile sur le plateau de Diesse. Un centre qui doit accueillir 200 ressortissants étrangers dès le mois de mai sur l’ancien site du village de vacances de la Montagne de Douanne. Lu sur le site de RTN.

Twannberg centre accueilL’exécutif communal de Lamboing reproche aux autorités cantonales de ne pas l’avoir informé du projet et d'avoir été mis devant le fait accompli alors que le futur centre sera situé à moins d’1km de la commune. Il s’inquiète des conséquences pour l’image de la commune, mais aussi pour l’économie et le tourisme.

Une séance d’information conc ernant l'ouverture du centre de requérant d'asile a lieu mardi prochain à 20h au complexe communal du Cheval-Blanc à Lamboing en présence des responsables de l’Office des migrations et de l’Association Asile Bienne-Seeland.

Le sujet rebondit aussi devant le Grand Conseil. Le député de Tavannes Jean-Pierre Aellen a déposé une interpellation. Les députés Irma Hirschy de Moutier et Marc Früh de Lamboing vont également profiter mardi prochain de l’heure des questions pour aborder le sujet.

Le service cantonal des migrations ignorait mardi qu'une pétition circulait contre l'ouverture du centre. Pour les autorités, aucune pétition n'a eu le poids d'empêcher l'ouverture d'un tel espace pour requérants.On comprend l'inquiétude de la population, on veut aussi la rassurer. Le service des migrations attend de savoir combien de nouveaux demandeurs la Confédération attribuera au canton avant de transférer éventuellement des requérants de Bienne sur le Plateau de Diesse. /ve+amy

Trois cents clandestins se noient en Méditerranée


Les migrants sont des milliers à tenter la traversée chaque année.



L'Organisation internationale des migrations (OMI) a annoncé mardi qu'au moins 300 personnes se sont noyées au large des côtes libyennes. Les autorités de Tripoli ont indiqué qu'un ou trois bateaux ont coulé lundi dans les eaux libyennes.

Le porte-parole de l'OMI Jean-Philippe Chauzy a précisé que l'organisation avait eu une confirmation de sources diplomatiques. Les vents forts auraient causé le naufrage des bateaux, selon lui. L'OMI estime que les immigrants venus d'Afrique tentaient de rejoindre l'Italie.

Selon les chiffres de l'OMI, plus de 33'000 personnes ont effectué la traversée depuis l'Afrique du Nord vers l'île italienne de Lampedusa en 2008.

Développement suit

lundi, mars 30, 2009

Les demandeurs d'asile au pied d'une forteresse

Le cas d'un réfugié irakien embarrasse les autorités helvétiques. Personnage principal du documentaire suisse à succès La Forteresse, sa vraisemblable expulsion lève le voile sur la législation la plus dure d'Europe en matière de droit d'asile.

Lire la suite dans le Courrier International

HCR : Les demandeurs d'asile en hausse à cause des conflits, notamment en provenance du Sri Lanka

Les demandeurs d'asile en hausse à cause des conflits, notamment en provenance du Sri Lanka

http://www.tamoulobs.com/the-news/392-les-demandeurs-dasile-en-hausse-a-cause-des-conflits-notamment-en-provenance-du-sri-lanka.html
Vendredi, 27 Mars 2009 22:13
24 mars 2009 – Le nombre des demandeurs d'asile dans les pays industrialisés a augmenté l'année dernière pour la deuxième année consécutive, selon les statistiques préliminaires recueillies par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Dans ce rapport intitulé « Niveaux et tendances de l'asile dans les pays industrialisés, année 2008 », l'agence des Nations Unies note que l'augmentation peut être en partie attribuée à un nombre plus important de demandes d'asiles déposées par des citoyens afghans, somaliens ou originaires d'autres pays en proie à des conflits ou à des troubles. Bien que le nombre des demandeurs d'asile iraquiens ait baissé de 10% en 2008, les Iraquiens sont à nouveau arrivés en tête des demandeurs d'asile dans les pays industrialisés à travers le monde.

Quelque 383.000 nouvelles demandes d'asile ont été déposées l'année dernière dans 51 pays industrialisés, soit une augmentation de 12% en comparaison de l'année 2007 au cours de laquelle 341.000 demandes avaient été enregistrées. C'est la seconde hausse consécutive annuelle du nombre de demandeurs d'asile depuis 2006, une année qui avait vu le plus faible nombre de demandes d'asile enregistrées en 20 ans (307.000).

Le premier pays d'origine des requérants d'asile en 2008 a été l'Iraq (40.500 personnes, soit une baisse de 10% par rapport aux 45.100 observés en 2007), suivi de la Somalie (21.800), la Fédération de Russie (20.500), l'Afghanistan (18.500) et la Chine (17.400). Sur les dix principales nationalités ayant demandé l'asile l'année dernière, certaines sont restées stables alors que d'autres ont enregistré une augmentation significative. Les pays d'origine enregistrant une hausse significative des demandes d'asile sont l'Afghanistan (en augmentation de 85%), le Zimbabwe (en augmentation de 82%), la Somalie (en augmentation de 77%), le Nigéria (en augmentation de 71%) et le Sri Lanka (en augmentation de 24%). Tous ces pays ont été en proie à des conflits ou à des troubles en 2008.

En 2008, les États-Unis sont restés le principal pays de destination des demandeurs d'asile, toutes nationalités confondues, avec environ 49.000 nouvelles demandes d'asile, soit 13% de l'ensemble des demandes d'asile dans les pays industrialisés. Cependant, en comparaison de sa population nationale, les États-Unis ont reçu seulement un demandeur d'asile pour 1.000 habitants, alors que ce chiffre s'élevait en moyenne à 2,4 demandeurs d'asile pour 1.000 habitants dans les pays de l'Union européenne.

Après les Etats-Unis, les principaux pays de destination des demandeurs d'asile étaient, en 2008, le Canada (36.900), la France (35.200), l'Italie (31.200) et le Royaume-Uni (30.500).

En parallèle avec l'augmentation du nombre global des demandeurs d'asile ces deux dernières années, le nombre de pays recevant des demandes d'asile a également augmenté. En 2004, par exemple, les Iraquiens ont déposé des demandes d'asile dans sept pays industrialisés seulement (ce chiffre n'incluant pas les pays ayant reçu moins de 500 demandes) alors qu'en 2008, ils ont demandé l'asile dans 14 pays.

Ces chiffres semblent indiquer que des personnes recherchant une protection internationale le font dans un plus grand nombre de pays, probablement à cause de l'introduction de politiques d'asile plus strictes dans des pays d'asile traditionnels. Cela a été observé en Suède, un pays où des politiques d'asile plus restrictives ont conduit à une baisse de 67% dans le nombre des demandes d'asile déposées par des Iraquiens entre 2007 et 2008. Pour cette même période, le nombre des demandeurs d'asile iraquiens a presque triplé en Norvège voisine et a quadruplé en Finlande, selon les dernières statistiques.

dimanche, mars 29, 2009

L'observatoire critique l'application des lois sur l'asile


Les requérants d'asile vivent dans une situation des plus précaires depuis le durcissement de la législation il y a un peu plus d'un an. C'est le constat dressé à Berne lors d'une table ronde mise sur pied par l'Observatoire suisse du droit d'asile et des étrangers (ODAE).

Lors de ce débat présidé par le journaliste François Gross, les participants se sont montrés très critiques face au nouveau droit d'asile et des étrangers, a indiqué l'ODAE, qui tenait par ailleurs son assemblée générale. L'aide d'urgence a été dénoncée: elle pousse les personnes concernées dans une situation des plus précaires.

La réglementation des cas de rigueur a été, elle aussi, sous les feux de la critique. Elle devrait permettre d'octroyer un permis de séjour pour les cas de rigueur personnels, ce qui reste lettre morte dans divers cantons alémaniques, selon un des intervenants.

Selon l'ODAE, la révision de la loi sur l'asile a manqué son objectif de baisser le nombre de requérants. De plus, les deux lois contreviennent souvent aux conventions internationales ou à la constitution suisse.

L'ODAE est né au lendemain des votations du 24 septembre 2006, sous l'impulsion des milieux hostiles au durcissement des lois sur l'asile et les étrangers. Fondé d'abord en Suisse romande, il s'est étendu depuis à l'ensemble du pays, avec des antennes à St-Gall pour la Suisse alémanique et à Lugano pour le Tessin.