samedi 9 juillet 2005

Le Conseil somme la Ville d'Yverdon d’agir auprès de la Fareas


Jean-François Troyon, conseiller communal radical

Le Conseil communal a accepté à la majorité une motion qui demande à la Municipalité d’appliquer un embargo sur l’accueil de nouveaux requérants tant que des solutions n’auront pas été appliquées pour résoudre les problèmes connus dans les immeubles de la fondation.

C’est dans deux immeubles que la Fareas loge de façon concentrée depuis plusieurs années une partie des quelque 650 requérants attribués à la ville. Dans le voisinage, mais aussi parmi les locataires de ces bâtiments où règnent un certain désordre et de nombreuses tensions, un ras-le-bol se fait sentir depuis 1999 déjà (lire encadré). C’est pour qu’enfin les choses changent que le conseiller communal radical Jean-François Troyon a déposé une motion jeudi.

Accepté par les trois quarts de l’organe délibérant, ce texte met en demeure la commune d’entreprendre et de faire aboutir des négociations avec la Fareas. Le motionnaire demande en particulier que soient engagés des concierges responsables dans chacun des immeubles concernés, que des règles précises soient établies sur le règlement des conflits pour permettre par exemple de faire évacuer de leur logement des requérants récalcitrants, et de «faire facturer à la Fareas les dégâts causés par ses protégés tant aux propriétés voisines privées que publiques».
Embargo sur l’accueil

La motion contient aussi une «demande d’embargo sur l’accueil de nouveaux requérants d’asile à Yverdon tant que des solutions efficaces n’auront pas été appliquées pour résoudre les différents problèmes connus». «Le seul but de cette motion est de reporter un pouvoir sur la Municipalité, affirme Jean-François Troyon. Elle n’est pas là pour taper sur les protégés de la Fareas.» Le motionnaire insiste sur le fait qu’il cherche avant tout à éviter que des conflits ne s’enveniment.

A gauche comme à droite, cette motion a d’ailleurs été très bien reçue à la plus grande satisfaction de Jean-François Troyon. «Comment peut-on avoir laissé une situation se dégrader pareillement?», a réagi Jean-Hugues Schulé. «Pour quelques brebis égarées, tout le monde est mis dans le même paquet», a-t-il aussi regretté.

Le syndic, Rémy Jaquier, affirme avoir très bien reçu cette motion. «Nous sommes justement en train d’entreprendre des contacts avec la Fareas pour mettre en place un meilleur suivi des affaires yverdonnoises.» Ce signal fort de la population relayée par ses élus entre donc dans un processus déjà enclenché par la commune. Donne-t-il une force supplémentaire à l’Exécutif dans ses négociations? «Bien sûr, la motion leur donne une substance et établi des revendications claires.» Le syndic est confiant. «La Fareas doit prendre certaines responsabilités. Elle le fera sans doute une fois ses problèmes internes réglés.»

Aucun commentaire: