jeudi 21 octobre 2010

Les renvois de la discorde

renvoi étrangers opinionsL’expulsion des étrangers criminels est au centre de la votation du 28 novembre. Au choix: une initiative populaire, son contre-projet ou le statu quo.

Deux bières pour le prix d’une. Tel est le principe des «happy-hours» pratiquées dans certains bistrots, à l’heure de l’apéritif. En politique, cela existe aussi. Le 28 novembre prochain, ce sera trois votes pour un verdict. Nous devrons tout d’abord nous exprimer sur l’initiative de l’UDC «Pour le renvoi des étrangers criminels», dite des «moutons noirs». Puis sur le contre-projet concocté par le parlement, sous l’égide d’élus libéraux-radicaux et démocrates-chrétiens soutenus au final par une majorité de parlementaires socialistes. Puis viendra la question subsidiaire. Indépendante des deux premiers votes, elle sert à départager ces réformes si les deux devaient obtenir une majorité.

Il sera donc possible de dire non deux fois, puis de finalement d’arbitrer entre l’initiative ou son contre-projet.

 

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Les bases légales actuelles permettent déjà la révocation d’un titre de séjour. Les cantons jouent ici un  rôle essentiel. A Genève, dès qu’une personne est interpellée, l’Office cantonal de la population en est informé. S’il y a condamnation définitive, des mesures sont prises, pouvant aller jusqu’à une décision de renvoi. Si la personne est détentrice d’un permis d’établissement (permis C), c’est la conseillère d’Etat en personne qui approuve la révocation, soit Isabel Rochat (libérale). Une pesée entre l’intérêt public, par exemple la sécurité, et l’intérêt privé, comme l’unité de la famille ou le niveau d’intégration, est réalisée. Pour ce qui est des permis B (annuels et renouvelables) et L (maximum un an, en général non renouvelés), ce sont les offices cantonaux qui tranchent. La pratique est similaire dans le canton de Vaud.

Le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba (libéral) l’a chiffrée en début de semaine. Alors que 10 permis C ont été révoqués pour motifs pénaux en 2009, 37 devraient l’être d’ici à la fin de l’année. En ce qui concerne les livrets B et L, plus de 70 subiront le même sort. A Genève, le chef du service asile et aide au départ Bernard Ducrest assure que «d’ici à la fin de la semaine, on devrait y voir plus clair pour ce qui est de la pratique genevoise». Des statistiques sont en cours d’élaboration.

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Cette diversité cantonale, l’Union démocratique du centre (UDC) n’en veut plus. Fin 2007, lors de la campagne électorale fédérale, elle lance son initiative «Pour le renvoi des étrangers criminels». Symbolisée par l’affiche du mouton noir bouté hors de Suisse par des congénères blancs, elle a réuni plus de 210 000 signatures autour d’un mécanisme central: l’automaticité des renvois.

Une liste de forfaits y figure. Le titre de séjour est retiré si une personne est condamnée pour «meurtre, viol, ou tout autre délit sexuel grave, pour un acte de violence d’une autre nature tel que le brigandage, la traite d’êtres humains, le trafic de drogue ou l’effraction», de même que si elle a perçu «abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale». Le parlement pourra ensuite compléter la liste des délits. Une sanction supplémentaire est prévue: l’interdiction d’entrer sur le territoire allant de 5 à 15 ans. Et, en cas de récidive, elle sera fixée à 20 ans.

20 ans expulsion

L’automatisme des renvois est ce qui a suscité le plus de débats à l’Assemblée fédérale, entre autres autour de sa compatibilité avec la libre circulation des personnes. Un argument réfuté par l’UDC, qui brandit un avis de droit. Selon l’Agence télégraphique suisse, des experts européens, particulièrement allemands, auraient récemment fait part de leur inquiétude au chef de la mission suisse à Bruxelles. D’autres dispositions du droit international pourraient également être violées en cas de renvois systématiques, selon l’Office fédéral des migrations (lire ci-dessous).

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Alors qu’ils auraient pu se contenter de soumettre l’initiative seule au vote, des élus du centre-droite ont décidé d’élaborer un contre-projet direct. C’était au lendemain de la nette et surprenante acceptation de l’initiative populaire interdisant la construction de minarets (novembre 2009). Alors que les sondages la donnaient perdante, elle obtenait 57,5% de votes favorables.

«Ce résultat nous a effectivement secoués, confie le conseiller national Hugues Hiltpold (PLR/GE). Mais le fait que l’initiative sur le renvoi ait récolté 210 000 signatures en un temps record démontre aussi que la population a des attentes en la matière. Il s’agissait donc aussi pour nous d’aller dans la même direction, mais avec un texte compatible avec nos engagements internationaux et notre Constitution, notamment le principe de la proportionnalité. Et de compléter aussi la liste des infractions, en y ajoutant les lésions corporelles graves.»

Différence essentielle avec l’initiative: l’absence d’automaticité. Les délits sont certes énumérés de manière plus précise, de même que la gravité devant mener à l’expulsion, mais le «respect» du droit international et du principe constitutionnel de «proportionnalité» y sont stipulés. Une pesée d’intérêts sera donc effectuée, comme c’est le cas aujourd’hui, quand par exemple la question du renvoi d’un père de famille se pose. Un article sur l’intégration a également été introduit, ce qui a rendu le contre-projet moins indigeste pour de nombreux élus de gauche.

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Et quelles seront les conséquences concrètes en cas de oui à l’un ou l’autre des projets? Selon l’ODM, il y aura tour de vis. Aujourd’hui, entre 350 et 400 personnes sont priées de quitter la Suisse. Un total qui passerait à environ 800 avec le contre-projet, et 1500 avec l’initiative.

Mais la polémique ne cesse d’enfler autour de ces chiffres, puisqu’il ne s’agit que d’estimations. Les autorités fédérales n’ont en effet pas été capables de récolter toutes les données dans les cantons en vue de cette votation. La différence éclatante dans l’établissement de statistiques est symbolisée par les cas vaudois et genevois: Vaud dispose de statistiques détaillées, tandis que Genève se livre à un exercice de rattrapage Peut-être que la Commission fédérale pour les questions de migration apportera aujourd’hui un peu de clarté. Elle présente ce matin son rapport sur la pratique actuelle des renvois de délinquants.

Romain Clivaz Berne pour 24 Heures

renvois chiffres et réalité

Fragile refuge à la Sallaz

Les requérants déboutés menacés de renvoi ont trouvé refuge dans les locaux de l'église protestante de La Sallaz, à Lausanne. Une refuge qui sera cependant provisoire, la paroisse de La Sallaz-Epalinges s'étant engagée à les héberger jusqu'au vendredi 29 octobre.

Après cette date, qui coïncide avec la fin des vacances scolaires, la reprise des activités régulières dans ce lieu obligera les requérants à changer d'endroit. Maryse Burnat-Chauvy, pasteure de la paroisse, espère néanmoins que d'autres églises prendront immédiatement le relais. «Nous recherchons déjà un autre refuge pour assurer la relève», indique quant à lui Paolo Mariani, porte-parole de l'église réformée.
Sur les quatre personnes qui, il y a une semaine, avaient été provisoirement accueillies au centre pastoral du Point d'appui, trois ont rejoint l'église de La Sallaz. «Le quatrième requérant a disparu dans la nature. Nous avons perdu sa trace depuis la fin de la semaine passée», annonce Paolo Mariani.

L'ouverture de ce refuge a fait l'objet d'une double convention: entre les requérants et les présidents des conseils paroissiaux d'une part; entre ces derniers, le conseil synodal de l'église réformée et la coordination Asile et migration Vaud (CAMIV) de l'autre. La convention autorise notamment la CAMIV à assurer une permanence auprès des migrants, ainsi qu'à tenir ses réunions sur place.
Mais le texte comporte aussi un certain nombre d'obligations pour les occupants du refuge et leurs défenseurs, comme l'engagement à ne pas opposer de résistance active si la police investit les locaux. «Il n'y a pas d'inviolabilité du lieu, précise Paolo Mariani. Nous avons demandé à ce qu'il n'y ait pas de réaction violente en cas d'intervention de la police. En dernier recours, nous avons autorisé les personnes à se rendre dans la salle du temple.» Par ailleurs, toute manifestation de la coordination aux abords de l'église est proscrite.

Pour les requérants, dont une demande de réouverture du dossier va être déposée, commence maintenant une nouvelle attente, angoissée et fébrile. «Je suis toujours en danger d'être expulsé et j'ai peur de voir arriver la police», confie l'un d'eux.

Arnaud Crevoisier dans le Courrier

Une église lausannoise sert à nouveau de refuge

lausanne refuge déboutés Trois requérants d’asile menacés de renvoi ont obtenu une protection temporaire dans une paroisse. Comme en 2004.

Les défenseurs des requérants déboutés refont le coup du refuge. Depuis hier matin, à Lausanne, trois personnes ont trouvé asile temporaire dans une salle de l’église protestante de la Sallaz. Ces deux hommes et cette femme ont signé un accord avec les représentants de la paroisse. Il stipule notamment qu’ils devront partir au plus tard le 29 octobre à 9 h et qu’ils ne résisteront pas de manière violente si d’aventure la police venait les chercher.

Cette occupation d’un lieu paroissial survient à quelques semaines d’une nouvelle votation fédérale sur le thème de l’asile. Les trois personnes et le collectif qui les soutient veulent remettre en pleine lumière le combat politique pour la régularisation des requérants, en l’étayant de cas concrets.

La dernière création de refuges semblables dans la région lausannoise remonte à 2004. A cette époque, la mobilisation des milieux de l’asile et d’une partie de la classe politique avaient contribué à faire admettre par Berne des exceptions aux renvois.

«Droit de rester», le collectif de soutien actuel, comprend à la fois des requérants d’asile et des sympathisants suisses. Seule une petite frange du groupe actif en 2004 en fait partie.

Les trois requérants réfugiés à la Sallaz disent craindre pour leur intégrité ou même leur vie s’ils sont renvoyés dans leur pays d’origine. Le collectif les définit surtout comme emblématiques de beaucoup d’autres. «Nous sommes plusieurs à Lausanne et ailleurs à vivre dans l’angoisse en permanence», affirme pour sa part Mimi, jeune africaine de 30 ans, membre de Droit de rester, en Suisse depuis huit ans. «J’ai déjà eu un plan de vol en 2007, mais j’ai pu rester pour des raisons de santé. D’un jour à l’autre, on peut venir me chercher. On ne me permet pas de travailler, et je dois vivre avec 9 fr. 50 par jour…»

Michel Racloz, responsable du département solidarité à l’Eglise catholique vaudoise, parle lui aussi d’un serrement de vis, européen et suisse: «Par rapport à 2004, l’Europe a introduit les Accords de Schengen-Dublin, appliqués depuis peu en Suisse.»

Et certains montrent du doigt dans le canton de Vaud le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba, en charge de l’asile, qui appliquerait les lois de manière plus ferme que ses prédécesseurs.

Les deux Eglises, catholique et protestante, espèrent pour leur part que les dossiers des trois migrants accueillis à la Sallaz pourront être rouverts et réexaminés. Elles cherchent d’ores et déjà une deuxième paroisse refuge, pour assurer la suite.

Jérôme Ducret dans 24 Heures

le canton prend acte

24 Heures

Israël, la Terre Promise d'Afrique

Les Juifs peuvent considérer Israël comme la Terre Promise, mais la plupart d’entre eux vivent encore en dehors de cet État-Nation. Bien que les Africains ne décrivent pas Israël de cette manière, beaucoup voudraient s’y installer. C’est pourquoi un nombre croissant de Soudanais, d’Érythréens et autres africains continuent à risquer leur vie pour demander l’asile dans l’État Juif.

réfugiée soudanaise israelIls souffrent de difficultés indicibles sur le chemin. Pour atteindre Israël, ils doivent marcher à travers l’Égypte, où ils ne sont jamais bienvenus, toujours persécutés et parfois tués. Les Bédouins réclament des sommes folles pour les faire passer à travers la frontière du Néguev et les faire arriver sur le sol israélien.

Israël, en tant que signataire des conventions internationales en faveur des réfugiés, est tenu de les recevoir. Les renvoyer mettrait en danger leur vie, et les Juifs savent ce que cela signifie mieux que quiconque.

Les réfugiés posent un défi difficile à relever. En tant qu’Etat, Israël est attaché aux valeurs humanitaires, Israël ne peut s’en détourner. Mais si Jérusalem ouvre ses portes sans discernement, la judéité d’Israël peut être compromise. Ainsi, l’Etat Hébreu leur accorde l’asile par humanité et parce qu’il n’a moralement pas le choix. Israël ne peut renvoyer ces migrants qui fuient les carnages africains. Israël fera en sorte d’améliorer la vie de ces personnes, dans l’espoir que la situation dans leur pays s’améliore… Et peut-être un jour de permettre leur rapatriement.

Une fois en Israël, les réfugiés travaillent en général illégalement, ils n’ont pas d’assurance, vivent dans des conditions sordides et envoient de l’argent – autant qu’ils le peuvent. Ils insistent néanmoins pour rester en Israël plutôt que n’importe où ailleurs dans la région.

manifestation israel réfugiésNaturellement, la situation inquiète les responsables politiques israéliens. Le ministre de la Justice a récemment déclaré qu’«Israël est confronté à une menace existentielle, à la lumière des vagues d’infiltration venue en passant la frontière avec l’Egypte.»

Le pays est aujourd’hui dans une situation complexe : doit-il continuer recevoir ceux qui subissent les massacres des musulmans du Darfour ou doit-il ignorer la situation, comme le fait la Ligue Arabe, et les renvoyer dans leur coupe-gorge ? Dans les deux cas, que ce soit pour des motifs démographiques ou de moralité, la judéité d’Israël peut être sérieusement contestée. La Terre Promise, un concept qui s’accompagne d’un gros prix à payer et de lourdes responsabilités à accepter.

Adapté d’un article du Canadian Jewish News – JSSNews

mercredi 20 octobre 2010

Schwytz ne veut pas interdire la burqa

Le Grand Conseil schwyzois a rejeté mercredi un postulat UDC exigeant une interdiction absolue de toute forme de dissimulation des femmes.

Le Grand Conseil schwyzois a rejeté mercredi par 53 voix contre 36 un postulat UDC exigeant une interdiction absolue de toute forme de dissimulation des femmes. L’exécutif cantonal s’était également opposé à ce texte, estimant qu’il allait trop loin et que son application était difficile.

Des débats du même type portant autour de la burqa ont eu lieu dans plusieurs cantons. Mais pour l’heure, seul le Grand Conseil argovien a accepté mi-septembre une initiative cantonale préconisant non pas une interdiction de la burqa mais de tout type de masque en public.

LeMatin.ch & les agences

Criminels étrangers: les conséquences du texte préoccupent l’UE

L'initiative pour le renvoi des criminels étrangers et ses conséquences possibles pour les citoyens de l'UE préoccupent les Vingt-Sept. Le chef de la mission suisse auprès de l'UE a évoqué la prochaine votation fédérale lors d'une discussion avec des experts de l'UE.

mouton noirSelon des sources proches de la discussion, l'Allemagne a surtout posé des questions sur ce sujet. Les experts de l'UE, qui traitent régulièrement des relations Suisse-UE dans le groupe AELE, voulaient en savoir davantage sur les conséquences de l'initiative.

"Cette initiative qui remet en question la libre circulation préoccupe au sein de l'UE", a déclaré mercredi devant la presse l'ambassadeur suisse auprès de l'UE, Jacques de Watteville. Il a mis en évidence le fait que le contre-projet du Conseil fédéral respecterait les accords internationaux.

Invité à s'exprim er sur les relations entre la Suisse et l'UE, M. de Watteville a également expliqué à ces experts que "la réalité politique en Suisse" avec sa démocratie directe ne doit pas être oubliée. Ces paramètres doivent être pris en compte dans toutes les discussions sur les questions institutionnelles et sur une mise en oeuvre et une utilisation plus efficaces des accords bilatéraux, a-t-il poursuivi.

Souhait évoqué

Les 27 se posent surtout des questions institutionnelles liées aux accords bilatéraux. Ces questions englobent essentiellement chaque domaine qui est actuellement traité dans un groupe de travail entre les experts suisses et de l'UE. Ce groupe doit révéler d'ici la fin de l'année de premières voies possibles pour façonner les accords bilatéraux de manière plus efficace.

M. de Watteville a aussi indiqué aux experts que la Suisse souhaite poursuivre la voie bilatérale. "Elle ne fonctionne pas si mal", a-t-il estimé.

Dans la discussion du groupe AELE qui a eu lieu ensuite sans l'ambassadeur, les représentants de la Commission européenne ont décrit cette voie comme quelque peu caillouteuse. Aux yeux de la Commission, la situation n'est pas aussi rose que l'ambassadeur suisse l'a affirmé, ont rapporté des diplomates européens.

ATS

Un refuge improvisé s’est ouvert dans une église à Lausanne

refuge sallaz Un refuge s’est ouvert mercredi dans la salle paroissiale de l’église protestante de La Sallaz, sur les hauts de Lausanne. Le bâtiment abrite trois requérants d’asile menacés de renvois. Si le mouvement dure, d’autres paroisses prendront le relais.

«Les requérants peuvent rester jusqu’au 29 octobre», a expliqué mercredi Paolo Mariani, porte-parole de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). «Un groupe s’occupe de trouver d’autres paroisses, protestantes ou catholiques, pour garantir la relève. L’objectif est d’assurer un tournus».

Les parties ont signé une convention dans laquelle les requérants se sont notamment engagés à être transparents sur leur dossier. «Nous leur avons aussi demandé qu’il n’y ait pas de réaction violente en cas d’intervention de la police. Mais au besoin, ils sont autorisés à aller dans l’église», a expliqué le porte-parole.

Depuis mercredi matin, quelques matelas sont entassés dans un coin de la petite salle de la paroisse La Sallaz-Croisettes. Les trois requérants déboutés - une jeune femme kosovare, un Congolais et un Albanais - seront encadrés 24 heures sur 24 par deux membres du collectif lausannois Droit de rester.

«Un quatrième réfugié les rejoindra peut-être», explique sur place une jeune femme du collectif. En principe, ces personnes ne sortiront pas du refuge. Le requérant congolais est depuis huit ans en Suisse et près de 20 ans en Europe, raconte la militante.

Autres actions prévues

En 2001 avec «En quatre ans on prend racine» et en 2004 lors de la crise des «523», l’ouverture de refuges avait suscité un mouvement de solidarité. En 2004, l’action avait duré plus d’une année.

Il y a dix jours, le collectif et des requérants avaient occupé durant une nuit, sans autorisation, les locaux de la paroisse St- Jacques à Lausanne. Ils avaient quitté les lieux contre la promesse des Eglises de leur trouver un autre abri. Ils logeaient depuis au Point d’appui, lieu d’accueil de jour des deux églises.

LeMatin.ch & les agences

Une paroisse lausannoise s’érige en refuge

La paroisse lausannoise de La Sallaz constitue depuis ce matin le refuge de trois requérants d’asile menacés d’expulsion et pris sous sa protection par l’Eglise réformée vaudoise. Le canton n’avait plus connu ce genre de situation depuis 2004 et c’est la première fois que le conseiller d’Etat Philippe Leuba y est confronté.

Le canton de Vaud compte une fois de plus sur son territoire un «refuge» pour requérants d’asile menacés d’expulsion. La paroisse réformée de La Sallaz, à Lausanne, ouvre depuis ce matin ses portes à trois candidats déboutés dont elle demande la réouverture du dossier. Il s’agit d’une femme d’origine kosovare, d’un Macédonien et d’un Congolais.

La semaine dernière, l’Eglise réformée vaudoise avait été victime d’une occupation sauvage d’une autre paroisse lausannoise par le Collectif Droit de rester, au bénéfice de ces mêmes personnes. Elle a depuis lors négocié et conclu avec ce mouvement une convention sur l’utilisation des locaux de la Sallaz. Deux membres du collectif de soutien aux requérants accompagneront les requérants dans le refuge.

«Nous avons toujours une attitude d’ouverture par rapport à des requérants risquant le renvoi», explique Paolo Mariani, le porte-parole de l’Eglise réformée vaudoise. Selon lui, le ressortissant congolais vit en Suisse depuis huit ans et affirme avoir des craintes pour sa vie en cas de retour. Le porte-parole ne disposait pas mercredi matin d’informations sur le parcours de deux autres ou la date prévue pour leur renvoi.

C’est la première fois que le conseiller d’Etat Philippe Leuba, chef du Département vaudois de l’Intérieur, se trouve confronté à ce type de situation, bien connue de ses prédécesseurs. L’église lausannoise de Malley avait été occupée en 2004 dans le contexte de l’affaire «des 523», tandis que neuf Kosovars avaient vécu pendant quatre mois dans celle de Bellevaux en 2001. Le politicien vaudois se targue depuis son arrivée à la tête du département de mener une politique ferme de renvois tout en sollicitant de nombreux permis humanitaires auprès de la Confédération.

Yelmarc Roulet dans le Temps

Oskar «Freysinguerre» va-t-il trop loin?

Dimanche dernier, Le Matin s'est interrogé sur les fréquentations "très douteuses" d'Oskar Freysinger. Jusqu'à quel point ce dernier est-il proche des milieux d'extrêmes droites nationalistes?

Alors qu'au début octobre, Geert Wilders, le populiste néerlandais apportait son soutien à Berlin au parti allemand "La liberté", Oskar Freysinger participait à la rencontre par vidéoconférence. Une semaine plus tard, il était attendu dans la périphérie de Bruxelles pour y tenir une conférence sur le danger de l'islamisation en Europe. Celui qui signe de lui-même sur son blog "Freysinguerre" semble parti en croisade, pour le meilleur et pour le pire.
Interrogé fin 2009 sur l'action menée par Geert Wilders en Hollande, Oskar Freysinger avait déjà pris la défense de ce dernier dans une vidéo circulant sur le web.
Le 9 octobre, "L'homme qui a stoppé la construction des minarets en Suisse", était attendu du côté de Bruxelles en héros par une poignée de sympathisants. Il a vu dans un premier temps sa conférence refusée à deux reprises à cause de pression politique, ce qui lui a permis de donner à la situation une tension dramatique qu'elle n'avait pas.
C'est que personne à la municipalité de Schaarbeek, une commune de près de 123'000 habitants située dans l'agglomération bruxelloise, n'avait envie d'inviter le virulent orateur. Pour le contexte, la ville a connu une politique d'extrême droite jusqu'à la fin des année 90, menée par le bourgmestre Roger Nols. Ce dernier a été accusé d'avoir conduit une politique de délaissement des quartiers historiques au profit de l'immigration pour fonder sa démagogie xénophobe.
Pour exemple, en décembre 1986, Roger Nols était arrivé à dos de chameau à l'hôtel communal de Schaerbeek, ce qui caricaturait selon lui, ce qu'aurait été l'extension du droit de vote aux étrangers (wikipédia.fr).
A propos du mauvais accueil réservé à Oskar Freysinger, on peut lire sur le site de la Tsr: "les autorités publiques de Schaerbeek ont rapidement réagi, afin d'empêcher que la conférence ait lieu dans cette configuration-là, car il s'agissait, selon elles, d'une véritable provocation dans une commune qui possède trois minarets et dont la moitié des habitants sont musulmans. Il n'était toutefois pas question d'interdire pour autant cet exposé, au nom du respect de la liberté d'expression."
L'orateur valaisan a finalement été accueilli par Filip Dewinter, un homme dont le passé dérange puisqu'il faisait encore étalage à la fin des années 80 de son admiration pour le nazisme en allant fleurir les tombes d'anciens soldats néerlandais SS. Aujourd'hui, il a enfilé un costard pour s'acheter plus de respectabilité (voir l'article du Matin dimanche).
Répondant à une invitation de l'association Euboco qui milite en faveur d'une Europe et d'une Belgique chrétienne et conservatrice, Oskar Freysinger semble s'être bien accommodé de ses hôtes. L'article du Matin dimanche lui laissait le bénéfice du doute et feignait de croire à la candeur du politicien suisse tout en regrettant ces mauvaises fréquentations.
La chaîne francophone de télévision belge (RTBF) a rendu compte de la visite du politicien romand au parlement flamand dans un reportage du téléjournal.

 

Drôle et caustique devant son assemblée, maniant l'ironie et ne manquant pas de mordant, Oskar Freysinger a présenté ses conclusions et une interprétation de l'Islam, dans laquelle la religion musulmane va de pair avec la charia (loi islamique).

La conférence d’Oskar Freysinger au Parlement flamand, dans son intégralité


A l'issue de sa conférence, Oskar Freysinger répondait à une question d'un spectateur et évoquait sa vision du combat politique:


Pour rebondir sur ce que vous venez de dire. Est-ce que vous ne pensez pas malgré tout que les images peuvent être combattues par d'autres images et qu'internet là à un rôle à jouer?
Oskar Freysinger : Alors qu'est-ce que je pratique depuis dix ans dans cet aquarium à requins [...] ? Je sais pas si vous connaissez cette figure mythique de la mythologie grecque le basilic. C'est un monstre qu'on ne peut vaincre qu'en lui présentant l'image de lui-même. Face à son miroir, face à sa propre image il explose, il se décompose. C'est exactement ce que je fais. Ah! vous voulez jouer? Jouons. Ah! vous faîtes les acteurs et les polichinelles? mais moi je sais faire ça aussi. Alors je ne sais pas si sur la durée je parviendrai à améliorer les choses en faisant ainsi, mais je n'ai pas trouvé d'autres moyens de combat. Donc j'entre dans la danse et on verra bien. J'épouse les formes qu'on me propose et en épousant ces formes-là, j'arrive toujours à faire passer un brin de contenu.

AG relayé par bluewin.ch

Une émission spéciale consacrée aux harraga algériens en Italie

L’agence de presse radiophonique italienne Amisnet, basée à Rome, a consacré une émission aux harraga algériens, qui sera diffusée dans quelques jours.

2007: année noire pour les harraga. Dessin de Dilem Deux journalistes femmes de cette agence vont se succéder au micro pour débattre de la problématique de l’immigration clandestine vers leur pays. Elles cherchent à comprendre qui sont les harraga,  pourquoi quittent-ils l’Algérie, d’où partent-ils et où vont-ils. En s’adressant à notre journal, Elise Melot, qui s’occupe d’une émission hebdomadaire sur les questions de l’émigration, «Passpartù», a donné l’impression d’être très au fait du phénomène de la harga qui, faut-il le dire, ne cesse de poser des problèmes aux autorités des deux pays, l’Algérie et l’Italie.

Pourquoi les jeunes Algériens prennent-ils plus de risques en choisissant de se rendre en Sardaigne, alors que les côtes espagnoles sont plus proches, s’est demandée la journaliste. Ce qui a fait, selon elle, de la Sardaigne une des portes privilégiées d’entrée en Europe pour de nombreux migrants venant du Maghreb, notamment d’Algérie. Visiblement, la récente révolte des sans-papiers en rétention au centre sarde de Cagliari n’a pas laissé indifférente l’opinion publique italienne. D’où la programmation de l’émission par les responsables de Amisnet. Leur journaliste s’est, en outre, interrogée sur l’absence de réaction des autorités italiennes et de la représentation diplomatique de son pays à Alger, maintes fois interpellées concernant l’affaire du jeune harrag algérien disparu en 2009 lors de son évacuation vers un hôpital romain.

Elle a aussi voulu savoir quel accueil réservent les autorités algériennes aux migrants subsahariens qui transitent par notre pays afin d’atteindre l’Europe, et ce, à l’instar de nos voisins marocains et libyens qui observent le même phénomène. Elise Melot s’est enfin enquise de l’existence de centres secrets de rétention pour migrants clandestins en Tunisie et de l’origine de l’argent ayant contribué au financement de la construction de ces centres.     

Naima Benouaret dans El Watan