Lu dans le courrier des lecteurs de 24heures, cette lettre d'Anne-Claude Rossier Ramuz,pasteur Clarens.
A la veille de Noël, des pères de famille, des travailleuses et travailleurs parmi les requérants déboutés du groupe des «523» reçoivent une lettre leur signifiant qu'ils n'auront plus l'autorisation de travailler l'année prochaine. Une mesure inique de plus pour leur faire comprendre qu'il n'y a plus de place ici pour eux.
Trop de chômage, trop de demandes d'aide sociale, trop de restrictions économiques. Non, c'est certain, il n'y a plus de place ici.
Ça me rappelle cette vieille histoire qu'on écoute à Noël, distraitement, entre deux copieux repas en famille, entre trois listes d'achats qui ne peuvent pas attendre, entre quelques B. A. qui soulageront nos consciences pour l'année à venir.
Dans cette vieille histoire, un père de famille exilé voit sa femme accoucher dans une étable parce qu'il n'y avait plus de place ailleurs. La tradition bienveillante a ajouté un âne et un bœuf pour leur apporter un peu de chaleur. Aujourd'hui, dans l'histoire des «523», non seulement il n'y a plus de place pour ces familles et ces travailleurs sans statut, mais on ajoute à leur angoisse quotidienne le vent glacial de mesures iniques et inhumaines.
Cette année, en contemplant la crèche, je penserai à ces voisins venus d'ailleurs et j'aurai vraiment honte.
dimanche 25 décembre 2005
samedi 24 décembre 2005
Dans le salon des presque fantômes
A l'issue du magnifique projet de 24heures voici les mots de conclusion d'une des journalistes qui s'est engagée corps et âme dans cette aventure.
Chaque jour de décembre, respirer un grand coup avant de pousser la porte du petit appartement. Entrer dans une famille, toucher la main d’un célibataire. S’asseoir dans le salon exigu et meublé de pas grand-chose, qui fait souvent office de chambre à coucher. Et boire le café, le Fanta, jouer avec les petits.
Et surtout, écouter. Tenter de faire mieux connaissance avec ces requérants d’asile déboutés, résidant dans le canton depuis de nombreuses années. C’était le but de ce «calendrier de l’Avent» un peu particulier dont la dernière porte s’ouvre aujourd’hui. Comment vit au quotidien cette population en sursis, propulsée au coeur d’un débat politique qui déchire le canton? Difficile de résumer sur un petit feuillet de calendrier, les conversations, les larmes, les coups de gueule auxquels nous avons assisté tous ces jours de décembre. Dur aussi de rester stoïque face au désarroi souvent oppressant… Les histoires qui se racontent, souvent maladroitement devant nos yeux, ont un point commun: l’angoisse de voir sa vie une nouvelle fois brisée par un renvoi. La crainte d’apparaître dans le journal a également été maintes fois évoquée. «Ça va nous retomber dessus?» demandent certains. La peur au ventre, deux femmes nous demanderont de masquer leur visage sur les photos. Ne pas faire de vagues, raser les murs, vivre à demi est devenu une seconde nature pour ces presque fantômes.
Souvenez-vous, le 1er décembre, Selvira Vejapi, 10 ans, de Vevey. Touchante par sa (trop grande) maturité, la fillette parlait avec amour de son père, incarcéré pendant un mois au Centre de Frambois, et disait sa peur de la police. Derrière «les Kosovars », on voit soudain une famille unie et aux abois. Le 21 décembre, on découvrait Seble Wolde, cette Ethiopienne, maman d’une petite fille de quelques mois qui se débrouille seule à Yverdon: son mari, requérant d’asile lui aussi, est assigné au canton d’Argovie.
Dans tous les foyers, l’interdiction de travailler décidée ce printemps par le Conseil d’Etat est une «catastrophe». Si certains patrons résistent et se refusent à licencier les déboutés, d’autres ont obéi. L’inactivité est alors mortifère. Pour tous. «On tourne en rond, on devient fous», entend- on partout. «Le travail, c’est la dignité», poursuivent les anciens plâtriers, garçons de buffet, blanchisseuses ou femmes de chambre. La honte de passer pour des profiteurs, l’humiliation au moment d’encaisser à nouveau l’argent de la Fareas… Malgré cela et tout le reste, les déboutés ne semblent pas prêts à lâcher le petit bout d’existence qu’ils ont construit loin de chez eux.
MARTINE CLERC
Chaque jour de décembre, respirer un grand coup avant de pousser la porte du petit appartement. Entrer dans une famille, toucher la main d’un célibataire. S’asseoir dans le salon exigu et meublé de pas grand-chose, qui fait souvent office de chambre à coucher. Et boire le café, le Fanta, jouer avec les petits.
Et surtout, écouter. Tenter de faire mieux connaissance avec ces requérants d’asile déboutés, résidant dans le canton depuis de nombreuses années. C’était le but de ce «calendrier de l’Avent» un peu particulier dont la dernière porte s’ouvre aujourd’hui. Comment vit au quotidien cette population en sursis, propulsée au coeur d’un débat politique qui déchire le canton? Difficile de résumer sur un petit feuillet de calendrier, les conversations, les larmes, les coups de gueule auxquels nous avons assisté tous ces jours de décembre. Dur aussi de rester stoïque face au désarroi souvent oppressant… Les histoires qui se racontent, souvent maladroitement devant nos yeux, ont un point commun: l’angoisse de voir sa vie une nouvelle fois brisée par un renvoi. La crainte d’apparaître dans le journal a également été maintes fois évoquée. «Ça va nous retomber dessus?» demandent certains. La peur au ventre, deux femmes nous demanderont de masquer leur visage sur les photos. Ne pas faire de vagues, raser les murs, vivre à demi est devenu une seconde nature pour ces presque fantômes.
Souvenez-vous, le 1er décembre, Selvira Vejapi, 10 ans, de Vevey. Touchante par sa (trop grande) maturité, la fillette parlait avec amour de son père, incarcéré pendant un mois au Centre de Frambois, et disait sa peur de la police. Derrière «les Kosovars », on voit soudain une famille unie et aux abois. Le 21 décembre, on découvrait Seble Wolde, cette Ethiopienne, maman d’une petite fille de quelques mois qui se débrouille seule à Yverdon: son mari, requérant d’asile lui aussi, est assigné au canton d’Argovie.
Dans tous les foyers, l’interdiction de travailler décidée ce printemps par le Conseil d’Etat est une «catastrophe». Si certains patrons résistent et se refusent à licencier les déboutés, d’autres ont obéi. L’inactivité est alors mortifère. Pour tous. «On tourne en rond, on devient fous», entend- on partout. «Le travail, c’est la dignité», poursuivent les anciens plâtriers, garçons de buffet, blanchisseuses ou femmes de chambre. La honte de passer pour des profiteurs, l’humiliation au moment d’encaisser à nouveau l’argent de la Fareas… Malgré cela et tout le reste, les déboutés ne semblent pas prêts à lâcher le petit bout d’existence qu’ils ont construit loin de chez eux.
MARTINE CLERC
Davit Kidane. De l’Ethiopie à Lausanne

La multitude de lumières du Lausanne Palace va bien avec l’éclat du regard de Davit Kidane. Des deux côtés, ça pétille. Après neuf ans passés en Suisse et presque autant comme employé dans de grands hôtels, l’Ethiopien vient d’obtenir une admission provisoire. «Ça ne va rien changer, sauf que j’ai enfin le droit de travailler», lâche-t-il, avec un immense sourire. Depuis cinq ans, il s’occupe du nettoyage au Lausanne Palace. «Je voudrais remercier les gens de l’hôtel, ils m’ont soutenu et aidé, et ne m’ont pas licencié malgré mon interdiction de travail. » Davit Kidane respire. Sa femme aussi puisqu’elle a également décroché le sésame. Il se réjouit de pouvoir un jour voyager en Europe, à la recherche de ses frères et soeurs dont il n’a plus de nouvelles. «Neuf ans en Suisse, sans rien du tout, c’était dur.»
Texte de MARTINE CLERC, photo d'Odile Meylan
Lien vers la description du projet de 24heures
Hélène Küng, l'aumônière des requérants

Dans 24heures du 24 décembre, se trouve cette présentation d'Hélène Küng, l'aumônière de la CERA à Vallorbe.
Elle est sur tous les fronts quand il s’agit de défendre le droit d’asile. Sur son vélo chargé d’une caisse de banderoles, la pasteure Küng pédale dans les rues lausannoises, d’une assemblée à une manifestation.
Mardi dernier, elle jouait un Roi mage au sein d’une crèche vivante mise sur pied à la Riponne avec la Coordination Asile. Il s’agissait, une fois encore, de sensibiliser les élus et la population au sort des requérants déboutés. «Ce qui choque pour Marie et Joseph choque aussi pour les requérants», disent les pancartes. Hélène Küng regarde les députés droit dans les yeux. L’air doux, mais pas dupe, avec un sens aigu de la repartie.
S’engager aux côtés des réfugiés est une évidence pour cette pasteure qui a vécu six ans au Rwanda, puis s’est mobilisée pour les femmes bosniaques et les demandeurs d’asile pendant la guerre en ex-Yougoslavie.
«Chrétienne de gauche.» C’est sous cette bannière qu’Hélène Küng, 48 ans, allie foi et engagement militant. «Quand j’étais étudiante, je fréquentais déjà beaucoup les milieux de gauche, des Magasins du Monde à Amnesty International. J’étais plus souvent avec les militants qu’à l’église!» rit-elle. Aujourd’hui, elle occupe un poste à mi-temps d’aumônière au Centre fédéral d’enregistrement pour requérants d’asile à Vallorbe et multiplie les activités bénévoles. «Même si la religion ne peut se réduire à un courant politique, Dieu est plutôt avec les faibles que du côté des puissants. Le message de l’Evangile est clairement antidiscriminatoire.»
Sa famille, son moteur
Malgré les lettres anonymes qui lui reprochent d’en faire trop pour les étrangers, Hélène Küng, pourtant émotive, n’en démord pas. Son mari — lui aussi pasteur — et ses quatre enfants (adolescents et adultes) sont des moteurs. «On se croise à certains repas, et on refait le monde à des heures tardives. Il n’y a pas de reproches, plutôt des taquineries », sourit-elle.
Etre femme pasteur? «Je n’ai pas reçu beaucoup de remarques machistes. Il faut dire que nous étions déjà un quart d’étudiantes en Faculté de théologie. Mais je me considère féministe. Trop de mes soeurs sont victimes de discriminations dans l’Eglise, la po- litique ou ailleurs.» L’arme pacifique d’Hélène Küng, c’est le verbe et la mise en scène. «J’aime prêcher, et le faire de façon originale. Ça fait partie de notre métier de troubadour. Les pasteurs, nous sommes des passeurs de parole, entre l’artiste de foire et le poète. Le but est d’intéresser les gens et de les déculpabiliser!» En cette fin d’année, Hélène Küng ressent la fatigue de longs mois de mobilisation pour l’asile. «Je dois mettre un coup de frein. Je vais essayer de faire moins de choses, mais mieux.» L’hyperactive a même trouvé le temps de publier Un jour à ne pas manquer et autres contes de Noël.
Inspirées de la Bible et nourries par l’actualité, ses histoires montrent, avec humour parfois, que Noël peut s’écrire dans des climats de violence. Que c’est une fête de l’espoir. «Noël, ce n’est pas qu’une histoire de flocons, de cannelle et de petits rennes!» lâche la pasteure dans un clin d’oeil, enfourchant son vélo en route vers une nouvelle bataille solidaire.
Lire aussi le communiqué de catholink
Ou un article dans profil de liberté
Pour commander le livre
vendredi 23 décembre 2005
Conchita ne passera pas les fêtes en Suisse
Rebaptisée avec un prénom fictif de circonstance pour une clandestine bien réelle, Conchita a été arrêtée en novembre et expulsée de Suisse trois jours plus tard.
Après avoir fait des ménages en Suisse pendant dix ans, elle ne laisse que des regrets derrière elle. Sauf peut-être pour la personne qui l'a dénoncée anonymement.
Lire la suite du dossier de Swissinfo
Après avoir fait des ménages en Suisse pendant dix ans, elle ne laisse que des regrets derrière elle. Sauf peut-être pour la personne qui l'a dénoncée anonymement.
Lire la suite du dossier de Swissinfo
Fatush Ismajli. Du Kosovo à Lausanne.

Fatush Ismajli ne parle pas beaucoup. Les dialogues des personnages des séries télé américaines se chargent de remplir son petit salon. Cet après-midi-là, la jeune femme a congé. «Normalement, je suis extra au Palace de Montreux, et j’ai plus d’heures de travail. Mais en décembre, c’est calme», regrette-t-elle. Fatush Ismajli aimerait travailler davantage, creuser son trou en Suisse et, un jour, y fonder une famille. «Au Kosovo, à mon âge, toutes les filles sont mariées. Les femmes seules n’ont pas de valeur, n’ont pas de liberté.» Voir paraître sa photo et s’exprimer dans les médias l’angoissent énormément. «Est-ce que ça ne va pas me retomber dessus?» Timide, la jeune femme dit vouloir améliorer son français. «Mais c’est difficile. Deux fois, j’ai fait mes valises, j’ai cru que je ne reverrais plus la Suisse. Ce n’est pas évident de s’impliquer dans un apprentissage.»
Texte de MARTINE CLERC, photo de Odile Meylan
Lien vers la description du projet de 24heures
Deux référendums sont lancés pour contrer les deux «lois Blocher»

Lire l'article de François Nussbaum dans Le Courrier et La Liberté
Lire le commentaire de François Nussbaum:
La cohérence
plutôt que
la tactique
FRANÇOIS NUSSBAUM
Le comité référendaire réuni autour des verts n’a pas hésité à s’attaquer simultanément à la révision du droit d’asile et du droit des étrangers.Parce qu’elles
procèdent toutes deux de la même vision (le moins d’étrangers possible),qu’elles font appel aux mêmes instruments (dissuasion et contrainte),une vision et des instruments à la fois hypocrites et illusoires. Le Parti socialiste, lui, a pris la tête du référendum sur le droit d’asile,prêt à «sacrifier» celui sur les étrangers pour des raisons d’efficacité.En ciblant la campagne sur l’attaque contre les droits fondamentaux, on évitait un débat général sur l’immigration et tous les amalgames chers à la droite nationaliste. Avec de meilleures chances lors du scrutin, l’an prochain. Comme il ne fallait pas risquer une division des forces, la situation a dû se clarifier rapidement.Une semaine après le vote final des Chambres sur ces révisions (vendredi dernier),la campagne portera donc sur les deux objets,avec l’opposition de toute la gauche, des syndicats,des oeuvres d’entraide et de la plupart des groupements proches des Eglises. Aura-t-on, pour autant, un débat de
société sur la politique migratoire? Un débat qui porterait à la fois sur le respect
du droit humanitaire et sur les besoins de l’économie, voire sur la nécessité pour la Suisse – affirmée par l’OCDE – de s’ouvrir davantage à l’immigration pour ne pas voir sa population vieillir et diminuer,comme c’est déjà le cas?
On peut en douter.Et craindre que la campagne n’oppose que le populisme des partis nationalistes et une gauche taxée d’angélisme, puisque le centre droit n’aura d’autre choix que d’assumer son suivisme de l’UDC ou de tenter un discours modéré et rassurant,mais incohérent par rapport à son vote aux Chambres.Et l’économie ne s’en mêlera pas.On s’engagera donc, pour plusieurs années, dans une politique migratoire
qu’il sera difficile d’appliquer,qu’il faudra contourner ou changer, et qu’il faudra expliquer aux générations futures.Sombres perspectives.
Angoisse de Dejana Rakita, Suissesse en sursis

L'athlète, championne Suisse de triple saut à trois reprise, risque l'expulsion en vertu des règles absurdes contre les "faux mariages".
Lire l'article de Stéphane Devaux dans l'Express
Lire l'article de Pierre-Emmanuel Buss dans Le Temps
Extraits
Le regard las, les traits tirés, Dejana Rakita n'est plus que l'ombre d'elle-même. Cinq fois championne de Suisse de triple saut, cette Suissesse d'origine serbe de 37 ans, naturalisée en juillet 2000, vit un cauchemar depuis que l'Office fédéral des migrations (ODM) a décidé d'annuler sa naturalisation, le 14 juin dernier. Motifs invoqués: une situation familiale «non stable» et des soupçons de mariage blanc.
Article de Stéphane Devaux
Devenue Suissesse par mariage, Dejana Rakita - ex-Cachot - a fait gagner l'athlétisme helvétique. Aujourd'hui, on lui retire son passeport. Elle aurait abusé du système
En 2001, Dejana Cachot décroche son cinquième titre de championne de Suisse. Sous le maillot rouge de l'équipe nationale, l'athlète du CEP Cortaillod termine deux fois deuxième en Coupe d'Europe: 6m50 en longueur, 13m50 au triple saut. Sans un vent trop généreux sur le stade de Nicosie (Chypre), ce bond serait encore record de Suisse.
Quatre ans et demi plus tard, Dejana, 37 ans, a repris son nom: Rakita. Elle a divorcé de l'homme qu'elle avait épousé en décembre 1995, neuf mois après son arrivée comme réfugiée. Dejana était serbe, elle a quitté Belgrade pendant la guerre. En juillet 2000, elle est devenue suisse. Une procédure de naturalisation facilitée, sûrement accélérée par la volonté de la Fédération suisse d'athlétisme de la voir sauter pour ses couleurs.
Décision arbitraire
Or, aujourd'hui, la jeune femme est menacée de perdre sa nationalité suisse. Officiellement, elle l'a déjà perdue. Le 14 juin, l'Office fédéral des migrations (ODM) a rendu une décision «d'annulation de la naturalisation». Suspendue dans l'attente de la réponse au recours qu'a déposé son avocat devant l'Office des recours du Département fédéral de justice et police.
«On est totalement dans l'arbitraire», tonne Me Christophe Schwarb. La décision est tombée quatre ans et onze mois après l'octroi de la nationalité. Or, une annulation ne peut intervenir que dans les cinq ans. «A un mois près, le dossier passait à la poubelle...», soupire-t-il.
Arbitraire et choquant: c'est aussi les qualificatifs qui résument les sentiments de plusieurs personnalités neuchâteloises, comme son entraîneur au CEP, Claude Meisterhans, ou les députés Philippe Haeberli et Bernard Zumsteg. C'est à leur initiative que ces faits ont été rendus publics.
Ce qu'on reproche à Dejana Rakita? Son mariage, «pas constitutif d'une communauté conjugale effective et stable», selon les considérants de l'ODM. C'est vrai, en 1998, son couple allait mal. «Mon mari était hyperjaloux, hyperpossessif», raconte-t-elle, les larmes aux yeux. Ils ont bien signé, cette année-là, une convention de séparation de biens et de charges: «Il ne payait pas nos factures, il me cachait des choses. C'est pour régler cela que nous avons décidé d'agir comme ça.» Mais elle le jure, ils ont continué de vivre sous le même toit, malgré les «conditions épouvantables» qu'il lui faisait subir. Jusqu'à la séparation officielle du couple, en mai 2001. Cinq ans et cinq mois après le mariage.
Et si on lui retire sa nationalité suisse? Pourra-t-elle rester dans le pays de sa petite Mia, née en juin 2002, d'une «relation ultérieure au divorce»? L'avocat s'interroge. Dejana aussi. Pour elle, ce qui lui arrive est d'abord une immense «injustice»: «Je n'ai jamais profité de la Suisse. Au contraire, je travaille à 100% comme physiothérapeute et ma fille passe toutes ses journées à la crèche. Croyez-moi, ce n'est pas un choix.» Philippe Haeberli opine. Et ajoute: «N'avons-nous rien de mieux à faire dans ce pays que du juridisme à tous crins?»
Interview de Daniel Bolomey (Amnesty)
Valérie de Grafenried du Temps interroge le secrétaire général d'Amnesty sur les deux référendums contre les "lex Blocher"
extraits:
...Chez Amnesty, nous étions dès le départ convaincus que nous devions nous concentrer sur l'asile: nous n'avons pas tellement d'alternatives à proposer concernant la loi sur les étrangers. Mais nous soutenons également ce deuxième référendum, notamment à cause de l'aggravation des mesures de contrainte (la durée maximale de détention pour insoumission par exemple, est passée de un à deux ans, ndlr). Pour la campagne sur l'asile, Amnesty a décidé de consacrer 100 000 francs de son budget 2006. Et nous paierons les frais liés aux signatures que nous récolterons pour le référendum contre la loi sur les étrangers. Car il est évident que nous allons demander à nos membres et sympathisants de signer les deux référendums....
extraits:
...Chez Amnesty, nous étions dès le départ convaincus que nous devions nous concentrer sur l'asile: nous n'avons pas tellement d'alternatives à proposer concernant la loi sur les étrangers. Mais nous soutenons également ce deuxième référendum, notamment à cause de l'aggravation des mesures de contrainte (la durée maximale de détention pour insoumission par exemple, est passée de un à deux ans, ndlr). Pour la campagne sur l'asile, Amnesty a décidé de consacrer 100 000 francs de son budget 2006. Et nous paierons les frais liés aux signatures que nous récolterons pour le référendum contre la loi sur les étrangers. Car il est évident que nous allons demander à nos membres et sympathisants de signer les deux référendums....
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