mercredi 6 décembre 2006

Des jeunes requérants d’asile reçus à coups de marrons

Lire cet article de 24heures
Drôle d’accueil! Six jeunes de la Fondation vaudoise pour l’accueil des requé­rants d’asile (Fareas) ont été re­çus à coups de marrons par trois ou quatre élèves de 8e et 9e an­nées, dans le préau du collège de la Poste, à Sainte-Croix. Les victi­mes font partie d’un groupe d’ac­cueil qui suit des cours d’intégra­tion dans le même bâtiment.
Si la Fareas refuse de peindre le diable sur la muraille, des mesures ont néanmoins été pri­ses. Mais il aura fallu plusieurs semaines pour que cet incident remonte jusqu’à la direction de l’école. «Nous l’avons appris courant novembre, lors des visi­tes du conseil de direction dans les différentes classes de l’éta­blissement », relève Jean-Mi­chel Catillaz. C’est au cours de ces discussions que le directeur a appris l’existence de tensions entre les élèves sainte-crix et les requérants
Cours de prévention
Du coup, ces visites se sont rapidement transformées en cours de prévention, dans le ca­dre desquels on a rappelé aux élèves quelques règles de disci­pline. «Nous avons évidemment profité de ces rencontres pour présenter nos excuses aux jeunes de la Fareas face à un comporte­ment que nous jugeons inadmis­sible », poursuit le directeur.
La leçon semble avoir porté ses fruits. D’abord décalée, la récréation des jeunes de la Fa­reas a retrouvé son horaire nor­mal, à la demande des princi­paux concernés.

Le racisme et la discrimination, toujours d’actualité en Europe

Lire ce communiqué du parlement européeen
Pas d’amélioration majeure sur le front de la lutte contre le racisme et la xénophobie en Europe : voilà une des conclusions du rapport annuel 2006 de l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC). Au moment où l’UE envisage de faire de l’EUMC une véritable Agence des Droits Fondamentaux, ce nouveau rapport, présenté récemment devant le Parlement européen, souligne que le manque de données fiables entrave les actions contre la discrimination et les crimes racistes.

mardi 5 décembre 2006

L’intégration des immigrés entre droit de vote, naturalisation et leçons de français


Lire cet article du Courrier
CANTONALES 2007 • Les partis voient différemment l’intégration des immigrés.
L’obligation d’apprendre le français a fait son chemin chez les socialistes et les radicaux.

JÉRÔME CACHIN
La prise de position du Parti socialiste suisse (PSS), samedi à Muttenz, a fait du bruit. Pourtant l’idée d’un contrat que l’immigré aurait à signer figurait de manière détaillée dans le programme du PS vaudois adopté il y a un mois. Les radicaux exigent
Contraindre l’immigré à apprendre le français, ou l’y inciter fortement, fait ainsi son apparition dans les programmes des partis. Dans leur précédent programme, il y a quatre ans, les socialistes vaudois ne faisaient pas figurer cette mesure dans leur chapitre sur l’intégration. Les radicaux vaudois, eux, proposaient d’«organiser des
cours d’intégration pour adultes (langue, histoire, culture) » dans leur programme
2002-2006. Pour la prochaine législature, ils font un pas de plus dans leur programme
électoral, présenté la semaine dernière: «exiger l’apprentissage de la langue française pour tous.»

Reprise du programme national du parti, la proposition n’est pas plus détaillée. Elle va au-delà du projet de loi cantonale sur l’intégration, qui doit être examiné par le Grand Conseil avant la fin de l’année en principe. Dans ce texte, l’apprentissage
du français n’est pas une obligation, même s’il est inscrit comme un principe.
Plus concrètement, le canton peut subventionner les programmes d’apprentissage du
français, en particulier pour les femmes.
Dispositif détaillé
Les socialistes vaudois consacrent deux des nonantes et quelques pages de leur nouveau programme à décrire le dispositif. Ils y parlent notamment de «véritables mesures obligatoires d’intégration », mises en place par le biais d’une «convention de partenariat», semblable au contrat approuvé par l’assemblée des délégués du PSS samedi. Principale différence: le texte ne serait pas signé avec l’autorité cantonale, mais avec des sortes de parrains issus de la société civile et des
Eglises, le canton se bornerait à reconnaître la «convention de partenariat».
L’étranger serait «en principe obligatoirement» tenu de suivre des cours de langue et
de culture générale (éléments de droits, histoire, géographie, us et coutumes). Corollaire, le parti à la rose veut aussi systématiser l’accueil des nouveaux immigrés par les autorités. Ainsi, des rencontres se conclueraient par la signature
de la «convention de partenariat ». Qui dit obligation, dit sanction. Sans l’écrire, les socialistes admettent qu’une violation de l’engagement signé peut peser dans la balance lors du renouvellement de son permis d’établissement.
Voter et se naturaliser
Hormis les radicaux et les socialistes, les autres partis ayant déjà dévoilé leurs programmes n’abordent pas la question de l’apprentissage du français et des connaissances de base. La coalition A gauche toute! développe une série de
propositions, au premier rang desquelles on trouve le droit de vote et d’éligibilité sur le plan cantonal. Un principe qu’elle partage avec les roses et les verts dans leur plate-forme commune.
L’UDC, quant à elle, ne dit rien sur l’intégration dans son programme adopté jeudi. Tout au plus laisse-t-elle l’immigré unique responsable de son intégration. Ainsi, dans les toutes premières lignes de son premier chapitre, «Etat et vie politique», la section vaudoise du parti vise un objectif inférieur à celui de la loi sur l’intégration que défend son ministre Jean-Claude Mermoud: «Le droit de vote et d'éligibilité au niveau cantonal est indissociable de la nationalité suisse.
La naturalisation est un acte politique, pas une décision administrative. Elle est
l'aboutissement du processus d'intégration.» I

IL faut renforcer et non supprimer l'information sur le racisme

Lire l'article dans le Temps (payant)
Karl Grunberg, secrétaire général d'ACOR SOS Racisme, estime que l'idéologie visant à supprimer les instruments de lutte et d'information contre le racisme suscite la haine raciale.

La lutte contre le racisme veut sortir de l'ombre

Lu dans la Tribune de Genève
ACOR SOS Racisme en a assez de l'indifférence qui grandit à Genève et en Suisse face aux actes racistes. L'association a donc décidé de multiplier les initiatives dans la cité pour se faire entendre et surtout faire entendre les voix des victimes. Elle ouvrira par exemple une permanence au Temple des Pâquis, une expérience qui sera répétée plus tard dans d'autres quartiers. Ce mardi soir – à 20 heures à la Maison de paroisse de St-Gervais – SOS Racisme organise également la première projection publique du film de Cicero Egli: "Sur nos monts - Récits de voyage au cœur de la Suisse". Qui sera suivie d'une discussion. Ce film, SOS Racisme souhaite en faire un outil de travail pédagogique. Il figure dans un double DVD en compagnie de témoignages de victimes du racisme et de textes sur ce thème d'auteurs célèbres.

La Suisse s'allie à l'Europe pour expulser ses étrangers

Lire l'article d'Antoine Grosjean dans 24 heures
La semaine dernière, un charter parti d'Allemagne a rapatrié 35 Africains expulsés par plusieurs pays européens, dont la Suisse. Si la collaboration semble difficile quant aux accords de réadmission, en revanche les Etats se donnent la main pour économiser sur ces «vols spéciaux». C'est sans doute l'aspect le moins «glorieux» de toute politique d'immigration. Jeudi dernier, un avion décollait de Düsseldorf à destination du Togo et du Cameroun. A son bord, 35 ressortissants Africains rapatriés sous la contrainte. La particularité de ce vol: il était affrété conjointement par plusieurs pays européens. Deux nouveaux vols communs sont déjà agendés au premier semestre 2007.

Le but de ces charters conjoints est de faire des économies. Selon l'Office fédéral des migrations, chaque «vol spécial» - c'est leur nom officiel - affrété par la Suisse seule lui coûte entre 60 000 et 100 000 francs. Ou en moyenne 10 000 francs par personne.

Pratique en augmentation

Relativement nouvelle, cette coopération en vue d'expulser les étrangers indésirables - requérants d'asile déboutés et étrangers en situation irrégulière - est appelée à se développer. En juillet 2005, à Evian, les pays du G5 - France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, Espagne - décidaient d'élargir à l'échelle européenne une forme de collaboration que certains d'entre eux pratiquaient déjà de manière bilatérale. La Suisse elle-même participe depuis au moins deux ans à ce genre d'opérations conjointes. Mais le charter de jeudi dernier est le deuxième auquel elle prend part depuis que le G5 a formalisé la pratique. «Cela va rester marginal», affirme le porte-parole de l'Office fédéral des migrations (ODM), Dominique Boillat. «On devrait s'en tenir à deux vols par an. Ce n'est pas toujours la meilleure solution. Il faut acheminer les personnes au pays d'où part l'avion, parfois passer la nuit sur place, tout cela ne fait qu'accroître les coûts.»

Les organisations de défense des migrants semblent désabusées face à ces charters communs avec l'Europe, surtout depuis que les nouvelles lois sur l'asile et les étrangers ont entériné le durcissement des mesures de contrainte. Au plus, s'inquiète-t-on de savoir quel Etat endosse la responsabilité en cas de dérapages. Il y a quelques années, plusieurs décès étaient survenus lors de renvois forcés. Chaque pays envoie ses propres policiers - les cantons suisses ont des agents spécialement formés - pour raccompagner «ses» expulsés. Dans le vol de Düsseldorf, le «personnel accompagnant» comptait plus de cent personnes pour 35 rapatriés.

Moutier: 4eme fête de l'asile

Lire dans le Journal du Jura
Les responsables du Service de l'asile ont bien reçu les requérants de la région en organisant à leur intention une séance d'information pour leur permettre une meilleure intégration.
La Commission intercommunale en matière d'asile (CIPAS), dont le siège est à Reconvilier, a organisé à la Salle des sociétés Moutier sa 4e Fête des requérants d'asile, précédée d'une information générale à l'intention des quelque 163 requérants répartis actuellement dans les localités du district.
Pierre-André Plomb, directeur, de Bévilard, secondé par ses collaborateurs du centre de Reconvilier Rose-Marie Bourquin, d'Eschert, Alessandra Brogna-De Siena, de Moutier, et Christian Marthe, de Sonvilier, ont accueilli une centaine de personnes.
Nouveau conseiller communal à Pontenet, Stève Blaesi, ainsi que Bernard Düscher, conseiller municipal à Eschert, étaient également présents, les communes étant comme d'habitude invitées à déléguer un de leurs responsables communaux en matière d'asile.

Nouvelles prestations
Pierre-André Plomb a tenu à donner une information objective sur le Service de l'asile qu'il dirige, rappelant que 163 personnes (42 hommes, 50 femmes et 71 enfants) étaient actuellement pris en charge, soit 83 personnes sur la zone de Moutier et 80 sur la zone de la vallée de Tavannes. Elles viennent en majorité d'Afrique (107 personnes), d'Europe (46), d'Asie (10) et d'Amérique (1).
Pierre-André Plomb a encore relevé que le Service des migrations du canton demandait un effort supplémentaire du Service de l'asile pour permettre une meilleure intégration des requérants dans notre pays. Il a donné connaissance des nouvelles prestations offertes dans le cadre du sport et de la culture, avec notamment la mise sur pied des cours de français, la prise en charge de contributions pour participer aux courses scolaires et autres camps de vacances.
Pierre-André Plomb a aussi demandé un effort de chacun pour plus de soin dans les logements mis à disposition. Il a enfin rappelé que la gestion économique de l'eau et du chauffage était l'affaire de tous.

Spécialités africaines

Une centaine de personnes, dont de nombreux enfants, ont participé ensuite à la petite agape organisée à leur intention. Celle-ci s'est déroulée dans la simplicité et l'amitié. Les requérants avaient apporté des spécialités culinaires et autres desserts, provenant de leurs régions respectives et exposés sur une lignée de grandes tables.
Des petits drapeaux aux couleurs des pays représentés accompagnaient chaque plat.
Les responsables y avaient même ajouté de la tête-de-moine très appréciée et découverte pour la première fois par les convives.

lundi 4 décembre 2006

Expulsion des Nebija: réactions des lecteurs de 24heures

J’ai honte d’être citoyen d’un pays épargné par la guerre qui se permet d’ébranler pareillement la vie d’innocents. Et tout cela, suite à une bévue administrative!
TIMOTHÉE ROUGE
FOREL

Je suis un Suisse expatrié depuis plus de 45 ans. Dans mes divers pays d’adoption, je me mets en règle avec les autorités et je respecte les lois du pays. Que les étrangers qui veulent s’établir en Suisse en fassent autant
PIERRE PIGUET
PANAMA

C’est scandaleux et honteux.
Une fois de plus nos dirigeants se ridiculisent et témoignent de leur incompétence en se confondant dans les paperasses au lieu d’utiliser leurs têtes et leurs coeurs.
ALAIN BÉTRISEY
PRÉVERENGES

C’est vraiment triste mais vivant en Espagne depuis plus de cinq ans, j’ai dû me mettre en règle avec le gouvernement espagnol. Toutes les personnes qui veulent vivre en Suisse doivent faire de même.
STÉPHANE GLASSEY
VALENCE (ESPAGNE)

Cette histoire est indigne de ce pays dont les citoyens n’arrivent plus à comprendre leurs autorités. Bonne chance à la famille Nebija. N’en voulez pas à tous les Suisses, mais simplement à ceux pour qui le bon sens est une notion inconnue.
KYRIL GOSSWEILER
LAUSANNE

Décision tout à fait justifiée. Il est clair que le père de cette famille n’a épousé une Suisse que pour pouvoir s’établir ici.
Sans doute avait-il déjà prévu de divorcer pour se remarier avec une fille de son pays. Il serait temps que le canton de Vaud cesse de se prendre pour une île seule au monde et applique les décisions fédérales.
LOUIS CLÉMENT
FRIBOURG

Il n’est pas normal qu’à la veille de Noël, des Chrétiens prennent la décision d’expulser une famille et en plus de la séparer. Ce n’est pas un plan de vol que les Nebija auraient dû recevoir mais des excuses.
PIERRE THÉROND
MORGES

Je suis Italien, mais j’ai vécu longtemps à Payerne. En 1980, bien que mon père et ma mère étaient intégrés depuis 1960, j’ai été refoulé par la gendarmerie. Aujourd’hui, en Italie, il se passe souvent la même chose avec ceux qui arrivent. Rien ne change. Et ce sera toujours pire
MAURIZIO DE SANTIS
RIETI (ITALIE)

Je suis loin d’être un ardent défenseur des travailleurs étrangers, mais cette expulsion m’écoeure. J’aimerais connaître la position exacte de Micheline Calmy-Rey évasive mais concernée par ce dossier.
J’exprime ma tristesse, mon courroux et adresse toutes mes excuses à cette famille au nom de la classe moyenne suisse qui regrette ce gâchis. La classe politique, quant à elle, prépare ses agapes de fin d’année et s’en fout pas mal…
PATRICK MAGNENAT
JURIENS

Ce qui me frappe, c’est la dignité de cette famille. Une grande leçon d’humanité pour la lâcheté du système dans lequel nous sommes empêtrés et qui nous déshumanise un peu plus chaque jour. Est-ce une fatalité?
CLAUDE SCHWAB
SAINT-LÉGIER

Immigration: les socialistes se font violence

Lire l'édito du Temps

Pour mieux combattre le diable, en l'occurrence l'UDC, dans la campagne pour les élections fédérales de 2007, les socialistes suisses ont renoncé samedi à une part de leur angélisme. Il ne faut certes pas surestimer la portée des décisions prises par leur assemblée des délégués. Elles ne s'inscrivent jamais que dans un programme électoral dont la mise en œuvre demeure, par la force des choses, hautement aléatoire. Dans un exercice non dénué de narcissisme, les socialistes ont avant tout modifié, lors de leur dernière assemblée des délégués, leur propre représentation du monde.

Sur le même sujet lire le compte rendu du congrés de Muttenz

Ainsi que le dossier de Swissinfo

Ecoutez la séquence de l'émission forum sur La Première

Les délégués du Parti socialiste se sont prononcés en faveur de contrats d'intégration contraignants pour les migrants. Interview de Claudio Micheloni, sénateur italien.

samedi 2 décembre 2006

Genève, aide d'urgence pour les ENEM, la coalition asile satisfaite

Lire l'article du Courrier
L'aide d'urgence fournie aux requérants d'asile frappés de non entrée en matière (NEM) pourra également être attribuée en espèces.

«Ce ne sont pas des Nem (requérants à l'asile frappés de non-entrée en matière, ndlr) mais nos frères en humanité», dixit Anne Emery-Torracinta, députée socialiste. Le Grand Conseil genevois a voté jeudi tard dans la soirée une modification de la loi sur l'assistance publique qui donne une base légale à l'aide que le canton met à disposition de ces personnes sans véritable statut. A la base de cette loi, un arrêt du Tribunal administratif qui avait jugé la pratique du canton –basée uniquement sur un règlement– contraire au droit car devant impérativement se référer à une loi.