mercredi 28 octobre 2009

Le procès de la haine raciale


Yves Petignat
dans le Temps

L’assassin d’une Egyptienne voilée et enceinte en plein tribunal en juillet dernier est jugé depuis lundi à Dresde. Ce crime xénophobe avait provoqué un tollé dans le monde arabe

Le procès met mal à l’aise l’Allemagne et alourdit encore le climat entre les cultures. A Dresde, joyau culturel et ancienne capitale de Saxe, un homme de 28 ans, Alex Wiens, comparaît depuis lundi pour l’assassinat il y a quatre mois, en plein tribunal, d’une jeune femme égyptienne voilée, Marwa El Sherbini, 31 ans, enceinte de trois mois.

C’est le procès de la haine raciale pure. Mais c’est aussi celui de la relative indifférence de l’opinion publique allemande devant les relents de fanatisme anti-musulman qui couvent dans sa société. C’est aussi un douloureux rappel pour les autorités politiques, y compris pour la chancelière Angela Merkel, qui avaient mis du temps avant de prendre conscience des dégâts d’image, de l’horreur et de l’émotion suscitées en Egypte et dans les pays arabes par cet assassinat.

Victime de sa foi

Des dizaines de journalistes du monde musulman assistent à ce procès placé sous très haute sécurité. Ce crime avait provoqué une vague de protestations chez les musulmans pour lesquels la jeune femme est considérée comme une martyre, victime de sa foi et de l’intolérance envers le port du voile. En Egypte, de nombreux prédicateurs ont exigé la peine maximum contre l’assassin et des menaces planent sur le procès.

mardi 27 octobre 2009

Schwarzenbach: les années noires de la politique migratoire suisse

PAULINE COURT*

HistoireÉCONOMIE - Entre les années soixante et septante, les initiatives de James Schwarzenbach embrasent l'opinion. Retour sur un discours xénophobe qui continue de faire la fortune politique des tribuns populistes.
En 1968, James Schwarzenbach, conseiller national du parti xénophobe «l'Action Nationale», lance une série d'initiatives afin de réduire de 10% le taux d'étrangers en Suisse. Sa campagne met en garde les citoyens suisses contre le risque de surpopulation étrangère en se servant d'arguments tels que l'atteinte à l'identité culturelle suisse et la surchauffe économique. Mais pourquoi renvoyer les travailleurs immigrés dans leur pays alors que la Suisse est en pleine expansion économique? Selon l'instigateur des initiatives, le statut de saisonnier serait la solution au besoin de main-d'oeuvre croissant de la Confédération. Retour sur la politique migratoire suisse de la fin des années soixante. La Suisse, dès la fin de la seconde guerre mondiale, est en pleine expansion économique et son développement implique un besoin de main-d'oeuvre étrangère toujours croissant. L'Italie, avec qui la Confédération entretient des accords depuis la fin du XIXe siècle est une source sûre – à l'époque, on se méfie des pays trop éloignés, comme la Grèce, la Turquie ou la Yougoslavie – et un gisement de travailleurs. La péninsule italique s'accommode par ailleurs de ce transfert de migrants qui lui permet, en maintenant dans son territoire une certaine stabilité sociale et économique, de prévenir la menace communiste.


Les «accords» de la colère

Mais à partir de 1960, l'Italie, qui voit la demande suisse croître d'année en année, exige une révision des accords de 1948 afin d'améliorer le statut des travailleurs italiens. Ne pouvant se passer de cette main-d'oeuvre, la Confédération est obligée d'entrer en matière. En 1964, un nouvel accord est signé: une autorisation de séjour annuelle est accordée aux travailleurs saisonniers après cinq ans, ainsi que la possibilité de changer de lieu de travail après le même nombre d'années pour les détenteurs d'un permis de séjour. Enfin, pour ces derniers, le délai d'attente pour une demande de regroupement familial passe de 36 à 18 mois.
Ces nouveaux accords déclenchent une réaction violente auprès des partis xénophobes qui traitent le gouvernement fédéral de «marionnette du gouvernement italien». L'«Überfremdung» est le mot-clé de leur campagne par laquelle ils dénoncent la trop grande pression des étrangers sur la vie économique, intellectuelle et spirituelle de la Suisse. Le travailleur migrant non seulement contribue à la surchauffe économique en consommant les biens et les logements des Suisses, mais menace de porter atteinte à l'identité culturelle helvétique. Le Conseil fédéral, en réponse à ces attaques, instaure deux mesures de «double plafonnement» afin de réduire de 5% le personnel étranger. Les travailleurs immigrés doivent par ailleurs demander une autorisation de séjour depuis leur propre pays. Mais ces mesures ne sont pas adaptées à l'économie du pays et freinent le développement des entreprises. Elles sont abandonnées en 1967.


Surenchère xénophobe

C'est alors que survient la première initiative xénophobe contre la pénétration étrangère menée par le Parti démocrate du canton de Zurich. Cette initiative propose un article plafonnant le nombre d'étrangers à 10% de la population. Le Conseil fédéral invite le peuple à rejeter la proposition allant à l'encontre des besoins de l'économie suisse et lance un contre-projet afin de réduire malgré tout l'effectif des travailleurs étrangers. L'initiative ayant subit un échec est retirée en mars 1968.
En 1969, le conseiller national James Schwarzenbach entre en scène et lance la seconde initiative avec son parti «Action nationale contre la pénétration étrangère». Dans tous les cantons, à part Genève, la population immigrée ne devra dépasser les 10% et les entreprises ne pourront plus licencier de travailleurs suisses. Cette nouvelle proposition, qui implique une réduction d'environ 200 000 travailleurs, met à nouveau le Conseil fédéral dans une situation économiquement et diplomatiquement dangereuse. Ce dernier tente à nouveau d'éviter l'initiative qui gagne du terrain auprès de l'opinion publique en proposant un contre-projet. L'initiative est rejetée à 54% avec un record de participation. Le Conseil fédéral doit néanmoins réduire l'immigration qui atteint son premier million en 1970 avec 50% d'Italiens.
Enfin, la dernière initiative Schwarzenbach «contre l'emprise étrangère et le surpeuplement de la Suisse» ordonne le départ de 500 000 travailleurs étrangers avant la fin de l'année 1977. Elle sera évincée par 65,8% des voix. Il est intéressant de noter que les trois initiatives xénophobes qui ont été lancées dans le courant des années 1960-70 ne visaient pas une transformation du statut des saisonniers, ces derniers étant admis en Suisse sans aucune limitation. Chaque printemps, ce sont des milliers de saisonniers qui arrivent quotidiennement en Suisse, laissant leur famille, leurs enfants afin d'apporter leur force de travail en échange d'un salaire. Ils resteront jusqu'au début de l'hiver.


A l'écart de la société

Les travailleurs saisonniers, par définition, ne s'installent jamais sur le territoire suisse. Leur durée de travail est de neuf mois (elle se prolongera dans de nombreux cas jusqu'à onze mois et demi) et leur contrat est renouvelable d'année en année. Pendant l'hiver, ils ont l'obligation de rentrer dans leur pays. C'est l'occasion pour ces travailleurs de retrouver leur famille dont ils ont dû se séparer durant presque une année. En Suisse, les travailleurs saisonniers vivent à l'écart de la société, dans des baraquements à la périphérie des centres urbains. Devant assumer un loyer, et des impôts, et en raison d'un salaire peu élevé (environ 3 fr. 50 de l'heure), le strict minimum est dépensé durant le séjour en Suisse et le maximum est envoyé à la famille restée au pays.
Certains travailleurs viennent accompagnés de leurs femmes, à condition que celles-ci soient également en possession d'un contrat de travail. Les enfants issus de cette union doivent par contre rester au pays, et souffriront pendant de longs mois l'absence de leurs parents. S'ils naissent en Suisse, ils sont immédiatement rapatriés. Mais combien de femmes ont travaillé jusqu'au dernier jour en cachant leur grossesse? Combien d'enfants italiens sont nés sur le territoire suisse et ont vécu cachés dans le silence, en attendant leurs parents?
Certaines familles ayant leur villa aux abords des baraquements de travailleurs se plaignent de cette population essentiellement masculine, marginalisée et sans famille, à l'aspect souvent négligé (économies obligent), qui ne maîtrise pas parfaitement la langue. I
Note : *Historienne



article

LE PRINCIPE DE ROTATION DE MAIN-D'OEUVRE

pauline court

Les initiatives Schwarzenbach ne s'appliquent pas aux travailleurs saisonniers. Le principe de rotation de main-d'oeuvre est préféré pour son caractère réversible et transitoire et cela par crainte d'un retournement conjoncturel. Les différentes restrictions adoptées par la Suisse (ci-contre) cherchent à couper dès la racine toute volonté d'établissement en Suisse, ou toute possibilité d'intégration. En outre, cette forme de main-d'oeuvre offre des avantages économiques non négligeables, car le gouvernement suisse n'a à prendre en charge aucune dépense sociale.
Les lois définissant le statut même du saisonnier ne laissent pas de possibilité de développement professionnel ou personnel ou aucun moyen pour ce dernier de se créer une place dans la société. Le saisonnier est une force de travail. A la douane, il doit obligatoirement procéder à la visite médicale. Est-ce par souci pandémique, ou pour s'assurer de la pleine forme des ouvriers qui bâtiront la Suisse de l'avenir? Le statut de saisonnier fut aboli en 2002 seulement, par la signature des accords bilatéraux avec l'Union européenne. Aujourd'hui, les travailleurs italiens sont pour la plupart naturalisés. Les autres ont obtenu un permis d'établissement.
Un long chemin a été parcouru jusqu'à la reconnaissance de ces travailleurs. Il en fut de même pour les Espagnols puis pour les Portugais. Actuellement, la conjoncture à changé et l'Europe enchaîne les crises économiques. Or, la Suisse devra toujours faire appel à la main-d'oeuvre étrangère, n'en déplaise aux partis xénophobes qui attribuent au travailleur étranger ou frontalier tous les maux de la Suisse. Reste toutefois le cas des travailleurs de l'ombre, les clandestins: si le statut de saisonnier à bel et bien disparu légalement, on peut se demander si la Suisse ne continue pas à profiter d'une force de travail dont elle ignore la charge. En refusant de reconnaître l'apport économique du travail des personnes sans statut légal, le gouvernement suisse n'est-il pas à nouveau en train d'exploiter une forme de main-d'oeuvre sans avoir à en assumer les frais? PCT

297 immigrés secourus au bout de 3 jours en mer

Au total 297 immigrés clandestins ont été secourus après avoir passé trois jours en mer au large de la Sicile mais l'un des passagers est mort pendant le voyage, ont annoncé lundi les garde-côtes de Catane, dans le sud de l'Italie.

"Le bateau a été secouru par trois vedettes des garde-côtes siciliennes. Parmi les 298 immigrés à bord arrivés dans le port de Pozzalo (sud de la Sicile) en soirée, on a trouvé le corps d'une personne morte", a indiqué à l'AFP Antonio Richichi l'un de leur porte-parole.

Sur le bateau se trouvaient 46 femmes, dont 4 seraient enceintes, et 29 enfants. Les premiers clandestins arrivés à Pozzalo semblaient très éprouvés selon l'agence Ansa, et une dizaine d'entre eux a directement été conduit à l'hôpital.

Il avait été particulièrement difficile de leur porter secours en raison du mauvais temps et de différends de compétence territoriale entre Malte et l'Italie.

"Comme toujours, l'Italie a fait son devoir", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini. L'Italie a escorté le bateau et fourni des vivres et des médicaments aux personnes à bord", a ajouté le ministre.

Pour Roberto Di Giovan Paolo, sénateur du Parti démocrate, ce bateau "à la merci de la mer pendant 48 heures en attendant l'établissement des compétences" fournit au contraire la preuve de "l'incapacité de l'Italie de faire respecter tout type d'accord sur le secours des migrants".

Des clandestins à bord du bateau avaient appelé les garde-côtes italiens au secours vendredi matin. Ils se trouvaient à ce moment-là dans les eaux libyennes. Un pétrolier italien, en route vers la Libye, a alors été contacté pour secourir les immigrés.

Les clandestins auraient dû être reconduits vers les côtes libyennes comme prévu par un accord entre les deux pays mais les intempéries et le mauvais état du bateau, surchargé, ont empêché l'opération.

Le pétrolier, et plusieurs vedettes libyennes arrivées en renfort, ne sont pas parvenus à prendre à bord les immigrés, mais des vivres leur ont été lancés. Entre-temps, le bateau est passé samedi dans les eaux territoriales maltaises, mais Malte a refusé d'intervenir, la loi prévoyant que le pays qui a reçu l'appel au secours se charge d'envoyer de l'aide.

L'Italie a conclu un accord avec la Libye pour refouler les candidats à l'immigration, très critiqué par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui a dénoncé les retours forcés de réfugiés ayant des raisons valables pour demander l'asile en Europe.

Copyright © 2009 AFP.

Dominique Baettig à Orange chez les racistes identitaires adeptes de Pétain

De l’Afrique à la France, la dignité meurtrie des demandeurs d’asile

Lu dans afrik.com
Les autorités françaises relogent des Soudanais et des Somaliens qui squattaient une caserne à Pontoise
Quelque quatre-vingt réfugiés somaliens et soudanais qui occupaient illégalement une caserne de Pontoise, en banlieue parisienne depuis des mois, sont en train d’être relogés dans des hôtels de la région. Une décision prise jeudi dernier par les autorités municipales et préfectorales de la ville, forcées de réagir après la surmédiatisation des conditions de vie insalubres dans lesquelles vivaient ces immigrants. Reportage.


Finie la situation précaire du squat. Bonjour, la chambre d’hôtel. Mais pour combien de temps ? C’est désormais la question que se pose la soixantaine de réfugiés somaliens et soudanais qui a été relogée jusqu’à présent dans des hôtels de la région parisienne par la Préfecture du Val d’Oise jeudi, après que la découverte de leur situation illégale a été révélée par la presse française en milieu de semaine dernière. Soulagés par ce relogement en chambres doubles payées par les autorités, ces immigrants occupaient jusqu’ici les bâtiments laissés à l’abandon de la caserne Bossut, à Pontoise, dans le nord-ouest de Paris. Sans eau ni électricité courante, ils vivaient là depuis des mois, à l’insu de tous. Une vingtaine d’entre eux s’y trouverait encore.

Des terres en guerre à la terre d’accueil : vivre et survivre

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De l’extérieur, vendredi, il était difficile de savoir si des personnes occupaient toujours les lieux. Le terrain de la caserne, qui dépasse facilement les 12 hectares, est encerclé par un mur haut de plusieurs mètres, ce qui rend impossible toute vue de l’intérieur du camp. Ce n’est qu’en se rapprochant des grands halls désaffectés de ce qu’il reste de l’établissement militaire que des poubelles et des caddies, dispersés de par et d’autre des allées, laissent à penser que quelqu’un y vit encore.

A l’intérieur des bâtiments, des draps à même le sol, des papiers journaux et des détritus viennent confirmer cette hypothèse. C’est là qu’ Issa Abdi et ses compatriotes ont réussi à installer des matelas et des couvertures prêtés par la municipalité de Pontoise. L’endroit ressemblerait presque à une chambre, si ce n’était le réchaud qui trône au milieu de la pièce et les odeurs de fritures froides. « Nous vivons à dix dans cette pièce. Heureusement que nous sommes nombreux, on se tient chaud », confit Issa.

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Issa Abdi

Comme la plupart de ses concitoyens, ce Somalien d’une quarantaine d’années est arrivé en France au mois d’août par avion, à l’aéroport international Roissy Charles de Gaulle de Paris. Aux policiers de la frontière qui l’interrogent, il déclare qu’il est demandeur d’asile. « J’ai quitté mon pays à cause de la guerre, raconte-t-il. J’étais boulanger à Mogadiscio. Au mois de juillet, des insurgés de la milice Al-Shabab sont venus me chercher pour que je les suive dans leur combat contre le gouvernement. J’ai refusé. Ils m’ont alors menacé de mort. C’est pour ça que j’ai fui ». Un récit semblable à celui des quatre-vingt Somaliens et Soudanais installés dans la caserne, fuyant pour les uns les combats de Mogadiscio ou de Kismayo en Somalie, pour les autres, la région du Darfour au Soudan.

« Nous sommes tous des réfugiés politiques qui avons quitté notre pays pour fuir la guerre, » explique Jama Ahmed, un Somalien de 29 ans, qui s’est improvisé représentant des réfugiés somaliens auprès des autorités préfectorales et municipales. « Nous avons tous déposé des demandes d’asile politique auprès de l’OFPRA [Office français de protection des réfugiés et apatrides] en arrivant sur le territoire français. Mais l’OFPRA ne nous considère pas, on ne se soucie pas de nous ici. On se fiche de savoir comment on vit, ou plutôt comment on survit ! » poursuit-il avant de raconter comment il cherchait de la nourriture dans les poubelles de la Gare du Nord à Paris, il y a encore quelques semaines pour se nourrir.

Les autorités ont fait la sourde oreille jusqu’à la médiatisation du squat

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Jusqu’en début de semaine dernière, personne ne semblait avoir entendu parler de ces réfugiés installés dans la caserne Bossut, en plein centre de la ville de Pontoise, les autorités préfectorales et municipales se renvoyant dos à dos la responsabilité de la situation. Les associations d’urgence elles-mêmes avouent avoir pris connaissance du dossier il y a deux semaines à peine. « C’est la municipalité de Pontoise qui nous a sollicités. C’est à ce moment-là seulement que nous avons apporté à ces personnes des vêtements, des légumes, des laitages en grande quantité », déclare Djamila Bordet, Secrétaire générale du secours Populaire du Val d’Oise où se trouve Pontoise.

Il aura fallu l’article du journal Le Parisien pour révéler au grand jour les conditions de logement préoccupantes de ces demandeurs d’asile et faire réagir la Préfecture du Val d’Oise auprès de laquelle les immigrants ont déposé leur demande. Deux jours après la parution de l’article, Préfecture, municipalité et communauté d’agglomération, se réunissaient pour décider de reloger les occupants. « A ce jour, près d’une soixantaine de demandeurs d’asile a été relogée. La plupart sont des Somaliens. Nous avons eu plus de difficultés à convaincre les Soudanais, notamment en raison des incompréhensions liées à la barrière de la langue car ils ne parlent que très peu anglais » explique la Mairie de Pontoise, ajoutant que « d’ici quelques jours, toutes les personnes qui vivent encore dans la caserne seront relogées ».

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Plutôt sceptiques à l’idée d’être logés dans des hôtels, il semblerait que les quatre-vingt « squatteurs » de la caserne Bossut y aient finalement trouvé leur compte. Mais jusqu’à quand ? Certains, par peur d’être remis à la rue deux semaines après avoir vécu à l’hôtel, ne souhaitaient pas bénéficier de cette alternative. Les autorités auront eu raison de leur méfiance en les rassurant quant à l’engagement des procédures initiées. Malgré leur relogement, somaliens et soudanais gardent la tête sur les épaules et savent que rien n’est encore gagné concernant l’obtention de leur statut de réfugié. « La procédure prend beaucoup de temps. Il faut que les enquêteurs vérifient la nationalité des demandeurs d’asile, ce qui est très difficile à faire puisque pratiquement aucun d’entre eux ne possèdent de carte d’identité », précise Djamila Bordet.

Il n’en demeure pas moins que pour cette fois, ces réfugiés auront eu gain de cause, et qu’une solution, même précaire, aura été trouvée pour eux. « Comme quoi, quand les autorités françaises veulent parfois, elles peuvent », conclue avec un sourire la Secrétaire générale du Secours Populaire Val d’Oise.

lundi 26 octobre 2009

De l'Afrique à la France, la dignité meurtrie des demandeurs d'asile

Finie la situation précaire du squat. Bonjour, la chambre d’hôtel. Mais pour combien de temps ? C’est désormais la question que se pose la soixantaine de réfugiés somaliens et soudanais qui a été relogée jusqu’à présent dans des hôtels de la région parisienne par la Préfecture du Val d’Oise jeudi, après que la découverte de leur situation illégale a été révélée par la presse française en milieu de semaine dernière. Soulagés par ce relogement en chambres doubles payées par les autorités, ces immigrants occupaient jusqu’ici les bâtiments laissés à l’abandon de la caserne Bossut, à Pontoise, dans le nord-ouest de Paris. Sans eau ni électricité courante, ils vivaient là depuis des mois, à l’insu de tous. Une vingtaine d’entre eux s’y trouverait encore.

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Deux Verts pour freiner l'immigration

DEUX ÉLUS VERTS VEULENT «LIMITER» L’IMMIGRATION

POLITIQUE «Une trop forte immigration met en danger les espaces de repos en Suisse», affirment deux conseillers nationaux verts, le Zurichois Bastien Girod et la St-Galloise Yvonne Gilli. Révélé dimanche par le SonntagsBlick et dont l’ATS a eu copie, le papier de travail élaboré par les deux parlementaires présente différentes mesures pour limiter l'immigration. Le document se base sur la croissance démographique suisse et sur l’impact de celle-ci sur la «qualité de vie». Des propos qui suscitent un certain énervement de la part du président des Verts, le Genevois Ueli Leuenberger, qui dit regretter que ses deux collègues de parti préfèrent d’abord parler à la presse plutôt que d’en discuter à l’interne. Il y a trois semaines, les Verts ont tenu leurs assises sur l’immigration. «Mais ni Bastien Girod ni Yvonne Gilli n’étaient présents», assène-t-il. ATS/CO



LE MATIN (http://www.lematin.ch)

Immigration: deux élus Verts veulent la limiter

Source URL: http://www.lematin.ch/flash-info/suisse/immigration-elus-verts-veulent-limiter

10/25/2009 - 15:04 - Suisse

Une trop forte immigration met en danger les espaces de repos en Suisse, affirment deux conseillers nationaux Verts, Bastien Girod et Yvonne Gilli. Des propos qui surprennent leur président Ueli Leuenberger, qui voit un lien "difficile" entre démographie et aménagement du territoire.

Le papier de travail élaboré par les deux élus présente différentes mesures pour limiter l'immigration. Car selon eux, si la population continue à augmenter en Suisse au rythme de l'année dernière, elle aura doublé d'ici 50 ans, entraînant toute une série d'effets négatifs sur la qualité de vie.

Et de citer une marginalisation des Suisses issus de milieux sociaux faibles dans les zones résidentielles défavorisées, un accroissement des problèmes de trafic, des nuisances sonores et environnementales ainsi qu'une destruction des zones de repos.

Des propos qui suscitent un certain énervement de la part du président des Verts Ueli Leuenberger. Il dit regretter que ses deux collègues de parti préfèrent d'abord parler à la presse du dimanche plutôt que d'en discuter à l'interne.

Aucun membre du parti n'a pour l'heure vu le document préparé par les deux conseillers nationaux, relève encore le Genevois. Personnellement il juge le lien entre immigration, démographie et aménagement du territoire très difficile.

Des mouvements proches de l'extrême-droite font notamment des rapprochements de ce type, souligne le président des Verts.





Dernière mise à jour : 25 octobre 2009 à 18:19
http://info.rsr.ch/fr/news/Des_voix_discordantes_a_l_UDC_et_chez_les_Verts.html?siteSect=2010&sid=11401596&cKey=1256491183000

Deux Verts pour freiner l'immigration

Chez les Verts, deux conseillers nationaux, le Zurichois Bastien Girod et la St-Galloise Yvonne Gilli, affirment qu'une trop forte immigration met en danger les espaces de repos en Suisse.

Révélé par le SonntagsBlick, le papier de travail élaboré par les deux élus présente différentes mesures pour limiter l'immigration.

Car selon eux, si la population continue à augmenter en Suisse au rythme de l'année dernière, elle aura doublé d'ici 50 ans, entraînant toute une série d'effets négatifs sur la qualité de vie.

Et de citer une marginalisation des Suisses issus de milieux sociaux faibles dans les zones résidentielles défavorisées, un accroissement des problèmes de trafic, des nuisances sonores et environnementales ainsi qu'une destruction des zones de repos.

Ces propos ne sont pas du goût du président du parti Ueli Leuenberger, qui dit regretter que ses collègues préfèrent d'abord parler à la presse plutôt que d'en discuter à l'interne.

Le Genevois juge pour sa part le lien entre immigration, démographie et aménagement du territoire très difficile.

Des mouvements proches de l'extrême-droite font notamment des rapprochements de ce type, souligne encore le président des Verts.




BLICK.CH

Grüner Girod wagt linken Tabubruch

Es wird eng in der Schweiz. Der grüne Nationalrat Bastien Girod will das Thema nicht mehr den Rechten überlassen.

http://www.blick.ch/news/schweiz/politik/einwanderung-bremsen-131689

Von Marcel Odermatt | Aktualisiert um 10:13 | 25.10.2009

Wie viele Einwohner verträgt die Schweiz? Welche Konsequenzen hat es für unser Land, dass die Bevölkerung in den vergangenen 30 Jahren um zwei Millionen angestiegen ist? Fragen, die für Linke bisher tabu waren.

Der junge grüne Nationalrat Bastien Girod (28, ZH) hält das für einen grossen Fehler. «Es geht nicht um Nationalität, sondern um Lebensqualität.» Mit seiner Parteikollegin Yvonne Gilli (52, SG) hat er ein brisantes Papier ausgearbeitet, das SonntagsBlick vorliegt. Unter dem Titel «Bevölkerungsentwicklung in der Schweiz: Kritische Beurteilung aus grüner Sicht» treten die beiden gegen die Scheuklappen linker Politiker an. «Die Themen Migration und Bevölkerungswachstum werden stark ideologisch betrachtet.» Wer sich kritisch zur Einwanderung äussere, laufe Gefahr, in die ausländerfeindliche Ecke gestellt zu werden, schreibt das grüne Duo.

Der laut Girod zu hohe Zustrom von Neubürgern aus dem Ausland bringt grosse Probleme mit sich: «Durch das schnelle Bevölkerungswachstum in der Schweiz wird der Wohnungsmangel verschärft, sozial Schwache werden in schlechtere Wohnlagen verdrängt, Verkehrsengpässe auf Strasse, Schiene und in der Luft verschärfen sich, und die Lärmbelastung steigt.» Zudem würden Erholungsräume noch stärker zerschnitten und zerstört als bisher.

Girod und Gilli möchten nun, dass sich ihre Partei diesem Problem endlich stellt. Nebst Vorschlägen für eine verbesserte Raumplanung haben die beiden auch Ideen, wie das Bevölkerungswachstum gebremst werden könnte. Mit einem Bündel von Vorstössen wollen sie das Thema in der Wintersession aufgreifen:

• Statt ausländische Unternehmen anzulocken, möchten Girod und Gilli künftig gezielt lokale Unternehmen stärken und fördern.

• Die Steuerpolitik soll reiche Ausländer nicht mehr in die Schweiz locken, dafür sollen die Steuern harmonisiert werden. Das heisst: keine Pauschalsteuer mehr und Anhebung der Steuerlast auf das Niveau der umliegenden Länder.

• In Europa muss die Schweiz finanzielle Mittel einsetzen, um das Wohlstandsgefälle auszugleichen.

Oder umgekehrt gedacht: Der Schweizer Lebensstandard würde mit diesen Massnahmen auf europäischen Durchschnitt nivelliert und damit für ausländische Zuwanderer weniger attraktiv. So würde die Einwanderung tatsächlich zurückgehen. 

La porte étroite de l’asile

En 2008, ils ont été 13'000 à demander l'asile en en Suisse. Reportage: Lydia Gabor.

Mais la rigueur de la procédure dans notre pays n'entrouvre finalement la porte qu'à une minorité d'entre eux.

Nouvelle diffusion de l'émission du 18 octobre 2009.

En 2008, 13'000 personnes ont été enregistrées comme requérants d'asile sur le sol helvétique.

A leur arrivée, les candidats à l'asile passent obligatoirement par l'un des quatre centres d'enregistrement et de procédure des quatre régions linguistiques de Suisse: Bâle, Chiasso, Kreuzlingen(Thurgovie) et Vallorbe.

Lydia Gabor a enquêté dans le Centre d'enregistrement et de procédure de Vallorbe, qui accueille actuellement 190 requérants d'asile, hommes, femmes et enfants confondus.

A travers la vie quotidienne du Centre, on assiste à toutes les étapes de la procédure de demande d'asile en Suisse:

l'arrivée, la feuille d'admission, la fouille, le contrôle médical et la prise d'empreintes (transmises à tous les centres d'enregistrements d'Europe), l'audition.

On accompagne quelques-uns de ces requérants, tant à l'intérieur du Centre, dans ce qui ressemble à un parcours du combattant, qu'à l'extérieur, à la Gare de Vallorbe, notamment, où les bénévoles de l'association Aravoh les accueillent et leur proposent, via l'EPER (Entraide Protestante Suisse), une aide juridique.

Quels sont les parcours de vie qui font aboutir ces femmes et ces hommes dans notre pays?

Qui sont ces hommes et ces femmes venus d'autres continents? Quels sont leurs parcours de vie? Comment sont-ils arrivés dans notre pays? Quelles sont leurs attentes par rapport à la Suisse? Et, si la réponse à leur demande est négative, que feront-ils?

A l'issue de la deuxième audition, étape cruciale de la procédure, le demandeur va savoir si son dossier est dirigé vers une non-entrée en matière (NEM), une admission provisoire ou une demande d'asile.

A chacune de ces étapes, on s'interroge sur le statut du droit d'asile en Suisse: est-il toujours considéré comme un droit? La procédure actuelle n'est-elle pas avant tout destinée à limiter au maximum le nombre de réfugiés?

La question reste ouverte quand on sait que seules 10% des demandes aboutissent à un droit d'asile. Les autres se répartissent entre 60% de NEM (supposés quitter immédiatement le territoire suisse) et 30% d'admissions provisoires, qui visent au retour au pays d'origine dès que la situation politique est considérée comme stabilisée.

Un reportage de Lydia Gabor, dans une réalisation de Bruno Séribat, présenté par Marc Giouse

"On ne renvoie pas des gens dans un pays en guerre"


Pierre Henry, directeur général de l'association France Terre d'Asile, revient sur la décision d'Eric Besson d'expulser trois Afghans vers leur pays d'origine, actuellement en guerre.

Le
22 octobre 2009
- par
Pierre Siankowskir
Envoyer à un ami

Comment avez-vous réagi après l'expulsion de trois Afghans vers leur pays d'origine, sur ordre du Ministre de l'Immigration ?

Trois expulsion, trois, c'est la confirmation qu'Eric Besson et plus largement Nicolas Sarkozy veulent faire valoir une politique de fermeté qui sacrifie volontiers certains principes. C'est un chiffre symbolique qui cherche à exécuter un projet présidentiel. On ne renvoie pas des gens dans un pays en guerre où l'insécurité est généralisée, il suffit d'ailleurs au Ministre de l'Immigration de consulter le site de son collègue des Affaires étrangères pour le comprendre. C'est écrit noir sur blanc. L'un des arguments d'Eric Besson, ça a été de dire "les autres pays européens le font", pourquoi pas nous ? Alors je fais remarquer que c'est un argument qui manque singulièrement d'ambition, et qui tire l'Europe vers des pratiques détestables. Et les Britanniques, qui ont renvoyé plus de 350 personnes en 2008, n'ont pas jugulé l'immigration vers leur pays. Il s'agit, d'une certaine manière, de nourrir un courant idéologique qui veut son courant de fermeté. C'est aussi très insidieux sur le plan de la politique étrangère, ça ne va pas aider le but de guerre de la coalition en Afghanistan, y compris celui des forces françaises. On ne peut pas avoir comme but de guerre la paix et la démocratie, et estimer que l'on peut renvoyer des gens dans un pays où l'on estime que la terreur est en vigueur.

C'est un acte détestable de communication pour vous ?

On est dans la pure idéologie. Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'à l'approche des régionales, deux marqueurs identitaires seraient actionnés : la sécurité et l'immigration. L'un des deux vient d'être actionné, à un moment clé, à mi-mandat, alors que commencent à apparaître un certain nombre de difficultés.

Le fait que certains députés UMP se montrent consternés par cette situation renforce-t-elle le caractère insupportable de cette décision ?

Bien sûr. Il y a un moment où la ligne jaune est franchie. On ne renvoie pas des gens dans un pays en guerre, je le répète. Surtout lorsqu'on nous dit que la situation est de plus en plus terrible chaque jour. Je pense que l'opinion publique ne partage pas cet objectif de renvoi, Monsieur Sarkozy va s'en rendre compte.

Selon vous c'est une erreur stratégique de la part du gouvernement ?

Je ne sais pas, ça dépend où l'on place le curseur. Sur l'évacuation de la jungle de Calais, j'avais dit que jamais ne me maintiendrai un bidonville comme celui-là. Les Français eux, ont estimé que c'était une mauvaise chose. Mais la majorité des électeurs de droite estimait que c'était une bonne chose. Clairement, le gouvernement ne travaille plus dans une optique d'intérêt général. C'est un problème.

Les demandes d'asile en hausse de 10%


AFP
21/10/2009 |

Le nombre des demandes d'asile déposées dans les pays industrialisés a augmenté de 10% au cours des six premiers mois de l'année, porté notamment par un bond de près de 80% des demandes d'Afghans, a indiqué aujourd'hui le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Un total de 185.000 demandes d'asile ont été déposées" entre janvier et juin en raison notamment de la dégradation de la situation sécuritaire dans des pays comme l'Afghanistan et la Somalie, explique le HCR dans un communiqué.

Ainsi, quelque 12.000 Afghans et 11.000 Somaliens ont réclamé l'asile dans une quarantaine de pays industrialisés. Malgré tout, les Irakiens restent les plus nombreux "pour la quatrième année consécutive" (13.200 demandes) à tenter leur chance à l'étranger même si leurs demandes d'asile ont baissé de 32% sur la période.

Par ailleurs, le HCR souligne que la première région d'accueil demeure toujours l'Europe (75% des demandes) de même que les Etats-Unis restent le pays le plus convoité avec 13% des demandes suivi de la France (10%) et du Canada, a précisé le HCR.

"Ces statistiques montrent que les violences et l'instabilité dans certaines régions du monde poussent un nombre croissant de personnes à fuir pour trouver une protection dans des pays sûrs", a expliqué le chef du HCR, Antonio Guterres, cité dans le communiqué.
"Il est absolument nécessaire que les pays gardent leurs portes ouvertes à ceux qui ont un besoin légitime de protection internationale", a-t-il exhorté.