mardi 13 novembre 2007

Fusillade au Centre islamique

Un forcené armé d'un fusil d'assaut a blessé une personne, hier soir, au Centre culturel islamique de la rue du Jura. Il a été interpellé à sa sortie du bâtiment.


Après le coup de feu, la gendarmerie
cantonale et les forces de police de l’Ouest
lausannois sont rapidement intervenu et
ont pu maîtriser le forcené. ERIC JAQUEROD

Un carnage semble avoir été évité de justesse, hier soir, à Crissier. Aux environs de 19 h 30, un forcené armé d'un fusil de l'armée suisse un FAS 90 a pénétré dans le Centre culturel islamique de la rue du Jura 7. Une vingtaine de personnes se trouvaient dans le lieu de culte situé dans une cour intérieure, à deux pas du centre-ville de Renens. Des témoins, qui ont assisté à la scène, ont expliqué avoir vu l'enragé tirer des coups de feu et blesser au thorax l'un des hommes présents. Rapidement, le tireur fou a pu être immobilisé par les fidèles réunis dans le lieu de prière.

Arrivées sur place quelques minutes seulement après le forfait, la gendarmerie cantonale et les forces de police de l'Ouest lausannois ont pu interpeller l'auteur de la fusillade, à l'intérieur même du bâtiment. Une fois à l'extérieur, le forcené a encore tenté de se libérer. Il a pu être maîtrisé par les policiers qui l'ont emmené sous les yeux des curieux.

Les cinq véhicules médicalisés qui avaient été sollicités ont quitté Crissier une fois le blessé embarqué, vers 20 h 15. Le dispositif de sécurité est resté, quant à lui, en place jusqu'à l'arrivée de la Sûreté qui a mené l'audition des témoins sur les lieux-même du forfait. En début de soirée, aucune information n'a été divulguée par la gendarmerie. Ni sur les raisons qui ont poussé l'homme à proférer un tel acte, ni sur l'origine du criminel en possession d'une arme militaire.

Un article de Gérald Cordonier dans 24 Heures

Virus vert sombre

Les représentants de l'UDC sont à l'écoute du peuple, à l'image d'Yvan Perrin, interviewé par Serge Enderlin: «La plainte d’une population fatiguée par le laxisme ambiant, par l’angélisme d’une gauche archaïque et d’une droite centriste sans projet. Il faut nommer les choses par leur nom. 70 % des détenus sont des étrangers. C’est pour cela que nous avons fait une affiche avec des moutons noirs. Ceux qui ne respectent pas nos lois n’ont rien à faire chez nous.»

lundi 12 novembre 2007

Mahomet et l'immigration au coeur des élections danoises

Lire l'article du Temps
Le Parti du peuple, populiste et xénophobe, continue d'exploiter la peur de l'immigré. Le premier ministre Anders Fogh Rasmussen espère néanmoins pouvoir compter sur le nouveau parti d'un député d'origine syrienne.

Tables rondes sur l’islam

Jusqu’au printemps, des rencontres thématiques sur l’islam en Suisse auront lieu à Lausanne. Une démarche saluée par le canton.
Un article de Marco Ferrara dans 24 Heures.


Driss Semlali souligne qu’il n’organise qu’une
série de tables rondes. Si les associations
musulmanes le décident,cela pourrait être
le début d’une plate-forme.
Archive Studio Curchod

Les musulmans du canton veulent renforcer leur in­tégration et balayer les préjugés. Pour discuter de leurs visions de la société, plurielles au sein de leur communauté, ils ont inauguré samedi une série de tables rondes qui se tien­dront à Lausanne jusqu’au prin­temps. Acteurs institutionnels ou associatifs, une quarantaine de personnes ont échangé leurs points de vue au Casino de Montbenon, invités par Driss Semlali, président de l’Associa­tion Orient-Occident. Comme le syndic de Vevey, Laurent Ballif, ou le député Pierre Zwahlen.
Politisation des enjeux
«La campagne des élections fédérales a démontré une forte politisation des enjeux, notam­ment sur les étrangers en Suisse», note Magaly Hansel­mann, coordinatrice cantonale à l’intégration et à la prévention contre le racisme, elle aussi pré­sente. Constatant que l’occasion électorale n’a pas réussi à réunir autour d’une table les acteurs concernés, la responsable a en­couragé l’ouverture du dialo­gue. Elle qui prône une gestion pragmatique des différences est favorable à des procédures de négociation entre autorités et associations, en vue de résoudre d’éventuels conflits, comme l’existence d’un cimetière mu­sulman à Lausanne. Quant à savoir si la communauté doit se doter d’une plate-forme perma­nente et institutionnalisée, sui­vant les cas neuchâtelois ou français, Magaly Hanselmann estime que cela relève avant tout de la volonté des musul­mans vaudois et reconnaît que «la confiance ne se construit que pas à pas».
Face à la même question, Driss Semlali souligne qu’il n’organise qu’une série de dé­bats sur les femmes musulma­nes en Suisse, la formation des imams ou la compatibilité entre islam et modernité, entre autres. Et laisse le soin aux divers acteurs de réfléchir à un tel objectif.
Dans le canton, on dénombre 25 000 musulmans. Une popula­tion en hausse, originaire avant tout des Balkans, de Turquie et de l’Afrique du Nord, puis du Moyen-Orient. Si le rendez-vous de samedi a déjà compté sur la présence de l’Association des Suissesses musulmanes, du Con­seil islamique suisse et de Swiss Musslim, Driss Semlali se veut confiant quant à la participation future de l’Union vaudoise des associations musulmanes, afin de réunir tous les acteurs. La séance s’est terminée par une conférence de l’analyste maro­cain Abdelhak Azzuzi sur l’islam et la démocratie.

Prix suisse de l'intégration 07: trois projets récompensés

Trois projets ont reçu le Prix suisse de l'intégration 07 à Soleure: le centre pour migrantes Crescenda à Bâle, le projet éducatif "Spielgruppe-plus" à Zurich et "Teamplay" pour la formation des entraîneurs de football.


Cette photo a gagné le prix
de la photo de presse Suisse en 2004
Pierre-Yves Massot


Les trois projets récompensés (10'000 francs chacun) touchent à des domaines très différents. Cela prouve que l'intégration joue un rôle important dans tous les aspects de la vie quotidienne, professionnelle et des loisirs, souligne la Commission fédérale des étrangers (CFE) qui décerne les prix pour la deuxième et peut-être dernière fois.

Le projet "Teamplay" a pour objectif d'encourager l'intégration des étrangers dans les milieux sportifs. Caritas et l'Association suisse de football (ASF) ont élaboré des modules de formation continue pour les entraîneurs de football.
"Spielgruppe-plus" est un projet-pilote de l'instruction publique du canton de Zurich. Il s'adresse aux enfants de trois à cinq ans et vise à améliorer les connaissances d'allemand à travers des jeux avec des moniteurs spécialement formés.
Le centre Crescenda a été fondé à Bâle en 2005. Il forme et encadre des migrantes qui désirent créer leur entreprise. "La grande force" de ce projet est qu'il "met moins l'accent sur les obstacles qu'il n'encourage de manière ciblée les forces et les potentiels des participantes", souligne la CFE.
Au total, 130 projets ont été inscrits au concours. Seules 17 candidatures provenaient de la Suisse romande et 5 du Tessin. Le jury espère que ces deux régions seront mieux représentées lors d'un prochain concours.

Une dépêche de l'ATS parue dans 24 Heures

dimanche 11 novembre 2007

Accueil des requérants dans le Jura: fermeture et démission

L'Association jurassienne d'accueil des demandeurs d'asile (AJADA) se restructure en prévision de l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l'asile en 2008. Elle ferme son centre d'accueil à Porrentruy et son président s'en va. La disparition du centre s'accompagne de trois licenciements, a indiqué André Crevoisier, président démissionnaire, dans le "Quotidien Jurassien". Les motivations de sa démission sont entre autres dues à l'actuelle "ambiance anti-étrangers en Suisse". De plus, l'application de la nouvelle loi sur l'asile "pose problème". Il craint que le nombre de "clandestins explose."

samedi 10 novembre 2007

Mendicité et devoir de charité


Lire cet article du Courrier

Sarko expulse les roms avant l'hiver

Lire le dossier très complet du Courrier
En particulier l'article suivant de Stéphane Herzog:
Depuis septembre, les évacuations de bidonvilles roms s'intensifient dans la capitale française. Seule une petite partie des Tsiganes sont relogés.
La police parisienne a été chargée cet automne d'une mission particulière: prendre possession des bidonvilles tsiganes, pour procéder à des expulsions collectives. Vaste travail, car les Roms seraient entre deux et trois mille en Ile de France, estime le collectif RomEurope, qui a recensé l'ouverture de trente-trois campements en 2006 rien que pour le département de Seine-Saint-Denis. Les interventions ont lieu au petit matin. Premièrement, les forces de l'ordre «sécurisent» les lieux, afin d'éviter des fuites. Ensuite, les «candidats» au départ sont priés de monter dans des bus. Ils voyageront d'une traite aux frontières de la Roumanie ou de la Bulgarie. Enfin, les campements sont réduits en morceaux, afin que d'autres Roms ne viennent pas les occuper. Le gouvernement de Sarkozy a fixé des objectifs chiffrés en matière d'expulsions d'étrangers. Et les Roms constituent un réservoir dans lequel il est facile de puiser, puisqu'ils vivent en communauté, dans des camps situés loin des regards; derrière des panneaux de chantier, sous des autoroutes, dans des friches industrielles. En 2006, «quelque six mille des vingt-quatre mille personnes expulsées du territoire étaient des Roms», a rappelé au gouvernement la députée verte Alima Bumediene-Thiery, qui s'inquiète de cette «chasse aux Roms».

«Départs volontaires»

Depuis janvier 2007, les Roumains et les Bulgares sont devenus des citoyens européens. La France a donc dû trouver un dispositif adapté à cette situation originale, où l'on doit pousser dehors des ayant droit à la libre circulation. «La police arrive avec des Ordres de quitter le territoire français (OQTF) déjà signés, explique Coralie Guillot, coordinatrice du projet rom de l'association France Parada (lire ci-dessous). Les Roms ont le choix entre l'interpellation ou le départ dit humanitaire.»
Ces opérations «minutes» sont autorisées en vertu d'une circulaire ministérielle de décembre 2006, relative à l'aide au retour pour les étrangers en situation irrégulière ou en situation de dénuement. Elles sont chapeautées par l'Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations (ANAEM), qui offre aux exclus une «aide au retour», soit 154 euros par personne et 45 euros par enfant. Notons qu'il ne s'agit pas de «départs volontaires», une mesure destinée aux non-Européens et qui permet l'allocation d'une somme de 3600 euros pour la réalisation d'un projet au pays, et dont certains Roms on pu bénéficier par le passé. Ce mélange d'humanitaire et de police fait évidemment bondir les ONG locales.
«Ce procédé est complètement illégal. L'aide au retour ne peut se réaliser qu'après une enquête sociale et l'élaboration d'un dossier», relevait il y a peu dans Le Parisien un membre du Groupe d'information et de soutien des immigrés. Michèle Mezard, du collectif RomEurope, déplore que «la police [fasse] pression pour que les gens signent.» Parfois, les OQTF sont tout de même notifiées à l'avance, ce qui permet aux intéressés d'y réfléchir ou de recourir. Au fond, quelle est l'efficacité de ces opérations?

Ils reviennent en France


«Une bonne partie des Roms expulsés reviennent en France», explique Nicolae*, un médiateur social rom qui a trouvé un logement pour lui et sa famille grâce à la ville de Saint-Denis. Il juge que cette politique vise avant tout à «faire du chiffre». Coralie Guillot pense que les opérations d'expulsion vont s'intensifier jusqu'à l'arrivée du grand froid et de la «trêve d'hiver», qui interdit d'évacuer les gens de chez eux. Les Tsiganes vivent donc sous la menace permanente d'un départ précipité. Quant aux enfants, personne ne peut dire s'ils finiront leur année scolaire.
La vie des Roms a pour horizon le jour qui passe. Quand un avis d'évacuation tombe, et si cela est envisageable, les communautés se déplacent d'un campement à l'autre, en espérant qu'il ne faudra pas cette fois payer de location au chef du terrain, ces personnages qui remplissent à la fois le rôle de représentant des Roms et d'épicier. Quand on demande aux Roms ce qu'ils feront en cas de retour forcé au pays, la majorité n'a qu'un mot à la bouche: la France, ce pays où les «directeurs d'école viennent accueillir nos enfants à leur premier jour de classe, ce qui n'est jamais arrivé chez moi», dit Nicolae, qui aimerait que sa fille devienne avocate.

vendredi 9 novembre 2007

Dessine moi un mouton


Regardez Temps Présent du 8 novembre
L'affiche de l'UDC, représentant des moutons blancs expulsant un mouton noir, a fait le tour du monde et a profondément choqué. Mais il y a une partie de la population, particulièrement sensible à ce dessin enfantin, qui a reçu de plein fouet le message : les enfants justement. Comment le message politique de cette affiche a-t-il été reçu par les enfants romands, dont les classes sont toujours plus métissées ?

Des enfants qui s'arrêtent sur le chemin de l'école, qui regardent un dessin qui leur est familier, qui s'interrogent, et qui parfois en discutent. Des enfants aussi, spécialement en ville, qui ont pris l'habitude de se mélanger, d'avoir de petits camarades de toutes les couleurs, noirs ou métis. Ce sont les acteurs de ce reportage à contre-courant.

La police ferroviaire commet -elle des actes racistes ?


Lire l'article du Courrier