mardi 16 septembre 2008

3000 personnes Berne pour une autre politique migratoire

Voir les Photos sur www.sosf.ch/manif/fotos

18:22 13.09.2008

Sans-papiers: environ 2000 personnes ont manifesté à Berne

Quelque 2000 personnes, selon la police, ont manifesté sous la pluie à Berne en faveur des sans-papiers. Les collectifs "Droit de rester pour tou.te.s!" exigent une régularisation collective et un arrêt des expulsions.
Photo : Keystone
Manifestation à Berne

Les manifestants, munis de banderoles en plusieurs langues, ont formé un cortège à travers la ville. Des personnes en situations irrégulière avaient aussi fait le déplacement en provenance des quatre coins du pays. Le rassemblement s'est déroulé dans le calme, a précisé la police cantonale bernoise.

"En Suisse, la pratique est en opposition avec celle des pays européens: il y a un an, le Conseil de l'Europe s'est exprimé sur les régularisations collectives et a reconnu que 5 millions de sans-papiers vivent sur le territoire européen", ont fait savoir les organisateurs.

Les Verts suisses, qui ont soutenu la manifestation, rappellent que les sans-papiers sont actuellement indispensables à l'économie suisse mais qu'ils n'ont aucune possibilité d'intégration. "Ils vivent dans la peur d'être expulsés", a ajouté le parti.

Les manifestants revendiquent donc une régularisation collective des clandestins, l'arrêt immédiat des expulsions, la mise en oeuvre des articles sur les cas de rigueur et le droit au regroupement familial.

De son côté, la Plate-forme nationale pour les soins médicaux aux sans-papiers, gérée par la Croix-Rouge suisse, a réclamé vendredi lors d'une conférence à Berne des standards en matière de prise en charge des personnes dépourvues de titre de séjour. La majorité d'entre elles (80 à 90%) n'ont pas contracté d'assurance maladie.

(ats)


Manifestation nationale pour le Droit de rester pour tou.te.s - 3000 personnes à Berne!

Berne, le 13 septembre 2008

Manif "Droit de rester pour tou.te.s"!

3000 manifestent à Berne pour une autre politique migratoire

=> Photos sur www.sosf.ch/manif/fotos <=

Les collectifs Droit de rester pour tou.te.s ! Vaud, Fribourg, Berne et Zurich ont appelé à une manifestation nationale à Berne. Nous sommes convaincus qu’un changement radical en matière de politique migratoire suisse est nécessaire et urgent. Huit mois après l’entrée en vigueur des nouvelles LAsi et Letr, les pires prévisions sont devenues une réalité brutale pour des milliers d’immigré.e.s vivant en Suisse. Le racisme d’Etat, la xénophobie et l’utilitarisme ne sont ainsi plus cachés, mais apparaissent au grand jour, confortés par des idéologies populistes et ultralibérales. Notre manifestation veut répondre à la brutalité de cette politique migratoire Suisse.

Les collectifs Droit de rester pour tou.te.s ! Vaud, Fribourg, Berne et Zurich ont appelé à une manifestation nationale à Berne. Nous sommes convaincus qu’un changement radical en matière de politique migratoire suisse est nécessaire et urgent. Huit mois après l’entrée en vigueur des nouvelles LAsi et Letr, les pires prévisions sont devenues une réalité brutale pour des milliers d’immigré.e.s vivant en Suisse. Le racisme d’Etat, la xénophobie et l’utilitarisme ne sont ainsi plus cachés, mais apparaissent au grand jour, confortés par des idéologies populistes et ultralibérales. Notre manifestation veut répondre à la brutalité de cette politique migratoire Suisse.

Nous constatons...

...un manque total de régularisations de statuts de séjour

La Loi fédérale sur le travail au noir prévoit la coordination entre les assurances sociales et la police des étrangers. Ainsi, y est organisée la chasse aux sans-papiers car ceux-ci vont par défaut devenir la cible prioritaire des contrôleurs du travail au noir. Dans un tel contexte la régularisation collective voire même la régularisation de cas individuels d’extrême rigueur est devenue totalement impensable en Suisse.

La pratique de régularisation des "cas de rigueur" issus de l’asile fait l’objet d’un même constat. Les dossiers sont en grandes majorités bloqués et les informations de la part des autorités ne sont pas satisfaisantes. Pour les personnes concernées il en découle des périodes d’attente longues et difficiles à supporter.

En Suisse, la pratique de régularisation est en opposition avec celle des pays européens : Il y a un an, le Conseil de l’Europe s’est exprimé sur les régularisations collectives et reconnaît que plus de 5 millions de sans-papiers vivent sur le territoire européen. L’OCDE estime qu’au cours des années 90, environ 1,5 million de personnes dans cinq pays d’Europe ont vu leur situation régularisée. La Grèce a introduit un programme de régularisation touchant près de 228 000 personnes, alors que le Portugal a régularisé la situation de 170 000 personnes. L’Italie a fait de même pour 634 700 personnes en 2002. En 2005 l’Espagne a adopté un vaste programme de régularisation qui a concerné environ 700 000 immigrés.

... les misérables conditions de vie des requérant.e.s d’asile

Les effets néfastes du transfert de l’aide sociale vers l’aide d’urgence prévu par la nouvelle LAsi et les autres durcissements prévus par la loi, s’ajoutent encore ceux de la privatisation de l’encadrement des requérants. Régulièrement, nous constatons que des personnes n’ont plus accès à suffisamment de nourriture ou aux soins médicaux élémentaires. Ces conditions de vie rendent malade.

... un renforcement du racisme d’Etat et de la xénophobie

Les élections nationales de l’automne passé ont marqué le renforcement du pôle bourgeois. En lieu et place de la fausse "polarisation gauche-droite" rabachée par les médias depuis des années, nous assistons à une accélération des attaques contre les immigré.e.s. Aujourd’hui tous les partis gouvernementaux abordent le thème de la "sécurité" en montrant les migrants comme boucs émissaires d’une insécurité sociale grandissante.L'inégalité de traitement à laquelle appellent les partis gouvernementaux implique des discriminations inacceptables. On crée ainsi des divisions arbitraires entre personnes. Les allégations de certains qui voient dans des cultures différentes une propension plus forte au crime en est un exemple. Pour promouvoir la sécurité et éviter d’avantage les dérives xénophobes, il s’agit de recadrer le débat sur les véritables causes des problèmes : c’est-à-dire les inégalités sociales.

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