mercredi 13 avril 2011

Islamophobie: des discours aux actes

La commission des droits de l’homme pointe une hausse des atteintes contre les musulmans.

Les propos du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, sur «l’accroissement» des musulmans en France vont-ils provoquer une nouvelle flambée d’islamophobie ? D’après des chiffres que Libération s’est procurés, les agressions antimusulmanes sont en hausse. Alors que 109 actes visant les fidèles de l’islam avaient été répertoriés par la sous-direction de l’Information générale (ex-Renseignements généraux) pour 2010, le chiffre est déjà de 45 pour le premier trimestre : essentiellement des inscriptions, tracts, courriers et dégradations. Mais pas d’atteintes aux personnes.

«Débats»

Ces données sont probablement sous-estimées. Pour que ces actes soient répertoriés, il faut que les victimes portent plainte, que le commissariat enregistre ces faits comme «antimusulmans» et qu’il les fasse remonter au ministère.

Elles confirment en tout cas la tendance relevée par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans son rapport 2010, rendu public hier : «une hausse des atteintes à la communauté musulmane». Treize lieux de culte musulmans ont été visés contre six en 2009. Explication de la CNCDH : «La fin 2009 et l’année 2010 ont été ponctuées par des débats de société sur la construction de minarets, le port du voile intégral et l’identité nationale, ce qui a pu alimenter un sentiment antimusulman.»

Cette augmentation des actes islamophobes est d’autant notable qu’elle s’inscrit dans un contexte de baisse des actes racistes. Alors que «l’année 2009 avait été marquée par une augmentation importante des actes et menaces à caractère raciste, 2010 marque un recul», relève la CNCDH. En baisse de 13,6% par rapport à 2009, 886 faits à caractère raciste et xénophobe ont été dénombrés. L’antisémitisme a diminué alors qu’il avait très fortement augmenté en 2009 après l’offensive israélienne sur la bande de Gaza.

Comme chaque année, le rapport comprend un sondage. Les résultats sont inquiétants. Alors que la CNCDH soulignait dans son rapport 2009 que «les préjugés racistes n’augmentaient pas en France», l’analyse des enquêtes des instituts Sofres (1) et CSA (2) montre, «pour la première fois depuis plusieurs années», une hausse de l’intolérance. La méfiance envers les musulmans augmente, comme le rejet des étrangers, et le sentiment que l’intégration est un échec.

«Décomplexion»

Et les politiques n’y sont pas pour rien. Martine Brousse, vice-présidente de la CNCDH, déplore «une forme de décomplexion [du racisme] dans le discours politique». Pour Régis de Gouttes, de la CNCDH, «il faut que les hommes politiques prennent conscience de l’impact de leurs déclarations sur la cohésion sociale».

Catherine Coroller dans Libération

(1) Etude qualitative portant sur 30 entretiens réalisés entre le 9 et le 14 décembre.

(2) Réalisé en face à face, du 11 au 14 janvier, auprès de 979 personnes.

Retour au racisme pur et dur

mouton noir vlaams belangUne politique dure fonctionne" : tel est le nouveau slogan officiel que le parti flamand Vlaams Belang a présenté dimanche 10 avril à Anvers à l'occasion de son congrès annuel. La crème des partis européens ouvertement racistes étaient invités à l'occasion : le FPÖ autrichien, la Ligue du Nord italienne, le Parti du Peuple danois, les Démocrates suédois, et l'UDC suisse. "Une manière de se profiler comme un parti s'inscrivant dans un courant international radical", écrit Le Soir. Et pour mieux montrer sa proximité idéologique avec le parti xénophobe suisse, le Belang a repris la célèbre affiche de l'UDC où des moutons blancs expulsent du territoire suisse un mouton noir. La brebis galeuse à expulser, rouge cette fois, porte les symboles des drapeaux turc et marocain.

En recentrant son discours sur le racisme et la lutte contre l'immigration (son premier cheval de bataille, le second étant l'indépendance de la Flandre), le Vlaams Belang "tente de sauver sa peau" à l'approche des élections communales d'octobre 2012, explique le quotidien bruxellois. Après avoir été pendant 15 ans le parti gagnant de toutes les élections, le parti extrémiste flamand a commencé à stagner et même à reculer depuis 2006, l'essor de partis indépendantistes, et notamment de la N-VA de Bart de Wever l'ayant vidé peu à peu de son électorat indépendantiste. Et alors qu'en 2004, il obtenait un score historique de 24% des voix aux élections législatives, il avait chuté à 12% en 2010

Parmi les propositions entendues dimanche à Anvers : la fin du regroupement familial, la fin des allocations de sécurité sociale pour ceux qui ne peuvent justifier d'au moins 7 années de résidence belge et de 3 années de cotisation et, cerise sur le gâteau de la xénophobie, stimuler chez les immigrés "le mal du pays" avec un programme "de rapatriement énergique"...

Trouvé sur presseurop

Durcissement en matière d'immigration

La Suisse devrait serrer encore plus la vis en matière d'immigration. Par 96 voix contre 59, le National a transmis mercredi une motion du Conseil des Etats demandant de nouvelles mesures. En ligne de mire de la majorité: la libre circulation et le regroupement familial.

TSR

lundi 11 avril 2011

L'Italie demande une meilleure répartition des réfugiés tunisiens

Simonetta Sommaruga participait à la réunion des ministres de l'Espace Schengen sur l'immigration. Les Italiens ont demandé à leurs partenaires une répartition des réfugiés tunisiens de l'île de Lampedusa. Un vœu fraîchement repoussé.

TSR

Entrée en application de la loi contre le voile intégral

Après des mois de polémique, la loi contre le voile intégral est entrée en application dès ce lundi. Cette loi concerne entre 500 et 2000 femmes en France, mais sera très difficile à appliquer.

TSR

vendredi 8 avril 2011

mercredi 6 avril 2011

Le Pen relaxé

Le président d’honneur du FN accusé par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) d’incitation à la haine raciale pour avoir diffusé, lors des élections régionales, des affiches offensantes à l’encontre des musulmans, a été relaxé hier par le tribunal correctionnel de Nanterre.

le pen affiche

L’affiche, qui avait suscité des protestations jusqu’en Algérie, représentait une femme voilée à côté d’une carte de la France recouverte d’un drapeau algérien et de minarets en forme de missiles. Le tout intitulé « non à l’islamisme ». Visiblement pas assez pour établir l’incitation à la discrimination.

Un « déontologue » à l’Assemblée

Un groupe de travail mis en place par le président UMP de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, sur « la prévention des conflits d’intérêts » des députés, devra nommer demain un « déontologue » chargé de régler ces litiges. L’UMP est pour le moins divisée sur la pertinence du projet : il s’agit de la nomination d’une personnalité extérieure à l’Assemblée. Alors que le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti, qualifie cette nomination d’« indispensable dans le monde d’aujourd’hui », Lionnel Luca, député UMP, la trouve « ridicule ». Aujourd’hui, ces conflits sont réglés par les députés eux-même    

L'Humanité

Important flux migratoire vers l'Italie

Une embarcation a chaviré avec plus de 200 réfugiés à son bord, au moins 150 personnes sont portées disparues. Au petit matin dans le port de Lampedusa, ramenés par les gardes-côtes italiens, 48 rescapés débarquent.

TSR


Les politiques et les experts ne sont pas d'accord entre eux sur l'ampleur de la migration à attendre mais d'ores et déjà l'Italie se sent abandonnée par l'Union européenne. Les politiques et les experts ne sont pas d'accord entre eux sur l'ampleur de la migration à attendre mais d'ores et déjà l'Italie se sent abandonnée par l'Union européenne.

TSR


Analyse de Valérie Dupont, correspondante de la TSR en Italie

TSR

mardi 5 avril 2011

Intégration des Roms: Bruxelles accroît la pression sur les pays de l'UE

La Commission européenne a demandé mardi aux pays de l'UE de s'engager clairement à mieux intégrer les Roms, notamment via la scolarisation des enfants, estimant que le conflit avec la France en 2010 avait permis de "réveiller" l'Europe sur le sujet.

"La situation en France à l'été dernier a été un appel nécessaire à se réveiller, car à ce moment-là, tout le monde en Europe a repris conscience du fait que les citoyens européens ont des droits et que ces droits doivent être appliqués", a souligné la commissaire à la Justice, Viviane Reding, en présentant des propositions sur une meilleure intégration des Roms.

A l'automne 2010, un conflit virulent avait opposé Mme Reding au gouvernement français au sujet des renvois chez eux de Roms roumains et bulgares venus en France, la commissaire allant jusqu'à faire une comparaison avec les persécutions nazies contre les juifs.

Paris avait au final accepté de modifier sa loi nationale, afin de mieux tenir compte de règles européennes encadrant les renvois chez eux de citoyens de l'UE, et avait échappé à une procédure pour discrimination. Dans son projet présenté mardi, l'exécutif européen demande aux gouvernements de l'UE de lui présenter "d'ici fin 2011" des stratégies nationales spécifiant comment ils comptent mieux intégrer leurs communautés roms, en matière d'éducation, de logement, de santé et d'emploi.

Un accent particulier est mis sur la scolarisation. Bruxelles souhaite que tous les enfants de la communauté rom "achèvent au moins l'école primaire", alors que 42% le font aujourd'hui, contre 97,5% en moyenne pour les autres enfants européens. Pour cela, les gouvernements sont appelés à retrousser les manches. Mais la Commission attend aussi des Roms qu'ils fassent un effort. "Il appartient aussi à la communauté rom de vouloir sortir de la pauvreté", a dit Mme Reding. Il est prévu de former un millier de "médiateurs" roms pour discuter avec les familles.

Un mécanisme de surveillance des progrès sera mis en place, avec l'implication de l'Agence européenne des droits fondamentaux et des rapports annuels de la Commission. Le commissaire aux Affaires sociales, Laszlo Andor, un Hongrois, s'est dit "préoccupé" par les violences racistes visant la communauté des Roms en Europe, notamment dans son propre pays qui assure jusqu'à fin juin la présidence semestrielle de l'Union européenne. "Nous recevons presque quotidiennement des informations parfois alarmantes de divers pays" sur des agressions, a-t-il dit. "L'augmentation de tendances xénophobes et parfois explicitement racistes ces dernières années, comme en Hongrie, est un très grand sujet de préoccupation", a-t-il reconnu. "Il ne peut y avoir de tolérance pour le racisme", a-t-il ajouté.

Un procès vient de débuter à Budapest contre quatre hommes accusés d'avoir tué six Roms, dont un enfant de 5 ans et son père, au cours d'une série d'attaques racistes. Ils sont soupçonnés d'avoir perpétré entre juillet 2008 et août 2009 neuf attaques à la grenade, au fusil et au cocktail Molotov, qui ont fait six morts. Parmi les meurtres commis il y a en particulier ceux d'un père et de son fils de cinq ans, ou celui d'une femme dans son sommeil. En Hongrie, la minorité rom, souvent appauvrie et marginalisée, représente près d'un dixième des 10 millions d'habitants du pays. Près de 70% des Roms sont au chômage.

AFP