mercredi 7 novembre 2007
Roms: la libre circulation en danger ?
Cet article de Stéphane Bussard décrit les tensions de ces derniers jours
L'agression meurtrière d'une Italienne par un présumé Rom a déclenché une tempête politique en Italie. L'émigration de cette minorité roumaine, qui a explosé depuis le début 2007, concerne toute l'Europe. Avec des risques pour la libre circulation.
Réactions paradoxales en Roumanie
Objectif de l'UDC: remettre de l'ordre dans le pays

ont présenté, hier, les orientations de l'UDC
pour la nouvelle législature. KEYSTONE
Moins d'Etat, moins d'ouverture, moins d'insécurité. Trois axes subdivisés en vingt et une revendications: c'est ce qu'a présenté hier l'UDC. Ils ont été adoptés à l'unanimité par le groupe parlementaire la semaine dernière.
Il s'agit notamment des exigences suivantes: baisse de 20% des dépenses étatiques, opposition aux importations parallèles, scepticisme par rapport à la libre circulation des personnes, souveraineté fiscale, refus d'un accord bilatéral agricole, soutien aux initiatives maison sur les primes d'assurance maladie, les naturalisations «démocratiques» et le renvoi des «étrangers criminels».
L'initiative sur l'interdiction de la construction de minarets n'y figure pas. Malgré le soutien apporté à la récolte de signatures, le président du parti, Ueli Maurer (ZH), a souligné que le projet n'était pas issu directement de l'UDC. La prise de position est donc prévue lors de l'éventuel traitement au parlement.
Le réchauffement climatique a été qualifié de «nouvelle religion», basée sur «des croyances scientifiques non fondées», par le nouveau conseiller national Dominique Baettig (JU). Prié d'étayer son propos, il s'est référé à ses lectures personnelles. Visiblement mal à l'aise, il a admis ne pas avoir «de contre-argument plus sophistiqué». Le chef du groupe parlementaire, Caspar Baader (BL), a ensuite tenté de corriger le tir en énumérant les mesures acceptables.
Les démocrates-chrétiens, les radicaux libéraux et les socialistes vont organiser leurs propres séminaires vers la fin du mois de janvier 2008. Tous les membres des groupes parlementaires sont traditionnellement invités à discuter de ces priorités et à ensuite adopter une telle plate-forme.
Bernard Wuthrich dans Le Temps signe son article
Les impôts, l'UE et les étrangers, cibles de l'UDC tout le reste n'est que bagatelles en particulier le réchauffement climatique...
Dessine-moi un mouton


Contrats d'intégration bientôt à Zurich
En signant l'accord, le migrant s'engage à atteindre certains objectifs individuels, en particulier au niveau des connaissances linguistiques. La convention s'adresse aux personnes qui présentent de gros déficits en matière d'intégration et des problèmes sociaux, a expliqué le ministre zurichois de la justice, Markus Notter.
La nouvelle loi fédérale sur les étrangers donne la possibilité de conclure des conventions d'intégration, selon le conseiller d'Etat, qui a rejeté l'idée d'une "contrainte". Toutefois, Zurich veut se doter d'une loi cantonale sur l'intégration ou la migration, comme l'ont déjà fait les deux Bâles.
Depuis août dernier, la responsable zurichoise de l'intégration n'est autre que l'ancienne responsable bâloise de l'intégration, Julia Morais. Celle-ci a collaboré à l'élaboration du contrat d'intégration pour les deux Bâles, le modèle repris par Zurich. Le but visé est de lier l'octroi d'un titre de séjour à des exigences minimales, telles connaissances de la langue ou des usages locaux.
mardi 6 novembre 2007
Christoph Blocher contre les juges: analyse de Denis Masmejan
Les nouvelles mesures présentées par Christoph Blocher il y a dix jours, sur le front de l'asile, mettent une nouvelle fois aux prises le chef du Département de justice et police (DFJP) avec le pouvoir judiciaire. En l'occurrence le Tribunal administratif fédéral, qui a remplacé l'ancienne commission de recours en matière d'asile. Manifestement, le conseiller fédéral UDC est déterminé à user de son pouvoir, tout son pouvoir, face aux prérogatives que les juges eux non plus ne se privent pas d'exercer.
Requérants délogés: profond malaise

La Chaîne du Bonheur, Terre des hommes et tant d’autres œuvres: depuis mon enfance, la solidarité a toujours fait partie de notre paysage social. De même, la loi était conçue dans notre esprit pour corriger les inégalités au sein de la société et non pas pour les accroître. Nous n’étions pas habitués à ce que la loi déloge les gens et prenne les miettes des plus pauvres. L’asile est un problème complexe, mais en arriver là: quelle misère!
Politique de population?

Ce qui nous convient le mieux, à nous autres Helvètes, c’est quand rien ne bouge. Voilà sans doute pourquoi nous éprouvons tant de peine à gérer notre «stock de population». Dans nos rêves idéaux, la Suisse devrait tourner autour de 6 millions d’habitants et n’en point dévier, la proportion d’étrangers rester stable, le chômage ne jamais dépasser la limite de 2% perçue comme simple variable d’ajustement, la classe riche rester riche, la classe moyenne rester confortablement moyenne, et la pauvreté n’être qu’une micro-anecdote de notre vie collective.
Or, parce que nous sommes un tout petit pays, nous avons, tout au long de notre histoire, connu les situations de population les plus contrastées. Nombre de nos ancêtres ont émigré pour fuir la pauvreté de notre terre. Aujourd’hui, le mouvement est exactement inverse: étrangers riches ou pauvres s’installent chez nous dès qu’ils en trouvent le moyen. Hier nous avions donc l’impression de nous vider de notre sang national, aujourd’hui celle de nous gonfler dangereusement de sang étranger. Bref, tout change, sauf une chose: notre sentiment d’inquiétude.
C’est la raison pour laquelle nos politiques de population sont les plus zigzagantes qui soient. Il y a quelques jours, le Conseil suisse de la science a averti qu’il nous fallait former 20% de médecins en plus si nous ne voulions pas nous trouver bientôt en manque. Or, rappelez-vous, il y a une dizaine d’années, lorsque fut introduit le numerus clausus dans plusieurs de nos universités, tout le monde s’angoissait: nous formions tellement de médecins, disait-on alors, qu’ils allaient sûrement finir par pointer au chômage. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, nous gémissions que nos jeunes allaient devoir chômer la moitié de leur vie, or, aujourd’hui, l’horlogerie, la mécanique, la construction, la banque manquent cruellement de main-d’œuvre…
Alors, halte-là! C’est quoi, ce binz? Sommes-nous donc incapables de voir plus loin que le bout de notre nez? La réponse à cette dernière question est hélas oui. Car, quand bien même nous sommes un peuple de montagnards (paraît-il), les pics et les creux conjoncturels nous affolent. Un petit manque de main-d’œuvre momentané ici? Nous tournons de l’œil, et organisons des formations à marche forcée. Un petit surplus? Nous sommes sûrs que le chômage généralisé nous guette, et que la mort est à nos trousses!
Un exemple actuel? Lorsque les étrangers du troisième cercle (non euro-américains) formés dans nos hautes écoles, avec doctorats, spécialisations de recherche et tutti quanti – je ne vous dis pas combien cela nous coûte collectivement – prétendent, les outrecuidants, rester en Suisse et y développer, qui sait, des entreprises de pointe, nous leur disons: «Pas de ça, Lisette! La loi est la loi! Vous devez retourner chez vous!» Et dans le même temps, nous importons des milliers de médecins étrangers pour faire marcher nos hôpitaux…
Politiques de population zigzagantes? Tout compte fait, non. Je crois que c’est pire que cela: nous n’avons aucune politique de population du tout, tant le moindre mouvement de population nous fait peur. Même une ombre, si elle bougeait un peu, nous flanquerait la trouille, je crois.
La mendicité étrangère, nouveau combat UDC
Article de 24 Heures signé Julien Pidoux.

La mendicité n'est pas interdite,
à condition qu'il n'y ait pas harcèlement
des passants. VINCENT RYSER
Après Lyon puis Genève, la mendicité a fait irruption dans les rues lausannoises. Depuis près de six mois, elle a pris une nouvelle dimension. Faux musiciens, mères de famille ou handicapés, souvent d'origine rom, ils tendent la main aux passants, espérant un peu de charité.
Le long de la rue de Bourg, il arrive qu'on en croise plusieurs à la suite. Et avec Genève qui s'apprête à serrer la vis, certains élus de droite vaudois craignent un afflux encore plus massif de mendiants. Alors que le Grand Conseil se penche ce matin sur le postulat de l'UDC François Brélaz demandant au Conseil d'Etat «d'étudier l'opportunité de prendre des mesures concernant la mendicité», son collègue de parti Claude-Alain Voiblet va déposer, ce soir une, interpellation allant dans le même sens au Conseil communal de Lausanne.
Le secrétaire romand du parti s'inquiète notamment de savoir si la ville a pris acte de cette situation préoccupante et si elle envisage des «mesures de police énergiques» afin de réduire la mendicité. «Véritable activité économique, organisée par des transports en commun depuis la Roumanie, ces mendiants sont clairement exploités», souligne l'interpellation.
«Rester attentif»Ce «tourisme de la misère» inquiète aussi LausannEnsemble. Si la situation n'est pas encore explosive dans les rues de la capitale vaudoise, la conseillère communale Françoise Longchamp appelle à «rester attentif» elle avait posé la question des faux musiciens de rue lors de la précédente séance et n'hésite pas elle aussi à rappeler les événements romains de ces derniers jours (ndlr: le meurtre d'une jeune femme à Rome par un Roumain et les mesures du gouvernement italien instaurant la possibilité de renvoyer dans leur pays les criminels venant d'un pays de l'UE) pour insister sur le caractère sensible du sujet.
Le municipal de la Police Marc Vuilleumier admet qu'une partie des mendiants actuellement à Genève pourrait faire le déplacement jusqu'à Lausanne en cas de durcissement de la part des autorités du bout du lac. Il tient toutefois à rappeler que la mendicité n'est pas illégale «l'on ne peut pas interdire la misère» et il regrette que même des mendiants puissent être exploités. «Ils doivent être traités avec humanité, même si on ne peut pas accueillir 200 à 300 mendiants au centre-ville de Lausanne.» Surtout qu'une la majorité d'entre eux viendraient en Suisse avec un statut de touriste.

