vendredi 20 mai 2011

Les Tessinois devraient voter sur l'interdiction du voile intégral

Plus de 11 600 signatures contre le port de la burqa et du niqab. Mais le texte déposé hier à Bellinzone évite d’évoquer ces termes.

Entourés d’une femme couverte d’un voile intégral et d’un homme au visage caché par un passe-montagne «pour donner un signal fort», les initiants affichaient hier un large sourire. Plus de 11 600 signatures, alors que 10 000 sont nécessaires: le pari est réussi. Les promoteurs de l’initiative contre le port de la burqa ont déposé les paraphes en matinée à Bellinzone, avec six jours d’avance sur l’échéance impartie par la loi. Ils estiment d’ores et déjà que leur initiative populaire a abouti et qu’elle conduira les citoyens tessinois aux urnes. Une première en Suisse.
Le texte défendu par le comité évite toute référence directe à la burqa ou au niqab. Il se contente d’évoquer une simple interdiction de se couvrir le visage dans les lieux publics. Une interdiction qui concernerait, le cas échéant, aussi bien des hooligans ou des manifestants dont les traits seraient volontairement dissimulés, entre autres exemples.
Mais les promoteurs de l’initiative ne s’en cachent pas, leur but est de contrer la montée de l’islam «à titre préventif». C’est aussi ce qu’ils rétorquent à leurs détracteurs, qui les accusent de se focaliser sur «un problème inexistant au Tessin», puisqu’il est rarissime de voir des femmes voilées dans les espaces publics au sud des Alpes.

«Un signal fort»

Les neufs membres du comité d’initiative, encouragés par le pas franchi par la France le mois dernier, ne voient pas les choses sous le même angle. Pour eux, il s’agit de donner un «signal fort», notamment aux autres cantons, dont ils espèrent qu’ils suivront l’exemple tessinois. Les promoteurs soulignent en passant que s’ils avaient disposé des ressources nécessaires, ils auraient lancé «une initiative populaire fédérale». Le groupe réunit à la fois des personnalités de gauche, de l’UDC, de la Lega et même l’ancienne «dame de fer» du Tessin, la libérale luganaise Marina Masoni, ex-ministre des Finances et de l’économie, qui marque ainsi son retour en politique après son éviction du gouvernement en 2007.
Le Parlement tessinois dispose de deux ans pour valider, rejeter ou opposer un contre-projet à l’initiative, puisque celle-ci entraînerait une modification de la Constitution cantonale. En cas d’approbation du texte par les citoyens tessinois, ce sera au tour des Chambres fédérales de se prononcer sur la compatibilité de la loi tessinoise avec la Constitution fédérale.

Nicole della Pietra dans le Courrier et la Liberté

mardi 17 mai 2011

"J'ai sauté du balcon dans le but de me tuer !"

Au lendemain de sa tentative de suicide, Yordanos, une requérante d'asile paniquée à l'idée d'être expulsée de Suisse, se confie à «20 minutes» depuis son lit d'hôpital.

Yordanos a survécu à sa chute du balcon du 3e étage de l'appartement qu'elle occupait dans un immeuble du «Foyer du Lac», un centre qui accueille des requérants d'asile à Estavayer-le-Lac. Hospitalisée au CHUV, l'Erythréenne de 21 ans souffre de multiples fractures mais son pronostic vital n'est pas engagé.

«Je voulais en finir! Je ne suis pas tombée accidentellement. C'est vraiment par désespoir, lorsque j’ai vu arriver la police, que j’ai décidé de sauter», explique la jeune fille au physique de fillette (1m30 pour environ 30kg), en accueillant quelques visites, mardi en fin de matinée au 14e étage du CHUV.

Comment se sent-elle? «Physiquement, je souffre énormément. J'ai très mal aux jambes, au dos et au bassin. Ce qui m'inquiète, c’est surtout que je ne sens plus une de mes jambes», poursuit-elle, esquissant malgré tout un sourire.

«On peut remercier le Seigneur!»

«C'est un miracle qu'elle ait survécu! Elle a fait une chute de près de 10 mètres. Elle aurait pu se taper la tête en premier. On peut remercier le Seigneur!», confie Elsa, une compatriote de 34 ans qui partageait sa chambre. Comme Yordanos, elle est chrétienne orthodoxe et très croyante.

«Cela faisait plusieurs jours que Yordanos était dans un état de stress très fort. Elle pleurait souvent. Elle dormait pratiquement plus et lorsqu'elle trouvait le sommeil, elle faisait des cauchemars. Elle m'a raconté qu'elle voyait dans son sommeil des policiers qui venaient l'embarquer en lui passant les menottes et en lui bandant les yeux», poursuit-elle.

«Tout s'est passé très vite!»

Elsa était dans l'appartement lundi quand les forces de l'ordre ont fait irruption. Elle revient sur l'intervention: «Quand les policiers sont arrivés vers 4h du matin, je dormais. Yordanos, elle, les avaient apparemment vus arriver depuis la fenêtre. Ils ont ouvert la porte avec une clé qu'ils avaient et ont allumé la lumière en quête de Yordanos. Celle-ci s'était réfugiée sur le balcon et a sauté. Tout s'est passé très vite et je n'ai rien pu faire», poursuit-elle.

«C'est une fille qui a déjà été expulsée deux fois de Suisse vers l’Italie dont une fois de façon assez violente. Avant de l'embarquer dans un avion, la police l’avait menottée, lui avait attaché les pieds et bandé les yeux. Cela l'avait vraiment traumatisée. A chaque fois, qu’elle a été expulsée, elle est revenue en Suisse», explique l'interprète érythréenne qui lui a aussi rendu visite.

D'autres tentatives de suicide

«Ce qui est arrivé est horrible. La grande question, c’est pourquoi avoir agi ainsi alors qu’on savait que cette fille était très fragile. J’avais rendez-vous lundi après-midi à 14h avec elle à l’hôpital de Fribourg pour un bilan de santé», précise-t-elle.

Egalement présent, le Dr Amrani, le médecin-psychiatre qui la suit depuis plusieurs mois était aussi de passage au CHUV. Soulagé de voir qu'elle avait survécu, il ne comprend pas l'attitude des autorités fédérales. «J'ai indiqué aux autorités que Yordanos avait un très haut potentiel suicidaire. Ce risque s'était d’ailleurs concrétisé à deux reprise. Yordanos m'avait appelé en février pour me dire «au revoir». Elle avait projeté de sauter du pont de Zaehringen à Fribourg. J'avais réussi à la dissuader in extremis. Quelques temps plus tôt, elle avait voulu s'ouvrir les veines avec un couteau. Après chacune de ces tentatives, elle avait fait quelques semaines à l’hôpital psychiatrique de Marsens (FR)».

«L'Italie fait très peur aux Erythréennes»

Il souligne que ce n'est pas le fait de quitter la Suisse qui l'effrayait le plus, mais celui de retourner en Italie: «Ce pays fait très peur aux Erythréennes. Yordanos ne me l'a jamais dit mais je pense qu'elle a dû être abusée là-bas».

«Concernant l'intervention de lundi, je ne veux accabler personne. La police cantonale a fait son travail, le service de la population aussi. La seule personne à qui je pourrais en vouloir, c'est le juriste de l'Office des migrations (ODM) qui a signé son ordre d’expulsion et qui n’a pas jugé bon de tenir compte de mes rapports médicaux. S'il ne me faisait pas confiance, estimant que je n’étais pas objectif, il suffisait de demander un autre avis médical avant de l’expulser!», conclut le Dr Amrani.

Grégoire Corthay dans 20 Minutes

Requérants d'asile: les Glandois expriment avec virulence leur inquiétude

La soirée a été chaude lundi à Gland où près d’un demi-millier d’habitants ont pu dire leurs craintes et leur colère de voir s’installer, dès le 30 mai, 50 requérants d’asile sous l’école primaire des Perrerets.

Le modérateur de la soirée, Laurent Bonnard, ancien journaliste de la RSR, a eu fort à faire pour permettre au dialogue de subsister tout au long de la soirée d’information relative à l’arrivée prochaine de requérants d’asile dans l’abri PCi sous le collège des Perrerets. Le syndic Gérald Cretegny, le conseiller d’Etat Philippe Leuba, le directeur de l’Evam Pierre Imhof, le commandant de la gendarmerie Olivier Botteron ont été écoutés, mais pas forcément entendus.

«J’en veux particulièrement à la Municipalité qui, par peur du qu’en dira-t-on, n’a pas usé de son droit de recours contre la réquisition de cet abri», confiait Martine Pont, chef de file des pétitionnaires (1282 signataires). Les interventions de la salle ont toutes tourné autour des préoccupations en matière de sécurité. Les promesses de la gendarmerie de renforcer considérablement la présence policière sur Gland n’ont pas suffi à calmer ces inquiétudes.

«C’est vrai que ce sera difficile, c’est vrai qu’il y a de la délinquance dans le sillage des requérants d’asile», a concédé le conseiller d’Etat Philippe Leuba qui a toutefois rappelé la nécessité d’une solidarité fédérale en matière d’accueil. «Dans une situation que personne n’a appelé de ses vœux».

Une salve agressive pour clore le débat

Après quelque deux heures de débats virulents, Pierre Imhof a affirmé que ces huit dernières années, «aucune agression de la part de requérants n’est à déplorer dans le canton». C’est alors qu’André Corboz, le célèbre garagiste venu de Bex est sorti de ses gonds pour traiter les orateurs de «menteurs» et déplorer l’échec total des autorités vaudoises en matière d’asile. Le ton était si agressif que son intervention a mis un terme à la soirée qui n’aura pas permis d’aplanir les différends.

Les 50 requérants d’asile en attente de renvoi prendront leurs quartiers dans le sous-sol glandois le 30 mai prochain.

Didier Sandoz dans 24 Heures

lundi 16 mai 2011

Dysfonctionnements au sein du Service des migrations

Surmenage, épuisement et dépression. Les employés de l’Office social de l’asile, intégrés au Service neuchâtelois des migrations, sont au bout du rouleau. Plusieurs sont en congé maladie, parfois depuis de nombreux mois. Le chef d’office lui-même s’est fait porter pâle.

Une partie du personnel de l’office a rencontré mi-avril le conseiller d’Etat en charge de l’économie, Thierry Grosjean, pour lui demander de trouver une solution rapide pour améliorer la situation.

Remise en question du chef d’office

Les employés remettent en cause les capacités du responsable de l’Office social de l’asile. D’après le Syndicat des services publics (SSP), le chef délègue une bonne partie de ses responsabilités et n’a pas toutes les compétences requises pour diriger un office. Le personnel se sent abandonné et doit assumer seul une partie importante de la politique d’asile du canton, à savoir l’accueil et l’hébergement des requérants.

Ces tensions entre le chef d’office et ses employés durent depuis plusieurs années. Une étude externe a été faite en 2010 pour tenter de mettre le doigt sur les problèmes et de trouver des solutions. Mais, selon le SSP, cette étude a conclu à des difficultés de communication de part et d’autre et n’a pas permis d’atténuer les tensions.

Déplacement de certains collaborateurs?

Le conseiller d’Etat Thierry Grosjean estime que les problèmes rencontrés à l’Office social de l’asile sont surtout relationnels. Il souhaite trouver une solution rapidement, mais le nombre élevé de personnes en congé maladie freine les négociations.

L’engagement de nouveaux collaborateurs n’est pas à l’ordre du jour. Le déplacement de certains employés dans d’autres secteurs de l’administration cantonale est à l’étude.

Mission difficile à remplir

Les employés de l’Office social de l’asile s’occupent de l’accueil et de l’hébergement des requérants d’asile, un domaine qui a posé plusieurs problèmes ces dernières semaines. Bagarres dans les centres d’accueil, révoltes des requérants contre leur transfert dans un abri de protection civile à La Chaux-de-Fonds… Pour le SSP, il est évident que le personnel de l’office ne peut pas remplir correctement sa mission dans les conditions actuelles.

Thierry Grosjean ne veut rien savoir. Il estime que la surcharge de travail est supportable et invite les personnes en congé maladie à revenir rapidement soutenir leurs camarades.

Le chef de l’Office social de l’asile et le responsable du Service des migrations n’ont pas souhaité s’exprimer sur cette affaire.

RTN

dimanche 15 mai 2011

Asile: Simonetta Sommaruga veut limiter le regroupement familial

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga veut limiter le regroupement familial, indique-t-elle dans la presse dominicale. Pour lutter contre les problèmes dans le domaine de l'asile, elle évoque aussi la construction de nouveaux centres de détention en vue des renvois.

"La moitié des migrants en provenance de pays non européens vient ici dans le cadre du regroupement familial", indique la ministre de la justice dans une interview au journal dominical "SonntagsZeitung". "Nous pourrions continuer à limiter cela en fixant des exigences plus hautes en matière d'intégration".

Pour réduire l'immigration en Suisse, la socialiste veut "complètement exploiter" la marge de manoeuvre vis-à-vis de l'Union européenne et des pays tiers. "Nous continuerons à être très retenus concernant l'octroi" d'autorisations de séjour pour les contingents de travailleurs étrangers, poursuit-elle.

Dans l'hebdomadaire zurichois et dans le "Matin Dimanche", la Bernoise demande aussi davantage de places de détention, afin "d'être vraiment efficace". "Les cantons, qui doivent faire preuve de solidarité pour accueillir des centres d'enregistrement, devraient afficher la même solidarité à cet effet".

Clause de sauvegarde renforcée

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann s'est aussi exprimé sur l'immigration. Dans une interview publiée par la "NZZ am Sonntag", il affirme que des discussions avec l'Union européenne sur de plus importants obstacles à l'immigration ne représentent "aucun tabou" pour lui.

Le ministre de l'économie se dit prêt à réfléchir à une nouvelle clause de sauvegarde renforcée de l'accord sur la libre circulation des personnes. Ce mécanisme permet de limiter sous certaines conditions le nombre de nouveaux titres de séjour.

ATS

vendredi 13 mai 2011

Asile: on prend enfin le taureau par les cornes

La proposition de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga de transformer les procédures d'asile est une excellente chose - même si une telle réforme aurait dû arriver plus tôt.

Le fait qu'actuellement l'examen d'une demande d'asile dure en moyenne 1200 jours, soit près de quatre ans, est intolérable, d'autant qu'il ne s'agit que d'une moyenne: dans la pratique, cela peut être encore plus long. C'est intolérable aussi bien du point de vue du requérant, suspendu à une réponse qui ne vient pas, et qu'il attend dans des conditions assez précaires, que du citoyen suisse, qui peine à comprendre qu'il faille autant de temps pour trancher une situation personnelle. Et qui sait aussi que ce provisoire qui dure rend les expulsions de plus en plus difficiles, lorsqu'un semblant d'intégration s'est produit.

A cet égard, le pari de ramener la procédure à 120 jours est spectaculaire. Reste à espérer que dans la pratique quotidienne cet objectif s'avérera réaliste, ce qui impliquera des coûts supplémentaires. Mais certes, le raccourcissement des séjours dans les centres permettra un transfert de ressources probablement important.

L'intention affichée par Mme Sommaruga de créer des centres d'hébergement fédéraux, en lieu et place des centres cantonaux, est aussi un projet à soutenir. La situation actuelle est, on le sait, pénible, avec des cantons et des communes qui rechignent à assumer une tâche particulièrement ingrate, alors même que les décisions sont prises au niveau de la Confédération. Que cette dernière se charge plus directement de la politique d'asile n'est que logique.

Cette réforme intervient dans un contexte migratoire plus incertain qu'on veut bien le dire. Les milieux de défense des migrants brandissent fièrement les chiffres de demandes d'asile de mars et d'avril, en claironnant que l'afflux redouté de réfugiés économiques d'Afrique du Nord ne s'est pas produit. Pour autant, tout reste possible: les migrants d'Afrique du Nord sont toujours en Italie, et ils n'ont aucune intention de retourner chez eux, ni de rester à Lampedusa. Si la France persiste à ne pas vouloir accueillir tous ces Tunisiens qui, surprise, ont de la famille dans l'Hexagone, ils se tourneront par défaut vers d'autres parties francophones de l'Europe, dont la Suisse romande, pour ce qui nous intéresse.

Il reste néanmoins un obstacle délicat dont Mme Sommaruga n'a pas parlé - du moins si j'en crois mes journaux: c'est que le renvoi de requérants déboutés n'est pas une simple formalité. Entre ceux qui ont plusieurs identités, ou pas d'identité du tout, et les pays qui refusent le retour de leurs ressortissants, les opérations de renvoi continueront à être difficiles. Il faudra donc oeuvrer parallèlement au développement d'accords de réadmission, seule manière de mener jusqu'au bout une politique d'asile crédible. Cette réforme intervient dans un contexte migratoire plus incertain qu'on veut bien le dire.

Philippe Barraud, journaliste, pour l'édito du Nouvelliste

Inquiétude pour les demandeurs d'asile et migrants en Suisse

Les migrants et demandeurs d'asile subissent la majorité des violations des droits de l'homme en Suisse, selon le rapport annuel d'Amnesty International (AI). L'ONG s'inquiète notamment de la mise en pratique de l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers.

Le rapport souligne le danger constitué par les effets de l'initiative de l'UDC adoptée le 28 novembre. "S'ils étaient mis en pratique, ces renvois, pour lesquels il n'est pas prévu de droit de recours, bafoueraient les obligations de la Suisse au regard du droit international", selon AI.

L'UDC avait déjà été critiquée par AI dans son rapport de 2010 en ce qui concerne la montée du racisme et de la xénophobie dans le discours public en Suisse, notamment lors de la campagne sur l'initiative anti-minarets.

Nigérian mort

Le rapport rappelle également que le Comité de l'ONU contre la torture a exhorté la Suisse à ouvrir une enquête "indépendante et impartiale" sur les circonstances de la mort d'un demandeur d'asile nigérian décédé en mars à l'aéroport de Zurich lors d'une tentative de renvoi collectif. "D'après des témoins, les personnes devant être expulsées avaient les mains et les chevilles attachées", et "la tête recouverte d'un casque", observe-t-il.

Citant des agences des Nations unies, Amnesty relève en outre le besoin d'une "modification des dispositions législatives en matière d'immigration", afin de prévenir la violence domestique. Les dispositions en vigueur ont empêché des "femmes migrantes victimes de violence domestique de quitter un conjoint violent, de peur de perdre leur permis de séjour", note l'ONG.

Toute victime de violence domestique devrait être mieux protégée par la loi suisse, estime AI, et cela, pour lui permettre entre autres de porter plainte sans craindre des représailles.

ATS

jeudi 12 mai 2011

Une pétition avant les réponses

Quelque 1200 Chablaisiens se mobilisent contre l'ouverture d'un centre pour requérants d'asile aux Barges.

Mille deux cent neuf: c'est le nombre de signatures récoltées par l'UDC du Haut-Lac, en à peine deux mois, contre l'ouverture d'un centre de requérants d'asile dans le secteur des Barges à Vouvry. La moitié de ces paraphes ont été obtenus sur le territoire communal, l'autre émane de la région de Monthey et du Haut-Lac. Tous ont été remis au conseiller d'Etat Jacques Melly, hier matin, dans les murs de la chancellerie cantonale à Sion. "Nous espérons que le gouvernement tiendra compte de ces inquiétudes", lui a adressé Jean-Luc Addor, le chef du groupe UDC au Grand Conseil, juste avant de lui faire suivre l'imposant paquet.

"Nous attendons que le Conseil d'Etat se prononce sur la question avant l'été", espère pour sa part le député de Troistorrents, Charles Clerc. "Au vu de l'agenda, je ne peux rien garantir", lui a rétorqué Jacques Melly, tout en précisant que la pétition allait être traitée avec "le sérieux nécessaire" et dans des délais raisonnables.

"Les personnes qui ont choisi de signer l'ont fait pour deux types de raison", raconte Charles Clerc: "Pour montrer leur mécontentement lié au fait que les autorités communales n'ont pas été consultées et à cause de diverses problématiques liées à l'ancien centre de Colllombey."

Deux centres, pas trois!

"Les questions des vols, des trafics de drogue, entre les centres de Bex et justement de Collombey notamment ont poussé pas mal de gens à nous soutenir", précise Guillaume Vanay, néo-député-suppléant UDC. "Nous voulons également que l'équilibre entre le Haut, le Centre et le Bas-Valais soit respecté en matière d'accueil des requérants. Dans le Chablais, nous avons déjà des centres à Bex et Saint-Gingolph, c'est suffisant."

"Je suis assez surpris du nombre de paraphes récoltés. Je ne m'attendais pas à autant", admet le président de Vouvry, Reynold Rinaldi, contacté hier par téléphone. "Le fait que la moitié des signatures aient été obtenues en dehors du village me conforte dans mon idée qu'il s'agit d'une problématique chablaisienne." "Personnellement, avoue-t-il, je n'ai pas signé le texte. Je le trouve réducteur. Ce n'est pas simplement en fustigeant l'arrivée de cette population qu'on va régler la question de leur accueil."

Rencontre prévue lundi prochain

La situation pourrait se décanter la semaine prochaine. Lundi en fin d'après-midi, une délégation du canton composée d'Esther Waeber-Kalbermatten (la cheffe du Département de la sécurité), Simon Darioli (le chef du Service de l'action sociale) et d'Emile Blanc (le chef de la section asile du Service valaisan de l'action sociale) effectuera le déplacement de Vouvry où elle sera reçue par la Municipalité in corpore.

"Nous allons discuter de tout sur un tas de points, précise le président de la commune. Afin d'éviter que les Barges deviennent un ghetto, nous voudrions que le nombre de requérants ne dépasse pas trente. Oralement, le canton s'est engagé à installer des personnes en cours de procédure (2e accueil) et non pas des NEM (non-entrée en matière). On espère que cela soit protocolé formellement."

Et le président de conclure: "Nous voulons connaître quel est l'encadrement prévu et discuter de la question de la scolarisation d'éventuels enfants et des modifications architecturales du site qui sont susceptibles d'être mises à l'enquête publique. Nous évoquerons également les aspects de la sécurité et de la détection incendie". Le centre des Barges doit ouvrir à la fin de l'été.

Fabrice Zwahlen dans le Nouvelliste

mercredi 11 mai 2011

La Suisse va se doter d'un plan d'urgence Asile pour faire face à des évènements comme les révolutions arabes

La Suisse va se doter d'un plan d'urgence Asile pour faire face à des événements imprévus comme les révolutions arabes.

Même si aucun afflux de requérants n'a été constaté jusqu'ici, le Conseil fédéral veut être prêt. L'opération vise à combler une lacune apparue après les événements en Afrique du Nord. Elle prévoit notamment des mesures en matière d'hébergement et d'encadrement, a expliqué S.Sommaruga. En parallèle, la ministre de Justice et Police a proposé la mise sur pied d'un état-major spécial asile. Le Conseil fédéral pourra convoquer rapidement cet organe en cas de situation extraordinaire.

tsrinfo.ch

mardi 10 mai 2011

Ce que l'UE veut faire contre l'immigration illégale

Les ministres de l'Intérieur des États membres doivent adopter jeudi de nouvelles mesures pour pallier des "défaillances".

Les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne sont appelés jeudi à se prononcer sur un ensemble de mesures destinées à "empêcher le franchissement irrégulier des frontières extérieures" et à "consolider une tradition d'asile et de protection". La lutte contre l'immigration illégale a mis en évidence des "défaillances" dans le contrôle de certains tronçons de frontières extérieures de l'UE, notamment entre la Grèce et la Turquie.

Protection des frontières

La Commission européenne suggère "d'instaurer un mécanisme permettant de décider, au niveau européen, quels États réintroduiraient exceptionnellement des contrôles aux frontières nationales et pendant combien de temps". Ce mécanisme serait "utilisé en dernier recours, dans des situations réellement critiques, jusqu'à l'adoption d'autres mesures visant à stabiliser la situation au tronçon concerné". Bruxelles préconise également "d'envisager la faisabilité de créer un système européen de gardes-frontières" et de "renforcer la capacité opérationnelle de Frontex" (l'agence chargée des frontières extérieures de l'UE, NDLR).

Restrictions de visas

La Commission a constaté des "abus" dans les pays bénéficiaires d'une exemption de visa pour leurs ressortissants, notamment dans les pays des Balkans occidentaux (Serbie, ancienne République yougoslave de Macédoine, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Albanie). Elle propose en conséquence une "modification du règlement prévoyant une clause de sauvegarde qui permettrait sous certaines conditions la réinstauration temporaire de l'obligation de visas pour les citoyens d'un pays tiers pour lutter contre les abus".

Lutte contre le travail au noir

La lutte contre l'immigration illégale impose de "lutter contre marché du travail informel" dans les États de l'UE.

Réadmissions et conditionnalité

Le pendant de ces mesures sécuritaires est une politique plus incitative vis-à-vis des pays partenaires dont les ressortissants migrent illégalement dans l'UE. La Commission insiste sur la nécessité de "renforcer la politique de réadmission" des migrants en situation irrégulière par les pays d'origine. "Il est clair que les négociations sont difficiles avec plusieurs pays, dont les plus importants pays d'origine et de transit de la migration irrégulière". Il faut "envisager les accords de réadmission dans la perspective des relations globales de l'UE avec le pays partenaire concerné". La collaboration avec ces pays "devrait aussi se fonder sur une conditionnalité appliquée aux questions de migrations".

Asile et protection internationale

La Commission préconise "d'aboutir à un accord équilibré sur la révision du règlement de Dublin" qui impose le traitement des demandes d'asile par le pays de l'UE où est arrivé le demandeur. Elle recommande en outre de faire de "la réinstallation (des réfugiés dans les pays de l'UE) un geste fort de partage des responsabilités à l'égard des pays de premier asile, le plus souvent des pays en développement".

AFP et Le Point