samedi 15 mai 2010

Faut-il interdire la burqa ? Opinions

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Burqa: opinion des lecteurs

 burqa sondage 24H

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Voile islamique

Courriers de lecteurs dans le quotidien 24 Heures à propos du voile islamique

Mais quelles leçons avons-nous à donner?

A Fribourg, une conseillère communale met les musulmanes qui portent le voile sur le même plan que les alcooliques impossibles à réinsérer dans la société. De la part d’une femme dont la grand-mère n’aurait sans doute pas osé sortir dans la rue sans un fichu ou un chapeau sur la tête — mais qui accepte probablement que les adolescentes se promènent le ventre à l’air! — ce manque de respect vis-à-vis d’une coutume nullement scandaleuse traduit un obscurantisme qui évoque les chasses aux sorcières de sinistre mémoire.

Quelles leçons avons-nous à donner alors que nous sommes les héritiers sinon les fidèles d’une religion dont l’attitude de ses dignitaires n’aura pas toujours été irréprochable hier comme aujourd’hui? Alors que nous qui assistons à la destruction de la planète menacée de toutes parts, ne devrions-nous pas exiger des politiciens qu’ils ne fabriquent pas de faux problèmes pour cacher les vrais?

Frank Böttger, La Sarraz

Le rôle de l’Etat n’est-il pas de lutter contre la discrimination?

Cette réduction de 15% des prestations sociales aux femmes musulmanes qui refusent de retirer leur foulard pour assurer la garde d’enfants après l’école est choquante.

N’est-ce pas le rôle de l’Etat de lutter contre la discrimination à l’embauche, qu’elle soit liée à l’appartenance ethnique, religieuse ou à un trait physique?

Le cas est d’autant plus choquant par l’utilisation du moyen de pression que représente la menace de restriction de l’aide à la subsistance.

Voilà où nous mène l’opportunisme de nombreux politiciens suisses, à l’image de M. Darbellay, s’engouffrant dans la brèche ouverte par l’UDC suite à la votation contre les minarets. Je pense qu’ils devraient mesurer les conséquences d’une montée de la discrimination contre les musulmans de Suisse. Sont-ils conscients qu’ils s’en prennent certes à une minorité, mais pas si minoritaire que ça: dans nos écoles, environ un tiers des enfants qui formeront la société de demain sont musulmans. Quel message leur envoie-t-on?

Par ces attaques constantes contre l’expression de l’islam, on marginalise des personnes parfaitement intégrées dans notre pays. Par un mécanisme de défense, leur revendication d’appartenance religieuse est exacerbée alors que celle-ci n’était qu’une des facettes constituant leur identité, être Suisse en étant une autre.

Chantal Nebri, Yverdon-les-Bains

L’interdire est un profond manque de respect

A propos de l’article intitulé «Le canton d’Argovie veut à son tour bannir le voile intégral» ( 24 heures du 5 mai 2010):

La question posée sur l’interdiction de la burqa en Suisse est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Parce que l’idée même d’un simple voile est trop facilement associée avec islamisme intégriste, à juste titre d’ailleurs par rapport aux événements et attentats terroristes vécus.

Or, autant je suis d’avis qu’il faut lutter par tous les moyens contre le terrorisme, autant faut-il respecter les femmes qui souhaitent conserver le port de la burqa. Et le leur interdire est simplement un profond manque de respect, voire du mépris à leur égard. Bien sûr qu’elles doivent aussi comprendre et admettre que leur voile et tout autre moyen de se cacher le visage n’est pas autorisé ici dans certains lieux publics et en particuliers lors de contacts et formalités auprès de nos administrations.

Alors comment diable concilier tout cela? Je n’en ai pas la moindre idée… Mais le chemin de l’interdiction pure et simple du port de la burqa n’est certainement pas le bon.

Stéphane Coeckelenbergh, Lausanne

Question de sécurité

Interdire la burqa n’est pas un acte anti-islamique puisque le Coran ne le demande aucunement, c’est aussi un problème de sécurité. En effet, n’importe quelle personne peut se cacher sous un tel costume.

Il faudrait aussi interdire le port de la cagoule lors de diverses manifestations car si les manifestants n’osent pas se montrer le visage découvert… qui peuvent-ils être? Ce n’est guère rassurant pour la population.

Alors si nous proposons une loi, allons jusqu’au bout et interdisons avec précision ce que nous voulons et cela pour notre sécurité.

En revanche, le port du voile découvrant le visage ne devrait pas nous indisposer, les sœurs catholiques le portent bien!

Denise Charbonney, Gland

On veut nous faire avaler tout et n’importe quoi

A propos de l’éditorial de Caroline Zuercher intitulé «Des musulmanes prises en otage par la burqa» ( 24 heures du 4 mai 2010):

En lisant cet éditorial publié en première page de 24 heures , j’ai eu le profond sentiment que — en tant que lectrice et abonnée — j’étais considérée comme une personne incapable de discernement, à qui on peut faire avaler tout et n’importe quoi.

En effet, d’après l’auteur, les femmes musulmanes bien dans leur tête — de préférence «couverte» (les autres n’étant pas concernées) — sont pour la plupart des «touristes». Mais quelques lignes plus loin, on peut lire «qu’elles en ont marre d’essuyer le regard des passants, des commentaires d’une institutrice ou du refus d’un employeur».

J’aimerais que l’on m’explique comment on peut à la fois être «touriste» et en même temps scolariser ses enfants et être en recherche d’emploi.

Avec de telles contradictions, «arrêtez de nous infantiliser» comme le conseille si bien Mme Zuercher. N’incitez pas le lectorat à aller s’informer et s’abonner ailleurs, auprès d’une presse qui le respecterait et qui ne se permettrait pas de raconter de telles inepties.

Jeannine Simon, Lausanne

vendredi 14 mai 2010

Requérants d’asile au travail

pont st-éloi

Cliquer pour agrandir cet article du Journal de Moudon

Recours de l'ODM contre la décision des juges de paix lausannois

Requérants déboutés - L'Office fédéral des migrations fait recours contre la décision des juges de paix lausannois

Le Tribunal fédéral devra se prononcer sur la libération par la justice de paix lausannoise de requérants d'asile détenus à Frambois (GE). L'Office fédéral des migrations (ODM) a fait recours contre cette décision prise suite à la suspension des vols spéciaux.

Le recours a été déposé par l'ODM à la demande du Service de la population du canton de Vaud (SPOP), a déclaré mercredi Denis Pittet, porte-parole du Département vaudois de l'intérieur. Le SPOP s'oppose à ce que ces requérants, dont certains ont commis des délits, soient relâchés dans la nature.

En charge des mesures de contrainte pour le canton de Vaud, les juges de paix de Lausanne avaient répondu positivement en avril à la demande de libération de huit personnes en attente de renvoi au Centre de détention administrative de Frambois. Suite à la suspension des vols spéciaux de l'ODM, il y a une impossibilité matérielle au renvoi qui est prévue par la loi sur les étrangers, avaient-ils estimé.

L'ODM a fait recours contre un seul des huit cas. Il fera office de jurisprudence, a relevé sa porte-parole Marie Avet. L'ODM a intenté cette action car il doit veiller à une application correcte de la loi sur les étrangers dans les cantons, a-t-elle expliqué.

Le pouvoir judiciaire genevois s'est aussi penché sur la question. Le Tribunal administratif (TA) a cassé une décision de la commission cantonale de recours en matière administrative. Cette dernière avait accepté la demande de mise en liberté d'un requérant pour les mêmes motifs que les juges lausannois. L'Office cantonal de la population avait fait recours.

Dans son arrêt publié mercredi, le TA a estimé que la suspension des vols spéciaux était provisoire. Rien ne permet de mettre en cause la volonté de l'ODM de les reprendre dès la fin mai et rien n'indique que le rapport d'enquête ne sera pas rendu dans les délais prévus.

Pour les juges, le renvoi est donc possible. L'avocat du requérant, Michel Mitzicos-Giorgos, réfléchit à un recours au TF, a-t-il indiqué. Pour l'heure, les vols spéciaux restent suspendus. L'ODM attend encore le rapport du procureur de Zurich sur la mort d'un Nigérian à l'aéroport
de Kloten, a rappelé Mme Avet.

Dénoncé pour trafic de drogue, le jeune homme de 29 ans était décédé alors qu'il allait être renvoyé dans son pays par un vol spécial à la mi-mars. En grève de la faim depuis trois jours, il avait succombé à un malaise peu après avoir été ligoté de force.

ATS et Le Courrier

Maghreb: la Lybie lance une guerre totale contre l’immigration illégale

Une loi de lutte contre l’immigration clandestine entre en vigueur en Libye. Les étrangers en infraction ont deux mois pour régulariser leur situation. Un article signé Moncef Mahroug sur wmc actualités.

Confrontée depuis près de vingt ans à l’immigration clandestine, la Libye a décidé de s’y attaquer de manière radicale en se dotant d’une «loi sur la lutte contre l’immigration illégale». Ces dispositions visent à la fois à régler le problème en interne et à faire en sorte que la Libye cesse d’être un pays émetteur d’immigrés clandestins, conformément à des accords conclus en février 2009 avec l’Italie et l’Union européenne.

L'accord avec l’Italie porte sur l'organisation de patrouilles maritimes mixtes opérant dans les eaux territoriales libyennes et italiennes, ainsi que dans les zones internationales; la formation et l'échange d'expertises, afin de lutter contrer l'immigration clandestine, le terrorisme et le crime organisé. Avec l’Union européenne, la Libye s’est engagée à renforcer les contrôles à ses frontières dans le cadre d’un programme financé par Bruxelles à hauteur de 20 millions d’euros.

Récemment adoptée par le Congrès Général du Peuple et depuis promulguée, cette loi est d’une extrême sévérité, puisqu’elle met en place le cadre juridique permettant aux autorités de sévir contre tous les maillons de la chaîne : les passeurs et leurs complices, les immigrés clandestins et leurs employeurs, et quel que soit le degré de leur implication dans l’opération.

Concrètement, encoure une amende et/ou une peine de prison toute personne contribuant ou aidant de près ou de loin, beaucoup ou un peu, à un des actes constituant une opération d’immigration clandestine : l’entrée ou la sortie, le transport ou l’aide au transport, l’hébergement ou l’aide à se cacher, l’occultation d’informations pour permettre à des immigrés clandestins de résider dans le pays ou d’en sortir, la préparation, la mise à disposition ou l’acquisition de faux documents d’identité et de voyages à cette fin.

Toute personne commettant l’un de ces actes afin d’en tirer profit, directement ou indirectement, pour lui ou pour autrui, encoure une condamnation à un an de prison et à une amende de 5.000 à 10.000 dinars libyens. La sanction est plus lourde pour les bandes organisées (5 ans de prison et une amende de 15.000 à 30.000 dinars libyens) et doublée encore lorsque le coupable appartient à un corps chargé de contrôler directement ou indirectement les points d’accès dans les ports et aux frontières.

Lorsque des immigrés clandestins subissent un handicap permanent, leurs transporteurs écopent d’une peine de prison –non précisée- et d’une amende de 30.000 à 50.000 dinars libyens, et d’une condamnation à la prison à perpétuité en cas de décès.

L’immigré clandestin est lui condamné à un an de prison –avec travaux-, à une amende de 1.000 dinars et à l’expulsion une fois qu’il a purgé sa peine.

Pour dissuader les Libyens de s’impliquer dans des opérations d’immigration clandestine ou de les faciliter et, au contraire, les encourager à faciliter la tâche des autorités, la nouvelle loi punit (1.000 à 5.000 dinars libyens, et 1 an de prison) toute personne s’abstient d’agir dès qu’il est informé à ce sujet de par sa fonction, ou omet de le faire par inadvertance (une amende de 500 à 3.000 dinars libyens).

Enfin, l’employeur est lui aussi exposé à seulement une amende (1.000 à 3.000 dinars libyens) en cas d’engagement d’un immigré clandestin.

Criminalité: le dire et l’agir

Parler de criminalité, d'insécurité, de violence, d'incivilités, était très difficile il y a encore peu. De braves naïfs venaient nuancer, prétendant que les violences n'augmentaient guère, si ce n'est éventuellement dans certains domaines très particuliers. Il ne fallait pas en parler car cela revenait à créer ce sentiment d'insécurité lui-même! Opinion d’Uli Windisch publié dans le Nouvelliste.

Bref, la minimisation était de mise et celui qui montrait que l'on avait depuis longtemps franchi un tout autre stade que celui de l'insécurité ne pouvait qu'être de droite, UDC, etc. Or,ce n'est plus l'insécurité, mais l'impunité, le sentiment que les autorités sont impuissantes, ainsi que l'ultraviolence qui préoccupent actuellement la population.

La situation change quelque peu: même des responsables fédéraux officiels interviennent. Le directeur de l'Office des migrations a osé affirmer qu'en 2009 sur 1786 demandeurs d'asile nigérians, un seul avait obtenu le statut de réfugié! Le tollé a été immédiat.

Les habituels défenseurs quasi inconditionnels des requérants d'asile n'hésitent pas à demander la démission de ce responsable (la Ligue contre le racisme, Amnesty international, etc.). Les accusations de racisme n'ont pas tardé non plus. L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés vient en renfort en considérant ces propos comme extrêmes, mais doit reconnaître que les Nigérians jouent un rôle important dans le trafic de cocaïne. Ces derniers ont une excuse: la pauvreté, les violences ethniques, la situation difficile de leur pays, etc. Est-ce une raison pour accepter que l'on vienne se livrer au trafic de drogue dans notre pays? Sans doute est-ce encore de notre faute? Protester alimenterait le racisme? Alors que tout le monde sait que tous les Nigérians ne sont pas des trafiquants. Vouloir agir ne signifie pas généraliser ou être raciste, mais simplement refuser l'inacceptable de manière déterminée, sans se laisser culpabiliser.

Soutenons ceux qui agissent et qui veulent éviter les effets pervers des discours irresponsables aux effets pervers dévastateurs sur le plan politique. Les partis politiques extrémistes fleurissent de partout et prospèrent sur la base de ces discours.

Dire que la Suisse a perdu le contrôle de l'immigration, est-ce vraiment un mensonge et pure démagogie?

Asile: le comité de l’ONU contre la torture critique la France

Le comité de l'ONU contre la torture s'est déclaré préoccupé par le sort des demandeurs d'asile en France dans un rapport rendu public vendredi 14 mai. Le Comité "déplore le fait qu'il ait été saisi de plusieurs allégations documentées relatives au renvoi d'individus vers des pays ou ils risquaient d'être soumis à des actes de torture, peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants".

Le rapport rédigé par des experts indépendants en matière de droits de l'homme s'inquiète également "du fait que 22 % des demandes d'asile présentées en 2009 auraient été traitées sous la procédure dite 'prioritaire', qui n'offre pas de recours suspensif contre un refus initial de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides [Ofpra]". "Le demandeur peut donc être renvoyé vers un pays au sein duquel il risque la torture, et ce avant que la cour nationale du droit d'asile ait pu entendre sa demande de protection", souligne le rapport.

Le comité relève également que les demandeurs d'asile se trouvant dans un centre de rétention doivent présenter leur demande dans un délai de cinq jours. Or un tel délai ne permet pas aux demandeurs de "présenter un dossier crédible établissant un risque en cas de retour, ce qui implique, entre autres, la collecte d'éléments probants, de témoignages ou autres pièces dans leur pays d'origine". L'organisme de l'ONU recommande à l'Etat d'"accorder un délai adéquat, ainsi que toutes les garanties procédurales essentielles à toute personne retenue en centre de rétention administrative, et souhaitant déposer une demande d'asile".

AFP et Le Monde

jeudi 13 mai 2010

La Turquie, terre d’asile des intellectuels iraniens

Ils s'appellent Javad Moghimi,  Ali Nazimi ou  Negin A. Ils sont photographe, écrivain ou sociologue et se sont réfugiés en Turquie pour fuir le régime iranien. Portrait de cette immigration intellectuelle et politique qui contraste avec celle de pays comme le Bangladesh ou l'Afghanistan. Les histoires divergent mais les difficultés restent les mêmes.

La majorité des réfugiés intellectuels, dont le nombre ne cesse d’augmenter en Turquie, est iranienne. Ils sont en Turquie pour des raisons plutôt politiques et ont un titre de séjour temporaire. Ils attirent l’attention avec leur courtoisie et leur tenue vestimentaire relativement élégante. Si leur aspect extérieur les distingue des autres groupes de réfugiés, les difficultés qu’ils rencontrent sont les mêmes. Un matin ensoleillé d’Ankara, alors que la capitale s’est livrée au printemps, le silence de la  place de Kizilay est rompu par les slogans des ouvriers de TEKEL.

Il n'était pas très difficile de repérer dans la foule Javad Moghimi, le photojournaliste avec lequel j’avais rendez-vous pour une interview. Tandis que les gens fatigués lisent leurs journaux assis sur les bancs, il n’y a que lui qui regarde avec curiosité l’endroit d’où viennent les slogans. Il n’y a que lui qui prête l’oreille à ce que disent les ouvriers de TEKEL. Nous marchons vers les rues agitées d’où viennent les slogans. Javad prend des photos entre les manifestants. Plus il appuie sur le déclencheur, plus il est heureux. Mais nous nous disons que nous ferions mieux de partir avant qu’il n’y ait plus personne car il peut y avoir une intervention au gaz à tout moment. Tout ce que Javad attend de la vie, c’est de pouvoir exercer librement son métier de photojournaliste. C’est un réfugié politique qui a été obligé de quitter son pays et qui s’est réfugié en Turquie dans ce but.

Lire la suite de cet article trouvé sur le site Zaman France et signé Selahattin Sevi

Allemagne: centre de rétention en flammes

Deux Marocains en attente d'être expulsés d'Allemagne ont été grièvement blessés dans l'incendie d'un centre de rétention à la prison de Mannheim, a indiqué la police jeudi. L'incendie s'est déclenché mercredi soir dans un container d'habitation, où étaient hébergés quelque 40 demandeurs d'asile en attente de refoulement, selon un communiqué de la police de l'Etat régional du Bade-Wurtemberg. Avant l'arrivée des secours et de la police, le personnel du centre de rétention avait déjà sorti les deux blessés graves, âgés de 31 et 33 ans, et évacué tous les autres demandeurs d'asile.

Europe 1