dimanche 12 décembre 2010

Le débat sur la politique d'asile, véritable guerre des chiffres

Depuis quelques jours, la politique d'asile est au centre des débats. Cette politique est-elle trop laxiste ou inhumaine ? Les invités sur le plateau de Mise au Point de ce dimanche midi n'ont pas réellement apporté de réponse claire et précise .

Des demandeurs d'asile dans les gares, dans des casernes ou faisant la file devant chez Fedasil, les images ont marqué les esprits ces derniers jours. Une véritable crise de l'accueil... Mais c'est toute la politique d'asile qui crée la polémique.

Certains partis durcissent le ton. C'est le cas notamment du libéral flamand Patrick Dewael. "On attire les gens", affirme-t-il en faisant clairement référence aux astreintes et chambres d'hôtel mises à disposition des demandeurs d'asile. "On leur laisse croire qu'ils vont être régularisés", continue-t-il. "Et puis ils sont régularisés trois ans plus tard, ils ne parlent pas la langue et ne sont pas prêts pour le marché du travail". Pour le représentant de l'Open VLD, la Belgique est clairement laxiste dans le domaine de la politique d'asile. Et il prévient, cette politique "de générosité n'est soutenue nulle part en Flandre".

Et c'est justement le fait de répéter ce genre de choses qui ferait le "meilleur appel d'air", estime Melchior Wathelet (cdH). Selon le secrétaire d'Etat à la Politique de migration et d'asile, il faut donc arrêter de considérer la Belgique comme une véritable terre d'accueil.

Alors, la Belgique serait-elle un eldorado ? Le débat est chaud sur le plateau de Mise au Point, le ton monte rapidement. Notamment lorsque les chiffres de demandes de régularisations sont évoqués. Les chiffres brandis par un virulent Alain Destexhe ne correspondent pas à ceux de l'écologiste Zoé Genot. Personne n'est d'accord, tout le monde parle de manipulation des chiffres. Même débat lorsque sont abordés le nombre d'expulsions des candidats déboutés. Un débat sur l'asile qui se mue rapidement en guerre des chiffres.

Tout au long du débat, le ton restera le même. Qu'il soit question du regroupement familial, de l'accès à la nationalité ou que l'on aborde des critères de régularisation, les discussions partent dans tous les sens.

Le tout sous le regard dépité de Samba, un demandeur d'asile venu du Cameroun il y a deux mois à peine. Il a certainement compris à quel point le débat sur l'asile est loin d'être terminé.

A. Fogli pour la RTBF

vendredi 10 décembre 2010

Le HCR inquiet des politiques contre l'immigration de l'UE

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est dit préoccupé vendredi des politiques de lutte contre l'immigration clandestine en Europe qui menacent le droit d'asile de personnes réellement en danger dans leur pays.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est dit préoccupé vendredi des politiques de lutte contre l'immigration clandestine en Europe qui menacent le droit d'asile de personnes réellement en danger dans leur pays. L'Union européenne, dans sa tentative de lutter contre l'immigration clandestine, "ne doit pas oublier que parmi ces personnes qui cherchent à entrer (sur son territoire), il y en a qui ont besoin d'une protection internationale et dont les vies sont en danger", a expliqué un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'un point de presse.

Selon l'agence onusienne, l'évolution des chiffres sur le nombre d'arrivées par mer parlent d'eux-mêmes des difficultés pour trouver l'asile sur le continent européen. "L'Italie, la Grèce, Chypre et Malte (principaux pays d'arrivée de ces migrants) ont tous constaté une réduction drastique des arrivées par mer" cette année, a poursuivi le porte-parole.

Ainsi d'après les estimations du HCR, 8.800 personnes sont arrivées par mer au cours des dix premiers mois de l'année contre 32.000 durant la même période en 2009, soit une chute de 72,5%. Il est "pratiquement certain que cela résulte d'un renforcement des contrôles aux frontières, des patrouilles conjointes et des renvois sur la mer" d'embarcations avant qu'elles n'atteignent les eaux territoriales de ces pays, estime le HCR. Il appelle ainsi les membres de l'UE à faire en sorte que le droit d'asile en Europe ne soit pas menacé par les politiques visant à renforcer les frontières du continent.

L'agence onusienne se dit également préoccupée de la situation en Grèce où se retrouvent près des deux tiers des migrants arrivés par la mer. "Empêcher les arrivées par la mer ne résoud pas le problème et le fait juste déplacer ailleurs", comme le montre l'afflux de migrants dans la région de la frontière terrestre gréco-turque d'Evros qui a vu 38.992 candidats à l'immigration arriver entre janvier et octobre contre 7.574 sur la même période en 2009. Le HCR, qui s'est montré à de nombreuses reprises inquiet de la situation humanitaire de ces migrants en Grèce, a enjoint une nouvelle fois l'UE à venir en aide au pays pour faire face à une situation de plus en plus problématique.

AFP et Tribune de Genève

Israël: le rabbin à l'origine d'un appel discriminatoire persiste et signe

Le rabbin Shmuel Eliahu, à l'origine d'un appel contre la cohabitation avec les non-juifs, a promis de poursuivre sa campagne en dépit des accusations de racisme et de la polémique provoquée en Israël, rapporte vendredi un site internet religieux.

"Les attaques de la gauche et de ses suppôts (contre l'appel) ont eu pour effet contraire de renforcer le mouvement", a écrit le principal rabbin de la ville Safed dans le nord d'Israël, selon "Kikar Shabbat", un site orthodoxe. "Nous espérons recueillir des centaines de signatures supplémentaires la semaine prochaine", a-t-il dit à l'adresse des co-signataires de l'appel.

Toutefois, quelques rabbins sur la liste -sur plusieurs centaines- sont revenus sur leur signature à la suite de la tempête de protestations et des critiques de dirigeants spirituels du judaïsme orthodoxe. Le rabbin Eliahu avait déjà défrayé la chronique en octobre en appelant les habitants de Safed à ne pas louer ou vendre des appartements à des Arabes. Il avait été inculpé il y a six ans pour "incitation au racisme" à la suite d'appels identiques qu'il avait lancés, mais en fin de compte les poursuites avaient été abandonnées. Quelque 300 rabbins israéliens sont signé la lettre publique dans laquelle ils exhortent à interdire la vente ou la location de maisons ou de terrains à des non-juifs, ce qui vise particulièrement la minorité arabe en Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Shimon Peres et le président du Parlement Reouven Rivlin ont condamné ce manifeste, qualifié de "raciste" par des représentants de la communauté arabe israélienne et des associations de défense des droits de l'Homme. Les médias se sont aussi indignés de l'appel. Le principal dirigeant spirituel du judaïsme ultra-orthodoxe, le rabbin Yosef Shalom Elyashiv, s'est dissocié de l'initiative de son coreligionnaire de Safed, estimant qu'il "serait bon de confisquer les stylos de certains rabbins".

Pour l'heure, aucune sanction n'a été prise à l'encontre des signataires de l'appel --des fonctionnaires de l'Etat assurant les services religieux (dont les mariages) dans les municipalités, ou des directeurs de yéchivot (séminaires talmudiques) en Israël ou dans les colonies de la Cisjordanie occupée.

AFP

Vols spéciaux: toujours pas d'experts indépendants

L’Office fédéral des migrations cherche toujours des experts neutres pour surveiller le renvoi d’étrangers sous la contrainte. L’OSAR postule malgré le fait qu’elle ne réponde pas aux critères. Précisions sur les coûts de ces vols controversés.

Alard du Bois-Reymond, le patron de l’Office fédéral des migrations (ODM), tiendra-t-il ses engagements? Dès le 1er janvier, nouvelle directive liée à Schengen oblige, un ou des observateurs indépendants feront partie des vols spéciaux chargés d’expulser de force des requérants déboutés, a-t-il assuré à plusieurs reprises. Mais voilà: alors que le temps presse, l’ODM cherche toujours la perle rare. Et vient de le faire savoir via une offre d’emploi parue la semaine dernière dans la presse.

Contactées, plusieurs organisations, dont la Croix-Rouge, ont répondu négativement. Par crainte de devoir cautionner ces vols controversés. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR), interrogée par Le Temps, avait, elle, montré son intérêt (LT du 13.10.2010). Alors pourquoi l’ODM cherche-t-il encore une ou des personnes pour participer à «au moins 25 vols spéciaux par an» et «veiller à ce que les interventions de l’Etat soient conformes au droit»?

L’OSAR persiste

L’offre précise que le prestataire de services ne doit pas avoir d’autres mandats «émis par des services fédéraux ou cantonaux dans le domaine de la migration». «Nous ne répondons effectivement pas à ce critère car nous travaillons avec l’ODM lors des auditions de requérants d’asile», répond Beat Meiner, secrétaire général de l’OSAR. «Mais nous allons malgré tout postuler, sans lâcher nos autres mandats. Comme organisation faîtière qui revendique depuis des années la présence d’observateurs neutres sur ces vols (l’OSAR travaille avec Caritas Suisse, l’Entraide protestante, l’OSEO, l’Union suisse des comités d’entraide juive et la section suisse d’Amnesty International, ndlr), nous sommes prêts à endosser cette responsabilité. Le fait que nous travaillons pour la Confédération ne nous empêche pas de rester indépendants.»

Drôle de situation. L’ODM risque bien de ne pas trouver de structure répondant à ses critères en si peu de temps. La solution provisoire? Recourir à des collaborateurs de la Commission de prévention de la torture, comme nous l’affirmait jeudi l’ODM? «Nous participons déjà à certains vols, mais, avec nos douze bénévoles, nous ne sommes pas en mesure de les assurer tous, même pour une période transitoire», réagit son président, Jean-Pierre Restellini. «L’ODM ne nous a d’ailleurs jamais demandé de remplir ce rôle en attendant de trouver quelqu’un capable d’assurer le mandat…»

29 millions en 2009

Concernant les coûts de ces vols, l’ODM vient d’apporter des précisions. Dans sa réponse à une interpellation d’Antonio Hodgers (Verts/GE), le Conseil fédéral dit ne pas être en mesure de calculer le coût exhaustif d’une procédure de renvoi entre le moment de la décision et son exécution effective. Mais il souligne qu’en 2009, 360 personnes ont été rapatriées par vol spécial et que ces coûts se sont élevés à environ 3 millions de francs (9470 en moyenne par personne). Il précise que sur l’ensemble des renvois, la part des rapatriements par vols spéciaux est assez faible. «En 2009, le total des versements accordés aux titres des frais d’exécution des renvois s’est élevé à 29,2 millions de francs», dont 16 millions versés aux cantons pour les mesures de contrainte, ajoute-t-il.

Le gouvernement explique surtout que renoncer aux vols spéciaux permettrait des économies de 9470 francs par personne, auxquelles s’ajouteraient les 140 francs par jour de détention. Mais sans renvoi sous contrainte, les cantons auraient à escompter des coûts d’aide d’urgence «beaucoup plus importants», alors qu’ils ont déjà dépensé 57,3 millions de francs en faveur de ses bénéficiaires en 2009. Une manière de dire que Berne n’est pas prête à renoncer à ces vols, aussi controversés soient-ils.

Valérie de Graffenried dans le Temps

Les étranges pratiques de policiers lausannois

Un jeune Erythréen affirme avoir été embarqué dans un fourgon et abandonné dans un endroit désert après avoir reçu une dose de spray au poivre. Les agents jugés contestent.

C’est sa parole contre celle de cinq policiers lausannois. Ali, de son deuxième prénom, un jeune Erythréen toujours aussi révolté par le traitement qui lui a été réservé alors qu’il n’avait que 16 ans, tente depuis jeudi de convaincre le tribunal qu’il a bien été emmené manu militari dans un bois et abandonné dans cet endroit désert après avoir reçu une bonne dose de spray au poivre. Le plaignant a trouvé un allié improbable en la personne d’un ancien inspecteur pour qui «ces pratiques n’ont rien d’invraisemblable».

Il a visiblement la langue bien pendue et l’insulte facile à l’égard des forces de l’ordre. «J’ai traité ces agents de tous les noms et je leur ai fait un bras d’honneur», se rappelle Ali. De quoi sidérer le président Pierre Bruttin. «Ce n’est pas des manières de s’en prendre ainsi aux policiers», dit le juge. «Je sais», répond le plaignant. Ce dernier estime toutefois qu’il avait de bonnes raisons d’être hors de lui en cette nuit agitée du réveillon 2006.

Les versions sont bien entendu diamétralement opposées. Ali explique avoir déjà été copieusement bousculé et humilié lors d’une première interpellation plus tôt dans la soirée. De retour au cœur de la vie nocturne lausannoise, l’adolescent a croisé un fourgon et fait comprendre à ses occupants tout le mal qu’il pensait de cette police. «Ils m’ont emmené en direction des bois de Sauvabelin. Je les ai suppliés de ne pas me laisser là. Ils m’ont dit de dégager.» En descendant du véhicule, un des agents, assure-t-il, lui a encore giclé une dose de spray en guise de rétorsion.

Ali explique être revenu en ville, le visage en feu. Deux de ses amis confirment. «Il pleurait et avait les yeux tout rouges.» Les deux garçons l’ont accompagné au poste de police où il voulait porter plainte. A travers la vitre, ils l’ont vu s’énerver encore plus, être emmené un moment à l’arrière, puis ressortir sans avoir pu se faire entendre. «Il s’est calmé en recevant l’appel de sa mère sur son portable», se rappelle cet ami.

Les accusés racontent une tout autre histoire. Le chef de cette patrouille admet avoir embarqué Ali à bord du fourgon. «C’était pour éviter une émeute car il était très agité.» Le véhicule s’est ensuite dirigé en direction du nord de Lausanne. Il s’agissait d’éloigner l’intéressé du centre tout en le rapprochant de chez lui, assure le responsable. Ali ne leur aurait pas donné d’adresse précise, ce que ce dernier conteste. Appelés en urgence sur une autre intervention, ils auraient alors fait descendre le fêtard à un arrêt de bus dans le calme et sans jamais user du méga-spray qui se trouve dans le fourgon.

Les cinq policiers impliqués ont fait front commun durant l’enquête. Seul celui qui conduisait a montré un semblant de mauvaise conscience en se disant «peu fier» de ce qui s’était passé. Au procès de Nyon, l’intéressé nuance. «J’étais au plus bas. Le juge d’instruction me traitait de menteur et me disait que j’allais nuire à l’ensemble de l’institution. C’est comme si le sol s’effondrait sous mes pieds. Dans ce contexte, mes propos ont peut-être été mal interprétés. En fait, je me sentais coupable de l’avoir éloigné du centre, rien d’autre.»

Il y en a un dont les propos ne prêtent à aucune confusion. Cet ancien de police-secours, passé à la brigade des mineurs avant de quitter la profession pour le privé, affirme avoir entendu une protagoniste de cette opération – la seule femme parmi les accusés – dire qu’une version avait été «arrangée» pour faire face à la justice. Une autre inspectrice, présente lors de cette confession, dénoncera ce mensonge organisé plusieurs années plus tard. C’est sa lettre qui va relancer l’enquête et l’élargir à tous les agents présents aux côtés du présumé sprayeur.

Pour l’ancien policier, Ali ne décrit pas des choses impensables. «Quand j’ai débuté dans l’intervention d’urgence, les anciens avaient l’habitude de déposer des personnes dans les bois de Prilly. J’ai bien dû suivre. La commune a fini par s’en plaindre, alors on a opté pour Sauvabelin», se rappelle le témoin. Il explique aussi que les petites vengeances – un coup de spray au poivre par exemple pour se défouler – n’étaient pas exceptionnelles.

La hiérarchie – deux lieutenants ont été appelés à la barre – n’a jamais cautionné, ni entendu parler de tels «raccompagnements forcés». Ces responsables préfèrent parler de conduite de rapprochement au domicile même si l’un d’eux finit par concéder que cette pratique avait peut-être cours dans des temps reculés. Quant aux accusés, ils semblent avoir gardé toute la confiance de leurs supérieurs. Ce n’est pas le cas d’Ali, qui est volontiers présenté comme un affabulateur. «Mais pourquoi mentirait-il? s’est interrogé son copain de virée. Tout le monde sait bien que gagner contre la police, c’est très dur.» Il en aura peut-être une nouvelle démonstration lundi prochain, à l’heure du jugement.

Fati Mansour dans le Temps

jeudi 9 décembre 2010

Un Turc renvoyé dans un pays qui lui est étranger

Attila Y. avait violemment frappé un Suisse de 76 ans à la gare de Bâle il y a deux ans. Hier le Tribunal fédéral a tranché: cet homme de 32 ans sera renvoyé en Turquie, pays qu'il a quitté à l'âge de 4 ans et avec lequel il n'a aucun lien. La décision a été prise avant la votation du 28 novembre.

Un de ses avocats a bien tenté d'expliquer au tribunal que le jeune homme n'avait aucun lien avec la Turquie, la décision est tombée: il sera renvoyé vers sa patrie d'origine, qu'il a quittée il y a vingt-huit ans, explique le "Blick".

Le 26 janvier 2008 en gare de Bâle, Attila Y. avait attaqué Heinz P. parce que le retraité lui avait demandé d'éteindre sa cigarette dans une zone non-fumeur. L'homme avait terminé la soirée aux soins intensifs avec une fracture du crâne. Il a depuis perdu l'usage de son odorat.

Il faut noter que la décision du Tribunal fédéral est tombée le 9 novembre, bien avant l'acceptation en votation populaire de l'initiative de l'UDC "Pour le renvoi des criminels étrangers".

Trouvé dans le Matin

mercredi 8 décembre 2010

Appel discriminatoire de rabbins israéliens

Cinquante rabbins Israéliens ont signé une lettre ouverte avertissant les Juifs de ne pas louer ou vendre des propriétés aux non-juifs, disant que ceux qui le font devraient être « ostracisés », selon une copie de la lettre apparue mardi.

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Rav Shmuel Eliahu.. fleuron de l’extrême-droite raciste et xénophobe

« En réponse aux nombreuses questions, nous disons qu’il est interdit dans la Torah de vendre une maison ou une terre à un étranger dans la Terre d’Israël. Le texte, signé principalement par des rabbins employés d’Etat, avertit « celui qui vend ou loue un logement dans une zone où vivent les Juifs cause un grand tort à ses voisins ».

« Après que quelqu’un ait vendu ou loué un seul logement, la valeur de tous les logements avoisinants chute...Celui qui vend ou loue (à des non-juifs) cause une grande perte à ses voisins et son péché est grand », dit la lettre, dans ce qui est compris pour se référer largement à la minorité arabe d’Israël. « Quiconque vend (une propriété à un non-juif » doit être mis à l’écart !! »

D’après le site Web israélien Ynet, la lettre devait être publiée dans des journaux religieux et distribué dans les synagogues du pays en cours de semaine. L’Association pour les Droits Civils en Israël (ACRI) a traité la lettre des « Raciste » et appelé le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou à condamner « l’incitation exprimée par les rabbins ».

Appel à une intervention de Netanyahou

« Les rabbins qui sont fonctionnaires ont une obligation envers toute la population, y compris les citoyens Arabes d’Israël. Il est inconcevable qu’ils fassent usage de ce statut public pour promouvoir le racisme et la provocation », dit le groupe dans un communiqué. L’organisation a appelé Netanyahou à prendre des mesures disciplinaires contre les rabbins fonctionnaires signataires du document. La lettre est arrivée alors que la tension monte entre Juifs religieux et habitants Arabes Israéliens dans la ville de Safed au nord, où le rabbin Shmuel Eliahu a appelé les Juifs à éviter de louer ou de vendre des propriétés aux Arabes.

A Safed, un collège attire les étudiants Arabes-Israéliens de la région voisine, dont beaucoup recherchent un hébergement en ville pendant leurs études. En octobre, un groupe de jeunes Juifs a attaqué plusieurs étudiants Arabes-Israéliens du collège, criant « mort aux Arabes » lors d’un incident que la police a dû disperser.

Quelque 1,3 millions d’Arabes Israéliens vivent en Israël, représentant 20% de la population. Ils sont constitués des Palestiniens restés sur leurs terres après l’établissement d’Israël en 1948, et de leurs descendants.

AFP sur Info-Palestine.net

Le Dream Act, rêve de 2 millions de jeunes sans-papiers

Daniela Alulema, aide-comptable à New York, ne doit son poste qu'à la chance d'avoir été aide-domestique chez un patron d'une petite entreprise qui l'a remarquée et lui a trouvé cet emploi. Elle est pourtant expert-comptable de formation, diplômée avec mention de l'une des écoles publiques les plus reconnues en la matière aux Etats-Unis, Baruch College. Elle est jeune et brillante, et elle a même été un jour repérée par Goldman Sachs. Mais elle est sans-papiers.

Arrivée illégalement d'Equateur avec ses parents il y a neuf ans, alors qu'elle avait 14 ans, Daniela a reçu gratuitement dès son arrivée en Amérique une éducation propre à développer ses facultés intellectuelles et ses ambitions. Mais à l'heure de se présenter sur le marché du travail, cela n'a pas suffi. Sans numéro de sécurité sociale, gage de statut légal, elle n'était pas « employable ».

Vers la suite de cet article de Prune Perromat sur Rue89

mardi 7 décembre 2010

250 migrants otages de trafiquants: l'ONU exhorte l'Egypte à "intervenir"

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appelé mardi l'Egypte à "intervenir" pour libérer 250 migrants Erythréens retenus en "otage" dans le désert du Sinaï par des trafiquants d'êtres humains.

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appelé mardi l'Egypte à "intervenir" pour libérer 250 migrants Erythréens retenus en "otage" dans le désert du Sinaï par des trafiquants d'êtres humains. "Le HCR exhorte l'Egypte à intervenir pour obtenir la libération d'un groupe de 250 migrants Erythréens pris en otage depuis environ un mois par des trafiquants dans le Sinaï, en Egypte", a souligné un porte-parole de l'organisme onusien, Adrian Edwards, lors d'un point presse.

Il a par ailleurs relevé que le HCR était entré en contact avec le gouvernement égyptien pour discuter de cette affaire. Le ministre de l'Intérieur égyptien a assuré que des "efforts sont en cours pour localiser les otages et les libérer". M. Edwards a signalé disposer de peu d'informations sur l'identité des migrants, précisant toutefois que selon des médias ces personnes sont retenues dans des containers, soumis à des "abus" et qu'une rançon de 8.000 dollars par individu a été présentée auprès des familles ou des proches.

Chaque année des milliers de personnes tentent de traverser la frontière entre l'Egypte et Israël, non sans encourir de graves risques comme celui de tomber entre les mains des trafiquants d'êtres humains, selon le HCR. Nombre de ces migrants proviennent d'Erythrée, en conflit avec Djibouti, et doivent donc, pour la plupart d'entre eux, être traités comme des réfugiés, prévient le HCR. Les autorités égyptiennes sont critiquées par des associations de défense des droits de l'Homme pour la dureté de leur politique envers ces migrants, qui disent vouloir se rendre en Israël à la recherche de conditions de vie meilleures.

AFP relayée par la Tribune de Genève

"L'immigration illégale doit baisser et elle baissera"

Dans un entretien au Figaro, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux annonce notamment que la procédure de délivrance des visas sera durcie.

LE FIGARO. - Dans quel état d'esprit retrouvez-vous le ministère de l'Immigration ?

Brice HORTEFEUX. - J'avance avec trois principes simples et justes. La France, comme tous les pays, a le droit de choisir qui elle veut et qui elle peut accueillir sur son territoire. De plus, un étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d'origine, sauf situation politique, humanitaire, religieuse ou sanitaire particulière. Enfin, un étranger en situation légale, et respectant nos règles, doit bénéficier, pour l'essentiel, des mêmes droits économiques et sociaux que les Français. C'est en luttant contre l'immigration illégale que nous réussirons l'intégration des étrangers qui respectent nos règles communes. Ma mission est claire : poursuivre, conforter et amplifier la nouvelle politique d'immigration voulue par le président de la République.

Les constatations d'infractions à la législation sur les étrangers ont baissé de 10 % en un an, les reconduites à la frontière diminuent… Ces résultats vous inquiètent-ils ?

L'immigration illégale doit baisser et elle baissera. Depuis 2007, près de 106 000 immigrés clandestins ont été éloignés. Ils sont 25 500 depuis le début de l'année. Nous combattons avec vigueur les passeurs, les mafieux, tous ces esclavagistes modernes qui exploitent la misère humaine : depuis janvier, 156 filières ont été démantelées, contre 126 l'an dernier. C'est donc un progrès record. Enfin, nous surveillons mieux nos frontières, puisque ceux qui tentent d'entrer sans visa ont été près de 100 000 à être refoulés depuis trois ans.

Mais les demandes d'asile augmentent…

J'observe que le système d'asile subit une forte pression à l'échelon européen. Depuis 2008, les demandes d'asile ont augmenté de 18 % en Allemagne, 24 % en Autriche et même 40 % en Belgique. La France n'échappe pas à ce mouvement, puisque nous sommes passés de 35 520 demandeurs en 2007 à 47 686 en 2009, avec une nouvelle hausse de 8 % sur les dix premiers mois de l'année. Notre pays est la troisième destination au monde pour les demandes d'asile, après les États-Unis et le Canada. Et la première en Europe.

Mais doit-on s'en satisfaire ?

Non, car du fait de l'augmentation du nombre de demandes, les délais d'instruction s'allongent jusqu'à dix-neuf mois. Ce n'est pas acceptable. Nous devons mieux distinguer les vrais réfugiés politiques, en danger dans leur pays, des fraudeurs clandestins, qui n'ont rien de combattants de la liberté. Notre politique de l'asile ne doit pas être dévoyée, j'y serai attentif.

Quels sont vos objectifs en matière de contrôle de l'immigration ?

Pour faire baisser la pression de l'immigration clandestine, il faut appliquer concrètement le pacte européen que j'ai fait adopter à l'unanimité en 2008. L'Europe n'est pas une passoire. Elle doit se doter de nouveaux gardes-frontières pour mieux contrôler les frontières extérieures. Parallèlement, je souhaite poursuivre le dialogue avec les pays sources. C'est le meilleur moyen de maîtriser l'immigration, notamment avec le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Une quinzaine d'accords ont, d'ores et déjà, été signés.

Quel est votre calendrier ?

Je prends trois initiatives. Dès lundi prochain, je réunirai tous les préfets pour les mobiliser à nouveau sur la lutte contre l'immigration clandestine. J'ai déjà donné des instructions aux quinze préfets qui n'ont pas atteint leurs objectifs. Dans les prochaines semaines, je les réunirai avec les consuls pour leur fixer mes priorités dans l'attribution de visas et leur demander d'être plus vigilants dans la délivrance des visas de court séjour qui ne doivent pas être des «passeports pour la clandestinité». Enfin, lors du premier semestre 2011, je souhaite réunir les ministres en charge de l'immigration des cinq pays qui concentrent 80 % des flux migratoires vers l'Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie, en plus de la France) mais aussi ceux de Malte, de la Grèce et de Chypre, qui constituent les principaux points d'accès de l'immigration en Europe. Parallèlement à ces initiatives, je veux que nous disposions de nouveaux instruments juridiques. Un projet de loi, préparé sous l'autorité de François Fillon, a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Il prévoit d'étendre la durée de rétention administrative de 30 à 45 jours. Les sénateurs en débattront en janvier. Cette idée fait l'unanimité en Europe.

Votre politique à l'égard des campements illicites va-t-elle se poursuivre ?

Il n'est pas question de stigmatiser telle ou telle communauté. Mais j'entends naturellement continuer à démanteler les campements illicites. Réprimer n'est pas un gros mot. Depuis août dernier, 490 implantations illégales ont été évacuées, sur les 600 recensées.

Peut-on chiffrer le coût des opérations de reconduite aux frontières ?

Lorsque j'étais déjà ministre de l'Immigration, entre 2007 et fin 2008, des estimations fantaisistes et grossières avaient circulé, faisant état d'un coût de 2 milliards d'euros. Selon le rapport de l'inspection générale de l'administration établi à la fin 2009, le coût global est de 232 millions d'euros. Ce montant intègre la totalité des charges, l'hébergement, les frais de transport et les frais de personnels mobilisés. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les économies importantes réalisées grâce à un meilleur contrôle de l'immigration. Croyez-moi, cela coûterait beaucoup plus cher d'ouvrir nos frontières à tout vent !

Pourquoi l'identité nationale a-t-elle disparu de l'intitulé de vos fonctions ministérielles ?

Le débat courageusement mené par mon prédécesseur, Éric Besson, n'a pas été compris. Mais au-delà des mots, sous l'autorité du président de la République, ma mission est de permettre la cohésion de notre société et le respect de nos valeurs républicaines.

Propos recueillis par Christophe Cornevin, grand reporter, dans le Figaro