lundi 26 octobre 2009

Initiative anti-minarets: un refus se dessine

L'interdiction de construire de nouveaux minarets éclipse quelque peu les deux autres objets de la votation du 29 novembre.
L'interdiction de construire de nouveaux minarets éclipse quelque peu les deux autres objets de la votation du 29 novembre. (Reuters)

Les Suisses se prononceraient contre l'initiative anti-minarets, selon le premier sondage sur les votations du 29 novembre. Ils rejetteraient également l'autre initiative soumise aux urnes qui demande d'interdire les exportations de matériel de guerre. Mais de manière étonnamment serrée.

A un peu plus d'un mois des prochaines votations, l'initiative anti-minarets essuierait le refus de 53% des citoyens. Sur les trois objets soumis au peuple le 29 novembre prochain, c'est le thème qui interpelle le plus les Suisses.

Ainsi 34% d'entre eux glisseraient un oui dans l'urne et 13% sont encore indécis, comme le montre le premier sondage de l'institut gfs.bern. Réalisé pour le compte du diffuseur national SRG SSR idée suisse, il a été rendu public vendredi.

Sans surprise, l'initiative récolte des suffrages essentiellement auprès des partisans de l'Union démocratique du centre (UDC/droite conservatrice), dont 67% s'apprêtent à voter oui.

Mais elle séduit aussi 37% des personnes interrogées qui se disent traditionnellement proches du parti démocrate-chrétien (PDC/ centre droit). Le texte est en revanche rejeté à gauche, le plus fermement par les partisans des Verts (73% de non).

Les régions linguistiques se prononcent défavorablement dans une mesure comparable, à savoir 54% de non en Suisse alémanique et 52% en Suisse romande. Seule la Suisse italienne se distingue, avec une majorité en faveur de l'initiative (53%). Mais les responsables de gfs l'expliquent par le fait que la campagne n'a pas encore véritablement démarré au Sud des Alpes.

Possible progression du oui

Du point de vue sociologique, le sondage montre que les personnes sans confession et celles qui disposent d'un revenu supérieur à 11'000 francs sont celles qui rejettent l'initiative le plus clairement.

Au niveau des arguments, le comité d'initiative remporte la palme. 53% des sondés diront oui le 29 novembre car ils veulent ainsi donner un signal fort contre la charia. 51% d'entre eux estiment en outre qu'il faut interdire la construction de nouveaux minarets mais n'ont en revanche rien contre les mosquées. Enfin 44% des Suisses pensent que le minaret est un symbole de pouvoir et de domination, alors que 40% ne sont pas d'accord avec cette affirmation.

Du côté du non, l'argument selon lequel l'acceptation de l'initiative nuirait aux relations politiques et économiques avec les pays musulmans porte également puisque 52% des sondés agréent. Par ailleurs, 46% estiment qu'une interdiction des minarets nuirait à la paix confessionnelle.

Dans les prochaines semaines, le oui pourrait encore progresser, soulignent les auteurs du sondage. Mais pas au point de rattraper le non. «Les personnes qui se disent sans appartenance partisane et celles qui sont proches du PDC présentent un potentiel au niveau du 'oui'. Des arguments tels que l'opposition à la charia ou aux minarets vus comme des symboles de domination sont susceptibles de les convaincre», indique l'institut gfs

vendredi 23 octobre 2009

Paris et Rome veulent renforcer Frontex

La France et l'Italie ont demandé un renforcement des moyens de l'agence pour la sécurité et la protection des frontières de l'Union européenne (Frontex), afin notamment qu'elle soit en mesure d'organiser régulièrement des vols groupés de rapatriement d'immigrés clandestins.

Dans une lettre à la présidence suédoise de l'UE, Nicolas Sarkozy et le président du Conseil italien Silvio Berlusconi réclament en outre l'élaboration par les Vingt-Sept d'une "doctrine d'engagement claire et partagée" des opérations maritimes d'interception de clandestins en Méditerranée.

Dans leur lettre publiée vendredi par l'Elysée, ils jugent que les filières d'immigration illégale "exercent une pression sans précédent sur les frontières extérieures de l'Union européenne, en particulier en Méditerranée".

Ces filières mettent selon eux à l'épreuve la politique définie par le Pacte européen de l'immigration adopté fin 2008.

Pour ces raisons, ils estiment que le Conseil européen des 29 et 30 octobre doit décider "immédiatement d'axes de travail" sur le sujet et que des orientations politiques "claires et précises" sur le renforcement de Frontex sont "indispensables".

Pour lutter tout particulièrement contre l'immigration clandestine en Méditerranée, la France et l'Italie réclament que Frontex noue une coopération avec chacun des Etats de départ des migrants.

L'affrètement régulier par l'agence "de vols groupés pour des opérations communes de reconduite au niveau européen" est un autre de leurs souhaits, la publication de cette lettre intervenant en pleine polémique en France sur les conditions du renvoi d'immigrés afghans dans leur pays.

Paris et Rome veulent en outre un accord spécifique avec la Libye "pour consolider le mouvement récent de réduction des flux migratoires" en provenance de ce pays.

Il devra selon eux "comporter des clauses opérationnelles pour appuyer ses efforts de maîtrise des frontières libyennes et renforcer la coopération en matière de retour".

La France et l'Italie mentionnent également la nécessité d'efforts en direction de la Turquie et, plus généralement, d'une "véritable mobilisation des pays d'origine, de transit et de destination" pour que la lutte contre les filières clandestines soit au centre de leur coopération.

Reuters

jeudi 22 octobre 2009

La machine fédérale contre l'immigration

Ne manquez pas ce reportage de Temps Présent, consacré à la politique de l’asile de la Confédération.
Tout commence en 2004 avec une décision politique. Le pays veut accélérer les procédures dans le domaine de l'asile. Il considère que certaines demandes sont à l'évidence injustifiées et que certains requérants doivent repartir aussitôt. Comme la Constitution ne permet pas de leur refuser toute assistance, on invente une «assistance dissuasive». On va leur donner un peu d'argent, mais pas assez. On va leur fournir un logement, mais rudimentaire. On pourra même au besoin les emprisonner : c'est ce qu'on appelle des «mesures de contraintes». L'aide d'urgence s'applique d'abord aux personnes qui font l'objet d'une non-entrée en matière : les NEM. Pour la plupart, ce sont des hommes, jeunes et célibataires. Mais en 2008, une nouvelle décision politique élargit la formule à tous les requérants d'asile en fin de procédure. Ce qui multiplie le nombre des personnes concernées et notamment des personnes vulnérables : les enfants, les malades et les familles. Ce reportage-vérité le montre, images à l'appui : aujourd'hui, la Suisse n'hésite plus à retirer de l'école les enfants de familles déboutées. A expulser des familles entières, et parfois mêmes, des malades.Rediffusion le vendredi 23 octobre 2009 à 1h15 et le lundi 26 octobre 2009 à 10h15 et 14h20 sur TSR2.Un reportage de Jacques de Charrière et Alexandre Lachavanne

France: des dizaines de demandeurs d'asile dans une caserne désaffectée

Des dizaines de demandeurs d'asile somaliens et soudanais vivent depuis plusieurs semaines dans une caserne militaire désaffectée de Pontoise (Val-d'Oise), sans eau ni électricité, a-t-on appris mercredi de sources concordantes, confirmant une information du Parisien.

Ils seraient une soixantaine selon la préfecture et environ quatre-vingt-dix d'après la mairie.

Ces migrants, des hommes et quelques femmes qui pour certains ont fui la guerre du Darfour, bénéficient de sauf-conduits. Ils attendent que leurs dossiers soient examinés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

"Leurs conditions de vie sont inhumaines. Ils ne peuvent pas faire chauffer de nourriture et sont donc obligés de manger froid. Faute de matelas, certains dorment à même le sol", explique Djamila Bordet, secrétaire générale du Secours populaire dans le Val-d'Oise.

"Ils vivent dans des bâtiments délabrés où il n'y a rien. Ce n'est pas un lieu clos. Cela permet juste de s'abriter de la pluie mais pas du froid", affirme Franck Dubois, délégué du Secours catholique dans le Val-d'Oise.

Selon la préfecture, les migrants sont arrivés en France pour la plupart cette année. Les premiers à s'être installés à Pontoise occupent l'ancien site militaire de quatorze hectares depuis l'été dernier, mais ils ne se sont manifestés que ces derniers jours en raison du froid, explique-t-on à la mairie.

"On peut s'interroger sur les raisons de cette découverte tardive dans la mesure où les demandeurs d'asile bénéficient de la possibilité d'être hébergés dans des centres adaptés", souligne la préfecture dans un communiqué.

"Des places existent en nombre suffisant, pour ceux qui ont déposé leur demande d'asile à la préfecture du Val-d'Oise, dans les six centres d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) du département (capacité totale de 530 places)", ajoute-t-elle. Plusieurs migrants ont fait leur demande dans d'autres départements, précise-t-elle.

Ceux qui ne sont pas encore inscrits dans un CADA devraient bénéficier d'un hébergement d'urgence.

Tant qu'ils ne sont pas pris en charge dans un centre d'accueil, les demandeurs d'asile perçoivent une allocation mensuelle de 316 euros versée par Pôle emploi, selon la préfecture.

"Tous ne bénéficient pas de l'allocation temporaire d'attente (ATA) car les délais d'attribution et les démarches sont longs", relativise Franck Dubois.

AFP.

Un réfugié climatique de glace prend place au Parlement européen

Mardi 20 octobre, les eurodéputés écologistes ont installé « un réfugié climatique » en glace dans la cour du Parlement européen. A quelques semaines du sommet de Copenhague, ils cherchent ainsi à rappeler que des millions de personnes devront quitter leur habitat à cause des changements climatiques.

Terre Stop« Il s'agit de mettre l'accent sur la question humaine des mouvements de population des refugiés climatiques, symbolisée ici par un homme de glace qui va fondre d'ici la fin de la session » (Sandrine Bélier, députée Europe Ecologie)
Crédit photo : © iMAGINE - Fotolia.com

Symbole de la fragilité de l’Humanité face au péril climatique, cette sculpture éphémère, réalisée par le sculpteur vosgien Christian Claudel, disparaîtra en quelques jours. « Il s'agit de mettre l'accent sur la question humaine des mouvements de population des refugiés climatiques, symbolisée ici par un homme de glace qui va fondre d'ici la fin de la session », a indiqué l'eurodéputée Verte Sandrine Bélier.

La suite sur Developpement Durable

mardi 20 octobre 2009

Le Nobel pour 4 immigrés

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2009/10/prix-nobel-pour-les-immigrés.html

Parmi les huit Américains qui ont raflé cette année les prix Nobel de chimie, physique et médecine, quatre étaient des immigrés: nés à l’étranger et arrivés aux Etats-Unis comme étudiants ou chercheurs. Le chiffre devrait faire réfléchir tous ceux qui cherchent à restreindre l’accueil d’étudiants étrangers, espèrent les militants d’une politique d’immigration plus généreuse, et les scientifiques. Si tous ces prix Nobel avaient avoué aux garde-frontières, lors de leur arrivée, qu’ils comptaient s’établir aux Etats-Unis, ils auraient été aussitôt refoulés, rappelle Susan Hockfield, présidente du Massachusetts Institute of Technology, dans une tribune publiée ce matin par le Wall Street Journal. La loi actuelle exige que les étudiants retournent dans leur pays une fois leur diplôme acquis, pour redemander un visa d’immigration s’ils veulent ensuite revenir travailler aux Etats-Unis.

L’Amérique a d’autant plus besoin d’importer ses Prix Nobel que la concurrence internationale en matière d’éducation supérieure a beaucoup augmenté ces dernières années, rappelle aussi la présidente du MIT. Selon les classements de l’OCDE, les Etats-Unis étaient le premier pays au monde pour la proportion de bacheliers dans les années 1960. En 2005, les Etats-Unis n’étaient plus qu’au 21ème rang mondial sur cette échelle, qui prédit aussi un peu l’avenir des nations.

Affiches anti-minarets: faut-il les interdire?

Dans le cadre de la campagne actuelle, Infrarouge, l’émission de débats de la TSR, s’interroge sur la pertinence d’une interdiction des affiches des partisans de l’initiative:

L'affiche de l'initiative contre la construction de minarets en Suisse a déclenché la polémique. Certaines villes ont décidé de l'interdire, alors que d'autres la placarderont sur leurs murs. Alors que faut-il en penser? Peut-on vraiment interdire ces affiches sans contrevenir à la liberté d'expression? Constituent-elles vraiment une atteinte à la liberté religieuse ou encore une incitation à la haine raciale? Infrarouge ouvre le débat ce mardi.

Vers le site d'Infrarouge

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La machine fédérale contre l'immigration

Regardez : La machine fédérale contre l'immigration, Temp Présent du mois d'octobre

Rapport Migreurop sur les frontières assassines

Source / auteur : http://www.migreurop.org/ | Communiqué 14 octobre 2009

Les frontières assassines de l’Europe (Migreurop)

http://www.hns-info.net/spip.php?article19799 - mis en ligne jeudi 15 octobre 2009 par Ludo

Rapport sur la violations des droits humains aux frontières publié par le réseau Migreurop

- Déportations illégales à la frontière gréco-turque

- Oujda : zone tampon entre Maroc et Algérie, sas vers l’Europe

- Calais et le nord de la France : zone d’errance, porte de l’Angleterre

- Lampedusa, île sentinelle de l’Europe

Pour son premier Rapport annuel sur les violations des droits humains aux frontières, Migreurop a choisi de retenir quatre pôles emblématiques des méfaits de la politique menée par l’Union européenne en matière d’immigration et d’asile. La frontière gréco-turque, la région du Calaisis, au nord-ouest de la France, celle d’Oujda, à l’est du Maroc, et l’île de Lampedusa à l’extrême sud de l’Italie, sont autant de haltes, plus ou moins longues, parfois définitives, dans l’odyssée des milliers de personnes qui, chaque année, en tentant de rejoindre l’Europe, cherchent par l’exil choisi ou contraint à échapper au sort qui leur est échu.

Le rapport annuel de Migreurop sur les violations des droits humains aux frontières n’est pas le produit d’une mission d’enquête de plus ou moins longue durée par des observateurs extérieurs. Il est le fruit de la double dimension qui caractérise le réseau Migreurop, composé d’organisations de terrain qui oeuvrent pour la défense des droits des migrants et des réfugiés, et d’individus qui, dans leur activité professionnelle ou militante, étudient et analysent les politiques migratoires et leurs conséquences. Ce rapport souhaite privilégier, à chaque fois que c’est possible, la parole des migrants rencontrés soit lors des missions ad hoc, soit par les associations membres ou partenaires de Migreurop qui sont présentes au quotidien sur les sites retenus. Il entend également rendre compte de l’expérience de ces associations, dont le croisement des analyses constitue une des richesses du réseau. Si les faits rapportés se situent dans l’actualité de l’année 2009, la connaissance de longue date par les associations de la réalité de la migration permet d’en traiter autrement que sous l’angle d’événements ponctuels, comme c’est souvent le cas. Les thèmes de travail du réseau Migreurop ont servi de fil conducteur pour organiser ce rapport : dans chaque zone étudiée (à l’exception de Lampedusa, voir infra), quatre axes ont été retenus. Les trois premiers caractérisent la politique d’immigration et d’asile de l’UE : contrôler et bloquer ; retenir, enfermer ; déshumaniser, tuer. Le quatrième - assister, résister - veut refléter tant les mouvements d’auto-organisation des migrants que les manifestations de solidarité de ceux qui leur viennent en aide : la composante militante du réseau Migreurop constitue, pour ce dernier aspect, une source privilégiée d’informations sur les luttes.

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Un charter pour Kaboul programmé pour aujourd'hui

La France et la Grande-Bretagne ont programmé mardi soir un vol groupé pour expulser des clandestins afghans vers Kaboul, apprend-on lundi de source policière. (Reuters/Denis Balibouse)

La France et la Grande-Bretagne ont programmé mardi soir un vol groupé pour expulser des clandestins afghans vers Kaboul, selon une source policière. (Reuters/Denis Balibouse)

Le vol partira de Londres, fera escale à Lille avant de rallier Bakou, en Azerbaïdjan, puis la capitale afghane, a-t-on précisé de même source.

Début octobre, les associations de défense de sans-papiers et l'opposition avait dénoncé un projet de "charter" franco-britannique de migrants afghans.

Le gouvernement avait démenti toute organisation de vol à cette date, quelques jours après le démantèlement de la "jungle" de Calais, une zone où séjournaient des migrants en attente de passage vers le Royaume-Uni.

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, avait cependant confirmé que la France procéderait à l'avenir à des expulsions de ressortissants afghans interpellés à Calais.

"Il y en aura sous réserve qu'un certain nombre de conditions soient remplies, que nous puissions être certains que les personnes soient en sécurité quand elles arrivent à Kaboul, et que, deuxièmement, il y ait la possibilité d'une aide à la réinstallation", a-t-il déclaré à la presse.

Les associations de défense des immigrés et des droits de l'homme se sont émues que l'on reconduise des réfugiés dans un pays en guerre, où les conditions humanitaires et de sécurité ne cessent de se dégrader.

Lire aussi 10 000 signataires contre les retours forcés en Afghanistan dans le Monde et Appel européen contre les retour forcés en Afghanistan dans le Nouvel Obs