jeudi 19 mai 2005

Un donjon dans la fortesse


Dans l'Editorial du Courrier, Marco Gregori utilise cette métaphore pour dire tous les doutes que lui inspire les défenseurs de l'asile qui pensent que les accords de Schengen/Dublin seraient favorables aux droits humains des requérants. Selon lui, rien dans les pratiques des pays environnants ni dans la manière dont la Suisse officielle interpètera ces accords ne permet de se reposer cet espoir.
Les accords de Schengen/Dublin ressemblent à une forteresse négociée sur mesure pour le donjon helvétique. Il n'y a donc rien à en attendre. La défense du droit d'asile passe par une mobilisation massive de toutes celles et ceux que ces politiques iniques choquent. En commençant par lancer un référendum lorsque la nouvelle loi fédérale sera définitivement approuvée.

mercredi 18 mai 2005

Permis B pour tous les "réfugiés de Bellevaux de 2001"


Dans les pages Lausannoises de 24heures, Martine Clerc rapporte que le dernier des 9 kosovars réfugiés en 2001 dans la paroisse de Bellevaux vient de recevoir son permis B.
Environ 80% des 344 réfugiés Kosovars soutenus par le mouvement "en 4 ans on prend raçine" ont donc pu rester en Suisse.
La preuve que la ténacité et la mobilisation de la société civile finissent par payer, rappellent les associations. Yves Sancey, de la Coordination asile: «La régularisation des Kosovars de Bellevaux est un signe encourageant. Le Conseil d’Etat n’arrête pas de dire que nous sommes des marchands d’illusions. Ça montre que c’est faux!» Actuellement, une dizaine de requérants déboutés et menacés d’expulsion sont réfugiés dans la Maison des migrations, installée à la paroisse Saint-Joseph, à l’avenue de Morges.

L’objectif: éviter qu’un requérant dépose des demandes dans plusieurs pays.

Dans un long article en page 4 de 24heures, Vincent Bourquin explique le fonctionnement du système de suivi des requérants d'asile qui est appliqué dans l'UE.

Mode d’emploi: le requérant doit déposer ses deux pouces, ses deux index, puis toute la main sur une vitre. Quatorze empreintes digitales sont prises en moins de cinq minutes. Immédiatement, elles sont enregistrées dans la base de données Eurodac, dont le serveur est à Luxembourg. Dix minutes plus tard, la machine indique si l’individu a déjà déposé une demande dans l’un des autres pays signataires des Accords. La réponse est non: fiche verte synonyme d’admission provisoire en France et donc de lancement de la procédure d’asile. Un oui et c’est une feuille blanche intitulée «Convention de Dublin». Le requérant a alors un sursis de deux semaines. Durant ce laps de temps, les Français vont prendre contact avec leurs homologues du premier pays d’accueil. Leur question est simple: «Vous reconnaissez-vous comme Etat responsable?»
Le système atteint ses limites dans le cas ou des membres de la même famille sont entré dans l'UE par des voie différentes. Selon Dublin, il seraient dispersés dans les divers pays d'entrée.
Lire l'article dans la Tribune de Genève
Sur le même thème, voir aussi le dossier de Swissinfo.

Loi sur l'asile: le PS brandit l'arme du référendum

Les premières réactions dans la presse au communiqué du PS annonçant un référendum si la loi sur l'asile est excessivement durcie sont celles de François Nussbaum dans La Liberté / Le Courrier.
Six mesures de la loi sont considérées comme inacceptables : Il s'agit de l'abandon de l'admission humanitaire, du renoncement au renvoi seulement en cas de danger de mort, de la non-entrée en matière en l'absence de papiers d'identité, de la détention jusqu'à deux ans pour insoumission.
S'y ajoutent le refus de l'assistance sociale aux requérants qui n'obtiennent pas l'asile, et la possibilité de couper l'aide d'urgence à ceux qui ont fait l'objet d'une non-entrée en matière

Dans un bref interview recueilli par Erik Reumann, Ruth Luthi (directrice de la santé du canton de Fribourg) explique que ces mesures sont totalement contre-productive et lourdes pour les finances cantonales.

mardi 17 mai 2005

Le débat au parlement sur l'asile reporté à l'automne


Dans le Courrier et la Liberté, (article repris dans l'Agefi) François Nussbaum annonce que "malgré une tentative de forcing, la révision du droit d'asile et des étrangers n'est pas prête pour juin. Elle s'achèvera donc après le vote sur la libre circulation, cet automne".
A part des raisons circonstancielles (la mort d'un des commissaires), ce report s'explique pour éviter que les probables référendums contre le durcissement de la loi sur l'asile et sur les étrangers ne se produisent en même temps que la campagne contre l'extension de la libre circulation.
Aujourd'hui même l'ATS annonce l'intention du parti socialiste de recourir au référendum contre ces révisions législatives, car " Le texte enfreint les droits fondamentaux des requérants mais coûte aussi très cher aux cantons et aux communes".
Lire le communiqué de l'ATS
Lire le dossier sur TSR.ch
Ecouter l'interview de Hans-Jurg Fehr sur La Première.

lundi 16 mai 2005

Manifestation antiraciste à Bex


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Le TJ montre une "manifestation antiraciste" bien clairsemée et des micros-trottoirs de la population Béllerine qui montre un certain malaise pour ne pas dire un malaise certain...
Dans 24heures Riviera/Chablais de mardi, Estelle Bressoud rapporte sur cette manifestation spontanée.
Une bonbonne de couleur et un drap: les moyens réunis en ce samedi matin au Café City à Bex s’avèrent certes chiches, mais le cœur y est. «On en a marre que les gens de Bex passent pour des racistes», clame Marc Bally, l’instigateur de cette action échafaudée la veille. A coups de SMS, ce Bellerin de 34 ans déclarant agir à titre de «citoyen suisse sali par des actes gratuits» a réussi à rassembler une dizaine de personnes. Des autochtones surtout, qui partagent la même envie de soutenir les requérants d’asile victimes d’amalgames. «Il y a des dealers blancs, et asiatiques», s’insurge le jeune homme, en évoquant le «Nègres go home» taggé quelques jours plus tôt sur un mur public.

vendredi 13 mai 2005

Vaud: les requérants sont mal répartis

Voir la séquence du TJ soir de jeudi 12 mai.
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L'on y apprend que les centres de requérants sont implantés en fonction des prix du logement dans les régions. Ainsi il n'y a pas de centre dans l'Ouest vaudois (de Morges à Nyon) mais c'est dans les communes les moins favorisées que l'on trouve la FAREAS car les loyers et le prix de l'immobilier y sont plus bas.

Profanation d'un cimetière Juif à La Tour-de-Peilz


Décidément la justice vaudoise a bien du travail avec les comportements racistes dans l'Est vaudois. En première page de 24heures, Raphäel Delessert annonce cet acte odieux sans précédent depuis plus de 10 ans, le saccage d'une douzaine de tombes dans le cimetière israëlite de Vassin à La Tour-de-Peilz.
Les faits remontent probablement au week-end passé, anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale.
Il n'y a ni indice ni témoins de cet acte.

Le provocateur de Bex a été inculpé

Le garagiste bellerin irrascible (élu radical au Conseil Communal) qui a peint mardi des slogans racistes à l'égard des requérants d'asile africains a été inculpé.
Lire l'article de Jérôme Cachin dans la Liberté et Le Courrier.
L'homme est inculpé pour discrimination raciale, dommage à la propriété et lésions corporelles. «La discrimination raciale est poursuivie d'office, explique le juge. J'ai reçu aussi sept plaintes pour dommages à la propriété pour les inscriptions. J'estime qu'il devait y avoir environ une dizaine d'inscriptions en tout. Je l'ai aussi inculpé pour lésions corporelles à titre préventif, malgré l'absence de plainte à ce sujet, car certains témoins disent qu'il a frappé un requérant d'asile.»
Les requérants d'asile qui ont participé à l'expédition punitive de mardi soir ont pour leur part été entendu par la police judiciaire, dont les trois instigateurs en qualité de prévenus. La foule en colère ayant endommagé des panneaux et des voitures, des plaintes pour dommages à la propriété ont également été déposées par les lésés.

L'article annonce également que SOS racisme a déposé plainte et que la FAREAS attend le rapport de police pour déplacer éventuellement des fauteurs de trouble parmis les requérants. A moyen terme elle entend diminuer le nombre de personnes hébergées à Bex.

Les églises vaudoises s'opposent à l'interdiction de travail des déboutés

Dans un communiqué commun daté du 12 mai, le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) et le Vicariat épiscopal de l'Eglise catholique dans le canton de Vaud (ECV) expriment leur incompréhension face à l’interdiction de travail et d’apprentissage des requérants d’asile déboutés, annoncé par le Conseil d’Etat par communiqué de presse fin avril 2005.
Interdire le travail à ces personnes, c’est les frapper dans leur intégration sociale, leur capacité à se prendre en charge, leurs possibilités de tenir le coup et de supporter le déracinement. L'interdiction de travail et le désoeuvrement qui en découle ont des conséquences graves tant individuelles que collectives, d’autant plus que de nombreuses personnes ont travaillé depuis de longues années et étaient autonomes financièrement.