dimanche 9 août 2009

Les Eglises d’Europe s’unissent autour des migrants

La Conférence des Églises européennes (KEK) veut renforcer son action auprès des migrants et fait de 2010 une « Année européenne des Églises pour la migration »
Par-delà les frontières confessionnelles, le souci des migrants est devenu une priorité pour les Églises en Europe. Pour preuve, la Conférence des Églises européennes (KEK) – la plus vaste organisation œcuménique d’Europe, réunissant 124 Églises protestantes, anglicanes et orthodoxes – a décidé de consacrer l’année 2010 à promouvoir les droits des migrants et à rendre visible l’engagement des Églises à leurs côtés.
« Les migrants sont le témoignage du monde global dans lequel nous vivons, souligne Jean-Arnold de Clermont, qui achève son mandat à la tête de la KEK. Quand on parle de migration en Europe, la priorité est d’être garant de l’accueil que nous devons à ces personnes. »
Pour marquer l’inscription de cette cause au cœur de l’agenda des Églises, l’assemblée de la KEK, réunie à Lyon mi-juillet pour les 50 ans de la Conférence, a voté l’intégration en son sein de la Commission des Églises auprès des migrants en Europe (Ceme).
Le travail auprès des migrants devient ainsi le troisième pilier de la KEK, au même plan que le plaidoyer auprès des institutions européennes et le dialogue théologique entre les Églises. « Cette intégration va faciliter notre travail et donner plus de poids à l’engagement des Églises », se réjouit Doris Peschke, secrétaire générale de la Ceme.

"Nous sommes désormais à un carrefour"

Du travail, il n’en manquera pas pour les Églises… « Depuis plusieurs années, nous constatons une dégradation des conditions d’accueil en Europe, déplore Doris Peschke. Nous sommes désormais à un carrefour : l’Europe doit rééquilibrer la situation en faveur des migrants et des demandeurs d’asile. » Signe de cette Europe forteresse : la diminution drastique du nombre de demandeurs d’asile en Europe.
« Il est de plus en plus difficile d’atteindre le sol européen, condition nécessaire pour déposer une demande, souligne la responsable de la Ceme. Du coup, il y a aujourd’hui moins de demandeurs d’asile dans l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne que dans la seule Allemagne il y a dix ans. »
Les Églises d’Europe commencent aussi à prendre la mesure des transformations provoquées par la mondialisation dans le tissu ecclésial lui-même. « Pour les Églises minoritaires, comme les Églises protestantes italiennes, la transformation se fait sentir plus rapidement », souligne Alessia Passarelli, protestante italienne et présidente de la Fédération mondiale des étudiants chrétiens.
Cette diversité culturelle et confessionnelle croissante pose des questions inédites aux communautés.

Retisser l'unité dans un paysage ecclésial morcelé

« Quand des migrants arrivent dans une ville où il n’y a pas d’Église de leur confession, faut-il leur conseiller de changer de confession, ou les envoyer au culte à 50 km de chez eux, au risque que leur lien avec la communauté chrétienne se délite ? », interrogeait à Lyon un délégué finlandais, lors d’un atelier sur les migrations.
À ses côtés, un évêque luthérien russe partageait les difficultés de son Église. « Nous avons perdu 50 % de nos membres ces dernières années, confiait-il, intéressé d’apprendre comment ses fidèles pouvaient « conserver leurs liens avec l’Église à l’étranger ».
Les communautés chrétiennes de migrants, nombreuses et éclatées, ont aussi leurs propres défis. « Souvent elles louent les locaux des Églises locales pour leurs propres offices religieux, sans avoir de contact avec les chrétiens du lieu, note Doris Peschke. Nous devons aller plus loin, et ne pas limiter nos relations à la diaconie ou au service social. »
Mais comment retisser de l’unité dans un paysage ecclésial de plus en plus morcelé ? À la KEK, on sait que ce sera un enjeu des prochaines années. « L’éclatement des Églises de migrants ne facilite pas les choses, reconnaît June Becks, protestante d’origine indonésienne, responsable d’une association d’Églises de migrants aux Pays-Bas. Nous sommes divisés entre dénominations, mais aussi sur le plan culturel et ethnique. La seule chose que nous avons en commun – outre la foi – est d’être des migrants. Cela ne fait pas forcément une identité commune… »

Élodie MAUROT dans la Croix

REQUÉRANTS D'ASILE EUROCOMPATIBLES

6 août 2009 - MAGALIE GOUMAZ dans Le Nouvelliste -

DUBLINLa Suisse enregistre les premiers résultats de l'Accord Dublin qui permet de transférer une personne dans le pays où elle a déposé une première demande d'asile.

Malgré l'accord, les Etats concernés  tiennent à conserver leurs propres lois.  Difficile dans ces conditions de garantir un traitement équitable.  KEYSTONE/A

Ali a quitté le Niger en quête de jours meilleurs et confié toutes ses économies à un passeur. Il a traversé le désert, est arrivé en Libye où il a embarqué sur un rafiot qui lui a permis d'atteindre les côtes italiennes. Intercepté, enregistré, il a profité de l'attente pour s'échapper du centre de transit et poursuivre sa route en direction de la Suisse. Mais là, à Chiasso, on constate que ses données figurent déjà dans l'Eurodac. Qu'importe son mutisme sur son nom et son origine, les empreintes digitales sont claires: Ali est identifié et doit retourner en Italie où la procédure suit son cours et d'où il risque fort d'être renvoyé en Libye.

En juin 2005, le peuple suisse, en disant oui à l'Accord de Dublin, a accepté d'adhérer à ce système destiné à éviter qu'une même personne puisse déposer des requêtes dans différents pays et à permettre son renvoi dans le lieu d'entrée officiel en Europe. Selon les dernières statistiques de l'Office fédéral des migrations (ODM) pour le deuxième trimestre 2009, alors que 3454 demandes d'asile ont été déposées en Suisse, 1114 cas Dublin ont été confirmés, ce qui porte à 1678 le nombre de procédures ainsi réglées depuis le 12 décembre 2008, date de l'entrée en vigueur de l'accord. C'est plus que prévu, admet l'ODM, qui parlait de 20% des cas lors de la campagne en vue de la votation. En comparaison, la France affichait l'an dernier un taux de 14% de transferts vers un autre pays européen.

Cas d'exception

Pourtant, tout n'est pas rose sous le soleil de Dublin. Il y a quelques mois, le cas de Fahad, traducteur irakien apparaissant dans le film «La Forteresse», a fait couler beaucoup d'encre au moment de son transfert vers la Suède, d'où il risque toujours d'être renvoyé vers son pays d'origine. La Suisse aurait pu utiliser la clause de souveraineté et ouvrir sa propre procédure pour protéger un jeune homme menacé de mort pour avoir travaillé pour les forces américaines. Elle ne l'a pas fait, ce que déplore par exemple le socialiste genevois Carlo Sommaruga qui souhaiterait qu'on tienne mieux compte «des cas d'exception». Car l'accord permet une «certaine marge de manoeuvre qui n'est que rarement utilisée», dit-il.

Des cas d'exception, l'ODM en connaît pourtant! Ainsi, en ce moment, les personnes vulnérables (mineurs, familles avec enfants, malades, personnes âgées) ne sont pas renvoyées vers la Grèce qui subit une forte pression migratoire. Par contre, l'Italie, pays qui figure en tête des transferts depuis la Suisse, ne fait l'objet d'aucune restriction alors que l'afflux de migrants y est également important et que la procédure d'asile y est de plus en plus restrictive.

Garantir des traitements équitables

L'ODM, qui avoue ne pas connaître le destin des personnes qu'il transfère, part du principe que la Convention européenne des droit de l'homme est appliquée par tous les Etats signataires de l'accord Dublin, tout comme la Convention relative au statut des réfugiés.

Et c'est un des problèmes de Dublin. Alors que les défenseurs du droit d'asile partout en Europe s'inquiètent des politiques d'asile étatiques fort disparates ne garantissant pas des traitement équitables, les Etats concernés, eux, tiennent à conserver leurs propres lois. A l'ODM, Jonas Montani, porte-parole, répond à ce propos que le but de Dublin n'est pas d'harmoniser le droit d'asile mais de déterminer dans quel Etat la procédure doit être menée.

Ainsi, selon l'expérience de l'ODM, Dublin tel qu'il est défini est déjà un succès. La banque de données Eurodac donne des résultats en quelques heures si ce n'est quelques minutes. Depuis le 12 décembre 2008, 305 demandes de transfert ont été rejetées par le pays concerné, le plus souvent parce que le requérant y a fait l'objet d'une décision négative, a effectivement quitté le territoire avant de retenter sa chance, ce qui remet les compteurs à zéro. De son côté, la Suisse a dû reprendre 144 requérants et a rejeté 24 requêtes.

samedi 8 août 2009

L'immigration clandestine est désormais un délit

L'immigration clandestine dans la péninsule est désormais passible d'une amende de 5.000 à 10.000 euros.

Lors de la découverte dans le métro de plus de 100 immigrants illégaux, par la police de Rome, en avril dernier (Sipa)Lors de la découverte dans le métro de plus de 100 immigrants illégaux, par la police de Rome, en avril dernier (Sipa)

La loi italienne qui durcit la lutte contre la criminalité et l'immigration clandestine, est officiellement entrée en vigueur, samedi 8 août, avec la publication dans le Journal officiel des décrets d'application. Elle avait été adoptée définitivement par le Parlement italien début juillet.
L'immigration clandestine est désormais passible d'une amende de 5.000 à 10.000 euros. La loi prévoit ainsi que l'entrée, ou le séjour, illégaux sur le territoire italien deviennent un délit. Par ailleurs, le séjour des immigrés clandestins dans les centres d'identification et d'expulsion passe de deux à six mois tandis que les personnes louant un logement aux clandestins ou les hébergeant risquent jusqu'à trois ans de prison.


Prisons spéciales pour la mafia

Dans les autres mesures controversées de cette loi, figurent également un "registre des sans-abri" qui sera affiché par le ministère de l'Intérieur, ou encore l'introduction de rondes de citoyens pour assurer la sécurité dans certains quartiers de grandes villes. Ces rondes, qui existent déjà dans de nombreuses villes italiennes où les maires les avaient autorisées, seront désormais réglementées au niveau national.
En outre, la loi prévoit un nouveau délit, passible d'une peine de trois ans de prison, d'"outrage" aux membres des forces de l'ordre, renforce les mesures d'isolement des boss de la mafia, prévoyant des prisons spéciales pour eux, et s'occupe également de la sécurité routière. A ce propos, elle prévoit ainsi des mesures plus sévères pour les personnes conduisant sous l'effet de l'alcool, et une aggravation des peines si les infractions au code de la route sont commises de nuit, entre 19h et 07h.
Enfin, elle prévoit la possibilité d'enlever des points du permis de conduire même si l'infraction a été commise à vélo.
Nouvelobs.com

Italie: "même le fascisme n'était pas allé aussi loin"

Pétition contre les nouvelles lois raciales en Italie.

Ce qui se produit en Italie a toujours eu, bon gré mal gré, une influence extraordinaire sur la société européenne toute entière, depuis la Renaissance jusqu'au fascisme.

Mais ces évènements n'ont pas toujours été connus à temps.

On trouve en ce moment, dans les quotidiens européens, une grande attention concernant divers aspects de la crise qui touche notre pays. Nous considérons, cependant, qu'il est du devoir de ceux qui vivent en Italie de rappeler à l'attention de l'opinion publique européenne d'autres aspects restés dans l'ombre. Il s'agit de certains aspects de la législation italienne qui, si rien ne vient les empêcher, risquent de défigurer le visage de l'Europe et de faire reculer la cause des droits humains dans le monde entier.

Le gouvernement Berlusconi, sous prétexte de sécurité, a imposé au Parlement, qu'il garde sous contrôle, l'adoption de normes discriminatoires envers les immigrés, jamais vues en Europe depuis l'époque des lois raciales.

Le sujet passif de la discrimination a été remplacé. Il ne s'agit plus des juifs mais de la population des immigrés irréguliers, qui compte des centaines de milliers de personnes. Mais les dispositifs prévus par les lois raciales, comme l'interdiction des mariages mixtes, n'ont pas été changés.

Par cette interdiction, on empêche, en raison de leur nationalité, l'exercice d'un droit fondamental tel que celui de se marier, sans distinction d'ethnie ou de religion. Droit fondamental qui n'est pas supprimé seulement aux étrangers mais également aux italiens eux-mêmes.

Par une norme qui viole encore davantage la dignité humaine on a, en outre, introduit l'interdiction pour des femmes étrangères en situation d'irrégularité administrative, de reconnaître les enfants qu'elles ont elle mêmes mis aux monde.. Ainsi par la force d'une telle décision politique d'une majorité passagère, les enfants mis au monde par des femmes étrangères irrégulières deviendront pour toute leur vie les enfants de personne. Ils seront soustraits, enlevés à leurs mères et placés dans les mains de l'Etat. Même le fascisme n'était pas allé aussi loin. En effet les lois raciales introduites par ce régime en 1938 ne privaient pas les mères juives de leurs enfants, ni ne les obligeaient à avorter pour éviter la confiscation de leurs enfants par l'Etat. Nous ne nous adresserions pas à l'opinion publique européenne si la gravité de ces mesures n'était telle qu'elle dépasse toute frontière nationale et ne demandait une réaction responsable de toutes les personnes qui croient en une commune humanité.

L'Europe ne peut admettre qu'un de ses pays fondateurs rétrograde à des niveaux primitifs de cohabitation, en contradiction avec les lois internationales, les principes de garantie et de civilisation juridique sur lesquels se fonde la construction politique européenne elle-même.

Il est de l'intérêt et de l'honneur de nous tous européens que cela ne se produise pas.

L'opinion publique européenne doit prendre conscience de la pathologie qui vient de l'Italie et se mobiliser pour empêcher qu'elle se propage en Europe.

A chacun de choisir les formes opportunes pour manifester et faire valoir son opposition

Premiers signataires :

Andrea Camilleri, Antonio Tabucchi, Dacia Maraini, Dario Fo, Franca Rame, Moni Ovadia, Maurizio Scaparro, Gianni Amelio

Pour signer : http://temi.repubblica.it/micromega-online/camilleri-tabucchi-maraini-fo-rame-ovadia-scaparro-amelio-appello-contro-il-ritorno-delle-leggi-razziali-in-europa/ cliquez sur "FIRMA"

texte traduit par Ludmila Acone



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mercredi 5 août 2009

La cohabitation avec les requérants est parfois difficile à Sainte-Croix

L’établissement sainte-crix accueille 120 pensionnaires de 25 nationalités différentes. Les incivilités de certains réfugiés font grincer les dents d’une partie du voisinage. Photo Michel Duperrex Bruit, trafic de drogue: des voisins directs de l’EVAM réclament un encadrement accru des réfugiés du centre. Un article de Marie Nicollier pour 24 Heures.

Siégeant au milieu de la rue de l’Industrie, le centre EVAM (Etablissement vaudois d’accueil des migrants) de Sainte-Croix fait se côtoyer depuis onze ans habitants, commerçants et requérants d’asile. Si les résidents du quartier n’ont pas tous à se plaindre du comportement des réfugiés, certaines relations ne relèvent pas toujours du bon voisinage.

«Suivant les vagues d’arrivées, il se passe des choses totalement inacceptables, et ce n’est pas raciste que de dire qu’il y a des délinquants!» dénonce Marek Mogilewicz, dont la maison fait face au foyer. «Certains ont élu domicile devant chez moi. Ils restent sur l’escalier et bloquent l’accès. Je leur ai demandé gentiment de se déplacer mais j’ai récolté des insultes et des menaces. Ma femme aussi a droit à des remarques désobligeantes dès qu’elle sort. Chaque jour, je ramasse les détritus qu’ils laissent devant ma porte.»

Au No 5 de la rue, Mathilde Laville partage l’indignation de son voisin et a déjà interpellé l’EVAM et la police: «Je suis très fâchée! Il y a du bruit du matin au soir. Comment expliquer que les requérants, qui ont de la place derrière leur bâtiment, se tiennent toujours à côté des habitations? Il y a un problème d’encadrement.»

«La Migros de la drogue»

Une retraitée voisine du centre nuance les choses: «Le quartier n’est plus du tout tranquille, mais ce n’est pas forcément que de la faute des requérants.» Elle convient pourtant en avoir déjà vu se livrer au trafic de stupéfiants. Une situation qui scandalise Marek Mogilewicz: «C’est la Migros de la drogue! témoigne-t-il. Les transactions se font carrément en plein jour. C’est aux autorités d’assurer la surveillance des abords du centre et de garantir la sécurité de la population.»

«Du tapage nocturne et des problèmes de voisinage, il n’y en a pas qu’à l’EVAM, réagit le syndic de Sainte-Croix, Blaise Fattebert. Nous avons une cellule permanente qui suit les affaires liées au centre. Quant à la drogue, ce n’est pas parce qu’on voit du trafic que l’on n’intervient pas. La situation est sous contrôle.»

Pascal Rochat. Photo Valdemar Verissimo

«Le trafic de drogue
existe, mais il n’est pas
d’ampleur à déclencher
une fouille générale
du bâtiment»
PASCAL ROCHAT, RESPONSABLE
DE L’ACCUEIL ET DE
LA SOCIALISATION À L’EVAM

Pascal Rochat, responsable de la phase accueil et socialisation à l’EVAM de Sainte-Croix, en convient: «Le phénomène existe, mais il n’est pas d’ampleur à déclencher une fouille générale du bâtiment.» Les pensionnaires ont en outre droit à des cours sur le respect de la tranquillité du voisinage. «Des surveillants maintiennent l’ordre jour et nuit au sein du centre. Pour ce qui est de l’extérieur, nous travaillons avec la police cantonale si besoin est», précise Pascal Rochat.

En cas d’incivilités, des avertissements et des mesures de réduction du montant d’assistance ou d’exclusion sont prévues. La police cantonale confirme pour sa part être intervenue à plusieurs reprises à l’EVAM et assure que «les gendarmes de Sainte-Croix sont particulièrement attentifs à ce qui s’y passe».

mardi 4 août 2009

Vaud a eu la main trop lourde

La justice vaudoise est allée trop loin dans la répression de la migration illégale. Le Tribunal fédéral a annulé la peine infligée à un homme dont le seul tort était d’avoir hébergé ponctuellement une femme sans-papiers avec qui il entretenait une liaison amoureuse. Dans un arrêt du 17 juillet dernier, Mon-Repos estime que le Tribunal de police de l’Est vaudois «a violé le droit fédéral» en confirmant une condamnation à dix jours-amendes avec sursis et à une amende immédiate de 210 francs.



La sentence avait été prononcée en septembre 2008 par le préfet du district Riviera-Pays-d’Enhaut. Motif: l’homme aurait enfreint la loi fédérale sur les étrangers, qui punit «quiconque, en Suisse ou à l’étranger, facilite l’entrée, la sortie ou le séjour illégal d’un étranger ou participe à des préparatifs dans ce but».



La peine peut atteindre un an de prison ou 20000 francs d’amende. Particularité de la loi de 2005, combattue par la gauche et la droite humaniste: si le «cacheur» agit dans le cadre d’un groupe dont le but est d’aider des sans-papiers, la sanction maximale s’élève même à cinq ans de réclusion et à 500 000 francs d’amende! La justice vaudoise a pourtant réussi à se montrer plus sévère encore que le texte de loi. Le Tribunal fédéral juge en effet que le compagnon de la femme sans-papiers n’avait rien à se reprocher. Il ne l’a accueillie chez lui qu’occasionnellement, chaque fois pour une durée d’un jour ou deux. Il ne lui a donc «pas fourni une cachette, lui permettant de se soustraire au pouvoir d'intervention des autorités administratives (...)», écrivent les juges.



Or, pour que l’aide à une personne en situation irrégulière tombe sous le coup de la loi, il faut que l’action des autorités (par exemple une arrestation) s’en soit trouvée entravée. «Tout contact (avec un étranger en situation irrégulière, ndlr), qui rend plus agréable le séjour de celui-ci en Suisse, ne saurait être punissable», souligne Mon-Repos.



L’homme avait rencontré sa compagne en mars 2008. Leur relation s’était rapidement envenimée: en juin de la même année, il avait fait appel à la police pour forcer la femme à quitter son domicile. Dénoncé dans la foulée, «il a prétendu ignorer totalement le fait que cette personne était sans papiers, expliquant qu'on ne demandait pas ses papiers à la personne avec qui on entretenait une relation amoureuse», rapporte le Tribunal fédéral. I

Un ingénieux clandestin a franchi la Manche en se cachant dans un car rempli de policiers anglais

Un immigré clandestin a choisi la gueule du loup pour franchir la Manche: pour passer de la France à l'Angleterre, l'homme a eu l'ingénieuse idée de se cacher dans un autocar où se trouvaient des policiers britanniques. Le clandestin s'est glissé dans l'étroit espace situé entre le réservoir et le châssis du bus, a indiqué le ministère britannique de l'Intérieur. Ironie de l'histoire, l'autocar transportait au moins une vingtaine d'agents chargés, affirme le "Daily Mail" de samedi, de lutter contre... l'immigration illégale aux frontières. Le malin clandestin n'a pas pu être rattrapé. (SWISS TXT)

Sans-papiers: Vaud a eu la main trop lourde, amende annulée

AMENDE ANNULÉE - Sans-papiers: Vaud a eu la main trop lourde

MICHAËL RODRIGUEZ

La justice vaudoise est allée trop loin dans la répression de la migration illégale. Le Tribunal fédéral a annulé la peine infligée à un homme dont le seul tort était d’avoir hébergé ponctuellement une femme sans-papiers avec qui il entretenait une liaison amoureuse. Dans un arrêt du 17 juillet dernier, Mon-Repos estime que le Tribunal de police de l’Est vaudois «a violé le droit fédéral» en confirmant une condamnation à dix jours-amendes avec sursis et à une amende immédiate de 210 francs.

La sentence avait été prononcée en septembre 2008 par le préfet du district Riviera-Pays-d’Enhaut. Motif: l’homme aurait enfreint la loi fédérale sur les étrangers, qui punit «quiconque, en Suisse ou à l’étranger, facilite l’entrée, la sortie ou le séjour illégal d’un étranger ou participe à des préparatifs dans ce but».

La peine peut atteindre un an de prison ou 20000 francs d’amende. Particularité de la loi de 2005, combattue par la gauche et la droite humaniste: si le «cacheur» agit dans le cadre d’un groupe dont le but est d’aider des sans-papiers, la sanction maximale s’élève même à cinq ans de réclusion et à 500 000 francs d’amende! La justice vaudoise a pourtant réussi à se montrer plus sévère encore que le texte de loi. Le Tribunal fédéral juge en effet que le compagnon de la femme sans-papiers n’avait rien à se reprocher. Il ne l’a accueillie chez lui qu’occasionnellement, chaque fois pour une durée d’un jour ou deux. Il ne lui a donc «pas fourni une cachette, lui permettant de se soustraire au pouvoir d'intervention des autorités administratives (...)», écrivent les juges.

Or, pour que l’aide à une personne en situation irrégulière tombe sous le coup de la loi, il faut que l’action des autorités (par exemple une arrestation) s’en soit trouvée entravée. «Tout contact (avec un étranger en situation irrégulière, ndlr), qui rend plus agréable le séjour de celui-ci en Suisse, ne saurait être punissable», souligne Mon-Repos.

L’homme avait rencontré sa compagne en mars 2008. Leur relation s’était rapidement envenimée: en juin de la même année, il avait fait appel à la police pour forcer la femme à quitter son domicile. Dénoncé dans la foulée, «il a prétendu ignorer totalement le fait que cette personne était sans papiers, expliquant qu'on ne demandait pas ses papiers à la personne avec qui on entretenait une relation amoureuse», rapporte le Tribunal fédéral. I

Il manque de temps, d’un rein et d’un visa pour la vie

Un jeune Kosovar gravement malade des reins peine à obtenir un visa pour la Suisse: il aimerait subir une greffe au CHUV. Son frère et sa belle-sœur s’en indignent depuis une année et tentent d’accélérer la manœuvre. Un article de Laurent Grabet dans 24 Heures.

Le jeune Alban Sallahaj, 16 ans, espère pouvoir venir bientôt se faire greffer du rein en Suisse. Pour l’instant, il est hospitalisé au Kosovo. LDD Adem Sallahaj est un solide Kosovar aux mains de bûcheron. L’Yverdonnois a pourtant l’air bien fragile lorsque, attablé dans un bistrot lausannois, il parle de son petit frère resté au pays avec le reste de sa fratrie. D’ailleurs, il laisse à son énergique épouse, Nathalie, le soin de le faire: «Pour l’administration, qui tarde à lui délivrer un visa, Alban n’est qu’un numéro. Pour nous, c’est un proche qui risque de mourir faute de soins.»

Plus le temps passe et plus la frontière entre la vie et la mort prend en effet la forme d’un sésame à destination de la Suisse pour le jeune Alban Sallahaj. Le Kosovar de 16 ans, atteint d’une grave maladie rénale qui ne peut se traiter correctement au Kosovo, doit subir un greffe du rein. Après avoir été sollicité par la belle-sœur, Nathalie, l’Etat du Kosovo a versé dès octobre 2008 quelque 7400 francs au CHUV pour financer ce qui à l’époque ne devait être qu’une biopsie.

Lourdes procédures administratives

Mais le «visa séjour-visite», sollicité il y a plus d’un an, tarde à être accordé. L’ambassade de Suisse au Kosovo avait d’ailleurs refusé de le délivrer en septembre dernier. La famille Sallahaj avait donc ensuite fait recours contre cette décision auprès de l’Office des migrations (ODM), à Berne. Lequel s’était adressé au Service de la population du canton de Vaud (SPOP), où le dossier est en cours de traitement. Le choix d’une personne garante peu fiable a ralenti la procédure. «Le garant sert à éviter que le visiteur à qui le visa est accordé ne s’évanouisse dans la nature, précise Denis Pittet, porte-parole du Département vaudois de l’intérieur. Mais le nouveau garant est sûr et le SPOP va probablement préaviser positivement ce dossier dès cette semaine.» Cette «affaire d’une limpidité toute administrative» ne sera alors pas bouclée pour autant. La balle se retrouvera en effet ensuite dans le camp de l’ODM, à qui reviendra la décision finale d’accorder ou non le précieux visa. «La durée moyenne d’attente est de huit semaines, mais dans certains cas graves, elle peut se prendre en seulement une journée», précise Marie Avet, la porte-parole de l’office.

«Ce cas est lourd, délicat et tragique», confirme Darcy Christen. Le porte-parole du CHUV précise toutefois que son établissement ne s’est engagé que sur une assistance au diagnostic via une biopsie. «Et aujourd’hui, explique-t-il, le jeune malade semble souffrir d’une insuffisance rénale en phase terminale, et une greffe paraît s’imposer, ce qui rend la prise en charge beaucoup plus complexe et coûteuse. Se poseraient notamment les questions d’un donneur compatible et de l’accès régulier aux immunosuppresseurs. Et il n’y a pas eu d’engagement de notre part à ce niveau.» Le fait que le frère et la belle-sœur du jeune malade soient prêts à lui donner un rein pourrait aider, mais il n’est pas sûr qu’ils soient compatibles.

«Pour Alban, le temps presse!»

Depuis une année, Nathalie et Adem Sallahaj font des pieds et des mains pour que le jeune Alban puisse obtenir un visa à destination de la Suisse. LAUSANNE, LE 30 JUILLET 2009, Zoé Jobin En attendant, le temps presse d’après Adem Sallahaj. L’homme a rendu visite à son petit frère à l’hôpital de Pristina il y a quelques jours. «C’était dur! En une année, son état s’est beaucoup détérioré. Aujourd’hui, il vomit sans cesse, a de la tension artérielle et un sang de mauvaise qualité. Je suis très inquiet.»

Il est permis d’avoir une idylle avec une clandestine

Le canton a puni un homme pour avoir hébergé une femme sans papiers. Mon-Repos l’absout.

La brève idylle d’une femme sans papiers et d’un quinquagénaire, jugé coupable d’infraction à la loi sur les étrangers pour l’avoir hébergée quelques nuits, ne finira pas par une sanction pénale. Le Tribunal fédéral (TF) annule un verdict des autorités vaudoises.

L’homme ignorait que sa nouvelle conquête était en situation irrégulière et qu’elle ne disposait pas d’une autorisation de séjour. Il l’avait rencontrée huit ou neuf fois. A chaque occasion, elle était restée un ou deux jours, passant la nuit chez lui. Après une dispute, il avait souhaité qu’elle quitte son domicile et, parce qu’elle s’y opposait, avait appelé le 117. Une initiative qui s’était retournée contre lui puisque les agents, constatant que la jeune femme n’avait pas de papiers, avaient dénoncé l’ex-amant, coupable à leurs yeux d’avoir «facilité un séjour illégal en Suisse».

Renvoyé devant le préfet de Riviera-Pays-d’Enhaut, le quinquagénaire avait écopé d’une amende de 210 francs et d’une peine pécuniaire de 10 jours-amendes à 30 francs avec sursis. En février, le Tribunal de police de l’Est vaudois avait confirmé la sanction.

Saisi d’un ultime recours, le TF ne voit rien de mal dans le comportement du quinquagénaire. L’octroi d’un gîte pour quelques jours ne témoigne pas d’une volonté délictueuse, estime la Haute Cour, qui annule la sanction des autorités vaudoises.

ATS