mercredi 5 août 2009

La cohabitation avec les requérants est parfois difficile à Sainte-Croix

L’établissement sainte-crix accueille 120 pensionnaires de 25 nationalités différentes. Les incivilités de certains réfugiés font grincer les dents d’une partie du voisinage. Photo Michel Duperrex Bruit, trafic de drogue: des voisins directs de l’EVAM réclament un encadrement accru des réfugiés du centre. Un article de Marie Nicollier pour 24 Heures.

Siégeant au milieu de la rue de l’Industrie, le centre EVAM (Etablissement vaudois d’accueil des migrants) de Sainte-Croix fait se côtoyer depuis onze ans habitants, commerçants et requérants d’asile. Si les résidents du quartier n’ont pas tous à se plaindre du comportement des réfugiés, certaines relations ne relèvent pas toujours du bon voisinage.

«Suivant les vagues d’arrivées, il se passe des choses totalement inacceptables, et ce n’est pas raciste que de dire qu’il y a des délinquants!» dénonce Marek Mogilewicz, dont la maison fait face au foyer. «Certains ont élu domicile devant chez moi. Ils restent sur l’escalier et bloquent l’accès. Je leur ai demandé gentiment de se déplacer mais j’ai récolté des insultes et des menaces. Ma femme aussi a droit à des remarques désobligeantes dès qu’elle sort. Chaque jour, je ramasse les détritus qu’ils laissent devant ma porte.»

Au No 5 de la rue, Mathilde Laville partage l’indignation de son voisin et a déjà interpellé l’EVAM et la police: «Je suis très fâchée! Il y a du bruit du matin au soir. Comment expliquer que les requérants, qui ont de la place derrière leur bâtiment, se tiennent toujours à côté des habitations? Il y a un problème d’encadrement.»

«La Migros de la drogue»

Une retraitée voisine du centre nuance les choses: «Le quartier n’est plus du tout tranquille, mais ce n’est pas forcément que de la faute des requérants.» Elle convient pourtant en avoir déjà vu se livrer au trafic de stupéfiants. Une situation qui scandalise Marek Mogilewicz: «C’est la Migros de la drogue! témoigne-t-il. Les transactions se font carrément en plein jour. C’est aux autorités d’assurer la surveillance des abords du centre et de garantir la sécurité de la population.»

«Du tapage nocturne et des problèmes de voisinage, il n’y en a pas qu’à l’EVAM, réagit le syndic de Sainte-Croix, Blaise Fattebert. Nous avons une cellule permanente qui suit les affaires liées au centre. Quant à la drogue, ce n’est pas parce qu’on voit du trafic que l’on n’intervient pas. La situation est sous contrôle.»

Pascal Rochat. Photo Valdemar Verissimo

«Le trafic de drogue
existe, mais il n’est pas
d’ampleur à déclencher
une fouille générale
du bâtiment»
PASCAL ROCHAT, RESPONSABLE
DE L’ACCUEIL ET DE
LA SOCIALISATION À L’EVAM

Pascal Rochat, responsable de la phase accueil et socialisation à l’EVAM de Sainte-Croix, en convient: «Le phénomène existe, mais il n’est pas d’ampleur à déclencher une fouille générale du bâtiment.» Les pensionnaires ont en outre droit à des cours sur le respect de la tranquillité du voisinage. «Des surveillants maintiennent l’ordre jour et nuit au sein du centre. Pour ce qui est de l’extérieur, nous travaillons avec la police cantonale si besoin est», précise Pascal Rochat.

En cas d’incivilités, des avertissements et des mesures de réduction du montant d’assistance ou d’exclusion sont prévues. La police cantonale confirme pour sa part être intervenue à plusieurs reprises à l’EVAM et assure que «les gendarmes de Sainte-Croix sont particulièrement attentifs à ce qui s’y passe».

mardi 4 août 2009

Vaud a eu la main trop lourde

La justice vaudoise est allée trop loin dans la répression de la migration illégale. Le Tribunal fédéral a annulé la peine infligée à un homme dont le seul tort était d’avoir hébergé ponctuellement une femme sans-papiers avec qui il entretenait une liaison amoureuse. Dans un arrêt du 17 juillet dernier, Mon-Repos estime que le Tribunal de police de l’Est vaudois «a violé le droit fédéral» en confirmant une condamnation à dix jours-amendes avec sursis et à une amende immédiate de 210 francs.



La sentence avait été prononcée en septembre 2008 par le préfet du district Riviera-Pays-d’Enhaut. Motif: l’homme aurait enfreint la loi fédérale sur les étrangers, qui punit «quiconque, en Suisse ou à l’étranger, facilite l’entrée, la sortie ou le séjour illégal d’un étranger ou participe à des préparatifs dans ce but».



La peine peut atteindre un an de prison ou 20000 francs d’amende. Particularité de la loi de 2005, combattue par la gauche et la droite humaniste: si le «cacheur» agit dans le cadre d’un groupe dont le but est d’aider des sans-papiers, la sanction maximale s’élève même à cinq ans de réclusion et à 500 000 francs d’amende! La justice vaudoise a pourtant réussi à se montrer plus sévère encore que le texte de loi. Le Tribunal fédéral juge en effet que le compagnon de la femme sans-papiers n’avait rien à se reprocher. Il ne l’a accueillie chez lui qu’occasionnellement, chaque fois pour une durée d’un jour ou deux. Il ne lui a donc «pas fourni une cachette, lui permettant de se soustraire au pouvoir d'intervention des autorités administratives (...)», écrivent les juges.



Or, pour que l’aide à une personne en situation irrégulière tombe sous le coup de la loi, il faut que l’action des autorités (par exemple une arrestation) s’en soit trouvée entravée. «Tout contact (avec un étranger en situation irrégulière, ndlr), qui rend plus agréable le séjour de celui-ci en Suisse, ne saurait être punissable», souligne Mon-Repos.



L’homme avait rencontré sa compagne en mars 2008. Leur relation s’était rapidement envenimée: en juin de la même année, il avait fait appel à la police pour forcer la femme à quitter son domicile. Dénoncé dans la foulée, «il a prétendu ignorer totalement le fait que cette personne était sans papiers, expliquant qu'on ne demandait pas ses papiers à la personne avec qui on entretenait une relation amoureuse», rapporte le Tribunal fédéral. I

Un ingénieux clandestin a franchi la Manche en se cachant dans un car rempli de policiers anglais

Un immigré clandestin a choisi la gueule du loup pour franchir la Manche: pour passer de la France à l'Angleterre, l'homme a eu l'ingénieuse idée de se cacher dans un autocar où se trouvaient des policiers britanniques. Le clandestin s'est glissé dans l'étroit espace situé entre le réservoir et le châssis du bus, a indiqué le ministère britannique de l'Intérieur. Ironie de l'histoire, l'autocar transportait au moins une vingtaine d'agents chargés, affirme le "Daily Mail" de samedi, de lutter contre... l'immigration illégale aux frontières. Le malin clandestin n'a pas pu être rattrapé. (SWISS TXT)

Sans-papiers: Vaud a eu la main trop lourde, amende annulée

AMENDE ANNULÉE - Sans-papiers: Vaud a eu la main trop lourde

MICHAËL RODRIGUEZ

La justice vaudoise est allée trop loin dans la répression de la migration illégale. Le Tribunal fédéral a annulé la peine infligée à un homme dont le seul tort était d’avoir hébergé ponctuellement une femme sans-papiers avec qui il entretenait une liaison amoureuse. Dans un arrêt du 17 juillet dernier, Mon-Repos estime que le Tribunal de police de l’Est vaudois «a violé le droit fédéral» en confirmant une condamnation à dix jours-amendes avec sursis et à une amende immédiate de 210 francs.

La sentence avait été prononcée en septembre 2008 par le préfet du district Riviera-Pays-d’Enhaut. Motif: l’homme aurait enfreint la loi fédérale sur les étrangers, qui punit «quiconque, en Suisse ou à l’étranger, facilite l’entrée, la sortie ou le séjour illégal d’un étranger ou participe à des préparatifs dans ce but».

La peine peut atteindre un an de prison ou 20000 francs d’amende. Particularité de la loi de 2005, combattue par la gauche et la droite humaniste: si le «cacheur» agit dans le cadre d’un groupe dont le but est d’aider des sans-papiers, la sanction maximale s’élève même à cinq ans de réclusion et à 500 000 francs d’amende! La justice vaudoise a pourtant réussi à se montrer plus sévère encore que le texte de loi. Le Tribunal fédéral juge en effet que le compagnon de la femme sans-papiers n’avait rien à se reprocher. Il ne l’a accueillie chez lui qu’occasionnellement, chaque fois pour une durée d’un jour ou deux. Il ne lui a donc «pas fourni une cachette, lui permettant de se soustraire au pouvoir d'intervention des autorités administratives (...)», écrivent les juges.

Or, pour que l’aide à une personne en situation irrégulière tombe sous le coup de la loi, il faut que l’action des autorités (par exemple une arrestation) s’en soit trouvée entravée. «Tout contact (avec un étranger en situation irrégulière, ndlr), qui rend plus agréable le séjour de celui-ci en Suisse, ne saurait être punissable», souligne Mon-Repos.

L’homme avait rencontré sa compagne en mars 2008. Leur relation s’était rapidement envenimée: en juin de la même année, il avait fait appel à la police pour forcer la femme à quitter son domicile. Dénoncé dans la foulée, «il a prétendu ignorer totalement le fait que cette personne était sans papiers, expliquant qu'on ne demandait pas ses papiers à la personne avec qui on entretenait une relation amoureuse», rapporte le Tribunal fédéral. I

Il manque de temps, d’un rein et d’un visa pour la vie

Un jeune Kosovar gravement malade des reins peine à obtenir un visa pour la Suisse: il aimerait subir une greffe au CHUV. Son frère et sa belle-sœur s’en indignent depuis une année et tentent d’accélérer la manœuvre. Un article de Laurent Grabet dans 24 Heures.

Le jeune Alban Sallahaj, 16 ans, espère pouvoir venir bientôt se faire greffer du rein en Suisse. Pour l’instant, il est hospitalisé au Kosovo. LDD Adem Sallahaj est un solide Kosovar aux mains de bûcheron. L’Yverdonnois a pourtant l’air bien fragile lorsque, attablé dans un bistrot lausannois, il parle de son petit frère resté au pays avec le reste de sa fratrie. D’ailleurs, il laisse à son énergique épouse, Nathalie, le soin de le faire: «Pour l’administration, qui tarde à lui délivrer un visa, Alban n’est qu’un numéro. Pour nous, c’est un proche qui risque de mourir faute de soins.»

Plus le temps passe et plus la frontière entre la vie et la mort prend en effet la forme d’un sésame à destination de la Suisse pour le jeune Alban Sallahaj. Le Kosovar de 16 ans, atteint d’une grave maladie rénale qui ne peut se traiter correctement au Kosovo, doit subir un greffe du rein. Après avoir été sollicité par la belle-sœur, Nathalie, l’Etat du Kosovo a versé dès octobre 2008 quelque 7400 francs au CHUV pour financer ce qui à l’époque ne devait être qu’une biopsie.

Lourdes procédures administratives

Mais le «visa séjour-visite», sollicité il y a plus d’un an, tarde à être accordé. L’ambassade de Suisse au Kosovo avait d’ailleurs refusé de le délivrer en septembre dernier. La famille Sallahaj avait donc ensuite fait recours contre cette décision auprès de l’Office des migrations (ODM), à Berne. Lequel s’était adressé au Service de la population du canton de Vaud (SPOP), où le dossier est en cours de traitement. Le choix d’une personne garante peu fiable a ralenti la procédure. «Le garant sert à éviter que le visiteur à qui le visa est accordé ne s’évanouisse dans la nature, précise Denis Pittet, porte-parole du Département vaudois de l’intérieur. Mais le nouveau garant est sûr et le SPOP va probablement préaviser positivement ce dossier dès cette semaine.» Cette «affaire d’une limpidité toute administrative» ne sera alors pas bouclée pour autant. La balle se retrouvera en effet ensuite dans le camp de l’ODM, à qui reviendra la décision finale d’accorder ou non le précieux visa. «La durée moyenne d’attente est de huit semaines, mais dans certains cas graves, elle peut se prendre en seulement une journée», précise Marie Avet, la porte-parole de l’office.

«Ce cas est lourd, délicat et tragique», confirme Darcy Christen. Le porte-parole du CHUV précise toutefois que son établissement ne s’est engagé que sur une assistance au diagnostic via une biopsie. «Et aujourd’hui, explique-t-il, le jeune malade semble souffrir d’une insuffisance rénale en phase terminale, et une greffe paraît s’imposer, ce qui rend la prise en charge beaucoup plus complexe et coûteuse. Se poseraient notamment les questions d’un donneur compatible et de l’accès régulier aux immunosuppresseurs. Et il n’y a pas eu d’engagement de notre part à ce niveau.» Le fait que le frère et la belle-sœur du jeune malade soient prêts à lui donner un rein pourrait aider, mais il n’est pas sûr qu’ils soient compatibles.

«Pour Alban, le temps presse!»

Depuis une année, Nathalie et Adem Sallahaj font des pieds et des mains pour que le jeune Alban puisse obtenir un visa à destination de la Suisse. LAUSANNE, LE 30 JUILLET 2009, Zoé Jobin En attendant, le temps presse d’après Adem Sallahaj. L’homme a rendu visite à son petit frère à l’hôpital de Pristina il y a quelques jours. «C’était dur! En une année, son état s’est beaucoup détérioré. Aujourd’hui, il vomit sans cesse, a de la tension artérielle et un sang de mauvaise qualité. Je suis très inquiet.»

Il est permis d’avoir une idylle avec une clandestine

Le canton a puni un homme pour avoir hébergé une femme sans papiers. Mon-Repos l’absout.

La brève idylle d’une femme sans papiers et d’un quinquagénaire, jugé coupable d’infraction à la loi sur les étrangers pour l’avoir hébergée quelques nuits, ne finira pas par une sanction pénale. Le Tribunal fédéral (TF) annule un verdict des autorités vaudoises.

L’homme ignorait que sa nouvelle conquête était en situation irrégulière et qu’elle ne disposait pas d’une autorisation de séjour. Il l’avait rencontrée huit ou neuf fois. A chaque occasion, elle était restée un ou deux jours, passant la nuit chez lui. Après une dispute, il avait souhaité qu’elle quitte son domicile et, parce qu’elle s’y opposait, avait appelé le 117. Une initiative qui s’était retournée contre lui puisque les agents, constatant que la jeune femme n’avait pas de papiers, avaient dénoncé l’ex-amant, coupable à leurs yeux d’avoir «facilité un séjour illégal en Suisse».

Renvoyé devant le préfet de Riviera-Pays-d’Enhaut, le quinquagénaire avait écopé d’une amende de 210 francs et d’une peine pécuniaire de 10 jours-amendes à 30 francs avec sursis. En février, le Tribunal de police de l’Est vaudois avait confirmé la sanction.

Saisi d’un ultime recours, le TF ne voit rien de mal dans le comportement du quinquagénaire. L’octroi d’un gîte pour quelques jours ne témoigne pas d’une volonté délictueuse, estime la Haute Cour, qui annule la sanction des autorités vaudoises.

ATS

lundi 3 août 2009

Blamons les réfugiés (Canada)

Ottawa a pris au mois de juillet, en l'espace d'une semaine, une série de décisions qui affectent radicalement le sort des demandeurs d'asile qui viennent, en toute bonne foi, frapper à la porte du Canada pour y trouver refuge. Ces nouvelles mesures ont le tort de laisser entendre que le système d'accueil canadien est inondé d'abuseurs.


La décision la plus médiatisée du gouvernement Harper a été d'imposer, à la mi-juillet, des visas aux voyageurs en provenance du Mexique et de la République tchèque dans le but d'endiguer la flambée de demandeurs d'asile. Décision maladroite, en particulier à l'égard des touristes mexicains qui viennent l'été visiter le Canada par milliers. Non pas que la mesure visant à freiner l'arrivée en nombre croissant de Roms tchèques ne fasse pas également sourciller: un rapport de la Commission canadienne de l'immigration et du statut de réfugié, rendu public lundi dernier, conclut clairement à la persécution de cette minorité...

Moins polémique, parce que beaucoup plus complexe, a été la décision fédérale, annoncée il y a une dizaine de jours, de lever le moratoire sur les renvois de ressortissants venus ici en provenance du Burundi, du Rwanda et du Liberia, au prétexte que la situation dans leur pays est redevenue raisonnablement sûre. La mesure affecterait à l'échelle canadienne environ 2000 personnes, dont quelques centaines au Québec.

Dans le même souffle, Ottawa annonçait aussi ce jour-là que les ressortissants de l'Afghanistan, de la République démocratique du Congo, de l'Irak, du Zimbabwe et d'Haïti ne pourraient plus dorénavant faire une demande d'asile en arrivant par voie terrestre à la frontière canadienne, ce que leur permettait jusque-là une exception à l'entente canado-américaine sur les tiers pays sûrs, un accord de collaboration migratoire dont la Cour fédérale du Canada a jugé en 2007 qu'il violait les droits des réfugiés, vu les faiblesses du système d'asile américain. Les Haïtiens sont, de très loin, les premiers touchés par la levée de cette exemption, annoncée au moment précis où 30 000 réfugiés haïtiens vivant en Floride sont menacés d'expulsion par Washington.

Jason Kenny, ministre de l'Immigration, a justifié très populistement l'ensemble de ces mesures en affirmant qu'il fallait rénover le système d'accueil canadien afin de bloquer la route à tous ceux qui abusent de la générosité du Canada en faisant de fausses déclarations de persécution. Il promet pour bientôt une réforme -- ce qui est inquiétant. Car on soupçonne cette promesse de réforme d'être moins destinée à rendre le système plus intelligent qu'à trouver -- sur le dos des réfugiés -- un palliatif aux problèmes que vit la Commission de l'immigration, où la pénurie criante de personnel fait en sorte que ses commissaires ne suffisent pas à la tâche. S'il faut en croire le Conseil canadien des réfugiés, les mesures annoncées ces dernières semaines pourraient fermer la porte à 40 % des revendicateurs. Dans l'immédiat, donc, le ministre aurait presque à moitié réglé son problème bureaucratique.

Ainsi, Ottawa trahit l'esprit de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, que le Canada a signée en 1969, et celui de sa Charte des droits et libertés. Les lois protégeant les revendicateurs sont, par définition, destinées à répondre à des urgences. Le Mexique en est une: les demandes d'asile en provenance de ce pays ont presque triplé depuis 2005, pour atteindre l'année dernière plus de 9000. Ce qui ne veut évidemment pas dire que tous ces demandeurs méritaient le statut de réfugié, dont la définition est par ailleurs étroite. En fait, seulement 11 % des demandes ont été acceptées. Cela signifie en revanche, non pas qu'ils sont une bande d'abuseurs, mais que des milliers de Mexicains craignent à ce point pour leur sécurité qu'ils sont prêts à faire le geste radical de quitter leur pays.

Bon an, mal an, 750 000 personnes font dans le monde des demandes d'asile, alors que les camps de réfugiés abritent sur la planète entre 10 et 15 millions de personnes, essentiellement dans les pays en voie de développement. Là encore, la générosité du Canada, qui reçoit entre 30 000 et 40 000 revendicateurs par année, mérite d'être relativisée. C'est au demeurant l'ouverture extraordinaire de notre système -- décriée par M. Kenny -- qui fait du Canada le pays occidental qui souffre le moins de l'épineux problème de l'immigration illégale. Le risque est que les mesures annoncées par Ottawa, qui sont rétrogrades, en poussent certains à la clandestinité.

samedi 1 août 2009

Des réfugiés iraniens, nouveaux arrivés dans la « jungle » calaisienne

Le campement sommaire est composé d'une bâche tendue sur quelques tentes igloo. PHOTO « LA VOIX »

Depuis quelques mois, une dizaine d'Iraniens campent dans la « jungle » de Calais. Tous ces immigrés en situation irrégulière fuient les répressions policières dans leur pays. Depuis leur camp de fortune, ils essaient chaque jour de passer en Angleterre. Un article de Julien Duriez dans la Voix du Nord.

En cette fin d'après-midi, l'ambiance est joyeuse dans le camp des Iraniens. Les bénévoles de l'association d'aide aux migrants Salam viennent de livrer des vivres. Des carottes, du pain, du thé et, surprise du jour, une petite boite de chocolat, qui est vite partagée par Mahmud, Hassan, et les autres.

Installés à l'écart de la « jungle » des Afghans, où campent 800 personnes dans des conditions d'hygiène sordides, les Iraniens sont une bonne dizaine, que des hommes âgés entre 20 et 30 ans. Ils viennent des grandes villes du pays, Téhéran ou Shiraz.

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vendredi 31 juillet 2009

1ER AOÛT: PAS BESOIN DE PASSEPORT POUR SE SENTIR SUISSE

RACHAD ARMANIOS

Suisse«Je ne suis pas du genre à mettre un drapeau suisse à ma fenêtre pour le 1er Août. Ni un drapeau de l'Espagne le jour de sa fête nationale.» Pas «nationaliste» pour un sou, dit-elle, Suzy Castro est à 56 ans en paix totale avec son identité mixte. Née d'une famille modeste dans un village de Léon, quelque part sur le chemin de Compostelle, elle dit y avoir gardé ses racines. Elle l'a quitté à 18 ans. Mais après trente-huit années à Genève, elle peut l'affirmer: «Le 1er Août est aussi ma fête, cela m'appartient.» Elle sait vaguement que ce jour consacre un pacte conclu entre trois cantons primitifs, mais la Suisse mythologique l'intéresse peu: «Derrière la carte postale montrant Heidi, le Jet d'eau et l'Horloge fleurie, il y a la souffrance au travail, les inégalités de richesse, le rejet des sans-papiers, mais aussi la démocratie et le pouvoir de faire changer les choses.»
Suzy Castro, représentante du personnel au conseil d'administration des Hôpitaux universitaires de Genève, s'est frottée dès son arrivée en Suisse à sa réalité laborieuse. Suivant son frère sur le chemin de la migration, elle a été engagée comme aide-soignante dans une maison de retraite.


La démocratie

Quittant l'Espagne de Franco, elle a rapidement compris que le voyage n'était pas un aller-retour. «Chez moi, j'étais déjà un peu politisée. Je participais à des réunions des Jeunesses ouvrières chrétiennes, l'un des rares espaces d'expression. En Suisse, j'ai connu mes premiers pas en démocratie, c'était magnifique.»
Elle se souvient de l'apprentissage de la langue, évoque les réunions dans des cercles espagnols qui l'ont beaucoup aidée à s'adapter. Loin de l'enfermer dans une communauté, cette proximité avec des compatriotes, puis avec des migrants venant du monde entier, lui a permis de s'ouvrir à la société suisse, raconte-t-elle.
Mais la clé de son intégration réussie, poursuit-elle, a été son engagement professionnel et syndical, puis dans des causes politiques comme le soutien aux sans-papiers ou le droit de vote pour les étrangers.
«Les communes font peu pour aider les nouveaux venus à s'intégrer. Pour beaucoup de femmes, la socialisation s'est faite à travers les enfants. Mais je n'en ai pas eu et ne me suis pas mariée.» A Genève, elle a décroché l'équivalent d'un bac puis a suivi une formation comme psychomotricienne.
Loin de ses parents, elle a remplacé sa famille par un large cercle d'amis et de connaissances de toutes nationalités. Dont, bien sûr, des Espagnols. Mais les adresses du carnet qu'elle conserve depuis ses 18 ans sont pour la plupart biffées. «Beaucoup sont rentrés chez eux. Pour moi, c'est une déchirure.»


Souffrances

Elle peut être réciproque: «Ceux qui ont une première fois tout quitté laissent derrière eux des amis, des enfants et des petits-enfants en rentrant au pays. J'ai des connaissances qui regrettent la Suisse. Ils disent qu'elle est mieux organisée. Qu'ils y étaient mieux.» Mais ce n'est pas forcément vrai: Suzy Castro évoque alors les souffrances de compatriotes parfois aigris ou déprimés pour souligner combien la migration peut être dure à vivre. «En Suisse, des étrangers se sont usés au travail pour de petits salaires, dans le bâtiment ou la restauration. Avec l'âge, certains y ont laissé leur santé ou ont été victimes des restructurations dans les entreprises. La retraite venue, ou avant, leurs maigres perspectives économiques les ont poussés à rentrer.»
Cette non-reconnaissance du travail effectué – que Suzy Castro analyse comme une forme d'ingratitude de la part de la Suisse – fait des dégâts: «L'estime de soi en prend un coup. C'est comme si on vous essore.» Mais les choses sont plus complexes, nuance-t-elle. «Chacun, selon ses capacités et son vécu, est ou non capable de digérer les traumatismes, comme un séjour illégal ou le rejet. Surtout, il faut le dire, les migrants sont en général reconnaissants d'avoir pu faire leur vie en Suisse en y trouvant un travail mieux rémunéré que chez eux.»
Le problème, souligne Suzy Castro, c'est que la Suisse, globalement, peine à reconnaître la relation «donnant-donnant»: «Beaucoup de Suisses disent qu'il y a trop d'étrangers. Pourtant, ce sont eux qui construisent les maisons des Suisses, gardent leurs enfants, soignent leurs aînés, nettoient leurs bureaux.» Alors quand les anciens migrants rejettent les nouveaux, Suzy Castro sort de ses gonds: «Que des étrangers rejettent des étrangers me laisse sans voix.» Mais n'est-ce pas un signe de leur intégration?
En Espagne, où elle rentre régulièrement, le sentiment xénophobe est très présent depuis que ce pays s'est transformé en pays d'immigration. «Quand le sujet venait sur la table, ma mère rappelait toujours que ses enfants avaient été accueillis en Suisse.»
Elle est décédée il y a cinq ans: «C'est quand on n'a plus ses parents que les racines se plantent vraiment, confie Suzy Castro. C'est comme si mon coeur était dédoublé, comme s'il battait ici et là-bas.»

jeudi 30 juillet 2009

Office fédéral des migrations : l'optimisation des processus est engagée

Ces prochains mois, la première étape consistera à mettre en oeuvre des possibilités d'amélioration déjà identifiées dans certains domaines de l'ODM. Il s'agira ensuite d'améliorer dans l'ensemble de l'office les processus opérationnels lourds et complexes. L'exercice doit permettre de libérer des ressources qui pourront être employées pour mieux maîtriser les défis actuels et à venir dans le domaine des migrations. Les demandes de personnel supplémentaire, présentées par l'ODM au début de l'année, sont suspendues jusqu'à la fin du processus d'optimisation et de restructuration. Pendant cette période, rien ne changera non plus au niveau de la direction de l'office : Jörg Gasser, directeur par intérim, ne passera le témoin au futur directeur de l'ODM qu'une fois ce projet terminé. Le poste a été mis au concours au milieu du mois de juin et une décision sera prise prochainement, afin que le nouveau directeur puisse être associé au processus en cours.

Lire le communiqué du DFJP