mercredi 4 juin 2008

Fête multiculturelle à Vevey ce week-end

Une hotline au secours des esclaves des temps modernes


TRAITE DES HUMAINS. Genève lance le 0800 20 80 20 pour encourager les victimes à parler sans craindre la police.


Lire l'article de Carole Vann, InfoSud dans le Temps



Maltraitée, humiliée, passeport confisqué, forcée de travailler jour et nuit, enceinte et battue... Beaucoup de femmes qui vivent ce genre de détresse sont en situation illégale en Suisse. Pas question pour elles de s'adresser à la police, la crainte d'être expulsées est trop forte. Que faire alors? Désormais à Genève, le numéro gratuit 0800 20 80 20 leur tend la main du lundi au vendredi de 14h à 19h.

mardi 3 juin 2008

Régularisations des sans-papiers en Belgique

Lire l'article du Monde
Le gouvernement belge se divise sur l'idée de régulariser les "nettoyeuses polonaises" et, au-delà, des milliers de sans-papiers. Alors que la France veut faire adopter, pendant sa présidence de l'Union européenne, un pacte de l'immigration qui instaure des règles communes, notamment pour les régularisations, la coalition du premier ministre Yves Leterme (démocrate-chrétien flamand) ne s'est toujours pas mise d'accord sur la mise en oeuvre de son programme.


Un consensus est recherché sur un texte d'Annemie Turtelboom, ministre libérale flamande de la politique de migration et d'asile. Elle suggère un système de points qui prendrait notamment en compte "l'ancrage local durable" des demandeurs. Soumis à la pression de l'extrême droite xénophobe et des populistes, les partis flamands restent prudents. Le PS et les centristes francophones veulent forcer une décision et demandent la prise en compte des illégaux qui n'ont jamais eu aucun statut ou n'ont formulé aucune demande d'asile mais pourraient prouver qu'ils sont, de fait, installés dans le royaume. Ces derniers sont essentiellement des Magrébhins, des Africains ou des Equatoriens.

Naturaliser la troisième génération, mais sans automatisme

Résultats à la question du jour de 24 Heures et réactions des lecteurs.

Donner la nationalité suisse aux étrangers de troisième génération? Oui, selon une majorité de nos sondés, mais la démarche devrait plutôt relever d’un choix personnel.

naturalisation


Je pense que l’on doit donner le libre choix à la personne. Il ne faut pas oublier que certains pays ne prévoient pas la possi­bilité d’avoir une double natio­nalité, ce qui forcerait la per­sonne concernée à renoncer à sa nationalité d’origine. Il faut donc laisser le choix et accorder la nationalité aux personnes étrangères de deuxième ou troisième génération sur simple demande et sans formalités.
FRANÇOISE MARTIN
TREYVAUX
La naturalisation doit être une démarche consciente et volon­taire. On connaît trop les ravages qu’a provoqués le droit du sol en France.
ÉLISABETH SANTSCHI
PULLY
Je suis entièrement d’accord de leur donner le passeport suisse, mais à une condition: qu’ils ne gardent pas le passeport de leur pays d’origine.
DAISY MARTIN
LAUSANNE
Je suis entièrement d’accord de mettre en oeuvre la naturalisa­tion automatique pour les étrangers de troisième généra­tion. Nés et scolarisés en Suisse, la culture et les habitudes de ces citoyens sont indiscutablement similaire aux nôtres. La Suisse est aussi leur pays! Nous devons être fiers de pouvoir partager tant de richesse humaine.
JAQUES VINCENT
MORGES
Facilitons cette procédure aux «étrangers» de troisième géné­ration qui ont dû s’intégrer dans la population suisse. Osons faire ce pas… Les étrangers ne sont pas tous des criminels!
FRÉDÉRIC SCHÜTZ
LE PONT
Je suis en faveur de la naturali­sation automatique pour la troisième génération d’étrangers. C’est en Suisse qu’ils ont leurs racines, le pays d’origine des parents n’étant souvent connu et fréquenté que pour y passer des vacances ou retrouver des pa­rents.
Dans bien d’autres pays cela se fait automatiquement.
En Suisse le jeune qui désire prendre la nationalité suisse doit montrer patte blanche, faire des démarches et payer, peut-être trop cher, selon ses moyens…
MARIA GORDILLO
ÉCUBLENS
Autant je pense qu’une natio­nalité liée au sol, comme cela se pratique dans certains pays, n’est pas adéquate en Suisse, autant j’estime, par contre, qu’une naturalisation d’étran­gers de troisième génération est une bonne chose, puisqu’à ce stade il s’agit généralement de personnes tout à fait inté­grées. Vivement la votation…
BENOÎT BUZZI
NEW YORK Je ne suis pas en faveur d’une naturalisation automatique pour les étrangers de troisième génération. Pourquoi risquer de l’imposer à des personnes qui ne souhaitent pas devenir Suisses? Dans certaines fa­milles, cela arrive – j’en suis témoin. Par contre, il est évi­dent que, dans de tels cas et si la demande est formulée, la naturalisation devrait interve­nir sans chicanerie administra­tive et à moindres frais.
JANINE VIDAL
LAUSANNE
Etranger de première généra­tion, j’ai demandé la nationa­lité suisse parce que j’avais beaucoup d’affinités avec Montpreveyres, qui était ma commune de domicile. On prend racine sur la terre qui nous convient. De manière générale, les Suisses sont ac­cueillants. Les quelques excep­tions justifient-elles la mise en place de nouvelles règles?
LAURENT KLEIN
SERVION
Il est équitable et opportun d’accorder la nationalité aux étrangers de troisième généra­tion, selon une procédure allégée, mais seulement à ceux qui la demandent.
LOUIS-PHILIPPE ZUTTER
LONAY
Ne pourrait-on pas naturaliser la troisième génération pour cinq ans, renouvelables? Le permis de conduire sera bien repassé périodiquement et la libre circulation des personnes probablement soumise à réfé­rendum tous les 7 ans… En fait de constructions durables, le consensus helvétique nous avait habitués à mieux.
PHILIPPE BERNEY
LE PONT
Les lendemains qui déchantent ne se suivent pas et ce n’est pas parce que les citoyens ont rejeté massivement l’initiative pour une naturalisation démo­cratique par le peuple qu’ils vont systématiquement accep­ter la naturalisation automati­que des étrangers. Pour affir­mer qu’il est impossible de considérer comme étrangère une personne née en Suisse, il y a un pas que je ne franchi­rais pas, car en regardant dans mon entourage, je vois suffi­samment d’exemples qui prou­vent le contraire.
JEAN-FRANÇOIS CHAPPUIS
MOUDON
La personne concernée doit démontrer son attachement à la Suisse et faire les démarches simplifiées. Par contre, ce qui me choque, c’est que des per­sonnes gardent leur passeport d’origine et ont en plus le passeport suisse. A mon avis, il faut choisir. La double ou triple nationalité ne devraient pas exister.
PIERRE L. GOIN
LONAY

La naturalisation automatique pour la troisième génération n'est pas gagnée

Après la victoire de dimanche dans les urnes, la socialiste Ada Marra veut donner un signe fort aux migrants. Son idée passe mal, même au sein de son propre parti. Un article de Serge Gumy dans 24 Heures.

La socialiste vaudoise Ada Marra a demandé dimanche que les étrangers de la troisième génération obtiennent automatiquement le passeport rouge à croix blanche.


«Les personnes nées en Suisse de parents eux-mêmes nés en Suisse de parents ayant sé­journé pour la plupart du temps plus de vingt ans en Suisse, ne sont plus des étran­gers. » Forte de ce constat, la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD) a demandé di­manche, sitôt connu le rejet par le peuple de la naturalisation par les urnes, que les étrangers de la troisième génération ob­tiennent automatiquement le passeport rouge à croix blan­che.
Dans l’initiative parlemen­taire qu’elle a lancée hier aux Chambres fédérales, Ada Marra propose que la nationalité hel­vétique soit accordée d’office, sans enquête de voisinage ni paiement d’émoluments, et pour autant que les personnes concernées ou leurs parents en fassent la demande.
L’accueil est très froid

La Suisse est-elle mûre pour franchir le pas, quatre ans après le refus en votation d’un précédent projet? Le PDC Reto Wehrli pense que non. «Diman­che, les gens ont dit stop! Assez parlé d’asile, d’étrangers et de naturalisations. Je trouve donc dommage que le PS remette maintenant ce sujet sur la ta­ble. » «C’est une fausse provoca­tion, ajoute le président des radicaux suisses Fulvio Pelli. Tous les étrangers de la troi­sième génération qui voulaient devenir Suisses y sont arrivés.» Les autres? Ada Marra les estime à 150 000 personnes. «Mais je ne lance pas cette initiative pour eux. J’ai surtout besoin que l’on parle d’intégra­tion. » Dans les coulisses du PS, un ponte regrette qu’Ada Marra se soit laissée emporter par son élan. Comment expliquer à la base populaire que les étran­gers passent avant elle? Ada Marra réfute l’argument: «On peut faire le concours: au PS, la défense des travailleurs l’em­porte sur l’intégration.»

lundi 2 juin 2008

Les réactions des bloggeurs

La baffe


La baffeLe parti du bouc a fait campagne avec une affiche nauséabonde montrant des mains supposées voler des passeports. Une campagne menée à coup de millions qui ne l’aura pas protégé d’une autre main, celle du «Peuple Souverain» qu’il vient de se prendre en pleine figure.

C’est ainsi, les citoyens et les citoyennes suisses ne veulent de naturalisations à la tête du client, ils ne veulent pas d’une naturalisation sur catalogue, ils ne veulent pas céder à la peur et à la xénophobie, ils ne veulent pas des recettes simplistes et populistes de l’UDC.

Mieux, dans le canton de Vaud, comme probablement dans beaucoup d’autres cantons, l’initiative de l’UDC obtient un score inférieur à celui du parti géniteur lors des récentes élections fédérales. La signification de ce résultat est claire, même les électeurs de l’UDC n’ont pas voulu de cette initiative aux relents écoeurants.

Voilà un excellent dimanche qui se termine sur une bonne claque aux mauvaises odeurs !

Et pendant ce temps le parti du bouc essaye de noyer le poisson de son échec en procédant à l’exclusion de sa conseillère fédérale et de sa section des Grisons.

UDC ridiculisée une nouvelle fois, chic !

militant udc ridicule

On sait d’ores et déjà à cette heure que l’initiative stupide et insensée de l’UDC sur les naturalisations par les urnes a été repoussée par près de trois électeurs sur quatre.

Malgré les millions investis dans cette sinistre affaire, malgré les associations étonnantes qui sortent du bois au dernier moment et qui, bizarrement, ont pour membre du comité des "éminences" du style de ce cher Yvan Perrin, malgré un tapage médiatique usuel pour cette faction extrémiste, le peuple a renvoyé les UDC à leurs chères études, dont ils ont d’ailleurs le plus grand besoin.

Même dans les cantons les plus reculés de la Suisse primitive où l’esprit spongieux de certains électeurs se laissait facilement imbiber par les slogans simplistes de l’UDC, on constate une saine réaction.

Ce parti qui s’intitule de lui-même le premier parti de Suisse et le premier parti d’opposition a une nouvelle fois fait chou blanc et ce n’est que justice. A force de vouloir prendre l’électeur pour un benêt, c’est l’électeur qui prend le militant UDC comme tel, et qui le lui démontre par son vote.

Avant de continuer de jouer les apprentis sorciers pas malins et opportunistes avec l’extension des bilatérales, avant de fustiger les futures arrivées massives de Roms (un peu comme si on parlait de juifs, car les autres Roumains n’intéressent pas l’UDC), avant de continuer sur ces voies de garage toutes tracées, et le jour où dans leur grande niaiserie et hypocrisie ils ont exclu la section grisonne de façon illégale et antidémocratique, l’UDC se prend les pieds dans le tapis une nouvelle fois, et de façon plus que magnifque.

Pourvu qu’elle y reste et continue à se tromper de cible. Pendant ce temps elle ne gouverne pas et son message reste comme un kleenex à prix garanti, jetable à souhait et après chaque usage.

PS: on dit que le ridicule ne tue pas … et si pour une fois le proverbe se trompait, quelle chance ce serait !

Une triple claque à multiplier

L'edito de MICHEL SCHWERI dans le Courrier

Suisse Les résultats du scrutin d'hier sont nets et, pour une fois, conformes aux positions défendues par la gauche et les forces progressistes. Les trois objets fédéraux, dont l'origine est à rechercher dans les marmites des milieux populistes, ont été refusés par deux-tiers des votants. Ouf! La démocratie sort renforcée par cette triple décision populaire. Le Souverain a en effet refusé d'entacher d'arbitraire les procédures de naturalisation, il n'entend pas laisser le pouvoir aux assureurs maladie d'organiser une santé à deux vitesses et permet au gouvernement fédéral d'exprimer son avis lors des futures votations.
Ces choix clairs sur des sujets sensibles constituent une défaite toute particulière pour l'Union démocratique du centre (UDC). Après le bon score réalisé par ce parti aux élections fédérales, il est sain que le peuple freine son élan et lui refuse sans détour de concrétiser sa politique discriminatoire et ultralibérale. L'extrême droite n'est pas en terrain conquis dans ce pays.
Le rejet de l'initiative sur les naturalisations démocratiques est particulièrement emblématique. Le vieux fonds de commerce xénophobe des populistes de tout poil a partout été refusé, sauf à Schwytz. Malgré l'argent investi dans la campagne en sa faveur, ce texte ouvrant la porte aux naturalisations à la tête du client a seulement convaincu le socle électoral de l'UDC. Le droit à une procédure correcte et respectueuse a été plébiscité par 64% des votants.
S'il faut goûter ce plaisir, il ne faut pas se voiler la face. Il y a moins de quatre ans, ces mêmes électeurs refusaient la naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de deuxième génération et même l'acquisition de la nationalité pour ceux de troisième génération. D'ailleurs, l'UDC remettait de l'huile sur le feu hier déjà en prédisant le renforcement des «conséquences négatives des naturalisations en masse d'étrangers mal intégrés, à savoir la criminalité et les abus sociaux». La bataille pour une Suisse ouverte au monde n'est pas encore gagnée.
Même analyse en matière de santé. Le refus de l'article constitutionnel représente également une défaite de l'UDC, puisque l'initiative à la base de ce vote émane de ce parti. Là aussi, le résultat immédiat fait chaud au coeur: 70% des votants ont refusé de soumettre la santé aux seules lois du marché.
Ces citoyens appuient la volonté des cantons d'offrir une politique publique dans le domaine sanitaire qui fasse contrepoids aux caisses maladie privées. Ce faisant, ils ont refusé l'instauration d'une santé à deux vitesses et soutenu ainsi la solidarité financière face à la maladie. Au niveau des soins, la liberté de choix du médecin et des autres prestataires a été plébiscitée et les prestations ne seront pas rationnées, ni en quantité ni en qualité.
Mais la vigilance reste de mise. Le parlement fédéral se penche actuellement sur des révisions partielles de la loi sur l'assurance-maladie. Il devrait prochainement prendre des décisions sur le financement des soins, sur l'obligation des caisses de rembourser ou non tous les médecins et sur la prolongation du moratoire sur l'ouverture des cabinets médicaux. On verra là concrètement ce que les élus auront retenu du vote d'hier.
Il faudra encore croiser le fer sur un autre terrain de prédilection des forces xénophobes: la confirmation de l'accord de libre circulation des personnes en 2009 doit se bâtir dès aujourd'hui sur la défaite infligée hier à l'UDC.

Claque», «déculottée»."poujadiste"

La presse aussi unanime que le peuple

Avec des nuances, tous les titres suisses vont dans le même sens.

«Claque», «déculottée», «débâcle», «retour de bâton», «carton jaune», «fracture», la presse suisse martèle dans toutes les langues et sur tous les tons le triple échec des nationalistes de l'UDC lors de la votation de dimanche.

«Nein» aux naturalisations par les urnes, «non» à l'article constitutionnel sur la santé (contre l'initiative UDC pour la baisse des primes... »

La manipulation n'a pas fonctionné»

Lire l'interview d'EWS dans le Temps







Eveline Widmer-Schlumpf. La conseillère fédérale se félicite que les arguments l'aient emporté sur l'émotion. (photo: Keystone)
Eveline Widmer-Schlumpf sort comme la grande gagnante de la campagne sur l'initiative de l'UDC sur les naturalisations.

Ron Hochuli, Berne
Lundi 2 juin 2008


Avec le refus des naturalisations par les urnes, Eveline Widmer-Schlumpf a passé avec succès son premier grand test. «Cette votation s'est jouée indépendamment des acteurs», esquive-t-elle. Entretien.

Naturalisations: l'UDC en échec

Les naturalisations par les urnes a été balayée dimanche par 63,8% des voix. A l'exception de Schwyz, tous les cantons, y compris ceux qui connaissaient cette pratique, ont dit «non».

Lire le dossier de la RSR