lundi 9 juillet 2007

Nouvelle provocation

La nouvelle campagne d'affichage de l'UDC n'a pas encore paru mais fait déjà scandale. Le SonntagsBlick, nous apprend Le Matin Dimanche, a obtenu en avant-première les détails du nouveau plan de bataille des agrariens, qui n'en sont pas à leur première polémique en matière d'affiches provocantes.

panurgisme
  • "... jetzt kommt das schwarze Schaf": lire l'article paru dans le Sonntagsblick (en allemand), qui nous apprend que, après la chèvre, l'UDC choisit le mouton
  • Yvan Perrin ne voit pas plus de provocation que de volonté d'attiser la haine raciale, dans cette campagne

samedi 7 juillet 2007

Migrantes victimes de violences

SAINT-GALL. Sous l'impulsion de Karin Keller-Sutter, le canton élargit la protection de ces femmes vulnérables: à lire dans le Temps (article payant)


Une seule fois victime:
les migrantes victimes de violences domestiques pourront rester en Suisse

A lire (en allemand) dans la St-Galler Tagblatt: ausländische Opfer von häuslicher Gewalt sowie Opfer einer Zwangsehe sollen bei Auflösung der Ehe in der Schweiz bleiben können. Der Kanton St. Gallen mildert die bisherige Praxis.




vendredi 6 juillet 2007

Endiguer le flot des migrants


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La Suisse veut s'attaquer en amont à la migration clandestine. A cet effet, elle a mandaté et financé depuis 2006 deux «campagnes d'information de masse» de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Nigeria et au Cameroun, une première.
Ces campagnes de l'OIM durent chaque fois quelques mois. Elles sont menées conjointement avec les autorités du pays et les acteurs locaux (médias, ONG), a précisé hier Dominique Boillat, porte-parole de l'Office fédéral des migrations (ODM), confirmant une information du «Temps».
Il s'agit de sensibiliser la population aux risques liés à la migration clandestine, en particulier au départ de l'Afrique. Différents biais sont utilisés pour faire passer le message, comme les groupes de quartiers ou les rencontres entre étudiants.
Au Nigeria, la campagne a eu lieu en 2006 et a concerné trois Etats (Edo, Delta et Anambra), considérés comme des régions sources de migration irrégulière. Lancée en mai 2007 et prévue jusqu'à fin septembre, celle du Cameroun cible dix provinces.
L'ODM reste discret sur le coût de ces actions. «Il ne s'agit pas de sommes faramineuses», assure toutefois Dominique Boillat. Les effets sur le terrain sont également difficiles à évaluer. «Si nous avons pu toucher quelques milliers de jeunes qui ont renoncé à migrer, c'est toujours ça», estime le porte-parole. «Et nous espérons surtout avoir créé une dynamique».
L'ODM entend procéder à une évaluation et déterminer de quelle manière l'opération pourrait être poursuivie. La Confédération place notamment de grands espoirs dans un partenariat avec l'Union européenne. «Certains pays sont très intéressés», affirme Dominique Boillat, sans souhaiter donner plus de précisions à ce stade. /ats


«Un espoir, mais ténu»

Selon Philippe Leuba, Adem Salihi a encore une maigre chance d'être régularisé


Les services de Philippe Leuba vont déterminer si le cas d'Adem peut être transmis à Berne. «Je ne veux pas négliger cette dernière piste, mais il n'y aura aucune place pour l'arbitraire», lance le conseiller d'Etat, rencontré hier au Château, à Lausanne.

Philippe Leuba a la pression. A la tête du Département vaudois de l'intérieur depuis lundi, le nouveau conseiller d'Etat hérite du cas brûlant d'Adem Salihi, le requérant débouté adoré par tout son village de Bassins. Sera-t-il aussi intransigeant que son prédécesseur, Jean-Claude Mermoud? Le libéral fait le point.

- Adem a-t-il encore une chance de rester en Suisse?
- Il existe, disons, une porte entrouverte. Mais je veux être clair: l'espoir est ténu.

- A quoi pensez-vous? Pour M. Mermoud, Adem devait partir!
- Il existe, dans une ordonnance liée à la Loi sur les étrangers, un article consacré au traitement spécifique des cas douloureux (Art.?13?f OLE). Mes services étudient la jurisprudence pour voir si M. Salihi pourrait en bénéficier. S'il y a une solution, elle est là: c'est la seule fenêtre qui, très éventuellement, reste ouverte. On sera fixé en début de semaine prochaine.

- Que se passerait-il?
- S'il a une chance, je m'engage à envoyer son dossier à l'Office des migrations, à Berne. Qui trancherait alors en six semaines environ.

- Et si Adem ne peut pas bénéficier de cette opportunité?
- Il n'y aurait plus d'autre issue que le départ. Nous lui fixerions un plan de vol. Et nous lui reproposerions une aide au retour, pour autant qu'il coopère. Sinon, il n'y aurait plus d'autre choix que l'expulsion forcée, la pire des solutions...

- Pour l'instant, votre arrivée suscite l'espoir à Bassins.
- J'ai étudié le dossier de M. Salihi, j'ai accueilli mercredi les trois députés Melly, Pertusio et Martinet, tous venus plaider sa cause. J'ai reçu de nombreuses lettres, jusqu'à mon domicile privé. Par les sentiments qu'il provoque, par son écho, le cas de M. Salihi est particulier. Un conseiller d'Etat ne peut pas rester autiste: ce dossier est donc pour moi prioritaire. Mais à l'avenir, je ne recevrai pas les 10 000 à 15 000 requérants ou clandestins du canton dans mon bureau.

- Vous explorez une nouvelle piste: Pourquoi M. Mermoud ne l'a-t-il pas fait?
- Je ne sais pas, peut-être a-t-il jugé qu'il n'y avait pas l'ombre d'une chance. Mais je peux affirmer que le canton n'a jamais pétouillé, comme on dit. Et toutes les décisions, tant de l'administration que des tribunaux, ont été négatives pour M. Salihi. Je ne veux pas négliger cette dernière piste, mais il n'y aura aucune place pour l'arbitraire. On parle de vies humaines, de destin, de décisions difficiles, mais la loi est la même pour tous, et elle sera appliquée de manière équitable et responsable.


jeudi 5 juillet 2007

Intégration: mode d'emploi



L'intégration des étrangers est devenue un enjeu politique majeur. On parle de leur faire signer un contrat et de les obliger à suivre des cours de langue. Mais au-delà des grands discours politiciens, que se passe-t-il sur le terrain ? Temps Présent a enquêté dans deux villes suisses semblables, mais dont la politique à l'égard des étrangers est très différente. Depuis 9 ans, sous la houlette d'un haut-fonctionnaire énergique, Bâle a développé une stratégie d'intégration volontariste et coordonnée. Alors que Genève, qui a vu défiler 4 directeurs en 6 ans, disperse ses efforts et compte sur la multiplicité des associations privées pour intégrer les communautés étrangères.

TP/Intégration : mode d'emploi

Pour accueillir les nouveaux arrivants, Bâle organise des séances d'accueil et offre des cours de langue et d'intégration. Le délégué à l'intégration Thomas Kessler intervient dans tous les domaines qui touchent de près ou de loin les étrangers. Par exemple dans l'urbanisme, afin de favoriser la mixité sociale. Il mène une vraie politique volontariste et vient de le prouver en proposant un contrat à certains migrants pour les obliger à apprendre l'allemand. Le parlement a finalement admis le principe pour les 2% d'étrangers ayant commis des incivilités.

A Genève par contre, les étrangers ont l'impression d'être livrés à eux-mêmes. Les organisations qui s'occupent des migrants ne sont toutefois pas du tout convaincues par le «contrat bâlois». D'après leur expérience, l'intégration ne peut se réduire à un contrat. Elle demande du temps. Deux villes, deux «modes d'emplois».

Pour voir ou revoir ce documentaire, aller sur le site de

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mardi 3 juillet 2007

Naturalisation par les urnes

Volte-face de la commission


La Commission des institutions politiques est opposée au principe. Il y a trois mois, elle ne l’était pas. Explications.

C’est à n’y plus rien comprendre. La même commission parlemen­taire qui avait soutenu l’initiative de l’UDC pour des naturalisa­tions par les urnes s’oppose maintenant à ce principe. En ef­fet, la Commission des institu­tions politiques (CIP), réunie jeudi dernier pour examiner le contre-projet, souhaite désormais interdire la naturalisation par le peuple. Comment un tel revire­ment est-il possible, et ce en à peine trois mois? Petit rappel.
En juillet 2003, le Tribunal fédéral invalide cette pratique, après que tous les candidats d’origine balkanique se sont vu refuser la naturalisation par les électeurs de la commune d’Em­men (LU). Aussitôt, l’UDC lance son initiative «Pour des natura­lisations démocratiques», qui veut donner toutes les compé­tences aux communes en ma­tière de droit de cité. En mars, la CIP approuve ce texte, mais le plénum du Conseil national ne la suit pas, la renvoyant à ses études avec le contre-projet du conseiller aux Etats radical Thomas Pfisterer.

Garde-fous

Ce projet-là propose d’autori­ser la naturalisation par les ur­nes, mais avec des garde-fous.
Toute opposition à la demande d’un candidat devrait être moti­vée avant de faire l’objet d’un scrutin populaire, comme c’est le cas pour les référendums. Et il y aurait possibilité de faire recours contre une décision né­gative. Jeudi, la CIP en a ajouté un autre: seule l’assemblée com­munale serait appelée à voter, et non l’électorat tout entier. Autrement dit, c’est «niet» à la naturalisation par le peuple.
Le vote en commission ayant été très serré, tant en mars que jeudi dernier, il s’en est fallu de peu pour inverser la tendance. L’absence d’un ou deux mem­bres a pu suffire. Peut-être aussi les radicaux et démocrates-chré­tiens de la CIP, qui avaient fait pencher la balance en faveur de l’initiative UDC, ont-ils été remis à l’ordre... Quoi qu’il en soit, le peuple, lui, justement, aura le dernier mot.

Un article signé ANTOINE GROSJEAN dans 24 Heures


Sur le même sujet: Naturalisations: fin des votes populaires?


lundi 2 juillet 2007

Norme antiraciste

Initiative contre la norme antiraciste…
Les Démocrates suisses ne veulent plus de la norme antiracisme. Leur comité central a donné son feu vert samedi à Berne au lancement d’une initiative populaire visant à abolir l’article 261 bis du Code pénal. La récolte des 100 000 signatures nécessaires doit commencer le 1er août à Matten, près d’Interlaken (BE), lors du démarrage de la cam­pagne du parti pour les élec­tions fédérales du 21 octobre.
… et contre les criminels étrangers
L’assemblée des délégués de l’UDC, elle, a approuvé samedi à l’unanimité le lancement de l’initiative populaire «Pour le renvoi des étrangers crimi­nels ». Elle inclut l’abus social dans les faits justifiant un renvoi. La récolte des signatures devrait commencer le 10 juillet.

samedi 30 juin 2007

Dans la ligne de mire ...

Les jeunes délinquants étrangers dans la ligne de mire de Blocher



En croisade
Le conseiller fédéral en charge du Département de justice et police, Christoph Blocher, souhaite expulser plus systématiquement les auteurs de délits étrangers ainsi que leur famille. Pour Olivier Guéniat, chef de la police de sûreté neuchâteloise, «l’intégration, cela demande du temps et des investissements. Pas des lois simplistes.»

Le conseiller fédéral a proposé hier un catalogue de mesures pour lutter contre la violence des mineurs. Sur un air de campagne électorale, il remet sur le tapis son idée d’expulser les jeunes délinquants étrangers et leur famille.

On l’aura compris, le thème est cher à Chris­toph Blocher. C’est la deuxième fois en une semaine qu’il s’exprime au sujet de la délinquance juvénile. Hier, c’est flanqué de ses nombreux chefs d’offices, rapport et catalogue de mesures à l’appui, qu’il l’a fait. Des mesures en forme de pro­gramme électoral, désapprou­vent ses détracteurs, déplorant qu’elles soient essentiellement axées sur la répression et très peu sur la prévention.
Si le conseiller fédéral admet que les statistiques des plaintes et des jugements pénaux ne per­mettent pas de tirer des conclu­sions précises sur le phénomène – en raison du «chiffre noir» de la criminalité qu’elles ignorent – il n’en constate pas moins une augmentation de la violence chez les jeunes. Selon le rapport pré­senté hier, le nombre de mineurs arrêtés pour lésions corporelles est passé de 760 à 1525 entre 1999 et 2006.

Etrangers dans le collimateur
Cette augmentation serait plus forte chez les étrangers, en particulier ceux originaires des Balkans. Jugeant que l’on fait habituellement trop de psycholo­gie avec les auteurs de délits, il veut donner un signal clair aux jeunes immigrés qui ne respec­tent pas nos lois. C’est ainsi que le chef de file de l’UDC remet sur le tapis une idée lancée ilyaun an suite au viol, dans les Grisons, d’une fillette de cinq ans par deux garçons d’origine balkani­que: expulser plus systématique­ment les jeunes délinquants étrangers.
Pour Christoph Blocher, la fa­mille devrait aussi être renvoyée. Ce dernier point, très contro­versé et selon certains spécialis­tes, contraire au droit pénal, ne fait toutefois pas partie du cata­logue de mesures. Le patron de Justice et police veut également rendre plus difficile la naturalisa­tion des auteurs de délits. Et enfin, accélérer la procédure pé­nale applicable aux mineurs. Toutes ces propositions sont mi­ses en consultation jusqu’à fin août.

«Mesures simplistes»
Elles ne feront sûrement pas l’unanimité. «Ce rapport et ces mesures ne sont pas pragmati­ques du tout, dénonce le chef de la police de sûreté neuchâteloise, Olivier Guéniat, dont le livre La délinquance des jeunes vient de paraître. C’est de l’idéologie popu­liste et électoraliste à la Sarkozy. Des mesures simplistes, même radicales, ne résolvent rien. Sur­tout quand on a affaire à de multiples et complexes facteurs, tels que le statut social, la préca­rité, etc.» Pour le criminologue, il ne s’agit pas de nier ou de relativiser le phénomène de la violence chez les jeunes. Mais il conteste la façon dont Christoph Blocher tourne les chiffres à son avantage. «On focalise sur les jeunes, mais la violence des adultes augmente dans une plus grande proportion. De même, on stigmatise les étrangers, mais les statistiques des infractions à l’intégrité sexuelle par des mineurs mon­trent par exemple qu’en 2005, sur 132 cas, 85 concernaient des Suis­ses. Christoph Blocher définit le degré d’intégration d’après la cri­minalité. Cela signifie-t-il qu’un Suisse qui commet une infraction n’est pas intégré?» Et de rappeler qu’à l’époque, on tenait sur les Italiens et Espagnols le même discours qu’actuellement sur les ressortissants des Balkans. «L’in­tégration, cela demande du temps et des investissements. Pas des lois simplistes.»

Un article d'ANTOINE GROSJEAN, dans le quotidien 24 Heures


jeudi 28 juin 2007

Irak: l'exode silencieux

Pour voir ou revoir ce reportage de Temps Présent

TP/Irak : l'exode silencieux

Chaque jour, des milliers de personnes fuient l'enfer irakien et se réfugient, tant bien que mal dans les pays voisins, lorsque la frontière est ouverte. Au total, plusieurs millions de réfugiés et de déplacés. C'est la pire catastrophe humanitaire au Proche-Orient depuis 1948 mais on ne s'en préoccupe guère. Les Etats-Unis, pourtant directement concernés, accueillent leurs « alliés » irakiens au compte-goutte. L'Europe se recroqueville et la Suisse a tiré le rideau. Si bien que le seul refuge reste la Syrie submergée par les exilés irakiens. Ajoutés à tous ceux qui résident déjà en Jordanie, leur présence massive risque de déstabiliser une région déjà très fragile.Rencontre avec ces milliers de réfugiés abandonnés par la communauté internationale.

Une mosaïque de récits de vie vient conter la migration :: lecourrier :: Un quotidien suisse d'information et d'opinion

Lire cet article du courrier
PUBLICATION - Fruits d'un concours littéraire interculturel, seize récits évoquent autant d'exils et de reconstructions.
«Et s'ils se mettaient à ma place? J'aimerais bien voir ces gens débarquer dans un pays lointain dont ils ne maîtriseraient que le nom et seulement dans leur langue maternelle, travailler d'arrache-pied chaque jour de la semaine ou presque, plus de dix heures d'affilée, avec d'autres étrangers comme eux, tout en subissant constamment la loi de préjugés tenaces, ainsi que les refus polis d'entamer une conversation. Supporteraient-ils d'être classés toute leur vie dans la catégorie de ceux à qui l'on demande quand ils retournent «chez eux»»? La question est posée par un vieux sage. Il s'est éteint l'année dernière, à l'âge de 92 ans, à Lausanne, où il a vécu plus de cinquante ans après y avoir ouvert le premier restaurant chinois de la ville. Son récit, recueilli par sa petite-fille juste avant sa mort, en côtoie quinze autres dans un ouvrage collectif. Le Chameau dans la neige et autres récits de migrations est le fruit d'une démarche originale: un concours d'écriture interculturel qui répondait visiblement à un vif besoin, puisque 287 auteurs ont répondu à l'appel. Les seize qui ont été primés et publiés proviennent d'horizons très divers, et pas toujours si lointains. C'est que l'exil peut aussi être intérieur, comme l'a éprouvé cet enfant zurichois contraint à changer d'idiome et confronté aux guerres entre catholiques et protestants pour avoir dû partir s'établir quelques dizaines de kilomètres plus loin, sur les rives du lac de Constance. Le choc culturel et les distances ont évolué avec le temps, ainsi que le rappelle cette Italienne, arrivée en Suisse en 1946 comme jeune mariée, et chassée de son logis pour atteinte aux bonnes moeurs. Le crime du couple? Avoir voulu installer un lit français dans la chambre à coucher.


Accueil glacial

Aujourd'hui, les provenances migratoires ont souvent changé. Mais l'accueil reste tout aussi glacial, à l'image de la réponse reçue par ce réfugié burundais alors que, cinq heures après son arrivée en Suisse, il demandait son chemin vers Genève à une passagère du train: «Plutôt que de me demander quoi que ce soit, rentre vite dans ton pays!»
Dans tous ces récits, pourtant, une constante: un exil qui n'est jamais vraiment choisi. Et un fil rouge, celui qu'évoquent deux migrantes, l'une congolaise, l'autre roumaine: cette «corde fine» ou ce «fil suspendu entre deux mondes» sur lequel elles ont l'impression de marcher.
Au final, une interrogation, posée en postface par Spomenka Alvir, une enseignante bosniaque: «Est-ce la terre qui nous adopte ou nous qui l'adoptons?» Une question particulièrement actuelle en cette année électorale, au vu de la passion mise par certains pyromanes à s'emparer de la thématique de l'intégration et des efforts que refuseraient d'y consentir les migrants. Une «logique du formatage», dénonce Spomenka Alvir, qui fait l'impasse sur une autre question: «Quand on veut passer par la langue pour s'intégrer, il ne s'agit pas de parler de son apprentissage, mais, avant tout, de son usage. Il faut donc qu'il y ait des interlocuteurs à l'autre bout de la table.» I
Note : Le Chameau dans la neige et autres récits de migrations, Editions d'En bas, Lausanne, 2007