vendredi 1 juillet 2011

L’asile au quotidien, les leçons du chaos

Durant une semaine, «Le Temps» a fait une plongée dans les centres pour requérants du canton de Vaud. Au programme: rencontres inoubliables, échanges instructifs mais aussi moments de désespoir. Nous avons aussi relevé un certain nombre d’incohérences et de difficultés découlant d’un système administratif kafkaïen et à bout de souffle.

Saturation des centres pour requérants, procédures trop longues, «cas Dublin» mal gérés, renvois impossibles: Simonetta Sommaruga doit faire face aux problèmes récurrents que ses prédécesseurs n’ont pas réussi à résoudre. La ministre de Justice et police a déjà mis des variantes sur la table. Elle propose notamment de réduire à 120 jours la durée de la procédure qui s’étend aujourd’hui sur 1400 jours en moyenne, et de traiter les demandes directement dans des centres gérés par la Confédération.

Au moment où les cantons, responsables de l’hébergement des requérants jusqu’à leur admission ou leur renvoi, haussent le ton, quoi de mieux qu’une plongée sur le terrain, là où les problèmes se vivent au quotidien, loin des grandes déclarations politiques et électoralistes. Pendant une semaine, Le Temps a fait une immersion dans plusieurs centres pour requérants gérés par l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Une semaine faite d’échanges instructifs, de rencontres inoubliables, mais aussi ponctuée de notes de désespoir. Une semaine aussi pour mettre le doigt sur des incohérences découlant d’un système administratif kafkaïen et à bout de souffle.

Pas assez de places

La surpopulation est le problème numéro 1. Les requérants arrivés dans un des cinq centres d’enregistrement et de procédure de la Confédération – les CEP de Vallorbe, Bâle, Chiasso, Kreuzlingen et Altstätten – sont transférés toujours plus rapidement dans les cantons. Parfois au bout de dix jours seulement. Vaud, qui se voit attribuer 8,4% des requérants, doit gérer tant bien que mal l’augmentation de 18% du nombre des migrants au premier trimestre 2011 par rapport à la même période en 2010. Une hausse qui n’est pas due uniquement au «printemps arabe», précise Pierre Imhof, le directeur de l’EVAM. «L’hébergement est un vrai problème», commente-t-il. «Les capacités étaient déjà saturées avant et en une année nous avons dû trouver 200 places supplémentaires.» Les 10 centres et abris de protection civile sont saturés à 104%. Et l’ouverture des abris PC ne s’est pas faite sans remous.

Conséquence de cette surpopulation: des tensions grandissantes et des mélanges surprenants entre différentes catégories de requérants. Nous avons par exemple vu dans le centre d’accueil et de socialisation de Crissier (334 requérants pour 308 places), censé abriter les «nouveaux arrivants» qui sortent des CEP, des personnes déboutées au régime de l’aide d’urgence. «Il y a actuellement une cinquantaine de personnes à l’aide d’urgence qui restent à Crissier alors qu’elles devraient théoriquement se trouver dans un foyer spécial. La dynamique entre les nouveaux arrivés et ceux qui sont déboutés est très différente. Cela ne facilite pas notre travail d’assistant social», confie Christophe Berdoz.

Inversement, nous avons croisé dans des foyers d’aide d’urgence, dévolus aux requérants déboutés et en attente d’expulsion, des personnes au bénéfice d’une admission provisoire. Il arrive même que des personnes qui ont obtenu le statut de réfugié séjournent encore dans des centres collectifs, par manque d’appartements disponibles.

Cette surpopulation a aussi des conséquences sur des personnes vulnérables dont l’état de santé nécessite des conditions d’hébergement plus décentes. Ali*, un musicien syrien aveugle, est arrivé il y a trois mois en Suisse avec sa femme et ses trois enfants, dont deux ont des problèmes d’yeux. Il dit être menacé de mort dans son pays pour avoir, avec son épouse, renié l’islam et être devenu chrétien. La famille attend une décision de Berne. Ali est malheureux dans le foyer de Bex pour personnes vulnérables. Il ne sort presque pas de sa chambre. «Ici, c’est dur. Je dépends de ma femme pour aller dans les toilettes et douches collectives. Dans un studio, je pourrais au moins me débrouiller seul.»

Le problème des abris PC

L’abri PC de Nyon, ouvert en 2009, permettait d’héberger 140 personnes. En raison de graves tensions – bagarres et problèmes de drogues – en début d’année, sa capacité maximale a été réduite à 80. Début février l’abri de Coteau-Fleuri (50 places), situé dans le quartier lausannois des Boveresses, a été ouvert pour soulager Nyon. Fin mai, il a fallu en ouvrir un nouveau, à Gland. Et ce n’est pas terminé: Pierre Imhof annonce l’ouverture de l’abri au Mont-sur-Lausanne le 3 août. «Et un autre pourrait l’être assez rapidement.»

Situés sous des écoles, les abris de Coteau-Fleuri et Gland ne sont ouverts que la nuit. Les requérants ont une structure de jour à disposition. A Gland, la séance d’information du 16 mai avait tourné à la foire d’empoigne, en raison des craintes exprimées par des habitants. La séance au Mont-sur-Lausanne de mercredi s’est révélée plus sereine.

«Pour nous, c’est la pire des solutions», commente Cécile Ehrensperger, responsable du secteur Nord et Ouest de l’EVAM, en nous faisant visiter l’abri de Nyon. «Au départ, nous pensions que les «cas Dublin» [personnes censées être renvoyées vers le premier pays européen dans lequel elles ont été enregistrées] ne resteraient pas longtemps et que les héberger ici serait «gérable». Normalement, la durée maximale du séjour est de six mois, mais nous avons des gens, aussi à l’aide d’urgence, qui sont ici depuis 8, 9 et même 10 mois.» En clair: des conditions précaires, prévues comme provisoires, deviennent durables. Des cantons préconisent maintenant d’utiliser des casernes militaires.

Aide d’urgence, les limites

Depuis janvier 2008, non seulement les personnes frappées de non-entrée en matière (NEM) mais tous les requérants déboutés sont privés d’aide sociale. Et ne peuvent prétendre plus qu’à une aide d’urgence. Soit un hébergement en foyer collectif avec trois repas par jour, ainsi que, dans le canton de Vaud, des bons Migros de 30 francs par mois et de 60 francs pour Caritas. Une aide financière de 9,50 francs par jour par personne remplace les prestations en nature pour les familles avec enfants et les cas vulnérables. Vaud leur garantit l’accès aux soins de base et permet à ceux présents depuis plus de trois ans en Suisse de participer à des programmes d’occupation, en échange de 300 francs par mois pour 20 heures de travail hebdomadaires.

Le régime de l’aide d’urgence est très critiqué. Il n’est pas fait pour durer or l’effet dissuasif escompté par l’Office fédéral des migrations n’est pas démontré: seuls 17% des 5826 personnes à l’aide d’urgence en 2009 (contre 12% en 2008) ont quitté la Suisse de manière contrôlée. L’ODM préfère relever que 15% continuent de percevoir l’aide d’urgence après une année.

Vraiment? Dans le canton de Vaud, sur les 862 concernés, trois quarts y sont depuis plus de six mois et 452 depuis plus d’une année, précise Pierre Imhof. Un chiffre important. Et qui peut engendrer une augmentation des coûts puisque ce régime a tendance à accentuer les troubles psychiques chez les personnes vulnérables.

Un des scénarios à Berne est de serrer encore plus la vis. Mais le risque est de pousser dans la clandestinité et des activités illégales, des gens qui ne veulent ou ne peuvent pas rentrer dans leur pays. Nous avons rencontré beaucoup des personnes à l’aide d’urgence déprimées, se plaignant de la «nourriture qui fatigue» – «ils mettent des médicaments dedans pour nous rendre inactifs», nous a lancé un Sierra-Léonais, énervé. Nous avons aussi constaté la présence de problèmes de drogues dans des centres et dans les abris PC où ne séjournent que des hommes célibataires. Aucun n’a laissé entendre qu’il voulait rentrer dans son pays. «J’ai quitté une situation difficile pour trouver pire ici. Mais je ne vais pas partir», souligne Diallo, un grand Sénégalais, coiffure rasta et doigts bagués.

Le cas de Léopoldine, 16 ans, qui se dit Angolaise et prétend être arrivée en Suisse il y a quatre ans, frappe. Nous l’avons rencontrée au foyer MNA (pour mineurs non accompagnés) de Lausanne. Cette jeune fille, timide, balayant le sol avec ses yeux, est à l’aide d’urgence depuis ses 15 ans. Le fait d’être mineure ne la dispense pas de ce régime. Elle a en revanche la chance, dans le foyer, de ne pas être traitée différemment des autres mineurs par l’EVAM. Ailleurs, elle n’aurait pas ce traitement: la plupart des autres cantons ne disposent même pas d’un foyer spécialisé pour mineurs non accompagnés. Sur les quelque 5800 personnes à l’aide d’urgence en Suisse, près de 670 ont moins de 15 ans.

Problèmes psychologiques

«Vous êtes de la police?» Après avoir été rassuré sur notre identité, Omar, rencontré dans le foyer d’aide d’urgence de Vevey, raconte son histoire, troublante. En nous fixant avec ses grands yeux noirs. Arrivé en Suisse en 2003, l’Irakien a reçu une admission provisoire. Il devait, deux jours après notre rencontre, être transféré dans un appartement géré par l’EVAM. Très calme, il assure, après avoir été hospitalisé suite à un malaise, que quelqu’un «contrôle» son cerveau. «Je suis très nerveux. Ils peuvent bouger mes mains, mon corps. J’aimerais mourir, mais sans souffrir», nous a-t-il dit, un timide sourire traversant son visage triste. Omar devrait être mieux pris en charge.

Nous avons rencontré d’autres requérants souffrant de troubles psychiques. Certains arrivent en Suisse déjà traumatisés, d’autres, fragilisés, développent des problèmes en Suisse, en raison de la précarité dans laquelle ils se trouvent. Des requérants devraient être isolés, mais restent dans des centres collectifs faute de place. Mais il arrive aussi que des personnes placées dans des appartements demandent à revenir car elles n’arrivent pas à se gérer seules. La suppression de l’examen sanitaire de la Croix-Rouge dans les CEP n’a pas contribué à simplifier la situation.

Les «cas Dublin»

La Conférence des directeurs cantonaux de Justice et police vient de tirer la sonnette d’alarme. Elle reproche à Berne de ne pas traiter en priorité les «cas Dublin» – 55% des demandes. Et exige que les requérants dont la demande est infondée, comme des «réfugiés économiques» du «printemps arabe», ne soient plus envoyés vers les cantons. Sur les quelque 8000 requérants arrivés en Suisse en 2011, près de 1000 proviennent de Tunisie. Nous en avons rencontré plusieurs, venus par l’Italie. Des assistants sociaux admettent que les ressortissants d’Afrique du Nord provoquent souvent le plus de problèmes. Or beaucoup séjournent depuis plusieurs mois dans les cantons, en raison des failles de Dublin.

Des renvois impossibles

Environ 18% des requérants obtiennent le statut de réfugié. Mais si on tient compte des admissions provisoires, ce sont près de 50% qui restent dans les faits en Suisse, ce qui relativise les accusations de «faux réfugiés» souvent brandies. Même des ONG comme Amnesty encouragent des procédures plus courtes, pour traiter rapidement les demandes infondées, pour autant qu’une véritable assistance juridique existe. Denise Graf rappelle que le Tribunal administratif fédéral a récemment souligné que l’ODM ne respectait pas toujours la jurisprudence, or «en la respectant, un grand nombre de recours pourraient être évités». Et donc ne pas prolonger la procédure.

Mais l’obstacle se situe souvent au niveau des renvois. Plus de 5500 personnes doivent être expulsées, or 68% proviennent de pays avec lesquels la Suisse n’a pas signé d’accords de réadmission. Ces accords doivent être étendus. Autre solution: rendre l’aide au retour plus incitative. Mais là aussi, réside un risque: si elle l’est trop, des personnes pourraient profiter de la filière de l’asile dans le seul but de toucher cette aide.

Le domaine de l’asile reste décidément un immense casse-tête.

Valérie de Graffenried dans le Temps

*Tous les prénoms sont fictifs.


Vers le blog du Temps: "Paroles d'asile: une semaine d'immersion dans des centres pour requérants du canton de Vaud"

mercredi 29 juin 2011

Uri pose ses conditions à l'ouverture d'un centre d'accueil pour requérants

Le canton d’Uri pose ses conditions pour ouvrir un centre d’accueil de requérants d’asile d’une capacité de 90 places à Wassen. Il estime que les baraquements militaires prévus sur le site de Wattingen posent des problèmes en matière d’alimentation en eau et d’épuration des eaux. C’est la raison pour laquelle il refuse d’entrer en matière aussi longtemps que l’Office fédéral des migrations (ODM) n’aura pas résolu ces questions.

Une rencontre entre les instances concernées a eu lieu lundi à Wassen. Y ont participé des représentants de l’ODM, du propriétaire des lieux Armasuisse, de la commune et du canton d’Uri, a précisé mardi la Direction cantonale de la santé, des affaires sociales et de l’environnement. Or, des questions ne sont toujours pas résolues pour l’hébergement de 90 requérants d’asile sur le site de Wattingen, a-t-elle constaté.

Les problèmes concernent essentiellement l’approvisionnement en eau et l’évacuation des eaux. A l’heure actuelle, la mise à disposition des installations militaires ne peut être assurée que de manière restreinte et en prenant des mesures spéciales car l’alimentation en eau de cette partie du village est déjà à peine suffisante. A cela s’ajoute une capacité limitée d’épuration des eaux en particulier durant la période estivale de haute activité touristique. Il faut donc s’attendre à de sérieux problèmes pour l’hébergement de personnes supplémentaires, soulignent les autorités uranaises.

C’est à l’ODM d’éclaircir les questions encore pendantes. Le canton d’Uri et la commune de Wassen attendent donc de l’office qu’il leur montre avec quelles mesures d’assainissement l’hébergement de requérants d’asile est réalisable. Aucun requérant d’asile ne sera hébergé à Wattingen avant que ces questions ne soient résolues, ont décidé les autorités uranaises.

AP et 24 Heures

mardi 28 juin 2011

Nouvelles de Fahad

Bonjour,

Je ne vous ai pas donné beaucoup de nouvelles de Fahad depuis bien longtemps. À sa demande, ses proches sont volontairement restés discrets sur sa procédure d’asile en Suède. Après l’acharnement des autorités suisses sur son cas, Fahad redoutait que la médiatisation de ses mésaventures ne nuise plus qu’elle ne lui serve. Nous n’avons pas lâché le morceau pour autant!

Comme nous le redoutions depuis son expulsion de Suisse, la Suède n’a pas accordé le statut d’asile, même provisoire, à Fahad. Ni à lui, ni à des milliers d’autres Irakiens menacés. Rappelons que la Suède, estimant que l’Irak est un pays sûr, renvoie à tour de bras ses requérants d’asile Irakiens. Et que la Suisse n’a pas hésité à expulser par la force, en vertu des accords de Dublin, Fahad en Suède, son premier “pays d’accueil” en Europe.

Pourtant sur son site, notre département fédéral des affaires étrangères met en garde toute personne qui souhaite se rendre en Irak: “En dépit du transfert du pouvoir aux autorités irakiennes, le pays manque toujours de structures stables. La situation reste confuse et la sécurité n'est pas assurée. Les risques d'enlèvement et d'attentats terroristes sont élevés.

Suite à la décision négative des autorités suédoises, Fahad a dû réagir très vite. Il risquait du jour au lendemain d’être arrêté, mis de force dans un avion et livré pieds et poings liés aux autorités de Bagdad. Après son incarcération dans les geôles zurichoises qui lui ont laissés de profondes séquelles psychologiques, Fahad redoutait plus que tout d’être à nouveau privé de liberté. Pour sauver sa vie, il a fui la Suède pour rejoindre celle qu’il aimait en Suisse.

La peur au ventre, Fahad a traversé à nouveau l’Europe. Un parcours semé d’embûches parce nos gouvernements n’hésitent plus à mettre en prison comme de vulgaires criminels ceux qui ont fui les persécutions et la guerre. On compte près de 250 centres de rétention sur le territoire de Schengen – dont 28 en Suisse – où croupissent à l’abri des regards plus de 40'000 hommes, femmes et enfants pour la seule raison qu’ils ont demandé l’asile ou qu’ils sont sans papiers.

Fahad a eu de la chance, il est s’en est sorti. C’est un homme intègre. Depuis sa fuite d’Irak en 2007, il ne s’est jamais écarté de la loi lors de sa procédure d’asile. Menacé de mort dans son pays pour avoir travaillé comme traducteur pour les Américains, il voulait qu’on lui reconnaisse le droit d’être protégé le temps que son pays retrouve la paix.

Il y a longtemps que Fahad voulait unir sa vie avec l’élue de son cœur, mais il ne voulait pas que la moindre suspicion de mariage blanc vienne souiller leur amour. Mais le temps pressait car au premier janvier de cette année, une loi allait interdire toute union en Suisse avec un requérant d’asile débouté ou un sans papier. Après 15 mois de procédure kafkaïenne, Fahad s’est marié en décembre dernier à Lausanne avec Marie, sa fiancée suisse et obtenu le droit de mener enfin une vie normale.

Quelle fête ! Une centaine d’amis ont célébré à l’hôtel de ville de Lausanne dans la joie et les larmes de bonheur le commencement d’une nouvelle vie. Les parents de Fahad, restés malgré eux à Bagdad, ont offert la robe de mariée. La belle Marie, rayonnante, semblait sortie d’un conte des Mille et Une Nuits. Le père de la mariée, la gorge nouée, a fait l’éloge de son gendre en le comparant à Sinbad le marin parti comme lui de Bagdad pour chercher sa bien-aimée. Des jeunes mariés ou de ceux qui ont protégé Fahad, impossible de savoir qui étaient les plus heureux.

Fahad a repris ses études d’ingénieur abandonnées quatre ans auparavant. Puisse son histoire donner une lueur d’espoir dans les temps sombres que nous traversons.

Merci à tous ceux qui ont soutenu Fahad.

Bien à vous,

Fernand Melgar

fahad et marie

Héros de la forteresse, Fahad est de retour

 

news fahad

24 Heures

lundi 27 juin 2011

Echec scolaire et immigration : l'Insee répond à Guéant

Fait rarissime, l'Institut national de la statistique a officiellement corrigé lundi, dans un communiqué, les chiffres avancés par le ministre de l'Intérieur selon qui les deux tiers des personnes sortant de l'école sans qualification étaient des enfants d'immigrés.

Rétablir officiellement certaines vérités au sujet de l'échec scolaire et des enfants issus de l'immigration. Dans une communication rare de la part de cet organisme rattaché au ministère de l'Economie, l'Insee a tenu à corriger le tir lundi : "La proportion d'enfants d'immigrés parmi les élèves sortis sans qualification de l'enseignement secondaire peut être estimée à environ 16 % pour les enfants de familles immigrées. Si on y ajoute les enfants de familles 'mixtes', cette proportion passe à environ 22 %", explique l'Institut dans un communiqué.

Une clarification directement adressée au ministre de l'Intérieur. Claude Guéant avait suscité une vive polémique en mai dernier en affirmant que les deux tiers des personnes sortant de l'école sans qualification étaient des enfants d'immigrés. Puis, à l'Assemblée, le 25 mai, il a déclaré : "C'est vrai qu'il y a deux tiers des enfants d'immigrés qui se trouvent sortir de l'appareil scolaire sans diplôme". Depuis, les syndicats avaient sommé la direction de l'Insee de corriger les propos successifs de Claude Guéant.

Controverse sur les chiffres

La direction avait d'abord répondu vendredi qu'elle n'avait pas à répondre à des commentaires politiques et qu'elle devait se limiter à diffuser ses documents. Cédant aux pressions des syndicats, elle a finalement décidé de publier un communiqué ce lundi. Le ministre, accusé par l'opposition de stigmatiser les immigrés pour séduire les électeurs d'extrême droite, avait affirmé s'appuyer sur des études de l'Insee et a envoyé plusieurs droits de réponse à des médias qui écrivaient que ses chiffres étaient faux. 

L'Insee précise dans sa communication de lundi que le dossier s'appuie sur une étude de 2005 intitulée "Les immigrés en France" portant sur la scolarité dans l'enseignement secondaire des élèves entrés en sixième en 1995. Dans cette étude, les proportions d'élèves sortis sans qualification de l'enseignement secondaire sont ainsi de 10,7% parmi les enfants de familles immigrées, 6,6% parmi les enfants de familles "mixtes", 6,1% parmi les enfants de familles non immigrées. A la rentrée 1995, près d'un entrant en sixième sur 10 appartenait à une famille immigrée et 6% des élèves vivaient dans une famille "mixte".

TF1news

samedi 25 juin 2011

Immigration : l’Europe se referme comme une huître

L’Union européenne a décidé ce vendredi soir de renforcer de façon drastique les contrôles de l’immigration à ses frontières, mais de façon temporaire et exceptionnelle.

Face à l’arrivée massive de clandestins venus de Tunisie et de Libye, les Vingt-Sept se sont octroyés la possibilité de rétablir des contrôles à leurs frontières nationales en cas de pression exceptionnelle. Cécilia Malmström, la commissaire européenne en charge de l’Asile et des Migrations, s’est inquiétée des risques de dérive sécuritaire, dictée par les partis d’extrême droite et les mouvements populistes de plus en plus actifs dans l’Union européenne.

C’est le Danemark qui avait lancé le mouvement en menaçant de rétablir unilatéralement ses frontières Mais Copenhague dit n’avoir aucune intention de remettre en cause l’espace Schengen dans son principe de libre circulation des personnes. Lars Løkke Rasmussen, le Premier ministre danois : “si les frontières extérieures sont sous forte pression, nous devons pouvoir profiter d’une exception, de façon aussi à ce que les gens continuent de soutenir cette idée générale de Schengen.”

Le président français Nicolas Sarkozy a été le fer de lance de ce repli européen, proposant que les pays d’Afrique du Nord s’engagent à reprendre les migrants partis illégalement de leur territoire.

euronews

Plusieurs centaines de Syriens se réfugient au Liban

Plusieurs centaines de Syriens, pour certains blessés par balles, se sont réfugiés dans la nuit de vendredi à samedi au Liban, selon un responsable des services de sécurité locaux. Cet afflux de réfugiés intervient au lendemain d'une nouvelle journée sanglante en Syrie, où les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants, faisant 20 morts d'après des militants des droits de l'homme.

Les réfugiés syriens ont franchi dans la nuit le poste frontière d'Al-Sousaïr dans la région d'Akkar près de Wadi Khaled (nord du Liban), a expliqué un responsables des services de sécurité libanais qui a requis l'anonymat. Six personnes blessées par balles se trouvaient parmi les arrivants et ont été hospitalisées à Akkar, a-t-il ajouté.

Plusieurs milliers de Syriens se sont déjà réfugiés au cours des dernières semaines dans les pays frontaliers, Turquie et Liban. La ville syrienne de Talkalakh, où l'armée est intervenue début juin juin, ne se trouve qu'à quelques minutes de marche de Wadi Khaled.

Les forces syriennes ont ouvert le feu sur des manifestants défilant dans les rues de nombreuses villes du pays contre le régime du président Bachar el-Assad, comme chaque semaine après les prières du vendredi. Selon des militants des droits de l'homme, au moins 20 personnes, dont deux enfants de 12 et 13 ans, ont été tués.

D'après les Comités de coordination locaux qui participent à l'organisation des manifestations, la plupart des victimes ont été recensées dans le quartier de Barzeh à Damas et à Al-Kaswa, un faubourg de la capitale syrienne. Il y a eu également plusieurs morts à Homs, dans le centre de la Syrie.

Des images vidéos des funérailles de trois personnes tuées à Al-Kaswa, mises en ligne samedi par des militants syriens, montraient des dizaines de personnes dans le cortège funèbre, scandant "Dieu est grand" et "Bachar, dégage!".

L'armée a envoyé samedi des renforts à Barzeh, où ils ont installé des barrages routiers et arrêté environ 150 personnes, ainsi que dans les faubourgs d'Al-Kaswa, Zabadani et Bloudan, selon Rami Abdul-Rahman, de l'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme, basé à Londres.

Malgré la répression de l'armée, les manifestations pro-démocratie se poursuivent depuis plus de 100 jours en Syrie. Selon l'opposition syrienne, 1.400 personnes ont été tuées depuis le début de l'insurrection à la mi-mars.

Dans le nord de la Syrie, au moins 15.000 personnes ont manifesté sur une autoroute reliant les deux principales villes du pays, Damas et Alep. Plusieurs milliers de personnes ont aussi défilé dans le nord-est du pays, à Amouda et Qamishli, et dans d'autres provinces, selon Mustafa Osso, un militant des droits de l'homme basé en Syrie.

Selon une importante figure de l'opposition syrienne, le dissident Louay Hussein, quelque 200 intellectuels et critiques du régime doivent se réunir lundi à Damas pour discuter des stratégies permettant une transition pacifique vers la démocratie. Ce rassemblement d'une journée sera le premier des opposants au régime basés à Damas, dont bon nombre sont persécutés depuis longtemps par le gouvernement du président Bachar el-Assad.

D'après Louay Hussein, les autorités syriennes n'ont pas soulevé d'objection à cette réunion, qui interviendra une semaine après le discours de Bachar el-Assad dans lequel il avait évoqué le lancement d'un dialogue national sur les réformes politiques.

AP et Nouvel Observateur

La Turquie ouvre un nouveau camp pour les réfugiés syriens

En Syrie, de nouvelles manifestations ont été durement réprimées ce vendredi 24 juin 2011, et les forces de l'ordre ont ouvert le feu. Un bilan fait état d'une quinzaine de morts et de plusieurs dizaines de blessés. Ces violences et la répression qualifiée de «révoltante» par l'Union européenne ce vendredi, entraînent l'exil de milliers de Syriens vers la frontière avec la Turquie. Et le flux ne risque pas de tarir.

A ce rythme, le cinquième camp de réfugiés du Croissant rouge turc sera à son tour vite saturé ; depuis l’irruption des forces syriennes dans le village de Kharbet al Joz, à quelques centaines de mètres du camp de déplacés qui n’attendaient que leur arrivée pour franchir la frontière turque, ce sont 1 578 nouveaux réfugiés qu’il a fallu accueillir.

Alors, comme rien n’annonce la fin des violences en Syrie ni le ralentissement de l’exode, la Turquie poursuit l’installation d’un sixième village de tentes, le plus grand jusqu’à présent, qui pourra recevoir pas moins de 15.000 personnes, à l’est de la ville d’Antakya. En fait, les autorités turques se préparent au pire et prévoient de pouvoir accueillir jusqu’à 250.000 réfugiés, envisageant de nouveaux points de passages plus à l’est, dans les régions kurdes où ont eu lieu des manifestations ce vendredi 24 juin.

La Turquie, qui avait un temps envisagé d’instaurer une zone tampon avec camp d’accueil du côté syrien de la frontière, si le nombre des réfugiés dépassait les 10.000, est maintenant, après l’avancée de l’armée syrienne, bien obligée d’y renoncer, même si elle héberge quelque 12000 Syriens. Ce qui ne va pas apaiser les relations de plus en plus tendues entre Ankara et Damas.

Jérôme Bastion, correspondant de RFI à Istanbul

vendredi 24 juin 2011

38'000 personnes dans le processus d'asile

Trente-huit mille personnes sont en ce moment dans le processus de demande d'asile. Les uns parlent d'afflux, les autres jugent le terme exagéré par rapport à l'époque des guerres de l'ex-Yougoslavie.

TSR

Asile: les cantons mécontents

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