mercredi 5 mars 2008

Mesures des autorités pour ramener le calme à Vallorbe




Le nombre de requérants d'asile à Vallorbe (VD) sera réduit de 20% dès le mois d'avril, passant ainsi de 220 à 180. Un accord a été signé mardi entre la commune, le canton de Vaud et l'Office fédéral des migrations. Ces mesures sont destinées à améliorer la cohabitation entre la population et les requérants d'asile du centre régional d'enregistrement et de procédure. De plus, un "effort sensible" sera fait pour occuper les résidents "de manière adéquate", bien qu'ils ne puissent pas travailler. Des voix ont tonné contre les rassemblements fréquents à la gare, qui créent un sentiment d'insécurité. (SWISS TXT)

Lire l'article du Temps

Racisme et antiracisme dans la bande dessinée


Alter Egaux

Racisme et antiracisme dans la bande dessinée

Une exposition du Bureau lausannois pour l’intégration des immigrés et de la Bibliothèque Municipale de Lausanne

Première présentation : Forum de l’Hôtel de Ville de Lausanne, du 20 au 29 mars 2008

Vernissage : mercredi 19 mars 2008 à 18h

But de l’exposition

ALTER EGAUX a pour but de montrer comment le racisme et l’imagerie de l’autre se sont exprimés dans la bande dessinée à travers le monde et le temps. Puisant dans le fonds de la Bibliothèque Municipale de Lausanne, la plus riche collection de BD en prêt public d’Europe, elle retrace les origines historiques, parfois anciennes, des imageries négatives et réductrices qui concernent diverses communautés. Elle montre aussi l’émergence de discours critiques face aux discriminations raciales et de visions positives, généreuses, de la diversité des peuples et des cultures.

Contenu et scénographie

L’exposition présente, sur 75 affiches au format mondial, plus de 160 extraits de récits en images signés Baru, Bilal, Boudjellal, Bourgeon, Chappatte, Crumb, Eisner, Gotlib, Hergé, Jacobs, Jano, Jijé, Kubert, Montellier, Muñoz, Pahé, Pratt, Sacco, Satrapi, Sfar, Spiegelman, Tezuka, Tronchet, Zep, etc.

Des grands noms, des classiques du 9e art, comme l’inévitable Hergé, mais aussi des auteurs moins connus, pas forcément issus des écoles franco-belges ou américaines : l’Iranienne Satrapi, le Gabonais Pahé, le Syrien Sattouf, le Serbe Zograf, l’Ivoirienne Marguerite Abouet, etc.

ALTER EGAUX est structurée en sept « quartiers chauds » habités par des Noirs, des Juifs, des Jaunes, des Musulmans, des Balkaniques, des Palestiniens, des Suisses et… des Martiens. A la fois pédagogique et humoristique, l’exposition aborde une multitude de thèmes délicats (statut des femmes, traite des noirs, conversions forcées…) et de situations tragiques (Shoah, guerres d’Algérie et des Balkans, conflit israélo-palestinien…) en s’efforçant de montrer l’extrême diversité de points de vue des acteurs concernés. ALTER EGAUX met particulièrement en évidence le phénomène récent des reportages-BD dans des zones de conflits, illustré par des auteurs comme Chappatte et Joe Sacco.

Riche en images, l’exposition a également une bande son grâce à un Juke-box des musiques protestataires du 20e siècle. Elle est enrichie de divers éléments de décor en 3 dimensions, dont une statue de « Titeuf nègre », réalisée avec l’accord du dessinateur Zep et de son éditeur.

Générique

Créée à l’initiative du Bureau lausannois pour l’intégration des immigrés, ALTER EGAUX est une exposition de : Roger Gaillard (commissaire), Cuno Affolter (expert BD), Laurent Roniger (graphiste). Elle a bénéficié des compétences de nombreux collaborateurs du Bureau lausannois pour l’intégration des immigrés, de la Bibliothèque Municipale et de l’Atelier des maquettes de la Ville de Lausanne.

Soutiens

L’exposition est soutenue par : la Ville de Lausanne, le Service fédéral de lutte contre le racisme, la Loterie Romande, Migros Pourcent culturel, la LICRA, les communautés religieuses vaudoises (Eglise catholique, Eglise réformée, Communauté israélite de Lausanne, Union vaudoise des associations musulmanes) ainsi que l’UBS.

Pour tout renseignement :

Association Alter Egaux

p.a. Bureau lausannois d’intégration des immigrés (BLI)

Place de la Louve 1, 1003 Lausanne

021 315 72 45 | bli@lausanne.ch

Ceci est fait en notre nom…

Lisez cette réflexion de Jacques Poget sur les nouvelles lois sur l'asile et les étrangers dans 24heures...


A
cceptée par 68% des Suisses (55% des Vau­dois), la nouvelle loi sur l’asile déploie tous ses effets de­puis le 1er janvier de cette an­née. Dans la discrétion, mais ici et là des gens se posent des questions*. Et des réponses viennent. Lénifiantes de la part de l’Etat, plus inquiétantes de la part des organisations d’aide aux migrants.
Ainsi, la situation est tendue à Vallorbe. La présence à la gare de nombreux requérants, oisifs évidemment (il leur est interdit de travailler), exaspère une par­tie de la population. C’est com­préhensible, mais malheureuse­ment explicable.
Le centre de tri, rebaptisé «d’enregistrement et de procé­dure » (CEP), héberge deux fois plus de personnes qu’aupara­vant. Les clichés sur la «villégia­ture » sont à revoir: 270 mi­grants de tous âges et ethnies, en dortoirs logeant jusqu’à 16 personnes, les enfants - non scolarisés - dans les dortoirs des femmes, couples et familles sé­parés. Horaires de sortie stricts, fouille au retour, et pour tout achat, présentation du ticket de caisse. Denrées alimentaires in­terdites dans les chambres, agendas, téléphones et ordina­teurs portables saisis à l’arrivée. Or ces conditions proches de la détention, administrées avec l’appoint de Securitas par ORS Service AG, entreprise spé­cialisée dans l’encadrement des requérants d’asile, sont impo­sées beaucoup plus longtemps. Alors que les requérants étaient répartis dans les cantons pour la durée de la procédure d’admis­sion ou de rejet, ils sont au­jourd’hui assignés à Vallorbe jusqu’au bout. Il est plus facile de les renvoyer sans faire de bruit. Mais les familles finale­ment admises arrivent dans les cantons en mauvais état.
Les premières heures sont cruciales, puisque les requérants sans passeport ou carte d’iden­tité (acte de naissance ou permis de conduire ne comptent plus) ont 48 heures pour présenter ces papiers, sous peine de non-en­trée en matière (donc de renvoi automatique). Les conditions pour une entrée en matière sont durcies; les «indices de persécu­tion » ne suffisent plus, il faut que la qualité de réfugié soit «rendue vraisemblable ou dé­montrée ». Mais il n’y a au cen­tre ni fax ni accès à internet, et deux téléphones (pour 270 per­sonnes). L’accès à l’assistance juridique et sociale proposée par les organisations de solidarité est ainsi restreint.
L’aide sociale étant supprimée pour les requérants déboutés, ils n’ont plus droit qu’à l’aide d’ur­gence et à un logement collectif. Rigueur adoucie toutefois en cas de «vulnérabilité»: on se sou­vient qu’à la veille de Noël les médecins de la Policlinique de Lausanne disaient dans ces co­lonnes leur vive préoccupation de devoir évaluer la résistance ou la fragilité de requérants, dont le sort dépendait de cette décision médicale.
Tout cela est fait au nom de tous les citoyens suisses, quoi qu’ils aient voté en septembre 2006. Cela exige une vigilance particulière. Par respect des droits humains; et parce qu’il ne sera pas possible de dire, plus tard: «Je ne savais pas!»

* Le Conseil de service communautaire de l’Eglise protestante (Haute-Broye), organise une table ronde sur l’application des nouvelles lois, ce soir à 20 h 30 à la Fondation L’Estrée, à Ropraz. A 17 h, «Témoignages de terre et d’exil».

mardi 4 mars 2008

Discrimnation raciste: quelles stratégies mettre en oeuvre

Eduquer contre le racisme, atelier pour enseignants le 19 mars

Prévenir le racisme et ses manifestations s’inscrit dans une éducation qui touche à la
citoyenneté, à l’interculturalité et à la promotion des droits humains. Cette approche
éducative met en jeu les identités, les appartenances et le Vivre ensemble. La Fondation
Education et Développement (FED) propose un atelier destiné aux enseignantes et
enseignants, aux animatrices et animateurs, ainsi qu’à toute personne travaillant avec des
jeunes en Suisse romande.
Objectifs : acquérir des connaissances de base de la thématique, développer des
compétences dans le domaine de l’éducation contre le racisme, découvrir et exploiter des
moyens pédagogiques, imaginer, dans son cadre professionnel, une activité pour lutter
contre le racisme.
Parler du racisme, de ses causes, de ses formes d’expression, demande de connaître un
certain nombre d’outils et d’avoir un minimum d’informations de base.
A partir de films tirés du DVD-Rom Du respect, pas de racisme, de la bande dessinée et
de l’exposition Moi raciste !?, de questions-réponses de jeunes sur le site www.ciao.ch et
d’autres documents, l’atelier permettra d’établir des liens avec des situations que les
jeunes rencontrent et de comprendre certains mécanismes et comportements de
discrimination.
Lieu et jour
Haute Ecole Pédagogique Vaud, Avenue de Cour 33, Lausanne, mercredi 19 mars,
13H30-16H30
Contact + inscription
Fondation Education et Développement, 021/612.00.81 - fed@globaleducation.ch -

Lausanne, les autres et moi


Sans papiers : reprendre l'offensive

SRG SSR idée suisse dédie une semaine spéciale à l'intégration

Du 7 au 13 avril 2008, l'intégration des migrants sera en point de mire sur toutes les chaînes radio/TV de SRG SSR idée suisse et dans son offre en ligne. Cette semaine thématique dans les quatre régions du pays constitue une première dans les annales de SRG SSR : « Wir anderen - nous autres - noi altri - nus auters » entend apporter une contribution éditoriale de poids au délicat débat souvent controversé sur la société du futur.
Près d'un million et demi d'étrangers vivent en Suisse.
Près d'un million et demi d'étrangers vivent en Suisse.
© Keystone
Près d'un million et demi d'étrangers vivent en Suisse, soit 20,6% de la population. Ces hommes et ces femmes sont venus chez nous pour les raisons les plus diverses; certains repartiront, beaucoup d'entre eux resteront ici. Ils sont un élément constitutif de cette société que nous considérons comme la « nôtre ». Cette société est-elle aussi la leur? Voulons-nous qu'ils en fassent partie? Et eux, le veulent-ils?

Dans son rapport de juin 2007 sur les mesures d'intégration, le Conseil fédéral constatait qu'au regard du taux élevé de population étrangère, « l'intégration des étrangers résidant en Suisse peut, dans l'ensemble, être qualifiée de réussie ». Mais l'actualité récente le montre bien: il y a aussi des problèmes et des déficiences. D'un côté, les migrants ont parfois du mal à accepter les lois et les coutumes en vigueur dans leur pays d'accueil. De l'autre, notre société peine à accepter les migrants comme personnes issues d'une autre culture, avec des valeurs éthiques et des croyances différentes. Il peut en résulter de graves situations conflictuelles.
Thématiser l'intégration: plus qu'un simple devoir pour SRG SSR
Armin Walpen
Armin Walpen
© Keystone
Les médias, service public en tête, sont des acteurs majeurs du processus d'intégration. L'Union Européenne de Radio-Télévision / European Broadcasting Union (UER/EBU) s'intéresse à cette question depuis plusieurs années et lui a consacré divers congrès, avec la collaboration de WDR et de France Télévision. Associée au débat, SRG SSR a posé dans ses « Ateliers de Montreux » 2006 et 2007 les jalons de la semaine thématique 2008. « Traiter de l'intégration et des tensions qu'elle génère est un devoir pour SRG SSR. Je dirais même que pour une entreprise de service public, c'est une exigence programmatique », déclare Armin Walpen, directeur général de SRG SSR, à propos de l'engagement de SRG SSR.
Au fil de la semaine thématique «Wir anderen - nous autres - noi altri - nus auters», SRG SSR abordera du 7 au 13 avril toutes les facettes du sujet. Radio, télévision et multimédia ont travaillé main dans la main pour mettre sur pied une grille cohérente : le thème sera discuté, analysé, expliqué, aussi avec humour, au travers d'une vaste palette d'émissions intégrant tous les formats dans les créneaux de l'information, du documentaire, de la fiction et du divertissement, avec pour objectif de transmettre une image aussi complète que possible de l'intégration en Suisse.
La semaine de la TSR
Une rue, 22 nationalités et une concierge suisse. Un documentaire de Beat Bieri et Ruedi Leuthold.
Une rue, 22 nationalités et une concierge suisse. Un documentaire de Beat Bieri et Ruedi Leuthold.
© TSR
Quels regards les étrangers établis en Suisse portent-ils sur nous, sur notre pays et nos particularités ? Comment vivons-nous ensemble ? Quels sont les enjeux de leur intégration au sein de notre société ? Durant toute la semaine, pour éclairer la Suisse multiculturelle, aborder les enjeux de l'intégration, questionner ce qui nous enrichit ou qui nous heurte, la TSR et tsr.ch déclinent les multiples facettes de cette thématique.
« Amour made in Switzerland » - un kaléidoscope amoureux et multiculturel. (Temps présent)
« Amour made in Switzerland » - un kaléidoscope amoureux et multiculturel. (Temps présent)
© TSR
A partir de témoignages de Brésiliens, de Chinois, de Russes, d'Ivoiriens et de Français, Temps présent élabore un kaléidoscope amoureux et multiculturel sur la manière dont les Suisses sont perçus en matière de drague, d'amour et de vie de couple par les étrangers résidant dans le pays. Parfois ironiques mais toujours pertinents, ils dressent le portrait d'une Suisse plutôt timorée...(Amour made in Switzerland). Mise au point placera au centre de son programme les regards particuliers que portent des personnes d'origine étrangère sur notre actualité et le Journal proposera des portraits de personnalités dont l'intégration est particulièrement remarquable. Quant au débat d'Infrarouge, il portera sur les conditions de naturalisation, soumises au vote le 1er juin, avec notamment des observateurs étrangers.

Les classes d'accueil permettent aux enfants de faire leurs premiers pas vers l'intégration. C'est auprès d'eux que la série « D'ici et d'ailleurs » s'arrêtera au quotidien.
La fiction proposera plusieurs éclairages sur l'intégration et les sociétés métissées, alors qu'avec les documentaires nous ferons halte dans le quartier nord de Lucerne où cohabitent plus de 20 nationalités, à Porrentruy où la Braderie a été l'occasion pour des habitants d'un petit village andalou de retrouver avec nostalgie leur terre d'accueil.
Sur le net
Le site
Le site "vivreici.ch" pour raconter vos anecdotes en vidéo.
© TSR
Par webcam, caméra numérique ou encore téléphone portable, les étrangers de Suisse racontent, depuis janvier dernier sur www.vivreici.ch, leurs expériences avec leur pays d'adoption sur des thèmes aussi divers que l'amour, le climat, la culture, qui leur permet aussi d'entrer en contact avec les autres participants. Cet espace d'échange d'expériences sera au coeur d'un site de tsrdécouverte, dès le 3 avril, qui réunira les programmes de la semaine ainsi que des témoignages d'écoliers venus d'ailleurs. Un lien vers le site des archives permettra de retrouver des séquences dans lesquelles la TSR a donné, au fil des décennies, la parole à des étrangers venus s'établir en Suisse.
Sur ce sujet:
La semaine de la RSR
A la RSR comme ailleurs en Suisse, des personnes sont d'origine étrangère. Il était tentant de leur demander quel est leur regard sur ce pays qui, souvent, est devenu le leur. Dans le cadre du site vivreici.ch, conçu et développé en commun par la RSR et la TSR, des collaboratrices et collaborateurs
livreront devant la camera souvenirs et anecdotes liés à leur intégration. Gérard Suter, Yves Demay, Johannes Tchiakpe, Lydia Gabor, Anik Schuin ont d'ores et déjà accepté de se plier à l'exercice, d'autres suivront. Leurs vidéos prendront place sur le site internet vivreici.ch parmi celles du public, invité lui aussi à dire ce qui l'a frappé en arrivant en Suisse, ce qui lui plaît ou le dérange. Près de 200 vidéos sont déjà en ligne.
Pour compléter ce panorama, quelques têtes connues, sportifs, politiques, gens de la mode ou du spectacle feront de même.
Ces mini clips auront un prolongement sur les antennes de la RSR, puisque des extraits sonores de ces témoignages seront repris à l'antenne, et serviront de fil rouge à cette semaine de l'intégration. Les programmes des quatre chaînes de la RSR feront une large place à l'intégration sous toutes ses formes. La plupart des émissions, en fonction de leurs thèmes habituels, aborderont un aspect de la vie des étrangers en Suisse. L'apprentissage de la langue, l'image des étrangers dans les médias, les films suisses qui traitent d'intégration (les Faiseurs de Suisses!), des portraits, une histoire de l'intégration, des interviews d'écrivains étrangers en Suisse, l'intégration à travers les archives de la radio, des débats avec des classes, de l'humour, et évidemment, beaucoup de musique sont au programme.

lundi 3 mars 2008

Gare au Taser en France

La publicité gratuite faite par Yvan Perrin a-t-elle été efficace en tout cas cet article de fond du Monde constate que la gendarmerie française dispose de 2600 tasers.

Lire l'article

Dans le centre de rétention de Vincennes, les gardiens n'ont pas hésité à tirer au Taser sur des résidents:
Les policiers ont bien utilisé un Taser, appareil à impulsion électrique, pour calmer les sans-papiers du centre de détention de Vincennes. Selon Le Parisien, dans la nuit du 11 au 12 février, les gardes décident de procéder à un appel et éteignent la télé, provoquant la colère des retenus. Une intervention musclée s’en suit. Lundi, la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France ont lancé une enquête. 80 retenus protesteraient actuellement en faisant une grève de la faim.

Lire la réaction d'Alain Morice dans le blog Rue89

Menaces de renvoi et mobilisation

Tout l'EMS Joli-Bois et son directeur, Michel Vincent, municipal à Blonay, jugent absurde la menace de renvoi qui plane sur une de leurs collègues, Colombienne. Un article de Bertrand Dubois dans 24 Heures.


Dans le réfectoire de l’établissement
médicosocial qui l’emploie, Jeimy
est à sa place. Souriante et active, elle
ne s’imagine pas devoir retourner en
Colombie, où elle n’a plus d’attaches.
Le Grand Conseil, qui recevra la pétition
la soutenant fera-t-il quelque chose pour elle?
CHAMBY, Le 28 FÉVRIER 2008

Chahutée par la vie et les décisions froides que lui communiquent les services administratifs, Jeimy reste enjouée. Alors qu'elle pourrait craquer, elle est joviale avec la cinquantaine de résidents de l'EMS de Chamby où elle est employée de maison depuis six mois, après avoir passé quatre ans dans un autre EMS montreusien. Mais lorsque est évoquée l'hypothèse de dire à son garçon de 10 ans qu'elle et lui seraient contraints de retourner en Colombie, sa voix tremble. «Alors, il va me demander: pourquoi, on n'est pas des criminels, maman?»
C'est que les choses sont mal emmanchées pour la jeune femme de 26 ans. Arrivée dans notre pays au début de 2002, elle rencontre un Suisse. Six mois plus tard, les tourtereaux s'épousent. Problème. Ce n'est qu'alors qu'elle fait une demande d'autorisation de séjour. Mais le mariage tourne court.
Violence, alcool, l'époux ne parvient pas à établir une relation correcte avec le jeune fils de Jeimy, que celle-ci a, entre-temps, fait venir dans son pays d'adoption, où habite déjà sa mère. Les très jeunes mariés se séparent après dix-huit mois. Un problème pour la froide administration. Comme Jeimy ne réside officiellement en Suisse que depuis la date de ses épousailles, les fonctionnaires appliquent la loi. Une brève enquête de police plus tard et ils considèrent que la jeune femme a conclu un mariage blanc. Le système juridico-administratif veut, dans ces circonstances, que la personne étrangère ne puisse pas rester en Suisse.

Une pétition circule
Et rien n'y fait. L'échéance du renvoi tombe le 14 mars. D'ici là, ses espoirs de voir la machine administrative s'enrayer reposent sur la lettre de son ex-époux à la Cour de droit administratif du Tribunal cantonal. Instance auprès de laquelle elle a recouru contre la décision du Service de la population (SPOP). L'homme y écrit que leur rencontre amoureuse était sincère et qu'effectivement il a eu un comportement violent vis-à-vis d'elle et de son enfant.
Une autre bouée de salut pourrait être la pétition, qui circule ces jours entre Montreux et Blonay. Dotée de quelques centaines de signatures, elle sera remise au Grand Conseil. Amis, connaissances, collègues de travail: tous signent.

«Pas le profil profiteuse»
Patron de l'EMS Joli-Bois, le municipal de Blonay Michel Vincent a aussi paraphé une lettre de soutien. Il y fait l'éloge de la jeune Colombienne, «très compétente, discrète et disponible». Il rappelle aussi que les personnes prêtes à s'engager avec la même motivation qu'elle dans ce genre de travail se font de plus en plus rares.La jeune femme touche 3200 francs par mois. «Travailleuse, elle n'a pas le profil de la profiteuse; ça me peine de voir une telle personne menacée de renvoi alors que d'autres, moins intégrées, peuvent rester... Il y a des choses qui m'inquiètent dans la gestion de ces dossiers», lâche le municipal.