mardi 12 septembre 2006

Orbe: soutien au cuisinier

Le cuisinier de l’Auberge du Cheval-Blanc est soutenu


Pour Blazo Nikorov, l’incertitude qui plane sur son avenir est pesante.
Un départ repoussé serait aussi un soulagement pour sa patronne.

A Orbe, l’homme, originaire de Macédoine, devrait quitter notre pays aujourd'hui. Les membres du Conseil communal ont massivement soutenu une lettre au Conseil d’Etat pour demander un report de son départ. Regula De Souza a attiré l’at­tention des élus sur la situa­tion de Blazo Nikorov, cuisi­nier à l’Auberge du Cheval­ Blanc, dans les divers du Con­seil communal de jeudi der­nier. L’homme a travaillé en tant que saisonnier dans l’hô­tellerie pendant onze ans. Il est retourné un an dans son pays. Etant devenu là-bas aussi un étranger, il est revenu en Suisse, en laissant sur place sa femme et ses deux filles.
Depuis son retour, il y a huit ans, il travaille dans la restau­ration. L’ancien tenancier du Cheval-Blanc lui avait promis de régulariser ses papiers, mais il n’a pas entrepris la moindre démarche. Au lieu de recevoir des papiers l’autori­sant à travailler, Blazo Niko­rov a reçu un avis d’expulsion du pays. Son départ devrait avoir lieu au-jourd’hui. Le cuisinier est apprécié des clients de l’auberge et son dé­part met en péril le commerce de sa patronne qui est sur le point d’accoucher. Une grande partie des con­seillers communaux a signé la lettre au Conseil d’Etat, des commerçants ont fait de même. L’intéressé doit pour l’instant se contenter d’atten­dre dans l’incertitude du len­demain

PIERRE BLANCHARD

TSR: débat sur l'asile ce soir

Une Lausannoise fera face à Christoph Blocher

Ce soir, sur la TSR, Christoph Blocher sera confronté aux détracteurs des lois sur l’asile et les étrangers. A quelques heures de l’événement, 24 heures a rencontré une Lausannoise qui se prépare à affronter le géant zurichois.

Manon Schick ne craint pas le débat avec le tribun zurichois.
Elle veut convaincre les téléspectateurs de rejeter les lois sur l’asile et les étrangers

C'est une jeune femme déterminée de 31 ans qui se mesure à Chris­toph Blocher dans l’émission «Infrarouge» diffusée ce soir à 22 h 35. Manon Schick, porte-pa­role de la section suisse d’Am­nesty International, a en effet l’honneur d’entamer la première partie du débat consacrée à la loi sur l’asile. «J’avoue que je suis tendue», confie la Lausannoise. «Débattre avec Christoph Blo­cher n’est pas donné à tout le monde.» En effet, le conseiller fédéral a refusé tout débat con­tradictoire avec ses pairs politi­ciens. La discussion de ce soir l’oppose donc à des représen­tants de la société civile, telle que des associations de défense du droit d’asile et des droits hu­mains.

Consciente des attentes qui pèsent sur elle, cette ancienne journaliste n’est pas pour autant impressionnée par le défi qui l’attend. «Ce n’est pas le fait de me retrouver devant un con­seiller fédéral qui me fait peur. Ce que je crains davantage est le côté très émotionnel auquel re­court parfois Christoph Blocher. Par exemple, le fait qu’il utilise, dans le cadre de la campagne, l’histoire des deux enfants koso­vars qui ont violé une petite fille me paraît vraiment grossier et inadmissible. Je pourrais m’aventurer sur le même terrain mais j’éviterai de le faire. J’es­père qu’il se limitera également à des arguments rationnels et qu’on en restera à débattre des lois.»

«Je m’adresse aux indécis, pas à Blocher»

Comment se prépare-t-on à une telle rencontre? Comment répondre à celui qui est passé maître dans la manière d’esqui­ver les questions? «C’est vrai qu’il a tendance à lancer des arguments à l’emporte-pièce. Il se cache derrière ses lacunes de français. On m’a donc surtout conseillé de ne pas parler trop vite afin qu’il comprenne mes propos. J’ai également lu ses in­terviews pour me préparer à son argumentation, qui est d’ailleurs toujours la même, basée avant tout sur les abus», confie Manon Schick.

Ce soir, la jeune femme, qui n’en est pas à sa première expé­rience télévisuelle, sera vêtue de noir pour s’accorder aux cou­leurs du plateau. «On m’a fait un briefing sur ma façon de parler. Je dois faire des phrases courtes, aller directement au sujet et, sur­tout, éviter de regarder les camé­ras », précise-t-elle. La porte-parole d’Amnesty ne se fait pas d’illusion sur les ob­jectifs de ce débat. «Je sais bien qu’il n’y aura pas de véritable discussion possible entre Chris­toph Blocher et moi. Je ne vais pas le convaincre de l’aberration de ces lois. Ce soir, je compte m’adresser aux indécis, pas à Blocher». Face au tribun zurichois, les principaux atouts de la jeune femme seront sans aucun doute sa repartie et son calme. «J’ai l’avantage de savoir au plus pro­fond de moi-même que j’ai rai­son. Je défends des valeurs hu­maines qui sont aussi celles de la Suisse. J’essaierai de faire com­prendre aux gens qu’il faut qu’ils les défendent également.»

NADINE HALTINER


lundi 11 septembre 2006

Asile: deux fois non des petits paysans

Lire le communiqué dans agriculture.ch:
L'Association des petits et moyens paysans (VKMB) recommande de rejeter les lois sur l'asile et sur les étrangers soumises au peuple le 24 septembre. L'Union suisse des paysans recommande au contraire d'approuver ces deux lois. En comparaison avec l'Europe, les lois suisses actuelles sur l'asile et sur les étrangers sont déjà sévères. De plus, la loi sur les étrangers est injuste compte tenu de l'apport des étrangers à l'économie suisse, a indiqué lundi le VKMB dans un communiqué. L'association des petits et moyens paysans a déjà fait connaître son mot d'ordre pour l'autre votation du 24 septembre: elle propose de dire oui l'initiative COSA. Là aussi, elle est d'un autre avis que l'USP qui recommande le rejet de l'initiative

Le Courrier donne la parole aux fonctionnaires de l'asile

Votation sur l’asile : les Eglises montent au front

Ecoutez l'émission spéciale Haute-fréquence
« Non » : c’est la réponse que les Eglises catholiques et protestantes de Suisse recommandent de glisser dans l’urne le 24 septembre lors du référendum sur la révision du droit d’asile. Des Eglises qui ont jugé que la loi présentait trop peu de garanties pour les personnes persécutées et qu’elle risquait de créer une foule de sans-papiers en privant d’aide sociale les demandeurs déboutés.

Quelle influence cette prise de position, justifiée aux noms de valeurs évangéliques comme celle de l’accueil de l’étranger, peut-elle avoir sur l’issue du scrutin ? Cet engagement de la hiérarchie des Eglises correspond-elle à l’opinion des fidèles, en Suisse romande comme en Suisse allemande ? Et en quoi l’attitude des Eglises de Suisse est le reflet des préoccupations de toutes les Eglises européennes confrontées à la question de l’immigration qu’elle soit légale, clandestine ou liée à l’asile ?

Jean-Christophe Emery s’est rendu à Soleure pour sentir le climat en Suisse allemande. Catherine Erard est allée voir Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard et président du Service national français de la pastorale des migrants, pour connaître l’attitude des Eglises en France. Valérie Demon s’est penchée sur le cas de l’Eglise catholique espagnole en allant visiter en Castille un centre d’accueil catholique pour les migrants. Enquête complétée par un entretien avec Antoine Reymond, membre du Conseil synodal de l’Eglise réformée du canton de Vaud.

Une émission spéciale conduite par Catherine Erard, Jean-Christophe Emery et Fabien Hünenberger.

Etrangers première classe, étrangers deuxième classe...

Lire l'éclairage de Renzo Ambrosetti dans le Temps
Renzo Ambrosetti, coprésident du syndicat Unia, dénonce les risques de marginalisation croissante que les nouvelles lois feront courir aux étrangers en situation déjà précaire

La loi sur l'asile est choquante et en plus inefficace

Lire l'éclairage de Claude Ruey dans le Temps
Il y montre l'incohérence de la loi sur l'asile qui prétend limiter les abus.

La loi sur les étrangers n'est pas discriminatoire

Lire l'éclairage de Murat Aldare dans le Temps

Ce juriste, vice-président des Jeunes radicaux genevois, distingue entre les deux lois soumises au peuple.


Asile: le oui difficile de la droite romande

Lire l'article de Denis Masmejan dans le Temps - Suisse

Ont-ils peur d'être assimilés à l'UDC? Sont-ils eux-mêmes peu convaincus? Jugent-ils inutile d'en faire trop pour un scrutin qui semble gagné d'avance? Toutes les explications sont permises, mais c'est un fait: si les démocrates du centre sont parfaitement à l'aise dans la défense des lois sur l'asile et sur les étrangers, les radicaux et les démocrates-chrétiens, en Suisse romande, ne se bousculent pas pour défendre les deux textes soumis au vote des Suisses dans quinze jours. Pendant ce temps, le comité rassemblant les partisans à droite d'un double non aligne une belle brochette de personnalités, et n'a aucune peine à leur faire donner de la voix. ..

Nous sommes tous l'étranger de quelqu'un

Lire dans le Temps - Courrier des lecteurs
...Les lois sur les étrangers et sur l'asile sont comme un pansement sur une jambe de bois. Quand elles seront en vigueur, nous n'aurons pas moins peur. Les lendemains ne chanteront pas mieux. Le monde ne sera pas plus facile à vivre. Il y aura toujours des malades, des chômeurs, des gens qui vieillissent et se sentent négligés. Ce qui sera différent, c'est que nos élus (nos employés) devront trouver un autre bouc émissaire.

A qui le tour quand il n'y aura plus d'étrangers? A vous. A moi. Nous sommes tous l'étranger de quelqu'un, et si les démagogues continuent sur leur lancée, nous serons bientôt tous, vous et moi, les étrangers de nos élus