mercredi 28 juin 2006

Une nouvelle rixe à Bex


Une altercation entre un patron de bistrot et un jeune Guinéen transportant de la drogue dégénère. Un nouveau drame qui ravive les tensions autour du centre Fareas .
Lire l'article de Yann Pauchard dans Le Matin
Lire la dépêche de l'ATS sur Swissinfo
Voir la séquence du TJ régions
Ecoutez les explications de David Racana et les interviews de Michel Flückiger et Pierre Imhof

Sur le même sujet, lire l'édito de Yann Pauchard.

Interview de Christoph Blocher dans 24heures

Lire dans 24heures l'interview du Conseiller Fédéral par Vincent Bourquin et Antoine Grosjean
Vous avez refusé ou annulé des débats face à Ruth Dreifuss. Pourquoi?

- Un conseiller fédéral ne doit pas faire campagne. Il doit se contenter d'informer. J'ai eu des douzaines de demandes pour un débat face à Ruth Dreifuss, face aux évêques, ou à d'autres personnes, mais en général je refuse. On n'a jamais vu des conseillers fédéraux débattre avec d'anciens conseillers fédéraux. Je pense que les journalistes s'intéressent plus au spectacle qu'aux arguments. Ce qu'ils aimeraient avant tout, c'est voir le match Blocher-Dreifuss.

- Ces refus, n'est-ce pas aussi pour éviter que ces lois ne soient estampillées «lex Blocher»?

- C'est clair. C'est la stratégie de mes adversaires. On diabolise la personne, pour pouvoir dire ensuite: c'est la loi du diable, il faut voter contre. Pourtant, ce ne sont pas mes lois, mais celles du Parlement et du Conseil fédéral. D'autre part, un conseiller fédéral ne peut pas donner son avis personnel sur une décision prise par le Conseil fédéral, comme le ferait un conseiller national.

- A ce propos, Micheline Calmy-Rey a dit dans la presse dominicale que la loi sur l'asile pourrait ne pas respecter le droit international. Y a-t-il rupture de collégialité?

- Je pense que c'était surtout destiné aux socialistes, comme gage de sa solidarité. D'ailleurs, elle n'a pas dit que cette loi était contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. Elle a seulement dit que si on ne l'appliquait pas correctement, on risquait de faire des erreurs.

- La droite romande est divisée. Cela vous inquiète ou est-ce seulement le signe que les Romands sont trop angéliques?

- En Suisse romande, les gens sont en général pour plus d'ouverture, mais je ne crois pas qu'ils seraient prêts à assumer les conséquences pour le chômage et pour les institutions sociales. Le canton de Vaud a longtemps eu sa propre politique d'asile, et on a vu ce que ça a donné.

- Vous affirmez que ces lois renforceraient la tradition humanitaire de la Suisse, pourtant les opposants disent le contraire.

- C'est de la propagande. Dans ces lois, il y a beaucoup de nouvelles règles qui vont améliorer la situation des étrangers qui sont en Suisse, mais aussi celle des réfugiés et de ceux qui ont une admission provisoire. Par exemple, un étranger pourra plus facilement changer d'emploi. L'intégration sera aussi améliorée, avec des cours de langue et un accès facilité au marché du travail pour les personnes admises à titre provisoire. Sans oublier la possibilité pour les cantons de faire des demandes de régularisation pour les cas de rigueur. En même temps, il faut aussi bien sûr empêcher les abus.

- Votre discours est plus modéré que d'habitude.

- Non. Mais nos adversaires parlent toujours des mesures contre les abus. Mais grâce à des mesures ciblées, on pourra garantir une protection aux personnes persécutées. D'un autre côté, la Suisse doit être moins attractive pour les immigrés illégaux, les passeurs, les personnes travaillant au noir et les délinquants.

- Précisément, concernant les dealers africains qui sont dans les rues des villes suisses, cette situation ne doit-elle pas être réglée sur le plan judiciaire et non en durcissant la loi sur l'asile?

- Mais on agit aussi sur le plan judiciaire. C'est vrai que la majorité de ces délinquants ne sont pas des requérants d'asile.

- Vous parlez beaucoup d'abus, mais entre janvier et mai de cette année, la Suisse a reconnu le statut de réfugiés à 14,4% des personnes et donné une admission provisoire à 58,2%, soit un total de 72,6% donc il n'y a pas que des mauvais requérants.

- Ce sont des cas spéciaux car il y a les ressortissants d'Irak et du Tibet qui ont obtenu l'admission provisoire. Par ailleurs, la CRA (n.d.l.r.: la commission de recours en matière d'asile) ne peut plus avoir de cas pendants d'ici la fin de l'année, donc prend beaucoup de décisions. Si aujourd'hui on est à 15% de réfugiés, c'est parce qu'on a amélioré la procédure. Aujourd'hui, il y a moins d'abus, mais il y en a toujours.

- Cette loi permettra d'avoir moins d'abus, mais n'augmente-t-elle pas les risques d'erreur comme dans le cas de Stanley Van Tha. Ce Birman a été emprisonné dès son retour à Rangoon alors que la Suisse lui avait refusé l'asile.
- Absolument pas. Parfois il peut y avoir des erreurs. Sur les 530 000 demandes d'asile enregistrées depuis 1964, nous n'avons connaissance que d'une seule décision injuste, celle précisément de ce Birman. D'ailleurs, on a tout de suite réagi en ne renvoyant plus les Birmans.

France : : Une vaste régularisation des Sans-papiers en vue] :..

Lire dans le JOURNAL CHRETIEN

Le ministre de l’Intérieur estimait à 2 500 le nombre des sans-papiers régularisés grâce à leurs enfants scolarisés. Ils pourraient, en fait, être plus de 10 000.

Blocher hué à l'Uni de Berne

Lire la dépêche de l'ATS

mardi 27 juin 2006

Opinion de Claude Monnier dans 24heures

«Sinon, nous finirons un jour par payer des étrangers pour qu’ils viennent en Suisse rajeunir notre démographie…»
A quelques mois du scru­tin à propos de la nou­velle loi plus sévère sur les étrangers, nous serions bien avisés, en Suisse, de réfléchir une fois encore, posément, à l’importance de l’immigration pour la bonne vie que nous menons dans ce pays. Une en­quête de notre excellent con­frère britannique «The Econo­mist » (17 juin 2006), consacrée pour l’essentiel à l’immigration latino-américaine aux Etats­ Unis, me semble proposer à une telle réflexion un schéma de bonne venue.
Même si les Etats-Unis, à la différence de la Suisse, se di­sent officiellement «pays d’im­migration », en pratique, dans la vie quotidienne, une bonne partie des populations nationa­les des deux pays manifeste aujourd’hui le même genre de réactions, je caricature à peine: «Ouais, ces étrangers il y en a trop, ils nous envahissent, ils sont inca­pables de s’assimiler vraiment, ils essaient de nous convertir à leurs religions et à leurs moeurs, ils mettent en péril notre identité et notre culture, ils nous tondent pas mal d’em­plois sur le dos, ils abusent de nos systèmes sociaux, médi­caux et éducatifs, ils nous coû­tent un saladier; bref, on ferait oeuvre de salubrité publique en en renvoyant une bonne partie chez eux.» C’est à ce point du discours que «The Economist» com­mence son enquête, pour véri­fier, à la fois sur le terrain avec des exemples vécus, et au tra­vers d’études chiffrées, le bien­fondé ou le mal-fondé de trois accusations types.
La première accusation a deux faces: les immigrés lati­nos, disent volontiers les gens outre-Atlantique, sont trop mal éduqués pour pouvoir s’inté­grer efficacement dans la so­ciété américaine, et sont donc condamnés éternellement (pe­tite larme versée!) à survivre de jobs médiocres payés en des­sous de tous les SMIC du coin. Or l’enquête de terrain de «The Economist» prouve le con­traire. Elle évoque par exemple le cas de tel immigrant mexi­cain entré illégalement aux Etats-Unis il y a douze ans, qui a commencé par travailler dans une teinturerie chinoise de Los Angeles pour 2.50 $ de l’heure, puis est allé ramasser des myrtilles en Caroline du Nord pour 5 $ de l’heure, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il puisse s’acheter une maison au Mexique et un restaurant aux Etats-Unis mêmes.
La seconde accusation est qu’«ils nous coûtent cher». La revue britannique cite à ce pro­pos une étude de l’Université de Caroline du Nord portant sur cet Etat particulier: les im­migrés latinos y paient 756 millions de dollars d’im­pôts, alors qu’ils coûtent à la collectivité 817 millions de dol­lars – soit, pour l’Etat, un coût net de 102 dollars par Latino. Oui, mais en 2004, les mêmes Latinos ont dépensé dans cette même Caroline du Nord 9.19 milliards de dollars, qui ont permis de créer quelque 90 000 emplois nouveaux… La troisième accusation est que les immigrés latinos ten­dent à niveler par le bas le niveau culturel des Etats-Unis. Or, lorsque l’on considère la succession des générations, on voit au contraire que chaque génération immigrée nouvelle se fait littéralement un point d’honneur de gravir un ou plu­sieurs échelons de l’échelle de la formation, si possible jusqu’à ce que le petit-fils ob­tienne un MBA de Stanford, pas moins!
Les immigrés et les enfants d’immigrés doivent se battre dix fois plus que les nationaux, déployer dix fois plus d’éner­gie, d’imagination et d’ingénio­sité… Et nous serions assez fous pour leur mettre les bâ­tons dans les roues et nous priver de leur force inouïe? A ce train, nous finirons un jour par payer des étrangers pour qu’ils viennent en Suisse ra­jeunir notre démographie!

Ruey affronte Blocher

Lire l'article de Anne Dousse dans le Matin
Christoph Blocher croisera le fer avec Claude Ruey. Un duel fratricide entre bourgeois. Dès les prochaines semaines, l'UDC et le libéral s'affronteront sur le terrain de l'asile et des étrangers dans la perspective des votations du 24 septembre. Ces échanges s'annoncent virulents, tant l'émotion est grande. «Nous devrons lutter contre l'endoctrinement mené par l'UDC depuis des années», commente le Vaudois...

Interview de Jean-René Fournier dans le Courrier

Terre des hommes critique la violation des droits de l'enfant


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Le dilemne de Christoph Blocher

Lire l'article de Valérie de Graffenried dans le Temps
Le ministre UDC participera à plusieurs podiums de discussion jusqu'au 24 septembre. Mais il ne «commentera» pas les résultats.
Lire aussi l'article de Denis Masmejan consacré aux réticences de deux départements du conseil fédéral à l'égard des lois Blocher (le DFI et le DFAE s'étaient opposés à plusieurs aspects du projet) !
Lire aussi l'édito de Denis Masmejan

Le tribun à l'épreuve

Lire l'édito de Denis Masmejan dans le Temps
Le journaliste se demande si Blocher saura éviter de tomber dans son penchant naturel au populisme pour défendre le durcissement des lois sur l'asile et les étrangers.