lundi 17 décembre 2007

Enseignement en structure d'accueil

L'intégration passe par la scolarisation des jeunes migrants. Dans le canton de Vaud, elle se fait dans des structures d'accueil, qui se présentent sur le site (encore en construction) de l'AVESAC.

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Pour découvrir la problématique complexe de l'intégration des élèves étrangers, lire l'article de Driton M. Kajtazi: "Accueillons la formation en classe d’accueil"

Un vote qui gêne l'Euro

La campagne sur les naturalisations va-t-elle ternir l'Euro 2008? Cette inquiétude s'amplifie avec la politique d'opposition annoncée par l'UDC, au lendemain de l'éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral. L'initiative agrarienne «pour des naturalisations démocratiques» sera soumise au peuple six jours avant le grand rendez-vous européen, et le délégué du gouvernement Benedikt Weibel ne trouve «pas malin de fixer la votation ce jour-là». Mais la date du 1er juin ne peut pas être reportée: le scrutin doit être organisé au plus tard dix mois après le vote du Parlement.
«Notre initiative véhicule un bon message puisqu'elle ne vise que les délinquants», estime le conseiller national Oskar Freysinger.

Lire la suite de cet article du Matin

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dimanche 16 décembre 2007

Une bonne nouvelle pour l'image de la Suisse à l'étranger

Lire ce passionnant interview de Roger de Weck sur Swissinfo

Les changements survenus cette semaine dans la politique suisse seront salutaires pour l'image du pays et pour ses relations avec l'Union européenne, affirme Roger de Weck.

Editorialiste pour plusieurs journaux suisses, français et allemands, il estime que le Parlement a saisi l'occasion de corriger l'image d'une Suisse populiste inquiétante aux yeux des médias étrangers.

«Séisme», «tempête», «tremblement de terre». Les termes utilisés par la presse européenne pour qualifier la non-réélection mercredi du ministre démocrate du centre (UDC, droite nationaliste) Christoph Blocher à son poste trahissaient l'ampleur de la surprise à l'étranger également.

Lire une revue de presse de ces réactions

Mais pour Roger de Weck, les commentateurs se trompent lorsqu'ils prédisent la fin du système politique suisse et de son modèle de consensus.

...swissinfo: Plusieurs médias européens mais aussi américains se sont inquiétés du contexte politique et du ton de la campagne électorale. L'éviction de Christoph Blocher améliorera-t-elle l'image de la Suisse à l'étranger?

R.d.W.: La non-réélection du ministre UDC est une très bonne nouvelle pour la Suisse, et également pour son image à l'étranger car la Suisse a laissé aller les populistes très très loin. Beaucoup plus loin que dans d'autres pays.

A la faveur de ce que le Parlement vient de décider, je pense que cette image se corrigera. On réalisera que la Suisse est capable de remettre les pendules à l'heure. Cela sera perçu positivement à l'étranger.


Roger de Weck

Roger de Weck (Keystone)

...

swissinfo: En Europe, le populisme semble plutôt s'affaiblir politiquement. Cette tendance se fait-elle aussi sentir en Suisse?

R.d.W: Le populisme a certainement dépassé son zénith en Suisse aussi. Bien sûr on parlera encore longtemps et beaucoup de Blocher, mais il ne sera plus le pivot de la politique suisse. Je pense que nous aurons désormais affaire à un 'demi-Blocher' – comme les partisans de la ligne dure de l'UDC qualifiaient de façon totalement déplacée Samuel Schmid - dont le poids ira en diminuant.

Par rapport à l'Autriche et à Jörg Haider, la situation est tout à fait comparable, mais d'une manière complètement différente. Le populisme, qui était extrêmement puissant en Autriche, est aujourd'hui marginalisé. On est encore loin de cela en Suisse, mais un certain retour à la normale prévaudra dans les années à venir.

Les dossiers ou l'UDC peut faire mal

Le Matin offre sa une à Christoph Blocher afin qu'il puisse traiter la nouvelle élue du parlement de menteuse et de traîtresse et formule son sondage d'une manière originale "Regrettez vous la défaite de Christoph Blocher".

Ludovic Rocchi de son côté énumère les dossiers sur lesquels l'UDC va durcir le ton:

Moutons noirs étrangers, minarets, libre circulation avec l'Union européenne et pression médiatique: voilà les cibles privilégiées pour venger Christoph Blocher. But: faire un maximum de dégâts à défaut de tout gagner devant le peuple

Ludovic Rocchi - 15/12/2007
Le Matin Dimanche

Une fois n'est pas coutume, l'UDC part en guerre sans plan très précis. Pris de court par l'éviction du Conseil fédéral de son leader Christoph Blocher, le premier parti de Suisse crie sur tous les toits qu'il va mettre ses menaces à exécution et livrer une opposition sans merci à la politique gouvernementale. Le président Ueli Maurer parle d'une vingtaine d'idées d'initiatives et de référendum, Christoph Blocher promet de tout déballer contre les institutions et l'administration. Dans la cohue d'une contre-attaque encore balbutiante, «Le Matin Dimanche» a repéré les quatre cibles les plus évidentes que l'UDC peut viser.

Les minarets

Le père spirituel de l'initiative anti-minarets, l'UDC zurichois non réélu, Ulrich Schlüer n'est plus au Parlement, mais son projet est toujours sur les rails. Soutenu par un comité composé de démocrates du centre, de démocrates suisses et d'évangéliques, le texte vise à interdire la construction de ces «symboles religieux» en Suisse.

L'UDC n'a pas encore pris officiellement position sur le sujet. Les délégués devraient se prononcer dans le courant de l'année prochaine. L'initiative n'était pas une priorité pour le parti jusqu'ici, mais pourrait le devenir car les chances de succès devant le peuple sont loin d'être minces et une bonne partie du travail est déjà sous toit. Près de 75 000 signatures auraient déjà été récoltées, et il n'en reste plus que 25 000 à aller pêcher d'ici à la fin novembre 2008.

En bons parias du groupe UDC, la nouvelle conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf et Samuel Schmid ont tous d'eux d'ores et déjà annoncé qu'ils ne soutiendraient pas ce texte de loi.

Libre circulation

Le terrain d'attaque le plus explosif pour Christoph Blocher, c'est bien sûr les relations de la Suisse avec l'Union européenne. Evincé du Conseil fédéral, il n'a plus aucune raison de retenir un tant soit peu ses troupes dans le saccage des accords bilatéraux péniblement négociés et votés par la Suisse jusqu'ici.

Les milieux économiques vont bien sûr exercer une terrible pression pour que Blocher ne bloque pas tout. Mais comment imaginer que le tribun UDC ne sera pas tenté de se mettre en travers de la route de Micheline Calmy-Rey et de tout le reste de la classe politique en contestant l'élargissement de la libre circulation des personnes avec la Bulgarie et la Roumanie.

La polémique sur les Roms s'étend en Europe et elle n'épargne pas la Suisse. Blocher le sait et il tient prête l'arme du référendum qui pourrait être lancé en 2008 déjà. Puis viendra l'heure de revoter ou non sur l'ensemble des accords de libre circulation passés avec l'UE en 2009. Etc., etc.

Les étrangers

On n'a pas fini d'entendre parler des moutons noirs de l'affiche de l'UDC. Lancée en pleine campagne électorale, l'initiative «pour le renvoi des criminels étrangers» connaît un succès éclair. Grâce aux envois tous-ménages, 210 000 signatures auraient déjà été récoltées, soit deux fois plus que nécessaire. L'UDC va pouvoir capitaliser ce succès, en attendant que le Parlement décide si elle est recevable ou non, puisque certains contestent sa constitutionnalité. Une votation populaire pourrait avoir lieu dans deux à trois ans. Autre fonds de commerce de l'UDC qui va refaire surface: les naturalisations par le peuple. Une initiative du parti de Blocher a déjà abouti et le peuple sera amené à se prononcer le 1er juin 2008.

Sur ces thèmes, il sera intéressant de voir comment la nouvelle conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf se positionne. Elle songerait d'ores et déjà à opposer un contre-projet à l'initiative des moutons. Quant aux naturalisations, on sait qu'une majorité du Conseil fédéral est opposée à s'en remettre aux assemblées communales sans voie de recours pour les étrangers refusés.

Enfin, l'UDC va reprendre de plus belle ses campagnes contre les étrangers qui abusent de l'AI ou de l'aide sociale, sans toute la problématique de la violence des jeunes...

vendredi 14 décembre 2007

Vague de xénophobie en Italie

Les immigrés sont dans le collimateur de la nouvelle campagne de la Ligue du Nord. Interdictions et restrictions se multiplient. Un article de Dominique Dunglas, correspondant à Rome pour 24 Heures.



Agressif «Citoyens, émigrez! Vous vivrez mieux
en tant qu’immigrés dans un autre pays.»
Dans plusieurs villes du Nord, la politique de
l’immigration prend une tournure inquiétante.
Et le mouvement prend de l’ampleur.
MONTEGROTTO TERME, LE 3 DÉCEMBRE 2003

Reprise par ses vieux dé­mons xénophobes, la ligue du Nord a décidé de rendre la vie plus difficile aux immigrés installés en Ita­lie. La campagne est partie de Massimo Bitonci, maire de Cit­tadella, ville située à une ving­taine de km de Vicence.
Par un décret, le premier citoyen élu sous les couleurs de la Ligue a en effet interdit la résidence dans sa commune aux extracommunautaires ne pouvant pas justifier un re­venu d’au moins 5000 euros par an. Le seuil minimum passe à 10 000 euros puis à 15 000 euros selon que la fa­mille a un ou deux enfants. Sur sa lancée, le maire a égale­ment interdit la résidence aux immigrés dont le casier judi­ciaire n’est pas vierge ainsi que le stationnement des Gitans. Enfin, il a créé une commis­sion destinée à recevoir les dénonciations «de situations de danger social». Mis en exa­men pour cette dernière initia­tive, considérée comme un ap­pel à la délation, Massimo Bi­tonci a été absous par la magistrature, qui a classé l’af­faire.
Une brèche dans laquelle s’est engouffré Giuseppe Previ­dini, le maire léguiste de Cara­vaggio, non loin de Bergame. L’édile a interdit dans sa com­mune les mariages mixtes – un ou une Italienne avec un ou une extracommunautaire – si l’étranger n’est pas en posses­sion d’un permis de séjour.

La ligue s’inspire de Blocher
Dans ce nord-est, qui a pourtant besoin de la main-d’oeuvre étrangère, les exemples de Cittadella et Cara­vaggio ont fait tâche d’huile. Quarante-trois maires de la Ligue du nord ont d’ores et déjà adopté les mêmes ordon­nances communales «anti­marginaux » et le mouvement ne cesse de s’étendre. Le parti autonomiste fondé par Um­berto Bossi appelle à manifes­ter avec Alliance Nationale di­manche à Milan sur le thème de la sécurité et contre l’immi­gration. Il espère qu’une cen­taine de maires auront adopté d’ici là les décrets contre les immigrés. Et pour appuyer ses initiatives, c’est de l’UDC de Christoph Blocher que la Li­gue s’inspire.


L‘affiche est apparue sur les
murs des villes du nord de l’Italie.

La fameuse affi­che des trois moutons blancs chassant un mouton noir est apparue sur les murs de toutes
les villes du Nord. Mais cela est bien peu, en regard de la proposition du conseiller communal de Tré­vise, Giorgio Bettio. «Pour ap­prendre aux immigrés à bien se comporter, il faut utiliser les méthodes des nazis. Cha­que fois qu’un habitant de Trévise subira un dommage de la part d’un extracommunau­taire, je propose que 10 immi­grés soient punis.» Mais à Trévise il ne faut s’étonner de rien. C’est là que le maire Giancarlo Gentilini, lui aussi élu de la Ligue, avait proposé de «déguiser les im­migrés en lapins pour que les chasseurs puissent s’amu­ser ».


Un concierge kosovar soutenu par (presque) tous ses locataires

Bekim Ademi devrait quitter la Suisse dans quelques jours. Il se bat pour y rester, avec sa femme et ses enfants. Il a le soutien des locataires dont il est le concierge. Un article de Jérôme Ducret dans 24 Heures.


Bekim Ademi, au centre, entouré de son épouse
Gjemile et de leurs deux enfants de sept
et huit ans Shkresa (à gauche) et Shkrep.
A partir de ce samedi, ils n’ont en principe
plus l’autorisation de rester en Suisse.
LAUSANNE, LE 11 DÉCEMBRE 2007.


C’est son avocat, Me Jean Lob, qui lui a conseillé de contacter 24 heures . Bekim Ademi a débarqué en Suisse en 1993. A l’époque, il était venu travailler au noir, durant deux ans, pour une entreprise de la région lausannoise. Quatorze ans plus tard, ce Lausannois d’adoption, sa femme Gjemile et leurs deux enfants Shkresa et Shkrep ont reçu de Berne un avis d’expulsion du territoire suisse, exécutoire ce samedi.

Enfants nés en Suisse
L’homme est originaire du Kosovo. Il avait 24 ans lorsqu’il a posé son premier pied dans la capitale vaudoise. «Je ne veux pas retourner au Kosovo, je n’y ai plus d’attaches, commente Bekim. Nos deux enfants, ils ne savent presque pas ce que veut dire le mot Kosovo. Ils sont nés en Suisse, on leur parle en français, ma femme et moi, c’est leur langue maternelle.»

En 1995, Bekim est devenu un «travailleur au gris», comme il le dit lui-même. Il a obtenu durant quelques années un permis de séjour provisoire. Lorsque la guerre a pris fin dans son pays natal, il a dû y retourner. Il s’est alors retrouvé dans une situation qu’il qualifie de «délicate». Il est revenu en Suisse, avec une nouvelle demande de permis de séjour. Au bout d’une longue procédure, Berne a dit non. Au vu de la situation familiale de ce père de deux enfants scolarisés à Lausanne, le Service cantonal de la population a tenté d’obtenir une exception auprès de l’Office fédéral des migrations. Le fait que Bekim Ademi n’ait pas de casier judiciaire, et qu’il n’ait jamais demandé l’aide sociale, semblaient plutôt favorables. Là encore, après bien des méandres juridiques, la réponse a été négative. Elle a été confirmée récemment par le Tribunal fédéral administratif.

Pour mettre toutes les chances de son côté, Bekim, concierge de trois immeubles au chemin de Florency depuis une année et demie, a obtenu le soutien de son ancien patron – l’entreprise Coppola et Seggio. Il a également fait le tour de «ses» locataires en leur demandant s’ils étaient d’accord de signer une lettre de soutien.

«Les bons, ils s’arrangent pour les mettre à la porte»
«Trente-cinq ont signé, explique le Kosovar. Il y a une personne qui n’a pas voulu. Elle m’a dit qu’elle n’aimait pas les étrangers, qu’elle votait pour Blocher…» «C’est vrai, je lui ai dit que je n’étais pas d’accord, explique la personne en question. Je ne comprends d’abord pas pourquoi la gérance engage quelqu’un qui n’a pas de papiers, et puis il y a beaucoup de gens à Lausanne qui cherchent un appartement et qui n’ont pas sa chance!» «Nous, on a signé, rétorque une locataire. Les bons, ils s’arrangent pour les mettre à la porte de la Suisse, et les mauvais, ils peuvent rester, ça n’est pas logique. Ca va peut-être changer, maintenant que Blocher n’est plus au Conseil fédéral…»

jeudi 13 décembre 2007

La Suisse fait à nouveau l'actu dans le monde


Lire la revue de presse de Laurent Buschini dans 24heures
La presse européenne hésite sur les qualificatifs. Mais entre «Choc», «séisme», «tempête» ou «révolte» dans une politique suisse habituellement calme, la non-réélection de Christoph Blocher intéresse. La plupart des commentateurs y voient la fin de la concordance.

"Le parti de Blocher part dans l'opposition". C'est à la une de tous les sites suisses. Mais pas seulement.

La Sueddeutsche Zeitung met aussi la nouvelle en une. Tremblement de terre en Suisse, poursuit le site allemand, qui annonce l'éviction du contesté ministre de la Justice. Le site rend compte de la prestation de serment de la nouvelle conseillère fédérale, Eveline Widmer-Schlumpf, une "politicienne de province inconnue". Il relate la décision annoncée par le chef du groupe UDC, Caspar Baader, de ne pas soutenir les deux élus UDC du gouvernement et d'entrer en opposition. Le site met aussi en lien des explications du système politique suisse. Même intérêt pour la politique suisse en Autriche. Die Presse fait sa une de l'éviction de Blocher. Pour le site, la Suisse a depuis aujourd'hui un gouvernement de centre gauche. La formule magique en vigueur depuis 1959 est devenue caduque, avance le journal.

En France, seul Le Figaro met la nouvelle en une de son site. "Pourquoi cette éviction?, se demande le quotidien. Christoph Blocher a durci la législation sur le droit d’asile et l’immigration. Son parti a été accusé de racisme par l’ONU durant la campagne électorale. La gauche et les centristes se sont donc mis d’accord en secret, une alliance inattendue, pour apporter leurs voix à un autre membre de l’UDC, Eveline Widmer-Schlumpf, considérée comme une modérée" relate le journal. Libération parle aussi en une de l'éviction de Christoph Blocher. "Puni, Blocher pourrait se venger en obligeant les deux conseillers fédéraux UDC élus à se retirer ou en les excluant de sa formation, s’ils refusent" estime le site.

Pour le Monde, "en menant une campagne ouvertement xénophobe et anti-européenne, le ministre de la justice et de la police s'est aliéné une partie de la droite modérée".
Editorial du "Monde"

"L'homme de droite Blocher perd son poste dans le gouvernement suisse", titre El Pais, dont l'information figure en une du site. "Une journée qui s'annonçait routinière s'est convertie en une véritable tempête dans un paysage politique suisse d'ordinaire serein" poursuit le site espagnol, pour qui l'éviction du «polémique et controversé» leader de la droite est une «crise sans précédent». Le site rappelle que le caudillo suisse s'est rendu célèbre par sa campagne de refoulement des étrangers et l'affiche du mouton noir désormais célèbre.

En peligro la fórmula mágica suiza

RODRIGO CARRIZO COUTO

El derechista Blocher podría irse a la oposición y paralizar el Estado al ser desplazado del Gobierno



Si le «Corriere della Sera», plus grand tirage en Italie, évoque un «tremblement de terre politique à Berne» dans un article en pleine page, le site du journal ne consacre rien à l'événement. Pas plus que la Stampa ou la Repubblica.

La nouvelle a aussi passé la Manche. "Le leader de l'extrême droite suisse est éjecté du gouvernement" titre le Guardian. Le site parle d'un "coup qui plonge la politique suisse dans un territoire incertain". Le site, comme la plupart des sites européens, tente de faire comprendre le système gouvernemental suisse. Non sans quelques approximations, comme celle de présenter le président de la Confédération comme une sorte de premier ministre. Reste que pour le Guardian, les règles très prévisibles de la politique suisse vont changer.

Switzerland's far-right leader is kicked out of cabinet

Ian Traynor, Europe editor
Thursday December 13, 2007
The Guardian



Special report Europe's far right
Christoph Blocher, Switzerland's hardline populist leader, was kicked out of the Swiss government yesterday in a coup that plunged Swiss politics into uncertain territory.

Despite leading his anti-immigrant Swiss People's Party (SVP) to a second general election victory seven weeks ago, Blocher, a billionaire businessman and justice minister in the outgoing government, was caught napping by a deft piece of overnight political manoeuvring by Social Democrats and Christian Democrats who blocked his path to cabinet by persuading a party colleague to stand against him...

Thursday, December 13, 2007 Last Update: 10:02 AM ET

L'éviction de Christoph Blocher a même traversé l'Atlantique. Le site du New York Times relate la chute de l'homme fort de l'UDC. Le site rappelle que l'UDC avait remporté le plus large score d'un parti aux dernières élections fédérales en s'appuyant sur des thèses populistes que les Nations Unies avaient qualifiées de racistes. Pour le site new-yorkais, l'éviction de Christoph Blocher pourrait mettre à mal la formule du gouvernement par consensus qui régit la Suisse depuis un demi-siècle. Il cite la parlementaire bâloise des Verts Miriam Behrens, pour qui l'UDC n'a jamais cessé d'être dans l'opposition même s'ils sont dans le gouvernement de consensus.



"Séance chaotique"
Dans un long article de haut de page, le "Corriere della Sera", plus grand tirage en Italie, évoque un "tremblement de terre politique à Berne". Le quotidien milanais note que le "milliardaire, l´anticonformiste, le polémiste" Christophe Blocher a été remplacé par une "inconnue".



Fin de la formule magique

"Le modèle de consensus suisse menace de se briser", titre en Allemagne "Die Welt". "Désormais, le système politique en Suisse vacille", renchérit la "Frankfurter Rundschau".
Ratlose SVP

Nach der Wahlniederlage des Rechtspopulisten Christoph Blocher hat sich seine Schweizerische Volkspartei (SVP) aus der Regierungskoalition zurückgezogen. Die gegen den Willen ihrer Partei gewählte SVP-Politikerin Eveline Widmer-Schlumpf nahm das Votum an. Mehr



Mouton noir
Le quotidien britannique "International Herald Tribune" estime lui aussi que "le vote a placé un point d´interrogation sur l´avenir du système suisse".

GENEVA: Less than two months after Christoph Blocher led the far-right Swiss People's Party to a comfortable election victory, parliamentarians ejected the controversial justice minister from the cabinet Wednesday.

The vote placed a question mark over the future of Switzerland's system of consensus government. In an election by Parliament of the seven-member Federal Council, which functions as Switzerland's cabinet, lawmakers voted for another SVP member, Eveline Widmer-Schlumpf, perceived as more moderate, over Blocher.


Nombre de commentateurs opposent les événements du 12 décembre ("journée de l´humiliation" pour Christoph Blocher, selon "Die Welt") au score réalisé par l´UDC le 21 octobre ("journée du triomphe", selon les termes du journal allemand"). Ils rappellent aussi la campagne "agressive" du parti agrarien marquée par la polémique autour du mouton noir.
Les "perdants alliés" (lors des élections fédérales) ont organisé une "action de représaille qui, sous cette forme, est unique pour la république alpine plutôt peu agitée" qu´est la Suisse, constate "Die Welt". Le journal allemand décrit la séance des Chambres fédérales de mercredi comme "turbulente à l´échelle suisse, voire presque chaotique".
Rechtspopulist Blocher jetzt in der Opposition
Der Milliardär und rechtskonservative Schweizer Justizminister Christoph Blocher ist endgültig aus der Regierung abgewählt worden. Seine Parteikollegin Eveline Widmer-Schlumpf nahm ihre Wahl zur Bundesrätin an – und wurde von ihrer Fraktion ausgeschlossen. Blochers Partei kündigte einen harten Oppositionskurs an. mehr...


Martyr
Et la presse européenne de prévenir des risques d´une UDC dans l´opposition. "Rien n´indique que la capacité de nuisance de l´UDC blochérienne, volontiers xénophobe, sera amoindrie par ce putsch parlementaire", selon "Libération".

"Le gouvernement à Berne aura moins de marge de manoeuvre" s´il doit tenir compte de la résistance d´une opposition parlementaire, prévoit la "Süddeutsche Zeitung".

"Un Blocher déchaîné comme martyr sur les bancs de l´opposition peut être encore plus dangereux que dans le gouvernement
", avertit le quotidien autrichien "Kurier".

Le "Soir" belge mise aussi sur le fait qu´en démocratie directe, Christoph Blocher "aura toutes les possibilités de déployer ses talents de populiste".

Le dessin du jour


Bürki: "Déculottée de Christoph Blocher, battu par une Grisonne"

mercredi 12 décembre 2007

Jenisch, Sinti et Roms

Lire l'article de Florence Gaillard dans Le Temps
Le Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) publie un ensemble d'études sur le sort des «gens du voyage» en Suisse au XXe siècle, en particulier les centaines d'enfants jenisch, sinti et roms enlevés de force à leur famille, sous couvert d'intégration et d'assimilation, par Pro Juventute entre 1926 et 1973.

Le dessin du jour

Bürki: " Les chambres élisent le Conseil Fédéral"