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mardi 15 mai 2012

Un renvoi forcé interrompu par une manif à Zürich

Une procédure de renvoi forcé d'un Irakien qui devait être renvoyé à Budapest a été interrompue mardi à l'aéroport de Zurich.

Une procédure de renvoi forcé a été interrompue mardi à l’aéroport de Zurich. Le réfugié iranien qui devait être ramené à Budapest, où il avait déposé une première demande d’asile, a refusé de monter dans l’avion. Une quinzaine de personnes avaient protesté contre l’expulsion dans un hall de l’aéroport.

La police avait prévu un niveau de sécurité bas, a indiqué à l’ats une porte-parole de la police, revenant sur une information de la chaîne régionale Radio 24. L’homme devait simplement être accompagné jusqu’à l’appareil. La manifestation dans le hall de l’aéroport n’a pas causé l’interruption de l’opération, a pour sa part affirmé Daniel Küttel, responsable de l’office argovien des migrations. L’Iranien était détenu à Aarau en vue de son renvoi. Lundi déjà, des sympathisants du groupe d’opposition des moudjahiddines du peuple iranien s’étaient rassemblés devant la prison pour soutenir le réfugié.

ATS / Newsnet relayés par le Matin

dimanche 9 octobre 2011

Certains étrangers expulsés de Suisse par vols spéciaux retournent sur le sol helvétique

Depuis plusieurs semaines, les vols spéciaux et les centres de rétention administrative pour les étrangers en attente de renvoi suscitent la polémique: inhumains pour les uns, Insuffisants pour les autres.

TSRinfo

Immigration / Vol spéciaux: entretien avec Isabel Rochat

TSRinfo

samedi 8 octobre 2011

«Pas d’expulsions de force pour les non-criminels»

Suites politiques du film de Fernand Melgar. Antonio Hodgers dépose trois motions pour modifier la loi.

Vol spécial, de Fernand Melgar, n’en finit pas de susciter la polémiquer. Taxé de fasciste dans un premier temps, désormais de «docu-menteur», le film – selon Fernand Melgar – veut susciter le débat. Quitte à défendre son point de vue en dépeignant une Suisse préfasciste, comme lors d’un débat public à Berne la semaine dernière. Deux policiers ont quitté la salle, outrés par les propos du cinéaste vaudois. Toutes ces controverses se devaient d’engendrer des suites politiques.

Le conseiller national Antonio Hodgers (Verts/GE) va déposer trois textes aux Chambres fédérales pour revoir la pratique en matière d’internement et d’expulsion des étrangers. «On ne traite pas de la même manière un père de famille qui travaille et tente de s’intégrer dont le seul crime est de séjourner en Suisse sans permis, et un dealer de drogue notoire! s’exclame Antonio Hodgers. Or, aujourd’hui, tous sont soumis à la même procédure, et aux mesures de contrainte.»

Pour le Vert genevois, c’est l’une des choses choquantes montrées par le film de Fernand Melgar. Mais la focale n’est-elle pas partielle? «Evidemment, il a voulu toucher par l’émotion des destins individuels. Mais il démontre aussi l’absurdité d’un système qui applique aveuglément des lois. Il y a une distance entre une prise de décision et son application concrète», s’enflamme Antonio Hodgers.

Et la polémique sur le passé criminel de certains détenus de Frambois vus dans Vol spécial ? «Cette polémique sert mes propositions. M. Leuba nous dit que 70% des détenus de Frambois provenant du canton de Vaud ont un passé criminel, alors pourquoi traiter de la même manière les 30% qui n’ont pas enfreint le Code pénal?» avance Antonio Hodgers.

La première motion du Vert genevois exige la suppression des «mesures de contrainte pour les étrangers non criminels». Comme elle a peu de chances de succès, il en a déposé une seconde, qui demande pour ces derniers des mesures de contrainte allégées. Sur le modèle proposé par Amnesty International. Ce texte a obtenu des signatures de parlementaires de droite. Enfin, le Genevois réitère sa demande de documenter les motifs d’expulsion. En 2010, la réponse du Conseil fédéral était limpide: l’Office fédéral des migrations (ODM) n’est pas en mesure de le faire. Idem en octobre 2011, selon notre enquête. renvoi forcé chiffres

«Pas si simple»

«Cet honnête travailleur sans papiers», dont Antonio Hodgers veut défendre les droits, expulsé manu militari comme un criminel violent, existe-il? S’est-il glissé dans ces 30% de non-criminels qu’avance le canton de Vaud? «Pas si simple», explique Philippe Leuba, le ministre vaudois de la Justice. «Nous n’expulsons pas les gens parce qu’ils sont clandestins, mais parce qu’ils refusent une décision juridiquement fondée. Il en va de notre Etat de droit que nous devons faire respecter. Sinon, le séjour en Suisse dépendrait de leur bon vouloir.»

Philippe Leuba souligne aussi la proportionnalité de la contrainte utilisée: de l’escorte policière aux différents niveaux d’entrave selon la détermination des récalcitrants. «Pas impossible mais peu probable qu’un honnête clandestin, père de famille qui travaille, se retrouve menotté dans un avion», affirme Philippe Leuba. «Dans le canton de Vaud, nous essayons au maximum d’obtenir de Berne des permis humanitaires pour ce genre de cas. Depuis 2006, nous avons obtenu la régularisation de 740 personnes. Notre politique est claire: intransigeance avec les criminels, un appui pour favoriser la régularisation des non-criminels qui ont fait l’effort de s’intégrer dans notre société.»

Xavier Alonso, Berne, dans 24 Heures

vendredi 7 octobre 2011

L’usage de la force lors du renvoi était justifié

L’intervention musclée de la police en juillet lors d’un renvoi forcé vers le Nigeria était «proportionnée», a estimé le gouvernement zurichois.

L’intervention musclée de la police en juillet lors du renvoi d’un requérant débouté vers le Nigeria était justifiée, a estimé hier le gouvernement zurichois, qui réagissait à une réponse d’une intervention parlementaire. Le requérant concerné avait fait preuve d’une résistance violente, a souligné l’exécutif.

Par ailleurs, une enquête révèle que les policiers zurichois ne sont pas en cause. Ce sont leurs collègues de Bâle-Campagne, présents pour les aider, qui sont intervenus. En effet, les policiers zurichois ne sont pas armés et ne portent pas de matraques lors de renvois forcés de requérants déboutés. Le rapport d’enquête sera transmis aux autorités bâloises, a précisé le Conseil d’Etat zurichois. C’est à elles que reviendra de décider d’éventuelles mesures. Les autorités bâloises partagent l’avis du gouvernement zurichois et ne prévoient pour l’heure pas de mesures à l’encontre des deux agents.

Les faits remontent au 7 juillet, lors du premier vol spécial affrété par la Confédération vers le Nigeria après la mort d’un requérant de ce pays en mars 2010, victime d’un malaise. Des images télévisées ont montré comment un Nigérian avait été traîné sur les marches de l’avion avant d’être frappé de coups de poing et de coups de matraques.

L’intervention pourrait tout de même avoir des conséquences. Le ministère public zurichois a ouvert une enquête préliminaire pour blessures corporelles, abus d’autorité et voies de fait, a indiqué la procureure en charge du dossier .

mercredi 21 septembre 2011

Eric Voruz perd espoir pour Massud, qui s’entête

massud shafiq Le conseiller national ne croit plus à un moratoire pour le requérant irakien débouté après plusieurs années de bons services à La Côte. Celui-ci refuse de partir de son plein gré.

Si l’histoire de Massud Shafiq avait suscité de l’émotion chez les internautes commentant ses déboires sur www.24heures.ch, il n’en a pas été de même au sein de l’Office fédéral des migrations (ODM). Par deux fois, celui-ci a refusé de réviser ou de suspendre la mesure de renvoi signifiée au requérant irakien. La première réponse de l’ODM n’a pas convenu à Eric Voruz, qui était intervenu en sa faveur. «J’ai réécrit pour signaler que l’Irak n’est pas un pays si calme, raconte le socialiste morgien. L’ODM a confirmé son refus de réviser sa décision.» Même les démarches auprès du conseiller personnel de Simonetta Sommaruga sont restées vaines. «La conseillère fédérale dit ne pas vouloir empiéter sur le pouvoir judiciaire», relate le parlementaire. En effet, c’est un recours rejeté par le Tribunal administratif qui a valu à Massud Shafiq son avis de renvoi. Eric Voruz entend néanmoins déposer deux motions durant cette session, dont une prenant ce cas comme exemple. Il souhaite modifier la loi sur l’asile en précisant que, lorsqu’une demande est rejetée, le droit de travailler s’éteint à l’expiration du délai fixé pour quitter le pays, mais en respectant les délais de congé fixés par le Code des obligations ou par convention collective, sans quoi l’Etat doit dédommager celui qui perd son emploi.

Rappelons que le jeune Irakien avait travaillé quatre ans et demi dans l’agriculture et en cuisine dans un EMS de La Côte. Il avait remboursé les frais engagés pour lui à son entrée en Suisse et réussi à gagner son indépendance financière (logement, assurance-maladie, impôts et téléphone portable). Depuis le 13 juillet, il n’a plus le droit de travailler. Massud Shafiq s’est vu notifier sa sortie de l’appartement nyonnais de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants pour dans un mois. Il devra alors se rendre à Orbe, où l’attend une place dans un dortoir. «Ils me proposent aussi une aide au retour, mais ce n’est pas l’argent qui m’a amené en Suisse. Je ne partirai pas de mon plein gré», promet l’Irakien.

24 Heures

dimanche 18 septembre 2011

“Au service des personnes et non de la loi”

 La FEPS (Fédération des églises protestantes de Suisse) a mis en ligne un site sur lequel elle explique son engagement en tant qu’observateur lors des renvois forcés:

4. Quels sont les buts poursuivis par la FEPS à travers sa participation?
L’engagement de la Fédération des Églises vise à garantir un traitement digne et conforme à l’État de droit des personnes appelées à être renvoyées ou expulsées, tout en protégeant l’intégrité physique et morale des policières et policiers concernés. Tant qu’il y aura des renvois, l’État et la société ont le devoir de veiller à ce que ces procédures ne violent pas les principes de la dignité humaine et de l’État de droit. L’instrument de contrôle s’inspire d’une idée très ancienne de la définition des rapports entre l’Église et l’État. Se fondant sur la tradition prophétique de l’Ancien Testament, les protestants estiment que l’Église est investie d’une mission publique et doit exercer une fonction de surveillance prophétique ou politique. Concrètement, et comme l’a formulé le théologien Dietrich Bonhoeffer dans son éthique, il s’agit en l’occurrence de savoir si l’action de l’État « peut être assumée par celui-ci comme une action étatique légitime, c’est-à-dire comme une action créatrice d’ordre et de droit et non de désordre et d’absence de droit » (Éthique).

Extrait de “10 questions -  10 réponses autour de l’observation des renvois forcés” de la FEPS

samedi 17 septembre 2011

Renvois forcés: «La solution idéale n’existe pas»

Simonetta Sommaruga, ministre de Justice et police, s’exprime pour la première fois en détail sur les renvois forcés. Et sur le cas spécifique de Geordry, menacé au Cameroun en raison d’une fuite de documents confidentiels suisses. Elle se dit préoccupée par cette situation.

simonetta sommaruga

Simonetta Sommaruga ira voir Vol spécial de Fernand Melgar dimanche à Bienne. Avant ce rendez-vous, la ministre de Justice et police a accepté de s’exprimer en détail sur la délicate pratique des expulsions forcées. Et sur le cas de Geordry, menacé au Cameroun en raison d’une fuite de documents confidentiels suisses (LT du 14.09.2011).

Le Temps: Les expulsions forcées par vols spéciaux, où les requérants sont ficelés, menottés, parfois casqués et langés, sont toujours plus controversées. Faut-il mettre fin à cette pratique?

Simonetta Sommaruga: La solution idéale n’existe pas. C’est la pire des situations pour tout le monde et surtout pour les principaux concernés. Mais si l’Etat renonce à faire appliquer ses décisions, tout le système de l’asile s’écroule et perd sa crédibilité. Il ne faut pas oublier que ces vols spéciaux n’interviennent qu’en dernier recours: un requérant débouté a d’abord le choix de rentrer de son plein gré, avec un soutien financier de la Confédération. Et même placé en détention administrative, il peut à tout moment décider de rentrer seul ou accompagné de deux policiers sur un vol de ligne. Les vols spéciaux sont donc la toute dernière solution. S’ils ne peuvent pas être évités, ils doivent être organisés le plus dignement possible.

– Mais ces renvois sous la contrainte ont provoqué des morts, dont celle d’un Nigérian sur le tarmac de Kloten en mars 2010. La Suisse peut-elle accepter de prendre ce risque?

– L’Etat doit tout mettre en œuvre pour éviter que des êtres humains encourent un danger. Après la mort de cet homme, nous avons suspendu les vols spéciaux (ils ont repris depuis, ndlr) et instauré de nouvelles mesures. Désormais, un médecin, un ambulancier et des observateurs indépendants participent à ces vols. Sur ceux vers le Nigeria, une délégation nigériane est aussi présente. Une démarche importante, qui vise à éviter les malentendus culturels.

– La présence d’observateurs neutres va-t-elle vraiment améliorer la situation?

– Cela nous permettra précisément d’évaluer s’il faut changer ou améliorer certains points. Je salue le courage de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse d’avoir accepté ce mandat. Ce n’est pas évident de prendre cette responsabilité. Dans ce domaine, endosser une responsabilité est beaucoup plus courageux que critiquer.

– Moins d’entraves mais davantage de policiers pour encadrer les requérants: serait-ce une meilleure solution? La Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) demande au contraire des mesures plus sévères.

– Je le répète: la solution idéale n’existe pas. Certains pays entravent beaucoup moins le requérant, mais en cas de problème, une dizaine de policiers se jettent sur lui. Difficile de dire ce qui est préférable. La Suisse est au moins un des rares pays où les mesures de contraintes policières sont réglées dans une loi. La loi précise par exemple que les policiers ne peuvent pas administrer des médicaments pour neutraliser les requérants.

– Or c’est ce que revendique la FSFP. Excluez-vous de modifier la loi pour l’autoriser?

– Des policiers le demandent, mais des parlementaires aussi. Cette question sera donc forcément examinée. Pour moi, le respect de la dignité et de la sécurité des requérants est primordial. Mais j’insiste: les professionnels qui encadrent ces vols, comme les policiers, ont aussi droit au respect. C’est un travail difficile.

– Trouvez-vous vraiment que les vols spéciaux se déroulent aujourd’hui dans la dignité?

– Tout est entrepris pour convaincre les personnes qui n’obtiennent pas l’asile en Suisse de quitter le pays de leur plein gré. Cela vaut mieux pour elles, pour leur dignité. Si, tout à la fin de la procédure, un renvoi forcé est nécessaire, on est dans une situation extrême. Mais même là, il y a encore la possibilité de respecter la dignité humaine. Et il faut y arriver.

– Des requérants expulsés sont parfois emprisonnés dans leur pays pour avoir demandé l’asile en Suisse. Que fait la Suisse dans ces cas précis?

– Je sais que le fait d’avoir demandé l’asile à l’étranger peut être un motif de persécution dans certains pays. C’est préoccupant. Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter cela. Et donc agir avant, pendant la procédure d’asile. Lorsqu’une personne est déboutée, elle n’est pas automatiquement renvoyée. Nous étudions d’abord si son renvoi est exigible ou non. Comme nous vérifions aussi si une personne avec des problèmes de santé pourra avoir accès aux soins nécessaires une fois de retour dans son pays.

– Mais si, malgré les précautions, une personne est emprisonnée, la Suisse admet-elle sa responsabilité?

– La Suisse doit agir. Elle a déjà admis son erreur à propos d’un Birman expulsé de force (Stanley Van Tha, condamné à Rangoon à 17 ans de prison sans procès, ndlr). Il a maintenant le statut de réfugié en Suisse.

– «Le Temps» vient de relater le cas de Geordry, arrêté et emprisonné au Cameroun parce que des documents suisses sont tombés entre les mains des autorités locales. Cela vous choque-t-il?

– J’ai connaissance de ce cas. La Suisse a des règles strictes pour éviter que des documents prouvant l’existence d’une demande d’asile ne se retrouvent entre les mains des autorités du pays d’origine. Une enquête va déterminer ce qui s’est passé. Cette personne a par ailleurs déposé une nouvelle demande d’asile. La procédure est en cours, donc je ne peux pas en dire plus. Mais je suis ce dossier de très près. Si vraiment les autorités suisses sont responsables d’une fuite de documents qui l’a mis en danger, c’est inacceptable.

– Comment avez-vous réagi en apprenant cette affaire?

– Mon premier réflexe est de vouloir savoir précisément ce qui s’est passé. Je ne peux pas me prononcer avant les résultats de l’enquête. Mais l’idée qu’il puisse se trouver dans cette situation à cause des autorités suisses me préoccupe.

– Allez-vous accorder une attention particulière aux expulsions forcées pour éviter des drames? Le film de Fernand Melgar a remis ce thème au centre de l’actualité.

– Je n’ai pas attendu son documentaire pour savoir qu’il s’agit d’un thème sensible de mon département. Je me suis rendue à Bâle très vite après mon élection au Conseil fédéral, la veille de Noël 2010. J’y ai visité un centre d’accueil, mais aussi le centre de détention administrative. J’ai parlé aux requérants. J’ai aussi discuté avec les personnes qui y travaillent. Je vais continuer à le faire. C’est important que je me laisse émouvoir, que je ne parle pas que de chiffres et d’articles de lois, mais que je parte à la rencontre des gens, que je les regarde dans les yeux. Je veux aussi parler avec les policiers et les observateurs indépendants.

– Mais pour l’instant, vous ne voulez rien changer…

– La question que l’on doit se poser est: quelle est l’alternative? Supprimer les renvois forcés décrédibiliserait notre politique d’asile. Les personnes qui ont vraiment besoin de protection n’auraient rien à y gagner. Et puis je n’ai pas dit qu’il ne fallait rien changer. Mais qu’il faut réévaluer la situation en continu. Je suis contente de voir le film de Fernand Melgar. Il thématise un sujet dont il faut parler. N’oublions jamais que nous parlons d’êtres humains.

Propos recueillis par Valérie de Graffenried dans le Temps

Détournement médiatique de “ Vol Spécial”

Jamais sans doute un film suisse n'aura fait l'objet d'un tel battage médiatique: "Vol spécial", de Fernand Melgar, qui sort prochainement en salle, est instrumentalisé sans vergogne par les médias pour faire la leçon aux Suisses, à qui il faut faire payer le fait d'avoir voulu une politique d'asile rigoureuse.

Au Festival de Locarno déjà, on ne parlait (enfin, les médias dominants, service public en tête), que de ce film. Déjà aussi, on nous expliquait que nous devrions avoir honte, que nous devrions nous repentir et nous jeter des cendres sur la tête. Même Micheline Calmy-Rey avait poussé d'un air grave le refrain obligatoire chez les bien-pensants, quitte à dégommer par-derrière la politique de la Confédération.

Fernand Melgar est un cinéaste habile, d'aucuns diraient manipulateur. Son origine étrangère est un capital inestimable aux yeux des Justes, bien entendu; et son langage cinématographique, qui consiste à susciter l'émotion en s'intéressant à des destins individuels, mais jamais aux questions de fond, est terriblement efficace. Qui n'aurait pitié d'un destin individuel tragique, qui n'aurait envie de dire "il faut faire quelque chose"? Dans les années 70, un auteur français avait tourné le problème d'une élégante façon, parlant du chômage: "Un chômeur c'est un drame, 100000 chômeurs, c'est une statistique."

Et c'est sur ce ressort émotionnel que jouent systématiquement les groupes, paroisses, mouvements et assoces innombrables, qui veulent s'opposer à l'expulsion de tel requérant débouté: c'est le roi des bons types, il travaille, il est bien intégré, etc. En face, bien évidemment, ceux qui prennent les décisions sont des salauds, des sans-cœur, tout comme ceux - vous et moi, la majorité des Suisses - qui ont voulu cette politique d'asile, non pas par xénophobie, mais par le souci de ne pas laisser s'installer des situations qui, elles, de manière certaine, conduisent à la xénophobie.

Je ne reproche nullement à Fernand Melgar d'avoir réalisé ce film, et je ne lui reproche pas davantage de tirer à fond sur la corde émotionnelle: c'est un choix artistique et il est, on l'a dit, efficace dans son genre. En revanche, que penser, par exemple, de La Première, radio de service public financée par l'impôt déguisé de la redevance - même ceux qui n'ont ni radio ni télé payeront désormais! - qui consacre plusieurs émissions de grande écoute à "Vol spécial" - dont le ton ne sera sans doute pas très critique? On connaît les penchants idéologiques du service public, on connaît son obsession de sans cesse inculquer au public ignorant les principes de la pensée correcte, les beautés de l'immigration et les joies du métissage.

Bien sûr, le peuple, dans les urnes, manifeste régulièrement son opposition forte à cette pensée unique; mais l'arrogance de nos maîtres à penser les conduit à croire que plus ils sont isolés, plus ils ont raison, plus le peuple doit être éduqué, voire puni.

Pourquoi n'y a-t-il pas de concurrence face au rouleau compresseur de la RTS?

Philippe Barraud, journaliste, invité du Nouvelliste

vendredi 16 septembre 2011

Les vols spéciaux sur la sellette

Laurent Krügel, Mario Annoni et Jean-Pierre Restellini évoquent leur fonction d’observateur spécial lors des renvois forcés. Regards croisés sur fond de polémique.

La fonction d’observateur sur les vols spéciaux qui rapatrient les demandeurs d’asile déboutés n’a rien d’une sinécure. Dans le jargon de l’Office fédéral des migrations (ODM), les vols spéciaux dits «de niveau 4» signifient que les personnes renvoyées sont totalement entravées, parfois casquées, muselées, assises sur une chaise roulante pour être conduites jusqu’à l’avion. «Je m’attendais à une atmosphère lourde et c’est un euphémisme», lâche tout de go Jean-Pierre Restellini, président de la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) et observateur à deux reprises récemment. «Ces vols de degré 4 sont difficilement supportables. Des gens hurlent, se débattent pendant des heures. Notre commission a effectué l’observation de sept de ces opérations ces douze derniers mois. Pour quelqu’un qui n’a pas l’expérience de ce genre de situation, cela peut provoquer des émotions très fortes.»

Cinq observateurs
En juin dernier, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) a accepté le mandat d’assurer le contrôle de ces renvois pour une période pilote de six mois. Cinq observateurs ont été choisis. Parmi eux et aux côtés de Mario Annoni et Laurent Krügel, l’ancien directeur de l’établissement pénitentiaire de Wauwilermoos (LU), une professeure de droit et l’ancienne directrice de la police et des affaires militaires du canton de Berne. «Ces personnes ont été sélectionnées et engagées d’entente entre l’ODM, la FEPS et l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR)», indique un communiqué de l’ODM. Mais aucune d’entre elles n’a l’expérience pratique de ces rapatriements forcés. Rencontré à Lausanne une semaine avant son premier vol, Laurent Krügel confie s’attendre à des moments difficiles, puisque l’exercice même de ce mandat consiste à observer l’opération depuis le moment «où l’on peut surprendre quelqu’un brutalement au réveil jusqu’à son arrivée dans son pays d’origine». Mais ces renvois comportent «une couche légale et administrative dont on ne peut faire l’économie», estime-t-il.
«Il faut appliquer les décisions prises par la population, lui fait écho Mario Annoni. Il en va de la crédibilité de l’Etat. Les demandeurs d’asile déboutés sont des êtres humains qui ont souvent une biographie très difficile, qui ont connu des guerres, une misère sociale, certes, mais qui ne remplissent pas les conditions que la Suisse s’est fixée pour les accueillir en tant que réfugiés ou dans le cadre du regroupement familial, donc on les refoule.»

Droits humains et dignité en question
S’il mentionne avoir déjà assisté à Genève à un refoulement depuis le centre de détention jusqu’au tarmac, le président de Pro Helvetia précise que son rôle consiste à observer le «comment» et non le «pourquoi» de ces opérations qui doivent rester «conformes aux droits de l’homme» et s’effectuer «dans le respect de la dignité des personnes concernées».
Dignité. Un mot qui semble élastique et qui divise d’ailleurs fortement la population sur ce dossier précis. Depuis que la FEPS a été mandatée pour effectuer ce monitoring, la CNPT s’est mise en retrait. «Mais nous restons en contact étroit pour que le travail d’observation évite les traitements inhumains ou dégradants», indique Jean-Pierre Restellini. Tout en ajoutant que la frontière entre ce qui est humain ou non, dégradant ou non, est difficile à établir : « Il y a plus de dix ans, le responsable de l’aéroport de Zurich avait dit qu’un vol de degré 4 était toujours inhumain et dégradant», commente notre homme, en ajoutant être préoccupé au plus haut point d’une chose: faire en sorte que la catastrophe de 2010, soit le décès d’un jeune Nigérian au cours d’un de ces vols, ne se reproduise pas. «Il y a des mesures à prendre d’urgence pour que les personnes placées dans cette situation de stress majeur puissent le supporter. Il faut donc notamment qu’un médecin puisse s’exprimer sur l’état de santé des personnes que l’on rapatrie.»

Gabrielle Desarzens dans le Courrier

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En 2010, 5699 personnes ont été renvoyées par avion, dont 136 sous contrainte, sur 27 vols spéciaux.
De janvier à juin 2011, 76 ont été renvoyées de force.

L’émission Hautes Fréquences de dimanche 18 traite de ce dossier à 20h sur RSR La Première.

mercredi 14 septembre 2011

Geordry, expulsé et en danger au Cameroun à cause d’une fuite de documents suisses

Un Camerounais de 26 ans, renvoyé de Suisse, a été emprisonné à Yaoundé. Il vit aujourd’hui caché. Des documents liés à sa procédure d’asile ont abouti en mains camerounaises. Malaise à Berne.

Il a été expulsé de force et s’est retrouvé quelques mois plus tard en prison. Geordry, un Camerounais de 26 ans, est un des protagonistes du documentaire Vol spécial de Fernand Melgar, tourné dans le centre de détention administrative de Frambois. Aujourd’hui, après cinq mois passés derrière des barreaux camerounais, il vit caché à Yaoundé. Car il craint d’être à nouveau arrêté par la police pour le seul fait d’avoir demandé l’asile en Suisse. Inquiet, Fernand Melgar est intervenu auprès de Simonetta Sommaruga.

Cette affaire met en exergue la problématique des requérants emprisonnés dans leur pays pour avoir tenté de trouver refuge ailleurs (lire ci-dessous). Mais dans le cas de Geordry, l’affaire se corse: des documents confidentiels qui n’auraient jamais dû quitter la Suisse ont été retrouvés au Cameroun. Et c’est sur la base de ces documents que les autorités locales le poursuivent. Explications.

Geordry a déposé une demande d’asile à Vallorbe le 10 avril 2006. Débouté par l’Office fédéral des migrations (ODM), il a été incarcéré le 22 octobre 2009 à Frambois. Le 4 mars 2010 au petit matin, il est expulsé de force, par vol spécial, vers le Cameroun. Ligoté, menotté, avec un casque sur la tête. Le 20 mars, il se rend au commissariat du 16e arrondissement de Yaoundé pour établir une nouvelle carte d’identité. Et c’est là que les ennuis commencent. Il apprend qu’il est recherché. Et que la police détient des documents prouvant qu’il a demandé l’asile en Suisse.

Geordry ne peut pas nier longtemps. Il dit aux policiers qu’il l’a fait «parce que je mourais de faim». Relâché après deux jours, il est à nouveau convoqué le 25 décembre 2010. Ce jour-là, il est emmené de force à la prison Kondengui, où il croupira avec 14 détenus dans une cellule insalubre de 4 m2. Il est libéré le 26 mai 2011, mais dois rester à la disposition de la justice. Le 27 juillet, il reçoit une convocation pour le 3 août, pour «détention de documents douteux». Il panique, craint d’être à nouveau emprisonné. Il ne se rend pas à la convocation et vit depuis caché.

Un rapport de la police camerounaise du 20 mars 2010, que Le Temps a vu, fait état de l’interpellation de Geordry, «détenteur d’un ensemble de documents dont les origines nous paraissent douteuses». La police liste un laissez-passer établi par l’ambassade du Cameroun à Berne, qu’elle considère comme faux, sa fiche signalétique de Frambois avec son numéro d’écrou et son «titre de séjour VD 4211445», en fait son livret N de requérant d’asile. Le rapport mentionne aussi le PV d’une audition menée par l’ODM. «C’est faux», assure Geordry, joint par téléphone. «Ils ne sont pas venus m’arrêter, c’est moi qui suis allé au poste de police pour ma carte d’identité. Et c’est eux qui avaient les documents. Je n’avais que le laissez-passer. Ils m’ont montré ce jour-là ma carte d’écrou de Frambois. En voyant ça, je suis tombé dans les pommes. Plus tard, j’ai appris qu’ils avaient d’autres documents.»

Des documents qui, quoi qu’il en soit, n’auraient jamais dû se retrouver au Cameroun. Seule la présence du laissez-passer est justifiée: il s’agit du document dont l’ODM a besoin pour livrer les expulsés de vols spéciaux aux autorités locales. Geordry l’a reçu à l’aéroport. Il affirme n’avoir jamais eu les autres documents. Celui de Frambois est un document interne. Et son permis N, il l’avait déposé au Service de la population vaudois (SPOP) avant son arrestation pour Frambois.

Interrogé, l’ODM assure que les Etats d’origine «ne reçoivent, de la part des autorités suisses, aucune information sur le fait que la personne renvoyée a suivi une procédure d’asile en Suisse.» «Il n’y a aucun échange de documents concernant la procédure. Lors des renvois forcés, ce sont les autorités cantonales qui contrôlent que les personnes renvoyées ne sont pas en possession des documents de procédure d’asile», précise le porte-parole Michael Glauser.

En d’autres termes: Geordry ne pouvait pas avoir sur lui ces documents, dont Le Temps a pu voir des photocopies. Le fait qu’ils proviennent à la fois de l’ODM, de Frambois et du SPOP est troublant. Jean-Michel Claude, le directeur de Frambois, ne cache pas son malaise à propos du bulletin d’écrou. «C’est un document interne. Les requérants n’y ont pas accès», confirme-t-il. «Avant leur expulsion, ils sont à la fois fouillés par notre personnel et par la police pour être sûr qu’ils n’ont aucun document sur eux». Jean-Michel Claude précise surtout que ce document était avant transmis à la police «à des fins d’identification» des expulsés. «Mais depuis que cette fuite nous a été signalée à propos de Geordry, nous avons changé de pratique. Et nous ne transmettons plus ces documents à la police», admet-il du bout des lèvres.

Du côté du SPOP, Erich Dürst, chef de la division asile, confirme que le permis N est retiré aux requérants lorsqu’une décision de rejet et de renvoi entre en force et devient exécutoire. Et qu’il n’est «jamais transmis» aux autorités du pays d’origine. Mais dans le cas de Geordry, il dit «ne pas être en mesure de confirmer que l’intéressé aurait remis son permis N échu aux autorités cantonales.»

Pour Fernand Melgar, la situation est grave: «Geordry est en danger. La Suisse doit le protéger». Il a été le voir avec son équipe en juin à Yaoundé. Geordry a raconté les tortures subies en prison pour avoir «sali l’image de son pays à l’étranger.». Et pour qu’il avoue ses motifs d’asile. «Il a de nombreuses séquelles physiques et psychologiques», commente le cinéaste.

Le 2 août, le Service d’aide juridique aux exilés a demandé à l’ODM de l’autoriser d’entrer en Suisse «pour la conduite de la procédure d’asile ordinaire». L’Office, qui d’habitude ne s’exprime pas sur des cas particuliers, précise qu’une enquête, à laquelle participe l’ambassade de Suisse au Cameroun, a été lancée. En attendant, Geordry vit toujours dans la peur. «J’essaie de tenir le coup. Mais c’est dur», dit-il.

Valérie de Graffenried dans le Temps

dimanche 11 septembre 2011

Vols spéciaux pour Annoni

Il n’aura ni caméra, ni micro, ni appareil de photo. Il montera à bord avec seulement ses yeux et sa mémoire. L’ancien conseiller d’Etat bernois, Mario Annoni, 57 ans, président de Pro Helvetia depuis 2006, se retrouvera bientôt seul au petit matin, valise à la main, pour se joindre en tant qu’observateur neutre à des opérations de renvois de requérants, les fameux «vols spéciaux».

L’Office fédéral des migrations (ODM) a annoncé qu’il faisait partie des cinq personnes choisies pour une expérience pilote. D’ici au mois de décembre, le numéro un de la culture en Suisse suivra à plusieurs reprises les opérations de transfert du centre de détention à l’aéroport, l’embarquement, le vol et l’arrivée dans le pays. «C’est la phase après le film…» explique-t-il en faisant allusion au documentaire de Fernand Melgar présenté cet été à Locarno.

«Niveau 4»

Mais pourquoi se lance-t-il dans cette galère? «Si je m’engage, explique-t-il, c’est parce que nous traversons une phase difficile pour tous ceux qui vivent ces renvois sous la contrainte, les requérants comme les policiers. On parle aujourd’hui du niveau 4… Dans ces circonstances il faut mobiliser des forces. »

Dans le jargon de l’ODM, le fameux «niveau 4» prévoit des mesures coercitives exceptionnelles: la personne est totalement entravée, casquée, muselée et assise sur une chaise roulante pour être conduite jusqu’à l’avion.  Mario Annoni devra considérer si les personnes sont «traitées avec dignité et si les directives sont respectées par les polices».

Dans le cadre des bons offices de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), le président de Pro Helvetia se retrouvera aux côtés de l’ancien commandant de la police cantonale neuchâteloise Laurent Krügel. Les cinq observateurs, isolément, prendront place sur quinze vols spéciaux d’ici à la fin de l’année. Ces renvois ne sont évidemment pas connus à l’avance pour ménager un effet de surprise.  Les contrôles se dérouleront aussi dans la confidentialité: «Pour travailler correctement, les observateurs ne peuvent pas faire une conférence de presse après chaque vol…» note Simon Weber, porte-parole de la FEPS.

Leurs témoignages seront transmis à la plate-forme réunie autour de l’ODM avec l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR), les services cantonaux des étrangers et la Conférence des Commandants des polices cantonales. «Il faut bien se comprendre, insiste Mario Annoni, nous ne sommes pas là pour dire si ces renvois doivent avoir lieu ou non, mais s’ils se passent dans le respect des droits humains. Au terme du mandat, nous aurons la possibilité de faire des recommandations, de dire s’il faut maintenir le système ainsi ou non. En Allemagne, où il a été introduit, il y a, semble-t-il, moins de problèmes. »

Le Matin Dimanche

mercredi 7 septembre 2011

Contrôle de l'exécution des renvois : la FEPS a-t-elle pris la bonne décision?

La décision de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) de se charger du contrôle de l’exécution des renvois pour une période pilote de six mois a soulevé des vagues. Était-ce une bonne décision ? La FEPS aurait pu, sans aucun doute, se tenir à l’écart de cette délicate question de l’exécution des renvois, elle aurait pu continuer à se réclamer des droits humains et de la dignité humaine sans prendre elle-même de responsabilité. Échappant ainsi au danger de se salir les mains. Aurait-elle pour autant été crédible ?

walter schmid En 1985, les Églises avaient exprimé leur position dans une déclaration à propos de la politique sur les réfugiés : il s’agissait d’être du côté des réfugiés. Cette position était courageuse, les Églises proposaient ainsi une orientation non seulement à leurs membres, mais aussi à la société. Depuis lors, elles s’y sont tenues dans tous les débats concernant la politique d’asile, même lorsque, bien souvent, les fidèles ne les ont pas suivies à l’occasion des votations.

Le fait d’être aux côtés des réfugiés n’a jamais voulu dire, pour les Églises, que tout requérant d’asile devait se voir reconnaître la qualité de réfugié, ni qu’il fallait lui accorder le droit de rester en Suisse. Mais plutôt que celles et ceux qui se trouvent dans la misère et la détresse peuvent compter sur elles. Cette affirmation concerne particulièrement les personnes les plus vulnérables, celles que l’on renvoie et dont il faut préserver la dignité, même lorsqu’elles ne peuvent pas faire valoir leur droit à l’asile.

Voici maintenant une trentaine d’années que les services d’entraide des Églises se sont chargés des procédures d’asile. Leurs représentants participent aux enquêtes. S’ils ne peuvent pas influencer directement le résultat de la procédure officielle, leur présence, leurs questions, la transmission de leurs observations contribuent à créer un climat favorable dans ces enquêtes, à élucider la situation et à garantir le respect dans la relation avec les requérants. Des milliers de militants et militantes, pour une bonne part citoyens et citoyennes engagés dans les Églises, ont accompli dans le passé ce travail utile, se chargeant ainsi d’une responsabilité concrète.

Ne pas être des auxiliaires des organes officiels de l’État

N’est-il donc pas logique que les services d’entraide et les Églises soient impliqués de façon indépendante dans le suivi des renvois ? Cela ne fait pas d’eux des auxiliaires des organismes d’État. Ils n’agissent pas à la place des autorités qui doivent prendre la responsabilité de cette tâche extrêmement pénible. Mais ils contribuent au respect de la dignité  des personnes concernées par l’exécution de cette procédure, jusque dans  cette situation extrême.

Pour un suivi crédible, il est en tout cas indispensable de bien répartir les rôles, de définir les possibilités d’intervention et de garantir l’indépendance. C’est le cas ici. Les droits humains et la dignité humaine ne sont pas des concepts abstraits auxquels on pourrait ou non adhérer. Ce qui compte, c’est qu’ils soient mis en œuvre au quotidien. Là où s’exerce la contrainte d’État, ces notions se trouvent particulièrement menacées. En s’engageant, l’Église ne perd pas de sa crédibilité, elle en acquiert si, justement, elle ne cherche pas à se dérober devant cette difficile question des renvois. (RR)

Walter Schmid* dans ProtestInfo

 

 

*Le texte de Walter Schmid a été publié dans l'hebdomadaire réformé alémanique reformierte presse le 5 août. Il répondait à Pierre Bühler, professeur de théologie à l'Université de Zurich, qui avait publié un texte critique début juillet dans reformierte presse et ProtestInfo**. M. Schmid est directeur de la Hochschule Luzern Soziale Arbeit et membre du conseil de fondation d’EPER, l'oeuvre d'entraide protestante.

**Lire ou relire le texte de Pierre Bühler, intitulé : La FEPS et les renvois forcés de l’ODM : Une décision problématique concernant un dilemme difficile

samedi 13 août 2011

Ganzkörper-Fesselung soll wieder erlaubt werden

Bundesrätin Sommaruga äusserte sich heute zum ersten Mal öffentlich dazu, dass auf Ausschaffungsflügen wieder Menschen gefesselt werden könnten, wenn sie sich gegen die Ausschaffung wehren.

10vor10 vom 12.08.2011

10vor10

La réponse tiède de l’ODM aux policiers

Dans sa lettre, le patron de l’Office fédéral des migrations admet des couacs au niveau de l’information. Mais il renvoie surtout la balle aux cantons, en rappelant que l’exécution des renvois est de leur ressort.

Sévèrement critiqué par la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP), qui l’accuse de ne pas écouter ses doléances et d’avoir menti à propos du déroulement d’un «vol spécial», l’Office fédéral des migrations (ODM) répond. Dans sa lettre envoyée le 10 août, son patron, Alard du Bois-Reymond, admet à demi-mot des couacs au niveau de l’information. Mais il renvoie surtout la responsabilité aux cantons.

Le 7 juillet, des images de 10vor10 montraient deux policiers frappant des requérants déboutés lors de l’embarquement d’un «vol spécial». Quelques heures plus tôt, l’ODM signalait que le vol à destination du Nigeria s’était déroulé sans incident. Un communiqué resté en travers de la gorge des policiers, qui disent craindre pour leur sécurité. Deux Nigérians n’avaient ce jour-là pas pu être renvoyés parce qu’ils s’étaient rebellés. Dans sa lettre, le patron de l’ODM explique que le vol et la remise des requérants aux autorités nigérianes se sont bien passés et qu’il avait été convenu que la police cantonale zurichoise informe à propos de l’embarquement, en cas de demandes. Mais, «avec le recul, il est clair qu’il aurait été mieux d’évoquer aussi les événements survenus lors de l’embarquement dans le communiqué», finit-il par admettre.

«Scandaleux»

Les policiers mentionnaient aussi un autre vol vers le Nigeria. Celui du 17 novembre 2009, «qui avait abouti à un fiasco sur le plan de l’organisation et de la sécurité». Se sentant menacés, ils revendiquent des «mesures coercitives appropriées à la situation», dont l’usage de menottes métalliques. «Il est scandaleux que certaines personnes se permettent de commettre des destructions dans l’avion et prennent la liberté de cracher au visage des forces de l’ordre, de les insulter et de les agresser physiquement, en vue d’échapper à une expulsion exécutoire vers leur pays d’origine», écrivaient-ils.

A la SonntagsZeitung, l’ODM précisait que les requérants expulsés seraient à nouveau attachés plus fermement. Mais dans sa missive, Alard du Bois-Reymond botte le problème en touche. Il rappelle que l’exécution des renvois incombe aux cantons . Et que c’est donc à eux que les policiers doivent en premier lieu adresser leurs doléances. Voilà qui annonce de nouvelles tensions. Contactée, la FSFP ne souhaite pas réagir. «Nous réglerons cela entre nous», nous répond-on.

Valérie de Graffenried dans le Temps

vendredi 12 août 2011

Requérants d’asile récalcitrants ligotés: justification de Simonetta Sommaruga

Les requérants d'asile récalcitrants pourront être à nouveau entravés entièrement. Simonetta Sommaruga justifie la pratique. Le contexte est sensible à cause de la mort d'un Nigérian en 2010, d'une scène de violence sur une passerelle le mois dernier et de l'inquiétude des policiers pour leur propre sécurité lors de renvois mouvementés.

TSRinfo

mercredi 10 août 2011

Le terrible ‘Vol spécial’ de Fernand Melgar

Trois ans après «La Forteresse», le réalisateur suisse Fernand Melgar revient à Locarno avec un documentaire sur les renvois forcés d’étrangers en situation irrégulière. Son film, «Vol spécial», est en lice pour le Léopard d’or. Entretien.

En Suisse, chaque année, des milliers d’hommes et de femmes sont privés de leur liberté, sans procès, ni condamnation. Elles et ils sont étrangers, en situation irrégulière, clandestins et requérants d’asile pour la plupart, et enfermés dans l’un des 28 centres de détention administrative du pays, en attente d’être expulsés. Une attente qui peut parfois se prolonger et aller jusqu’à deux ans.
Avec Vol spécial, Fernand Melgar nous fait pénétrer dans l’enceinte de  Frambois, dans le canton de Genève, pour découvrir le dernier maillon de la chaîne migratoire en Suisse. Suivant le parcours de six migrants, le réalisateur lève le voile sur les mois d’attente, d’espoir et d’exaspération. L’œuvre du cinéaste romand donne ainsi un visage humain aux agents de surveillance et met en relief la cruauté des renvois forcés.
La loi fédérale sur l’asile prévoit que des vols spéciaux peuvent être affrétés pour des étrangers frappés d’une décision d’expulsion et qui refusent de rentrer volontairement dans leur pays. Liés et menottés, ils sont embarqués de force à bord de l’appareil qui doit les ramener «à la maison». Une patrie de laquelle ils ont fui pour sauver leur vie ou simplement pour tenter une vie meilleure.
Le documentaire de Fernand Melgar sort un mois après la reprise des vols spéciaux en question, suspendus l’an dernier après la mort d’un citoyen nigérian. Présenté en première mondiale, Vol spécial est l’un des trois opus helvétiques en lice pour le Léopard d’or, qui couronnera la 64e édition du Festival international du film de Locarno dans quelques jours.

swissinfo.ch : Trois ans après La Forteresse, vous revenez à Locarno avec un nouveau documentaire sur le drame de l’immigration. D’où vous vient ce besoin de raconter des histoires de vie?

vs1 Fernand Melgar:  Je suis convaincu que les réalisateurs ne choisissent pas les thèmes de leurs films mais que bien souvent, c’est le contraire qui se produit. Je suis arrivé à Frambois par hasard, grâce à mon lien d’amitié avec Fahad, l’un des protagonistes de La Forteresse. Fahad avait été emprisonné après s’être vu refuser l’asile.
Lorsque je suis allé le trouver, j’ai été frappé parce que je ne savais pas que de telles choses pouvaient se produire. C’est ce qui m’a poussé à enquêter et c’est de là qu’est né le projet de Vol spécial.
Dans ces centres, on trouve des gens dont la seule faute a été d’être clandestins. Ils attendent d’être rapatriés, mais dans la majeure partie des cas, ils ne peuvent ou ne veulent pas rentrer chez eux parce qu’ils risquent leur vie, ou encore parce qu’ils séjournent en Suisse depuis de nombreuses années, et partir reviendrait à tout abandonner, femme et enfants compris.

swissinfo.ch: Comment êtes-vous gagné la confiance des détenus et des gardiens?

F.M.: Dans tous mes documentaires, j’ai toujours établi un contrat moral avec les personnes, un contrat fondé sur la transparence et la sincérité. Pour Vol spécial, le temps a été notre meilleur allié. Pour les six mois du tournage, nous sommes allés à Frambois, nous avons parlé avec ces personnes, cherché à comprendre leurs intentions et gagné ainsi leur confiance.
Le 80% des fonctionnaires a accepté de se laisser filmer à visage découvert et cela, c’était vraiment important. Quant aux détenus, le fait de pouvoir raconter leur histoire a été pour eux un moyen de ne pas se sentir oubliés du monde, presque un cri de désespoir...

swissinfo.ch: Et vous, qu’avez-vous ressenti et retenu de ces moments passés à Frambois?

vs2F.M.: Sur le plan émotionnel, être habité par un sentiment d’injustice en voyant  des détenus innocents a été  pénible. Pour moi, être sans papiers, c’est une circonstance de la vie et non un crime. C’est une grande hypocrisie: aujourd’hui, la Suisse compte quelque 150'000 sans-papiers qui travaillent et, navré pour l’Union démocratique du centre (UDC), mais ils ne sont pas tous des dealers.
Au cours des dernières années, le citoyen étranger a été dépeint comme un animal. D’abord comme un mouton noir, puis comme un corbeau et même comme un rat. Je ne suis pas militant; avec mes films, je tente seulement d’inviter les spectateurs à la réflexion, à les pousser à s’interroger. Savez-vous que vous parlez de traite d’êtres humains? De familles anéanties? De personnes en danger qui sont venues chercher la protection dans un pays qui, jusqu’à preuve du contraire, est dépositaire des Conventions de Genève?

swissinfo.ch : Plus d’une année s’est écoulée depuis la réalisation de ce documentaire. Qu’est-il advenu de ces clandestins expulsés?

F.M.: Lorsque nous avons terminé le tournage de Vol spécial, nous nous sommes sentis orphelins. Et c’est ainsi que nous avons décidé de suivre la trajectoire de certains d’entre eux et que nous avons découvert des choses effrayantes.
Un seul exemple: Geordry, un Camerounais rapatrié de force, puis incarcéré et torturé durant cinq mois pour le seul fait d’avoir demandé l’asile en Suisse. Ce n’est  pas lui qui a informé les autorités africaines de sa situation, mais elles l’ont appris dans des circonstances pour le moins étranges. Disons qu’elles sont entrées en possession de certains documents sur son dossier d’asile… Je n’irai pas plus loin.
Nous nous sommes rendus au Kosovo, au Cameroun et dans d’autres pays et, avec le matériel rassemblé, nous allons réaliser un documentaire web. Il sera présenté dans les salles et disponible sur Internet, et accompagné d’une documentation qui permettra à ceux qui le souhaitent de découvrir ce que sont devenus les protagonistes de Vol spécial, de comprendre les conséquences concrètes que les lois helvétiques ont sur la vie des sans-papiers et des demandeurs d’asile.

swissinfo.ch: Vous ne vous définissez pas comme un militant et pourtant, vos films ont un fort contenu politique. Qu’attendez-vous du gouvernement suisse?

F.M. : Je ne fais pas des films politiques. A chacun son travail. Je suis réalisateur et non politicien. Je suis témoin de la réalité. Mon travail est celui de montrer des faits. Chacun doit assumer ses propres responsabilités et faire un examen de conscience. C’est à nos ministres qu’il faudrait demander ce qu’ils pensent de ce film...
Ce que je voudrais, c’est une prise de conscience, mais pour cela, je n’ai pas besoin de lancer de message politique. Le film parle de lui-même. Lors des débats qui ont succédé à la projection de La Forteresse, j’ai été frappé par la vision que les jeunes avaient des demandeurs d’asile. Ils les voyaient comme des délinquants et l’asile comme une forme d’abus social. C’est incroyable à quel point la politique de ces dernières années est parvenue à changer les mentalités en Suisse, pays qui, jusqu’à il y a quelques dizaines d’années, était encore ouvert.
Aujourd’hui, le Parlement est appelé à se prononcer sur une proposition de loi du Département fédéral de Justice et Police qui demande aux enseignants de dénoncer la présence d’enfants sans-papiers dans leurs classes. Savez-vous à quand remonte la dernière fois que nous avons demandé à des instituteurs de dénoncer des enfants «différents»? Pensez-y....

swissinfo.ch: Pendant la seconde Guerre mondiale?

F.M. : C’est exactement ça. Et cela devrait nous faire réfléchir, vous ne croyez pas?

Stefania Summermatter, swissinfo.ch, Locarno, traduction de l’italien: Nicole della Pietra

Tragedias de ida y vuelta

El director Fernand Melgar, hijo de exiliados españoles, denuncia el drama de las deportaciones forzosas de inmigrantes - Su cinta participa en Locarno.

Fotograma de la película Vuelo especial, de Fernand Melgar

Se cuentan por decenas de miles en Suiza. Se les conoce familiarmente como "secondos", y son los hijos de los inmigrantes llegados en los años sesenta y setenta desde Italia, España o Portugal. Nacido en el seno de una familia de anarcosindicalistas andaluces exiliados tras la Guerra Civil, Fernand Melgar aún recuerda cómo siendo un niño clandestino en la Suiza de los años sesenta corría a esconderse debajo de la cama cada vez que alguien tocaba a la puerta.

Hoy, el niño emigrante se ha convertido en un prestigioso director de documentales que presenta a concurso en el Festival de Locarno Vuelo especial, una descarnada mirada a otro tipo de inmigración, más actual y llegada de otras latitudes, pero que a lo mejor no es tan distinta. En ella, Melgar introduce la cámara en el centro de detención de Frambois, donde los inmigrantes clandestinos llegan a pasar hasta dos años a la espera de la deportación forzosa con destino a sus países de origen, lugares del África subsahariana o de Kosovo.

Estas deportaciones fueron noticia en Suiza tras la muerte por paro cardiaco de un nigeriano en la pista del aeropuerto de Zúrich. Entonces el mundo supo que las repatriaciones forzosas se realizan con el inmigrante atado de pies y manos, y a menudo amordazado.

Vuelo especial parece continuar el trabajo emprendido con su anterior película, La fortaleza, que recibió el leopardo de oro en este mismo certamen en 2008. El filme retrata el mundo de los internos en un centro para demandantes de asilo. "No es una segunda parte, pero parece serlo a mi pesar", explica el cineasta ante una cerveza en Paravento, punto de encuentro nocturno de la fauna cinéfila que afluye estos días a Locarno. "La idea de la película nació en encuentros con estudiantes en edad escolar. Me di cuenta de que para ellos demandante de asilo equivale a delincuente, y derecho de asilo a abuso del sistema social. Constatar esta realidad me resultó muy perturbador, viniendo de donde vengo".

"Lo que me choca es que algunas de estas personas destinadas a la deportación forzosa llevan aquí 10 o 20 años. Cotizan, no dependen de la asistencia social y pagan impuestos. Su único crimen es carecer de un papel. Y conozco el tema porque yo fui un niño clandestino". Lo cierto es que el cineasta no es un utópico y reconoce que "no hay salidas fáciles al problema", al tiempo que recuerda que estas leyes se aplican porque "fueron votadas democráticamente por la mayoría de ciudadanos suizos".

Pese a su observación crítica, este hijo de temporeros de la CNT en la que se contaban miembros de la Columna Durruti puntualiza: "Estoy orgulloso de Suiza. Su Constitución y sus valores esenciales me sirven y los reivindico".

El cineasta, que comenzó a destacar con EXIT, un documental sobre el suicidio asistido en Suiza, trabaja ahora en Kosovo. "Filmo a las comunidades rom [gitanas] de la región. Su situación es trágica. No solo en Kosovo, sino en casi toda Europa oriental". Melgar hace extensiva la reflexión a su país: "Suiza se define cada vez más por la exclusión del otro. Del diferente. De hecho, es toda Europa".

Ricardo Carrizo Couto dans El Pais

lundi 8 août 2011

Ligotage intégral pour requérants récalcitrants

ligotage intégral Après le renvoi forcé mouvementé de requérants d’asile vers le Nigeria le 7 juillet, Berne fait marche arrière.

Retour à la case départ. La Confédération vient d’autoriser à nouveau les policiers à ligoter intégralement les plus récalcitrants des requérants lors de leur renvoi. Cette mesure — dite de niveau 4 — ne devra pas être la règle, mais sera utilisée en cas de nécessité, assure l’Office fédéral des migrations (ODM).  La Suisse avait arrêté les expulsions forcées vers le Nigeria suite au décès, en mars 2010, d’un ressortissant de ce pays, qui avait succombé à un malaise peu après avoir été ligoté de force pour être expulsé. Huit mois plus tard, la Suisse avait établi un accord de reprise des expulsions avec le Nigeria. Celui-ci stipulait que les requérants ne devaient être que menottés aux mains et aux pieds.

Mais le 7 juillet dernier, un requérant nigérian s’est rebellé lors de la montée dans l’avion. Les policiers ont dû le maîtriser par la force. La Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) a tiré à boulets rouges contre l’ODM. Elle s’est inquiétée des risques pour ses agents, en fustigeant la communication «mensongère» de l’ODM qui avait fait état «d’un vol sans incident».

La Suisse vient de rechanger son fusil d’épaule. Elle a établi un nouvel accord avec les autorités nigérianes. Celui-ci rend possible des mesures plus dures, a déclaré hier à l’ATS Michael Glauser, porte-parole de l’Office fédéral des migrations (ODM), confirmant une information de la SonntagsZeitung . Selon M. Glauser, les requérants qui se défendent pourront ainsi être rapatriés. «L’Etat doit appliquer le droit» et la sécurité des policiers présents doit être aussi assurée, ajoute-t-il.

Ce nouvel accord aurait été rendu possible par un changement d’ambassadeur nigérian à Berne, confie Denise Graf, coordinatrice des questions touchant aux réfugiés de la section suisse d’Amnesty International. Une association qui regrette ce retour en arrière. «Nous espérons que les renvois de niveau 4 resteront l’exception, lâche Denise Graf. Pour nous, il faut privilégier la préparation des personnes qui vont être renvoyées. Un rapport médical montre par ailleurs que les liens utilisés pour ce type de renvoi peuvent mettre en danger la vie des personnes. En cas de problème de santé, il faut beaucoup trop de temps pour désentraver le requérant afin de prodiguer les premiers soins.»

Amnesty rappelle que certaines questions liées au décès de 2010 ne sont toujours pas élucidées. «Tant que la lumière n’a pas été entièrement faite, il ne faudrait plus procéder à des renvois de niveau 4.»  Une séance est agendée demain entre la police de l’aéroport de Zurich et Amnesty.

Julien Magnollay dans 24 Heures