Affichage des articles dont le libellé est OIM. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est OIM. Afficher tous les articles

mercredi 20 juillet 2011

Augmentation des flux migratoires dans la Corne de l'Afrique

La grave sècheresse qui affecte de vastes zones du Kenya, la Somalie, l'Ethiopie et Djibouti a conduit à une augmentation considérable des flux migratoires multidirectionnelle, à la fois au sein et à travers les frontières internationales, ont indiqué mercredi à Nairobi des missions de l'Organisation internationale pour les migration (OIM) dans la région.

"Ces mouvements de la population impliquent non seulement les réfugiés et les demandeurs d'asile, mais un grand nombre de migrants et des éleveurs qui ont peu de choix de se déplacer le long de nombreuses routes migratoires complexes et périlleuses", ont souligné ces missions dans un communiqué parvenu à la MAP. La même source note que bien que l'information sur plusieurs de ces itinéraires soit parcellaire, les mouvements de population ont été observés dans les zones touchées par la sècheresse dans le sud et le centre de la Somalie vers la capitale Mogadiscio, où de fortes pluies ont fait ces derniers jours des ravages parmi les personnes vulnérables déplacées. "La situation dans les régions touchées par la sècheresse en Somalie a conduit à une augmentation importante de personnes cherchant une aide au Kenya et en Ethiopie, avec quelque 50.000 nouveaux arrivants rapportés en juin dernier", fait constater l'OIM qui précise qu'au cours des trois dernières semaines, quelque 8.600 personnes sont arrivées au Kenya et 11.000 en Ethiopie.

En Ethiopie, où la sècheresse affecte directement 4,5 millions de personnes, les communautés pastorales ont particulièrement besoin d'aide, en raison de l'affaiblissement ou la mort de leur bétail, souligne l'organisation onusienne. Et d'ajouter que leurs mouvements transfrontaliers en quête d'eau et de pâturages pour leurs bétails créent un risque élevé de conflit concernant les ressources naturelles, en particulier dans les districts kenyans de Turkana, Wajir et Mandera gravement touchés par la sècheresse..

L'OIM et ses partenaires de l'ONU ont travaillé avec les gouvernements de la Corne de l'Afrique pour faciliter le mouvement des pasteurs dans les régions frontalières, a déclaré le directeur des opérations de l'OIM, Mohammed Abdiker. L'Initiative Sécurité dans la Mobilité (SIM), ajoute-t-il, a appelé les gouvernements de la région à élaborer une politique pour faciliter le déplacement sécuritaire des pasteurs dans leur pays et à travers les frontières, en utilisant une approche de collaboration qui englobe la fourniture de l'assistance humanitaire, les services de base et la sécurité globale.

"De tous les mécanismes d'adaptation aux changements climatiques, la mobilité s'impose comme le plus essentiel pour les éleveurs", a indiqué Mohammed Abdiker, soulignant à ce propos l'urgence d'un effort concerté vu qu'"aucun pays dans la région ne peut seul relever les défis complexes du changement climatique et des migrations". L'OIM relève également que chaque année, des dizaines de milliers de migrants, essentiellement des Somaliens et des demandeurs d'asile, font le voyage dangereux à partir de leur lieu d'origine à travers la Corne de l'Afrique et le golfe d'Aden au Yémen et au-delà. "Ces individus, poussés par l'agitation politique et face à la pauvreté extrême, non seulement courent le danger de la mer, mais aussi des risques physiques de harcèlement et de discrimination durant leur voyage sur la terre", souligne-t-on.

Agence MAP et AuFait Maroc

mardi 8 mars 2011

Les réfugiés de Libye moins nombreux, les humanitaires inquiets

Le nombre de migrants fuyant la Libye a baissé au cours des derniers jours et il est difficile de savoir s'ils sont délibérément retenus dans le pays ou s'ils craignent d'effectuer le trajet, ont indiqué mardi des responsables de l'aide humanitaire.

Moins d'un cinquième des travailleurs étrangers que l'on croit prêts à quitter la Libye sont arrivés à la frontière tunisienne ou en Egypte, soulignent-ils. "La situation évolue de façon très préoccupante en Libye et nous devons être prêts à un éventuel exode. Il est impossible de savoir exactement ce qui se passe de l'autre côté", a dit Antonio Guterres, chef du Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), au point de passage tunisien de Ras Jdir.

Selon William Lacy, directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), seuls 15 à 20% des migrants présents en Libye ont quitté le pays jusqu'ici. "Le fait que les flux ont un peu ralenti ne signifie pas qu'il n'y en aura pas d'autres", a-t-il néanmoins noté. Plus de 215.000 migrants ont quitté la Libye depuis le début des combats, mais le mouvement a faibli à la fin de la semaine dernière, selon des représentants du HCR et de l'OIM à Genève.

Des réfugiés arrivant à Ras Jdir, principal point de passage en Tunisie quand on vient de Tripoli, ont accusé de brutalités des soldats loyalistes qui les ont dépouillés de la plupart de leurs effets. "Ils ont dit que nos biens appartenaient à la Libye, que nous les avions gagnés sur les richesses de la Libye et que nous devions les restituer", a dit un homme trop effrayé pour donner son nom. "Ils disaient que tout cela était pour le peuple de Libye, pas pour ceux qui s'en vont quand la Libye a besoin d'eux."

D'autres réfugiés ont dit que le calme régnait à Tripoli mais qu'il y avait de nombreux chars et barrages militaires sur la route conduisant à la frontière. "Ils ont fouillé nos sacs et ont pris ce qu'ils voulaient", a rapporté Saeïda Sassi, arrivée avec ses deux petites filles mais sans son ordinateur portable. Guterres a noté que les forces kadhafistes semblaient avoir pris le contrôle de la zone frontalière ces derniers jours, ce qui pourrait expliquer la baisse du nombre des arrivants.

Mariam Karouny, Philippe Bas-Rabérin pour le service français, Reuters, dans l'Express

mercredi 2 mars 2011

"Pas de quoi avoir peur des migrants arabes"

Alors que 14 000 réfugiés de Libye arrivaient à la frontière tunisienne dans la seule journée de lundi, le spectre d'une immigration massive en provenance d'Afrique du Nord hante le Palais fédéral. Cantons et Confédération élaborent des scénarios de crise et certains partis réclament un débat urgent aux Chambres. Craintes infondées, estime Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'Organisation internationale des migrations. «La pression migratoire ne s'exerce pas sur l'Europe», insiste cet expert.

jp chauzy oimLe spectre d'une immigration massive en provenance d'Afrique du Nord hante le Palais fédéral. L'UDC et le Parti libéral-radical réclament un débat urgent sur un afflux présumé de Tunisiens et de Libyens, dans le sillage des soulèvements dans leur pays (voir ci-contre). Pendant ce temps, cantons et Confédération élaborent des scénarios de crise. Les craintes qui se propagent à Berne sont-elles justifiées? Porte-parole de l'Organisation internationale des migrations (OIM), Jean-Philippe Chauzy apporte son éclairage.
La Suisse a-t-elle raison de craindre un afflux de migrants d'Afrique du Nord?
Jean-Philippe Chauzy: Pour l'instant, rien ne permet d'étayer cette hypothèse. Ce sont des déclarations à l'emporte-pièce, alarmistes, qui surviennent dans un contexte de ralentissement économique et de rejet de la migration. Et ceux qui les tiennent se servent de la situation actuelle pour justifier l'érection de murs.Il faut le rappeler, la Libye est un pays de destination pour la majorité des migrants, pas un pays de transit. Seuls 10% des Africains qui gagnent ce pays le font dans le but de rallier ensuite l'Europe. Et aujourd'hui, la plupart cherchent essentiellement à rentrer dans leur pays, de peur de subir des violences xénophobes en Libye. Ainsi, 6000 Nigériens ont franchi la frontière sud de la Libye ces derniers jours. Et toutes les informations en notre possession nous disent que les autres aspirent au retour le plus rapide possible chez eux.
Pourquoi ne tenteraient-ils pas leur chance vers l'Europe?
Les filières, qui ne sont pas actives pour l'instant, ne fonctionnent pas gratuitement. Le passage vers l'Europe coûte entre 1000 et 1500 euros. C'est hors de prix pour les immigrés clandestins présents en Libye, qui peinent déjà à se nourrir et à se loger.
L'Europe cède à l'hystérie, à vous entendre...
Il est normal que les Etats anticipent de possibles flux migratoires. Mais si l'Europe se soucie vraiment du risque accru de migration, elle devrait commencer par augmenter son aide aux pays concernés par l'exode, à savoir la Tunisie et l'Egypte.
De quoi ces deux pays ont-ils besoin?
Dans un premier temps, d'une aide dans les zones frontalières actuellement submergées, surtout côté tunisien. Dix à douze mille personnes y arrivent chaque jour de Libye, c'est énorme!Dans un deuxième temps, les autorités tunisiennes ont besoin que l'on mette en place un programme d'évacuation humanitaire. L'idée est de pouvoir fournir dans les 24 heures des documents de voyage aux personnes qui passent la frontière, puis de leur fournir une aide tant logistique que financière afin qu'ils rentrent chez eux. C'est ce que l'OIM fait depuis la Tunisie avec des ressortissants du Mali et du Bengladesh. Enfin, à moyen terme, il faut penser à investir dans ces pays en transition pour permettre aux jeunes de migrer par choix, et plus par nécessité.
Et si l'Europe ne fait rien?
Des migrants risquent alors de se retrouver bloqués dans les zones frontières entre la Tunisie et la Libye. Les filières de passeurs en profiteront pour s'installer. Mais pour l'instant, je le répète, la pression migratoire ne s'exerce pas sur l'Europe!
Si le verrou libyen saute, cela pourrait encourager la migration en provenance d'Afrique noire...
En 2009, l'Italie et la Libye ont en effet signé un accord par lequel Tripoli s'engageait, contre paiement, à verrouiller un peu mieux sa frontière sud, à empêcher le départ de bateaux de migrants, à ramener les navires interceptés vers ses côtes et à rassembler leurs occupants dans des centres de détention. Nous ignorons combien de personnes se trouvaient dans ces camps. Nous avons par contre des estimations qui font état de 1,5 million de travailleurs dans le secteur informel en Libye. Venus du Ghana, du Togo, du Bénin ou du Burkina Faso, ces clandestins étaient recrutés à la journée et étaient de ce fait très vulnérables. Mais nous sentons chez eux une très forte envie de rentrer chez eux plutôt que de tenter leur chance en Europe.
Qu'en est-il d'un possible afflux de Tunisiens?
La chute du régime de Ben Ali a donné lieu à un moment de flottement de la part des autorités, et des filières se sont rapidement mises en place pour permettre à des jeunes de partir. Mais a priori, le flux de migrants vers Lampedusa s'est tari. Ces derniers jours, on n'a par ailleurs observé aucun nouveau départ des côtes libyennes, tunisiennes ou égyptiennes.

Propos recueillis par Serge Gumy pour la Liberté