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vendredi 25 novembre 2011

Nouvelle structure d'accueil pour demandeurs d'asile en Valais

Une structure d'accueil pour requérants d'asile sera ouverte dès jeudi en Valais à Vernamiège en remplacement de celle des Collons. La commune du Mont-Noble, dont fait partie Vernamiège, est déçue d'avoir été mise devant le fait accompli et cela dans un délai très court.

Le centre de Vernamiège accueillera environ 60 personnes (principalement des familles) qui auront préalablement été hébergées dans un foyer de premier accueil. "Une école est prévue sur place pour les enfants mais ils ne seront pas intégrés au centre scolaire de Nax", a précisé le président de la commune du Mont-Noble.

"Le bâtiment qui servira de centre d'accueil pour requérants est utilisé en qualité de colonie. On devra donc contacter tous les groupes qui ont réservé pour la saison de ski", a-t-il ajouté.

Moins qu'en 2009

Le nombre de candidats à l'asile attribués par la Confédération ne cesse d'augmenter, a indiqué l'Etat du Valais. A mi-novembre, leur nombre s'élevait en Valais à 1684, contre 1540 pour la même période de 2010, soit une hausse de 9%. Ces chiffres restent toutefois inférieurs à ceux des années 2008 (1768) et 2009 (1706).

Le Département valaisan de la sécurité, des affaires sociales et de l'intégration recherche un autre lieu d'accueil pour les célibataires. La Confédération attribue au Valais 3,9% des requérants d'asile qui sortent des centres fédéraux d'enregistrement et de procédure.

ATS

mardi 18 octobre 2011

«Qui a peur de l’homme noir?» Un jeu raciste?

Le débat fait rage en Valais. Des parents dénoncent le fait que leur fils métis s’est vu proposer ce jeu en cours de gym.

Faut-il bannir de notre vocabulaire la question «Qui a peur de l’homme noir?» De prime abord, ce jeu de poursuite, qui se pratique dans les cours de gymnastique et sous les préaux d’école, est tout ce qu’il y a de plus sympathique. Mais le nom que certains lui donnent suscite le débat en Valais. A Monthey, les parents de quatre enfants métis sont partis en guerre contre ce qu’ils qualifient de «racisme pur et simple».

L’histoire débute en mai 2010. Hedi Putallaz découvre alors une affichette sous le préau de l’école de son fils. Dans cette liste énumérant les jeux qui peuvent être pratiqués figure «Qui a peur de l’homme noir» Le sang de cet homme, marié à une Afro-Américaine, ne fait qu’un tour. Derrière ce terme, explique-t-il en substance, il y a l’idée que la personne de couleur fait peur et ne doit pas attraper les autres participants.

Le Valaisan prend contact avec la direction de l’établissement et obtient le retrait puis le changement du message. Tout aurait pu s’arrêter là si, le mois dernier, un professeur de gymnastique n’avait pas une nouvelle fois proposé au fils Putallaz de jouer à «l’homme noir».

Pour Hedi et son épouse, Aleiah, c’en est trop! Ils reprennent contact avec l’école. Puis avec le Service de l’enseignement valaisan. Leur exigence: «Une directive officielle du Canton doit dire que cette appellation est changée.» Car, précisent-ils, le terme reste utilisé dans d’autres écoles du canton. Leur credo: «Le Valais ne doit pas être considéré comme le Mississippi de la Suisse!»

«Anodin»

Selon Jean-François Lovey, chef du Service valaisan de l’enseignement, on en est bien loin: «Honnêtement, ce jeu me paraît anodin. La démarche de ces parents montre l’extrême correction de notre société devenue lisse. Elle pourrait même s’avérer contre-productive en suscitant le mépris.» S’il doit encore étudier le dossier, Jean-François Lovey se dit «peu ébranlé» par cette affaire. Sa conclusion: «Si, à l’échelle du canton, nous décidions d’appeler ce jeu «Qui a peur du loup?» nous nous mettrions aussi des gens à dos.»

Anecdotique? Absolument pas, rétorquent Hedi et Aleiah Putallaz, en regrettant le «déni» de certains. Certes, les enfants ne connaissent pas forcément l’histoire, et notamment l’esclavagisme, mais les adultes si. «Jouer à «l’homme noir , c’est comme retourner à ce passé hideux qu’ont vécu mes ancêtres», estime Aleiah Putallaz. «Si ce jeu s’appelait «Avez-vous peur de l’homme juif» ou « de l’homosexuel , comment réagiriez-vous?» renchérit son époux.

Un avis partagé par la Commission fédérale contre le racisme: la Constitution, rappelle-t-elle, interdit toute discrimination du fait, notamment, de la race. «Stigmatiser les personnes de couleur en tant que «bougres imbéciles» fait référence au temps du colonialisme; c’est inapproprié et dommageable aux personnes de peau noire ou foncée, précise sa présidente, Doris Angst. Une attitude que l’on peut par conséquent qualifier aujourd’hui de raciste.»

«Un combat juste»

De son côté, l’école primaire de Monthey fait baisser la pression. Pour son directeur, Hubert Grenon, ce jeu fait plutôt référence à l’homme en noir. Il ne faut donc pas y voir de discrimination. L’an dernier, après la première intervention du couple Putallaz, une directive orale est passée auprès des enseignants, leur suggérant l’appellation «Le loup dans la bergerie» . Peut-être cette consigne n’a-t-elle pas été entendue par tous? admet le directeur, en précisant que le professeur qui a récemment proposé ce jeu au fils Putallaz était un animateur extérieur. Quoi qu’il en soit, le directeur enverra un e-mail à tous les enseignants.

Hedi et Aleiah Putallaz, eux, attendent pour voir. Et maintiennent leur exigence: que le Canton intervienne. A défaut, menacent-ils, ils déposeront plainte. «Notre combat est juste. Dans un Etat de droit, personne ne peut dire que nous avons tort», conclut le père de famille. S’il le faut, assure-t-il, il ira jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.

Caroline Zuercher dans la Tribune de Genève

samedi 17 septembre 2011

“Pour que les communes soient consultées”

L'UDC a officiellement lancé hier son initiative cantonale intitulée "Halte au diktat du canton: pour un droit des communes d'être consultées et associées en matière d'asile."

Le droit d'être entendu

"Nous ne demandons pas un droit de veto pour les communes en matière de centres pour demandeurs d'asile", explique le député et conseiller communal saviésan Jean-Luc Addor, "par contre, nous estimons qu'il est normal que les communes soient consultées par le canton, alors qu'aujourd'hui elles sont considérées comme de simples exécutantes." Grégory Logean, conseiller communal à Hérémence et président du comité d'initiative, constate: "Aujourd'hui, le dialogue entre le canton et les communes n'existe toute simplement pas, comme l'ont démontré les exemples de Vouvry et de Vex. La politique du fait accompli doit cesser. La mise en place d'un centre de requérants d'asile dans une région crée un foyer de désordre et d'insécurité, les autorités locales doivent pouvoir s'y préparer et, s'il y a dialogue, proposer d'autres solutions." C'est la première fois que l'UDC lance, seule, une initiative cantonale en Valais. C'est donc un test pour elle.

Un complément à l'initiative fédérale

Aux yeux des démocrates du centre, le texte de l'initiative cantonale complète celui de l'initiative fédérale visant à stopper "l'immigration massive". Pour le président du parti, le conseiller national Oskar Freysinger, "la seule possibilité de résoudre le problème est de diminuer le nombre d'immigrés. Aujourd'hui, notre politique donne l'image de portes ouvertes vis-à-vis du tiers-monde. C'est une réputation qui fait vite son chemin. Les passeurs le savent assez. Nous devons donc être plus restrictifs. Notre but est de mettre un maximum de pression sur le monde politique pour qu'il réagisse face à ce problème, alors qu'il préfère s'enfouir la tête sous le sable." L'UDC dispose maintenant d'une année pour récolter les 4000 signatures nécessaires pour faire aboutir son initiative.

Jean-Yves Gabbud dans le Nouvelliste

jeudi 18 août 2011

Des requérants d'asile très discrets

Depuis juin dernier, les requérants d'asile des Collons prennent part aux activités de la station. De quoi rassurer la population face à l'arrivée de ces émigrés.

Ghulam (droite) ainsi qu'une dizaine de requérants ont travaillé à l'élaboration de sculptures pyrotechniques au côté de l'artiste français Lucien Melich pour le symposium. le nouvelliste

Entre deux manoeuvres, Ghulam se présente. Il a 25 ans et est originaire d'Afghanistan. Chassé par la guerre contre les talibans et après dix ans d'exil en Iran, il prend le chemin de la Suisse. Voilà dix jours qu'il est au centre des Collons où, avec dix autres demandeurs d'asile, il travaille pour le spectacle final du Symposium de sculpture. "C'est bien pour nous de travailler, c'est important ça nous occupe. Et je suis fier de ce que je fais", explique-t-il dans un anglais teinté d'Orient. Pourtant Ghulam et ses collègues ont bien failli ne jamais connaître le val d'Hérens.

Collaboration avec l'office du tourisme

Au centre, quarante requérants d'asile logent à la semaine. La plupart sont des familles. Ghulam est un des quatre hommes célibataires de l'établissement. "Le nombre fluctue car ils arrivent des centres de premier accueil de Viège (pour les hommes célibataires) et Saint-Gingolph (pour les familles) et y séjournent le temps qu'un appartement se libère en plaine", précise Pascal Pellaz, responsable du centre. Le but de ce séjour est de conforter l'intégration avec un suivi social et même technique pour assurer leur autonomie au quotidien. "Mais à peine leurs bagages posés, ils demandent à travailler", assure-t-il. "L'image du requérant paresseux qui traîne dans les rues et dort sous un arbre est complètement fausse. Tous ici on fait preuve de beaucoup de volonté de collaboration." C'est ainsi que dès leur arrivée, les émigrés se sont attelés à des travaux utilitaires en collaboration avec la commune de Vex et l'Office du tourisme de Thyon-les-Collons. En plus de leur participation au Symposium de sculpture, les requérants se sont livrés entre autres à la remise en état du court de tennis ou à l'entretien du sentier pédestre didactique. Par ailleurs, des excursions sont également prévues pour les familiariser avec la région. "Au-delà du bénéfice engendré pour les demandeurs d'asile, le programme d'occupation assure la tranquillité du site et la réduction des coûts. Depuis l'instauration de ces activités, les visites médicales sont moins fréquentes, les émigrés étant dans un meilleur état psychique."

Rencontre avec la population

Malgré les appréhensions de remous dans la station, les requérants originaires des Balkans, d'Irak ou d'Afghanistan se font très discrets. "Leur arrivée n'a en rien gêné l'activité touristique, nous les voyons très peu", explique Eric Crettaz, directeur de l'Office de Thyon-les-Collons. Et Danny Defago, président de Vex d'ajouter: "La police intercommunale n'a jamais été sollicitée pour un problème en relation avec les requérants." Quant à la population locale, elle a pu faire leur connaissance lors de la brocante organisée à l'occasion de la fête nationale, le 31 juillet dernier. Les requérants avaient confectionné des spécialités culinaires de leur pays d'origine et les ont proposées aux visiteurs de la manifestation. "Ces gens échappent à des situations graves dans leur pays grâce à notre hospitalité et je m'en réjouis", explique le président de la commune. Cependant, bien que l'engagement et la sympathie de ces émigrés aient apaisé les esprits des villageois, Danny Defago craint pour l'image de la station de Thyon. "Aujourd'hui, je maintiens tout de même ma position initiale. J'affirme qu'une station touristique n'est pas l'endroit adéquat pour l'établissement d'un centre de demandeurs d'asile. La simple présence de ce dernier peut malheureusement engendrer des préjugés chez des touristes qui préféreraient bouder la station", conclut-il.

mercredi 15 juin 2011

L'UDC ne veut pas de réfugiés aux Collons

Mercredi soir, l'UDC Hérens a annoncé le lancement d'une pétition contre l'accueil aux Collons d’une cinquantaine de requérants d'asile dans un hôtel de la station.

udc réfugiés collons

Les autorités cantonales valaisannes ont indiqué la semaine dernière que des requérants d'asile allaient être «provisoirement logés» à l'Hôtel de l'Ours, dans la station des Collons, au-dessus de Sion. Cette mesure doit répondre à une situation d'urgence, les capacités d'hébergement du canton étant saturées.

La structure d'accueil aux Collons doit accueillir du 15 juin au 30 novembre 2011 une cinquantaine de personnes au maximum. Cette annonce a fait bondir la section locale de l'UDC. Elle a indiqué, mercredi soir lors d'une conférence de presse, s'opposer avec «force et vigueur» à «l'implantation» d'un centre pour demandeurs d’asile aux Collons.

«Un foyer d'insécurité»

«Alors que la population de la vallée doit déjà faire face à une vague de vols commis par de faux sourds-muets venus de Roumanie, l'UDC Hérens est très inquiète de la création d'un tel foyer d'insécurité et de trafics en tout genre (drogue, etc.) dans la région», a expliqué Grégory Logean, président de l'UDC Hérens et Conseiller municipal à Hérémence.

Le jeune élu UDC, candidat au Conseil national, dénonce une «politique du fait accompli» des autorités cantonales. «La montagne et notre vallée en particulier ne doit pas faire les frais de la politique laxiste de la Confédération en matière d'asile. Cette situation démontre, une fois de plus, l’échec total de l'accord de Schengen/Dublin. C'est aussi un coup dur pour l'image de marque de la station touristique des Collons ainsi que pour la sécurité des chalets et appartements avoisinants», affirme-t-il.

Dans une «action citoyenne», l'UDC Hérens a décidé de lancer une pétition qui demande au Conseil d'Etat de renoncer à implanter un nouveau centre pour demandeurs d'asile aux Collons et dans le district d’Hérens.

L'UDC divisée?

Dans ce dossier, les sections locales de l'UDC du Valais romand semblent se renvoyer la «patate chaude». Au mois de mai, Patrick Arlettaz, le président de la section Haut-Lac, proposait précisément que les requérants soient hébergés dans les «lits froids» de stations de ski.

«Le Chablais accueille proportionnellement davantage de requérants que les autres régions du canton, affirme-t-il. Les autorités n'ont qu’à trouver de la place ailleurs! Elles pourraient héberger les demandeurs d'asile dans des stations de ski comme Verbier ou Crans-Montana. Elles ont assez de lits froids à disposition!», déclarait-il.

Au secrétariat cantonal du parti, on affirme qu'il n'y a aucun schisme entre les sections. «On peut bien envisager d'héberger ces demandeurs d'asile à la montagne. Encore faut-il toutefois éviter, pour cela, des zones par trop touristiques», précise-t-on.

Grégoire Corthay dans 20 Minutes

lundi 30 mai 2011

Savièse ferme ses portes à Geert Wilders

Le Conseil communal craint les débordements. Organisateur de la conférence, Oskar Freysinger ne lâchera pas l’affaire.

«Une évaluation des risques a été faite, et nous en sommes arrivés à la conclusion que le danger de débordements était trop élevé.» C’est en ces termes que Michel Dubuis, président socialiste de Savièse (VS), a annoncé jeudi après-midi la décision du Conseil communal (exécutif) d’interdire la visite du politicien néerlandais Geert Wilders, prévue le 11 juin prochain dans son village. Le leader populiste avait été convié par le parlementaire UDC Oskar Freysinger à tenir une conférence dans la salle communale sur la thématique des «problèmes liés à l’islamisation de l’Europe» et à y présenter son film polémique, Fitna. Ce court métrage est actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire pour comparaison entre le Coran et Mein Kampf d’Adolf Hitler (LT du 21.05.2011).

Le choix d’interdire cette manifestation se justifie, selon le président de commune, par une évolution rapide de la situation ces derniers jours. «Des rendez-vous en vue de l’événement se sont répandus sur Internet, et un appel à une contre-manifestation a été lancé, souligne Michel Dubuis. Face à un tel cas, les autorités communales sont démunies sur le plan sécuritaire.» La décision du conseil, réuni en assemblée extraordinaire, s’est faite à l’unanimité des voix. Seul l’élu UDC Jean-Luc Addor s’est récusé: chef de campagne d’Oskar Freysinger, l’homme est aussi celui qui avait réservé la salle en vue de l’événement.

Pour Oskar Freysinger, justement, cette interdiction est incompréhensible: «Nous avons agi dans la plus grande transparence. J’avais informé le président il y a deux mois, le contrat de location avait été signé à l’époque. Michel Dubuis ment clairement quand il fait mine de découvrir seulement maintenant de quoi il s’agit.» Autre son de cloche auprès des autorités saviésanes, qui rappellent que la halle des fêtes avait été réservée pour une réunion politique ordinaire, et non pas pour un «invité extraordinaire». Oskar Freysinger n’adhère pas à cet argument: «Geert Wilders est un personnage élu, qui joue le jeu de l’Etat de droit. Par contre, je constate que des individus tels que l’islamiste biennois Nicolas Blancho, qui prônent des mesures contraires à notre loi, peuvent se réunir sans problème. Il s’agit d’une restriction injuste de la liberté d’expression, et un signe inquiétant pour la démocratie.»

Face à cette accusation, Michel Dubuis tempère: «Nous n’avons aucune velléité de censure, il s’agit uniquement d’une question de sécurité. En tant que président de commune, je me dois d’assurer avant tout la sûreté de mes concitoyens. Le représentant de l’UDC (Jean-Luc Addor, ndlr) n’a pas pu nous donner de garanties suffisantes en ce sens jeudi matin.» Un argument balayé par Oskar Freysinger: «L’organisateur est tenu de garantir la sécurité à l’intérieur de la salle, et nous avions d’ailleurs prévu un service d’ordre à cet effet. Pour ce qui se passe autour, c’est à la police cantonale de jouer.» Le politicien assure d’ailleurs avoir reçu un préavis positif du commandant de la police valaisanne en début de semaine. Une affirmation démentie par le porte-parole des forces de l’ordre, Jean-Marie Bornet: «Nous n’avons absolument pas pris position sur ce cas. Nous ne nous substituons pas aux décisions des autorités. Il ne faut pas instrumentaliser la police cantonale.»

Malgré le camouflet communal de Savièse, Oskar Freysinger n’entend pas baisser les bras: «Il n’est absolument pas question que je cède. J’ai invité cette personne, j’ai tout fait dans l’ordre, et les autorités font un scandale de dernière minute alors que tout aurait pu se passer calmement.» Un nouveau lieu de rendez-vous a d’ailleurs déjà été trouvé: la cave à vins de Dominique Giroud, à Sion. Catholique traditionaliste et proche ami de l’élu UDC, l’encaveur s’est distingué ces dernières années par ses prises de position tranchées contre l’avortement ou la gay pride (LT du 20.04.2011). «Il s’agit d’un homme courageux, qui trouve cette restriction de la liberté d’expression scandaleuse», assure Oskar Freysinger. Contacté en cours d’après-midi, Dominique Giroud n’était pas disponible pour répondre à nos questions.

■ Le commentaire de Christoph Blocher, ancien conseiller fédéral, stratège de l’UDC

«Je ne peux pas comprendre cette décision de la commune de Savièse. En Suisse, on doit pouvoir inviter tout le monde. Je n’ai jamais manifesté contre les communistes qui sont invités en Suisse, alors que cette idéologie a fait plus de morts que les nazis! En Suisse, on doit avoir la possibilité de parler, et cela vaut pour tous les politiciens. Peut-être que Wilders est trop à droite, mais pourquoi ne peut-il pas parler? Je ne connais pas son film, je ne veux pas le voir, mais pourquoi inter­dire les choses?»

■ Le commentaire de Pierre Maudet, conseiller administratif libéral-radical de la Ville de Genève

«Sur ces questions, je suis par principe très libéral et hostile à des interdictions préventives. Ce fut le cas dans l’affaire Dieudonné [interdit par deux fois de spectacle à Genève, ndlr], alors même que je ne l’apprécie pas du tout. Dans ce domaine, c’est la norme pénale antiraciste qui fixe la limite. Mais interdire d’emblée, cela fait de la publicité et cela va à fin contraire.»

Nicolas Gschwind dans le Temps

jeudi 26 mai 2011

Savièse ne recevra pas l'extrémiste de droite Geert Wilders

Invité le 11 juin par le conseiller national UDC valaisan Oskar Freysinger, le chef de file de l’extrême droite néerlandaise Geert Wilders ne viendra finalement pas à Savièse, suite à un refus de la municipalité.

Savièse, en Valais, n’accueillera pas dans sa halle des fêtes le chef de file de l’extrême droite néerlandaise Geert Wilders, invité le 11 juin prochain par le conseiller national UDC Oskar Freysinger. Le conseil communal invoque des problèmes de sécurité.

Dans un communiqué diffusé jeudi, la municipalité de Savièse indique que des menaces de débordements sont réels. Ils sont liés notamment à une contre-manifestation demandée et à des projets de rassemblements organisés sur internet.

«Ces éléments pèsent désormais lourdement sur les intérêts et la sécurité de notre commune. (...)Cette décision communale est fondée exclusivement sur l’aspect sécuritaire et ne saurait être assimilée à une atteinte à la liberté d’expression», précise encore la municipalité.

La commune rappelle que la halle des fêtes avait été réservée pour une réunion politique ordinaire. La venue d’un invité «extraordinaire, annoncée tardivement, modifie totalement les conditions liées à la mise à disposition des locaux».

Incitation à la haine raciale

Dans son pays, Geert Wilders est jugé pour incitation à la haine raciale et à la discrimination envers les musulmans. Il encourt jusqu’à un an de prison ou 7600 euros d’amende.

Le 23 mai dernier, le tribunal d’Amsterdam a rejeté une demande de la défense de Geert Wilders qui demandait l’abandon des poursuites à l’encontre du chef de file de l’extrême droite néerlandaise.

Geert Wilders est poursuivi pour avoir comparé le Coran au «Mein Kampf» d’Adolf Hitler dans des déclarations faites entre 2006 et 2008 dans les journaux néerlandais, sur des forums internet et dans son film de 17 minutes «Fitna» (»Discorde» en arabe). Film que le Valaisan Oskar Freysinger souhaitait projeter durant cette soirée à Savièse.

Le Matin

jeudi 12 mai 2011

Une pétition avant les réponses

Quelque 1200 Chablaisiens se mobilisent contre l'ouverture d'un centre pour requérants d'asile aux Barges.

Mille deux cent neuf: c'est le nombre de signatures récoltées par l'UDC du Haut-Lac, en à peine deux mois, contre l'ouverture d'un centre de requérants d'asile dans le secteur des Barges à Vouvry. La moitié de ces paraphes ont été obtenus sur le territoire communal, l'autre émane de la région de Monthey et du Haut-Lac. Tous ont été remis au conseiller d'Etat Jacques Melly, hier matin, dans les murs de la chancellerie cantonale à Sion. "Nous espérons que le gouvernement tiendra compte de ces inquiétudes", lui a adressé Jean-Luc Addor, le chef du groupe UDC au Grand Conseil, juste avant de lui faire suivre l'imposant paquet.

"Nous attendons que le Conseil d'Etat se prononce sur la question avant l'été", espère pour sa part le député de Troistorrents, Charles Clerc. "Au vu de l'agenda, je ne peux rien garantir", lui a rétorqué Jacques Melly, tout en précisant que la pétition allait être traitée avec "le sérieux nécessaire" et dans des délais raisonnables.

"Les personnes qui ont choisi de signer l'ont fait pour deux types de raison", raconte Charles Clerc: "Pour montrer leur mécontentement lié au fait que les autorités communales n'ont pas été consultées et à cause de diverses problématiques liées à l'ancien centre de Colllombey."

Deux centres, pas trois!

"Les questions des vols, des trafics de drogue, entre les centres de Bex et justement de Collombey notamment ont poussé pas mal de gens à nous soutenir", précise Guillaume Vanay, néo-député-suppléant UDC. "Nous voulons également que l'équilibre entre le Haut, le Centre et le Bas-Valais soit respecté en matière d'accueil des requérants. Dans le Chablais, nous avons déjà des centres à Bex et Saint-Gingolph, c'est suffisant."

"Je suis assez surpris du nombre de paraphes récoltés. Je ne m'attendais pas à autant", admet le président de Vouvry, Reynold Rinaldi, contacté hier par téléphone. "Le fait que la moitié des signatures aient été obtenues en dehors du village me conforte dans mon idée qu'il s'agit d'une problématique chablaisienne." "Personnellement, avoue-t-il, je n'ai pas signé le texte. Je le trouve réducteur. Ce n'est pas simplement en fustigeant l'arrivée de cette population qu'on va régler la question de leur accueil."

Rencontre prévue lundi prochain

La situation pourrait se décanter la semaine prochaine. Lundi en fin d'après-midi, une délégation du canton composée d'Esther Waeber-Kalbermatten (la cheffe du Département de la sécurité), Simon Darioli (le chef du Service de l'action sociale) et d'Emile Blanc (le chef de la section asile du Service valaisan de l'action sociale) effectuera le déplacement de Vouvry où elle sera reçue par la Municipalité in corpore.

"Nous allons discuter de tout sur un tas de points, précise le président de la commune. Afin d'éviter que les Barges deviennent un ghetto, nous voudrions que le nombre de requérants ne dépasse pas trente. Oralement, le canton s'est engagé à installer des personnes en cours de procédure (2e accueil) et non pas des NEM (non-entrée en matière). On espère que cela soit protocolé formellement."

Et le président de conclure: "Nous voulons connaître quel est l'encadrement prévu et discuter de la question de la scolarisation d'éventuels enfants et des modifications architecturales du site qui sont susceptibles d'être mises à l'enquête publique. Nous évoquerons également les aspects de la sécurité et de la détection incendie". Le centre des Barges doit ouvrir à la fin de l'été.

Fabrice Zwahlen dans le Nouvelliste

lundi 7 mars 2011

Le foyer pour requérants suscite l’ire d’un notable

Ancien président de la commune, Albert Arlettaz critique l’hébergement de demandeurs d’asile au domaine des Barges. Il s’explique.

vouvry albert arlettaz

L’intervention de l’UDC était prévisible; par voie de pétition, la section du Haut-Lac demande au Conseil d’Etat valaisan de renoncer à loger des requérants d’asile à Vouvry (24 heures du 2 mars) . Voir l’un des notables les plus respectés du village monter au créneau, en revanche, a de quoi surprendre. Mais Albert Arlettaz assume sa prise de position, publiée ces derniers jours dans les pages de courriers des lecteurs du Nouvelliste et de 24 heures . Selon lui, affecter une partie du domaine agricole des Barges à l’hébergement de candidats réfugiés est une hérésie pure et simple.

Aujourd’hui à la retraite, Albert Arlettaz était président de Vouvry lorsque l’Etat du Valais a décidé d’acquérir ces 165 hectares, situés au beau milieu de la plaine du Rhône. C’était en 1998. Novartis, le géant agrochimique héritier de Ciba-Geigy, cherchait à se séparer du vaste domaine qu’il exploitait depuis la Seconde Guerre mondiale. Le canton a déboursé 13,2 millions de francs pour rafler la mise. Novartis, puis Syngenta, sont alors devenus locataires de 57 hectares. Le reste a été dévolu aux grandes cultures et à la formation des agriculteurs.

domaine des barges vouvry

Potentiel économique

Selon Albert Arlettaz, l’accueil de requérants d’asile viole le droit foncier rural, qui stipule qu’aucun immeuble ne peut être soustrait à une entreprise agricole. Faux, répliquent les autorités valaisannes. Car la loi prévoit une exception «lorsqu’une tâche d’intérêt public doit être remplie». Et l’occupation de candidats réfugiés en est une, insiste le canton. Tout en soulignant qu’aucun changement d’affectation ne sera nécessaire, puisque le centre occupera uniquement des bâtiments existants, et déjà voués à de l’hébergement.

Second argument de l’ancien président de Vouvry: la décision du Conseil d’Etat bafoue la vision stratégique qui a motivé le rachat des Barges. Alors député radical, il siégeait au sein de la Commission des finances du Grand Conseil, qui s’était démenée pour convaincre les élus. «Une telle surface, aussi bien située, c’était une opportunité unique. Si le parlement a voté oui à l’unanimité, c’est en raison du potentiel de développement économique du domaine. Nous imaginions que la création d’un pôle industriel ou technologique serait possible quelques décennies plus tard. Aujourd’hui, en y logeant des requérants, on perd de vue cet objectif visionnaire.»

Le gouvernement, pour sa part, estime que le potentiel économique des Barges reste intact. Pour l’heure, la vocation agricole des lieux n’est en rien modifiée. Les vingt à trente candidats réfugiés qui y seront logés effectueront divers travaux: agriculture, horticulture, élevage de petit bétail, etc. Par ailleurs, le domaine restera ouvert aux élèves de l’Ecole cantonale d’agriculture.

Albert Arlettaz aurait-il une dent contre les demandeurs d’asile? «Pas du tout.» Il est loin de cautionner la pétition de l’UDC, qui brandit le spectre de l’insécurité et du trafic de drogue. «A Vouvry, nous avons toujours eu une tradition d’asile, souligne celui qui fut à la tête de l’exécutif durant près de vingt ans. Notre politique progressiste en matière sociale a attiré de fortes communautés étrangères. Personnellement, je n’ai rien contre le fait d’accueillir des requérants dans la commune. Mais pas aux Barges. Pas au mépris des décisions politiques passées.»

Patrick Monay dans 24 Heures

mardi 1 mars 2011

L'UDC ne veut pas de requérants d'asile à Vouvry

Une pétition demande au Conseil d’Etat valaisan d’abandonner son projet d’implantation d’un foyer d’hébergement au domaine des Barges.

vouvry accueil réfugiés

L’UDC du Haut-Lac lance une pétition demandant au Conseil d’Etat valaisan de renoncer à implanter un centre d’accueil de demandeurs d’asile à Vouvry. Le gouvernement valaisan avait créé la surprise, le mois dernier, en annonçant avoir jeté son dévolu sur le domaine agricole des Barges, propriété de l’Etat.

Ce foyer doit offrir hébergement et formation à une trentaine de candidats réfugiés – des familles et des célibataires. L’UDC fustige «la politique du fait accompli». Et brandit le spectre de l’insécurité et du trafic de drogue.

24 Heures

mercredi 16 février 2011

Logés à Vouvry, les requérants d'asile travailleront aux champs

L’unité d’accueil de Collombey devant fermer ses portes, le vaste domaine agricole des Barges hébergera des candidats réfugiés.

requérants vouvry«L’Etat du Valais est propriétaire de ces bâtiments. Nous n’avons donc pas grand-chose à dire. Mais je trouve déplorable la façon de communiquer une telle décision.» Le président de Vouvry, Reynold Rinaldi, évoque avec perplexité la création prochaine d’un centre de formation et d’hébergement pour requérants d’asile dans sa commune. Cette structure sera aménagée au domaine des Barges, rattaché au Service cantonal de l’agriculture. Elle est appelée à combler une lacune dans le Chablais, puisque le foyer d’accueil pour candidats réfugiés de Collombey, en fin de bail, fermera ses portes à la fin mars. A Vouvry, l’ouverture est prévue «dans quelques mois».

Le Conseil d’Etat s’est déterminé à ce sujet mercredi dernier, précise un communiqué diffusé hier. «Le Conseil municipal n’a été informé que lundi soir, regrette Reynold Rinaldi. Nous sommes des gens adultes et responsables. Nous aurions apprécié de pouvoir poser un peu plus tôt les questions qui s’imposent aujourd’hui.» Les enfants des requérants d’asile devront-ils être scolarisés au village? Est-il raisonnable de prévoir de nouveaux logements dans une zone réputée inondable – car toute proche du Rhône? «Et dans la population, des craintes surgissent déjà quant à la sécurité publique», témoigne le président de Vouvry (3600 habitants).

Peinture et horticulture
Simon Darioli, chef du Service valaisan de l’action sociale (SAS), se veut rassurant. Au contraire de celui de Collombey, qui n’accueille que des hommes célibataires, le futur centre, situé à l’écart du village, hébergera aussi des familles. En outre, leur statut sera différent: il s’agira de personnes en cours de procédure d’asile, alors que les hommes qui transitent par le foyer collombeyroud sont pour la plupart des requérants déboutés.

Sans oublier la vocation formatrice de ce nouveau centre: encadrés par du personnel qualifié, les pensionnaires effectueront des travaux de peinture, de maçonnerie et de menuiserie. Premier objectif: aménager rapidement les locaux qui, à terme, pourront accueillir vingt à trente personnes.

Dans un deuxième temps, les requérants d’asile logés à Vouvry découvriront l’agriculture, l’horticulture, l’élevage du petit bétail et la mécanique élémentaire. Le tout dans le même esprit que les programmes d’occupation proposés depuis l’an dernier, avec succès, à Collombey: favoriser l’intégration en Suisse ou préparer le retour au pays. «Il s’agit de donner du sens à la présence de ces gens chez nous», complète Simon Darioli, qui s’appuie sur une expérience similaire réalisée à Vétroz.

Ce projet concerne une surface d’environ 5000 m2 sur les 150 ha qui composent les Barges. L’entreprise agrochimique Syngenta, locataire de 57 ha, continuera à y mener ses essais. «Ce vaste domaine (ndlr: qui accueille notamment des élèves de l’Ecole cantonale d’agriculture) est en pleine réaffectation, relève le chef du SAS. C’est une vraie aubaine pour nous.» Car le Valais doit accueillir, bon an mal an, 3,9% des requérants d’asile qui arrivent en Suisse. Ils étaient 1549, répartis dans tout le canton, au 31 décembre dernier. «Et les perspectives sont à la hausse, compte tenu des événements politiques récents dans le nord de l’Afrique.»

Patrick Monay dans 24 Heures

vendredi 1 octobre 2010

L’Islam demande le coeur

Guide spirituel de la voie soufie alâwiyya, un des courants mystiques de l’islam, le cheikh Khaled Bentounes était l’invité, hier, de Guy Mettan, au Club suisse de la presse.

Le sheikh Khaled Bentounes était invité par le Club Suisse de la presse. LDD

Ouverture, dialogue, spiritualité: le Club suisse de la presse accueillait hier un de ces hommes dont la présence chaleureuse suffit à offrir une bouffée d’air frais à un débat sur l’islam gangrené par le communautarisme, les préjugés et l’incompréhension. Car Khaled Bentounes, Algérien d’origine et membre fondateur du Culte musulman de France, passe sa vie à prêcher la fraternité, «chemin vers Dieu», et à tenter de réunir les gens, même ceux qui ne peuvent plus se voir en peinture. Rencontre avec un sage, un vrai.
La communauté musulmane connaît actuellement de nombreuses difficultés. Sont-elles dues à nos préjugés ou à l’attitude des musulmans européens?
La responsabilité est partagée! Les musulmans doivent abandonner le communautarisme pour devenir des citoyens à part entière, et non à part, des pays dans lesquels ils vivent. Qu’ils pratiquent leur religion, mais avec sagesse, sans brusquer personne! D’un autre côté, les Européens doivent comprendre que la présence des musulmans est une réalité avec laquelle il faut avancer. Et que les musulmans ont énormément à leur apporter! Malgré les réticences des uns et des autres, l’humanité est en train de changer radicalement par le métissage. Le monde devient un grand village. Et nous devons reconnaître qu’au-delà de nos différences, certaines choses nous unissent, comme la présence de Dieu en chaque être humain.
Le voile intégral, entre autres, crée une immense polémique...
Il faut le savoir une bonne fois pour toutes: ce n’est pas la religion mais les coutumes qui poussent les femmes à le porter. Il n’y a aucune injonction à ce sujet dans le Coran. Ainsi, nous devons tous - les musulmans aussi - réviser notre compréhension de l’islam, et de ceux qui le pratiquent. Par exemple, on ne parle que des musulmans arabes ou maghrébins, mais on oublie que la majorité des fidèles sont d’origine asiatique! (ndlr: l’islam compte 1,8 milliards d’adeptes, dont 20% seulement dans les pays arabes.). Et puis, tout le monde a le rigorisme saoudien en tête, mais ce n’est qu’une manière de pratiquer l’islam parmi des centaines d’autres! La réalité du monde musulman est mille fois plus riche et complexe que ce qu’on imagine en Europe.
Dans cette réalité, il y a le soufisme. Pouvez-vous en donner une définition?
Le soufisme est le cœur spirituel de l’islam. Nous, soufis, essayons de le pratiquer en suivant non seulement la loi (chari’a) mais par la foi, en suivant la certitude de notre cœur, qui nous dit que Dieu est Un. Nous exprimons tout cela par la fraternité dans la relation à l’autre, à la Création et à Dieu, en essayant d’éveiller pleinement notre conscience à cette réalité.
Au cœur de tout cela, il y a la foi. Comment la définiriez-vous?
C’est la lumière de l’intériorité, qui nous ramène tous à un état originel non distinct de Dieu. La croyance, elle, est différente: elle nous vient de notre culture, de l’héritage donné par nos parents, c’est une notion sociale. Mais la foi vient dans la solitude de la rencontre à Dieu. C’est une quête intime. Et dans cette quête, l’islam demande le cœur.
Vous êtes devenu sheikh à 25 ans seulement et conseillez une communauté qui compte des milliers de personnes.
Comment gérez-vous ces responsabilités?
Je fais confiance à l’Esprit divin qui m’accompagne, je le sais, partout où je vais et quoi que je fasse.
Dans vos engagements, il y a celui du dialogue interreligieux, miné par l’éternel conflit israélo-palestinien. Comment gérez-vous cet écueil?
Je ne vais pas nier que soixante ans de conflit, ça pèse, d’autant plus que le problème empire. Mais j’essaye de mettre mon sentimentalisme et mes opinions personnelles de côté. Parce que dialoguer, c’est faire un chemin ensemble. Alors, quelles que soient les difficultés, les vraies intentions de notre cœur doivent être celles d’une paix partagée. Sinon, elle n’adviendra jamais.
Ce point de vue doit vous valoir des ennemis...
On ne peut pas plaire à tout le monde... surtout pas aux idéologues (sourire).
Comment voyez-vous l’avenir des musulmans en Europe?
Je suis pessimiste. En continuant à propager la peur, nous allons enfermer nos enfants dans une identité meurtrière, faite de haine et de préjugés dégradants. Voyez: les jeunes ne savent même plus, et c’est grave, que le monde actuel a été façonné entre autres par de brillants échanges entre chrétiens, juifs et musulmans en Espagne, il y a quelques siècles de cela. Oublier ce pan de l’histoire, c’est zapper ce qui fait notre humanité, notre identité communes.
Tout le monde surfe, et c’est une honte, sur la vague de la peur et de l’ignorance. Quant à moi, je ne cesserai jamais de demander: que faites-vous de la sagesse? Que faites-vous de la fraternité?

Aline Jacottet dans le Nouvelliste

lundi 30 août 2010

“Tu ne craindras point”

C'est ça, la réalité: 111 nationalités vivent bien intégrées à Sion. Comme le dit Céline Maye, préposée à l'intégration de la ville de Sion, il n'y a pas une manière d'être sédunois, mais 30 000. La réalité, ce sont aussi ces 17 stands de nourriture, étrange ou familière, qui ont réuni 4000 humains dans l'acte commun à tous et fondamental de manger. Ces immigrés vivant dans notre région ont offert aux visiteurs ce qu'ils savent faire de meilleur. Ils ont passé des heures dans leur cuisine en dehors de leur travail. La nourriture est universelle, les organisateurs des Rencontres d'ici et d'ailleurs l'ont bien compris.

Quand on obtient le passeport suisse comme seconde nationalité, on sort des statistiques. Les étrangers sont tellement parmi nous qu'ils en deviennent nos frères, ou nos maris. C'est un fait, le monde change. Il y a des gens qui ont de la peine à le supporter. Mettre la faute sur l'autre n'est pas très constructif. C'est une obligation humaine de traiter les étrangers en êtres humains. Personne ne parle de faire de l'angélisme.

Dans les années 60, on stigmatisait les Italiens. Cinquante ans plus tard, ils sont parfaitement intégrés. Il faut absolument veiller à ne pas faire subir leur sort aux communautés qui arrivent maintenant. Ce serait perdre du temps. Ce serait perdre cinquante ans d'humanité.

On ne saura pas tout de suite si une fête telle que l'a vécue Sion ce week-end aura porté ses fruits. Mais elle aura permis, dans l'immédiat, de fournir des arguments pour contrer la méfiance. Plus aucun visiteur qui aura dégusté les plats de Yasin, Nur, Viviane, Fatmira, Bernard, Christina et les autres ne devrait permettre une méchanceté gratuite à l'endroit d'un étranger. La monnaie d'échange, ces deux derniers jours sur la place des Tanneries, était le sourire. Un tel commerce laisse des traces de douceur. Pour longtemps.

La loi sur l'intégration vise la coexistence dans le respect mutuel. Mutuel. Au boulot!

Editorial du Nouvelliste signé Sonia Bellemare

Ici et ailleurs réunis pour mieux se comprendre

Des milliers de personnes se sont retrouvées ce week-end à Sion pour partager avec les communautés étrangères les plats traditionnels de leur pays.Voyage autour du monde.

Tannerie Sion

«Prenez seulement!» dit la dame. Ce romandisme pur sucre ne sort pas de la bouche d'une madame Pahud, mais d'une splendeur africaine du stand du Cameroun aux 3e Rencontres d'ici et d'ailleurs. Si ça ce n'est pas de l'intégration!

Ce qui frappe dans cette manifestation, c'est qu'on est en présence de 17 communautés curieuses des traditions des autres. Par exemple, au stand suisse, une fois que les autres stands n'avaient plus rien à vendre, leurs locataires du monde entier venaient déguster des raclettes. Pour certains, c'était la première fois de leur vie.

4000 personnes à table

Cette fête multiculturelle et multicolore a lieu tous les deux ans à la place des Tanneries à Sion. C'est un projet de la sous-commission des étrangers. Un projet que coordonne Céline Maye, la préposée à l'intégration de la ville de Sion. A l'issue de la fête, hier matin, celle-ci jubilait: «Il y avait à la fête autour de 4000 personnes, un peu plus d'un dixième de tous les Sédunois. Samedi soir, j'ai entendu un visiteur dire «ce soir, c'est régimes de bananes. Il y a des bananes sur tous les visages». C'est vrai que l'ambiance était détendue. Les gens étaient contents. Autant le public que les 17 communautés.» En tout, environ 10 000 portions ont été servies.

Patchwork de musique et de danses

De la musique et de la danse ont agrémenté la manifestation. On y a vu de tout: du violon et de l'accordéon, des guitares manouches, des danses portugaises, du flamenco, des petites filles tamoules qui dansaient en costume, et une guggenmusik. Un ensemble de cors de Alpes s'est produit vendredi soir, à l'issue de la partie officielle, où la conseillère d'Etat Esther Waeber-Kalbermatten et le président de Sion Marcel Maurer ont prononcé des discours.

La météo a causé quelques sueurs froides aux organisateurs. La pluie et le vent ont bien tenté, mais en vain, de jouer quelque peu les trouble-fêtes. Certes, il a fait plus froid qu'il y a deux ans. Mais par 30° C à l'ombre, les appétits se font aussi plus timides. Or, cette édition, il y a eu du monde tout le temps. Des gens mangeaient dans l'après-midi aussi.

Aller vers l'autre, même prudemment

Ces 3e Rencontres sont d'ores et déjà une réussite. Situées dans un lieu de fort passage, il a rendu captif des visiteurs qui n'auraient peut-être pas mis les pieds à une fête muticulturelle.

Les gens ont fait l'effort d'aller vers ce qui les impressionnait un peu. Des gens ont demandé à l'accueil où ils pourraient manger quelque chose de pas trop épicé. «Même si des gens se méfient de la nourriture exotique et qu'ils ne mangent que de la raclette, je suis satisfaite», dit Céline Maye. «Parce qu'ils auront fait le pas de venir se mêler aux communautés. Une fête comme celle-là rend la ville de plus en plus agréable à vivre», conclut-elle.

Sonia Bellemare dans le Nouvelliste

lundi 17 mai 2010

Incendie dans le foyer de requérants d’asile

Le centre d’accueil chablaisien a été la proie des flammes vendredi soir. Le sinistre n’a pas fait de blessés. Un article signé David Genillard dans 24 Heures.

Collombey incendie

De l’édifice de bois, il ne reste presque rien. Samedi, en fin de matinée, les inspecteurs de la police cantonale valaisanne fouillaient les ruines noircies, à la recherche d’indices. Pour l’heure, la cause du sinistre – accident ou acte intentionnel? – reste inconnue.

Derrière les barrières de sécurité installées par les agents, les résidents du foyer de requérants d’asile de Collombey observent la scène. «Je n’ai pas vu grand-chose. J’étais dans ma chambre et j’ai entendu des gens taper contre les portes et crier: «Sortez! Sortez!»

Dans un français hésitant, Ramiz, originaire d’Azerbaïdjan, raconte sa soirée de vendredi. Aux alentours de 20 h 45, le feu a pris dans l’un des trois baraquements qui composent le centre. Le surveillant de nuit a très vite donné l’alarme. Les occupants ont été évacués. Ceux du bâtiment touché d’abord, puis l’ensemble des résidents, soit 47 personnes. Arrivés sur place, les pompiers de Collombey sont parvenus à maîtriser le sinistre et à 22 h 30, la situation était sous contrôle. L’incident n’a pas fait de blessés, mais 18 requérants devront être relogés. «Ils ont passé la nuit dans l’abri de protection civile de Vouvry, précisait ce week-end Emile Blanc, responsable valaisan du secteur asile. Ils seront ensuite envoyés vers d’autres centres. Sept iront à Ardon et onze à Viège.»

Dans le foyer de requérants, on n’est guère en mesure de donner de détails sur l’incendie. Le feu serait parti d’une chambre inoccupée, affirment plusieurs demandeurs d’asile. Une information que la police ne peut pas encore confirmer. S’agit-il d’un acte criminel? Dans le climat tendu qui entoure le centre – plusieurs affaires de drogues ont poussé l’UDC locale à lancer en avril une pétition réclamant sa fermeture –, la question est inévitable. «Nos enquêteurs font leur travail et nous interrogeons les résidents du centre. Pour l’heure, tout est possible», répond Vincent Favre, porte-parole de la gendarmerie valaisanne. Une certitude: l’incendie s’est bel et bien déclaré à l’intérieur du bâtiment. Ce qui écarte l’hypothèse selon laquelle un individu aurait bouté le feu au centre depuis l’extérieur.

Sur le même sujet, lire cet article publié dans le Matin Dimanche

samedi 24 avril 2010

A Collombey-Muraz, l’UDC veut chasser les requérants d’asile

Echaudée par des problèmes de drogue, la section locale de l’UDC lance une pétition demandant la fermeture du foyer d’accueil pour candidats réfugiés. L’Etat du Valais se dit très sceptique.

Foyer chablaisien

Sept dealers africains arrêtés l’an dernier, une villa cambriolée par un requérant d’asile irakien le mois passé: pour l’UDC de Collombey-Muraz, c’en est trop. Criant à l’insécurité générale, ses responsables demandent à la Municipalité «de tout entreprendre pour faire fermer ce centre, dont la population ne veut plus». Forts de l’appui des Jeunes UDC du district de Monthey et de l’UDC du Valais romand, ils ont choisi l’arme de la pétition. «Nous voulons donner un signal fort à la commune», martèle Mikaël Vieux, président de la section locale.

Le foyer en question, situé en pleine zone industrielle, accueille actuellement 44 des quelque 1700 demandeurs d’asile hébergés en Valais. Ce sont tous des célibataires, dont beaucoup proviennent d’Afrique de l’Ouest. En février dernier, l’exécutif de Collombey-Muraz avait émis le vœu que ce centre abrite en priorité des familles. Refus clair et net de la part du Canton, seule instance compétente en la matière. «Les baraquements ne s’y prêtent pas du tout, souligne Emile Blanc, chef de la section asile du Service valaisan de l’action sociale. Et nous avons besoin de cette structure. Nous n’envisageons pas de la fermer pour l’instant.»

Les autorités ne nient pas pour autant l’existence d’un trafic de stupéfiants dans le secteur. La surveillance policière a ainsi été intensifiée ces derniers mois, comme en témoigne le patron d’une entreprise voisine. «Notre personnel a l’obligation de signaler la présence de toute personne suspecte», ajoute Emile Blanc. L’autre effort préventif concerne l’occupation des pensionnaires: 50% d’entre eux travaillent déjà dans le cadre de programmes d’utilité publique. «Notre but est que tous, y compris les requérants déboutés, puissent y participer.» Les démarches sont en cours, indique la présidente de Collombey-Muraz, Josiane Granger.

Dans des camps militaires?

L’avenir dira si l’abandon de ce foyer d’accueil correspond à une volonté populaire. Cas échéant, cela ne reviendrait-il pas à déplacer le problème dans une autre localité? L’UDC en convient. Mais évoque la possibilité d’héberger les requérants déboutés «dans des cantonnements militaires situés à l’écart des zones d’habitation, et qui ne sont plus utilisés par l’armée». Auteur d’une récente interpellation dans ce sens, le bouillant député valaisan Jean-Luc Addor attend la réponse du Conseil d’Etat avec impatience. Les pétitionnaires de Collombey-Muraz aussi.

Un article signé Patrick Monay dans 24 Heures