mercredi 12 septembre 2007

Le contrat d’intégration avec les étrangers ...

... une idée à la mode qui laisse sceptique

Le Conseil fédéral prévoit de faire signer aux étrangers un contrat qui leur fixe des devoirs. L’idée est en vogue, mais fait douter la Commission fédérale des étrangers.
«L’intégration est devenue un grand bateau sur lequel tout le monde veut monter, mais où les moyens à disposition et le cap à atteindre diffèrent au gré des inté­rêts de chacun.» Francis Matthey, président de la Commission fédé­rale des étrangers, dépeignait, hier à Berne, un paysage politique où les étrangers sont de plus en plus réduits à des slogans électoraux.
Et comme pour lui donner rai­son, le matin même, le Parti radi­cal (PRD) remettait la compresse sur ce sujet si à la mode. Surfant sur la vague provoquée il y a quelques semaines par d’autres partis et le Conseil fédéral lui­même, la formation bourgeoise présentait son propre projet d’in­tégration. Principale innovation: une loi fédérale, fixant un cadre aux cantons chargés d’accueillir les étrangers. Quelque 50 millions de francs sont exigés pour sa mise en place. Actuellement, le gouver­nement en dispose de 14.
Sur le fond, cette proposition ressemble beaucoup à celle du gouvernement, tout particulière­ment sur un point: la mise en place de conventions d’intégration que les cantons feraient signer aux demandeurs de permis de séjours. Ces contrats, également suggérés par la nouvelle loi sur les étran­gers, ont pour but d’inciter les étrangers à s’intégrer plus rapide­ment, notamment par l’apprentis­sage d’une langue nationale.
«Exiger et encourager»
L’instrument fonctionne selon un principe que Fulvio Pelli, prési­dent du PRD, n’a pas hésité à rappeler: «Fordern, fördern», «Exiger, encourager.» Une façon de considérer l’intégration qui a cependant ses limites, estime la Commission fédérale des étran­gers. Principale critique: le fait que la convention ne vise que les migrants. Les Suisses qui se com­portent de manière xénophobe pourraient aussi être contraints de se plier à de telles mesures. Autre bémol, le fait que seuls les étrangers venant de pays hors de l’Union européenne soient obligés de s’y soumettre. Aucune autorité ne peut en effet contraindre les ressortissants de l’UE à y prendre part. Et doit-on obliger les riches industriels étrangers à parler une autre langue que l’anglais?
Pour l’heure, ce système existe notamment aux Pays-Bas, en Autriche et en France. En Suisse, peu de cantons l’appliquent. Bâle­Ville, considéré comme pionnier en matière d’intégration, a adopté la formule en début d’année. Des expériences trop récentes, selon la Commission, pour en tirer un bilan. Bilan qu’elle n’aura certai­nement plus l’occasion de faire, puisque l’institution est vouée à disparaître en 2008.


Reste que d’autres cantons pourraient prochainement mettre en place de tels contrats. Hier déjà, Berne décidait d’obliger les candi­dats à la naturalisation qui ne vivent pas depuis longtemps en Suisse à suivre des cours d’inté­gration.

Nadine Haltiner, Berne, pour 24 Heures

Nomination du jurisconsulte

Lire la dépêche de l'ATS

Infrarouge sur la crise de la démocratie Suisse


On l'avait prédit mais les oracles étaient en-deçà de la réalité: jamais campagne pour des élections fédérales n’a été aussi violente en Suisse.

Des affiches qui sentiraient la haine, une campagne que Madame la Présidente trouve "dégoûtante", des plaintes en racisme qui pleuvent, des complots qui fusent de partout, un ministre de la justice que l'on tenterait de déstabiliser... Mais que se passe-t-il dans ce pays? Le Palais fédéral prend-il feu?

Mardi 11 septembre, des représentants des 4 partis gouvernementaux viendront répondre aux questions que le citoyen, derouté, dégoûté - ou amusé - est en droit de se poser.

Les invités de Massimo Lorenzi:

* Léonard Bender, vice-président du PRD
* André Bugnon, conseiller national UDC, VD
* Christophe Darbellay, président du PDC
* Pierre-Yves Maillard, vice-président du PS
* Roger Köppel, éditeur et rédacteur en chef de la Weltwoche, en duplex de Zurich
* François Chérix, auteur de "Christophe Blocher ou le mépris des lois"

Regardez l'émission Infrarouge de mardi soir

Affaire Blocher: l'UDC désigne une nouvelle cible,


Dans sa conférence de presse, l'UDC va encore plus loin dans les attaques personnelles, il désigne maintenant à la vindicte populaire, une secrétaire de l'administration fédérale qui a travaillé dans le cadre de la commission de gestion. Mörgeli a même donné les coordonnées complètes de cette femme en déclarant " Maintenant, il faut s'occuper de son cas".
Dafür drohte Mörgeli: «Mit ihr werden wir uns noch zu befassen haben.» On aimerait pas être à la place de la boîte aux lettres de cette personne !
Lire l'article du Blick

Pour sa part la NZZ renonce à commenter les allégations de l'UDC
Le rapport en question est maintenant disponible sur le net.

Fuite des cerveaux et nouvelle loi sur les étrangers

Lire l'éclairage d'Eric Bersier dans le Temps

L'UDC en plein délire

Lire l'article de DS Miéville dans le Temps
Conseillers fédéraux, parlementaires, fonctionnaires, la direction du parti voit des comploteurs partout à l'œuvre.

Les demandes d'asile ont diminué de moitié en 5 ans

Lire cette dépêche de l'agence Belga basée sur des chiffres d'Eurostats

Désintégration radicale

Lire l'édito de Didier Estoppey dans le Courrier
L'affiche dite du mouton noir provoque chaque jour son nouveau lot d'indignations. Hier, c'est des bancs du Grand Conseil vaudois qu'est montée une large vague de protestations contre les dérives racistes de l'UDC. Au sein de cette droite pourtant alliée, en terres vaudoise ou neuchâteloise, aux blochériens, il est désormais de bon ton de se pincer le nez. Bien sûr, ces réactions au poison distillé par l'UDC sont salutaires, même si elles ne sont pas toujours exemptes de petits calculs électoraux. Mais tout comme les rebondissements à répétition de l'affaire Roschacher et le suspense entretenu autour de l'avenir politique de Christoph Blocher, elles masquent l'essentiel. Car si l'affiche choque sur la forme, la classe politique suisse a déjà largement intégré son contenu. Une nouvelle preuve en a été donnée hier par le Parti radical suisse. Tétanisé à la perspective de la nouvelle débâcle électorale programmée le 21 octobre, son président, Fulvio Pelli, a identifié les trois défis qui menacent la Suisse, et contre lesquels son parti prétend s'ériger en rempart: un taux d'étrangers de 22%, la croissance de la violence des jeunes et la part importante des étrangers parmi les criminels. Ce discours est une copie conforme de celui de l'UDC, l'iconographie fascisante en moins. Mais les radicaux, eux, proposent des solutions: une loi sur l'intégration inspirée du bon vieux principe de la carotte et du bâton. Selon le projet de loi radical, les efforts d'intégration couronnés de succès seraient récompensés, tandis que les échecs seraient sanctionnés. Il est vrai que même les socialistes, qui ont adopté fin 2006 une position sur les conventions d'intégration, ne disent guère autre chose. L'idée fait d'ailleurs son bonhomme de chemin: le Grand Conseil bernois a décidé hier de contraindre les candidats à la naturalisation ne vivant pas depuis longtemps en Suisse à suivre, évidemment à leurs frais, des cours d'intégration. On reste pantois. La commission fédérale des étrangers a rappelé hier à point nommé à quel point la xénophobie ambiante empoisonne le discours actuel sur les migrants. Tout en soulignant son scepticisme à l'égard des conventions d'intégration et des cours de langue obligatoires. Car l'intégration ne se décrète pas, elle s'accompagne. Mais les autorités n'ont cure des experts qu'elles nomment. Elles continuent de confondre intégration et assimilation. De faire passer pour un phénomène culturel ou ethnique une marginalisation sociale que l'enfer néolibéral accroît depuis des lustres, et qui est loin de ne toucher que des immigrés. Pères de la Suisse moderne, les radicaux cherchent aujourd'hui à échapper à leur propre désintégration par des recettes qu'on dirait inspirées de l'apartheid. Dans le nouveau monde qu'ils nous préparent, il y aura deux catégories d'étrangers: ceux qui rasent les murs, et ceux qui oseront traverser la rue. Avec, en poche, un permis à points.