lundi 10 septembre 2007

Immeuble de la FAREAS en feu

Un incendie a totalement détruit lundi un immeuble de Renens (VD) qui abrite des requérants d'asile. Le feu a pris vers 10h20 et était sous contrôle en fin d'après-midi. L'immeuble menace de s'effondrer. Il a dû être évacué.
Le feu s'est rapidement propagé à la toiture du bâtiment. Quinze personnes incommodées par la fumée ont été auscultées sur place par le service sanitaire, a annoncé la police cantonale. Sept personnes, légèrement blessées, ont été transportées à l'hôpital en ambulance.

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Campagne de l'UDC: vos réactions


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La démagogie, une valeur suisse?
Il est dangereux pour un pays de prôner une morale qui sert à désigner un mouton noir plutôt qu’une éthique citoyenne de la cohabitation. Une fois franchie la limite de la liberté d’expression, c’est la liberté tout court qui est en jeu: le peuple suisse a promu des lois sur la politique d’asile et d’immigration qui font de la pauvreté des êtres humains la première de leurs caractéristiques antisuisses.


Le durcissement des conditions de vie – l’enfer des autres – est déjà pour une majorité du peuple suisse un gage du paradis sur terre: le cri du cœur de l’UDC, «Notre maison, notre Suisse», a trouvé son public sur le même modèle que d’autres célèbres nationalistes avant eux: «la grande famille allemande en Allemagne», «la grande Serbie aux Serbes»… et la Suisse à l’écart de l’Europe et des réalités sociopolitiques de la mondialisation.
C’est ensuite un jeu d’enfant (du pays) de simplifier le problème pour trouver des solutions toutes faites: si la Suisse n’est plus le paradis financier et industriel qui a pris son essor grâce à une alliance commerciale – neutre – avec l’Allemagne nazie, il suffit de changer de cible. Et aujourd’hui, c’est plus simple qu’en 1940, car les futures victimes sont en liberté conditionnelle: toutes les personnes qui ne veulent pas «rentrer à la maison» quand la justice helvétique ne reconnaît pas en elles les compétences requises pour participer à l’enrichissement patriotique.
Mais que fait le peuple? On sait pourtant depuis le siècle passé que face à un nationalisme déshumanisant, la passivité tue; alors, pour faire exploser le coffre-fort des pseudo-valeurs helvético-suisses, aucune réaction citoyenne ne sera jamais de trop!
Laure Allemann,
Lausanne

Maintenant, ça suffit!
Depuis une dizaine d’années, l’UDC occupe tous les espaces médiatiques: journaux, radios et TV, parce que ses interventions sont «sexy»; publicitaires parce qu’elle en reçoit les moyens par de généreux «donateurs». En face, pour lui répondre, personne… ou presque.
Nous ne devons plus accepter les idées racistes, frustrées et victimisantes de ce parti! (…) Il n’est plus temps de les ignorer, de feindre l’intelligence supérieure pour ne pas répondre, pour ne pas se battre. Car ces dix dernières années ont prouvé que même sans opposition, ce parti sait toujours se placer pour faire parler de lui. (…) Remettons ses membres à leur place de toute urgence, car leurs idéaux manipulateurs et limités deviennent la norme.
Et pour finir, les «étrangers – profiteurs –, handicapés et chômeurs» (rire!) ne nous coûteront jamais 1% des sommes colossales que de «bons Suisses» ont dilapidées dans ce pays, à la tête de Swissair et de nos assurances!
Laurent Graenicher,
Genève


Une nouvelle déviation raciste
Cela ferait presque sourire s’il ne s’agissait pas de destins de familles entières et de la paix civile… L’UDC se plaît une fois de plus à cracher son fiel pourri sur les étrangers, responsables, selon elle, de tous les maux de la société. Ce refrain est connu, il n’a pourtant cessé dans l’histoire de causer des ravages et surtout de montrer sa totale absurdité. La politique xénophobe et raciste, qui souhaite une banalisation institutionnelle de ce type d’atteinte aux droits humains fondamentaux, est d’une extrême violence. Mais il est tellement plus facile de désigner les moutons noirs fauteurs de troubles plutôt que de chercher des solutions adaptées et respectueuses de chacun.
Le changement provoque toujours la peur et la peur implique un repli sur soi, ce qui en soi est normal. Mais que le plus grand parti de Suisse attise le brasier de la peur et du rejet, faisant miroiter un avenir plus radieux sans la racaille étrangère, est affligeant. C’est cela le simplisme politique et il cause de profondes cicatrices, car sortir des discours généralisateurs demande de l’intelligence. C’est peut-être trop en demander à ceux qui font d’un bouc leur mascotte…
Il faut conserver sa capacité de s’indigner face à une telle misère intellectuelle, parce que la peste brune conduit toujours à la paresse et au silence, nous rendant au final tous coupables. Les représentants des partis suivants, qui siègent au Conseil communal de Nyon, en appellent à la résistance civique.
Les Verts, le PS et le POP
Nyon


Le travail de la police?
Selon la coordination romande de l’UDC, la police aura à faire son travail lors du passage de Christoph Blocher au Comptoir Suisse, histoire de préserver la démocratie et la liberté à la parole. Mémoire courte pour un parti qui a laissé le soin à l’économie privée de régler la facture de la sécurité du 1er Août «grütlien» de nos deux présidentes.
Puis quel raccourci électoraliste d’accuser la gauche vaudoise en entier de vouloir museler le tribun de l’UDC. Les membres d’A gauche toute, Jean-Michel Dolivo en tête, suivi par les défenseurs de l’asile, expriment une cohérence par rapport aux autres actions menées en faveur de personnes exclues des procédures en place. Je trouve sympa leur slogan «Nous sommes tous des moutons noirs», bien que j’aie de la peine à me reconnaître dans le rôle d’un mouton, quelle que soit sa couleur! Toutefois, et malgré le respect que suscitent leurs actions, ces groupes n’incarnent pas à eux tous seuls la gauche vaudoise!
Si l’UDC cantonale le débite, c’est un raccourci aussi simpliste que le reste de ses slogans. Cependant, ça colle bien avec la vision binaire de ce parti qui a l’ambition de rester la première formation de notre pays.
Quelle vision réductrice de la Suisse tout en noir ou blanc, à gauche ou à droite, au ciel ou en enfer. J’échange volontiers cette perception avec un regard multiple. J’aime la variété des personnes qui m’entourent et je reste persuadée que l’avenir de la Suisse est à façonner avec nuance et lucidité. Ensemble, en concordance, et non en guerre des tranchées.
Je ne pense pas que nous soyons un pays de moutons et il est temps de le démontrer dans les urnes: rendez-vous le 21 octobre prochain.
Doris Agazzi,
St-Cierges


Criminalité et statistiques: ces vérités que l'on tait

Lire cette contribution de Christoph Tafelmacher dans Vivre Ensemble de septembre
L’actualité est plus que jamais marquée par le thème de la prétendue «délinquance des étrangers», comme le montre la dernière initiative «pour le renvoi des étrangers criminels», que l’UDC a lancée le 13 juillet dernier On agite des chiffres pour tenter de faire croire que notre pays s’effondre sous le poids de l’insécurité, et que les personnes étrangères sont particulièrement sujettes à commettre des infractions. Dans ce concert de croassements sinistres, une voix vient apporter un éclairage plus serein, d’autant plus précieux qu’il vient d’un responsable de police.

Olivier Guéniat est chef de la police judiciaire du canton de Neuchâtel. Il vient de publier un utile petit ouvrage «La délinquance des jeunes, l’insécurité en question*», et il s’exprime dans le récent livre d’Innocent Naki, «Sois parfait ou retourne chez toi, chronique d’une exploitation populiste des faits divers en Suisse*». Ses mises au point face à la surexploitation des faits divers dans les médias viennent ainsi à la fois de son ancrage professionnel et de son expérience. Première observation, la catégorie «étranger» ne veut rien dire. Dans un pays comme la Suisse qui se caractérise par un accès à la nationalité si difficile, on considère comme «étrangères» des personnes qui vivent souvent depuis des dizaines d’années, voire qui y sont nées et y ont fait toute leur scolarité. Dans les statistiques, on mélange toutes les catégories, des plus stables (permis C ou B) aux plus précaires (permis F ou N), y compris les personnes venant en Suisse pour y commettre des délits... Une telle approche gonfle artificiellement le taux de délits imputés aux «non-Suisses», ce qui finit par donner l’idée qu’il s’agit de comportements attachés à leur «nature étrangère». Or, dans les faits, ce sont surtout les titulaires de permis C et B qui sont concernés, autrement dit des personnes qui partagent pour l’essentiel, le même vécu que les Suisses.

Criminalité en baisse
Deuxième observation, selon la statistique fédérale de police, on constate une diminution de la criminalité au cours des vingt dernières années. Le taux de criminalité le plus bas a été atteint en 2000, avec 90’000 délits enregistrés de moins qu’en 1991! Il faut savoir en plus que cette statistique n’a été créée qu’en 1982: on ne dispose donc d’aucune donnée fiable permettant la comparaison pour les années antérieures. Autant dire que les références aux années 50 ou 60 sont totalement fallacieuses...

Vols par effraction en diminution
Si l’on prend l’exemple des vols par effraction, on constate aussi une diminution au fil des années, contrairement à l’image donnée dans les médias d’une recrudescence de cambrioleurs venant de l’Est. Autre exemple de manipulation médiatique, les gitans installés en Suisse ne présentent que de petits problèmes, et on ne signale pas de vols; quant aux quelques cambriolages commis par des jeunes gitans provenant de France voisine, ils n’ont strictement rien à voir avec une criminalité organisée.
Encore une illustration de cette diminution statistique: en 1982, 18’000 mineurs ont été dénoncés par les polices cantonales. En 2005, ils n’étaient plus que 10’000 ! C’est tout de même 44% de moins...

Sentiment d'insécurité
Troisième observation, dans ce contexte général plutôt encourageant, les personnes en procédure d’asile n’occupent qu’une place négligeable. En écho à la polémique stigmatisant la communauté kosovare pour un abus commis sur une fillette dans le canton des Grisons, on constate que l’implication des mineurs requérants d’asile dans les actes de violence sexuelle représente le 4% du total.
Par contre, il est certain que les politiques excessivement restrictives, comme l’interdiction de travailler ou l’exclusion de l’aide sociale, mises en place à l’encontre des réfugiés génèrent une criminalité «de survie». Face à la précarité sociale qu’elles entraînent, ces politiques sont aberrantes, puisque le système finit par... produire de l’insécurité ! Ce sont d’ailleurs ces aspects-là qui apparaissent dans les faits divers, qui se centrent sur les personnes dont la situation sociale est précaire.

Population ciblée
Quatrième observation, en guise de rappel, les statistiques de police ne sont que le reflet... de l’activité policière. Exemple: à Neuchâtel, on se concentre sur le trafic de cocaïne en mains de ressortissants d’Amérique du Sud, et les chiffres font apparaître un taux important de Sud Américains impliqués; ce n’est pas le cas ailleurs, à Lausanne ou à Bienne notamment, où l’on vise le trafic des ressortissants d’Afrique noire. Cela étant, les Africains de l’Ouest ne contrôlent pas - et de loin ! - la totalité de la cocaïne vendue en Suisse, sans même mentionner le fait qu’ils sont absents du trafic d’autres substances (héroïne, amphétamines, etc.) contrôlé par d’autres communautés. Conséquence ? Les chiffres recueillis sur le trafic de stupéfiants ne reflètent qu’une petite partie de la réalité.
On oublie aussi trop souvent que, sur le marché de la drogue, c’est la demande qui influe sur l’offre. Or, cette demande existe parce qu’il y a des consommateurs, souvent suisses, qui viennent s’approvisionner. Supprimer tous les revendeurs «non-suisses» n’y changera rien.

Attention aux conclusions hâtives

Cinquième observation, il faut se méfier des conclusions hâtives à partir d’apparences trompeuses. Les policiers sont confrontés à des listes de personnes recherchées dont la majorité est de nationalité étrangère. Mais cela est tout simplement dû au fait que les Suisses ont un domicile connu: on sait où les trouver et il n’y a donc nul besoin de les faire figurer sur ces listes ! On ne saurait en tirer comme conclusion que les uns sont «naturellement» plus enclins à commettre des délits que les autres.

Infractions à la LSEE

Sixième observation, en guise de rappel là aussi, certains délits ne peuvent être commis que par des étrangers. C’est le cas de manière frappante pour le séjour illégal. C’est un délit qui peut se répéter facilement, surtout lorsqu’on est clandestin ou victime de non-entrée en matière (NEM). Malgré le fait qu’il n’y a dans ce genre de situation ni victime ni lésé, le fait de se trouver en état de récidive conduit de nombreuses personnes à purger des peines de détention fermes. Là aussi, le système de mise à la rue des victimes de NEM inauguré en 2004 conduit à une augmentation des infractions à la loi sur le séjour et l’établissement des étrangers (LSEE) et des condamnations. On fait vite déborder les prisons, en donnant une idée complètement fausse de la soi-disant «nature» criminelle des étrangers. Une étude récente de l’Office fédéral de la statistique a d’ailleurs montré qu’en 2005, dans les cantons de Genève, Bâle-Ville et Zurich, plus de la moitié des étrangers condamnés l’ont été pour une infraction à la LSEE.

Prudence requise

Conclusion: il faut être prudent lorsqu’on manie les chiffres et se méfier comme de la peste des affirmations fracassantes qu’affectionne l’UDC et que relaient les médias. La réalité est que les polices communiquent très peu sur leurs activités, et surtout de manière tronquée. Lorsqu’elles le font, c’est le plus souvent dans un but politique, jouant sur le sentiment d’insécurité pour obtenir plus de moyens ou éviter que leurs budgets ne soient revus à la baisse. Pendant ce temps, depuis 1982, la criminalité ne cesse de diminuer.

Christophe Tafelmacher

* «La délinquance des jeunes, l’insécurité en question». Olivier Guéniat, Collection «Le savoir suisse», Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2007.
* «Sois parfait ou retourne chez toi, chronique d’une exploitation populiste des faits divers en Suisse». Innocent Naki, Editions Swiss Métis, Marly, 2007.

Zottel investit le net


Lire l'excellente description du jeu on-line de l'UDC par Valérie de Graffenried dans le Temps
...Les joueurs apprennent aussi à débusquer et à exploser l'ennemi intérieur. Parfois, on les aide: l'ennemi se repère facilement à ses cheveux longs et à son pull vert qui devient rouge quand on l'a estourbi. Mais il y a aussi des pièges: dans le jeu sur les naturalisations abusives, l'ennemi intérieur est un juge, qu'il faut sans tarder expulser du champ d'un coup de barre d'espace. Venant du parti du ministre de la Justice, ça déroute un peu au début mais on s'y habitue.

Lien vers le jeu
et lien vers le site anti-zottel-game

Délinquance juvénile: la responsabilité des médias?

Lire l'article de Valérie de Graffenried dans le Temps
La délinquance juvénile a fait son entrée dans la campagne électorale. Chaque parti a proposé ses recettes pour l'endiguer, en partie pour répondre à celles de l'UDC. Cela alors qu'une récente étude de l'Office fédéral de la statistique démontre que la violence des jeunes a bien augmenté depuis soixante ans, mais lentement. Les partis se seraient-ils emballés un peu trop vite, par crainte que l'UDC ne monopolise le débat? Nos observateurs, la Fribourgeoise Ruth Lüthi, ancienne conseillère d'Etat socialiste, et le Valaisan Simon Epiney, conseiller aux Etats démocrate-chrétien sur le départ, réagissent.

La politique courtise la 5eme Suisse

Lire ce compte rendu sur Swissinfo
Une rencontre entre les partis Suisses et la communauté helvétique de la ville Lumière.
Extrait:
...

Les esprits s’échauffent (à la manière suisse, donc pas trop…) lorsque les représentants de la gauche et de la droite traditionnelle dénoncent le mauvais climat de campagne dû aux provocations de l’Union démocratique du centre (UDC / droite nationaliste). Il est surtout question d’une affiche montrant des moutons blancs boutant un mouton noir hors du pays.


Le représentant de l’UDC – un ancien banquier genevois fort sympathique au demeurant – tente de convaincre que cette affiche n’a aucun caractère raciste, qu’elle vise juste à dénoncer les étrangers criminels. Mais la démonstration peine un peu à convaincre des auditeurs qui ne se gênent pas de rappeler qu’en France, ils sont eux aussi des travailleurs étrangers.


Le représentant de l’UDC se retrouve à nouveau sur la sellette lorsqu’on lui demande pourquoi son parti a pris position contre la double nationalité. Peu au courant de ce dossier, il se fait rafraichir la mémoire par le représentant socialiste.

Bref, le débat prend un petit air de galère pour le démocrate du centre. Mais fidèle à la devise de Paris («fluctuat nec mergitur), le capitaine du vaisseau UDC ne se laisse pas démonter.

La présidente de la sous-commission se défend

Lire cette dépêche de l'ATS

Pendant ce temps Micheline Calmy Rey défends le sérieux du travail de la commission