vendredi 30 mai 2008

Intégration: Demir ou les voies obscures de l'Office des migrations

GENEVE. Un Kosovar présent en Suisse depuis 1990 est recalé au permis C accéléré. Il avait pourtant réussi l'examen mis en place par le canton en accord avec Berme.

Sylvie Arsever dans le Temps
Vendredi 30 mai 2008


Dix-huit ans en Suisse dont treize dans la même entreprise de travaux publics, d'abord comme clandestin, puis au bénéfice d'une admission provisoire, et enfin d'un permis à l'année. Marié depuis quatorze ans, trois enfants. Pas un jour à l'aide sociale, pas de poursuites, un casier judiciaire vierge, un statut de juge prud'homme à Genève depuis 2005: Demir*, 39 ans, détenteur d'un permis B depuis 2001, pensait pouvoir se dire intégré. Il a dû déchanter.

La France mobilise l'Europe pour limiter l'immigration


Selon Brice Hortefeux, l'Europe «n'a pas les moyens d'accueillir dignement tous ceux qui voient en elle un eldorado».
Selon Brice Hortefeux, l'Europe «n'a pas les moyens d'accueillir dignement tous ceux qui voient en elle un eldorado».

Brice Hortefeux a présenté à Bruxelles un «pacte européen» sur l'immigration, l'une des priorités de la présidence française de l'UE.

L'Europe «n'a pas les moyens d'accueillir dignement tous ceux qui voient en elle un eldorado». En une phrase, Brice Hortefeux résume l'état d'esprit dans lequel Paris aborde sa future présidence de l'UE, sur ce sujet prioritaire qu'est l'immigration. En homme pressé, le ministre en charge du dossier, proche de Nicolas Sarkozy, a déjà présenté à ses homologues des Vingt-Sept un document de travail étayant la fameuse proposition française visant à sceller, au sein de l'UE, un «pacte pour l'immigration»...

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Par Richard Werly

Schengen se précise pour les aéroports suisses

Lu dans le Nouvel Obs

AP | 29.05.2008 | 21:34

La voie est libre pour permettre l'application des accords de Schengen et de Dublin dès novembre prochain dans les aéroports suisses. Le Conseil national a approuvé jeudi les modifications nécessaires des lois sur les étrangers et l'asile. Le camp rose-vert a échoué dans ses tentatives d'assouplir le système.

La révision législative doit permettre au "code-frontières Schengen" d'entrer en vigueur le 1er novembre prochain et ainsi de mettre en oeuvre intégralement l'acquis de Schengen/Dublin. Kurt Fluri (Parti radical démocratique) a rappelé que le peuple avait accepté les accords de Schengen/Dublin en juin 2005. Une procédure commune entre tous les Etats membres permet de mieux combattre la criminalité internationale et l'immigration illégale, a-t-il avancé.

En vertu du nouveau droit, le renvoi aux frontières extérieures de Schengen -soit pour la Suisse, dans les aéroports- de personnes en situation de séjour illégal sera notifié au moyen d'un formulaire standard précisant les voies de recours. La gauche a en vain tenté de préciser que la décision soit formulée dans une langue compréhensible par la personne concernée.

Le camp rose-vert n'a pas eu plus de succès pour obtenir la garantie d'une assistance juridique aux personnes refoulées. "A force de durcir les lois, on en arrive à alimenter les activités des passeurs", a regretté Ueli Leuenberger.

Le PS et les Verts n'ont par ailleurs pas réussi à empêcher la délégation à des tiers du traitement des données biométriques. Ces tiers sont le plus souvent des compagnies privées de sécurité, a précisé Antonio Hodgers (Verts). "Qui dit élargissement du cercle des utilisateurs dit augmentation du risque d'abus de l'utilisation de ces données extrêmement confidentielles et sensibles". La Confédération délègue déjà la prise d'empreintes digitales dans les centres d'accueil, a rétorqué Eveline Widmer-Schlumpf. En outre, le Préposé fédéral à la protection des données a donné son aval.

Moudonnois au Palais fédéral

Suisses et étrangers, ils étaient plus de cent, hier, au départ de Moudon, pour découvrir les institutions politiques helvétiques, et rencontrer Micheline Calmy-Rey.
Devant le Palais fédéral, une foule colorée agite écharpes et maillots de foot. L’Euro aurait-il déjà commencé? Non, ce sont des Moudonnois, emmenés par le Groupe Suisses-étrangers. Ils sont venus à Berne, à Fribourg et à Avenches pour «découvrir les institutions politiques du pays». Cent personnes ont répondu pré­sent pour cette leçon de civisme grandeur nature. «On a été un peu surpris de cet engouement, nous attendions un petit groupe», avouent les organisa­teurs.
Clou de la journée: la rencon­tre avec Micheline Calmy-Rey dans un salon du Palais fédéral. Les Moudonnois ont saisi l’occa­sion pour lui poser des ques­tions, allant de «Pourquoi la Suisse a-t-elle accepté l’indépen­dance du Kosovo?» à «Comment voyez-vous le rôle de la Confédé­ration sur le plan international»? Il faut dire qu’ils adorent «leur» présidente: venue à Mou­don en mars 2007, elle avait à nouveau rencontré le Groupe Suisses-étrangers au Grütli, le 1er Août. «Calmy-Rey? C’est une grande vedette», affirme Souley­mane avec sérieux. Beaucoup d’étrangers ont choisi d’être du voyage, et pas seulement pour rencontrer l’ex­présidente. «Ma femme et moi sommes originaires du Yémen. Nous venons découvrir des pay­sages, une culture et la politique suisse», explique un participant. A quelques pas de là, un groupe d’élèves arbore le look tecktonik. Douze d’entre eux viennent de l’Etablissement sco­laire de Moudon, et une ving­taine du Belvédère, à Lausanne, accompagnés de leur enseignant Fathi Othmani. «Nous avons étu­dié le système politique suisse en classe.» Gratuite pour tous, la manifes­tation a obtenu le soutien de la commune de Moudon et du can­ton.
SARAH BOURQUENOUD

Comment l'école vaudoise accueille les enfants qui ne parlent pas français

Les écoliers étrangers sont la cible de politiciens suisses. D’un côté, l’UDC veut leur faire suivre des cours de langue avant même d’être scolarisés. De l’autre, le conseil­ler national genevois Hugues Hiltpold (PRD) propose de fixer un quota maximal d’élèves non francophones par classe. Un article de Laure Pingoud dans 24 Heures.

Des idées qui font bondir la conseillère d’Etat vaudoise An­ne- Catherine Lyon. «Ce sont des propositions extrêmement discriminatoires qui stigmati­sent les étrangers. Une des va­leurs de l’école publique est d’accueillir tous les enfants. Et en matière d’accueil des allo­phones (ndlr: personne de lan­gue étrangère), Vaud possède des dispositifs importants pour lesquels il investit 12 à 15 mil­lions de francs par année.»
Cours et classes d’accueil

Dans ce domaine, pas de rè­gles, mais de grands principes: gérée par les établissements, la prise en charge varie selon les lieux et les besoins. Et les solu­tions diffèrent fortement entre un établissement de campagne et Lausanne, qui a mis en place un important dispositif pour re­cevoir les quelque 150 à 250 élèves non francophones qui ar­rivent par année, auxquels s’ajoutent les enfants d’ici qui ne parlent pas français.
En général, à l’école enfantine et en primaire, les enfants qui ne parlent pas français reçoi­vent des cours intensifs de lan­gue en étant intégrés en classe régulière. Au secondaire, ils sont souvent regroupés entre allophones dans des classes d’accueil. «L’intégration à tout prix est contre-productive. Plus on avance dans le cursus, plus il est difficile de concilier les exi­gences du français et des autres branches. Ces classes permet­tent de tenir compte des compé­tences et pas que des connais­sances linguistiques, en vue de la meilleure orientation en classe régulière», souligne Gé­rard Dyens, chef du Service des écoles lausannois. Présentes dans les villes, les classes d’ac­cueil sont moins courantes à la campagne, où elles sont com­pensées par des cours.
Mais à quel moment les élèves inscrits en classes d’accueil rejoi­gnent- ils leurs camarades fran­cophones? Après six mois, le plus souvent une année. Excep­tionnellement deux ans. Cette décision repose en grande partie sur le maître d’accueil, qui oriente l’écolier en fonction de ses progrès, de ses résultats et de sa future classe, de concert avec son futur enseignant et le conseil de direction. Il continuera de bénéficier de cours d’appui.
Des situations délicates

Ce système n’empêche toute­fois pas des situations délicates. A Lausanne, certaines classes enfantines ou primaires peu­vent ainsi compter plus de 50% d’élèves qui ne parlent pas fran­çais. «L’enseignement devient plus difficile, ce qui nuit à l’éga­lité des chances», estime en tout cas Hugues Hiltpold, qui justifie ainsi l’idée des quotas. Le député vaudois écolibéral Jacques-André Haury estime aussi que la question de la ré­partition des élèves peut se po­ser, même s’il trouve le disposi­tif actuel de qualité.
Risible et inapplicable, réagit Gérard Dyens. «Il faudrait mul­tiplier les classes à Lausanne! Et comment définir un allophone? Sans compter qu’on ne peut pas repérer a priori les étrangers qui sont nés en Suisse, mais ne parlent pas français.» De son côté, le président de la Société pédagogique vaudoise, Jacques Daniélou, admet que certaines situations sont difficiles. «La question n’est pas taboue, mais la solution est ridicule. Les me­sures vaudoises fonctionnent.» Un avis partagé par Pierre Tha­rin, président de l’Association vaudoise pour une école crédi­ble, qui a lancé l’initiative Ecole 2010. Et Jacques Daniélou d’ajouter: «C’est aussi un pro­blème d’urbanisme.»
Des efforts à faire

Mais des efforts restent à fournir. Pour Gérard Dyens, il faudrait davantage appuyer l’ap­prentissage du français chez les petits et soutenir les enseignants des classes hétérogènes. A quoi le Département de la formation rétorque qu’il ne refuse pas de fournir des ressources. «C’est vrai, admet Gérard Dyens. Mais il faudrait une volonté politique claire. On attend quelque chose de plus dynamique qu’une sim­ple réponse aux demandes du terrain, souvent dépassé par l’ampleur de la tâche.» Anne-Catherine Lyon con­cède d’ailleurs que l’on peut toujours faire mieux. Mais elle défend le cadre actuel, qui laisse une grande latitude aux établis­sements. «Il faut avoir une ap­proche pragmatique. Ce sont les enseignants qui connaissent le mieux la situation dans les clas­ses. »

Un après-midi en classe d'accueil à Lausanne

«Eh, j’ai entendu qu’on parlait portugais par ici!» interpelle Dolma Buzzi. «Et comment Angelica va vous comprendre?» Penchée sur les cahiers d’un groupe d’élèves, l’enseignante lève le nez pour remettre à l’ordre Soraia et Filipa, assises plus loin avec leur camarade polonaise.
Cet après-midi, les onze ado­lescents de 13 à 15 ans de la classe d’accueil du collège lausannois de Villamont travaillent par équipes sur les conjugaisons, en fonction de leur niveau. «En fin d’année, il y a de grandes différences entre les élèves», explique Dolma Buzzi. Ils avaient pourtant un point commun à leur arrivée, l’été dernier: ils ne comprenaient pas le français. «La maîtresse nous parlait, mais on ne savait pas ce qu’elle voulait», se sou­vient Filipa. Depuis, ils suivent dix-sept périodes de français par semaine.
L’ambiance est détendue, mais studieuse. Haylen et Moises préparent un dialogue qui les exerce à l’usage du conditionnel.
Pendant ce temps, cinq élèves planchent sur un exercice plus basique. Dolma Buzzi les inter­roge un par un. «Mais parle-moi, dit-elle doucement à l’une d’entre eux. Si tu ne dis rien, je ne sais pas si c’est parce que tu ne m’as pas compris ou que tu ne con­nais pas la réponse. Je ne vais pas te manger, les autres non plus.» Les choses ne sont pas toujours aisées pour certains déracinés. «C’était difficile au début… et ça l’est toujours. Ici, c’est trop différent», note Joana, de Lisbonne.
De leur côté, Angelica, Soraia et Filipa se chamaillent, dans la bonne humeur, pour rédiger un conte. Histoire d’exercer le passé simple et l’imparfait. «Madame, ça veut dire quoi perdu de vue?
On dit comment lorsque quel­qu’un se croit beau et fort?» questionnent les jeunes filles.
Pendant ce temps, Alicia, arrivée dans la classe il y a un mois, exerce les verbes être et avoir sur un programme infor­matique.
L’heure de la sonnerie appro­che. Moises et Haylen jouent leur saynète sous les applaudisse­ments. Le trio de conteuses récite son histoire. Une faute pour les premiers, deux pour les secondes. «C’est vraiment bien pour un premier récit!» se féli­cite Dolma Buzzi.
L’année prochaine, les trois jeunes filles devraient d’ailleurs rejoindre une classe de voie baccalauréat, où elles viennent de faire un stage concluant.
Certains élèves iront dans une autre section, alors que d’autres feront encore un bout de par­cours en classe d’accueil.

Les onze élèves de la classe d’accueil de Villamont doivent parler français s’ils ne veulent pas être remis à l’ordre par leur professeur. C’est la seule langue que tous ces enfants venus des quatre coins du monde ont en commun. LAUSANNE, LE 27 MAI 2008
PHOTOS CHRIS BLASER

»Comme Vaud, les autres cantons romands privilégient l’intégration en classe régulière
Dans les grandes lignes, le dispositif d’accueil proposé par les cantons romands aux élèves non francophones répond au même esprit. L’idée est de privilégier l’intégration en classe régulière, accompagnée de cours chez les plus petits, alors que les classes d’accueil sont plus fréquentes au niveau secondaire.
Mais il y a des différences.
COURS D’APPUI L’intensité des mesures d’accompagnement aux élèves diverge selon les lieux. Pour les élèves de la 1re à la 4e année intégrés dans les classes régulières, le canton de Berne propose ainsi une à deux périodes d’appui durant six mois, alors que Genève offre un enseignement à mi-temps en structure d’accueil.
CLASSES D’ACCUEIL Exceptionnelles en primaire, elles sont courantes pour les grands élèves, du moins dans les villes. Seul le Valais n’offre aucune classe d’accueil, «essentiellement pour des raisons démographiques», précise Michel Nicolet, collaborateur scientifique de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de Suisse romande et du Tessin.
ENFANTINE Le canton de Vaud fait partie des rares cantons offrant des cours de français dès l’école enfantine. «Mais je pense que cela devrait bientôt se faire partout», note Michel Nicolet. Ces dernières années, l’école a en effet pris conscience qu’il était aussi important de donner des bases solides aux tout-petits, pour leur éviter d’apprendre un français approximatif.

Un article de Laure Pingoud pour 24 Heures

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