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lundi 19 mai 2008

Démontage de la propagande raciste de l'UDC valais

Lire l'enquête d'Yves Lassueur dans l'Illustré

II dit avoir été traité de «bâtard de Suisse» puis frappé par des étrangers. L'UDC relaie sa colère sans rien vérifier. Les faits jettent pourtant une lumière crue sur l'attitude de la «victime».
Texte: Yves Lassueur Photos: Sedrik Nemeth
Le 9 avril dernier, le site internet de l'UDC, section Valais romand, publie un article (lire ci-dessous) en forme de témoignage à faire se dresser les cheveux sur la tête. Son auteur est un Valaisan de 22 ans, Lionel Moix, polygraphe dans une imprimerie du canton.
Quatre jours plus tôt, raconte-t-il, il a été insulté et frappé au cœur de Sion par un groupe d'agresseurs en proie à une véritable furie raciste anti-Blancs. Lui, le Suisse, le Valaisan, allait entrer dans un bar en compagnie d'une amie et d'un ami, dimanche 6 avril vers 2 heures du matin, quand il a été pris à partie. Extrait de son texte: «J'entends tout d'un coup: «Hey! Trou du cul de blanc, bâtard de Suisse», venant d'un groupe de 7 personnes. Les esprits s'échauffent des deux côtés. Le securitas du bar nous demande alors poliment de partir et nous interdit l'accès du bar.

» Nous décidons de finir la soirée dans un autre pub, mais c'est sans compter sur nos agresseurs, qui nous pourchassent. Ils sont désormais 25. Nous atteignons un petit café, une occasion pour mettre fin à cette poursuite. Pourtant, le serveur en pleine fermeture refusa de nous laisser rentrer pour appeler la police. Nous laissant ainsi à la merci de nos agresseurs.
» Quelques instants après, ils nous rattrapent. Malgré une défense désespérée, les coups se mettent à pleuvoir. Lorsqu'ils cessent, un homme d'environ 25 ans, d'origine maghrébine me dit: «Mec, excuse-toi d'être blanc, excuse-toi d'être Suisse, sinon on t' envoie à l'hosto!» Je ne m'exécute pas et les coups recommencent de plus belle. Peu après, les patrouilles de police arrivent et les agresseurs s'enfuient.» Lionel Moix dit avoir passé une semaine à l'assurance pour cause d'enfoncement de la pomme d'Adam et contusions. Il a déposé plainte «pour punir ces gens comme il se doit. Mais avant tout j'aimerais dénoncer le développement du racisme anti-Blancs en Valais!»
Doigts d'honneur
Un récit tellement effarant qu'on ne peut s'empêcher d'y aller voir de plus près. Après tout, un Suisse «agressé par une horde d'une vingtaine d'individus, tous étrangers selon lui», comme ï écrira à son tour Le Nouvelliste en date du 16 avril, c'est assez révoltant pour qu'on ne laisse pas passer sans réagir. Autrement dit, sans recueillir d'autres témoignages.
Et, là, il faut commencer à déchanter E. et R., les deux jeunes amis suisses de Lionel Moix qui l'accompagnaient dans cette folle nuit sont aux abonnés absents. Impossible de leur parler ou même de savoir qui ils sont: Lionel Moix refuse de les mettre en contact avec la prsse. On sait juste qu'ils sont tous deux Suisses. Et qu'ils ont refusés de s'associer à la plainte qu'il a déposée.
Filons donc au pub Saint-Jan devant lequel les premiers acccrocahgess verbaux ont eu lieu. Cette nuit là, c'est l'agent de sécurité valaisan Gérald Logean qui était de faction à l'entrée de l'établissement Commenent l'algarade a commencé, il ne pourraitle dire. «Mais ce dont je souviens, c'est que ce monsieur (Lionel Moix) n'arrêtait pas de faire le salut nazi, ce qui faisait monter les tours aux autres. Je lui a d'arrêter; ça ne faisait qu'augmenter la tension mais il continuait de toute évidence, il était vraiment soul.]

Finalement, tous ont fait ce que je leur demandais: ils ont évacué les lieux avant que ça ne dégénère devant le pub.»
Parmi les jeunes immigrés qui se trouvaient là, Shahow*, un apprenti sédunois de 18 ans, fils de réfugiés iraniens, venu en Suisse il y a huit ans, accepte de parler. «Cette nuit-là, nous étions un groupe de copains de 15 à 19 ans, des Suisses et des étrangers. Devant le Saint-James, on ne pouvait pas entrer, c'était bondé, alors j'ai dit: «On se bouge?» Sur quoi un gars (Lionel Moix) me lance: «C'est à moi que tu parles?» «Non.» «Tu es sûr? Sinon...» «Sinon quoi?» Et, là, il se met à nous balancer des insultes racistes, à nous faire des doigts d'honneur et à nous mettre au défi de le cogner.»
Shahow soutient que ni lui ni son groupe de copains n'ont j amais injurié Lionel Moix, mais admet qu'ils l'ont suivi, lui et ses deux amis, pour qu'il s'excuse des insultes racistes qu'il avait proférées.
«En cours de route, c'est vrai qu'il a reçu un coup de poing - un seul, donné par l'un d'entre nous. Mais il n'arrêtait pas de nous provoquer et continuait à nous faire des doigts d'honneur. Même sa copine a tenté de calmer le jeu en disant: «II ne s'excusera jamais! C'est un raciste!»
Ce scénario, Adrien*, 17 ans, le confirme. Apprenti sédunois, Valai-san pure souche comme en témoigne son nom de famille, il énumère les insultes racistes que Lionel Moix déversait sur son groupe de potes
et même sur lui alors qu'ils se trouvaient devant le Saint-James: «Sales nègres! Putains d'étrangers!» Mon copain lui a répondu gentiment. Et on ne l'a suivi dans la rue que pour qu'il s'excuse de ses insultes racistes. Les victimes, dans cette histoire, c'est nous.»
Personnes intouchables?
Et qu'a donc fait la police? Rien de rien, selon Lionel Moix. Sur le site de l'UDC, il laisse carrément entendre qu'elle protège les étrangers: «Sous prétexte de fichiers de personnes intouchables, écrit-il, les policiers n'ont procédé à aucune interpellation.»
De quoi faire bondir Jean-Marie Bornet, responsable de la communication à la Police cantonale valai-sanne: «Quand nos patrouilles sont arrivées, il n'y avait pas de bagarres en cours. Et M. Moix ne s'est pas plaint d'avoir été frappé. En revanche, il donnait des signes manifestes d'ivresse et hurlait: «Putains de Yougos! C'est votre boulot de les foutre dehors!» Pour le reste, c'est non seulement faux mais ridicule de parler de «fichiers de personnes intouchables». Contrairement à ce que dit ce monsieur, nous avons recueilli cette nuit-là assez d'éléments pour établir l'identité de toutes les personnes présentes. Une enquête est ouverte pour déterminer ce qui s'est passé. Nous allons investiguer à charge comme à décharge.»
Lionel Moix n'a donc plus qu'à patienter, en suivant les rebonds médiatiques de l'affaire, rebonds qu'il a lui-même provoqués. Après la nuit du 6 avril, il a commencé par publier sa version sur Novopresse, une «agence» très à droite qui fonctionne surrinternet. «Le lendemain, dit-il, l'UDC me demandait si elle pouvait reprendre mon récit sur son site, ce que j'ai accepté.»
Maintenant, cette même UDC, qui n'a rien vérifié, lui demande s'il veut adhérer au parti. Lionel Moix n'a pas encore répondu, mais ce serait apparemment une bonne recrue: en plus des idées et de la fantaisie, il a déj à la queue de cheval.

Le post à l'rigine de ces racontards avait également été repris dans toute une ribambelle de site racistes et d'extrême-droite en Europe...

«Mec, excuse-toi d’être blanc, excuse-toi d’être Suisse, sinon on t’envoie à l’hosto!».

sion.jpgAu soir du 5 avril 2008, nous fêtons l’anniversaire d’un ami dans un bar de Sion. Pris d’une envie de changer d’air, nous décidons d’aller voir le pub d’à côté sans penser que cette soirée si riche en rire et en amitié allait tourner au cauchemar.

A l’entrée avec deux de mes amis, E. et R., j’entends tout d’un coup: «Hey! Trou du cul de blanc, bâtard de Suisse!» venant d’un groupe de 7 personnes. Les esprits s’échauffent des deux côtés. Le securitas du bar nous demande alors poliment de partir et nous interdit l’accès du bar alors que d’autres de nos amis nous y attendaient.

Nous décidons de finir la soirée dans un autre pub pour un dernier verre, mais c’est sans compter sur nos agresseurs qui nous pourchassent. Ils sont désormais 25. Nous atteignons un petit café, une opportunité pour mettre fin à cette poursuite. Pourtant, le serveur en pleine fermeture refusa de nous laisser rentrer pour appeler la police. Nous laissant ainsi à la merci de nos agresseurs.

Quelques instants après, les agresseurs nous rattrapent. Malgré une défense désespérée, les coups se mettent à pleuvoir. Lorsque qu’ils cessent, un homme d’environ 25 ans d’origine maghrébine me dit: «Mec, excuse-toi d’être blanc, excuse-toi d’être Suisse, sinon on t’envoie à l’hosto!». Je ne m’exécute pas et les coups recommencent de plus belle. Peu après, les patrouilles de police arrivent et les agresseurs s’enfuient. Sous prétexte d’un fichier de personnes intouchables, les policiers n’ont fait aucune interpellation ce soir-là.

Une semaine d’assurance avec enfoncement de la pomme d’Adam et contusions, voici le résultat de cette triste soirée. Sans compter l’humiliation d’avoir été insulté de bâtard de Suisse dans mon propre pays. Une plainte a été déposée pour punir ces gens comme il se doit, nous osons espérer que la justice suisse fera son travail. Mais avant tout j’aimerais dénoncer le développement du racisme anti-blanc en Valais !

Lionel Moix

NB: il faut préciser que l’une des personnes qui accompagne Lionel est une fille.

Cet article a été écrit le 9 avril 2008 à 21:19 sur le catégorie Actualités Jeunes UDCVR.

L'article publié le 18 avril par Le Nouvelliste

TEMOIGNAGELionel Moix d'Euseigne a été agressé par une horde d'une vingtaine d'individus, tous étrangers selon lui. Une plainte pénale a été déposée. La police reste prudente.

Lionel Moix sur les lieux de l'agression: «Mon cas n'est pas isolé. Il faut que justice soit faite.» MAMIN

«Si je témoigne aujourd'hui, c'est pour leur prouver que je n'ai pas peur et pour essayer d'améliorer la sécurité dans nos rues.» Lionel Moix n'en revient toujours pas. Ce jeune polygraphe de 22 ans, originaire d'Euseigne, a vécu «un vrai cauchemar» dans la nuit du 5 au 6 avril dernier. Tabassé par une bande de jeunes, tous étrangers selon lui, sous prétexte qu'il est Suisse, il a décidé de ne pas laisser ce délit impuni et de parler ouvertement - à la presse notamment - pour dénoncer un cas qu'il dit ne pas être isolé. De son côté, la police cantonale reste prudente sur le déroulement des faits et relève le caractère raciste des propos tenus par Lionel Moix à l'encontre de ses agresseurs au moment de l'intervention (lire encadré).

Les faits

Samedi soir 5 avril, Lionel fête l'anniversaire de l'une de ses amies dans un bistrot de la capitale. A 1 heure du matin, lorsque l'établissement ferme ses portes, lui et ses amis décident d'aller boire un dernier verre dans un autre bar du centre-ville. «Arrivé devant la porte, au moment de descendre les quelques marches, j'ai entendu derrière moi un type qui m'a balancé: bâtard de Suisse, trou du cul de Blanc! Forcément je ne pouvais pas laisser passer ça!» Lionel se retourne et demande des explications. Les esprits s'échauffent des deux côtés. Le sécuritas intervient et demande à Lionel de s'en aller. Avec deux de ses amis, Christine* et David*, le natif d'Euseigne décide d'aller boire un verre dans un autre bar. C'était sans compter que celui qui vient de l'agresser verbalement le suit maintenant avec une vingtaine d'autres individus. «Une véritable petite milice», souligne-t-il. Les trois copains prennent peur. «On a accéléré le pas jusque devant un café qui fermait à ce moment-là. J'ai demandé au serveur de nous laisser entrer pour que l'on puisse appeler la police, mais celui-ci a refusé. Il nous a juste dit qu'il ne pouvait rien faire pour nous, qu'on avait qu'à se débrouiller.»

Le trio décide alors de rallier un bar à deux rues de là. Sans succès. «J'ai senti un premier coup sur ma nuque», se souvient Lionel. «Christine s'est mise devant moi et m'a pris dans ses bras, mais les gars l'ont poussé de manière à m'avoir dans leur ligne de mire.» Lionel reçoit plusieurs coups de poing dans le ventre et dans les côtes. «Les mecs voulaient que je m'excuse d'être Suisse. Ce que je ne pouvais pas faire.» Il reçoit alors un coup de poing dans la pomme d'Adam, ce qui lui vaudra une semaine d'arrêt de travail. «J'ai tenu debout quelques secondes avant de m'affaisser. Je ne pouvais plus parler, plus respirer.» Christine alerte la police. Trois patrouilles arrivent. «Mais les policiers n'ont rien fait. Ils m'ont dit que ces jeunes étaient connus et fichés, mais qu'ils ne pouvaient pas les interpeller. Je n'y comprends rien... Pourquoi laisse-t-on agir de tels individus sans bouger le petit doigt?»

Soif de justice

S'estimant victime d'une injustice, Lionel décide de porter plainte contre ses agresseurs et contre le serveur qui ne l'a pas secouru. «J'ai envie de me faire entendre. C'est le genre d'agression qui arrive souvent, il faut qu'il y ait des gens qui osent témoigner, si l'on veut améliorer la sécurité dans nos rues.» Le jeune polygraphe a d'ailleurs diffusé son témoignage sur le site Novopress et celui de l'UDCVr. Il a en outre adressé une lettre motivée au commandant de la police cantonale. «Je suis Suisse de sang et de coeur et personne ne pourra me l'enlever.»

mardi 22 avril 2008

Suisse schizophrène



La collision entre l'Euro foot et la votation du 1er juin inquiète la Confédération. Elle veut à tout prix éviter un tollé international, comme celui provoqué par la campagne du mouton noir.

La suite de cet article dans le Matin.

mardi 18 décembre 2007

Fédérales 07: les étrangers ont été instrumentalisés, selon la CFR



Video UDC contre l étranger sur le web
[Photo : Keystone]
Les étrangers ont été largement stéréotypés durant la campagne des élections fédérales. Généralement dans le rôle de coupables, plus rarement dans celui de victimes, regrette la Commission fédérale contre le racisme (CFR).

[ats] - Une étude de l'Université de Zurich a mis en évidence le large recours à des simplifications pour parler des étrangers durant la campagne électorale. Les chercheurs se sont basés sur les articles et reportages de sept quotidiens, quatre journaux dominicaux, deux hebdomadaires et les journaux télévisés des trois régions linguistiques, mais aussi sur les annonces de fin juin à fin octobre. L'UDC est responsable des trois quarts des stéréotypes négatifs. En cause: l'amalgame entre délinquants et étrangers ou musulmans et mal intégrés.

Ces généralisations ont pour effet de créer une distance entre les étrangers et le reste de la population. Dans de rares cas, elles ont favorisé une empathie vis-à-vis des étrangers, perçus alors comme des victimes, note l'étude.

Près de huit fois sur dix, les stéréotypes négatifs ont été corrigés par les autres partis ou les médias, surtout romands, constatent les chercheurs du Département de recherche d'opinion publique et société de l'Université de Zurich

La majeure partie de la presse romande a réagi aux amalgames en affirmant que c'était l'UDC elle-même qui représentait le problème. Le PS est le deuxième groupe, notamment à travers la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, à avoir rejeté les stéréotypes.

Il faut surtout davantage débattre du fond et donner la parole "aux cibles, pour ne pas dire victimes", préconise la vice-présidente de la CFR. Les journalistes doivent mettre en avant les destins individuels, les témoignages afin que l'étranger redevienne "le sujet de l'article et non l'instrument", a conclu le président de la CFR.

Les chercheurs ont étudié les articles parus dans les journaux suivants: "Le Temps", "Le Matin", "Le Matin Dimanche", "Berner Zeitung", "Blick", "Neue Luzerner Zeitung", "Neue Zürcher Zeitung", "Tages-Anzeiger", "NZZ am Sonntag", "SonntagsBlick", "SonntagsZeitung", "Weltwoche" et "WochenZeitung" (WoZ). Ont aussi été analysés les journaux télévisés ("19:30", "Tagesschau", "10 vor 10" et "Telegiornale sera") et toutes les annonces électorales publiées dans ces médias.

Lisez l'étude

Les étrangers et les minorités ethniques dans la campagne électorale
Les étrangers et les minorités ethniques dans la campagne électorale (PDF, 168 kb)
Une analyse de la couverture médiatiques des élections fédérales de 2007
(Résumé)

mercredi 5 décembre 2007

Revenons à nos moutons


Lire cette réflexion d'un lecteur du Courrier

Monsieur Perrin et les Tasers

La prestation médiatique d'Yvan Perrin dans son show pro-Taser soulève des réactions dans le courrier des lecteurs de 24 Heures, dont celle-ci, de M. Daniel Crippa de Lausanne:

Ça ne fait pas mal quand on en parle…
Ainsi donc, M. Yvan Perrin a testé le Taser, sans que cela lui fasse mal, mais il ne recommen­cera
pas quand même, selon ses dires.
Il oublie de nous préciser si, lorsque ce genre de traitement sera appliqué à un requérant d’asile récalcitrant, la police mettra à la disposition du pré­venu deux agents pour le retenir et lui éviter de s’écraser le nez au sol, comme elle a procédé avec lui. En outre, si M. Perrin désire tester sur lui-même certains traitements et situa­tions, je lui propose: – De fêter le réveillon de Noël dans la rue, sans le sou, sans amis et sans couverture. C’est
ainsi que beaucoup de SDF vont passer Noël.
– D’annoncer à ses enfants, s’il en a, que la demande d’asile qu’il a déposée en Suisse voilà sept ans est refusée, que toute la famille devra retourner d’où elle vient, et laisser tomber les différentes formations scolaires ou professionnelles suivies depuis bien des années. Et qu’en attendant le retour il passera quelques mois en détention.
– De se faire escorter par la police en avion jusque dans un pays censé être le sien, de s’y retrouver sans le sou, voire jeté en prison.
Cela non plus, ça ne fait pas mal quand on en parle, mais on aimerait bien que ça ne nous arrive pas à nous. Pas vrai, M. Perrin?


jeudi 29 novembre 2007

AFFICHAGE - Depuis hier, deux affiches ornent les murs de Genève. La Ville entend défendre ainsi des valeurs d'intégration et du «vivre ensemble».


Les affiches signées Albertine et Wazem



Lire l'article du Matin "le retour de la guerre des moutons"
Lire cet article du Courrier (ci dessous)
Depuis hier, deux affiches ornent les murs de Genève. La Ville entend défendre ainsi des valeurs d'intégration et du «vivre ensemble».
«C'est vrai, on s'est fait un peu plaisir», avoue le maire de Genève, Patrice Mugny. La municipalité a en effet placardé hier quelque deux cents affiches en réponse à la campagne raciste de l'UDC qui stigmatisait les moutons noirs à bouter hors des frontières helvètes.
Sur le moment, la question d'interdire ces placards s'était posée. «Mais cela aurait été une forme de censure», rappelle Pierre Maudet, magistrat radical, en défenseur de la liberté d'expression. De surcroît, une interdiction était difficile à défendre sur le plan légal.
L'exécutif de la Ville de Genève avait exprimé son dégoût pour cette campagne d'affichage, en lui opposant les valeurs de tolérance et d'ouverture «qui font partie de l'histoire de cette cité», dixit Sandrine Salerno, conseillère administrative.
«Sans oublier que de nombreux membres de la communauté internationale ont été choqués par cette campagne d'affichage et par le ton que prenait la campagne électorale», renchérit M. Maudet.
Et Patrice Mugny de rappeler que Genève compte peut-être 40% d'étrangers, «En plus, 70% des habitants ont soit un père étranger soit une mère étrangère.»
La Ville a donc choisi de réagir en lançant un concours sur appel à six dessinateurs genevois: trois femmes, trois hommes. Charge à ceux-ci de plancher sur le thème du mouton. Le résultat peut être découvert sur les panneaux d'affichage et à la librairie Papier Gras[1] jusqu'à dimanche.
Deux artistes ont été primés: l'illustratrice Albertine et le bédéiste Wazem. La première a joué la carte de la brebis bariolée et multiculturelle en diable. Le second a préféré croquer un mouton normal, blanc, comme dirait Coluche. Mais seul, si seul dans un espace vert immaculé...
Le but de la campagne – qui coûtera environ 10000 francs – étant de ne pas être dans le simple registre réactif, mais de présenter de manière positive les valeurs fondamentales du vivre ensemble servant de leitmotiv à l'année de mairie de Patrice Mugny. «Nous voulions mettre un peu d'ironie dans nos propos tout en restant dans le domaine du débat démocratique et de la confrontation d'idées.»
Du côté de l'UDC, Soli Pardo, nouveau président de la formation nationale populiste, dit sa satisfaction: «Il est toujours agréable de se faire plagier, cela signifie que nous avions touché juste.» Il n'est ni fâché ni choqué et n'envisage pas de réagir. Et d'ironiser sur ceux «qui n'ont pas compris que le séisme du 21 octobre aura des répliques; il est le résultat d'une dérive des plaques tectoniques politiques». Pour M. Pardo, il ne s'agit ni plus ni moins que de la publicité gratuite pour sa formation. Et de conclure: «Nous avons de beaux jours devant nous.»

mardi 27 novembre 2007

Risque de collision de dates entre l'EUROFOOT et une campagne xénophobe de l'UDC ?

Lire l'article de Valérie de Graffenried dans le Temps

CAMPAGNE. Délais obligent, le peuple votera le 1er juin sur l'initiative de l'UDC «pour des naturalisations démocratiques». Six jours avant l'ouverture de l'Euro 2008. Présence Suisse est préoccupée par cette proximité de dates

dimanche 25 novembre 2007

"Leaving is not living " la pub anti-migration de la Suisse au Nigéria


Résumé de l'article du Blick

Dans tous les postes TV du Nigéria, c'est la mi-temps du match de foot contre la Nati . Un bloc de publicité payé par la Suisse explique que notre pays n'est celui ou coule le miel et le lait comme on le croit souvent. En tout cas, là-bas les migrants africains y sont réduits à la misère, à la mendicité et à la vie de sans-abris.
La confédération inonde aussi le pays (et son voisin le Cameroun) de tracts qui portent le même message. La campagne coûterait près d'un demi-million de francs et les services de Blocher envisagent d'étendre la mesure à d'autres pays du continent.
Bon juste en passant, le clip est réalisé en français et au Nigéria (150 mio habitants) on parle anglais, (officiel), Haoussa, Yoruba, Igbo et Peul, mais pas français, alors pour le prix on espère qu'on a pu produire une version doublée...
C'est aussi très drôle que trois semaines après avoir protesté contre la mauvaise image de la Suisse que donnaient (gratuitement) certains journaux étrangers, cette fois c'est le département de Christoph Blocher qui paye pour le même résultat...

"So schrecken wir die Afrikaner ab": allez lire l'article paru dans le Sonntagsblick pour y visionner la pub diffusée dans les médias africains.

Et dans ce post, la séquence que le TJ soir a consacré à cette affaire avec de larges extraits du clip


vendredi 9 novembre 2007

Dessine moi un mouton


Regardez Temps Présent du 8 novembre
L'affiche de l'UDC, représentant des moutons blancs expulsant un mouton noir, a fait le tour du monde et a profondément choqué. Mais il y a une partie de la population, particulièrement sensible à ce dessin enfantin, qui a reçu de plein fouet le message : les enfants justement. Comment le message politique de cette affiche a-t-il été reçu par les enfants romands, dont les classes sont toujours plus métissées ?

Des enfants qui s'arrêtent sur le chemin de l'école, qui regardent un dessin qui leur est familier, qui s'interrogent, et qui parfois en discutent. Des enfants aussi, spécialement en ville, qui ont pris l'habitude de se mélanger, d'avoir de petits camarades de toutes les couleurs, noirs ou métis. Ce sont les acteurs de ce reportage à contre-courant.

jeudi 8 novembre 2007

Les moutons font des petits

Dans le courrier des lecteurs du 24 Heures, M. Javier Otero de Lausanne revient sur les affiches de l'UDC et explique comment elles se propagent à travers l'Europe entière:


L'image “http://www.frentenacional.es/imagenes/cartel1.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Etonnant, non?

Je me permets de revenir sur l’affiche des moutons placardée sur nos murs récemment par l’UDC. Je rentre d’un voyage en Espagne, à Madrid plus exacte­ment, où j’ai pu assister à une manifestation d’un parti d’ex­trême droite… Je vous invite tous à aller regarder l’affiche qu’utilise ce parti, le Frente Nacional, ce qui signifie «Le Front national» sur son site internet .
Peu importe le jeu de mots «moutons noirs» qu’a utilisé l’UDC pour justifier une telle affiche, les intentions étaient pour moi claires. Aujourd’hui elle est responsable d’une pro­pagation d’un message de haine, d’exclusion à travers l’Europe. Le Pen avait déjà publiquement avoué son admi­ration pour l’UDC suisse, les Espagnols en font maintenant l’éloge à leur tour!
Bravo à ces personnes de l’UDC, elles ont des admirateurs très recommandables et fré­quentables. Je vais me permet­tre de faire un rapprochement sommaire comme elle le fait elle-même d’ailleurs dans plein de domaines… J’invite le peuple suisse à bien réfléchir, il a des admirateurs fascistes à travers l’Europe, il est donc fasciste!


Pour mémoire, il y a un mois la version allemande de l'affiche avait été reprise par le parti néo-nazi de Hesse

lundi 5 novembre 2007

Rencontre entre Ch. Blocher et la diaspora africaine

Lire le communiqué de l'ATS
Les Africains de Suisse ont eu droit à une audience de quatre heures avec Christoph Blocher à Berne. A l'issue de la rencontre, ils se sont dits satisfaits "de la manifestation de confiance" exprimée par le conseiller fédéral UDC. Mais ils restent sur leurs gardes.
Ecoutez le compte rendu du coordinateur de cette délégation Pape Diouf qui voulait parler de la montée du racisme en Suisse.
Regardez la séquence du 19h30 de la TSR

vendredi 19 octobre 2007

L'année du mouton

Lire cet article d'Etienne Dubuis dans le Temps
De nombreux dessins ont répondu à l'affiche manichéenne de l'UDC. Avec un bonheur très inégal. Décryptage.

jeudi 18 octobre 2007

Toujours plus bas !

L’UDC lance un SMS anticriminel étranger. Un faux?
Un article de Claude Ansermoz dans 24 Heures
http://raleur.rmc.fr/images/mn/1183466934.gif
Le parti agrarien assure n’avoir rien à voir avec cette campagne sur mobiles. Curieux SMS reçu ce matin, en allemand, par la rubrique suisse de 24 heures: «Ali et Blerim vous rendent visite à domicile. Aujourd’hui aussi chez vous – par la fenêtre? L’UDC agit contre la criminalité des étrangers. Votez maintenant pour l’UDC et transfé­rez ce SMS plus loin.» Roi des slogans coup-de-poing, le parti de Christoph Blocher aurait-il inventé la campagne par téléphone mo­bile? Et comment s’est-il procuré notre numéro de natel? Combien cela coûte et cela n’empiète-t-il pas sur la sphère privée?
Toutes ces questions resteront sans réponse. L’émetteur du SMS fait bel et bien partie de l'UDC, puisqu’il s’agit d’Urs Martin, le se­crétaire du groupe aux Chambres. Mais celui-ci renvoie aussitôt le journaliste au service de presse agrarien. Là, le porte-parole Ro­man Jäggi nous demande de lui lire deux fois le message, rigole beaucoup sur le passage «par la fenêtre», mais nie qu’il s’agit d’une campagne officielle du parti. «Rien n’est prévu en la matière, assure­t- il. De toute façon, il est très facile de pirater un numéro de natel. Nous avons déjà été victimes de ce genre d’abus par le passé.» Techni­quement, sur une plate-forme in­ternet d’échanges SMS, il est possi­ble d’usurper le numéro d’un expé­diteur et de l’accoler au message. Pourtant, Roman Jäggi tempère aussitôt cette nouvelle théorie du complot: «On ne peut pas exclure une action privée de la part de certains de nos sympathisants.»
Les malfrats imaginaires, pas une première
Inventer de faux criminels étrangers pour «colorer» la cam­pagne, l’UDC l’a déjà fait. Avant la votation sur l’espace Schengen en été 2005, les démocrates du centre distribuaient des papillons sur les­quels le cambrioleur Dragan Abramcowiz, le trafiquant d’êtres humains Ismael Drubo, le tra­vailleur au noir Robert Kolowski, l’abuseur social Nkoto Mekebe et l’islamiste Abdul Kaida promet­taient: «Lorsque nous aurons tra­versé la frontière extérieure de l’Es­pace Schengen, aussi étanche qu’un émmenthaler bernois, nous pourrons voyager librement à tra­vers l’Europe et nous installer là où le butin promet d’être le plus riche – en Suisse, évidemment.» Ces malfrats imaginaires n’existaient que sur le papier des flyers UDC.
Mardi, c’était au tour de la sec­tion zurichoise de distribuer un tract au jeu de mots ambigu: «Pre­nez la liste grise de l’UDC. Vous pouvez jeter toutes les autres listes, faute de quoi votre vote ne sera pas valable.» Hier, la Chancellerie fédé­rale, tout en dénonçant la démar­che, n’est pas intervenue, le texte ne franchissant pas les limites de la légalité.

Microsoft fait de la pub dans le journal de l'UDC


Lire cet article dans le Courrier

Pauvre Suisse ; aujourd'hui dans le Courrier International


Lire la revue de presse de Valérie de Graffenried dans le Temps
La campagne électorale et les méthodes de l'UDC agitent les esprits. Dans un numéro spécial qui sort aujourd'hui, et alors que plusieurs journalistes étrangers viennent couvrir les élections fédérales, le Courrier International consacre sa une et cinq pages entières à notre pays. L'hebdomadaire français s'interroge notamment sur l'image toujours plus négative que la Suisse véhicule à l'étranger. Les affiches de l'UDC et les récents débordements à Berne étonnent certains de nos confrères, plutôt habitués à une Suisse tranquille, harmonieuse et presque ennuyeuse. Le numéro spécial n'est vendu qu'en Suisse. Et uniquement pendant quinze jours...
Lire l'éditorial du Courrier International par Philippe Thureau-Dangin
Les lecteurs suisses qui connaissent déjà Courrier international ne seront sans doute pas surpris par le dossier qui traite de leur pays. Ils ont l’habitude, en effet, des pages que nous consacrons chaque semaine à la France “vue de l’étranger” : coup de gueule britannique contre l’arrogance parisienne, éditorial mordant de la presse allemande contre ce Sarkozy qui se permet d’attaquer la Banque centrale, billet helvète ironique sur cette gauche française décomposée, j’en passe et des meilleures.
Mais, cette fois, ce n’est pas l’Hexagone qui est croqué par ses voisins, mais la Confédération, à la veille d’un scrutin important. Deux mots, donc, pour les nouveaux lecteurs qui nous rejoignent à cette occasion : notre hebdomadaire offre chaque semaine une sélection d’articles de la presse internationale afin de mieux appréhender ce monde en mouvement. Ce détour par le regard des autres permet, le cas échéant, de se détacher de ses a priori et de mieux s’observer soi-même. Le ton à l’égard de la politique suisse, ces dernières semaines, est dur – disons-le d’emblée. The Independent n’a pas hésité à titrer sur “le cœur des ténèbres de l’Europe”. Le personnage de Christoph Blocher et sa xénophobie affichée inquiètent.
Le hasard du calendrier veut que le jour même des élections suisses les Polonais se rendent également aux urnes. Eux n’ont pas un Blocher, mais deux, sous la forme des jumeaux Kaczynski. Bien sûr, il y a de grandes différences entre Zurich (ou Berne) et Varsovie. La haine de l’étranger en Helvétie est dirigée contre l’immigré (du Sud). En Pologne, elle commence par le voisin allemand ou russe. Si un même conservatisme moral rassemble les droites polonaise et suisse, la politique économique les sépare : les frères K. professent un antilibéralisme et un égalitarisme qui n’est pas le fait du leader de l’UDC, proche comme on le sait des milieux économiques influents. On verra dimanche si oui ou non ces deux grands peuples, qui ont tant donné au monde, choisissent de céder au populisme qui se nourrit si bien de l’instinct grégaire.

La plupart des références de ces articles se trouvent ici.

mercredi 17 octobre 2007

Kevin Grangier devra s'expliquer

Lire l'article de Michael Rodriguez dans Le Temps
L'utilisation de recrues de l'armée suisse pour faire du courrier électoral en faveur d'un candidat UDC ne restera pas sans suites. Responsable de la campagne des jeunes UDC vaudois et sergent-major à l'armée, Kevin Grangier sera entendu demain par son commandant de compagnie, indique-t-on au Département fédéral de la défense. Kevin Grangier avait chargé des recrues de copier des adresses sur des enveloppes contenant un tract en faveur du candidat UDC Eric Bonjour (notre édition de samedi). A l'issue de cette discussion, le commandant de compagnie décidera d'ouvrir ou non une enquête disciplinaire.
Si tel est bien le cas, comme l'intéressé lui-même s'y attend, il risque un blâme ou une amende (300 francs au maximum), voire des jours d'arrêt.

Pour devenir Suisse, faudra-t-il être de la bonne religion ?

Lire l'article de Rachad Armanios dans le Courrier
PROJET DE LOI - La commission contre le racisme voit un risque de discrimination dans le fait de mentionner la confession dans la procédure de naturalisation.
Faut-il connaître la confession d'un candidat à la nationalité suisse pour évaluer s'il mérite ou non le passeport à croix blanche? Le 2 octobre dernier, discutant de l'initiative de l'UDC pour maintenir la naturalisation par les urnes, le Conseil national s'est refusé à confier au peuple le destin d'individus, en invoquant le risque d'arbitraire et de discriminations. Battu, le parti xénophobe l'a aussi été dans le cadre du projet de loi sur la nationalité –émanant du sénateur Thomas Pfisterer (PRD/AG) et vu comme une contre-proposition à l'initiative de l'UDC. C'est en vain que celle-ci a tenté d'imposer que les cantons fournissent aux assemblées communales toute une série de données sur l'aspirant helvète, comme la perception de l'aide sociale, le paiement d'impôts, les poursuites pour dettes ou l'invalidité. Les députés ont tout de même voulu que la confession soit dévoilée. Combattant un risque de discriminations, le National en a introduit un autre, estime la commission fédérale contre le racisme (CFR).
L'organe consultatif extraparlementaire s'en inquiète dans une lettre envoyée hier à la commission des institutions politiques du Conseil des Etats. La loi sur la nationalité étant revenue dans cette enceinte, sa commission compétente doit en effet se réunir le 23 octobre pour en rediscuter. Les commissaires sont ardemment invités à rejeter une clause jugée «ni indispensable ni utile». La missive, que Le Courrier s'est procurée, est signée par le président de la CFR, Georg Kreis.


Le piège des stéréotypes


Il souligne que la mesure «contredit la séparation constitutionnelle entre Eglise et Etat, bien ancrée, ainsi que la neutralité confessionnelle de l'Etat». La lettre rappelle la pesée d'intérêts à effecteur entre la garantie de la sphère privée des candidats et la nécessité d'obtenir des informations sur eux. «Quelle valeur informative apporte l'appartenance religieuse?» se demande la CFR. C'est une donnée «abstraite» qui ne permet pas de conclure quoi que ce soit sur le degré d'intégration d'un étranger, car chaque religion «peut être vécue de diverses manières» et est traversée par des courants multiples, allant des plus libéraux aux plus fondamentalistes.
Le danger est donc grand qu'un refus de naturalisation soit «consciemment ou inconsciemment» influencé par des stéréotypes sur certaines religions. La CFR s'inquiète surtout de possibles discriminations à l'égard des musulmans au vu de «la promotion par certains d'un discours visant ouvertement à confondre l'islamisme et l'islam». Mais la stigmatisation étant un virus très contagieux, qui sait si d'autres confessions ne seront pas demain dans le collimateur, prévient Boël Sambuc, vice-présidente de la CFR.
La conseillère nationale Maria Roth-Bernasconi (PS/GE) approuve. En commission, elle a combattu avec acharnement une mesure qu'elle juge «scandaleuse». Mais le 2 octobre, en plénière, elle a finalement voté la révision de la loi sur la nationalité – acceptée de justesse – pour une question stratégique. «La priorité, c'était que la naturalisation par les urnes ne passe pas et que le droit de recours (d'un candidat malheureux, ndlr) soit garanti.» Mais elle espère que, dans les allers et retours de la loi entre les deux Chambres, puis en votation finale en plénière, la mention de la religion disparaisse.I

mardi 16 octobre 2007

Le climat délétère attisé par Blocher déplaît aux clients des banques

Lire cet éclairage de Ali Benaroui dans Le Temps


Ce n'était pas exactement un appel à voter UDC. Mais cela y ressemblait. Pierre Mirabaud, en marge de la Journée des banquiers du 20 septembre dernier, a fait l'éloge dans Le Temps de Christoph Blocher. Un éloge qui passe mal. Car il n'est pas tout à fait n'importe qui, M. Mirabaud.
...En 2006, Pierre Mirabaud défendait la loi sur la coopération avec l'Europe de l'Est. Citation: «Les grippe-sous, les pleure-misère et les isolationnistes ont le vent en poupe. Là où la clairvoyance politique serait de mise, on s'affronte pour des décimales.» Un an plus tard, le vent soufflant un peu plus fort, M. Mirabaud a abandonné la barre qu'il tenait si fermement, pour grimper au sommet du mât et s'asseoir sur la girouette. Aujourd'hui, le président de l'ASB bêle avec les moutons et fait des œillades aux «grippe-sous, pleure-misère et isolationnistes» qu'il combattait hier.

lundi 15 octobre 2007

Les partis sont tombés dans le panneau de l'UDC

Lire cet article de Denis Masmejean dans Le Temps
Quel bilan tirer de cette campagne? Pour notre dernier entretien croisé avant le scrutin du 21, l'ancienne conseillère d'Etat socialiste fribourgeoise Ruth Lüthi et le conseiller aux Etats démocrate-chrétien valaisan Simon Epiney, dont c'était la dernière législature, livrent leur analyse de cette campagne pas comme les autres. L'entrée en lice de Christoph Blocher et le pseudo-plan secret visant à l'évincer du gouvernement, les répliques cinglantes de Pascal Couchepin, tout concourait à faire de la campagne 2007 quelque chose d'inédit.

samedi 13 octobre 2007

Des recrues font la propagande de l'UDC

Lire cet article de Philippe Bach dans le Courrier
L'Union démocratique du centre (UDC) aime l'armée et ponctue ses clips de FA-18 en plein envol; et l'armée le lui rend bien, si on en croit cette amusante histoire arrivée à une jeune recrue qui s'est retrouvée à recopier à la main des adresses servant à un mailing pour le parti populiste. En l'occurrence, le futur soldat s'est un peu méfié. D'autant plus que, lorsqu'il a posé la question de la finalité des enveloppes ­ le contenu lui était inconnu ­ on lui a aimablement conseillé de s'occuper de ses oignons. Ce qu'il a fait. «Mais j'ai pris la peine d'adresser une lettre à mes parents en ajoutant une petite marque distinctive.» Ce courrier, qui nous a été remis, contient effectivement un appel à voter pour «un jeune candidat sympa, courageux et à l'Ecoute» de la liste UDC du canton de Vaud, Eric Bonjour. Avec aussi une missive du comité de soutien de l'intéressé invitant à un repas de soutien ayant lieu ce soir. Les agapes coûtent 60 francs; l'apéro est offert.


Le responsable assume
Le responsable de la campagne des jeunesses de l'UDC, Kevin Grangier, confirme l'information et assume pleinement la responsabilité de l'opération. Sergent-major dans une compagnie, il a effectivement pris sur lui de confier l'adressage d'une partie des enveloppes du mailing à des recrues. En l'occurrence, trois personnes «quelque peu désoeuvrées sur le moment». Selon lui, il s'agissait d'un petit nombre d'envois, «peut-être une centaine sur 500 enveloppes». Le gros de l'adressage ayant été accompli par ses soins, ajoute Kevin Grangier. Et d'insister sur deux points: «La neutralité politique de l'armée a été respectée, ces personnes n'avaient pas connaissance du contenu du mailing; deuxièmement, je n'ai pas utilisé la poste militaire (gratuite, ndlr), ces enveloppes ont bien été envoyées aux frais du candidat.» De fait, les lettres ont été affranchies à Sainte-Croix. Il n'a pas reçu ­ ni demandé ­ une autorisation pour cette initiative à sa hiérarchie. Cette dernière aurait appris par la bande l'existence de cette opération mais il ne lui en a pas été fait mention. «Ce n'est pas la première fois qu'un officier fait accomplir une petite tâche d'ordre privé dans le cadre de la troupe», se justifie Kevin Grangier, surpris «que cette affaire donne lieu à un article».

Initiative intempestive?
La direction cantonale de l'UDC n'a pas été mise au courant non plus. «Il s'agit d'une initiative du responsable de campagne des jeunes de l'UDC, Kevin Grangier», souligne Gérald Nicod, président de l'UDC vaudoise, sans se prononcer sur la légalité de la démarche. «Chacun se débrouille comme il peut, j'espère que cette initiative fait partie d'une zone grise de tolérance admise à l'armée.» Ce qu'un spécialiste de la problématique des élections et votations met en doute. Pour lui, on est clairement en dehors de ce qui est communément admis. Du côté du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, Philippe Zahno, chef de la communication de la Défense, estime lui aussi que cette manière de faire «contrevient de toute évidence au principe de neutralité politique de l'armée». L'initiative de M. Grangier contrevient à l'article 96 du règlement de service qui proscrit toute activité politique durant le service «mais aussi durant les pauses ou le soir».