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mardi 13 septembre 2011

Requérants irakiens: l’excuse de Berne se dégonfle peu à peu

Le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) refuse de porter le chapeau pour les demandes d’asile irakiennes restées en rade à l’Office fédéral des migrations. Contrairement aux allégations de Berne, le HCR ne s’est pas engagé à garantir la protection des Irakiens réfugiés en Syrie et en Egypte. «Il n’y a pas eu d’accord de cette sorte», affirme Susin Park, responsable du HCR en Suisse.

Le 31 août dernier, la ministre Simonetta Sommaruga annonçait que 7000 à 10 000 demandes d’asile déposées entre 2006 et 2008 aux ambassades de Syrie et d’Egypte n’avaient pas été traitées. La conseillère fédérale affirmait toutefois que les personnes concernées avaient obtenu la protection du HCR sur place et qu’elles n’avaient pas été mises en danger. Plusieurs acteurs du dossier à l’époque, dont l’ancien ministre Christoph Blocher, évoquaient aussi l’existence d’un accord entre le HCR et des pays européens.

Aujourd’hui, l’excuse se dégonfle. Certes, le HCR a encouragé les ambassades à lui adresser les réfugiés, afin de les enregistrer et de combler leurs besoins les plus urgents. Mais à aucun moment il ne s’est engagé à garantir leur protection. «Seuls les Etats sont en mesure de donner ces garanties», souligne Susin Park. En conséquence, «la procédure à l’ambassade restait régie par les lois suisses». La loi sur l’asile permet en l’occurrence aux requérants de déposer une demande auprès d’une ambassade. Les Chambres fédérales débattront prochainement de la suppression de cette possibilité.

La Syrie a accueilli environ 1,5 million de réfugiés pendant la guerre en Irak. Face à cet afflux, le HCR a lancé en 2007 un appel aux pays industrialisés pour leur demander d’accueillir 20 000 réfugiés. Mais le Conseil fédéral de l’époque n’a pas voulu d’un contingent de 500 personnes.

Tant à droite qu’à gauche, cette affaire provoque de l’irritation voire de l’indignation parmi les élus. «C’est inacceptable venant d’un pays qui a une telle tradition humanitaire», lance le conseiller national Hugues Hiltpold (plr/GE). Andreas Gross (ps/ZH) y voit quant à lui «un scandale de plus» dans la série des dysfonctionnements du Conseil fédéral sous l’ère Blocher. L’argument d’un accord avec le HCR est «une excuse irresponsable», estime le socialiste. «Le HCR peut soutenir des Etats, mais il ne peut pas se substituer à eux». Le fait que cet accord, selon toute vraisemblance, n’existait pas, montre que «les autorités sous-estiment la gravité du problème.»

«La communication de crise des autorités fédérales n’est pas bonne, estime pour sa part Yvan Perrin (udc/NE). Quand on ment, il faut que ce qu’on dit ne puisse pas être démenti. Ce principe n’est apparemment pas acquis à Berne». Sur le fond, le conseiller national juge «très discutable» la mise au placard des demandes d’asile irakiennes. «Si les ambassades croulaient à ce point sous les demandes, on aurait pu envoyer des renforts.»

Michaël Rodriguez dans le Courrier

vendredi 2 septembre 2011

Asylgesuche im BfM-Keller: Absprachen mit dem UNHCR?

Der ehemalige Schweizer Botschafter in Syrien sagte, er habe auf Rat der UNHCR nicht auf die Asylgesuche reagiert. Das UNHCR, das Flüchtlingshilfswerk der UNO, weiss jedoch nichts von einer solchen Vereinbarung. Das Vorgehen der Migrationsbehörden war möglicherweise illegal.

10vor10 vom 02.09.2011

10 vor 10

«Les autorités suisses n’ont pas d’excuse»

L’affaire des milliers de demandes d’asile restées en rade à l’Office fédéral des migrations scandalise les organisations de défense des réfugiés.

Dans les milieux de défense des migrants, la consternation règne après la découverte de 7000 à 10 000 demandes d’asile d’Irakiens laissées en déshérence dans les ambassades suisses d’Egypte et de Syrie. L’affaire a été révélée mercredi par la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP), Simonetta Sommaruga, qui a annoncé dans la foulée l’ouverture d’une enquête (notre édition d’hier). Selon la conseillère fédérale, l’Office fédéral des migrations (ODM) a ordonné en 2006 aux ambassades – décision confirmée en 2008 – de ne pas traiter ces dossiers. Avec d’autres pays, la Suisse aurait confié ces requérants au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
A ce stade, le déroulement des faits et les responsabilités politiques sont encore à définir (lire ci-contre). Mais la violation des procédures d’asile n’en est pas moins évidente, estiment divers organismes d’aide aux réfugiés. «Toute personne a le droit de voir sa demande d’asile traitée dans le cadre d’une procédure équitable», rappelle Denis Graf, de la section suisse d’Amnesty International. «Or ceci n’a pas eu lieu pour des milliers de requérants, nous sommes choqués.»

«Les faits doivent être établis»
L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) est également «consternée». «Parmi ces requérants figuraient certainement des gens ayant besoin d’une protection de la Suisse», relève Adrian Hauser, son porte-parole. «La loi sur l’asile exige que les demandes soient examinées. Il n’y a aucune excuse à ne pas la respecter.»
Et les circonstances atténuantes avancées mercredi par Simonetta Sommaruga n’y changent rien. La ministre a notamment laissé entendre que ces requêtes, lacunaires, avaient peu de chance d’aboutir alors que l’Egypte et la Syrie étaient à l’époque considérées comme des pays sûrs. «L’administration a précisément le devoir de faire en sorte que les faits soient établis avant de se prononcer, rétorque Denise Graf. Ce principe a été violé, l’ODM devait ordonner à l’ambassade d’auditionner ces personnes pour compléter leur dossier ou leur remettre un questionnaire.»

La Syrie, un pays sûr?
Car la prétendue sécurité des réfugiés dans ces pays est discutable, poursuit Marie-Claire Kunz, chargée du secteur réfugiés au Centre social protestant à Genève: «La situation en Syrie est très volatile, on le voit bien aujourd’hui. Y avait-il un risque de persécution ou de refoulement vers l’Irak? Cela fait partie des questions auxquelles l’ODM devait répondre dans le cadre d’une procédure au cas par cas.»
A titre d’exemple, elle évoque la situation des Kurdes, qui sont considérés en Syrie comme «sans nationalité» et bénéficient de «très peu de droits». Quant à savoir si des Kurdes irakiens figuraient parmi les 7000 à 10 000 dossiers laissés en rade, «seul un examen aurait pu le dire». Denise Graf ajoute: «A l’image des Palestiniens d’Irak, persécutés après la chute de Saddam Hussein et néanmoins refoulés par Damas, on peut considérer que certains groupes ne sont pas les bienvenus en Syrie.»
Pour Marie-Claire Kunz, il est tout aussi difficile d’affirmer que le HCR était en mesure de prendre en charge ces gens durablement. «Pendant combien de temps et avec quelles garanties?» interroge-t-elle. Autant de questions qui demeurent, à ce stade, sans réponse.

Mario Togni dans le Courrier

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L’ombre de Christoph Blocher
Quel rôle a joué Christoph Blocher dans la mise au placard de milliers de demandes d’asile? Dans le Tages-Anzeiger d’hier, l’ancien conseiller fédéral UDC admet qu’il était au courant de cette pratique et va jusqu’à la justifier. On ne sait pas en revanche si c’est Christoph Blocher lui-même qui a pris la décision de laisser ces dossiers en souffrance. Selon la Radio suisse romande, la Commission de gestion du Conseil national enquêtera sur cette affaire.
Chef du Département de justice et police (DFJP) jusqu’à fin 2007, Christoph Blocher s’est montré peu enclin à desserrer la vis face à la détresse des Irakiens. En 2007, un bras de fer l’opposait à la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey. Le ministre UDC ne voulait pas d’un contingent de 500 réfugiés irakiens proposé par la socialiste. Pour lui, la Suisse en faisait assez en accueillant 5000 Irakiens sur son sol. Le Conseil fédéral a suivi son avis et refusé de donner suite à l’appel du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (HCR), qui demandait aux pays industrialisés d’accueillir au moins 20 000 réfugiés particulièrement vulnérables. En comparaison, quelque 2 millions d’Irakiens avaient trouvé refuge dans les pays voisins, notamment en Syrie et en Jordanie.
Sur les 7000 à 10 000 demandes classées sans suite, environ la moitié ont finalement été traitées. Avec toujours la même réponse – négative. «Aucune de ces personnes n’a obtenu l’asile», a indiqué mercredi la ministre Simonetta Sommaruga.

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Le HCR étonné
Directrice du Bureau de liaison en Suisse du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (HCR), Susin Park n’est «pas au courant d’un accord» avec la Suisse concernant la prise en charge des réfugiés irakiens en Syrie et en Egypte. «Nous sommes en train de clarifier la question à l’interne», précise-t-elle. Un tel accord dispenserait-il pour autant la Suisse de traiter les demandes d’asile? «Ce ne serait pas usuel», glisse Susin Park, qui se dit «étonnée» par cette affaire. En Syrie, le HCR a procédé à l’enregistrement des réfugiés. Il a également mis sur pied un programme pour les plus vulnérables, comprenant l’accès aux soins et à l’école.

Réfugiés irakiens: embarras à tous les étages

Les milliers de demandes d’asile d’Irakiens non traitées, déposées entre 2006 et 2008 auprès des ambassades de Suisse en Syrie et en Egypte, sèment le malaise. Christoph Blocher justifie le fait que la Suisse se soit reposée sur le HCR. Mais l’organisation dit ne pas être au courant du moindre «accord» passé.

Le malaise est là. Et chacun essaie de se refiler la patate chaude. Simonetta Sommaruga ne s’est pas contentée mercredi de licencier le patron de l’Office fédéral des migrations (ODM), elle a aussi ordonné l’ouverture d’une enquête externe sur une étrange affaire: de 2006 à 2008, entre 7000 et 10 000 demandes d’asile d’Irakiens déposées auprès des ambassades de Suisse en Egypte et en Syrie n’auraient tout simplement pas été traitées. Christoph Blocher puis Eveline Widmer-Schlumpf étaient à l’époque à la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP). Et Eduard Gnesa gérait l’ODM.

Qui savait quoi? Simonetta Sommaruga n’a appris l’existence de l’affaire qu’en mai, par une personne externe à l’administration fédérale. L’enquête menée par l’ancien juge fédéral Michel Féraud devra déterminer s’il y a eu violation du droit et qui en est responsable. Devant les médias mercredi, la ministre socialiste a précisé avoir informé ses deux prédécesseurs et Micheline Calmy-Rey, cheffe du Département fédéral des affaires étrangères, avant d’en parler en séance du Conseil fédéral. Elle a déclaré ne pas avoir l’impression qu’ils étaient au courant de l’affaire. Christoph Blocher, lui, a dit à plusieurs médias «ne pas vraiment se souvenir», mais en avoir «peut-être été informé oralement».

Il savait, confirment des sources bernoises. Et il n’était de loin pas le seul. Amnesty et l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés crient au scandale, affirmant que chaque requérant aurait dû être entendu. Mais la situation est plus complexe qu’elle n’y paraît. Un ancien haut fonctionnaire de l’ODM, qui a participé à la prise de décision à l’époque, explique au Temps: «La situation était extraordinaire. Face à cet afflux inhabituel, auprès de l’ambassade de Suisse en Syrie notamment, il était tout simplement impossible d’auditionner toutes les personnes sur place, comme cela se fait d’habitude. Les demandes écrites étaient d’ailleurs parfois vagues, photocopiées et anonymes. D’autres missions diplomatiques occidentales recevaient des demandes en masse. Aurions-nous dû demander au Conseil fédéral de dépêcher, en renfort, 300 fonctionnaires à l’ambassade? Cela n’aurait jamais été accepté!» Il ajoute: «Le HCR nous a proposé d’enregistrer ces demandeurs et de leur assurer la protection nécessaire. Nous avons donc décidé, avec l’ambassadeur Jacques de Watteville à Damas, de ne pas les traiter. La plupart n’avaient d’ailleurs probablement pas de motifs nécessaires pour être accueillis en Suisse. Cette décision s’est faite de manière concertée.»

En accord avec le HCR, vraiment? Contactée, Susin Park, cheffe du Bureau suisse du HCR, dit ne pas avoir eu connaissance de l’affaire avant la déclaration de Simonetta Sommaruga. «Normalement, cela ne fait pas partie de nos pratiques. Nous devons encore clarifier les choses», ajoute-t-elle, un brin mal à l’aise. Elle précise qu’il n’y avait pas de camps de réfugiés irakiens en Syrie. «Nous enregistrions ceux qui s’adressaient à nous et les soutenions financièrement pour qu’ils aient accès aux soins de base.» Mais les conditions sur place sont loin d’être idéales, raison pour laquelle le HCR cherche encore à placer 20 000 réfugiés irakiens de Syrie dans des pays occidentaux.

Selon le fonctionnaire précité, des personnes haut placées du DFAE étaient au courant de la décision de non-traitement. Face à un afflux aussi important de demandes, il est inimaginable que Jacques de Watteville n’en ait pas référé à ses supérieurs. Micheline Calmy-Rey en a-t-elle elle-même été informée? Impossible de le vérifier. Mais, s’empresse-t-on de dire au DFAE, si la Suisse permet le dépôt de demandes d’asile dans ses ambassades, c’est bien l’ODM qui est responsable des décisions. Une manière de dire que le DFAE n’a rien à se reprocher.

La Suisse a-t-elle eu raison, dans cette «situation exceptionnelle», de se reposer sur le HCR, qui devait déjà gérer un million d’Irakiens qui ont fui en Syrie? Alard du Bois-Reymond, à qui Simonetta Sommaruga a signifié son licenciement, a émis des doutes sur la légalité de ce qui s’est passé. Et a demandé en 2010 à son office de procéder à l’examen des demandes ignorées. Sans en informer sa cheffe. Une fois au courant, la ministre, agacée, a stoppé cet élan et ordonné une enquête. Eduard Gnesa dit, lui, vouloir «laisser travailler Michel Féraud», mais précise avoir agi à l’époque «au plus près de sa conscience». Au Tages-Anzeiger, Christoph Blocher a déclaré être d’avis que la Suisse devrait à nouveau procéder de cette manière dans un cas similaire. Simonetta Sommaruga a elle-même dit mercredi qu’un responsable régional du HCR avait signalé qu’il prendrait les requérants en charge. Et qu’aucun de ces Irakiens n’aurait du coup été mis en danger par le refus de l’ODM. Une déclaration qui pousse ses adversaires à s’interroger sur son besoin d’exhumer maintenant publiquement l’affaire. «Elle ne cherche qu’à faire diversion sur le fait qu’elle n’arrive pas à gérer la hausse des demandes d’asile», critique un UDC.

Ce qui est certain, c’est que la décision aurait mérité d’être expliquée publiquement, pour éviter la cacophonie actuelle. Le manque de transparence choque. Pour la petite histoire, c’est à cette même période, au printemps 2007, que le Conseil fédéral a refusé la demande du HCR d’accueillir un contingent de 500 réfugiés irakiens, malgré l’insistance de Micheline Calmy-Rey… La Suisse est aujourd’hui le seul pays à accepter le dépôt de demandes d’asile dans des ambassades, une exception qui pourrait bientôt être supprimée.

Valérie de Graffenried dans le Temps

lundi 8 août 2011

Australie/Malaisie: la Cour retarde un départ controversé de réfugiés

La Haute Cour d'Australie a suspendu lundi le transfert controversé vers la Malaisie de demandeurs d'asile, le jour où le premier avion avec à son bord des réfugiés devait partir vers ce pays d'Asie.

Lors d'une audience à Canberra, la Cour a décidé de suspendre le départ de ces immigrés arrivés sur les côtes australiennes en bateau, jusqu'à la tenue d'une prochaine audience, probablement lors de la semaine démarrant le 22 août. Le ministre (de l'Immigration) ne peut pas faire partir d'Australie les plaignants (les demandeurs d'asile) avant que cette question soit tranchée par la Cour, a déclaré à l'AFP une porte-parole de la Haute Cour.
Dans cette affaire, nos clients estiment que leurs demandes pour être protégés en tant que réfugiés doivent être étudiées en Australie, au lieu de se voir expulsés vers la Malaisie, a déclaré à la presse l'avocat des demandeurs d'asile, David Manne.

De son côté, le ministre australien de l'Immigration Chris Bowen a déclaré que la détermination de son gouvernement à mettre en oeuvre ce programme restait solide comme le roc. Je suis certain que lorsque la Cour regardera cette affaire, l'injonction sera levée, le transfert se produira et l'accord sera mis en œuvre, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Un premier avion avec à son bord 16 demandeurs d'asile originaires d'Afghanistan et du Sri Lanka devait quitter l'Australie lundi, pour la Malaisie. Selon un accord signé en juillet entre Canberra et Kuala Lumpur, la Malaisie va recevoir d'Australie 800 immigrants illégaux, de toutes origines, où leur demande d'asile sera soumise à l'ONU. En échange, l'Australie accueillera sur quatre ans 4.000 des 90.000 personnes actuellement enregistrées comme réfugiés en Malaisie, dont beaucoup sont originaires de Birmanie. Un premier groupe de ces réfugiés doit arriver en Australie cette semaine. L'accord vise à tarir les ressources des passeurs, selon le gouvernement australien. Il a d'ores et déjà suscité beaucoup de critiques notamment d'Amnesty International car la Malaisie n'est pas signataire de la convention sur les réfugiés sur l'ONU. Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) n'a pas approuvé ce programme d'échanges de demandeurs d'asile.

En 2010, quelque 6.800 demandeurs d'asile sont arrivés en bateau sur les rivages de l'Australie. Les demandeurs d'asile ont été confinés au fil des ans dans des centres de rétention éloignés, dans l'arrière-pays en Australie, sur l'île australienne de Christmas dans l'océan Indien ou encore sur le micro-Etat de Nauru dans le Pacifique.

AFP

samedi 16 juillet 2011

La Somalie est en état de «catastrophe humanitaire»

Une terrible sécheresse frappe la région. Près de 250 000 enfants souffrent de malnutrition sévère.

La Somalie, où sévit une gravissime sècheresse, est désormais en état de «catastrophe humanitaire», a affirmé hier le directeur d’Action contre la faim (ACF), faisant état de quelque 250 000 enfants sévèrement malnutris. Submergé par les réfugiés, le Kenya voisin va ouvrir un nouveau camp et le HCR acheminer des milliers de tentes.

«Ces dernières semaines, nous avons vu une détérioration de la situation humanitaire», a déclaré Jens Oppermann, directeur d’ACF pour ce pays. «Nous voyons des gens arriver à Mogadiscio dans un état que nous n’avions pas vu jusqu’ici, a-t-il poursuivi. Les gens sont mentalement et physiquement épuisés après avoir parfois marché des semaines dans un environnement particulièrement hostile.»

ATS

lundi 20 juin 2011

Les pays en développement portent le poids des réfugiés

Environ 80 % des réfugiés vivent dans des pays en développement, selon le rapport annuel du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

C’est un rapport qui va relancer la polémique, à l’heure où l’Europe ferme ses frontières aux populations en détresse. D’après l’analyse annuelle du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), les pays en développement ont accueilli les quatre cinquièmes des réfugiés dans le monde en 2010. 

Le Pakistan, l’Iran et la Syrie comptent le plus de personnes qui ont fui la guerre ou des persécutions, avec respectivement 1,9 million, 1,07 million et 1,05 million de réfugiés. La plupart s’entassent dans de vastes camps aux frontières de leur pays d’origine, vivant de l’aide des Nations unies.

L’Allemagne, foyer des réfugiés

Parmi les nations industrialisées, l’Allemagne est celle qui dénombre le plus de réfugiés : 572 000. Ils étaient 250 000 à vivre sur le sol français l’an dernier. « Les craintes d’afflux supposés de réfugiés dans les pays riches sont très exagérées ou associées à tort à des problèmes relatifs à la migration, a fait remarquer Antonio Guterres, haut-commissaire aux réfugiés. En attendant, ce sont les pays les plus pauvres qui doivent supporter le plus lourd fardeau. Le monde industrialisé doit corriger ce déséquilibre. Il faut accroître les quotas de places de réinstallation. »

1/3 des « déracinés » viennent d’Afghanistan

Au total, 43,7 millions de personnes sont déracinées à travers le monde, à la suite d’un conflit ou en raison d’un contexte politique. Ce nombre est le plus élevé depuis quinze ans.

Il comprend 15,6 millions de réfugiés proprement dits, 27,5 millions de déplacés à l’intérieur de leur propre pays et près de 850 000 demandeurs d’asile. Certains parmi eux vivent en exil depuis plus de trente ans. « Seulement 197 600 exilés ont pu rentrer chez eux, note le HCR. C’est le nombre le plus faible depuis 1990. »

Les Afghans représentent un tiers de ces déracinés dans le monde (3 millions), suivis par les Irakiens (1,6 million), les Somaliens (770 000), les ressortissants de la République démocratique du Congo (476 000) et de Birmanie (415 700).

Olivier Tallès dans La Croix

Près de 44 M de réfugiés en 2010 (HCR)

Le nombre de réfugiés, demandeurs d'asile et déplacés ne cesse de progresser dans le monde pour atteindre près de 44 millions de personnes en 2010 dont 80% se trouvent, contrairement aux idées reçues, dans des pays en développement, indique aujourd'hui le HCR dans un rapport.

Le document statistique sur les tendances mondiales 2010 du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés montre ainsi que "43,7 millions de personnes sont déracinées à travers le monde, soit à peu près l'ensemble de la Colombie ou de la République de Corée". Ce chiffre, en progression par rapport à 2009 (43,3 millions), est le plus élevé depuis 15 ans, relève le HCR à l'occasion de la journée mondiale du réfugié. Il comprend 15,6 millions de réfugiés, 27,5 millions de personnes déplacées dans leur propre pays - un record depuis dix ans - et près de 850.000 demandeurs d'asile.

Les Afghans continuent de représenter la majeure partie des réfugiés dans le monde (3 millions), suivis par les Irakiens (1,6 million), les Somaliens (770.200) ainsi que les ressortissants de République démocratique du Congo (476.700) et de Birmanie (415.700). Selon l'organisation basée à Genève, les pays en développement représentent leur première destination, ces derniers accueillant "les quatre cinquième" des réfugiés "à une période où l'hostilité à (leur) égard s'accroît dans de nombreux pays industrialisés". Le Pakistan, l'Iran et la Syrie comptent ainsi "les plus fortes populations réfugiés avec respectivement 1,9 million, 1,07 million et 1,005 million" et en portent le plus lourd poids économique. Comparativement, l'Allemagne, le pays industrialisé qui accueille la plus importante population réfugiée, se situe loin derrière avec 594.000 personnes.

Quant aux requérants d'asile, l'Afrique du sud demeure leur premier choix avec 180.600 demandes enregistrées en 2010, soit un cinquième des demandes mondiales et trois fois plus que celles déposées aux Etats-Unis (54.300) ou en France (48.100). Le Haut commissaire aux réfugiés, Antonio Guterres a ainsi déploré nombre "d'idées fausses sur les mouvements de réfugiés". "Les craintes d'afflux supposé de réfugiés dans les pays industrialisés sont très exagérées ou associées à tort avec des problèmes relatifs à la migration", a-t-il regretté.

AFP et le Figaro

mercredi 8 juin 2011

2% des réfugiés libyens en Europe, selon le HCR

Seule une infime partie des quelque 900.000 personnes ayant fui les violences en Libye ont trouvé refuge en Europe, estime le chef du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Je pense qu'il est important de dire que sur les personnes qui ont fui la Libye, moins de deux pour cent (...) sont venues en Europe", a déclaré Antonio Guterres lors d'une conférence de presse.

Il a précisé que parmi "les quelque 900.000 personnes qui ont déjà quitté la Libye, la très grande majorité sont des ressortissants de pays tiers qui travaillaient comme immigrés en Libye".

Le chef du HCR a invité à "remettre en perspective les discussions faisant parfois état de mouvements massifs de population"."Ces discussions parfois en Europe ne reposent pas sur des faits mais sur des impressions", a-t-il dit, soulignant qu' "il n'y a pas eu de flux massifs de réfugiés de Libye en Europe".

AFP et le Figaro

lundi 28 mars 2011

Le nombre de demandeurs d'asile en baisse partout dans le monde

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCNUR) conclut, dans un rapport rendu public lundi, que le nombre de demandeurs d'asile à l'échelle mondiale a diminué de 5 % par rapport à l'an dernier et de plus de 40 % au cours de la dernière décennie.

Selon les données compilées par le HCNUR, en 2010 358 800 personnes ont déposé des demandes d'asile dans 44 pays industrialisés. En 2001, ils avaient été plus de 620 000 à le faire - un seuil historique.

« La dynamique mondiale de l'asile est en train de changer. Le nombre de demandes d'asile dans les pays industrialisés est beaucoup plus bas qu'il y a dix ans, tandis que les niveaux augmentent d'une année sur l'autre dans un tout petit nombre de pays », a déclaré Antonio Guterres, haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés.

« Nous devons étudier les causes profondes pour déterminer si ce déclin est dû à la diminution des facteurs de départ dans les régions d'origine ou aux contrôles migratoires plus stricts dans les pays d'asile », a-t-il ajouté.

Le rapport du HCNUR comptabilise les demandes, mais ne montre pas combien de demandeurs ont obtenu une réponse favorable.

Les pays d'accueil

Le « rêve américain » exerce toujours son pouvoir d'attraction sur une majorité de migrants : ce sont les États-Unis qui accueillent le plus grand nombre de demandeurs d'asile, soit plus de 55 500 en 2010.

C'est ni plus ni moins une demande d'asile sur six dans le grand compte mondial. Et ce sont surtout les Chinois qui veulent s'implanter en Amérique : 12 850 d'entre eux ont voulu vivre aux États-Unis, loin devant les 4 225 Mexicains.

La France est le deuxième pays de prédilection pour les demandeurs d'asile. Le nombre des demandes qu'elle a enregistré a connu une hausse de 13 % en un an, pour atteindre 47 800 demandes. Les demandeurs d'asile viennent principalement de la Serbie, de la Russie et de la République démocratique du Congo.

Parmi les pays d'accueil, la France est suivie par l'Allemagne, la Suède et enfin, le Canada. Ces cinq pays reçoivent à eux seuls plus de la moitié (56 %) de toutes les demandes d'asile comptabilisées dans le rapport du HCNUR.

Si les demandes d'asile augmentent non seulement dans ces pays mais aussi au Danemark, en Australie et en Nouvelle-Zélande, elles ont diminué dans plusieurs pays de la Méditerranée, dont la Grèce, l'Italie, Malte, l'Espagne et la Turquie.

Outre le fait qu'ils aient adopté des mesures rigoureuses pour lutter contre l'immigration clandestine ces dernières années, certains de ces pays ont connu de graves difficultés économiques lors de la dernière crise, ce qui les a peut-être rendus moins attrayants.

Les pays de départ

La hausse des demandes enregistrée en France et en Allemagne serait attribuable à la levée de l'obligation de visa d'entrée dans l'Union européenne pour les ressortissants de Serbie et de Macédoine, en décembre 2009.

Cette mesure a provoqué une hausse radicale du nombre des demandes d'asile provenant de ces deux pays. Avec 28 900 demandeurs d'asile provenant de la Serbie, ce pays trône au sommet de la liste des pays de départ, en nombre absolu. Le nombre de Serbes demandeurs d'asile est en hausse de 57 %.

Quant à la Macédoine, elle se situe au 10e rang des pays de départ. Mais en passant de 749 demandeurs d'asile, en 2009, à 6522 un an plus tard, elle a fait un bond peu flatteur de 671 %.

Les Afghans sont deuxièmes dans la liste des demandeurs d'asile, suivis des Chinois, des Irakiens et des Russes. Pour la première fois depuis 2005, l'Irak ne figure pas parmi les deux principaux pays d'origine des demandeurs d'asile.

Pression accrue sur les pays pauvres

Bien que la majorité des demandeurs d'asile fuient vers des pays industrialisés en Europe, en Amérique ou en Océanie, le rapport du HCNUR met en évidence la pression croissante exercée sur les pays limitrophes de pays en guerre ou en crise.

Citant en exemple la Côte d'Ivoire, avec ses milliers de réfugiés qui se replient sur le Libéria, et la Libye, avec ses ressortissants qui se replient sur la Tunisie ou l'Égypte, le haut-commissaire Guterres observe que « ce sont toujours les pays en développement qui se taillent la part du lion en matière de responsabilité pour l'accueil des réfugiés. Malgré les nombreux autres défis qu'ils rencontrent, des pays comme le Libéria, la Tunisie et l'Égypte ont ouvert leurs frontières aux personnes dans le besoin ».

La situation au Canada

Le Canada demeure un pays de prédilection pour les personnes qui soumettent des demandes d'asile, mais de 2009 à 2010, il a reçu 30 % moins de demandes.

En 2008, le pays se situait au deuxième rang des pays les plus sollicités. Deux ans plus tard, il avait glissé au cinquième rang.

Le rapport du HCNUR soulève l'hypothèse que l'imposition d'un visa par le Canada à tous les visiteurs mexicains et tchèques depuis 2009 pourrait expliquer ce glissement.

Depuis l'instauration de cette mesure, le nombre de demandeurs d'asile de ces deux pays a chuté de façon draconienne (-84 % pour les Mexicains, et presque aucune demande de la part des Tchèques).

Radio-Canada avec Agence France Presse et Associated Press

mardi 8 mars 2011

Les réfugiés de Libye moins nombreux, les humanitaires inquiets

Le nombre de migrants fuyant la Libye a baissé au cours des derniers jours et il est difficile de savoir s'ils sont délibérément retenus dans le pays ou s'ils craignent d'effectuer le trajet, ont indiqué mardi des responsables de l'aide humanitaire.

Moins d'un cinquième des travailleurs étrangers que l'on croit prêts à quitter la Libye sont arrivés à la frontière tunisienne ou en Egypte, soulignent-ils. "La situation évolue de façon très préoccupante en Libye et nous devons être prêts à un éventuel exode. Il est impossible de savoir exactement ce qui se passe de l'autre côté", a dit Antonio Guterres, chef du Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), au point de passage tunisien de Ras Jdir.

Selon William Lacy, directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), seuls 15 à 20% des migrants présents en Libye ont quitté le pays jusqu'ici. "Le fait que les flux ont un peu ralenti ne signifie pas qu'il n'y en aura pas d'autres", a-t-il néanmoins noté. Plus de 215.000 migrants ont quitté la Libye depuis le début des combats, mais le mouvement a faibli à la fin de la semaine dernière, selon des représentants du HCR et de l'OIM à Genève.

Des réfugiés arrivant à Ras Jdir, principal point de passage en Tunisie quand on vient de Tripoli, ont accusé de brutalités des soldats loyalistes qui les ont dépouillés de la plupart de leurs effets. "Ils ont dit que nos biens appartenaient à la Libye, que nous les avions gagnés sur les richesses de la Libye et que nous devions les restituer", a dit un homme trop effrayé pour donner son nom. "Ils disaient que tout cela était pour le peuple de Libye, pas pour ceux qui s'en vont quand la Libye a besoin d'eux."

D'autres réfugiés ont dit que le calme régnait à Tripoli mais qu'il y avait de nombreux chars et barrages militaires sur la route conduisant à la frontière. "Ils ont fouillé nos sacs et ont pris ce qu'ils voulaient", a rapporté Saeïda Sassi, arrivée avec ses deux petites filles mais sans son ordinateur portable. Guterres a noté que les forces kadhafistes semblaient avoir pris le contrôle de la zone frontalière ces derniers jours, ce qui pourrait expliquer la baisse du nombre des arrivants.

Mariam Karouny, Philippe Bas-Rabérin pour le service français, Reuters, dans l'Express

mardi 15 février 2011

Le HCR coordonne l'aide aux milliers de réfugiés tunisiens arrivant en Italie

Le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sont à Lampedusa et dans plusieurs localités du sud de l’Italie pour aider les autorités locales à gérer l’afflux de Tunisiens ayant fuit leur pays après la chute de l’ancien Président Zine Ben Ali.

Selon les autorités italiennes, plus de 5200 personnes sont arrivés depuis la mi-janvier, dont une vaste majorité, près de 4400, ces trois derniers jours.

« La plupart des arrivants sont des hommes jeunes, mais nous avons également été informés de l’arrivée d’au moins 20 femmes et de plus de 200 mineurs, en majorité non accompagnés », a indiqué mardi la porte-parole de l’agence onusienne, Melissa Fleming, lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse.

Face à cet afflux, le gouvernement italien a décrété « l’état d’urgence humanitaire ». Selon des entretiens menés avec de nouveaux arrivants, la plupart de ces migrants viennent chercher du travail, mais certains évoquent aussi la crainte de violence et d’un effondrement de l’ordre public dans leur pays.

« Le HCR est préoccupé par l’intervention de passeurs en Tunisie, qui exploitent la jeunesse en lui promettant une vie meilleure en Europe. Malgré la courte distance entre la Tunisie et Lampedusa, la haute mer et les mauvaises conditions météorologiques peuvent être dangereuses », a poursuivi Melissa Fleming, qui a indiqué que la plupart des nouveaux arrivants étaient « en bonne santé », mais que selon des informations non confirmées, quatre personnes au moins se seraient noyées ces derniers jours.

L’arrivée d’une population importante sur une courte période a exercé une forte pression sur la petite île de Lampedusa. Un centre de réception, dont la capacité initiale d’accueil est de 800 personnes, héberge actuellement plus de 2 000 personnes. Plusieurs transferts par avion ont été organisés pour décongestionner l’île et accueillir les Tunisiens dans d’autres centres en Italie, qui ont désormais aussi atteint leur capacité d’accueil maximale.

« Nous nous félicitons des efforts du gouvernement italien visant à fournir un hébergement et une assistance aux nouveaux arrivants. Nous espérons qu’une solution sera trouvée rapidement pour alléger le fardeau à Lampedusa », a ajouté Melissa Fleming, avant de saluer « la détermination des autorités italiennes à assurer l’accès aux procédures de demande d’asile pour les arrivants en quête de protection internationale ».

« Nous nous félicitons de cet engagement et appelons à la solidarité avec l’Italie », a-t-elle conclu.

Trouvé sur Afrik.com

mardi 18 janvier 2011

Le HCR s'alarme du renvoi par la Suède de 25 Irakiens dans leur pays

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit "très préoccupé" mardi par le projet de la Suède d'expulser 25 Irakiens à Bagdad mercredi malgré les problèmes d'insécurité qui les attendent dans leur pays d'origine.

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit "très préoccupé" mardi par le projet de la Suède d'expulser 25 Irakiens à Bagdad mercredi malgré les problèmes d'insécurité qui les attendent dans leur pays d'origine. "Le HCR est très préoccupé par le fait que la Suède projette de renvoyer 25 Irakiens à Bagdad demain", a expliqué une porte-parole du HCR à Genève, Melissa Fleming lors d'un point de presse. "D'après ce que nous savons, une partie de ceux qui doivent rentrer appartiennent à des groupes religieux et ethniques, cibles de violences en Irak", a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé qu'un Chrétien irakien avait été expulsé en octobre dans son pays par les autorités suédoises qui sont finalement en train d'accepter sa réadmission en raison d'attaques subies dans son pays. Elle a également estimé que ces personnes avaient droit à une protection en tant que réfugiés, mais aussi en raison de la détérioration des conditions de vie des minorités en Irak.

Les violences contre ces minorités se sont intensifiées récemment en Irak, visant plus particulièrement les Chrétiens. "Nous sommes perturbés par le fait que nos recommandations, notamment sur la situation des minorités en Irak, ne sont pas suffisamment prises en compte par la Suède qui reprend des décisions négatives comme celles prises en 2008 et 2009", a insisté Mme Fleming.

Les autorités suédoises ont annoncé mardi l'arrestation de 70 personnes lors d'une manifestation contre des expulsions d'Irakiens près de la ville de Göteborg (sud-ouest de la Suède). Le HCR a, à de nombreuses reprises ces dernières années, appelé le Royaume-Uni et les pays nordiques à ne pas renvoyer d'Irakiens dans le centre du pays en raison des violences qui y font rage.

AFP

mardi 30 novembre 2010

Le HCR interpelle la Suisse

Suite aux votations de dimanche, le porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a demandé mardi à la Suisse de ne pas remettre en cause "le principe fondamental de non-refoulement".

Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a lancé mardi publiquement un appel à la Suisse de ne pas remettre en cause le principe de non-refoulement, après la votation sur le renvoi des étrangers criminels. Le non- refoulement est un principe fondamental du droit international, a affirmé un porte-parole.  «Le HCR demande aujourd’hui au gouvernement suisse de garantir que le principe de non-refoulement ne soit pas remis en question par le débat en cours sur les expulsions sur les criminels étrangers», a déclaré à la presse à Genève le porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, Adrian Edwards.

Le principe de non-refoulement est un principe fondamental du droit international, a expliqué le porte-parole. «Il existe afin de garantir qu’aucun réfugié ou requérant d’asile ne soit renvoyé dans un pays où il encourt de sérieux risques, comme la persécution, la torture et un traitement inhumain ou dégradant», a-t-il ajouté.

Pour qu’un système d’asile soit effectif, les cas doivent être examinés individuellement. Des garanties légales doivent être prévues pour éviter des renvois forcés dans des pays comportant des risques, a poursuivi le porte-parole du HCR.  «Tout automatisme à cet égard serait en désaccord avec les règles fondamentales de l’état de droit», a averti Adrian Edwards. La Suisse a ratifié la Convention de 1951 sur les réfugiés et doit pleinement la respecter, a rappelé le HCR. L’agence de l’ONU avait déjà exprimé sa préoccupation lundi après l’acceptation de l’initiative dimanche.

ATS et 24 Heures

vendredi 12 novembre 2010

Droits humains: la Libye n'accepte pas les recommandations de la Suisse

La Libye a réagi vendredi aux recommandations faites mardi lors de l'examen de son rapport par le Conseil des droits de l'homme. Elle a rejeté la plupart des demandes des pays occidentaux, dont la Suisse, tout en réservant sa décision sur d'autres.

"Nous ne pouvons pas accepter les demandes contraires à notre religion, à notre culture et à nos traditions", a déclaré à Genève le chef de la délégation libyenne, le vice-ministre des Affaires étrangères Abdelati el-Obeidi.

Moratoire sur les exécutions

Parmi les 29 demandes sur lesquelles Tripoli réserve sa décision jusqu'en mars, se trouvent les recommandations de la Suisse d'autoriser la visite du groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire et de lui donner accès à tous les lieux de détention; ainsi que d'adopter un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort et de supprimer les châtiments corporels dans la loi et la pratique.

La Libye a, par contre, refusé d'emblée une autre demande de la Suisse de libérer les personnes en détention administrative et de mettre fin à la détention arbitraire et à la torture. Elle a cependant accepté la demande helvétique "d'abroger tous les articles criminalisant la liberté d'expression" - tout en rejetant par la suite "toute mesure destinée à protéger les droits aux libertés d'expression et d'association".

Tripoli a refusé une enquête sur tous les cas de disparition forcée, demandée par la France. Il a également rejeté l'adoption d'une législation sur l'asile, la signature d'un accord avec le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) pour formaliser sa présence en Libye et lui donner un plus grand accès aux migrants et demandeurs d'asile, exigées par les Etats-Unis.

Au total, la Libye a accepté 66 recommandations, a repoussé sa décision à la prochaine session de mars 2011 sur 29 et a rejeté 25 autres propositions.

Les 66 recommandations acceptées viennent avant tout des pays amis, arabes et africains, et portent sur l'amélioration des droits de la femme, la lutte contre le trafic des êtres humains, l'éducation et la santé.

ATS

mardi 5 octobre 2010

Le monde confronté à de plus en plus de réfugiés quasi-permanents

Les conflits persistants dans le monde, comme en Somalie ou en Afghanistan, créent de plus en plus de réfugiés "quasi permanents" parmi les 43 millions de déracinés, a averti lundi le directeur du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) Antonio Guterres.

S'exprimant lors de l'assemblée annuelle du comité de direction de l'organisation, M. Guterres a ainsi fait valoir que 2009 avait été l'année la pire jamais enregistrée en 20 ans en terme de retour de réfugiés dans leur pays d'origine.

Seuls quelque 250.000 réfugiés ont pu rentrer chez eux en 2009, soit le quart des moyennes annuelles de ces dix dernières années, selon le HCR. "Nous assistons à la constitution d?un certain nombre de populations réfugiées mondiales", a regretté M. Guterres attribuant cette situation au "caractère évolutif et de plus en plus insoluble" des conflits qui rend plus "difficiles l?établissement et le maintien de la paix".

Le chef du HCR a donné plus particulièrement en exemple l'Afghanistan et la Somalie. Seuls 61 des quelque 678.000 réfugiés somaliens ont retrouvé leur domicile en 2009 alors qu'ils avaient été plus de 51.000 en 2001, souligne encore l'agence onusienne. Le pays connaît une situation particulièrement dramatique avec 1,5 million de personnes déplacées sur son territoire. "Je ne pense pas qu?il y ait un groupe de réfugiés aussi systématiquement rejeté, stigmatisé et discriminé", a insisté M. Guterres.

Le HCR dénombre par ailleurs 1,7 million de réfugiés afghans au Pakistan, un autre million en Iran, tandis que de nombreux autres sont dispersés dans 69 pays de la planète après près de 30 ans de conflits armés dans le pays. Quelque 5 millions sont retournés chez eux volontairement depuis 2002, selon l'agence qui fait également état de nombreux déplacements de population en République démocratique du Congo. Le HCR souligne encore que "plus de la moitié des réfugiés dont (il) assume la responsabilité vivent dans des situations prolongées. La plupart de ce fardeau est assumé par le monde en développement où vivent 4/5e de l?ensemble des réfugiés".

"Entre les besoins et les capacités en matière de réinstallation, le fossé reste immense", a insisté M. Guterres. Le HCR estime toutefois qu?environ 800.000 réfugiés ont besoin d?être réinstallés alors que le nombre annuel de places à disposition "ne représente que 10% de ce chiffre".

AFP