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jeudi 24 novembre 2011

La Suède, première destination des demandeurs d’asile des Balkans

La Suède est le pays recensant le plus de demandes d’asile provenant des pays des Balkans. C’est ce que rapporte l’agence d’information INA.

Selon les données de la Commission européenne, la Suède a reçu un nombre important de demandes d’asile en 20010, première année du régime de libéralisation des visas. La plupart venait de Serbie, du Kosovo et de Macédoine. Après la Suède viennent l’Allemagne, avec 6 500 demandes, et la France avec 5 800. Par rapport à la première année de mise en application du régime de libéralisation des visas, les demandes sont moins nombreuses cette année. La Macédoine, quant à elle, a adopté certaines mesures afin d’éviter une utilisation abusive de cette mesure de libéralisation.

albinfo.ch

samedi 22 janvier 2011

En 2007, les ministres suédois voulaient stopper les réfugiés irakiens

Des télégrammes diplomatiques américains transmis par WikiLeaks au quotidien suédois Svenska Dagbladet font état, vendredi 21 janvier, des efforts de plusieurs ministres suédois pour limiter l'arrivée de réfugiés irakiens en Suède. Ces documents, qui font beaucoup de bruit en Suède, sont publiés alors même que le royaume scandinave se livre en ce moment à des séries d'expulsions de demandeurs d'asile irakiens déboutés qui ont provoqué des manifestations dans plusieurs villes de Suède et des dizaines d'arrestations.

suède max bildt

Carl Bildt, ministre conservateur des affaires étrangères, auraient, selon WikiLeaks, demandé à l'Irak de reprendre les demandeurs d'asile refoulés, faute de quoi la Suède ne rouvrirait pas l'ambassade à Badgad. AP/Andy Wong

Mercredi, vingt Irakiens ont été déportés vers le centre de l'Irak, après que leur recours auprès de la cour européenne des droits de l'homme a été rejeté. Le gouvernement suédois a déclaré que la situation générale s'était améliorée en Irak et que les chrétiens d'Irak ne craignaient plus de risque de persécution. Une décision très durement critiquée par le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés, qui a répliqué que la fuite actuelle de milliers de chrétiens était une indication du contraire.

Vingt-cinq manifestants ont été arrêtés mercredi matin devant le bureau de l'Agence des migrations à Märsta près de Stockholm. La veille, près de Göteborg, dans l'ouest, la police avait arrêté 70 manifestants qui se trouvaient près d'un camp de transit afin d'empêcher l'expulsion d'un groupe d'Irakiens. La Suède a répondu aux critiques en disant que chaque cas était étudié individuellement.

"Pauvres et peu éduqués"

Les autorités sont nettement plus silencieuses s'agissant des informations ressortant des télégrammes diplomatiques. Au cours d'une visite en Irak en 2007, Carl Bildt, ministre conservateur des affaires étrangères, et Tobias Billström, son homologue chargé de l'immigration, au cours d'entretiens avec des officiels américains, avaient exprimé leur souci vis-à-vis de l'ampleur de l'immigration irakienne en Suède. Selon les ministres, cette immigration était tellement importante que l'opinion suédoise réclamait maintenant une politique d'immigration plus dure.

Au cours de cette rencontre, Carl Bildt avait insisté, selon les médias suédois, pour que l'Irak accepte les demandeurs d'asile refoulés. Dans le cas contraire, aurait dit Carl Bildt, la Suède ne rouvrirait pas d'ambassade à Bagdad. Selon les ministres, l'opinion suédoise bougeait à cause de plusieurs cas de crimes d'honneur. Les ministres constataient aussi que beaucoup des Irakiens arrivés en Suède étaient souvent pauvres et peu éduqués, et donc encore plus difficiles à assimiler en Suède.

Aucune de ces déclarations n'a été ni confirmée ni commentée par les ministres concernés mais les réactions sont nombreuses en Suède. Le Conseil constitutionnel devrait être saisi. "Je ne veux pas croire qu'ils ont dit quelque chose d'aussi abominable", a réagi Cecilia Wikström, députée européenne libérale, du même camp politique que les ministres. "Les conservateurs se sont adaptés aux forces xénophobes", a critiqué Bodil Ceballo, des Verts.

L'accord entre l'Irak et la Suède avait été signé en 2008, l'ambassade de Suède à Bagdad a rouvert ses portes il y a tout juste un an. Entre 2007 et 2010, quelque 30 000 Irakiens ont demandé l'asile en Suède. Environ les deux-tiers d'entre eux ont obtenu le droit de rester.

Olivier Truc, correspondant à Stockholm, Le Monde

mercredi 19 janvier 2011

Des Suédois protestent contre des expulsions d'Irakiens

Généreuse envers les demandeurs d’asile irakiens, la Suède vient toutefois de renvoyer en Irak une vingtaine de personnes auxquelles a été refusé le statut de réfugié.

« Nous sommes à peu près sûrs que ces gens risquent d’être tués une fois rentrés en Irak, et pourtant les autorités ont décidé de les expulser, c’est inacceptable », se navre Tobias Herrström.
Ce pasteur suédois de 28 ans fait partie de ceux qui ont tenté de s’opposer physiquement au transfert d’une vingtaine de réfugiés irakiens expulsés mercerdi 19 janvier par la police du royaume. « Au moins trois d’entre eux sont des chrétiens nouvellement convertis, précise- t-il. On sait très bien ce qui les attend dans leur pays. »
Joint par téléphone à Göteborg, la deuxième ville de Suède où il officie, le pasteur n’en revient pas que Stockholm passe outre aux critiques émises par le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), la Croix-Rouge et le Conseil de l’Europe.
En Suède aussi, les expulsions forcées d’Irakiens – environ 800 depuis le début de 2008 – suscitent une certaine émotion. La branche locale d’Amnesty International est mobilisée. Quant au Conseil chrétien de Suède, organisme œcuménique, il demande que « les expulsions forcées cessent pour le moment ».

Le gouvernement fait le dos rond

Les autorités de Bagdad le souhaitent aussi, qui préviennent ne pas pouvoir garantir la sécurité de tous les Irakiens rapatriés. « Notre gouvernement est prêt à accepter ceux qui rentrent au pays de leur plein gré, mais déporter des gens contre leur volonté pose de vraies questions », estimait dimanche 16 janvier l’ambassadeur irakien en Suède, Hussein Al Ameri, sur une radio suédoise.
À Stockholm, le gouvernement fait le dos rond. Il estime être dans son bon droit, en rappelant qu’un accord sur le rapatriement des réfugiés n’ayant pas obtenu l’asile avait été signé en février 2008 avec les autorités irakiennes.
Le Danemark, la Norvège et le Royaume-Uni ont fait de même. « La Suède n’a aucune raison de renégocier cet accord. Nous n’avons d’ailleurs pas reçu de demande officielle en ce sens de la part de l’Irak », a expliqué Tobias Billström, le ministre de l’immigration.
Le gouvernement de centre droit estime que le royaume a fait preuve de générosité par le passé. En 2007, par exemple, la Suède avait accueilli plus de la moitié (18 500) des Irakiens ayant fait une demande d’asile cette année-là dans toute l’Union européenne. Et plus de 90 % d’entre eux avaient obtenu cet asile.

Une vingtaine d’expulsés

« En Irak et dans les pays voisins, on se passe le mot pour vanter les avantages de la Suède », déclarait alors à La Croix le chef d’une unité chargée d’étudier les dossiers des demandeurs d’asile. L’an dernier, le pays, qui compte 130 000 Irakiens sur 9,3 millions d’habitants, a accordé l’asile à 50 % des 1 970 Irakiens qui l’avaient demandé (contre 27 % en 2009).
À partir de 2008, certains Irakiens ont commencé à rentrer chez eux à cause d’un retour progressif à la sécurité. D’autres, environ 5 000 personnes, priées de s’en aller une fois leur demande d’asile rejetée en appel, sont parties de leur plein gré, en vertu de l’accord passé avec Bagdad.
Restent ceux qui refusent d’obtempérer – dont la vingtaine d’expulsés de mercredi 19 janvier –, et ce bien que la justice suédoise ait rejeté leur demande en appel.
« Ces gens-là ne peuvent pas prouver qu’ils sont menacés individuellement mais ils le sont de manière diffuse et collective », objecte le pasteur Herrström qui, « à titre personnel », s’est interposé face à la police lundi et risque désormais d’être poursuivi.

Antoine Jacob, à Stockholm, pour la Croix

mardi 18 janvier 2011

Le HCR s'alarme du renvoi par la Suède de 25 Irakiens dans leur pays

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit "très préoccupé" mardi par le projet de la Suède d'expulser 25 Irakiens à Bagdad mercredi malgré les problèmes d'insécurité qui les attendent dans leur pays d'origine.

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit "très préoccupé" mardi par le projet de la Suède d'expulser 25 Irakiens à Bagdad mercredi malgré les problèmes d'insécurité qui les attendent dans leur pays d'origine. "Le HCR est très préoccupé par le fait que la Suède projette de renvoyer 25 Irakiens à Bagdad demain", a expliqué une porte-parole du HCR à Genève, Melissa Fleming lors d'un point de presse. "D'après ce que nous savons, une partie de ceux qui doivent rentrer appartiennent à des groupes religieux et ethniques, cibles de violences en Irak", a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé qu'un Chrétien irakien avait été expulsé en octobre dans son pays par les autorités suédoises qui sont finalement en train d'accepter sa réadmission en raison d'attaques subies dans son pays. Elle a également estimé que ces personnes avaient droit à une protection en tant que réfugiés, mais aussi en raison de la détérioration des conditions de vie des minorités en Irak.

Les violences contre ces minorités se sont intensifiées récemment en Irak, visant plus particulièrement les Chrétiens. "Nous sommes perturbés par le fait que nos recommandations, notamment sur la situation des minorités en Irak, ne sont pas suffisamment prises en compte par la Suède qui reprend des décisions négatives comme celles prises en 2008 et 2009", a insisté Mme Fleming.

Les autorités suédoises ont annoncé mardi l'arrestation de 70 personnes lors d'une manifestation contre des expulsions d'Irakiens près de la ville de Göteborg (sud-ouest de la Suède). Le HCR a, à de nombreuses reprises ces dernières années, appelé le Royaume-Uni et les pays nordiques à ne pas renvoyer d'Irakiens dans le centre du pays en raison des violences qui y font rage.

AFP

dimanche 7 novembre 2010

Suède: arrestation d'un homme qui pourrait être le "flingueur d'immigrés"

La police suédoise a annoncé dimanche avoir arrêté un homme de 38 ans soupçonné de meurtre et de tentative de meurtre à Malmö, dans le sud du pays où sévirait un tireur isolé prenant pour cibles des immigrés.

"La personne arrêtée est soupçonnée de meurtre et de tentative de meurtre, ces soupçons sont liés aux tirs qui ont eu lieu récemment à Malmö", a déclaré une porte-parole de la police pour la région de Scanie, Sofie Österheim. L’interpellation a eu lieu samedi soir, a-t-elle précisé sans vouloir faire plus de commentaires avant une conférence de presse convoquée à Malmö à 13h. Elle a notamment refusé de dire si la police pensait avoir arrêté le "flingueur d’immigrés".

Les policiers enquêtent depuis plus d’un an sur une série de tirs ayant fait un mort et plusieurs blessés à Malmö. Ils ont indiqué le 22 octobre étudier la piste d’un tireur isolé qui, mû par la haine raciale, aurait pris pour cible une quinzaine de personnes d’origine étrangère. Les enquêteurs pensent que l’individu qu’ils recherchent pourrait également être l’auteur d’un certain nombre de meurtres non élucidés remontant jusqu’à 2003.

Cette affaire rappelle aux Suédois le cas survenu à Stockholm au début des années 1990, lorsqu’un tireur baptisé "Laserman" avait pris pour cibles onze immigrés, certains à l’aide d’un fusil à visée laser. De son nom John Ausonius, il avait ainsi tué une personne et a été condamné à la perpétuité en 1994.

AFP relayée par 24 Heures

mardi 2 novembre 2010

La Suède cesse de renvoyer les demandeurs d'asile en Grèce

La Suède a décidé mardi de cesser de renvoyer les demandeurs d'asile vers la Grèce en raison des conditions difficiles de détention des migrants clandestins dans ce pays, a déclaré le directeur général des services d'immigration suédois.

"Depuis aujourd'hui (mardi) 17h00, nous nous abstenons de renvoyer les demandeurs d'asile vers la Grèce", malgré l'accord Dublin-II qui prévoit qu'un Etat membre renvoie les immigrés clandestins dans le pays où ils ont fait leur entrée dans l'Union européenne, a déclaré Dan Eliasson. Les raisons de cette décision sont que "la situation des demandeurs d'asile en Grèce se détériore constamment" et que "la Cour européenne des droits de l'Homme a demandé aux Etats membres de l'UE de se retenir de renvoyer les demandeurs d'asile en Grèce", a-t-il précisé.
D'autres pays, comme la Norvège et l'Autriche, ont pris ce type de décision. Actuellement en Suède une centaine de personnes sont concernées par la décision prise mardi, selon M. Eliasson. "Pour le moment, nous avons pris cette décision, nous n'avons pas encore décidé de ce que nous allions faire avec ces personnes", a-t-il ajouté en estimant qu'il faudrait aux autorités suédoise quelques jours de réflexion avant de se prononcer sur ce sujet.
Le 20 octobre, l'ONU a dénoncé les conditions de détention "inhumaines" réservées en Grèce aux migrants ayant illégalement franchi la frontière. L'UE a déployé 175 garde-frontières en Grèce pour aider ce pays à lutter contre un afflux de migrants clandestins venus de Turquie.

AFP relayée par 7sur7.be

jeudi 28 octobre 2010

Malmö tremble sous la menace du "flingueur d'immigrés"

La nuit est tombée sur Malmö, Naser Yazdenpaneh termine sa journée en repassant un dernier pantalon, dans la vitrine de son échoppe il ne voit que son reflet... quand un claquement le fait sursauter en même temps que le panneau de verre se fracasse.

malmö tueurs immigrés

En colère, ce repriseur iranien se précipite dans la nuit noire et saisit l'individu qui, pense-t-il, vient de jeter une pierre. Mais un puissant coup de tête dans les dents lui fait lâcher prise. Quelques minutes plus tard, un policier extrait deux balles de fusil de l'encadrement de la vitrine et M. Yazdenpaneh, 57 ans, comprend: il a peut-être échappé au tireur qui, selon la police, semble s'en prendre depuis plus d'un an à la population immigrée de cette ville du sud de la Suède.

La scène se passe vendredi dernier, deux jours après que la police suédoise a révélé étudier la piste d'un tireur isolé qui, mû par la haine raciale, aurait pris pour cible une quinzaine de personnes d'origine étrangère: une a été tuée et beaucoup d'autres blessées. Les enquêteurs pensent que l'individu qu'ils recherchent pourrait également être l'auteur d'un certain nombre de meurtres non élucidés remontant jusqu'à 2003. Depuis cette révélation, la population de Malmö est sous tension.

"J'ai si peur. Je ne sors plus de chez moi après 16h00. Toutes mes amies ressentent la même chose que moi", confie une Somalienne de 31 ans, Hodan Imi, rencontrée dans sa banlieue à forte population immigrée, Rosengaard, où elle vit depuis une dizaine d'années. "En Somalie, il y a la guerre, mais j'ai encore plus peur ici", avoue Naima, 56 ans, vêtue d'un hijab rouge et arrivée en Suède il y a sept mois. "Là-bas, je savais qui était dangereux, alors qu'ici, cela pourrait être n'importe qui. Je passe mon temps à me retourner", explique-t-elle.

Cette affaire rappelle aux Suédois le cas survenu à Stockholm au début des années 1990, lorsqu'un tireur baptisé "Laserman" avait pris pour cibles onze immigrés, certains à l'aide d'un fusil à visée laser. De son nom John Ausonius, il avait ainsi tué une personne et a été condamné à la perpétuité en 1994.

A Malmö, au cours du seul dernier mois, plusieurs cas, dont ceux de deux hommes touchés dans le dos à une semaine d'intervalle alors qu'ils attendaient à un arrêt d'autobus, semblent ne constituer qu'une seule et même affaire. Si bien que le tireur de Malmö a été surnommé "le nouveau Laserman". Dans sa boutique, qu'il a refusé de fermer après son agression, M. Yazdenpanah, en Suède depuis 21 ans, écrase une larme en montrant les bouquets de fleurs reçus depuis la terrible soirée. "Je ne pourrai jamais remercier assez les Suédois pour leur soutien", lâche cet homme avec un sourire laissant apparaître la dent cassée durant sa lutte la semaine dernière.

La police a mis en place une équipe spéciale et une unité de profilage pour tenter d'élucider l'affaire, mais en dépit de centaines de renseignements recueillis auprès de la population, les enquêteurs ne parviennent pas à définir précisément le profil du suspect car il n'a eu que très peu de contact direct avec ses victimes. Et parallèlement aux efforts semble-t-il assez vains jusque-là de la police, les rumeurs se multiplient sur des groupes qui auraient lancé une chasse à l'homme pour retrouver "le nouveau Laserman".

Sans confirmer ces rumeurs, le chef de la police régionale Börje Sjöholm a mis en garde la population contre l'envie de faire soi-même justice en soulignant que "le danger vient du fait que de tels groupes n'auront pas le même niveau d'exigence que nous en ce qui concerne les preuves (...) des innocents pourraient être blessés".

mardi 5 octobre 2010

Les Roms kosovars s’adressent en nombre à la Belgique, à la Suède et à l’Allemagne

Le nombre des demandes d'asile en Belgique, en Allemagne et en Suède, déposées par des Roms du Kosovo, a connu un bond au mois de septembre, ont annoncé mardi les médias belges.

roms kosovars asile


Les services de l'immigration belges ont enregistré en septembre 196 demandes de statut de réfugié adressées par les ressortissants du Kosovo. La plupart de ces requêtes émanent de Roms.
Le lien entre l'afflux des réfugiés et l'expulsion des Roms de France n'est pas encore avéré, selon les médias.
A la fin du mois de juillet dernier, à la suite de troubles organisés en France par des Roms, le président Sarkozy a déclaré la fermeture de plus de 200 camps de Roms et l'expulsion de leurs occupants vers leurs pays d'origine - la Roumanie et la Bulgarie.

RiaNovosti

Plus de 4’500 personnes manifestent contre l’extrême-droite à Stockholm

Plus de 4.500 personnes selon la police se sont rassemblées lundi en fin d'après-midi à Stockholm pour manifester contre le parti d'extrême droite les Démocrates de Suède (SD), qui ont siégé pour la première fois au Parlement.

La foule, massée sur une place du centre de la capitale suédoise, criait "Nous sommes les plus nombreux, nous sommes les plus forts, stop au racisme", avec des banderoles proclamant "Les SD ont tort", "Pas de racistes au Parlement", "Rendez-nous la Suède" ou encore "Tout le monde est une grande famille", a constaté une journaliste de l'AFP.

Organisée par une association anti-raciste et des petits partis de gauche, la manifestation s'est ensuite dirigée vers le Parlement peu après 18H30 (16H30 GMT), à quelques centaines de mètres de là. Il s'agit de la deuxième manifestation d'envergure contre l'extrême droite à Stockholm, après celle du 20 septembre, qui avait réuni quelque 6.000 manifestants au lendemain des élections législatives entraînant l'entrée historique des SD au Riksdag. "Nous protestons contre le fait qu'il y ait un parti raciste au Parlement", a expliqué à l'AFP Lucas Pena, 28 ans, venu avec sa fille de 18 mois en poussette. "C'est déprimant de voir que des gens ont voté pour eux. Regardez autour de vous, il y a des gens de partout à travers le monde, nous sommes tous suédois", a-t-il dit.

Mirkha Murillo, une enseignante de 56 ans née en Colombie mais depuis 30 ans en Suède, est venue avec deux drapeaux suédois représentants ses deux petits-enfants, nés en Suède. Lorsque les SD ont été élus au Parlement, "mes enfants étaient tristes, ils ont pleuré", raconte-t-elle. "Mais nous ne devrions pas pleurer, nous devrions nous battre pour ça". D'autres manifestations étaient prévues un peu partout en Suède.

Les membres du Parlement suédois, dont les 20 nouveaux députés SD, se sont rassemblés lundi pour élire leur président, à la veille de l'ouverture officielle de la session parlementaire. Faute d'un consensus gauche-droite, Per Westerberg (Modérés, centre-droit) a été réélu avec les voix de l'extrême droite. Mardi, le Premier ministre de centre-droit Fredrik Reinfeldt doit présenter son gouvernement devant la nouvelle chambre.

AFP

lundi 20 septembre 2010

Suède: l’extrême droite entre au parlement

La coalition de centre-droit sortante a remporté ce dimanche les législatives suédoises mais rate la majorité absolue au parlement, où avec 5,7% des voix l’extrême-droite fait une entrée historique et occupe désormais une position stratégique.

Jimmie Akesson,  le chef des «Démocrates de Suède», l’extrême-droite suédoise, exulte. (AFP) 
Jimmie Akesson, le chef des «Démocrates de Suède», l’extrême-droite suédoise, exulte. (AFP)

Selon les résultats définitifs, la coalition gouvernementale de Fredrik Reinfeldt obtient 49,2% des voix et 172 sièges sur les 349 du Riksdag, trois de moins que la majorité absolue. Elle devance le bloc de gauche «rouges-verts» mené par la sociale-démocrate Mona Sahlin qui remporte 157 sièges et 43,7% des voix.

L’extrême-droite des Démocrates de Suède (SD) qui réalise une percée historique sur la scène politique suédoise avec 5,7% des suffrages, obtient 20 sièges.

La droite traditionnelle et la gauche ont exclu de collaborer avec ce parti que le chef du gouvernement a qualifié de «xénophobe et populiste».

M. Reinfeldt qui disposait d’une majorité de 178 sièges dans la précédente assemblée, se heurte désormais à l’extrême-droite qui occupe une position de blocage ou d’arbitre. «Ce n’est pas le résultat que je souhaitais pour ces élections», a-t-il dit faisant allusion au score de l’extrême-droite et à la perte de sa majorité au Riksdag. «J’ai été clair... Nous n’allons pas coopérer ou être dépendants des Démocrates de Suède», a-t-il réaffirmé.

Il a ajouté qu’il envisageait de «se tourner vers les Verts (membres de la coalition de gauche, ndlr) pour trouver un plus large soutien au parlement».

Une dirigeante du parti des Verts, Maria Wetterstrand, a cependant quelque peu tempéré les projets de M. Reinfeldt. «Ca va être très difficile pour nous, après cette campagne, de regarder nos électeurs dans les yeux et de leur dire qu’on va coopérer avec ce gouvernement», a-t-elle affirmé. Il pourrait aussi en ultime recours convoquer de nouvelles élections, selon des analystes.

Quelque sept millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire les 349 députés du parlement pour un mandat de quatre ans.

C’est la première fois en près d’un siècle qu’un gouvernement de droite est réélu dans un pays où les sociaux-démocrates ont largement dominé la scène politique. C’est aussi la première fois que l’extrême-droite va s’installer au parlement, les Démocrates de Suède franchissant la barre des 4% de voix requis.

Le jeune chef du parti d’extrême-droite, Jimmie Aakesson, 31 ans, a promis de ne pas créer le chaos au Riksdag «Nous ne créerons pas de problème. Nous prendrons nos responsabilités. C’est ma promesse au peuple suédois», a-t-il lancé devant ses partisans et une horde de photographes. «Aujourd’hui nous avons écrit l’histoire politique. C’est fantastique», s’est-il exclamé, alors que ses sympathisants chantaient, dansaient et scandaient son nom.

Mona Sahlin qui, à 53 ans, espérait devenir la première femme chef du gouvernement de Suède et qui se posait en gardienne du célèbre Etat-providence suédois, échoue dans sa tentative. «Nous avons perdu. Nous n’avons pas été capables de regagner la confiance», a-t-elle dit devant ses sympathisants, certains en pleurs. «C’est maintenant à Fredrik Reinfeldt de dire comment il prévoit de diriger la Suède sans laisser d’influence aux Démocrates de Suède», a-t-elle ajouté.

Les SD qui veulent stopper la forte immigration en Suède (plus de 100’000 personnes par an) n’ont cessé de progresser au sein de l’électorat suédois. Ils n’avaient recueilli que 0,37% des suffrages lors des législatives de 1998, puis 2,9% en 2006. Quatre ans plus tard ils doublent quasiment leur score avec 5,7% des suffrages.

AFP relayé par le Temps.

Suède: l’extrême droite entre au parlement

Suède: les sociaux démocrates s'effondrent ce week-end aux législatives. L'alliance du Premier ministre Fredrik Reinfeldt se voit néanmoins privéé de la majorité absolue et pourrait être amené à devoir composer avec un nouvel acteur.

Dans le Journal de la TSR