jeudi 16 juin 2011

Lampedusa, ses plages et ses boat-people

Mêlant voyage en famille et reportage, une famille brestoise a assisté à l'arrivée de réfugiés de Libye. Là où les Africains frappent à la porte de l'Europe. 

lampedusa arrivée réfugiés

« En famille, nous avons décidé d'un printemps italien. Deux mois et demi dans la « botte », au départ de Brest, avec nos trois loupiots de 5, 8 et 10 ans. L'occasion aussi de réaliser un reportage à Lampedusa. Cette île tout au sud de l'Europe est depuis toujours une porte d'entrée pour les réfugiés du continent africain. Conséquence du soulèvement tunisien, elle voyait déferler des milliers de fuyards profitant de l'absence de contrôle en mer côté tunisien.

L'Italie, l'Europe, étaient déboussolés. Lampedusa a accueilli jusqu'à 7 000 Tunisiens simultanément. À notre arrivée, ils n'étaient plus là. Les 5 000 habitants étaient encore sous le choc. Les TV du monde entier avaient débarqué. Berlusconi aussi, achetant une maison au passage !

Lézardé, le mur virtuel de l'Europe n'a pas tardé à se reconstruire. Des accords ont été passés avec le gouvernement provisoire tunisien pour l'aider à contrôler ses frontières. Les rares personnes qui fuient sont renvoyées par avion. Trente Tunisiens encadrés par soixante policiers. En avril, il y avait deux à trois rotations par jour vers Tunis.

Ils avaient réussi !

Puis sont venus les Lybiens. Ou plutôt les travailleurs immigrés de Libye : Nigérians, Ivoiriens, Somaliens, Ghanéens... Un petit chalutier de 20 mètres a pointé son étrave. À l'intérieur, 760 réfugiés ! C'était à peine croyable. Le moindre mouvement risquait de faire chavirer le bateau. Ils étaient partis trois jours plus tôt de Misrata. S'étaient perdus en mer. Les garde-côtes n'avaient trouvé personne à la barre. Juste une corde pour conserver un cap approximatif.

Sale impression que de voir 760 noirs tassés assis à bord, dociles, silencieux, accueillis par une rangée de carabinieri impeccables, armés jusqu'aux dents. Et au milieu des rescapés, une poignée de sauveteurs blancs, en combinaison blanche, gants blancs, masque blanc sur la bouche. Heureusement, les masques, les gants sont tombés. Les sourires se sont dessinés. Des très jeunes couples se tenaient la main. Ils avaient réussi ! Le cordon sécuritaire n'a pas résisté. C'était bon de partager ces instants, de parler avec les uns et les autres, pleins d'espoir de trouver du travail, en sécurité.

Les enfants étaient de l'autre côté du port, sur la plage la plus méridionale d'Europe, où des ados jouaient au beach-volley. On voit mieux l'insupportable décalage Nord-Sud depuis ces rares points de jonction. L'Afrique n'est qu'à 180 km de Lampedusa. Brest-Lamballe...

Des insulaires solidaires

Le tourisme, principale ressource de l'île, s'est effondré. Le camping est vide. Il n'y a que des policiers et des journalistes dans les hôtels. Le gouvernement a promis 200 € à ceux qui y prendraient leurs vacances. Et pourtant, c'est la solidarité, l'empathie, qui caractérisent les Lampedusiens. Pendant des semaines, ils ont collecté des vêtements, de la nourriture, hébergé des rescapés... Il y a beaucoup d'inquiétude. Mais pas de haine, pas de racisme simpliste.

Aujourd'hui, le système est rôdé pour « protéger » l'île. Un ferry réexpédie les réfugiés vers l'Italie par paquets de mille. Chaque ville prend son quota. Les premiers secours sont amicaux. Les centres de rétention je ne sais pas. L'Italie s'organise, un peu seule. L'Europe finance. 40 000 migrants sont arrivés à Lampedusa depuis février. Selon l'Onu, au moins 1 200 autres auraient péri en mer. A une autre époque où la Marine nationale croisait au large du Cambodge pour secourir les boat-people.

Personne ne voit d'issue tant qu'il y aura la guerre. Et encore, il était sûrement plus facile de conclure des accords peu avouables empêchant l'immigration avec des dictatures, qu'avec une éventuelle future démocratie.

Pendant quelque temps, nos enfants ont joué aux « clandestins » et dessiné des bateaux surchargés. Ils étaient aux premières loges. Comme tous les Européens. »

Sébastien Panou dans Ouest-France

mercredi 15 juin 2011

La Fédération des Églises protestantes de Suisse chargée du contrôle des renvois prévu dans la législation sur les étrangers

L’Office fédéral des migrations (ODM) charge la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) d’assurer le contrôle de l’exécution des renvois en vertu de la législation sur les étrangers. Cette mission consiste à veiller au respect des droits fondamentaux, plus précisément à ce que les opérations menées par l’Etat soient légales et appropriées. Il s’agit d’un projet-pilote d’une durée limitée à six mois.

La FEPS représente les intérêts des Eglises protestantes suisses à l’échelle tant nationale qu’internationale. La migration étant, depuis des années, un sujet qui lui tient à cœur, elle s’investit dans différents domaines liés au respect des droits de l’homme et de la dignité humaine. Cet engagement est essentiel pour accomplir une mission aussi sensible que le contrôle de l’exécution des renvois. La FEPS est secondée par l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés pour réaliser ce projet-pilote.

La phase-pilote de six mois doit permettre d’examiner et de définir les modalités pratiques de ce contrôle. Des personnalités, telles que par exemple d’anciens chefs de départements cantonaux de justice et police ou des professeurs de droit, sont appelées à jouer, durant cette période d’essai, le rôle d’observateurs dans le cadre des vols spéciaux. A la fin de ce projet-pilote, une évaluation permettra de déterminer les adaptations qui s’imposent avant d’introduire définitivement le contrôle de l’exécution des renvois.

La Directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier constitue un développement de l’acquis de Schengen et contraint, dans son art. 8, al. 6, les Etats Schengen à mettre sur pied un système efficace pour contrôler les renvois. Elle a été transposée dans le droit national le 1er janvier 2011. Le contrôle des renvois effectués par voie aérienne est ainsi réglementé à l’art. 15f-i de l’ordonnance sur l’exécution du renvoi et de l’expulsion d’étrangers.

Communiqué de la FEPS

«L’Etat contribue à la désintégration de requérants d’asile»

michel raclozA l’approche du Dimanche des réfugiés, un responsable de l’Eglise catholique dit son désarroi face au traitement de certaines catégories de migrants en situation précaire dans le canton.

Michel Racloz a une vocation: venir en aide aux exclus de la société. Il est responsable du département Solidarités de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud. De son père missionnaire et animateur en développement rural en Afrique, il a hérité d’une empathie particulière pour ceux qui viennent de loin. Or, le 19 juin, la Suisse célèbre le Dimanche des réfugiés. Michel Racloz désapprouve le traitement de certaines catégories de migrants en situation précaire.

Qu’est-ce que le Dimanche des réfugiés?

C’est une journée nationale qui a lieu le troisième dimanche de juin. Elle sert à exprimer notre solidarité à l’égard des réfugiés

Et faisons-nous preuve de solidarité avec eux?

L’Etat et la société civile favorisent l’intégration des migrants en général. Ceux-ci sont une richesse pour nous par leur apport économique, aux assurances sociales, au sport ou à la recherche. En revanche, l’Etat contribue à la désintégration sociale des requérants d’asile déboutés à l’aide d’urgence et des cas du système «Dublin».

En quoi l’Etat désintègre-t-il ces catégories de requérants?

Ceux qui relèvent de l’aide d’urgence ne reçoivent que des biens de première nécessité, ils n’ont pas d’intimité puisqu’ils passent leurs nuits dans des dortoirs, se trouvent exclus du fait qu’ils n’ont pas les moyens financiers de se déplacer. L’aide d’urgence in- troduite en 2004 pour les NEM (les non-entrées en matière), puis en 2008 pour les requérants déboutés devait durer quelques jours jusqu’à leur départ rapide. Pour beaucoup, cette situation précaire dure depuis des années. Ce système a complètement négligé la complexité humaine des cas particuliers. Ces personnes ne peuvent pas rentrer pour toutes sortes de raisons: la peur de représailles, l’honneur, le fait que leur village se soit cotisé pour payer le voyage… Et de plus en plus de personnes à l’aide d’urgence tombent malades psychiquement.

Et pourquoi dénoncez-vous aussi le système «Dublin»?

L’accord de Dublin permet depuis 2008 de renvoyer des requérants dans le pays d’Europe où ils ont été enregistrés comme requérants d’asile. Cela implique des cas humains très difficiles, comme ces femmes violées en Italie ou dans un pays de l’Est et que l’Etat renvoie, alors qu’il pourrait examiner ces situations tragiques.

24 Heures

L'UDC ne veut pas de réfugiés aux Collons

Mercredi soir, l'UDC Hérens a annoncé le lancement d'une pétition contre l'accueil aux Collons d’une cinquantaine de requérants d'asile dans un hôtel de la station.

udc réfugiés collons

Les autorités cantonales valaisannes ont indiqué la semaine dernière que des requérants d'asile allaient être «provisoirement logés» à l'Hôtel de l'Ours, dans la station des Collons, au-dessus de Sion. Cette mesure doit répondre à une situation d'urgence, les capacités d'hébergement du canton étant saturées.

La structure d'accueil aux Collons doit accueillir du 15 juin au 30 novembre 2011 une cinquantaine de personnes au maximum. Cette annonce a fait bondir la section locale de l'UDC. Elle a indiqué, mercredi soir lors d'une conférence de presse, s'opposer avec «force et vigueur» à «l'implantation» d'un centre pour demandeurs d’asile aux Collons.

«Un foyer d'insécurité»

«Alors que la population de la vallée doit déjà faire face à une vague de vols commis par de faux sourds-muets venus de Roumanie, l'UDC Hérens est très inquiète de la création d'un tel foyer d'insécurité et de trafics en tout genre (drogue, etc.) dans la région», a expliqué Grégory Logean, président de l'UDC Hérens et Conseiller municipal à Hérémence.

Le jeune élu UDC, candidat au Conseil national, dénonce une «politique du fait accompli» des autorités cantonales. «La montagne et notre vallée en particulier ne doit pas faire les frais de la politique laxiste de la Confédération en matière d'asile. Cette situation démontre, une fois de plus, l’échec total de l'accord de Schengen/Dublin. C'est aussi un coup dur pour l'image de marque de la station touristique des Collons ainsi que pour la sécurité des chalets et appartements avoisinants», affirme-t-il.

Dans une «action citoyenne», l'UDC Hérens a décidé de lancer une pétition qui demande au Conseil d'Etat de renoncer à implanter un nouveau centre pour demandeurs d'asile aux Collons et dans le district d’Hérens.

L'UDC divisée?

Dans ce dossier, les sections locales de l'UDC du Valais romand semblent se renvoyer la «patate chaude». Au mois de mai, Patrick Arlettaz, le président de la section Haut-Lac, proposait précisément que les requérants soient hébergés dans les «lits froids» de stations de ski.

«Le Chablais accueille proportionnellement davantage de requérants que les autres régions du canton, affirme-t-il. Les autorités n'ont qu’à trouver de la place ailleurs! Elles pourraient héberger les demandeurs d'asile dans des stations de ski comme Verbier ou Crans-Montana. Elles ont assez de lits froids à disposition!», déclarait-il.

Au secrétariat cantonal du parti, on affirme qu'il n'y a aucun schisme entre les sections. «On peut bien envisager d'héberger ces demandeurs d'asile à la montagne. Encore faut-il toutefois éviter, pour cela, des zones par trop touristiques», précise-t-on.

Grégoire Corthay dans 20 Minutes

vendredi 10 juin 2011

Flot de réfugiés syriens à la frontière turque

Le président du CICR Jakob Kellenberger demande un accès immédiat aux zones les plus touchées tandis que les réfugiés de plus en plus nombreux passent la frontière turque.

TSR

jeudi 9 juin 2011

Libre circulation: Berne verrouille sa position

Alors que le président du Parlement européen est en visite en Suisse, la question de la libre circulation pèse sur les relations bilatérales.

Même si la Suisse n’a aucune intention de remettre les gardes-frontière aux postes de douane et d’en revenir aux contrôles systématiques exigés par l’UDC, elle ne va pas non plus céder aux demandes de l’UE pour élargir les droits et le statut des ressortissants européens établis en Suisse. Ce n’est vraiment pas le moment, alors que les effets négatifs de la libre circulation sont âprement débattus à la veille des élections ­fédérales.

C’est dans ce contexte que, la semaine prochaine, un comité mixte Suisse-UE doit examiner l’application de l’accord de libre circulation.

Si l’adaptation des annexes de l’accord à l’évolution de l’UE en matière de reconnaissance des diplômes ou d’assurances sociales ne pose guère de problème, il en ira autrement pour la demande régulière de l’UE de reprendre la directive européenne sur la citoyenneté. Celle-ci améliore le droit des citoyens de l’UE dans l’espace des 27 en simplifiant les conditions et formalités pour s’installer, avec un droit de séjour permanent, même sans permis de travail, le droit au regroupement familial, voire le droit de vote local, etc.

On peut prévoir que la réponse du Conseil fédéral sera un refus très diplomatique d’entrée en matière. «Il n’existe aucune obligation de reprise de cette directive», a martelé plusieurs fois déjà le gouvernement.

Coïncidence, le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, sera en visite ce jeudi après-midi à Berne, alors que le matin même le Conseil national aura tenu une session spéciale sur la politique européenne réclamée par l’UDC (lire ci-dessous). Avec, au cœur du débat, une motion exigeant le retour du contrôle systématique aux frontières.

A l’origine, l’UDC voulait profiter de l’occasion pour accuser le Conseil fédéral d’être prêt à abandonner la souveraineté suisse avec l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations bilatérales, touchant notamment à la reprise du droit européen par la Suisse. Mais la session arrive un peu tard. La question a perdu de son actualité.

Par contre, Jerzy Buzek aura l’occasion de constater à quel point, ces derniers mois, l’atmosphère s’est refroidie. On peut le mesurer facilement à l’évolution des thèmes de la cinquantaine d’interventions traitées ce jeudi. Celles qui datent de 2009 parlent encore de participation de la Suisse aux programmes européens de santé ou de la culture, de l’accès aux marchés financiers. Mais en 2011, les députés s’inquiètent du libre-échange agricole, des effets négatifs pour les consommateurs du principe du Cassis de Dijon, de l’effondrement de l’euro, de la perte de maîtrise de la politique des visas.

L’UDC exige de son côté de renégocier les accords d’association à Schengen et de réinstaurer un contrôle systématique aux frontières. Elle justifie sa motion par les entrées illégales et l’augmentation de la criminalité dans les régions frontalières. Et surtout, selon elle, «les flux de requérants d’asile nord-africains qui s’annoncent constituent une menace de l’ordre public et de la sécurité intérieure propre à justifier» l’application de mesures d’exception. Même si les craintes ne sont toujours pas réalisées.

Ce sont d’abord les conséquences, réelles ou supposées, de la libre circulation des personnes sur les marchés du logement et du travail, le dumping salarial, qui motivent les interventions parlementaires, notamment à gauche. L’UDC, de son côté, a annoncé le lancement d’une initiative pour freiner l’immigration, avec pour conséquence une dénonciation de l’accord sur la libre ­circulation.

Ce climat réfrigéré n’a pourtant pas affecté les relations au niveau des experts et des diplomates entre Berne et Bruxelles. Ces critiques ne devraient pas peser sur le prochain comité mixte, composé de hauts fonctionnaires, qui se réunira mardi pour un échange de vues sur l’application de l’accord de libre circulation entre Suisse et UE. «Les Européens avec lesquels nous discutons nous connaissent bien. Ils savent que nous sommes en année électorale; ils connaissent nos agendas, y compris le temps nécessaire entre le lancement d’une initiative et la votation populaire», veulent rassurer les experts suisses.

D’ailleurs, confirme-t-on à Bruxelles, la critique n’est pas qu’helvétique. Le climat en Europe, en Finlande, aux Pays-Bas, en Hongrie, au Danemark, est aussi au repli et à la remise en cause de Schengen et de la libre circulation.

Yves Petignat dans le Temps

Afflux de réfugiés syriens en Turquie

réfugiés syriens turquieLa crise syrienne, qui jusqu'à présent n'avait de répercussions que sur le plan intérieur, tend ainsi à s'internationaliser, d'autant plus que des réfugiés syriens affluent dans le sud-est de la Turquie. Un groupe de cent soixante ressortissants syriens, dont des femmes et des enfants, a trouvé refuge en Turquie dans la nuit de mardi à mercredi, fuyant les violences qui se déroulent dans le nord-ouest de la Syrie, rapporte l'agence de presse Anatolie.

Les réfugiés ont été installés dans des tentes du Croissant-Rouge, dans la province frontalière d'Hatay, en Turquie. Selon Ankara, cinq cent cinquante personnes ont franchi la frontière depuis le début des troubles, il y a près de trois mois. Dans le nord du Liban, 5 000 réfugiés syriens au moins ont été dénombrés depuis avril.

"Énorme inquiétude" pour l'ONU

Le Haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, évoque "une énorme inquiétude". "Il est important de noter que les Syriens ont été très généreux en accueillant des réfugiés d'Irak, des Palestiniens et que nous avons aussi de très importantes opérations d'aide aux réfugiés en Syrie", a noté M. Guterres.
Depuis le début de la semaine, les autorités syriennes ont décidé d'envoyer l'armée à Jisr Al-Choughour, une ville du Nord-Ouest où, selon la télévision d'Etat, cent vingt membres des forces de sécurité ont été tués. C'est la première fois que les autorités font état d'une confrontation d'une telle ampleur en onze semaines de contestation. Mais la version des autorités est contestée par des organisations de défense des droits de l'homme.

Le premier ministre turc a demandé au pouvoir syrien de ne pas recourir à la manière forte face aux manifestants. "La Syrie doit changer d'attitude à l'égard des civils et doit faire preuve d'un plus grand degré de tolérance, le plus vite possible", a dit Recep Tayyip Erdogan, qui, malgré les très bonnes relations qu'il entretient avec le président Bachar Al-Assad, a pris ses distances d'avec le régime de Damas. Les pays de la région, dont Israël et la Turquie, craignent que l'instauration du chaos en Syrie ne déclenche des affrontements intercommunautaires. Le gouvernement turc a promis qu'il ne "fermera pas ses portes" aux réfugiés fuyant les violences.

Un article du Monde

L’Église australienne critique un programme gouvernemental d’échange de réfugiés

Le diocèse de Sydney a alerté l’opinion publique, sur son site, contre une mesure prise par le gouvernement australien qui a décidé d’envoyer en Malaisie 800 réfugiés y compris des enfants demeurés seuls. Cette mesure se situe dans le cadre d’un « échange » de réfugiés.

enfants réfugiés malaisie

« Cette initiative mettrait en danger non seulement la vie des plus jeunes mais constituerait une violation de la Convention des Nations unies sur les Droits de l’enfant, dont l’Australie est signataire » explique ainsi à l’agence Fides le P. Jim Carty, coordinateur des Marist Asylum Seekers and Refugee Services.

Des enfants renvoyés sans garantie aucune

Pour le prêtre, « envoyer des enfants seuls immigrés arrivés par voie de mer en Australie à la recherche d’un asile dans un pays où les droits de l’homme sont très précaires et leur sécurité non garantie représente une violation évidente de la Convention des Nations unies que l’Australie avait promis de respecter ». « Personne ne peut garantir la sauvegarde ni protéger les enfants une fois arrivés en Malaisie, a-t-il affirmé. Ils seraient alors soumis à la loi malaisienne qui comprend également la fustigation ».

Risque de mauvais traitements

La proposition consiste à échanger ces 800 réfugiés contre d’autres réfugiés, actuellement détenus en Malaisie. Le coordinateur des Marist Asylum Seekers and Refugee Services souligne que les demandeurs d’asile, en particulier les enfants, en Malaisie, peuvent faire l’objet de mauvais traitements, se voir dans l’impossibilité d’être scolarisés et risquer d’être détenus pendant plus de quatre ou cinq ans. Les représentants de l’Australian Refugee Council, Amnesty International, House of Welcome, Jesuit Refugee Service, la Croix-Rouge et d’autres groupes menant des actions en faveur des réfugiés se sont réunis pour critiquer également cette « solution malaisienne ».

Un article du journal La Croix

mercredi 8 juin 2011

120 réfugiés syriens en Turquie

Quelque 120 réfugiés syriens fuyant la répression, pour la plupart des femmes et des enfants, sont entrés mardi soir en Turquie où ils ont été pris en charge par des gendarmes turcs, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le groupe, composé de 122 personnes pour la plupart originaires de la ville syrienne de Jisr al-Choughour (nord-ouest), a franchi illégalement la frontière et atteint vers 21H00 (18H00 GMT) le village de Karbeyaz Köyü, dans la province turque de Hatay (sud), ont affirmé à l'AFP des sources locales.

Les gendarmes ont établi un périmètre de sécurité autour des réfugiés, installés dans la salle des fêtes du village, et procédé à leur identification avant de les convoyer vers un camp de réfugiés mis en place par le Croissant Rouge turc à Yayladag, à 45 km à l'ouest de Karbeyaz Köyü, a constaté l'AFP. Le groupe ne comprenait pas de blessés.

Selon les villageois, un précédent groupe de Syriens en fuite, fort de 45 personnes, a déjà transité par le village samedi avant d'être acheminé au camp de Yayladag. Le camp a déjà accueilli fin avril un groupe de quelque 250 Syriens, habitants de villages frontaliers.

Quelques dizaines de Syriens blessés ont par ailleurs été admis ces derniers jours dans des hôpitaux d'Antakya (province de Hatay). Des sources diplomatiques ont fait état de 41 réfugiés arrivés durant le week-end, dont une vingtaine de blessés. Un groupe turco-syrien d'entraide aux réfugiés a pour sa part évoqué 88 blessés arrivés en Turquie par vagues successives depuis le 20 mai, dont 45 dimanche et deux lundi.

La Turquie et la Syrie partagent une frontière de plus de 800 km. La Syrie est en proie depuis le 15 mars à un mouvement de contestation contre le régime du président Bachar al-Assad. Selon des organisations de défense des droits de l'Homme, plus de 1.100 civils ont été tués depuis le début du mouvement.

Jisr al-Choughour est le théâtre depuis samedi d'un ratissage de l'armée. Lundi, les autorités syriennes ont affirmé que 120 policiers avaient été tués dans cette ville par des "groupes armés".

AFP relayée par le Figaro

2% des réfugiés libyens en Europe, selon le HCR

Seule une infime partie des quelque 900.000 personnes ayant fui les violences en Libye ont trouvé refuge en Europe, estime le chef du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Je pense qu'il est important de dire que sur les personnes qui ont fui la Libye, moins de deux pour cent (...) sont venues en Europe", a déclaré Antonio Guterres lors d'une conférence de presse.

Il a précisé que parmi "les quelque 900.000 personnes qui ont déjà quitté la Libye, la très grande majorité sont des ressortissants de pays tiers qui travaillaient comme immigrés en Libye".

Le chef du HCR a invité à "remettre en perspective les discussions faisant parfois état de mouvements massifs de population"."Ces discussions parfois en Europe ne reposent pas sur des faits mais sur des impressions", a-t-il dit, soulignant qu' "il n'y a pas eu de flux massifs de réfugiés de Libye en Europe".

AFP et le Figaro