vendredi 22 mai 2009

Suisse: Caritas Suisse contre les modifications de la loi sur l’asile


Lucerne, 21 mai 2009 (Apic) Caritas Suisse se prononce contre les modifications proposées de la loi sur l’asile et rejette également le contre-projet indirect à l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels. Caritas dit ainsi non à un gonflement bureaucratique de la loi sur l’asile

   Bien peu de lois sont révisées aussi souvent que la loi sur l’asile. Caritas Suisse rejette les propositions de modifications. L’oeuvre d’entraide considère qu’il s’agit là d’une révis …

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Harpagon africain, le requérant d’asile est acquitté de blanchiment d’argent

Les policiers avaient retrouvé 34 900 francs au domicile d’un jeune guinéen en 2005.

Suite à un signalement de La Poste, la police fait une descente au domicile d’un requérant d’asile guinéen. Sur place, elle trouve 31 900 fr. et 2000 € scotchés dans un magazine. Imperturbable, le jeune homme affirme que cet argent provient de ses économies. L’argent est séquestré et l’homme accusé de blanchiment d’argent. On est en septembre 2005.

Jugé une première fois au Tribunal d’arrondissement de Lausanne, il est acquitté. Recours du ministère public et nouveau jugement, mercredi à Yverdon.

Comment un requérant d’asile africain, arrivé en Suisse en 2002, peut économiser 35 000 francs en moins de trois ans? Qu’en est-il des traces de cocaïne que la police a trouvées dans le studio du jeune homme? Selon le Tribunal, ces traces peuvent très bien émaner de ses compatriotes qui venaient lui rendre visite dans un immeuble loué par l’ex-Fareas. La Cour a également établi qu’entre février 2003 (premier salaire) et septembre 2005, il restait, après déductions des charges incompressibles, quelque 1500 francs par mois à cet aide-cuisinier. Et l’homme vit seul, ne fume pas, ne boit pas et sort peu. Le bénévolat dans une structure lausannoise lui permettait d’avoir un «repas gratuit». La police signale que des vêtements de luxe ont été retrouvés chez lui? Il réplique qu’ils proviennent de magasins de seconde main, «à moins de dix francs». Des requérants d’asile refusent des tâches rétribuées comme le nettoyage des toilettes? Il saute sur l’occasion!

Les témoins ont tous corroboré ses affirmations. «Ce jeune homme très attachant connaît toutes les combines pour dépenser le moins d’argent possible.» Ainsi, pour s’approvisionner en viande, il allait aux… abattoirs. «Trop économe, oui, mais malhonnête, non», ont-ils résumé. Parfois, il recevait aussi de l’argent d’un couple qui l’avait pris sous sa protection.

Et gare à celui qui doit de l’argent à ce Harpagon dont l’avarice n’a d’égale que la ténacité. «Il est venu plusieurs semaines réclamer 13 francs qu’il estimait qu’on lui devait», a rappelé une employée de l’ex-Fareas. «Son attitude, a justifié Me Alix de Courten, s’explique par son parcours de vie. Mais c’est faire un malheureux parallèle que de l’accuser de blanchiment d’argent. Lui restituer son argent, c’est lui restituer sa dignité. Et pour cela, il faut reconnaître son innocence.»

L’avocate sera entendue par Françoise Dessaux, la présidente du Tribunal. «Mais, lancera-t-elle à l’endroit du jeune Africain, il ne faudra pas m’appeler pour me reprocher que vous avez perdu au change avec vos 2000 euros par rapport au cours en vigueur en septembre 2005.»

A. P. N. dans 24 Heures

jeudi 21 mai 2009

Un "Petit Kaboul" en plein Paris

Square Villemin : l'adresse, en plein coeur de Paris, est connue jusqu'à Kaboul. C'est là, en plein coeur du 10e arrondissement, entre le canal Saint-Martin et l'ancien couvent des Récollets, que trouvent refuge les Afghans qui errent dans les rues de la capitale depuis la fermeture, fin 2002, du centre d'accueil de réfugiés de Sangatte. Le quartier, à proximité des gares du Nord et de l'Est, s'apparente à une banlieue de Calais, un appendice du littoral du nord de la France.

Des réfugiés afghans s'apprêtent à franchir les grilles du square Villemin à Paris le 26 mars 2009 pour aller dormir. Photo AFP, Joël SagetAlors qu'en avril un Afghan a été tué et un autre grièvement blessé dans une rixe survenue dans ce square surnommé "le Petit Kaboul", la police y a démantelé le 12 mai un e filière d'immigration clandestine qui, partant d'Iran et d'Irak, transitait par Paris avant de rejoindre la Grande-Bretagne, la Suède ou le Canada. Une filière jugée "emblématique" par Eric Besson, le ministre de l'immigration, notamment "par les conditions de vie intolérables faites aux migrants, avec un "stockage" dans le square Villemin".

Chaque soir, ils sont près de 200 à remonter le long du canal, jusqu'au métro Jaurès, pour bénéficier d'un repas chaud distribué par l'Armée du Salut, puis attendre un des trois bus Atlas de la RATP qui, pour les plus chanceux, les conduiront pour la nuit vers un centre d'hébergement d'urgence. Des SDF parisiens et quelques "chibanis", ces anciens qui habitent les foyers du quartier, que l'on distingue ne serait-ce que par leur âge, se mêlent à eux. Les exilés afghans, exclusivement des hommes, ont rarement plus de 28 ans. Mais il y en a de plus en plus jeunes. Des mineurs de 15, 16 ans, voire moins.

Lorsqu'il arrive sur le lieu de distribution, Jean-Michel Centres, membre du Collectif de soutien des exilés du 10e, est assailli de questions. L'un, ayant été interpellé, s'inquiète de ce qu'il va devenir avec l'arrêt de reconduite à la frontière qu'il s'est vu remettre, un autre demande une carte d'Europe pour mieux cerner le trajet qu'il lui reste à faire, un troisième s'interroge sur les droits d'asile en Europe...

Hussein, 16 ans et demi, veut gagner la Suède. Reconnu mineur après une expertise osseuse à laquelle il a été contraint de se soumettre, il devrait être pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance. Mais plus de quatre semaines ont passé et il n'a toujours rien vu venir. Ni le début d'une scolarisation ni même une chambre d'hôtel ou une place dans un foyer. Alors, découragé, il a décidé de se remettre en route. "Comment tu vas y aller ?" lui demande Jean-Michel Centres. "Avec le bus", répond Hussein, expliquant par un geste de la main qu'il se glissera dessous... prêt à tout.

Hussein aurait pu essayer de bénéficier d'une mise à l'abri, en se rendant sur la place du Colonel-Fabien, toute proche, où France Terre d'asile recueille chaque soir une vingtaine de mineurs pour les emmener à l'Espace solidarité insertion (ESI), accueil de jour pour SDF transformé en dortoir pour mineurs avec des matelas posés à même le sol. Mais, "l'ESI, c'est pas bien", explique Shahid, un de ses camarades, mimant des grattements sur son bras. Et puis les places restent peu nombreuses.

Alors, comme leurs compagnons d'infortune n'ayant pu monter dans un des trois bus Atlas, Hussein et Shahid dorment dehors. Il est presque 21 heures lorsqu'ils regagnent le square Villemin. Le jardin est fermé, mais ils escaladent ou se faufilent entre les grilles. Quelques-uns ressortent rapidement, duvet, couverture et cartons sous le bras, pour aller trouver, sous les arcades et les porches des rues adjacentes, un endroit plus abrité.

Le matin, à 8 heures, ils sont une bonne centaine, disséminés un peu partout dans le jardin, à émerger dans l'humidité d'une nuit souvent pluvieuse. Réveillés une demi-heure plus tôt par la police pour qu'ils évacuent, certains font un brin de toilette, à tour de rôle, à la fontaine, remballent leurs affaires. A 9 heures, tous finissent par converger vers le Centre d'accueil médicalisé et de réinsertion économique et sociale (Camres), tout proche, où ils peuvent prendre un petit déjeuner complet les mardis et jeudis, une boisson chaude le reste du temps. Là commence pour eux une journée d'errance. Le mercredi dans le jardin, riverains avec leurs enfants et Afghans cohabitent, sans heurt. Les plus âgés du quartier jouent à la pétanque, tandis que sur le terrain de volley mitoyen les Afghans font un match de foot.

Cette errance peut durer des mois. Car même quand ils déposent une demande d'asile, leur dossier est souvent examiné en procédure dite prioritaire, qui ne leur permet pas d'être logés et de recevoir l'allocation d'attente. Ahmed, 19 ans, a déposé une demande. Et il ne comprend pas, lui qui a fui les combats de Ghazni et rêve d'une "good life", pourquoi il ne peut pas être scolarisé ni même avoir une chambre...

Si l'asile est accordé dans environ la moitié des cas, ce qui encourage certains à rester en France, les conditions d'accueil en remettent d'autres sur les routes de l'exil. Beaucoup craignent en déposant une demande d'asile d'être renvoyés dans le pays où ils ont dû donner leurs "fingers", leurs empreintes digitales, comme le prévoient les règles européennes.

La Grande-Bretagne reste l'objectif ultime pour beaucoup, bien que les conditions de vie dans le Calaisis soient plus dures encore et le passage de la Manche de plus en plus difficile... et cher. Nombre d'entre eux reviennent d'ailleurs de Calais après deux, trois mois de tentatives infructueuses. Essayant, en vain, depuis novembre 2008 de passer, Amin a fini par regagner Paris "parce que, dit-il, il y a trop de menaces dans la "jungle" maintenant". Depuis que le ministre a annoncé le 23 avril son intention de fermer cette zone à Calais, les interventions policières s'y multiplient.

Ces déconvenues n'incitent pas Amin à renoncer à poursuivre sa route. De toute façon, il est persuadé que la France ne lui accordera pas l'asile, car ses empreintes ont été relevées en Grèce. D'autres dans son cas envisagent de tenter leur chance vers d'autres pays. En particulier les pays scandinaves, qui ne renvoient pas les réfugiés vers le pays d'Europe par lequel ils sont entrés. Mais Amin, lui, veut à tout prix franchir la frontière britannique. Après avoir un peu soufflé au square Villemin, il est bien décidé à retenter sa chance. Cette fois en passant par Dunkerque.

Laetitia Van Eeckhout dans le Monde

mercredi 20 mai 2009

Immigration clandestine dans l’Union

Le président de la Commission européenne estime que l’Europe doit répondre d’une seule voix pour mieux gérer l’immigration clandestine.

L'immigration clandestine a fait plus de morts au large des Canaries que la guerre du Liban. Photo Sipa« D’ici au 10 juin, le commissaire européen Jacques Barrot et moi-même présenterons une série de nouvelles propositions, avec trois objectifs : prévenir les tragédies en mer, sauvegarder le principe de la libre circulation et défendre le droit à l’asile », a déclaré hier José Manuel Barroso dans un entretien au quotidien italien, le Corriere della Sera.

L’Europe veut « donner une réponse forte » au problème de l’immigration clandestine et réfléchit notamment « à la possibilité de créer un bureau de l’UE pour examiner des demandes d’asile là où ce sera nécessaire », a-t-il précisé, soulignant qu’il s’agissait d’un droit qui « restait inviolable et universel ».

Selon lui, « l’Europe a besoin de l’immigration, mais elle doit être mieux gérée ». Barroso a résumé sa position en disant : « Il faut trouver un équilibre entre deux positions extrêmes, celle qui mise tout sur la sécurité et voudrait même fermer l’Europe (aux migrants), et celle ultra-indulgente qui dit que tout le monde peut venir. »

France Soir

Les humanitaires submergés par l'afflux de réfugiés somaliens

Les humanitaires submergés par l'afflux de réfugiés somaliens© La rédaction web de Jeune AfriqueLa guerre civile, qui sévit en Somalie depuis 1991 et qui s’est intensifiée ces derniers jours, a causé le déplacement de centaines de milliers de civils. La m ajeure partie de ces réfugiés s’est installée dans des camps de fortune au Kenya.

Près de 270.000 réfugiés somaliens vivent désormais dans le nord du Kenya, dans les camps Dagahaley, Ifo et Hagadera situés dans la ville frontalière de Dadaab, et gérés par le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Leurs conditions de vie y sont déplorables et ils continuent de souffrir de l’insécurité qu’ils tentaient de fuir en s’exilant.

"La situation est simplement scandaleuse. Ces réfugiés ont tout risqué pour fuir les combats en Somalie. Maintenant, certains d'entre eux nous disent qu'ils préfèreraient tenter leur chance à Mogadiscio plutôt que de mourir lentement ici", rapporte Joke Van Peteghem, chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) au Kenya.

Lire la suite de cet article sur Jeune Afrique

www.news.admin.ch Réception d'anciens réfugiés par le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz

Berne, 19.05.2009 - Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz a accueilli aujourd'hui une délégation d'anciens réfugiés, dont l'histoire est relatée dans un livre publié par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCR). Les protagonistes ont remis au président de la Confédération un exemplaire du livre intitulé «Ils étaient une fois des réfugiés».

L'ouvrage publié par l'UNHCR relate l'histoire de neuf personnes accueillies en Suisse dans le cadre d'un contingent et ayant pu recommencer une nouvelle vie dans notre pays. Le président de la Confédération a rappelé que la Suisse a pour tradition d'offrir l'asile et de nouvelles perspectives de vie aux personnes persécutées. L'histoire de ces anciens réfugiés est une incitation à maintenir et poursuivre notre tradition humanitaire, a déclaré le président de la Confédération.

Vers le site news.admin.ch

Le droit d'asile a sombré entre Rome et Tripoli


Rome et TripoliVersion imprimable
19-05-2009

En deux vagues, près de 500 immigrants ont été refoulés par l’Italie vers la Libye. Une coopération « exemplaire » au détriment des droits fondamentaux des personnes. Le HCR et les ONG s’alarment. L’Europe ne trouve rien à redire. Berlusconi applique sa politique.


PAR SAÏD DJAAFER, ALGER publié dans Les Afriques

 

Une « journée historique dans la lutte contre l’immigration clandestine ». Le ministre italien de l’Intérieur, Roberto Maroni, du parti de la Ligue du nord, jubilait après le renvoi vers la Libye, les 6 et 10 mai, de quelque 500 passagers, africains et asiatiques, qui tentaient de rejoindre la côte italienne dans des embarcations. Jour sinistre, rétorque le Haut-Commissariat aux réfugiés qui a dénoncé une action qui bafoue de manière fondamentale le droit d’asile. Le HCR fait valoir que 70% des étrangers qui ont débarqué par mer en Italie ont déposé une demande d’asile et 50% d’entre eux l’ont obtenu. « Nous sommes gravement préoccupés par la politique pratiquée par l’Italie, qui porte atteinte à l’accès à l’asile en Europe », a déclaré Ron Redmond, porte-parole du HCR. En réponse, le gouvernement italien joue avec les mots : les immigrés ont été interceptés dans les eaux internationales et ont donc été renvoyés vers leur base de départ, la Libye. Le fait est que cette politique de renvoi des immigrés n’aurait guère été possible sans la collaboration de Tripoli qui s’était engagée, dans la foulée de la signature du traité d’amitié et de coopération avec l’Italie, le 30 août, à participer activement à la lutte contre l’immigration clandestine. Silvio Berlusconi, qui avait accepté de faire des excuses pour les crimes de la période coloniale, avait crûment indiqué que le traité d’amitié « nous permettra d’avoir moins de clandestins et plus de gaz et de pétrole libyen ». Cela s’est traduit par l’organisation de patrouilles maritimes conjointes, et surtout par l’accommodement de Tripoli de ces « rapatriements » des immigrés arrêtés.

L’Italie ne semble pas subir de remontrances des autres pays européens. C’est, bien au contraire, toute l’Europe qui risque de s’aligner sur la politique italienne « décomplexée » à l’égard des immigrants.

 

Un évènement terrible

C’est « un évènement terrible qui va placer l’Italie au ban des nations civilisées », s’est alarmé Médecins sans frontières-Italie. En fait, l’Italie ne semble pas subir de remontrances des autres pays européens, l’indignation et la colère est plutôt le fait des organisations des droits de l’homme. C’est, bien au contraire, toute l’Europe qui risque de s’aligner sur la politique italienne « décomplexée » à l’égard des immigrants.

Théoriquement, l’Union européenne reconnaît le principe d’un examen individuel des demandes de séjour formulées par les étrangers. C’est ce que rappelait le HCR qui a reçu le soutien public du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon. La réponse de Roberto Maroni illustre parfaitement cette volonté, implicitement soutenue par toute l’Europe, de se dérober au droit d’asile : « L’ONU n’a qu’à aller faire les contrôles sur les demandes d’asile en Libye, laquelle est membre des Nations Unies. »

 

Le Maghreb gendarme

Contrairement à l’Italie, la Libye, qui a durci également sa politique à l’égard des immigrés, n’est pas signataire de la convention des Nations Unies de 1951 sur les réfugiés. Cette convention considère comme un principe essentiel le non-refoulement des réfugiés. La Libye a d’ailleurs fait part de son intention d’expulser les clandestins. La boucle est ainsi bouclée. Ces premiers refoulements sont dans la logique de la politique européenne qui veut faire assumer au pays du Maghreb le rôle de gendarme. Les immigrants sont de fait soustraits physiquement à l’espace du droit européen pour être renvoyés dans des pays où les protections juridiques pour les immigrants sont faibles, pour ne pas dire inexistantes. Le commissaire européen à la Justice, Jacques Barrot, le justifie implicitement en déclarant que les « migrants ne doivent plus être obligés de recourir à des passeurs pour demander l’asile. Ils doivent trouver des points d’accueil dans tout le Maghreb. » Il a annoncé qu’il allait se rendre en Libye pour discuter de « solutions de fond ».

 

« Intolérance et xénophobie »

Les ONG n’y voient qu’hypocrisie et estiment impossible de mettre en place une procédure de demande d’asile indépendante dans un contexte autoritaire. En réalité, c’est toute l’Europe qui pourrait s’aligner sur l’Italie qui a adopté le 13 mai une loi sur la sécurité intérieure et l’immigration aux relents mussoliniens. La loi adoptée par 297 voix contre 255 avec trois abstentions crée un délit « d’immigration et de séjour » clandestins et permet la dénonciation à la justice des immigrés clandestins. Le système de délation prend même un aspect actif avec la possibilité pour des « associations de citoyens » de faire rondes pour signaler aux forces de l’ordre des atteintes à l’ordre public. Le cadre pour une chasse, légalisée, aux immigrés est ainsi fixé.

mardi 19 mai 2009



Chaos. L’île ne parvient plus à gérer le flot d’immigrés.

Dominique Dunglas

Les naufragés de Lampedusa

© AFP PHOTO / Mauro Seminara

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A l’aube, sur le quai Favarolo de Lampedusa, carabiniers, policiers et ambulanciers prennent place. La vedette de la garde côtière entre dans le petit port en remorquant une barque de 7 mètres équipée d’un vieux moteur de 40 chevaux. Les 60 immigrés clandestins-55 hommes et 5 femmes-qui ont fait la traversée depuis la Libye sur ce rafiot ont été transférés sur le navire militaire après leur interception en mer. Les détritus à bord racontent leur odyssée : bidons d’essence vides conservés pour servir de bouées en cas de naufrage, chaussures abandonnées, vêtements trempés, paquets de biscuits entamés. Débarqués sur le quai, ils n’ont pour tout paquetage que les vêtements mouillés qu’ils portent sur eux. Les passeurs leur ont interdit d’emporter le moindre bagage pour mieux les entasser à bord. A 1 000 dollars la traversée, chaque centimètre carré est précieux. Ils disent avoir navigué six jours avant d’être repérés par la marine militaire. Le commissaire d’Agrigente présent sur le quai ne les croit pas. Les barbes sont trop courtes et, malgré le malaise de deux d’entre eux, ils sont en trop bonne santé pour avoir erré six jours dans les eaux du canal de Sicile. Ils sont, pour la plupart, somaliens et savent qu’ils vont pouvoir demander l’asile politique. Omar, un garçon de Mogadiscio, se voit déjà porter les couleurs de la Juventus de Turin...

D’autres ont eu moins de chance. A la fin du mois de mars, un bateau de clandestins en route vers Lampedusa a coulé au large des côtes libyennes. Bilan officiel : 237 disparus. Bilan par défaut, car deux autres embarcations ont disparu des radars le même jour... Des cadavres qui n’entreront pas dans les statistiques faisant déjà état de 3 163 immigrés clandestins disparus depuis 1988 dans le canal de Sicile.

Située à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile, distantes de 120 milles, Lampedusa est aux avant-postes de cette tragédie. En 2008, 36 952 clandestins ont débarqué sur ce caillou de 13 kilomètres sur 3 et peuplé de 6 000 habitants.

« C’est un poids immense pour une île qui vit de tourisme, explique le maire de Lampedusa, Bernardino De Rubeis, un ancien séminariste au physique de deuxième ligne de rugby. Mais les clandestins fuient les guerres, la misère et sont traités comme des esclaves par les passeurs. La population ne veut pas renoncer à sa vocation d’accueil. Ce qu’elle refuse, c’est de voir son île transformée en Guantanamo. »

Avertissement

Guantanamo : le mot est lâché. Car, depuis le 23 janvier, le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, a converti le Centre de premier accueil (CPA) de Lampedusa en Centre d’identification et d’expulsion (CIE). Jusque-là, en effet, les clandestins recevaient sur l’île les premiers soins d’urgence avant d’être rapatriés en moins de quarante-huit heures sur le continent, où la machine administrative les prenait en charge. Ou, plus exactement, tentait de les prendre en charge. Car, lorsqu’une identification certaine n’était pas établie au bout de deux mois, l’immigré recevait un avis d’expulsion... qui le laissait libre de disparaître dans la nature. En bloquant les nouveaux arrivés sur l’île pour les renvoyer directement dans leurs pays d’origine, le ministre Maroni lance donc un avertissement : Lampedusa n’est plus un sas d’entrée vers l’Europe, mais le terminus du voyage.

C’était compter sans le désespoir et la détermination des clandestins. Le 18 février, une révolte éclate dans le CPA transformé en CIE. Les heurts font 40 blessés et les immigrés mettent le feu à un des bâtiments. Puis ils prennent la poudre d’escampette et gagnent le village. Vitrines brisées, packs de bière emportés : l’émeute risque de devenir incontrôlable. La police s’apprête à lancer une grande traque qui fait redouter le pire. Mais, au lieu de se terrer chez eux pour appeler police-secours, les Lampedusiens descendent dans la rue et fraternisent avec les insurgés au cri de « Liberté ! Liberté ! » Tout le monde se réunit sur la place du village en un happening improvisé avec discours, chants et danses. En fin de journée, Bernardino De Rubeis, ceint de son écharpe tricolore de maire, raccompagne pacifiquement les derniers évadés dans le centre de détention. Des scènes qui semblent sortir d’un film de Ken Loach. « Je n’avais pas d’opinion sur les immigrés , raconte une hôtelière qui a spontanément participé à ces événements. Mais, en voyant l’incendie et la police qui prenait position, j’ai compris que l’île risquait de devenir un camp de concentration à ciel ouvert. Et que moi aussi, même si je n’étais pas derrière le grillage, j’aurais vécu dans une prison. »

Malgré le dénouement pacifique de la révolte, l’accalmie est fragile. Car, si les immigrés de la corne de l’Afrique, pratiquement assurés d’obtenir l’asile politique, sont encore rapatriés sur le continent, plusieurs centaines de Maghrébins sont confinés dans des conditions d’hygiène dénoncées par toutes les ONG et par le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Leur seul espoir de quitter Lampedusa est le rapatriement sanitaire. « Ils s’injectent des excréments en se perçant les veines avec des clous, ils avalent des lames de rasoir ou des morceaux de fer entourés de mie de pain, raconte Bernardino De Rubeis . Le camp est devenu un enfer où on se bat pour une bouteille d’eau, un paquet de cigarettes ou un matelas pour dormir. Et la tension ne peut que croître, c’est une question d’arithmétique. »

En effet, 8 000 Maghrébins susceptibles d’être expulsés d’Italie ont débarqué à Lampedusa en 2008, alors que les accords bilatéraux de rapatriement permettent de n’en renvoyer que 1 200 par an dans leurs pays d’origine. A ce rythme et si le gouvernement allonge, comme il l’a promis, la durée de détention préventive pour permettre l’identification de deux à quatre ou même six mois, la population carcérale augmentera de 5 800 unités par an... pour une île qui ne compte que 6 000 habitants. Il n’y a à Lampedusa ni consulat pour identifier les immigrés ni avocat pour présenter des demandes d’asile politique. Les procédures administratives n’en sont que plus lentes. Enfin, l’aéroport n’est pas international et aucun vol ne peut quitter l’île pour se rendre directement dans un pays étranger. Autant qu’à l’opposition de la population, c’est donc à ses propres incohérences que se heurte la politique de fermeté du gouvernement.

« Maroni, le ministre de l’Intérieur, est un militant de la Ligue du Nord, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine un argument électoral , s’indigne Giusi Nicolini, responsable sur l’île d’un mouvement écologiste. Il a pris Lampedusa en otage pour gagner des voix à Varese ou Bergame. Il a voulu faire un exemple alors que moins de 13 % des immigrés pénètrent en Italie par le canal de Sicile. La majorité des clandestins arrivent par le nord avec des visas de touriste. Mais il est plus facile de transformer Lampedusa en île-prison que de résoudre le problème de l’immigration. »

Loin des vacanciers

S’ils occupent toutes les pensées, les immigrés clandestins sont curieusement absents du paysage en ces premiers jours de soleil à Lampedusa. Tout est fait pour les maintenir loin de la population et des vacanciers. « Je n’en ai pas vu un seul ! » se désole une touriste britannique qui vit son désert des Tartares dans la vaine attente d’un débarquement massif. Davantage qu’une île-prison, Lampedusa a l’allure d’une île-caserne avec ses 800 policiers et carabiniers, plus d’un homme en armes pour dix habitants. La via Roma, la grande rue du village, est un carrousel de véhicules militaires pleins d’armoires à glace en tenue de combat. Sur la plage des Lapins-surnommée la piscine des Dieux pour son sable blanc et la transparence irréelle de l’eau-, tous les joueurs de volley-ball portent le holster attaché à leur maillot de bain (rouge !) réglementaire. Ambiance « Les bidasses à la mer ».

Si la présence de la maréchaussée a sauvé l’avant-saison et entretenu le moral de la population féminine durant les longs mois d’hiver, les commerçants redoutent que la militarisation de l’île ne plombe la saison estivale. « Vous auriez envie de passer le mois d’août à Sangatte ? » interroge, plein de mélancolie, le patron, grand lecteur de journaux, du Bar des amis.

Tension à Genève autour d'une manif pro-tamoule

Tension à Genève autour d'une manif pro-tamoule

Lu sur le site de la TSR
Lundi, ils étaient plus de 1500 à faire le siège de l'ONU à Genève. [Keystone]
Les manifestants tamouls occupent depuis dimanche la place des Nations, devant le siège de l'ONU à Genève. Lundi après-midi, ils étaient environ 1500, selon la police, à scander des slogans et à dénoncer le génocide de leur peuple au Sri Lanka. Un manifestant a été interpellé.

"Notre mission est de contenir les manifestants sur la place", a expliqué à l'ATS le porte-parole de la police genevoise, Patrick Pulh.

Rappelons que le chef de la guérilla tamoule Velupillaï Prabhakaran a été tué lundi par l'armée alors qu'il tentait de fuir.

Quelque 1500 personnes ont manifesté et nous avons dû les repousser à une ou deux reprises alors qu'ils tentaient de pénétrer» dans l'enceinte de l'ONU, a indiqué le porte-parole de la police genevoise Patrick Pulh. Une centaine de policiers en tenue anti-émeute, soutenus par un canon à eau, sécurisaient les abords de la Place des Nations.

Une interpellation

Des manifestants ont lancé des bouteilles, des barres de fer et des bombes de peinture contre les policiers. Ceux-ci ont riposté à coup de canon à eau, a précisé un photographe. Une personne a été interpellée pour avoir distribué de l'essence, a confirmé Patrick Pulh lundi soir à l'ATS. 

Il a ajouté que la manifestation s'est dissoute entre 19h et 20h. »Ils sont capables de nous envoyer la police, mais pas un diplomate», s'est insurgé auprès de l'AFP Atchuthar Maalmarugan, président de l'association Forum Tamouls Suisse. "On doit obtenir une réaction de l'ONU, mais ils ne nous écoutent pas", a-t-il souligné. Il a assuré que l'armée sri-lankaise allait "massacrer" les civils tamouls ayant réchappé aux combats.

Violences dénoncées

Dans ce genre de rassemblements, "ça brasse toujours un peu", a relevé Patrick Pulh. La place des Nations était parsemée de drapeaux aux couleurs rouge et jaune des Tigres de libération tamouls (LTTE) et les manifestants reprenaient à pleine voix des slogans diffusés par haut-parleur.

Des banderoles en plusieurs langues dénonçaient les violences commises au Sri Lanka à l'encontre des Tamouls. Une pancarte en allemand précisait qu'il valait mieux avoir deux Etats en paix qu'un pays en guerre.

De nombreux Tamouls se réfugient en Suisse

De nombreux Tamouls, fuyant les combats sanglants au Sri Lanka, tentent de trouver refuge en Suisse. En quatre mois, le nombre de requêtes s'élève à 587, selon les chiffres communiqués lundi par l'l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR).

Les demandes d'asile émanant de citoyens du Sri Lanka sont en augmentation depuis le début de cette année. Selon l'OSAR, le nombre de requêtes avait déjà doublé en 2008: 1262 demandes d'asile avaient alors été déposées (contre 636 demandes en 2007).

Seuls 170 requérants avaient pu obtenir l'asile en 2008, ainsi que 192 admissions provisoires. L'OSAR va demander cette semaine de stopper les renvois au Sri Lanka. Les requérants déboutés y sont encore renvoyés. Rainer Mattern de l'OSAR estime que la capitulation des Tigres n'entraînera pas la fin des violences: "On va probablement tuer les gens proches des Tigres".

dimanche 17 mai 2009

Apprendre le français


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