lundi 29 août 2011

Campagne contre la xénophobie

Le syndicat Unia a lancé une campagne contre la xénophobie. Grâce à des cartes postales, des drapeaux et une journée d'actions en décembre, il entend rappeler «le précieux apport des migrants et des migrantes à la prospérité helvétique».

TSRinfo

mercredi 24 août 2011

Du jardinage pour intégrer les migrants

L’Entraide protestante suisse a inauguré samedi à Yverdon un jardin essentiellement destiné aux personnes migrantes.

eper jardin migrants

Un projet pour la sociabilisation et l’intégration. Les jardins ouverts d’Yverdon, qui ont été inaugurés samedi dernier, marquent une étape de plus dans le combat mené par l’Entraide protestante suisse (EPER) en faveur des personnes migrantes.

Au chemin du Maréchat, dans un espace vert appartenant à la commune et entièrement dévolu aux jardins familiaux, la parcelle 160 est louée par l’EPER. Six familles y disposent chacune d’un jardinet biologique de 20 à 50 m2, où poussent fruits, légumes et plantes aromatiques. «Cette activité leur permet de se familiariser avec la vie en société, avec la langue et de se maintenir en forme», note Chloé Manfredi, responsable du projet Nouveaux Jardins. Chaque famille entretient son jardinet au moins deux fois par semaine et participe aux ateliers de jardinage hebdomadaires donnés par l’EPER. Certains légumes ayant souffert de la météo automnale de cet été, citrouilles, concombres, tomates et courgettes poussent avec un bonheur inégal.

«Des moments d’échange ont lieu avec, pour langue de base, le français», indique Chloé Manfredi. Les mercredis après-midi, les enfants des bénéficiaires du projet disposent de jeux pédagogiques leur permettant d’apprendre le français de façon ludique.

Connus depuis plusieurs années à Bâle, à Berne, en Argovie et à Soleure, les Nouveaux Jardins viennent de faire leur apparition en Suisse romande à Villeneuve et à Yverdon-les-Bains. Le projet s’adresse aux réfugiés et aux migrants récemment arrivés en Suisse ou qui n’ont pas encore de réseau social.

L’UDC déterre la hache de guerre avec l’économie sur la libre circulation

Toni Brunner attaque de front le président d’EconomieSuisse suite à une interview publiée dans nos colonnes.

imageL’UDC a présenté hier à Berne son programme pour revitaliser l’économie par le biais d’allégements d’impôts pour les entreprises et les ménages. Photo Keystone 

Dans nos éditions de lundi, Gerold Bührer s’en prenait vertement à l’Union démocratique du centre (UDC) et à son initiative «Contre l’immigration de masse», qualifiant la démarche «d’irresponsable». Il reprochait au parti d’exploiter politiquement les peurs, au lieu de chercher des solutions. Le texte exige, entre autres, une renégociation de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE).

La contre-attaque n’a pas tardé. Dans une lettre envoyée hier au président de la Fédération des entreprises suisses, l’UDC estime que ces reproches ne sont même pas «documentés». Toni Brunner, président de l’UDC, pose neuf questions, et prie Gerold Bührer d’y répondre, car si l’UDC a fait «des propositions concrètes», ce n’est pas le cas d’EconomieSuisse.

Le plus grand parti du pays se demande notamment si l’organisation économique considère «souhaitable et supportable» l’immigration «de masse de ces quatre dernières années»? Quelles mesures sont proposées contre les conséquences «négatives» de ces arrivées, telles les infrastructures «surchargées» ou encore la croissance des loyers? EconomieSuisse peut-elle garantir que, en cas de ralentissement de la conjoncture, les chômeurs originaires de l’Union européenne (UE) retourneront dans leur pays?

Parti de l’économie

La tension est également vive avec l’autre organisation économique, celle des petites et moyenne entreprises, l’Union suisse des arts et métiers (USAM). Son président, l’UDC Bruno Zuppiger, a été prié de se distancier de l’initiative de son parti. Chose faite dimanche dernier dans le SonntagsBlick . «L’initiative va trop loin», a estimé le Zurichois, qui compte parmi les partisans de la libre circulation des personnes dans son parti. Il estime que la Suisse ne peut pas prendre le risque de remettre en cause les accords bilatéraux. Cette position est défendue par des représentants de l’aile économique de l’UDC comme l’industriel thurgovien Peter Spuhler ou le Bernois Hansruedi Wandfluh.

Ces tensions avec les organisations économiques n’inquiètent pas le chef de campagne Christoph Blocher, alors que l’UDC dispute la place de parti de l’économie au Parti libéral-radical. «Lors de la campagne sur l’EEE, la confrontation avec les associations économiques a été brutale, confiait hier l’ancien conseiller fédéral en marge de la conférence de presse sur le franc fort. Leurs dirigeants voulaient adhérer à l’EEE puis à l’UE, ce qui était irresponsable pour nous. Si nous les avions écoutés nous y serions.»

Christoph Blocher s’en prend aussi directement à l’ancien conseiller national PLR Gerold Bührer: «C’est une prise de position libérale-radicale, rien de plus. Car, sur le fond, Gerold Bührer demande la même chose que nous dans son interview, soit une adaptation de l’accord sur la libre circulation des personnes. Sa vision est celle, typique, d’un manager à courte vue. Le nombre de chômeurs lui est égal. Il est indifférent aux tensions sociales. Il ne regarde que le moment présent. Des entrepreneurs prévoyants ne pensent pas comme cela!»

Du coté d’EconomieSuisse, l’attaque est gérée avec sang-froid. Ursula Fraefel, responsable de la communication: «En pleine campagne électorale, cette manière d’agir ne nous surprend pas. Il est évident que Gerold Bührer va répondre à ces questions. En ce qui concerne les accords bilatéraux avec l’UE, il y a longtemps qu’il y a une divergence d’opinions entre l’UDC et nous.»

Romain Clivaz, Berne, pour 24 Heures

Pour ou contre l’octroi des droits politiques aux étrangers du canton ?

Yves Christen et Philippe Leuba sont les invités de la page Débat du quotidien 24 Heures.

yves christen débat Il est dans notre intérêt de dire oui

Pourquoi accorder le droit de vote aux étrangers établis chez nous depuis dix ans et quasiment intégrés, alors qu’ils rempliraient les conditions de la naturalisation? C’est la question à laquelle vous devez répondre le 4 septembre.

J’y ai longuement réfléchi et j’ai fini par me convaincre de voter oui. Ce n’est ni par provocation, en ces temps de redoublement de la xénophobie, ni seulement par esprit d’ouverture, mais parce qu’il en va de l’intérêt à long terme de notre canton. Tout m’incite à penser que la société de demain sera plus ouverte et qu’elle tendra inéluctablement à distinguer la citoyenneté de la nationalité, cette dernière n’étant qu’une couche supplémentaire dans le millefeuille de nos identités.

Bien sûr, l’Europe entière vit une crise qui renforce les mouvements nationalistes populistes. On voit naître des  alliances entre extrême droite et gauche dure pour lutter contre la mondialisation qui générerait une croissance néfaste. On propose de rétablir des frontières et des barrières douanières. Mais l’évolution prévisible de la démographie en Europe, et dans notre pays en particulier, indique que le Vieux-Continent va vers une décroissance naturelle du fait du vieillissement de sa population.

yves christen débat citationDans vingt ans, il n’y aura plus assez de Suisses actifs pour financer les retraites. C’est grâce à l’immigration des pays dits jeunes que nous compenserons le manque de travailleurs, de cerveaux et de bras, dans toutes les branches de l’économie. C’est déjà le cas aujourd’hui, mais le phénomène s’amplifiera. Autrement dit, la libre circulation va devenir la règle en matière d’emplois au-delà de l’Union européenne. Quelles que soient les gesticulations électoralistes de l’UDC.

Il faut s’y préparer en intégrant encore mieux ces hommes et ces femmes que jusqu’ici on qualifiait de main-d’œuvre. Prêts à quitter leur pays, ces immigrés, qui seront de mieux en mieux formés, renforceront le dynamisme de notre population. Ils seront mobiles et se fixeront où ils se sentent le mieux reçus. Beaucoup renonceront à se lancer dans un processus de naturalisation qui reste compliqué. Sans parler des nombreux pays où la double nationalité n’est pas la règle.

Notre chance est que tous ces travail- leurs puissent vivre en harmonie avec nous pour créer des richesses, payer les impôts et les cotisations sociales afin de nous maintenir parmi les pays les plus prospères. Que perdrons-nous en leur offrant la possibilité de devenir de vrais citoyens et en complétant les droits civiques communaux sur le plan cantonal? Quels sont les devoirs auxquels les opposants font référence et que n’accompliraient pas les étrangers établis au plan cantonal? Je n’en vois pas.

C’est un pari où nous avons tout à gagner, et j’invite les Vaudoises et les Vaudois à faire le pas, au-delà des mots d’ordre des partis peu enclins à prendre des risques en période électorale.

philippe leuba débat Ne dévalorisons pas la naturalisation!

Faire et défaire les lois, élire les juges, gouverner le canton, représenter les Vaudois au Conseil des Etats, tels seraient les droits que l’initiative «Vivre et voter ici» entend octroyer aux étrangers, sous la condition qu’ils résident depuis une certaine période en Suisse et dans le canton de Vaud.

Aveuglés par l’illusion qu’une idée est juste dès lors qu’elle serait généreuse, les initiants proposent de conférer aux étrangers – à ceux qui précisément ne sont ni Suisses ni Vaudois – le droit de décider de l’avenir d’une communauté dont ils ne se réclament pas.

Nombre de bénéficiaires potentiels de cette initiative sont en effet des ressortissants étrangers qui remplissent déjà les critères, aujourd’hui largement assouplis, leur permettant de demander leur naturalisation, mais qui n’ont pas pour autant entrepris cette démarche. Au travers de cette dernière, ils peuvent témoigner le sentiment qu’ils se sentent au moins aussi Vaudois que Zaïrois, Serbes, Turcs ou Allemands.

Est-ce trop demander à celui qui veut décider de l’avenir de la communauté vaudoise qu’il démontre que le canton de  Vaud lui est au moins aussi cher que sa patrie d’origine? Cette exigence est d’autant moins excessive que, dans la plupart des cas, il n’est plus nécessaire de renoncer à sa nationalité première lorsque l’on acquiert celle de notre pays et que le coût de notre procédure de naturalisation est aujourd’hui modique.

philippe leuba citationLes partisans du droit de vote et d’éligibilité des étrangers commettent l’erreur de croire que l’octroi des droits civiques favoriserait l’intégration des étrangers. Or, en bonne logique, les droits politiques doivent être octroyés une fois l’intégration démontrée et non en vue d’une intégration hypothétique.

L’an passé, dans notre canton, près de 6000 étrangers ont obtenu la nationalité suisse. Ils ont ainsi, dans les faits, prouvé leur attachement au pays dans lequel ils vivent et leur appartenance à la communauté vaudoise et suisse. C’est d’ailleurs souvent avec une grande émotion qu’ils prêtent serment devant le Conseil d’Etat, signe de l’importance qu’ils confèrent au passeport à croix blanche.

En octroyant les droits politiques indépendamment de la nationalité, en permettant leur obtention par le seul écoulement du temps, l’initiative vide la naturalisation de l’un de ses attributs fondamentaux. L’étranger obtiendrait ainsi le droit de vote et d’éligibilité, et il intégrerait le peuple souverain du seul fait qu’il a vécu dix ans en Suisse, dont trois dans notre canton. Il n’aurait même pas à déposer une demande ni à démontrer un quelconque attachement au pays dont il pour- rait néanmoins façonner le destin.

Par leur texte, les initiants commettent davantage qu’une erreur: ils font la faute de dévaloriser les droits politiques. Il est regrettable qu’ils n’éprouvent pas autant de respect pour les institutions de ce pays que n’en témoignent les Suisses fraîchement naturalisés.

24 Heures

lundi 22 août 2011

Mauvais objet

anna lietti Dans le dernier film de Fernand Melgar, le directeur du centre de détention de Frambois refuse d’assumer le rôle du méchant. Il est loin d’être le seul. Ça sent le mal d’époque.

A Locarno comme dans le film, il portait une cravate rose.  Après la projection, il a dit sa reconnaissance: je fais un travail difficile, merci de le comprendre. Le directeur du centre de détention de Frambois, personnage central de Vol spécial de Fernand Melgar, est soucieux de son image et son message est clair: je suis un gentil.

Certes, Monsieur Claude remet des sans-papiers à la police pour qu’elle les embarque plus ou moins brutalement dans des avions, après les avoir plus ou moins «entravés». Mais il ne fait qu’exécuter la volonté du peuple citoyen. Sa mission, sa fierté, c’est d’accomplir sa tâche le plus humainement possible.

C’est ainsi que l’on voit, dans Vol spécial, ce fonctionnaire sensible promettre aux expulsés que les choses se passeront «bien gentiment.» Leur tapoter la nuque en leur souhaitant bonne chance. Et leur expliquer qu’ils ne sont pas seuls à souffrir: on est des êtres humains, on s’attache, et pour le personnel du centre aussi, la séparation est éprouvante.

C’est à ce moment du film que j’ai explosé intérieurement. Le documentaire de Fernand Melgar sortira en salle dans un mois et chacun pourra alors se faire une opinion sur la polémique qu’il a suscitée. Mais qu’elle ait éclaté ne me surprend pas: Vol spécial suscite un malaise lourd comme un ciel d’orage.

Pas du tout parce que c’est un film «fasciste», comme le prétend le président du jury du Festival de Locarno. Le documentaire de Melgar est remarquable et sa démarche pertinente: montrer, sans prendre parti, la réalité humaine derrière la loi, c’est fort, utile et suffisant dans le cadre d’un documentaire.

Non, si Vol spécial crée le malaise, c’est parce qu’il montre une décision brutale exécutée avec une douceur excessive. Parce qu’on y voit des expulsés recevoir un message paradoxal et que les messages paradoxaux, ça rend fou. Parce que celui qui exécute une sanction doit accepter, à un moment donné, d’assumer le rôle du méchant et que Monsieur Claude s’y refuse.

En psychanalyse, le méchant s’appelle le «mauvais objet», m’explique un ami qui en a vu d’autres. Il ne s’agit pas d’une personne mauvaise, mais d’une fonction: le mauvais objet est celui qui accepte de voir se cristalliser sur lui les frustrations et la colère, même s’il n’a rien fait de mal. Ainsi du parent qui relaie les interdits sociaux. Mais vous allez me dire: les parents aujourd’hui rêvent de n’être qu’amour et gentillesse, ils détestent interdire. Et vous aurez raison.

Je repensais à tout cela l’autre soir, en parcourant la rue de Bourg à Lausanne. Je slalomais entre les dealers de coke qui ont trouvé dans la capitale vaudoise un asile sûr et paisible. Je rentrais de Locarno, ma sensibilité était à vif: comment se peut-il, me disais-je, que malgré la sévérité de nos lois, ces clients rêvés pour un vol spécial continuent à narguer la police et à conforter les pires clichés anti-étrangers? Lausanne serait-elle gouvernée par l’UDC qui en fait une vitrine-repoussoir? Ben non, c’est le contraire. La majorité lausannoise est à gauche et elle rechigne à se montrer trop méchante avec des dealers africains.

Je résume: les parents répugnent à jouer les flics de service, les flics de service ne peuvent plus faire leur travail. Plus personne ne veut être le mauvais objet, tout le monde veut porter une cravate rose, comme Monsieur Claude. Les psychiatres ont de beaux jours devant eux. L’UDC aussi.

Chronique d’Anna Lietti dans le Temps

Pour Gerold Bührer, l’attitude de l’UDC est «irresponsable»

Le président d’EconomieSuisse condamne avec force l’initiative contre l’immigration.

gerold bührer opinion udc

Quand il siégeait au Conseil national, Gerold Bührer appartenait à l’aile économique du Parti libéral-radical. Il nouait régulièrement des alliances avec l’UDC. Mais aujourd’hui, le président d’EconomieSuisse, qui a quitté le National en 2007, critique vertement l’initiative de l’UDC «Contre l’immigration de masse», car elle s’en prend à la libre circulation des personnes en demandant une nouvelle négociation. Interview.

Les questions liées aux migrations et à la libre circulation posées par l’UDC ne sont-elles pas légitimes?

Bien sûr. En démocratie directe, on ne refuse pas le débat. Mais l’UDC sait parfaitement que ses solutions sont inapplicables. Et que, même si elles devaient l’être, elles seraient négatives pour l’économie et l’emploi. C’est une attitude irresponsable. Ce parti crée et exploite politiquement les peurs au lieu de chercher des solutions aux problèmes qui découlent de l’ouverture.

Près des 40% des entreprises contrôlées ont été épinglées par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) pour sous-enchère salariale. Il y a un problème!

Personne ne le conteste, même si, sur ces 40%, seuls 10% sont des cas graves selon le SECO. De plus, les contrôles sont ciblés sur les branches où les problèmes sont connus. EconomieSuisse et l’Union patronale veulent corriger les défauts du système avec l’amélioration des mesures d’accompagnement. On peut aussi envisager de discuter d’une nouvelle clause de sauvegarde migratoire avec l’Union européenne (UE) en cas d’urgence. Toutefois, remettre en cause le système de la libre circulation serait fatal pour l’économie et l’emploi!

Pourtant, c’est ce que font avec succès le Mouvement citoyens genevois (MCG) ou la Lega dei Ticinesi. Autant de voix pour le texte de l’UDC?

Je sens un malaise même dans mon canton, Schaffhouse. Des secteurs comme la médecine ou la finance sont soumis à une nouvelle concurrence. Mais, tout compte fait, cette concurrence est positive et ne fait pas augmenter le chômage. De plus, des emplois ont été créés grâce à cette flexibilité. Ces migrants viennent pour travailler. L’UDC sait d’ailleurs très bien que les problèmes d’intégration, qui parfois conduisent à la criminalité, ont plutôt leurs racines dans les années des contingents, et pas dans la libre circulation. Mais elle joue sur des amalgames.

Christoph Blocher affirme que «la Suisse s’en sortirait très bien sans les accords bilatéraux».

C’est faux! La Suisse doit miser sur trois piliers: le multilatéralisme, certes mal en point, de l’Organisation mondiale du commerce; les accords de libre-échange bilatéraux, comme celui en cours avec la Chine; les accords bilatéraux avec l’UE, vers laquelle près de 60% de nos exportations se dirigent toujours. Le prix de l’accès aux marchés, c’est l’ouverture du nôtre. Briser un de ces piliers serait irresponsable.

La Suisse a longtemps misé avec succès sur des contingents. Pourquoi ne pas recommencer?

Ces contingents n’ont pas été un grand succès, mais avant tout un système administrativement lourd, notamment pour les entreprises. Et depuis lors, le monde a évolué. Notre réseau d’accords internationaux s’est densifié. Changer de système constituerait un trop grand risque. Pour les entreprises, le retour des contingents constituerait aussi un surcroît de bureaucratie et une perte de flexibilité. Cela surprend de voir l’UDC, un parti bourgeois aux dernières nouvelles, proposer cela.

Christoph Blocher s’affiche à la pointe dans ce combat. L’UDC a-t-elle divorcé des milieux économiques qui l’aimaient tant?

Disons que, chez Christoph Blocher, il y a le brillant entrepreneur et le politicien. Dans ce dossier, le second a pris le dessus. Et si nous sommes sur la même longueur d’onde sur des thèmes comme les dépenses publiques, la fiscalité ou l’énergie, ce dossier est celui qui nous divise le plus. Mais l’initiative «Contre l’immigration de masse» divise aussi l’UDC, puisque plusieurs chefs d’entreprise ont pris leurs distances.

Craignez-vous le prochain élargissement, qui concernerait les Balkans avec la Croatie?

Non. Les Suisses sont certes critiques, mais ils sont avant tout rationnels et pragmatiques. Se jeter dans l’inconnu ne leur plaît pas. Ils continueront à soutenir la voie bilatérale.

Romain Clivaz, Zürich, pour 24 Heures

Le profil d’un UDC sert de défouloir anti-islam

udc ge racisme fb Un membre du parti aurait proféré des paroles ordurières sur le web. La direction de la section condamne ces déclarations. L’intéressé dit avoir été piraté.

«A quand le concours de lancer de pied de porc dans les mosquées?» C’est l’une des suggestions émises sur le profil de Lee Ramirez, membre de l’UDC genevoise, dans une discussion sur Facebook. Il propose aussi le jet de «tranches de bacon sur les vitrines de magasins halal» ou la diffusion de «couinements de porc» devant les «repères muzz».

La direction de la section cantonale du parti se distancie fermement de ces propos diffamatoires. «Ces paroles sont inacceptables et n’engagent que lui», réagit la présidente, Céline Amaudruz. Le comité directeur a convoqué Lee Ramirez aujourd’hui pour éclaircir les choses. «Nous cherchons à comprendre, souligne Patrick Hulliger, responsable des campagnes. Ces paroles sont intolérables. Si elles sont du fait de M. Ramirez, des sanctions seront prises à son encontre.»

L’intéressé dément avoir tenu un tel discours. Samedi, il a précisé sur Facebook qu’un «pseudo portait des accusations» contre lui sur le réseau social et prié ses amis de ne «pas considérer ces propos calomnieux». Joint hier, ce presque quadragénaire dit avoir déjà été victime de piratage cette année et s’en être plaint à la plate-forme. «Je n’ai ­jamais écrit une chose pareille. Ce peut être un montage. Les attaques ont commencé lorsque j’ai créé le profil de l’UDC genevoise sur YouTube et que nous avons patrouillé autour de l’Usine, en mars.» Le politicien espère obtenir l’appui du comité directeur.

Irène Languin dans 20 Minutes

dimanche 21 août 2011

La libre circulation ne fait pas peur à la population suisse

Une majorité de la population suisse ne craint pas l'immigration engendrée par la libre circulation des personnes, montre un sondage publié dimanche par le "SonntagsBlick". Les avis sur la proportion d'étrangers en Suisse sont en revanche divisés.

Environ la moitié (48%) des sondés estime que cette part de 22,1% est "bonne". Mais ils sont autant à la considérer comme "plutôt trop élevée" (34%) ou "beaucoup trop élevée" (14%). Les jeunes et les Romands se montrent les plus ouverts aux étrangers.

Une majorité de 59% n'est pas préoccupée par l'immigration de forces de travail européennes liée à la libre circulation des personnes. En revanche, 40% sont "plutôt" ou même "très" préoccupés. Cette proportion est particulièrement représentée chez les plus de 54 ans et les personnes avec le niveau d'éducation le moins élevé.

Keller-Sutter en tête

Par ailleurs, 80% des personnes interrogées pensent que l'économie suisse ne serait pas si saine sans étrangers. Cette opinion est particulièrement exprimée par des électeurs du PS (94%), du PLR (86%) et du PDC (83%). Elle n'est partagée que par 56% de sympathisants de l'UDC.

Autre élément du sondage, le classement de personnalité. Le journal dominical montre que sur la question de l'immigration et des étrangers, une majorité de Suisses interrogés dit accorder sa confiance à Karin Keller-Sutter, choisie parmi 16 autres papables.

Blocher pas apte mais connu

La conseillère d'Etat libérale-radicale saint-galloise remporte la palme pour sa compétence présumée sur le thème de l'immigration, avec une note de 6,16 sur 10. Elle est suivie par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga (6,14) et le chef du groupe parlementaire PDC Urs Schwaller (5,12).

Les leaders de l'UDC Christoph Blocher (4,15) et Toni Brunner (4,11) sont en revanche considérés comme les moins aptes. Au palmarès des personnalités les plus connues, Christoph Blocher arrive en tête, suivi de Mme Sommaruga et de Toni Brunner.

L'institut Demoscope, sollicité pour l'enquête du "SonntagsBlick", a interrogé 1002 personnes en Suisse alémanique et Suisse romande. La marge d'erreurs est de 3%.

Wohlstand dank den Ausländern

Die Zuwanderung macht einer Mehrheit der Schweizer keine Sorgen. Geteilt sind die Meinungen aber zur Höhe des Ausländeranteils in der Schweiz, wie eine Umfrage des «SonntagsBlick» zeigt.

Jung, weiblich, ausländerfreundlich

Den heutigen Ausländeranteil von 22,1 Prozent findet jeder zweite Schweizer (48 Prozent) «gerade richtig». Ebenfalls 48 Prozent erachten ihn als «eher zu hoch» oder «viel zu hoch». Zu niedrig findet die Quote kaum jemand.
► Die Toleranz hat aber etwas ­abgenommen: Bei einer sehr ähnlichen SonntagsBlick-Umfrage im November 2010 sagten noch 42 Prozent, der Ausländeranteil sei «eher» oder «viel zu hoch».
► Es zeigen sich aber Unter­schiede zwischen Jung und Alt: Je jünger die Befragten, desto ausländerfreundlicher sind sie. 56 Prozent der 18- bis 34-Jäh­rigen sind mit der Situation zufrieden. Bei den 35- bis 54-Jährigen sind es noch 49, bei den über 54-Jährigen gerade 42 Prozent.
► Ein weiterer Graben klafft zwischen Stadt und Land: Für rund 50 Prozent der Befragten auf dem Land und in den Agglomerationen leben zu viele Ausländer in der Schweiz. Städter sehen das nur zu 40 Prozent so.
► Frauen und Romands zeigten in der Umfrage tendenziell weniger Vorbehalte gegen eine hohe Ausländerquote. 

Ältere bangen mehr um ihre Jobs

Einer Mehrheit von 59 Prozent bereitet die durch die Personenfreizügigkeit ausgelöste Zuwanderung von EU-Arbeitskräften «eher keine» bis «gar keine» Sorgen. 38 von 100 befragten Männern und 42 Prozent der Frauen fürchten sich davor.
Auch hier zeigt sich die Kluft der Generationen, und zwar deutlicher als bei der Frage nach dem Ausländeranteil (oben):
► 70 Prozent der jungen Erwachsenen gehen gelassen mit der Zuwanderung um, bei den über 54-Jährigen ist es zwar ebenfalls eine Mehrheit – allerdings mit 53 Prozent nur eine knappe.
► Zudem zeigt die Studie, dass weniger gut Gebildete eher fürchten, ein Ausländer könnte ihnen den Job oder die Wohnung wegschnappen: Fast der Hälfte (47 Prozent) der Befragten mit niedrigem Abschluss bereitet die Zuwanderung – und damit die EU-Konkurrenz am Arbeitsplatz – schlaflose Nächte.
► Bei den Schweizern mit mitt­lerem Abschluss beträgt dieser Anteil 42 Prozent, bei jenen mit hohem Bildungsabschluss nur noch 27 Prozent.

80 Prozent sagen: Ausländer bringen Wohlstand

Vier von fünf Befragten stimmen der Aussage zu, dass die Schweiz ohne ausländische Arbeitskräfte weniger erfolgreich wäre. Nur 17 Prozent lehnen diese Aussage ab, drei Prozent haben dazu keine Meinung.
► In Deutsch- und Westschweiz ist die Zustimmung exakt gleich gross. Auch zwischen Frauen und Männern, Stadt und Land, Erwerbstätigen und Nichtarbeitenden gibt es da kaum Unterschiede.
► Sogar eine Mehrheit von Wählern der sonst so ausländerkritischen SVP attestiert den Zugewanderten, den Wohlstand der Schweiz mit zu steigern: 56 Prozent stimmten der Aussage zu, 41 Prozent nicht. Die Wähler der anderen grossen Parteien antworten allerdings erheblich optimistischer:
SP – 94 Prozent ja, vier Prozent nein.
CVP – 83 Prozent ja, 14 Prozent nein.
FDP – 86 Prozent ja, neun Prozent nein. 

samedi 20 août 2011

Les mots de travers de l’UDC

On ne doutait pas de la capacité de l’UDC à savoir exploiter très rapidement les faits divers tragiques où les étrangers ont le mauvais rôle. Elle vient, sans surprise, de le faire avec les deux drames survenus le 15 août, à Pfäffikon (ZH) et Interlaken (BE), dont l’un touchait un «lutteur douze fois couronné».

«Un Kosovar abat la responsable des services sociaux!» «Des Kosovars poignardent un Suisse!» On ne doutait pas de la capacité de l’UDC à savoir exploiter très rapidement les faits divers tragiques où les étrangers ont le mauvais rôle. Elle vient, sans surprise, de le faire avec les deux drames survenus le 15 août, à Pfäffikon (ZH) et Interlaken (BE), dont l’un touchait un «lutteur douze fois couronné».

La voilà donc avec deux tout nouveaux titres inspirés de l’actualité pour décliner son annonce qui fait la promotion de son initiative «pour stopper l’immigration massive». Et, par ricochet, renvoie à celle «pour le renvoi des étrangers criminels». L’ambassade du Kosovo a d’ailleurs dû sentir le vent du boulet et la récupération politique. Car elle avait jugé nécessaire, quelques heures plus tôt, d’envoyer un fax aux rédactions pour condamner ces actes.

Mais vouloir agir plus vite que son ombre comporte un risque. Dans son communiqué visant à promouvoir sa nouvelle campagne d’affichage, dénoncer l’«attitude passive» du gouvernement et se plaindre des journaux qui refusent de publier l’annonce, l’UDC s’inflige un joli autogoal. Et nous offre un contresens bien en évidence dans le titre. Voilà ce qu’écrit le parti: «Il est temps que le Conseil fédéral agisse contre les étrangers criminels et l’émigration de masse.» Tiens donc. L’UDC ne brandit plus la menace d’une invasion d’étrangers, mais préfère s’inquiéter d’un exode massif aussi soudain qu’inexplicable des Suisses? Encore un mouvement migratoire qui semble nous avoir échappé.

Valérie de Graffenried dans le Temps