lundi 25 juillet 2011

L’extrémisme de droite, une menace négligée en Europe ?

Les services de sécurité de Norvège et d’ailleurs ont-ils été trop obnubilés par le terrorisme islamiste? Certains experts dénoncent.

martin killiasQui n’a pas immédiatement songé à la piste islamiste? Dès l’explosion vendredi d’une bombe à Oslo, ravageant les bureaux du premier ministre, les experts cités en direct par les médias scandinaves soupçonnaient un acte de revanche contre la participation des forces norvégiennes en Afghanistan et en Libye. Une théorie reprise partout autour du globe. Notre journal n’a pas fait exception. Quelques heures plus tard, pourtant, c’est la stupéfaction: le principal suspect est «un Norvégien de souche». Et même «un fondamentaliste chrétien» fasciné par les thèses de l’extrême droite.

Comment cet homme inconnu des services de police a-t-il pu fomenter l’attaque la plus meurtrière du continent européen depuis les attentats islamistes de Londres qui ont fait 52 morts en 2005? Pour certains, il est tout simplement un extrémiste sorti des radars des services de sécurité parce qu’ils étaient trop accaparés par la menace islamiste. Dans un rapport publié au début de l’année, le renseignement norvégien assurait que «l’extrême droite, comme l’extrême gauche, ne présente pas de menace sérieuse en 2011» et que c’est «avant tout» l’islamisme radical qui constitue «une menace directe».

Rejet de l’islam

Matthew Goodwin, enseignant à l’Université de Nottingham et expert des groupes d’extrême droite, confirme que la focalisation sur la menace islamiste a détourné l’attention. «Ces dix dernières années, nos services de sécurité se sont surtout portés sur Al-Qaida, laissant un vrai trou dans leur couverture de l’extrême droite.» En 2010, Interpol estimait qu’il n’y avait pas de mouvement terroriste d’extrême droite sur le continent. Tout en relevant la professionnalisation croissante dans la production de propagande antisémite et xénophobe, ainsi que la présence accrue de ces dérives sur les réseaux sociaux. A quoi vient s’ajouter la montée de l’islamophobie et du racisme anti-immigrés. Daniel Poohl, de la fondation suédoise Expo, observatoire de référence sur l’extrême droite en Scandinavie, n’est d’ailleurs pas surpris de voir émerger une nouvelle forme de terrorisme nourrie par un rejet de l’islam.

Cela dit, il faut bien reconnaître que jusqu’à présent la violence d’extrême droite avait rarement dépassé le stade de passages à tabac ou d’attaques à l’arme blanche. Pour le criminologue zurichois Martin Killias, les attaques en Norvège sont à mettre sur le compte d’un acte de folie. Samedi, sur les ondes de la radio alémanique DRS, le professeur de droit pénal a affirmé que l’orientation idéologique, quelle qu’elle soit, ne joue pas un rôle central chez les coupables.

Andrés Allemand avec les agences dans 24 Heures 

populisme commentaire

Initiative “contre l’immigration de masse”

L'objectif est de limiter le nombre d'étrangers en Suisse et de retrouver une autonomie dans la gestion de l'immigration.

TSR

samedi 23 juillet 2011

Duel autour du droit de vote et d’éligibilité des étrangers

A la rentrée, les Vaudois voteront sur l’initiative «Vivre et voter ici». Ce texte veut donner le droit de vote et d’éligibilité cantonal aux étrangers qui résident depuis longtemps dans le pays. Raphaël Mahaim, député Vert, est coprésident du comité. Il croise le fer avec le chef du Département de l’intérieur, Philippe Leuba. Le libéral est farouchement hostile à cette proposition.

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En cas de succès de l’initiative qu’est-ce qui distinguera un étranger d’un Suisse?

Raphaël Mahaim Mille choses. Ainsi, les étrangers n’auront par exemple pas le droit de vote et d’éligibilité au niveau fédéral. Et on aura toujours une multitude de cultures et de communautés linguistiques dans le canton.

Philippe Leuba S’il est un critère qui ne souffre aucune contradiction, c’est celui de la nationalité. Et un lien étroit doit exister pour l’étranger entre la naturalisation et la jouissance des droits politiques. La naturalisation, c’est l’expression qu’on fait partie désormais d’une communauté. De la naturalisation découle le droit de faire partie des organes souverains du canton de Vaud, de siéger au Conseil d’Etat, au Grand Conseil et même au Conseil des Etats, de nommer les magistrats et de faire et de défaire les législations.

Quel est le sens de cette initiative?

R.M . On aura résolu une injustice: 90 000 personnes environ qui font partie de la communauté vaudoise, qui paient des impôts, qui contribuent aux assurances sociales, n’ont pas voix au chapitre. Ils n’ont pas la possibilité de s’exprimer. Les personnes qui font partie d’une communauté locale doivent pouvoir se prononcer sur les objets concrets qui les concernent. Il ne s’agit nullement d’une révolution, mais d’un ferment de cohésion sociale

PH.L. Si le fait de vivre dans une communauté justifie le droit de vote et d’éligibilité, pourquoi ne pas le donner aussi à tous les clandestins? Par ailleurs, cette initiative propose une innovation qui n’existe dans aucun canton: le droit d’éligibilité. M. Mahaim dit que ce n’est pas une révolution, permettez-moi d’en douter. Cette initiative vide de sa substance la nationalité.

Un Obwaldien vivant depuis trois mois à Vevey a le droit de vote et un Italien établi depuis dix ans à Nyon ne l’a pas. N’est-ce pas injuste?

PH.L. Il est manifeste qu’un Obwaldien et un Vaudois partagent une communauté de destin à travers une histoire en partie commune. Un Suisse en Italie, même au bout de dix ans, n’obtiendrait pas le droit de vote. Il n’y aurait pas de réciprocité.

R.M. L’erreur du raisonnement de M. Leuba, c’est le lien entre nationalité et droit de vote cantonal. La nationalité n’a de sens que lorsqu’on parle de nation souveraine. Or le canton de Vaud n’est pas une nation souveraine. C’est un canton. Au niveau local, la couleur du passeport n’a pas un rôle décisif. La question est donc pertinente: un Suisse d’une autre minorité qui ne parle pas français peut être moins intégré qu’un Portugais. Ce lien entre nationalité et droit de vote ne se vérifie d’ailleurs pas pour les Vaudois à l’étranger, qui n’ont pas le droit de vote sur le plan cantonal. Cela démontre que le domicile joue un rôle dans la question des droits politiques.

PH.L. M. Mahaim se trompe sur le système politique. Les Etats cantonaux ont délégué des compétences à la Confédération et pas l’inverse. Les cantons sont souverains. Ils sont l’entité de base du pays bien plus que l’Etat fédéral.

L’initiative est antifédéraliste?

R.M. Au contraire, elle donne la possibilité de tenir compte des sensibilités cantonales différentes, en particulier sur la question des étrangers.

PH.L. Je ne dis pas que l’initiative est contre le fédéralisme, mais cela ne veut pas dire qu’elle est cohérente ou pertinente.

Ne valait-il pas mieux proposer le seul droit de vote comme Neuchâtel et le Jura?

PH.L. Une demi-incohérence ne vaut pas mieux qu’une incohérence complète.

R.M. On aurait fait des demi-citoyens; le comité d’initiative a fait le choix de la cohérence et a refusé d’entrer dans des considérations de tactique politique.

Vaud a déjà accepté ces droits au niveau communal. N’est-il pas logique de les étendre?

PH.L. Ces droits ont été octroyés dans le cadre d’une révision de la Constitution. Aucun canton n’a donné le droit de vote et d’éligibilité quand la question était directement posée aux citoyens.

R.M. Rares sont les personnes qui les contestent maintenant, et ceux qui ont voulu attaquer ce droit n’ont pas réussi à récolter les signatures.

On n’a guère l’impression que le droit de vote et d’éligibilité soit une revendication des communautés étrangères.

PH.L. Aux précédentes élections communales de 2005, 26,5% seulement des étrangers ayant le droit de vote ont voté, contre 43,7% des Suisses. Presque 75% de taux d’abstention chez les étrangers. Il n’y a pas une réelle demande. Trois sur quatre ne l’utilisent pas.

R.M. Les communautés étrangères sont peu organisées et ne peuvent relayer une demande de la base, mais je peux vous dire qu’il existe une réelle envie que j’ai rencontrée pendant la récolte des signatures, nous avons d’ailleurs obtenu très vite les 12 000 paraphes nécessaires, puis plus de 14 000 avec un petit comité. Les étrangers votent moins que les Suisses au niveau communal, mais un tel phénomène se produit chaque fois qu’il y a une extension des droits politiques. Il faut des décennies pour que le taux remonte. C’est ainsi que les femmes votent encore aujourd’hui moins que les hommes, mais les écarts se réduisent avec le temps.

A gauche, certains pensent que l’initiative fait le lit de l’UDC en période électorale.

R.M. On aurait voulu le faire six mois plus tôt, mais cela a pris plus de temps que prévu. Difficile de maîtriser le calendrier en politique. On sort d’une période agressive en matière de politique migratoire. Il me paraît bon de proposer un projet constructif en matière d’intégration. C’est une manière de dire que les étrangers sont une richesse pour l’économie, la culture, la diversité du pays. On montre l’apport des étrangers. On rompt avec une attitude défensive à l’égard de l’UDC. Discours positif, plutôt qu’une attitude défensive.

PH.L. A mon sens, l’agressivité de l’UDC à l’égard des étrangers n’explique qu’en partie les tensions sur l’immigration. L’aveuglement des autres partis qui n’ont longtemps pas voulu voir les problèmes est aussi responsable de l’ambiance actuelle. Preuve en est que les tensions sur l’immigration sont vives dans des pays européens qui ne connaissent pas l’UDC .

Justin Favrod et Mehdi-Stéphane Prin dans 24 Heures

Fernand Melgar: «Je n’ai pas confiance en Simonetta Sommaruga sur les questions d’asile»

Fernand Melgar présente son nouveau documentaire, «Vol spécial», le 6 août à Locarno. Sans Simonetta Sommaruga, qui a décliné l’invitation, et déçoit le réalisateur.

Après «La forteresse» sur l’accueil des requérants à Vallorbe (VD), le cinéaste Fernand Melgar s’est intéressé à leur départ forcé. «Vol spécial» a été tourné à Frambois, centre de détention administrative à Genève. Après les récents incidents à l’aéroport de Zurich, durant lesquels on a vu un Nigérian se faire matraquer par un policier, le sujet est particulièrement sensible.

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Les renvois posent de sérieuses difficultés à la Suisse. A quelques semaines des élections, vous ne craignez pas la récupération politique?
Les politiciens peuvent récupérer tout ce qu’ils veulent, je fais des films pour qu’on en parle. Et, à part ça, je me demande qui va oser défendre les requérants d’asile avant les élections…
Après «La forteresse» en 2008, pourquoi ce nouveau sujet sur l’asile en Suisse?
Lorsqu’on évoque les renvois, les gens imaginent des criminels. Ils les voient sous la forme de moutons, de rats, de corbeaux, car les campagnes de l’UDC ont imposé cette image. Dans la réalité, les centres de détention administrative sont remplis de gens dont le seul crime est de n’avoir pas de statut légal ou d’avoir osé demander l’asile. C’est tout. De là, un jour, sur la simple décision d’un fonctionnaire, on leur passe les menottes et on les amène à l’aéroport, où ils sont encore ligotés. C’est ça que je veux montrer: des destins broyés par la machinerie administrative.
Les autorités expliqueront que si ces gens sont retenus et renvoyés de force, c’est qu’ils refusent de partir de leur plein gré et qu’ils avaient le choix. Pas convaincu?
Mais de quel choix parle-t-on? Des pères de famille ont fait leur vie ici et ils devraient accepter de tout quitter? D’autres savent qu’ils sont en danger dans leur pays et l’Office des migrations n’a pas voulu le reconnaître. Devraient-ils se jeter de leur plein gré dans les bras de leurs bourreaux?
Mais que proposez-vous, d’accueillir tous les requérants?
Je demande moins d’hypocrisie dans notre rapport au Sud. D’un côté, l’Occident exploite ses richesses, spécule sur ses matières premières. Il rapatrie les bénéfices de ses activités mais rejette les victimes du système. J’estime qu’on ne peut plus vivre dans cet écosystème et ce n’est pas être révolutionnaire que de le dire.
Et, en attendant que le monde change, comment fait-on?
Inutile de me poser vingt fois la même question. Je suis documentariste, et ce que je veux montrer, c’est qu’en Suisse on ne respecte pas la dignité humaine. La détention administrative revient à enfermer des hommes comme des animaux dans un enclos. Et on ne nous dit pas tout. Je n’ai pas pu filmer la manière dont on ligote les gens sur le siège de l’avion, avec un casque de boxeur sur la tête et des couches-culottes pour le voyage. On ne m’a pas laissé tourner car il paraît qu’on ne doit pas montrer une personne dans une situation humiliante.
Le domaine de l’asile et des étrangers est maintenant du ressort de Simonetta Sommaruga, une socialiste. Vous avez confiance en elle?
Non.
Pourquoi?
En proposant la création de nouveaux centres d’enregistrement afin d’accélérer les procédures, elle renforce une sorte de régime de la semi-détention qui pourrait très vite se transformer en détention tout court. Ce faisant, elle reprend un projet né sous l’ère Blocher qu’Eveline Widmer-Schlumpf n’a pas osé présenter. Simonetta Sommaruga, elle, va au-delà des vœux de l’UDC.
Avez-vous pris contact avec elle à propos de votre film?
Je lui ai écrit une gentille lettre pour l’inviter à la première à Locarno. Ainsi que le chef de l’Office des migrations, Alard du Bois-Reymond. Mais le samedi 6 août, à 14 h, ils sont occupés, tout comme les autres conseillers fédéraux. Seule Micheline Calmy-Rey n’a pas encore répondu. C’est étonnant, non? Car, s’il y a une journée où tous les politiciens se bousculent, c’est bien celle-là! A la projection de «La forteresse», Eveline Widmer-Schlumpf était présente, elle!

Propos recueillis par Magali Goumaz pour le Matin Dimanche

Un avion nommé désespoir

«Vol spécial», le nouveau film de Fernand Melgar, suit la trajectoire de six migrants emprisonnés à Frambois. L’un d’eux aurait été torturé à son retour au Cameroun.

Le regard de l’homme, à travers la caméra, est empreint de douceur. Mais lorsqu’il parle des êtres qu’il a filmés, la voix est vibrante de révolte. Chez Fernand Melgar, l’espace laissé à la pensée et aux émotions du spectateur n’exclut pas l’engagement, et vice-versa.
Avec Vol spécial, qui sera présenté en compétition internationale le 6 août au festival de Locarno, le réalisateur suisse poursuit ce travail éminemment politique qui consiste à redonner un visage à ceux que la machine administrative réduit à des statistiques, et les affiches de l’UDC à des animaux – moutons, corbeaux ou rats. «Les gens doivent savoir qu’en votant pour durcir le droit d’asile, ils votent sur des êtres humains. Des familles sont détruites», martèle Fernand Melgar.

Fin du parcours
Dans La Forteresse (2008), le réalisateur glissait sa caméra dans le centre d’enregistrement de Vallorbe, où sont hébergés des requérants au début de leur procédure d’asile. Avec Vol spécial, le cinéaste a voulu voir ce qui se passe à «la fin du parcours», quand les migrants ont perdu quasiment tout espoir de vie en Suisse. «La genèse de ce film est à la fois intime et liée à l’histoire de Fahad», explique-t-il. Fahad, c’est l’un des protagonistes de la La Forteresse, cet Irakien menacé dans son pays d’origine pour avoir servi d’interprète à l’armée américaine. Après la sortie du film, l’homme a été refoulé vers la Suède, pays dans lequel il avait déposé sa première demande d’asile. Il a finalement réussi à regagner la Suisse, où il s’est marié in extremis l’an dernier.
La rencontre avec Fahad aura permis à Fernand Melgar de découvrir un univers qu’il ne connaissait pas: la détention administrative. Pour réaliser Vol spécial, il a passé une année à la prison de Frambois, à Genève, l’un des vingt-huit centres de détention administrative du pays. Des établissements carcéraux d’un genre particulier, puisque les hommes et les femmes qui y sont enfermés n’ont pour la plupart commis aucun délit. Etrangers, ils sont considérés comme indésirables en Suisse. Surpris au petit matin par la police, séparés de leur famille, ils sont parqués là dans l’attente de leur renvoi. Pour ceux qui ne peuvent pas être expulsés faute d’accord de réadmission avec le pays d’origine, l’incarcération vise à accroître la pression psychologique.

40 heures en enfer
La durée de cette peine qui ne dit pas son nom peut varier de quelques jours à vingt-quatre mois. Certains, comme Pitchou, un jeune Congolais arraché à son fils nouveau-né dont Le Courrier a relaté le sort (notre édition du 27 février 2010), seront libérés in extremis. Mais la plupart d’entre eux, à l’instar du Camerounais Geordry, seront embarqués de force à bord d’un vol spécial, pieds et poings liés, attachés à leur siège et coiffés d’un casque. On leur enfile des couches-culottes, rapporte le cinéaste, de sorte qu’ils «baignent dans leurs excréments» pendant les huit à quinze heures que dure en moyenne un vol, avec des pointes à quarante heures. «C’est une forme de torture».
Implicitement, l’Office fédéral des migrations (ODM) semble lui donner raison. Pour motiver son refus de laisser la caméra capter l’embarquement des requérants, l’ODM a invoqué «une ordonnance qui interdit de filmer quelqu’un dans des situations humiliantes ou dégradantes», se souvient Fernand Melgar. C’est lors d’un tel transfert qu’un Nigérian est mort en mars 2010 à l’aéroport de Zurich-Kloten. Le 7 juillet dernier, un autre Nigérian a été matraqué par la police zurichoise à son embarquement dans l’avion.
Les vols spéciaux, qui donnent son titre au film, restent donc dans un trou noir. Le fait que la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) ait accepté d’envoyer des observateurs pour accompagner ces convois ne rassure pas le cinéaste. «C’est un scandale! Comment une personne qui a des croyances et qui défend des valeurs humaines peut-elle supporter cela? Va-t-elle leur faire des lectures de la Bible?»

Gardiens inquiets
Dans cette salle d’attente angoissée qu’est Frambois, il y a néanmoins place pour un petit bout de «théâtre» de la vie. C’est ce que montre le film, à travers six personnes en instance d’expulsion. Leur colère, leur incompréhension, mais aussi les liens qu’elles tissent avec le personnel de la prison. Des employés au profil plus social que policier, selon Fernand Melgar, et qui vivent difficilement les drames auxquels ils assistent. «Très souvent, les gens qui se sont fait expulser téléphonent pour dire qu’ils sont bien arrivés. Les gardiens se font du souci».
Non sans raison: plusieurs des passagers de Vol spécial ont été ou sont en danger de mort, affirme le cinéaste, qui est allé enquêter su place. Geordry, le Camerounais, a été «emprisonné et torturé durant cinq mois» à son arrivée à Yaoundé. Des éléments compromettants de sa demande d’asile auraient été transmis aux autorités locales. Alain, un syndicaliste congolais a dû se réfugier dans un pays voisin, et son entourage a été inquiété. «Ce ne sont pas des cas isolés», assure Fernand Melgar. Un webdocumentaire coproduit par la RTS et ARTE, annoncé pour début 2012, plongera dans le destin de ces expulsés. Il promet de faire des vagues.

Michaël Rodriguez dans le Courrier

 


http://www.volspecial.ch/

jeudi 21 juillet 2011

Roms: un an après, «rien n'a changé»

Près d'un an après le tour de vis sécuritaire lancé par le gouvernement, sur le terrain la situation demeure la même, constate le collectif Romeurope.

Souvenons-nous, ce fut le coup de chauffe répressif – et médiatique – de l'été dernier. Le 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy déclarait ouverte, dans son très musclé discours de Grenoble, l'offensive sécuritaire contre les Roms, qu'il amalgamait au passage aux gens du voyage. En bon soldat, Brice Hortefeux, alors ministre de l'Intérieur, annonçait le démantèlement en trois mois des 600 «camps ou squats» illicites recensés et «la reconduite quasi-immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public» vers la Bulgarie ou la Roumanie.
Depuis, que s'est-il passé ? Rien, ni dans un sens ni dans l'autre, répond un brin fataliste le collectif Romeurope, qui dressait ce jeudi son bilan de l'année. «Il y a bien eu une accélération des expulsions en août et septembre», mais au final, sur l'année, il n'y en a eu «ni plus ni moins qu'avant», a constaté ce groupement d'associations.

Romeurope estime toujours à 15.000 le nombre de Roms migrants présents en France, dont la moitié d'enfants, «un chiffre stable depuis huit-dix ans». Pourtant, en 2010, comme d'ailleurs en 2009, environ 9500 citoyens roumains et bulgares ont été renvoyés dans leur pays d'origine, selon le ministère de l'Intérieur. Autrement dit, le jeu des allers-retours se poursuit de plus belle. Les Roms, citoyens européens, ont un droit de séjour de trois mois en France, avant d'être expulsables. Reconduits le plus souvent par le biais du «rapatriement humanitaire», qui permet de renvoyer chez eux avec 300 euros en poche les étrangers ayant la nationalité d’un Etat membre de l’Union européenne en situation de dénuement (7000 Roumains et Bulgares en 2010, sur les 9500 reconduits), rien ne les empêche de revenir illico.

Evacuations

Résultat, «il y a toujours autant de terrains occupés, de situations insalubres, de difficultés», résume Laurent El Ghozi, président de la Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les tsiganes et les gens du voyage (Fnasat). Seule note positive, «la mobilisation citoyenne née en réaction au discours stigmatisant du gouvernement», qui se manifeste localement par la création de collectifs de soutien.

Mais les évacuations de terrain se poursuivent, comme ce mercredi encore à Bobigny (Seine-Saint-Denis), mais «ni plus ni moins qu'avant». «75% des campements illicites ont été demantelés», chiffre l'Intérieur. Sauf que là où un terrain disparaît, un autre renaît un peu plus loin. Une politique «absurde, imbécile et inefficace» martèle Alexandre Le Clève, de la Cimade. «Inhumaine» aussi : harcèlement policier, peur, rupture de la scolarisation des enfants et du suivi des soins à chaque évacuation. Et à la clé une précarisation accrue.

Surtout, rien n'a changé dans l'accès à l'emploi, frein majeur pour les Roms qui, en tant que ressortissants roumains et bulgares, restent soumis aux mesures transitoires d'adhésion à l'UE. Pas de travail possible pour eux sans autorisation préalable, promesse d'embauche au sein d'une liste de 150 métiers, paiement d'une taxe par l'employeur, et carte de séjour. Bref, mission quasi-impossible, surtout s'il s'agit de contrats courts. Or, la France, qui pourrait en théorie lever ces mesures à tout moment, ne devrait pas, sauf surprise, s'y plier avant fin 2013, l'échéance maximale.

Libération

mercredi 20 juillet 2011

Travail d’utilité publique pour quatre requérants

Quatre requérants d'asile de l'abri de Nyon (VD) ont commencé un travail d'utilité publique.

Les requérants vont débroussailler le pâturage des Fruitières, indiquent mercredi la commune et l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM). Le travail devrait durer «quelques semaines» et dépendra de la météo. Le programme vise à occuper les résidents de l'abri de protection civile qui compte quelque 80 personnes, à leur donner un sentiment d'utilité et à rendre service à la collectivité, explique le communiqué. L'abri doit fermer fin janvier 2012. Une grosse bagarre avait éclaté entre requérants en janvier dernier.

20 Minutes

Asile: attention aux refoulements vers l’Italie

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) dénonce les lacunes du système italien d’accueil des réfugiés et appelle Berne à freiner les renvois. Réponse: Rome respecte ses engagements. Mais le CIR, pendant italien de l’OSAR, demande plus de flexibilité dans l’application des règles de Dublin.

L’Accord de Dublin, auquel la Suisse est également associée, prévoit que, si un requérant l'asile a déjà déposé une demande dans un autre état signataire, il peut y être renvoyé. C’est en effet cet Etat-là qui est responsable du traitement de la demande d'asile et, si celle-ci est rejetée, du rapatriement de son auteur vers son pays d'origine.
C’est ainsi que, durant le premier semestre 2011, la Confédération a renvoyé près de 1600 personnes vers un pays de l’espace Dublin, dont un millier vers l’Italie. «Les personnes qui ont obtenu le statut de réfugié ou un statut de protection en Italie ne devraient plus être renvoyées vers ce pays», affirme pourtant l’OSAR.
Cette prise de position publiée au début de la semaine répond aux carences préoccupantes relevées par ses représentants qui, avec des collègues norvégiens, se sont rendus à Rome, Milan et Turin l’année dernière pour observer les procédures d'asile et les conditions d’accueil.
Suite à cela, l’organisation non gouvernementale appelle aujourd’hui la Confédération à la retenue lorsqu’il s’agit de renvoyer en Italie des «requérants d'asile vulnérables, des familles avec enfants et des femmes seules». Mais l'OSAR ne demande pas un arrêt des renvois, selon Adrian Hauser, son porte-parole. «Il ne s'agit pas d'accueillir des masses de gens en Suisse, mais un nombre limité de personnes présentant un réel besoin», a-t-il précisé à swissinfo.ch.
Dans son communiqué, l’ONG dresse un tableau dramatique de la situation en Italie, où les personnes concernées «vivent dans la rue, même celles extrêmement vulnérables comme des familles avec enfants, des malades psychiques et des personnes traumatisées».
«Il est évident que l’Italie a en ce moment de gros problèmes en raison du nombre élevé de demandeurs d’asile. Mais leurs conditions de vie n’y sont pas telles que nous ne pouvons pas les refouler vers ce pays, répond le chef de l’information de l’Office fédéral des migrations (OFM) Joachim Gross. L’Italie respecte les règles du système européen de l’asile ainsi que les paramètres internationaux.»

Ombres et lumières

De son côté, le directeur du Conseil italien pour les réfugiés (CIR), Christopher Hein, met les points sur les i: «Il est important de faire des distinctions. En Italie, il y a certes de grandes lacunes en raison de l’absence d’un programme national d’aide à l’intégration, mais, contrairement à la Grèce ou à Malte, les droits élémentaires sont respectés.»
Selon M. Hein, la situation de l’asile en Italie est faite d’«ombres et de lumières». Parmi les points négatifs, il cite le fait qu’avant d’obtenir un rendez-vous pour remplir leur demande, les personnes concernées «n’ont accès à aucun type d’aide».
Les plus gros problèmes touchent «surtout les personnes qui ont obtenu une reconnaissance de leur statut de protection internationale. A ce moment, elles n’ont pratiquement plus droit à l’hébergement. Elles reçoivent un permis de séjour qui leur donne aussi le droit de travailler. Mais cela ne signifie pas qu’elles trouvent du travail aussitôt, ni un logement.»
Pour ce qui est des aspects positifs, Christopher Hein avance que «le taux de personnes bénéficiant du statut de protection internationale en Italie parmi les plus élevés d'Europe». En outre, «la procédure d’asile présente des garanties qui n’existent pas partout».

Un acte de solidarité

Bien qu’atténuant nettement la sévérité des évaluations de l'OSAR sur la situation, le directeur du CIR s’associe à l’appel à freiner les renvois vers l’Italie. Appel adressé par l’OSAR à la Confédération, en invoquant la «solidarité et l’engagement à partager la charge avec les Etats membres de l’Accord de Dublin».
Christopher Hein rappelle que ce dernier comporte ce qu’on appelle la «clause humanitaire»: «Xhaque Etat peut, sans modifier aucune loi, l’appliquer avec plus d’élasticité et de flexibilité». «Etre plus flexible, cela signifie faire un geste de solidarité intercommunautaire, mais encore plus face au processus révolutionnaire en Tunisie et en Egypte, et envers les réfugiés subsahariens en Libye».
Adrian Hauser souligne lui aussi que «la grosse vague de requérants d’asile que l’on avait craint en Suisse à la suite des révoltes dans les pays d’Afrique du Nord n'est pas arrivée. Mais certains utilisent cette menace dans un but politique». Pour le porte-parole de l'OSAR, «il serait temps, par contre, que la Suisse se rappelle de sa tradition humanitaire».
Entre-temps, le porte-parole de l’ODM assure que Berne est en train de «dialoguer avec Rome pour trouver ensemble des solutions au problème des refoulements vers l’Italie, sur la base de l’Accord de Dublin». Joachim Gross ajoute qu'il est aussi question «des possibilités de soutenir l'Italie, compte tenu de l’énorme afflux auquel elle doit faire face». Mais on n’en saura pas plus. Le porte-parole se borne à dire qu’il n’y a pas de décisions concrètes pour l’instant, tout en reconnaissant que «le système de Dublin ne fonctionne pas bien».

Sonia Fenazzi, swissinfo.ch

Les Libyens secourus, au jour le jour, par leurs voisins tunisiens

À Tataouine, près de la frontière entre les deux pays, un élan de générosité a permis l'accueil de plusieurs milliers de réfugiés libyens, malgré l'absence de tout soutien de l'État ou de la communauté internationale.

Mohammed Boukhechem, le Tunisien, commence à se dire qu'il passera août et le ramadan avec Salah Zaïd, le Libyen. Depuis un mois et demi, Mohammed, qui a vécu et travaillé en France avant de s'en retourner à la retraite à Tataouine, la grande ville du Sud-Est tunisien, accueille chez lui Salah, l'épouse de celui-ci, leurs six filles et quatre garçons. Cette famille libyenne, comme des milliers d'autres, a fui les combats entre rebelles et forces pro-Kadhafi dans le djebel Nefoussa, ce massif montagneux de l'autre côté de la frontière. Seulement 170 km séparent Nalut, le village haut perché des Zaïd, de Tataouine, la ville écrasée par un soleil de plomb dans la plate immensité désertique.

L'air désolé, Mohammed ponctue ses phrases de «on ne peut pas les laisser comme ça», «ce sont nos frères», «c'est notre devoir». À l'écouter, on mesure l'ampleur de l'élan de générosité des Tunisiens envers les Libyens. La communauté internationale a tardé avant d'apporter de l'aide aux victimes des atrocités de Mouammar Kadhafi, qui ont surtout compté sur la solidarité de leurs voisins tunisiens. Le 15 avril, à 7 heures du soir, raconte Mohammed, un semi-remorque s'est engouffré dans les ruelles de Rogba, son quartier, à la périphérie de Tataouine. «Il y avait trente-deux personnes, des hommes, des femmes, des enfants… J'ai apporté une échelle pour qu'ils puissent descendre… Ils cherchaient une maison… Il y avait un bébé de 3 mois, des vieux qui ont pleuré devant moi… Ils venaient de Zenten (plus loin dans le djebel Nefoussa, NDLR), ils avaient roulé toute la journée, en plein soleil, dans un camion fermé… Je ne pouvais pas les laisser comme ça…»

Mohammed ouvre son café, ses trois garages attenants, sa maison juste derrière. En respect des codes islamiques, femmes et enfants sont logés dans le café. Les hommes dans les garages. Huit autres hommes dans le sous-sol de sa maison, où Mohammed narre aujourd'hui son aventure. Les matelas sont toujours là, à côté de la télévision et d'un ventilateur. Au premier étage était hébergée une famille au complet. «Ce que j'avais à manger, je donnais tout… Les femmes faisaient le couscous et les macaronis… J'avais un peu d'argent en banque, je donnais tout… Personne n'est venu m'aider… mais c'est notre devoir…»

Problèmes de santé publique

Zenten libérée par les rebelles, les hôtes de Mohammed sont rentrés chez eux. Mais d'autres Libyens sont arrivés, cette fois de Nalut, un village encore régulièrement atteint par les roquettes Grad que tirent les forces de Kadhafi stationnées en contrebas. Et c'est ainsi que Mohammed a fait la connaissance de Salah et de sa famille. Les deux hommes se retrouvent chaque soir pour deviser. Le temps passe. Le ramadan arrive, et la question commence à être évoquée : comment trouver en quantité viande, lait, sucre, et toutes les victuailles qu'il convient de partager le soir venu, à la rupture du jeûne ?

Pour Ali Mourou, qui remplit provisoirement les fonctions de maire de Tataouine, cette question du ramadan et, plus généralement, les problèmes posés par les réfugiés libyens ont pris des proportions pharaoniques. Comme si avec le déclenchement de sa révolution, la Tunisie n'avait déjà pas assez de soucis politiques, économiques et sociaux ! Depuis le 28 mars, explique Ali Mourou, les Libyens n'ont cessé d'arriver à Tataouine et dans son gouvernorat, qui, en Tunisie, a recueilli le plus grand nombre de réfugiés. À la mi-mai, au plus fort de ce mouvement migratoire, ils étaient 54 000 dans le gouvernorat, dont 30 000 à Tataouine, où vivent 75 000 habitants en temps normal. «Vous imaginez les contraintes pour fournir l'électricité et l'eau, soigner les blessés de guerre et puis les réponses à apporter en terme d'hygiène et de santé publique !» L'édile insiste : «Pendant deux mois et demi, nous n'avons reçu aucune aide du gouvernement tunisien et aucune aide internationale. Les réfugiés libyens n'ont été secourus que par les habitants de Tataouine, qui ont ouvert leurs maisons, vidé leurs réfrigérateurs, et par les dons privés venant de toute la Tunisie. Du gouvernement, nous n'avons toujours rien reçu», se lamente Ali Mourou.

Cinq centres de distribution

Mohammed cite en revanche le Qatar, qui gère un camp dans le stade de football, les dons de l'agence onusienne pour les réfugiés, et de celle en charge de l'aide alimentaire. Heureusement, le nombre des Libyens a baissé - ils ne sont plus qu'environ 6 000 à Tataouine et 20 000 sur la région. Les réfugiés demeurés à Tataouine se sont, eux, installés dans l'inconfort. Certains louent des maisons ou contribuent aux dépenses de leurs familles d'accueil tunisiennes. Leur carte bleue de rationnement en mains, ils se rendent une fois par semaine à l'un des cinq centres de distribution d'aide alimentaire tenus par des bénévoles. Certains produits distribués ont été achetés à des entreprises tunisiennes ou au gouvernement tunisien, qui finira bien, d'une manière ou d'une autre, par régler les factures présentées par Tataouine et par toutes les villes d'un pays au chevet de son voisin en guerre depuis cinq mois.

Thierry Portes dans le Figaro

Augmentation des flux migratoires dans la Corne de l'Afrique

La grave sècheresse qui affecte de vastes zones du Kenya, la Somalie, l'Ethiopie et Djibouti a conduit à une augmentation considérable des flux migratoires multidirectionnelle, à la fois au sein et à travers les frontières internationales, ont indiqué mercredi à Nairobi des missions de l'Organisation internationale pour les migration (OIM) dans la région.

"Ces mouvements de la population impliquent non seulement les réfugiés et les demandeurs d'asile, mais un grand nombre de migrants et des éleveurs qui ont peu de choix de se déplacer le long de nombreuses routes migratoires complexes et périlleuses", ont souligné ces missions dans un communiqué parvenu à la MAP. La même source note que bien que l'information sur plusieurs de ces itinéraires soit parcellaire, les mouvements de population ont été observés dans les zones touchées par la sècheresse dans le sud et le centre de la Somalie vers la capitale Mogadiscio, où de fortes pluies ont fait ces derniers jours des ravages parmi les personnes vulnérables déplacées. "La situation dans les régions touchées par la sècheresse en Somalie a conduit à une augmentation importante de personnes cherchant une aide au Kenya et en Ethiopie, avec quelque 50.000 nouveaux arrivants rapportés en juin dernier", fait constater l'OIM qui précise qu'au cours des trois dernières semaines, quelque 8.600 personnes sont arrivées au Kenya et 11.000 en Ethiopie.

En Ethiopie, où la sècheresse affecte directement 4,5 millions de personnes, les communautés pastorales ont particulièrement besoin d'aide, en raison de l'affaiblissement ou la mort de leur bétail, souligne l'organisation onusienne. Et d'ajouter que leurs mouvements transfrontaliers en quête d'eau et de pâturages pour leurs bétails créent un risque élevé de conflit concernant les ressources naturelles, en particulier dans les districts kenyans de Turkana, Wajir et Mandera gravement touchés par la sècheresse..

L'OIM et ses partenaires de l'ONU ont travaillé avec les gouvernements de la Corne de l'Afrique pour faciliter le mouvement des pasteurs dans les régions frontalières, a déclaré le directeur des opérations de l'OIM, Mohammed Abdiker. L'Initiative Sécurité dans la Mobilité (SIM), ajoute-t-il, a appelé les gouvernements de la région à élaborer une politique pour faciliter le déplacement sécuritaire des pasteurs dans leur pays et à travers les frontières, en utilisant une approche de collaboration qui englobe la fourniture de l'assistance humanitaire, les services de base et la sécurité globale.

"De tous les mécanismes d'adaptation aux changements climatiques, la mobilité s'impose comme le plus essentiel pour les éleveurs", a indiqué Mohammed Abdiker, soulignant à ce propos l'urgence d'un effort concerté vu qu'"aucun pays dans la région ne peut seul relever les défis complexes du changement climatique et des migrations". L'OIM relève également que chaque année, des dizaines de milliers de migrants, essentiellement des Somaliens et des demandeurs d'asile, font le voyage dangereux à partir de leur lieu d'origine à travers la Corne de l'Afrique et le golfe d'Aden au Yémen et au-delà. "Ces individus, poussés par l'agitation politique et face à la pauvreté extrême, non seulement courent le danger de la mer, mais aussi des risques physiques de harcèlement et de discrimination durant leur voyage sur la terre", souligne-t-on.

Agence MAP et AuFait Maroc