mercredi 8 septembre 2010

Le désert de l’Arizona, cimetière des clandestins

Le flux d’immigrants a baissé à la frontière américaine avec le renforcement des contrôles. Mais les voies empruntées sont plus dangereuses. Résultat : les décès grimpent en flèche.

frontière mexique usa

Cette année l’Etat d’Arizona a été mis sur la sellette par l’adoption de la loi la plus dure des Etats-Unis contre l’immigration clandestine [fin juillet, un juge fédéral a suspendu certaines des dispositions les plus controversées]. Eric Peters, médecin légiste dans le comté de Pima, adossé à la frontière mexicaine, ne pensait donc pas voir augmenter le nombre des immigrants morts dans la traversée du désert, mais, en dépit de la législation et d’une économie défavorable, le rêve américain continue d’inciter les audacieux à franchir la frontière. Et beaucoup y laissent la vie.
En 2007, 218 cadavres avaient été découverts dans le comté, sinistre record et, cette année, le bilan pourrait être encore plus lourd puisque les autorités en ont déjà trouvé 170. Au cours du seul mois de juillet, 59 corps ont été découverts. La déshydratation est la principale cause de ces morts. Le 15 juillet, la pire journée du mois, 7 cadavres ont été trouvés, dont celui d’Omar Luna Velasquez, un jeune homme de 25 ans. Ce jour-là, la température atteignait 42 °C. Pour faire face à cette hécatombe, un semi-remorque réfrigéré de 15 mètres a été parqué à proximité du bureau de la police. Plus de 66 % des corps découverts n’ont pu être identifiés. Certains sont réduits à l’état de squelettes, d’autres ont été momifiés par le soleil. Sur les sept corps trouvés le 15 juillet, seul celui d’Omar Luna Velasquez a été identifié.
Les médecins légistes du comté de Pima travaillent en étroite coopération avec le consulat mexicain pour tâcher de mettre un nom sur les victimes et de contacter leurs proches. Au cours des années 1990, la découverte de cadavres le long de la frontière américano-mexicane était plutôt rare. Mais depuis 2000, leur nombre s’est considérablement accru. Le renforcement de la surveillance en Californie a eu pour résultat de déplacer les voies de passage vers l’est, dans l’un des secteurs les plus isolés et inhospitaliers de l’Arizona. Il est possible que la canicule exceptionnelle, même dans cet Etat désertique, ait contribué à l’augmentation du nombre de décès cette année.
Paradoxalement, malgré cette recrudescence dans le comté de Pima, il semblerait que l’immigration clandestine ralentisse. En 2009, les arrestations à la frontière ont chuté de 61 % par rapport à 2000. Cette année, 194 000 personnes ont été arrêtées, soit 5 % de moins qu’à la même époque de l’année dernière. Selon des organisations humanitaires, la présence accrue de policiers à la frontière signifie simplement que les gens empruntent des routes plus dangereuses pour pénétrer sur le territoire américain. Pour aider les migrants à survivre dans le désert, l’association Humane Borders a installé 100 postes d’eau dans l’Arizona.
Au volant d’un camion blanc roulant sur des pistes sablonneuses, le bénévole Lance Leslie fait la tournée pour vérifier le niveau de l’eau de plusieurs de ces stations. “Les gens empruntent ce passage depuis des années”, explique-t-il après avoir rempli un baril bleu de 200 litres. “Je suis sûr que ces barils ont sauvé des vies.” Sans doute, mais ils n’ont pas sauvé celle d’Omar Luna Velasquez, le jeune homme de 25 ans trouvé dans le désert le 15 juillet. Sa famille l’a enterré récemment à Mexico.

Nicole Santa Cruz dans le Los Angeles Times

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la crise chasse les sans-papiers

mardi 7 septembre 2010

Eine Petition soll Olivier Cayo vor des Ausschaffung retten

Olivier Cayo, source Aargauer Zeitung Seit Freitag sammeln Freunde, Bekannte und Jungpolitiker Unterschriften für Olivier Cayo. Innert nur vier Tagen sind so 900 Unterschriften zusammengekommen.

In einer Petition fordern die Initianten, dass Oliver Cayo in der Schweiz bleiben darf. Im Juni wurde der Ivorer Asylbewerber aus Aarau als einer der fünf besten Maturanden im Aargau prämiert. Vor der drohenden Wegweisung kann ihn jetzt nur noch ein Härtefallgesuch retten.

Vor Beginn der Sammlung wurde die Latte für die einwöchige Sammelfrist bei 1500 Unterschriften gelegt: «Wir dachten eigentlich, das wäre kaum machbar», so Dariusch Pour Mohsen. Er ist der Inititant der Petition. Mit vielen Helfern unterstützt er Cayo: «Wir machen das, weil wir ihm als Freunde helfen wollen».

Und die Unterschriften fliegen ihnen schon fast von selbst zu - 900 Unterschriften kamen in den ersten vier Tagen zusammen. «Von den Jungen unterschreiben fast alle, da muss nicht einmal gross erklärt werden - sie kennen den Fall», sagt Mohsen weiter.

Schwieriger sei es bei den Älteren: «Die sind kritischer». Ende Woche werden die Unterschriften der Personen, die sich mit Olivier Cayo solidarisiert haben, seinem Anwalt übergeben, der sie dem Härtefallgseuch beilegen wird. Es ist die letzte Chance Cayos, um doch noch bleiben zu können.

Auch im Internet scharen sich seine Unterstützer: Eine Online-Petition haben weitere 700 Menschen unterschrieben, auf Facebook hat eine Gruppe gegen die Ausschaffung Cayos gar schon über 2300 Mitglieder.

Un article de l’Aargauer Zeitung

La Commission et le Parlement européens rappellent la France à l’ordre

campement roms lyonLa France s'est retrouvée sur le banc des accusés, mardi au Parlement européen, en raison de sa politique à l'égard des Roms, jugée "inacceptable" par de nombreux élus. La Commission européenne a été moins vive mais a demandé à la France de mieux garantir les droits des citoyens européens qu'elle expulse.

C'est au Parlement que les attaques contre la politique française vis-à-vis des Roms ont été les plus dures. Les groupes libéral, socialiste, vert et communiste du Parlement ont présenté des projets de résolution condamnant les expulsions de citoyens roumains et bulgares vers leur pays d'origine par les autorités françaises. Un vote doit intervenir jeudi sur la question. Le chef des libéraux, Guy Verhofstadt, a mis en garde contre la "tentation populiste, parfois raciste", qui s'exprime selon lui en France et dans d'autres pays de l'UE. Le chef de file des socialistes, l'Allemand Martin Schulz, a quant à lui dénoncé "une chasse aux sorcières" contre les Roms.

Le gouvernement français a dénoncé ces attaques de la part de certains députés européens. "J'ai trouvé des propos, dans la bouche d'eurodéputés, totalement excessifs et injustes à l'égard de la politique de la France à l'égard des Roms", a affirmé Pierre Lellouche, le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes. M. Lellouche, qui doit se rendre jeudi et vendredi à Bucarest avec le ministre de l'immigration, Eric Besson, a de nouveau mis en cause la Roumanie, d'où vient l'immense majorité des Roms qui cherchent à émigrer vers l'Europe de l'Ouest.

LA COMMISSION EUROPÉENNE PLUS CLÉMENTE

De son côté, la Commission européenne, qui avait été interpellée sur la question des expulsions de Roms en France, a été moins dure que les eurodéputés. Tout en rappelant que les Roms ne devaient pas devenir des "boucs émissaires", la commissaire européenne chargée de la justice, Viviane Reding, s'est déclarée satisfaite des "garanties" que lui a fournies le gouvernement français pour justifier sa politique de reconduction."Grâce à un dialogue très intense entre la Commission et les autorités françaises au cours des dernières semaines, une évolution certaine se dessine, a estimé Mme Reding. La France a bien expliqué qu'il n'y avait pas d'action ciblée contre les Roms."

La Commission européenne a cependant demandé à la France de donner force de loi aux garanties de procédures accordées aux personnes expulsées par le droit communautaire. Selon des sources proches de la Commission, la France n'a pas intégré ces éléments prévus dans une directive de 2004 sur la liberté de circulation dans l'Union européenne en estimant qu'ils découlaient de sa jurisprudence. Ces garanties concernent le délai d'un mois dont doit bénéficier toute personne visée par une mesure d'expulsion ou le principe de "proportionnalité" qui exige de prendre en compte la situation de la personne au regard de la décision qui la touche.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, qui a rencontré Nicolas Sarkozy, lundi soir à Paris, a quant à lui insisté sur les "obligations" qui s'imposent à tous les citoyens européens. "Il faut toujours mettre l'accent entre la liberté de circulation et la sécurité. Sinon, nous aurons un danger d'exploitation de ces questions par des forces extrémistes qui pourront exploiter de façon populiste le sentiment d'insécurité."

DES PROCÉDURES TOUJOURS EN COURS

Viviane Reding a indiqué qu'elle attendait des informations complémentaires du gouvernement français avant de juger si la France avait respecté le droit européen. La commissaire luxembourgeoise informera le collège des commissaires de son analyse "la semaine prochaine". Elle a laissé entendre qu'elle n'hésiterait pas à poursuivre en justice la France ou tout autre Etat membre en cas de traitement discriminatoire à l'égard des Roms.

Viviane Reding a par ailleurs demandé l'organisation d'une réunion ministérielle européenne sur la situation des Roms. Un groupe de travail de "haut niveau" devrait voir le jour pour débattre de la "non utilisation ou la mauvaise utilisation" des fonds européens destinés à l'intégration des 12 millions de Roms européens. "Les fonds sont disponibles. Ils ne sont pas utilisés pour régler le problème parce qu'il se pourrait qu'il ne soit pas très populaire au sein des Etats membres d'utiliser les fonds européens pour aider la population Rom", a dit Viviane Reding.

En août, le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale avait rappelé la France à l'ordre, l'exhortant à "éviter" les renvois collectifs de Roms et les "discours politiques discriminatoires". Le pape Benoît XVI avait lui aussi exprimé sa désapprobation sur le sujet, appelant, en français, "à savoir accueillir les légitimes diversités humaines".

L’Autriche restreint les déplacements des demandeurs d’asile à leur arrivée

Le gouvernement autrichien va sévèrement restreindre les déplacements des demandeurs d'asile à leur arrivée en Autriche à partir de janvier 2011 en leur interdisant de quitter le centre d'accueil pendant leur première semaine, a annoncé mardi la ministre de l'Intérieur.

Pendant ce délai, "les nouveaux demandeurs d'asile obtiendront une carte rouge", qui, en cas de contrôle d'identité en dehors du centre d'accueil, pourrait alors se traduire par des amendes voir le placement sous écrou extraditionnel, a précisé la ministre Maria Fekter.
L'idée de cette réforme appelée "obligation de coopération" est de permettre aux autorités d'instruire les dossiers de demandes d'asile d'avoir le temps de vérifier si l'Autriche est bien compétente pour ces personnes qui doivent rester à leur disposition pendant 120 heures ou 7 jours s'il y avait un week-end dans ce délai.
Lors de la suite de l'instruction du dossier pour l'obtention du droit d'asile, qui peut prendre de nombreux mois, les demandeurs d'asile peuvent ensuite circuler librement à l'intérieur des limites de leur commune d'accueil.
Partisane d'une ligne dure, la ministre conservatrice de l'Intérieur avait initialement proposé un confinement des demandeurs d'asile dans le centre d'accueil pendant un mois. Le compromis négocié avec les partenaires sociaux-démocrates de la coalition gouvernementale a permis de réduire ce délai à 7 jours maximum avec des exceptions, en cas d'urgence médicale notamment.
Par ailleurs, le gouvernement a annoncé la création d'un seul office fédéral pour l'immigration et l'asile, opérationnel à partir de 2013, alors qu'actuellement pas moins de 113 services différents s'occupent de ces demandes en Autriche.

Un article trouvé sur Casafree

samedi 4 septembre 2010

Menacés dans leur pays, pourchassés dans le nôtre, les demandeurs d’asile

La main reste suspendue au dessus du clavier au moment de relater les avanies incroyables que doivent supporter des demandeurs d'asile un peu partout en France, en dehors de tout respect des engagements internationaux. Squat-prison à Gonesse, chasse à l'homme à Nice. Des regroupements de citoyens tentent tant bien que mal d'amortir les chocs.

Nous avons déjà exposé en juillet et en août la précarité imposée aux demandeurs d'asile, pourtant dûment enregistrés comme tels par les préfectures. La récurrence de situations scandaleuses nous conduit à reparler des calvaires endurés par un grand nombre d'entre eux.

Il leur faut attendre de longs mois pour obtenir la réponse de l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) à leur demande de protection. A partir du moment où il les reconnaît comme demandeurs d'asile (ce qui est une première bataille), l'Etat doit leur procurer toit et nourriture, en vertu des conventions internationales signées par la France.

La galère niçoise a continué tout le mois d'août.

"Nous vous rappelons que le traitement réservé, le 11 août dernier,  aux effets personnels des demandeurs d'asile (vol et destruction par des personnes en uniforme) a fait l'objet d'une plainte déposée auprès du Procureur de la République. (…)

Rappelons que ces jeunes, issus de la corne de l’Afrique et du Caucase, ayant fui les sévices et les dictatures, et ayant déposé une demande d’asile en France, après avoir passé l’hiver dehors puis au PECOS avec le soutien de citoyen-nes et d’associations, ont été hébergés quelque temps par la préfecture (contrainte par la Justice et en choisissant la solution la plus onéreuse !).

Depuis plusieurs semaines, de nouveau jetés à la rue malgré les règlements en vigueur,

Ils dorment sur la parking de Paillon, mangent et se  lavent grâce aux associations.

Soutenus tant bien que mal par un tout petit nombre de citoyen-nes (autres êtres humains, leurs semblables…).

Ce ne sont ni des délinquants ni des profiteurs.

Ce sont des victimes de dictatures que notre pays a souvent soutenues ;

Ce sont des victimes d’une politique xénophobe de division ;

Ce sont des victimes d’une ambiance locale de mépris."

Le collectif de soutien aux demandeurs d'asile (Association pour la Démocratie à Nice, CIMADE, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement-Terre Solidaire, COVIAM, Don Quichotte de Nice, Habitat&Citoyenneté, NPA, Pastorale catholique des Migrants, Secours Catholique, Vie&Partages... liste non limitative) et des citoyen-ne-s engagé-e-s à titre personnel veillent sur leurs abris et leurs maigres bagages, pourchassés qu'ils sont de parking en esplanade, car des opérations de "nettoyage" sont régulièrement organisées.

Fin août, une délégation de ces mouvements est reçue à la préfecture des Alpes Maritimes.

"On a donc été reçus. (…) Il a fallu entendre des "perles" du genre :   

- "mais, ils ne sont que quatre ou dix maximum ces demandeurs d'asile" (rappelons qu'ils sont 89)

- "avec 320€ par mois et en se regroupant à quatre dans une chambre, ils doivent pouvoir se débrouiller"

- "on les a hébergés à l'hôtel parce qu'il y avait urgence climatique" (Cet hiver, ce sont les associations et les citoyens qui ont pris soin de nos amis)

- "on a mission de lutter contre les campements illicites" (cela veut dire, les amis, qu'il faut créer un campement...licite, non?) (...)

- on a même entendu l'un de nos interlocuteurs considérer que les familles sous EURODAC avaient vocation à rejoindre la Pologne sans délai et que rien n'obligeait à leur hébergement en attendant leur départ (et pourtant, elles ont gagné au Tribunal Administratif le droit élémentaire de se maintenir dans les hôtels jusqu'à leur départ. La justice est pour certain une inutile garniture de la République)

Il n'est si bonne compagnie qui ne se quitte. Alors, pardon pour cette personnalisation, mais j'en ai eu assez, je me suis levé et je suis parti en faisant l'économie des civilités. (...)  

On humilie en France des demandeurs d'asile et nous on reste avec eux. Plus que jamais ! Nous explorons des pistes de mise à l'abri..."

30 août. A l'autre bout du pays, Le Parisien relate la découverte à Gonesse (Val d'Oise) par deux associations d'aide aux migrants d'une soixantaine de demandeurs d'asile squattant depuis plus d'un mois un immeuble désaffecté. "Nous vivons sous la surveillance constante de vigiles et de leurs chiens, nous avons peur de sortir pour nous ravitailler, raconte un réfugié."

Comment se fait-il que l'on rencontre un peu partout en France ces situations hallucinantes et indignes, qui sont dénoncées depuis des mois? Cette situation était prévisible, sinon programmée.

La procédure de demande d'asile comporte trois étapes, étudiées en détail dans un rapport de La Cimade de janvier 2010, Voyage au centre de l'asile: le dépôt de la demande, son examen par l'OFPRA (22% d'accord de protection en 2009 après élimination des demandes jugées infondées dès leur réception) et un éventuel appel auprès de la Cour Nationale du Droit d'Asile (environ 26% de succès en 2009), Elle se déroule sur une durée de un à deux ans, période longue pendant laquelle l'Etat doit donner au demandeur les moyens de vivre correctement, l'autorisation provisoire de séjour ne valant pas autorisation de travailler.

La réponse institutionnelle à cette obligation, ce sont les Centres d'Accueil pour Demandeurs d'Asile (CADA), gérés par des associations sous contrat avec l'Etat. Le nombre de places en CADA étant généralement insuffisant, les demandeurs non logés reçoivent une Allocation Temporaire d'Attente (ATA) d'environ 316 € par mois, versée par les Pôles Emploi (pas encore résidents et déjà chômeurs... c'est toute une philosophie). Avec une telle ressource, si l'on ne peut pas se faire héberger par des connaissances pour dormir sous un toit, il reste la rue ou le squat.

Le début des années 2000 a vu une crise d'hébergement grave, due à une augmentation importante des demandes. Toujours selon La Cimade, "les demandes d’asile ont connu une augmentation continue de 1999 à 2003 puis les premières demandes ont commencé à baisser mais l’augmentation du nombre de réexamens a maintenu à la hausse le nombre total de demandes. Les premières demandes ont chuté de près de 50% entre 2005 et 2007 avant de répartir à la hausse." Tandis que le nombre de demandeurs d'asile passait de 30 000 en 2007 à 39 000 en 2009, la capacité d'accueil en CADA est passée de 20 700 places en 2007 à 21 400 en 2009 - sur l’ensemble du territoire métropolitain (mais aucune en Guyane, où survivent 900 demandeurs d’asile, ni à Mayotte).

Une note de mai 2010 décrit un dispositif d’accueil au bord de l’explosion. Au manque chronique de places d'accueil s'ajoutent les effets de la réforme de mai 2009, "qui oblige les demandeurs d’asile à déposer leur demande à la préfecture de région et non plus à la sous-préfecture la plus proche de leur lieu de « résidence » provisoire… Conséquence : un dispositif d’accueil déstabilisé et des demandeurs d’asile livrés à eux-mêmes."

En bon français: peut-être que la France va accepter de vous prendre sous sa généreuse protection mais, en attendant, demerden sie sich! ou, pour les latinistes, demerdate fratres!. Les associations et les citoyens de bonne volonté, aussi motivés et inventifs soient-ils, ne peuvent pas, à eux seuls, combler la béance de cet abandon.

Martine et Jean-Claude Vernier, relayés par Mediapart

vendredi 3 septembre 2010

Le Commissaire aux droits de l'Homme favorable à la suspension des transferts de demandeurs d'asile vers la Grèce

« Les demandeurs d'asile, y compris les personnes transférées en application du "règlement de Dublin", connaissent des conditions extrêmement difficiles en Grèce », a déclaré aujourd'hui le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe lors d'une audience tenue devant la Cour de Strasbourg dans une affaire concernant un demandeur d'asile afghan que la Belgique a renvoyé en Grèce.

Lors de sa toute première intervention orale en tant que tiers intervenant devant la Cour européenne des droits de l'homme, le Commissaire Hammarberg a présenté ses observations sur les grandes questions relatives à la protection des réfugiés en Grèce, notamment aux procédures d'asile et aux garanties des droits de l'homme, ainsi qu'aux conditions d'accueil et de privation de liberté des demandeurs d'asile.

Tout en apportant son soutien sans réserve à la décision du Gouvernement grec et à ses efforts visant à refondre le système de protection des réfugiés et à remédier à ses graves insuffisances structurelles, le Commissaire a observé que la législation et les pratiques relatives à l'asile en Grèce ne sont pas conformes aux normes internationales et européennes des droits de l'homme.

« Les demandeurs d'asile restent confrontés à d'énormes difficultés en Grèce pour accéder à la procédure de demande d'asile, et ils ne bénéficient pas toujours de garanties aussi élémentaires qu'un service d'interprétation et une aide juridique. De plus, les voies de recours dont ils disposent actuellement pour contester le rejet de leur demande d'asile ne peuvent pas être considérées comme effectives. »

Le Commissaire s'est dit particulièrement préoccupé par le fait que des demandeurs d'asile transférés vers la Grèce risquent d'être renvoyés dans un pays où leur vie est menacée. Il a aussi souligné que les conditions d'accueil en Grèce sont loin d'être satisfaisantes.

« L'application du "règlement de Dublin" a pour conséquence que certains pays doivent traiter un nombre de demandes d'asile qui dépasse leurs capacités », a fait remarquer le Commissaire. Il s'est déclaré « favorable à la proposition de la Commission européenne d'instaurer un mécanisme qui suspendrait les transferts, dégagerait à court terme des Etats particulièrement sollicités des responsabilités qui leur incombent au titre du « règlement de Dublin » et leur donnerait la possibilité de demander une aide financière et technique pour faire face à la situation. Un tel mécanisme pourrait contribuer à garantir que les demandeurs d'asile ne sont pas privés du droit à un examen complet et équitable de leur demande. »

L'exposé oral d'aujourd'hui complète les observations écrites soumises à la Cour le 31 mai 2010 dans l'affaire M.S.S. c. Belgique et Grèce. Ces observations se fondent sur les visites que le Commissaire a effectuées en Grèce du 8 au 10 décembre 2008 et du 8 au 10 février 2010, ainsi que sur un suivi régulier de la situation dans le pays.

AFP / conseil de l’europe

Douze familles ont élu domicile dans un parc de Bruxelles

Douze familles ont dressé un camp dans le parc en face des bureaux de Fedasil. Ils sont là depuis plusieurs semaines, et leur nombre augmente encore. Ces réfugiés n'ont pas trouvé de place dans les centres de Fedasil, qui affichent complets. C'est donc dans la rue que ces familles ont élu domicile.

Des habitations de fortune, quelques tentes, des baraquements formés de barrières de la Ville de Bruxelles, surmontées de bâches. Le camp de fortune installé il y a quelques semaines par trois familles de réfugiés ne cesse de s'agrandir. Ils sont aujourd'hui une soixantaine, au moins, à s'être établis dans ce parc de Bruxelles, près de la gare du Nord.

Ce sont les habitants du quartier qui se sont mobilisés, scandalisés par la situation. "Il y a des rats, ils n'ont aucune douche, aucune toilette, ils ne changent jamais de vêtements, explique Samira Mouda, une voisine du camp. Ils vivent dans des situations précaires, je trouve ça inadmissible, surtout qu'il y a beaucoup d'enfants. Sur la soixantaine de personnes, la moitié est composée d'enfants. C'est inadmissible qu'on puisse accepter qu'il y ait des enfants qui dorment encore dans la rue."

Des enfants qui ne bénéficient d'aucune prise en charge. "Je joue avec les enfants, raconte la jeune Ahta. Et le matin, je reste ici."

Et pour la maman d'Ahta les conditions de vie sont difficiles : "il n'y a pas d'école, pas de maison, déclare-t-elle. Ce n'est pas possible comme ça. C'est très dur."

En face du campement, se trouvent les bureaux de l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile en Belgique (Fedasil), où les réfugiés font la file tous les matins. Histoire de vérifier qu'aucune place ne s'est entre temps libérée dans les centres d'accueil.

O. Croughs, A. Gonçalves et N. Nahjari sur RTBF info

jeudi 2 septembre 2010

Muss der schlauste Asylbewerber raus aus des Schweiz ?

Olivier Cayo ist seit 5 Jahren hier. Er ist bestens integriert, schreibt bei der Matura eine blanke 6. Doch vielleicht muss er schon morgen die Schweiz verlassen.

Olivier Cayo ist 22, Ivorer von der Elfenbeinküste und seit fünf Jahren Asylbewerber in der Schweiz. Er erfüllt alle Bedinungen, die man von Ausländern in der Schweiz erwartet: Cayo ist bestens integriert, schreibt super Noten im Gymnasium, hatte nie Probleme mit der Polizei.
Doch das Bundesverwaltungsgericht ist anderer Meinung: Er sei kein politischer Flüchtling und deshalb sei eine Rückreise an die Elfenbeinküste zumutbar. Das Gericht wies sein Asylgesuch im Juni letztinstantlich ab.
Jetzt kann den 22-Jährigen nur noch ein Härtefallgesuch retten.

Kein politischer Flüchtling?

Die Geschichte von Anfang an: Oliviers Mutter ist Mitglied der Oppositionspartei an der Elfenbeinküste. 2002 kommt es zu einem Aufstand gegen den Machthaber Laurent Ghagbo. Die Lage war gefährlich. Deshalb schickten Oliviers Eltern ihn in die Schweiz.
Olivier kam im Alter von 17 Jahren zuerst nach Aarau, ins Asylzentrum Buchs. Dort wohnte er zwei Jahre.

Die Dealer lachten ihn aus

«Es war eine schwierige Zeit. Ich wusste nicht wie alleine leben und wo anfangen. Ich sah in Buchs Dealer, Kokser und Schlägereien. Wenn ich Deutsch büffelte, lachten die Dealer mich aus», erzählt der heute 22-Jährige der «Aargauer Zeitung».
Doch Olivier hatte Ehrgeiz. Er bestand die Aufnahmeprüfung an der Kantonsschule Aarau.

«Ich lernte draussen unter der Strassenlaterne weiter. Auch im Winter.»

Der Anfang war schwierig. «Ich lernte Tag und Nacht. Im Asylheim musste ich das Licht um 22 Uhr löschen, wenn mein Zimmergenosse kam. Also packte ich meine Sachen und lernte draussen, unter der Strassenlaterne. Auch im Winter.»
Seine Bemühungen zahlten sich aus. Im Frühling dieses Jahres bestand er die Matura mit einem Notendurchschnitt von 4,8. Für seine Maturaarbeit über Literatur in Afrika bekam er eine 6. Er wurde als einer der besten Maturanden im Aargau prämiert.
Mit der Matura in der Tasche will Olivier in Neuenburg Jura studieren. Jetzt hofft der 22-Jährige, dass sein Härtefallgesuch angenommen wird.
Eine kleine Schonfrist hat er noch – solange das Verfahren läuft, kann Olivier in der Schweiz bleiben.

Un article trouvé dans le Blick

Des expulsions forcées délicates et coûteuses

Les derniers «vols spéciaux» vers l’Afrique ont coûté en moyenne 140 000 francs pour ne renvoyer qu’une poignée de requérants. Des compagnies comme Swiss et Hello acceptent ces mandats.

vols spéciaux chiffres

Sensibles, les renvois forcés de requérants déboutés comportent des risques de dérapages. Ils sont aussi coûteux, sans forcément toujours s’avérer efficaces. Ficelés sur leur siège d’avion, avec parfois la tête maintenue dans un casque, ces étrangers qui ont refusé de quitter la Suisse d’eux-mêmes sont en principe chacun encadrés par trois ou quatre policiers. Sous pression depuis la mort d’un Nigérian sur le tarmac de l’aéroport de Zurich en mars dernier, l’Office fédéral des migrations (ODM) finit par lâcher quelques précisions. Avant, l’opacité la plus totale régnait sur ces voyages qui, dès 2011, devraient intégrer des experts indépendants.

Sur insistance du Temps, l’office admet interdire à certains requérants «très récalcitrants» d’aller «normalement» aux toilettes dans l’avion. Les plus violents ne sont pas détachés et doivent uriner dans des récipients en plastique, «pour des raisons de sécurité», précise la porte-parole Marie Avet. «Mais les couches-culottes ne sont jamais utilisées.» Et s’ils doivent faire davantage qu’uriner? «Ils reçoivent, juste avant le départ du vol et avant d’être attachés, l’autorisation d’aller aux toilettes.» Une situation qu’Amnesty juge inacceptable.

L’ODM se montre aussi plus transparent s’agissant des coûts de ces vols controversés. Pour le continent africain, ils vont de 20 000 francs pour l’expulsion de huit personnes au Maghreb à 200 000 pour un vol charter long courrier vers l’Afrique australe, souligne Marie Avet. «Pour un vol charter vers l’Afrique de l’Ouest, les coûts sont en moyenne de 140 000 francs», ajoute-t-elle. Ce qui signifie donc que, pour les vols du 28 juillet et du 18 août (LT du 25.08.2010), avec respectivement 6 et 9 requérants à bord, le coût par expulsé a oscillé entre 15 000 et 23 000 francs. L’ODM préfère parler d’une moyenne générale qui se situe «entre 7000 et 10 000 francs». Et rappelle qu’un mois en détention administrative revient au minimum à 4200 francs.

Reste qu’en 2009, sur les 43 vols spéciaux effectués, 14 ont pris le chemin de l’Afrique noire. Un rapide calcul permet ainsi d’évaluer la facture des expulsions forcées d’Africains (Maghrébins exceptés) à 1,9 million de francs. Des coûts importants alors que des témoignages prouvent que des requérants cherchent malgré tout à revenir en Suisse. Pour certains, une aide au retour plus incitative serait plus judicieuse.

Comment réagit l’UDC, qui exige à la fois des économies en matière d’asile et prône, à travers une initiative, un renvoi systématique des étrangers criminels? «Il serait insensé de ne pas appliquer la loi sous prétexte que ces renvois sont coûteux. Et puis, y renoncer créerait un appel d’air», répond le vice-président, Yvan Perrin. «S’ils sont chers, c’est notamment en raison des précautions qui sont prises. Quant à notre initiative, elle vise les criminels. Expulser un dealer, même si cela représente 25 000 francs, est pour moi une bonne affaire si on réfléchit aux coûts sociaux de la drogue!»

Les types d’avions utilisés ces deux dernières années pour l’Afrique? Cela va de l’Embraer 135 (37 places) au Boeing MD-90 (160 places), en passant par le Dash 8/Q-400 (72 places), le BAE146 Avro 100 (82 places) et l’A320 (150 places). L’ODM refuse par contre de dire avec quelles compagnies il travaille depuis plus de dix ans. Pour ne pas nuire à leur image? Selon nos informations, c’est Swiss qui effectue le plus de renvois forcés. Jean-Claude Donzel, porte-parole de la compagnie, ne fait que confirmer «qu’il arrive que Swiss exécute des vols à la demande de l’ODM». Pas un mot de plus.

Du côté de Hello, on est plus prolixe. C’est cette compagnie privée qui a exécuté les trois derniers vols spéciaux vers l’Afrique, dont celui du 28 juillet qui n’a pas pu atterrir en Gambie. Moritz Suter, fondateur de Crossair, l’a créée en 2004, en s’inspirant des paroles d’une célèbre chanson des Beatles: «You say Goodbye, I say Hello». Sur son site internet, elle se vante d’avoir loué ses avions à des équipes de foot, comme Ajax Amsterdam. Mais pas un mot sur les vols spéciaux.

René Donno, son directeur commercial, accepte cependant d’évoquer la question. Hello effectue entre six et dix de ces vols par année, dit-il. Elle en a déjà réalisé cinq en 2010, malgré l’interruption entre mars et juillet à la suite du drame du Nigérian mort à Zurich: quatre vers l’Afrique et un vers la Géorgie. Avec des avions de 166 places.

«Notre personnel ne nous a jamais rapporté de faits choquants. Nous effectuons le service comme sur n’importe quel autre vol. Nous servons des repas, aussi aux requérants. Nous n’avons jamais eu de problèmes de sécurité à bord», assure René Donno. Avant d’ajouter: «Sauf l’histoire pas très drôle qui s’est passée le 17 novembre à Lagos.» Ce jour-là, un des 27 requérants libéré de ses menottes à l’atterrissage s’excite, devient violent et arrache une tablette d’un siège. D’autres requérants s’agitent. A tel point que les 61 policiers suisses et le personnel désertent l’avion. Des policiers nigérians ont dû intervenir pour calmer l’émeute. Hello a bien entrepris une réflexion à l’interne après cet épisode médiatisé. Pour se résoudre à continuer. René Donno: «Notre nom a été cité en lien avec cette affaire, mais nous n’avons pas eu de grandes réactions négatives du public, de clients ou des tour-opérateurs.» Le collectif Augenauf, qui enquête sur les violations des droits de l’homme, avait pourtant, sous le slogan «Non aux avions de la honte et au business de l’expulsion», mené une campagne de dénonciation et de boycott contre Hello, qui effectue aussi ce genre de tâche pour l’Allemagne.

Le directeur commercial dément faire des affaires avec ce type de vols: «La facturation se fait comme pour n’importe vol. Que nous transportions une équipe de foot vers le Nigeria ou des requérants, pour nous c’est pareil.» Et, non, le personnel ne reçoit pas de primes spéciales en raison du caractère sensible de ces vols. Par contre, la compagnie privilégie le personnel «expérimenté». Une stewardess débutante de 20 ans risquerait d’être choquée par la vision d’étrangers pieds et poings liés, maintenus sur leur siège.

A part Swiss et Hello, une poignée d’autres petites compagnies sont sollicitées. Toutes répondent à des appels d’offres de l’ODM. La Suisse a par ailleurs aussi affrété des avions avec d’autres pays européens. L’idée était de mieux rentabiliser ces vols. Sauf qu’acheminer d’abord des requérants vers une capitale européenne engendre aussi des coûts. Et augmente les risques de dérapages.

Valérie de Graffenried dans le Temps

mercredi 1 septembre 2010

Non aux apprentis sans-papiers

Une commission du Conseil des Etats propose au plénum de rejeter deux motions du National et une initiative du canton de Neuchâtel.

Autoriser les jeunes sans-papiers à faire un apprentissage ne ferait que différer le problème, explique la Commission des institutions politiques des Etats. Par cette décision prise à 6 voix contre 5, la commission retourne ainsi sa veste: en avril, elle soutenait encore l’idée du bout des lèvres. Entre-temps, le Conseil des Etats a exigé davantage d’informations avant de se prononcer. Il devrait trancher à l’ouverture de la session d’automne, le 13 septembre.

Si la commission reconnaît que l’accès à la formation professionnelle est un «problème à l’échelle nationale», elle refuse désormais de le garantir pour les jeunes sans-papiers. A la fin de leur apprentissage, «ces jeunes resteraient en situation illégale et n’auraient pas accès au marché du travail», justifie-t-elle. S’alignant sur les considérations du Conseil fédéral, la majorité estime qu’il est possible, dans le cadre des dispositions légales en vigueur, de trouver des solutions pour les cas individuels d’une extrême gravité. Elle verrait donc une «solution possible dans une éventuelle régularisation, au cas par cas, des jeunes sans-papiers».

«Mettre fin à l’injustice»

Pour la minorité de la commission, la question de la régularisation n’a pas à être abordée dans ce cadre. L’initiative neuchâteloise et les deux motions adoptées en mars par le Conseil national demandent uniquement de mettre en œuvre un mode d’accès à l’apprentissage pour les jeunes clandestins ayant été scolarisés en Suisse. La minorité veut «mettre fin à l’injustice qui consiste à autoriser les jeunes en situation illégale à poursuivre des études supérieures mais à être empêchés de faire un apprentissage en raison de la nécessité d’un contrat de travail».

Pour une reconnaissance à la naissance

La première motion au National, du Genevois Luc Barthassat (PDC), demande à ce que les jeunes sans statut légal puissent accéder à l’apprentissage après leur scolarité. L’initiative de Neuchâtel demande une réglementation fédérale pour régler la question. Le second texte, d’Antonio Hodgers (Verts/GE), renvoie au respect de la convention relative aux droits de l’enfant pour les mineurs sans statut légal. Il exige que les jeunes clandestins aient non seulement accès à une formation, mais qu’ils bénéficient aussi d’une reconnaissance formelle à la naissance.